De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

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De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 12:56

Qui sait que le seizième président des Etats-Unis fut très proche des idées socialistes et des revendications du mouvement ouvrier ? Et qu’il liait indissociablement la question de l’abolition de l’esclavage à celle de l’émancipation de la classe ouvrière tout entière ?

On verra en quoi l’adaptation de Steven Spielberg déforme l’histoire, et les raisons idéologiques et culturelles de ce parti pris.

Cet article est publié en français et dans sa version originale en espagnol (sur le site Publico). Il est accompagné de la lettre de félicitations que reçut Abraham Lincoln le 30 décembre 1864 de la Première Internationale pour sa toute récente réélection. Ce document d’histoire – réelle, elle – fut rédigé par Karl Marx.

La suite est ici : http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas



Quand à nous ! Hé bien, je verrais Lincoln un soir de 2016 téléchargé je ne sais où. Ou pas. Même à prix cassé d'occasion rayé dans un bac poussiéreux, je goûte assez peu de ce genre de pâté en croûte, d'agglomérat mélasseux de gelée frelatée dont Spielberg se rend parfois coupable ("Amistad","La couleur pourpre"). Misère de la pédagogie Reader's Digest, des massues pour la masse !



Par contre j'ai vu La guerre des mondes pour la première fois la semaine passée.

Et pas de doute, on est bien dans un film de Spielberg :

- Pas de femmes, que des mères et que des fillettes. Un des plus beaux rôles de mère archaïque du cinéma américain vient d'un de ses films d'ailleurs, cette scène de "E.T." ou elle découvre l'extra-terrestre maladif prostré au côté de son fils en marcel blanc. Idem pour "A.I.", quand elle doit abandonner son cyborg en forêt, en larmes au volant de sa voiture. Si je devais sauver deux séquences de son cinéma ce serait celles-çi.

- Pas de sexualité érotique : que du touche-pipi adolescent, de la perversion d'adulte (la cave de Tim Robbins, la MILF enceinte... ) ou du devoir conjugale.

- Pas de père, que des vieux garçons régressifs (Cruise), maris illégitimes (père divorcé/remarié) face à des adolescents qui eux vont se réaliser dans le courage viril, mais inconscient de la mort. Et qu'à leur tour les adultes vont mimer, cette fois avec le sens des réalités. Existe aussi en version "séducteur priapique" découvrant les vertues de l'amour matrimonialo-filiale ("Indiana Jones", "Attrape-moi") ou "puceau éternel" ("Tintin", "Terminal machin").

- Les citoyens américains sont montrés comme des zombies sanguinaires ou des lemmings attardés. Seul la piété familiale de Cruise lui permet de garder un semblant de civilisation. Survivalisme républicain.

- L'état, la puissance publique, la volonté générale étausienne n'existe que sous deux formes : bénigne et policière, musclée et militaire. Scouts toujours.

- Tom Cruise finit par se faire absorber par un anus extra-terrestre, c'est la façon dont les scénaristes américains vous signale que le personnage franchit le stade anal. Attention c'est de la métaphore de chez métaphore :



Tiens j'avais pas remarqué les hiéroglyphes sur la carlingue...

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 13:44

Ford est un cinéaste très pudique mais pas puritain. Du moins, pas plus que l'homme honnête et même beaucoup moins. Chez lui au contraire de Spielberg on aura mille souvenirs de personnages féminins rugueuses, torturées, séductrices, colériques, émancipées, bagarreuses, venimeuses, vengeresses.

C'est pas un cinéaste de la famille non plus, mais de la collectivité au sens large. La famille ce ne sont pas les liens organiques comme chez Spielberg (qu'il soit de sang, de sexe ou de générations), la famille chez Ford c'est les liens qu'on se choisit. Entre bandits ou hommes de lois, entre alcooliques ou solitaires.

De la même façon que le plus grand cinéaste américain de l'après-guerre est Akira Kurosawa, John Ford fait parfois penser à Ozu. Ozu scrutait la réalité documentaire japonaise dans son intimité. Ford scrutait aussi l'Amérique mais par sa fiction, faisant des films aussi intimistes mais en plein canyon.


Dernière édition par Mangeclous le Ven 1 Fév 2013 - 15:01, édité 3 fois

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 13:51

D'ailleurs vous connaissez tous la différence entre un puritain et un pornographe.

Le puritain feuillettte des revues pornos en disant « Oh que c'est mal. »
Le pornographe feuillette des revues pornos en disant « Oh que c'est bien. »

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 14:38

Heu sinon dire que Ford est moins raciste que Spielberg c'est un non-sens. C'est une bonne question que de poser la place des Noirs dans le cinéma de Ford. Tu peux dire "voilà comment c'est chez Ford" puis "voilà comment c'est chez Spielberg" et comparer mais prendre l'un pour taper sur l'autre c'est idiot.

Et faut arrêter de toujours tout vouloir sauver chez les artistes sans regarder leur travers. Sinatra est un chanteur magnifique en publique, mais une ordure en coulisse. Bah voilà, ça rend pas ses chansons moins bien pour qui ne veut pas écouter ce bruit de fond. Et Spike Lee est tout à fait légitime de ne pas considérer le cinéma de Ford pour ça - et moi non. Même débat pour L-F Céline ou Johnny Ramones.

Déjà, j'ai presque aucun souvenir de personnages noirs chez Ford, à part l'Oncle Tom de "Liberty Valance". Maintenant est-ce qu'il est montré dans un rapport de servitude raciale ou sociale ? Les deux ? C'est compliqué par ce qu'historiquement ça l'est encore plus.

Tout les esclaves n'étaient pas docile intérieurement mais obéissait en attendant, la mort ou la libération, qui au bout de l'épuisement devait parfois s'avérer être les mêmes. Moi entre finir pendu à une corde ou ramasser du foin 18h par jour, je pense pas que j'aurais eu le courage de me jeter sur des barbelés ou mon bourreau.


Mais je n'ai pas vu "Vers sa destinée". D'ailleurs y'a plein de Ford que j'ai pas vu.
Sinon Scorcese prépare un biopic sur Sinatra.
Peut-être qu'après il s'intéressera à lui : L’ENNEMI DE LA TYRANNIE

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 20:23

http://www.critikat.com/Lincoln.html#nb2 , donc.



Ford porte un regard sans illusion sur les nordistes, très loin de toute idéalisation, et cherche l’individu derrière le sudiste esclavagiste. En outre, il dresse un portrait pour le moins assez cru des noirs de l’époque, plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres. C’est une vision certes déstabilisante mais néanmoins plus juste que chez Spielberg qui n’a de toute façon jamais vraiment su filmer les noirs ou tout ce qui s’apparente à un peuple.

[…]


Dans une scène stupéfiante de Je n’ai pas tué Lincoln, on voit les noirs se révolter contre un nordiste qui tente lors d’un beau discours de les convaincre de prendre leur liberté et de quitter leurs maîtres : Ford a toujours détesté les prêcheurs de bonne conscience et sait que les questions raciales et de l’esclavagisme peuvent être traversées d’une ambiguïté dérangeante [2]. « Même le plus courageux d’entre nous a rarement le courage d’assumer tout ce qu’il sait... » disait Nietzsche (Le Crépuscule des idoles, 1888). Une représentation différente, édulcorée, serait pour Ford une aberration totale, un contresens avec l’idée même qu’il se faisait de son métier de réalisateur. Mais pourrait-on aujourd’hui ôter les noirs de leur vignette politiquement correcte et les replacer dans une image cinématographique plus inconfortable sans que personne ne crie au scandale ? Sans que personne ne s’offusque d’affronter la vérité telle qu’elle fut ? Rien n’est moins sûr. Le cinéma est dorénavant pris dans le piège du revers pervers de la société progressiste pour laquelle on a – à raison – combattu, coincé entre les signes (et les signes seulement) de l’antiracisme et la pression du politiquement correct. Il doit aligner tout le monde sur le même rang, leur distribuer les mêmes codes de représentation, devenir unilatéral. Il est contraint d’imprimer la légende et doit renoncer à sa vocation essentielle : représenter la réalité, même si elle est moins reluisante.



Comment est-il simplement possible de rédiger, sans sourciller, des trucs aussi ineptes qu’infectes, sans être soi-même fondamentalement raciste ?
Notons cette espèce d’hypostase ou de réification récurrente, sous la plume de cet ahuri débiloïde dont Matthieu Santelli est le nom : « les noirs ». Soit, dans la construction même de son texte, une masse (faudrait dire une nasse) indéterminée, indifférenciée, jamais des singularités accédant à la nomination. Dans ce texte, il y a, d’un côté, des Noms, au singulier : Spielberg, Ford, Nietzsche, Lincoln, etc, et de l’autre : les noirs, au pluriel. On sait pas trop ce que c’est.
Mais quoi que ça puisse être, « les noirs », comme entité vague, on sait au moins que c’est pas ce qu’on pourrait croire, ce que voudraient nous faire croire « quelques belles âmes modernistes » et autres représentants de la « propagande anti-raciste », coincés par la pression du « politiquement correct ». On croit lire ici du Richard Millet imitant Eric Zemmour imitant Alain Soral.

Santelli (Matthieu) attaque Spielberg au titre de la « bonne conscience démocrate », d’un « humanisme abstrait » ou « idéalisé » - sans nullement s’attarder sur le paternalisme infantilisant et racialiste à l’insu de son plein gré chez ce dernier -. Mais c’est pour mieux lui opposer une Réal-Weltanschauung: celle de Ford, qui "savait filmer ce que Spielberg n’a jamais su filmer" : « les noirs et tout ce qui s’apparente à un peuple ».
Notons, là encore, l'expression: "tout ce qui s’apparente à un peuple". On ne sait pas trop ce que c’est, une fois de plus, mais on sait que « les noirs » font partie de ce « tout » indistinct, s'y apparentent, par une sorte de nature destinale ou familiale, aussi mystérieuse que fascinante.

Une Vision plus « réaliste », donc, moins « édulcorée », plus « crue », plus « inconfortable », « moins reluisante », « sans illusion », « déstabilisante mais néanmoins plus juste », du genre qui « dérange les bonnes consciences », exigence ne faisant qu’une avec la manière dont Ford envisage selon l'auteur son métier de cinéaste.
Cette manière en appelle une autre, aussitôt convoquée par résonance magnétique : celle de Nietzsche.
Qu’est-ce que « Nietzsche » pour Santelli (Matthieu) ? C’est le Réal-visionnaire par excellence, qui démolit les Idoles à coups de marteau, a le courage de regarder la "Réalité telle qu’elle est" sans se voiler la face, assume ce qu'il sait et que bien peu assument. Ce que Ford a le mérite de faire selon Santelli (Matthieu): « qui sait que les questions raciales et de l’esclavagisme peuvent être traversées d’une ambiguïté dérangeante ».
Cette ambiguïté dérangeante, c’est que « les noirs », qu’on le veuille ou non et même si ça dérange « la bonne conscience politiquement correcte », étaient aussi acteurs consentants de leur servitude, en empathie avec leurs maîtres. Réalité, Vérité dérangeantes, dont Tarantino, nous dit encore l’auteur dans une note infrapaginale, s’est lui aussi approché dans son dernier film, « avec le valet interprété brillamment par Samuel L. Jackson » (mais esquintant cette lucidité par sa stylistique puérile).

Autant de Réalités et Vérités peu reluisantes autant que dérangeantes que Santelli (Matthieu) nomme un « retour du refoulé » (Ford étant ce refoulé, qui ne fait pas tant « retour » dans le film de Spielberg, selon l’expression de l’auteur, mais qui à le lire reste bien plutôt toujours « refoulé ») :


Ford porte un regard sans illusion sur les nordistes, très loin de toute idéalisation, et cherche l’individu derrière le sudiste esclavagiste. En outre, il dresse un portrait pour le moins assez cru des noirs de l’époque, plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres. C’est une vision certes déstabilisante mais néanmoins plus juste que chez Spielberg qui n’a de toute façon jamais vraiment su filmer les noirs ou tout ce qui s’apparente à un peuple.



Un monument de connerie, donc.


Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Ven 1 Fév 2013 - 21:25, édité 1 fois

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 21:20

Mangeclous a écrit:
Qui sait que le seizième président des Etats-Unis fut très proche des idées socialistes et des revendications du mouvement ouvrier ? Et qu’il liait indissociablement la question de l’abolition de l’esclavage à celle de l’émancipation de la classe ouvrière tout entière ?

On verra en quoi l’adaptation de Steven Spielberg déforme l’histoire, et les raisons idéologiques et culturelles de ce parti pris.

Cet article est publié en français et dans sa version originale en espagnol (sur le site Publico). Il est accompagné de la lettre de félicitations que reçut Abraham Lincoln le 30 décembre 1864 de la Première Internationale pour sa toute récente réélection. Ce document d’histoire – réelle, elle – fut rédigé par Karl Marx.

La suite est ici : http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas
merci Mangeclous. c'est assez intéressant. ça ferait même assez mes affaires, je dois dire. mais je reste un peu dubitatif. tout ce qui est dit là est sans rapport avec tout ce que j'ai pu lire par ailleurs. par exemple, je ne vois rien de tout ça dans les discours du Lincoln/Dougals Debate de 1858, qui était une répétition générale de la Présidentielle de 1860. il va falloir fouiller un peu.


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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 21:21

si ça continue, on va devoir renommer le topic : de Lincoln en général et de Spielberg en particulier. Wink


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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Ven 1 Fév 2013 - 23:34

Mangeclous a écrit:

Tout les esclaves n'étaient pas docile intérieurement mais obéissait en attendant, la mort ou la libération, qui au bout de l'épuisement devait parfois s'avérer être les mêmes. Moi entre finir pendu à une corde ou ramasser du foin 18h par jour, je pense pas que j'aurais eu le courage de me jeter sur des barbelés ou mon bourreau.



Je ne me prononce sur le fond de la discussion sur Ford et son démocratisme ou racisme latent, les efforts pour objectiver la présence du racisme à l'image, l'esclavage. Disons que l'argument "qu'auriez vous fait à leur place" censé résumer en une vue d'ensemble un tel système est intellectuellement et moralement indéfendable en plus d'être ultra-con -il n'est par définition au mieux valide que pour des cas particuliers-- et historiquement discutable*.
Je voulais faire remarquer qu' il y a plusieurs liens entre Marx et les USA.
Il a par exemple collaboré longtemps comme correspondant européen au New York Daily Tribune (l'ancêtre du Herald Tribune) alors républicain whig (la tendance de Lincoln) des articles de politique étrangère justement à la fin et dans l'après guerre de Sécession.
Des analyses que l'on retrouve dans le 18 Brumaires ont été ébauchées dans ce journal (sur l'aspect institutionnel et diplomatique de la politique de Napoléon III).

Marx a surtout bcp écrit sur la guerre elle-même et la mise en place législative de l'Union . Dans cet article qui est le plus long qu'il a consacré à ce sujet, il remarque que l'Union s'est d'abord affirmée au début du XIXème siècle via des lois délimitant le système esclavagiste, qui était une donnée économique qui prééxistait à la création des institutions américaines. Ces lois ont été ensuite détricotées au fur et à mesure de l'intégration par les USA des anciens territoires mexicains: les esclavagiste n'étaient pas les seuls à se réclamer d'une tradition , la discussion de la légitimité morale de l'esclavage était un des moteurs de la rupture avec l'Angleterre.
Le parti esclavagiste était lui-même en train de reconfigurer un système législatif quand la guerre a éclatée, et c'est cette reconfiguration qui a en partie installé le clivage nord-sud (il s'agissait de avoir si les nouveaux états non encore organisés autoriseraient l'esclavagisme) . Marx anayse une logique où des populismes et régionalismes législatifs rivaux à celui de l'état central se mettent en place, et créent un paradoxal illégalisme institutionnel, qui évoque des situations contemporaines... **

Il remarque aussi que le système esclavagiste mettait en péril la définition de frontières défines pour les USA: c'est un système qui ne pouvait persister qu'en s'étendant ( le capitalisme industriel était pour Marx comme une alternative garantissant un tracé stable des frontières nationale que l'exclavagisme mettait en péril: c'est intéressant de lire ces textes, ils permettent de bien comprendre à la fois la vitalité et les aspects historiques de la pensée de Marx sur des points essentiels, mais il y a peu de théorie dessus, seul Rubel en France semble s'y être intéressé. Il y a aussi dans ces textes une analyse de l'articulation etre l'économie et les institutions. On dirait par exemple qu'Althusser n'a jamais lu le 18 Brumaire qui concerne pourtant l'histoire politique de son pays, et l'historie du décalage entre la classe ouvrière et le socialisme)

Marx fait aussi dans ce texte un topo très clair (et bref) sur l'origine du parti républicain comme une réaction légaliste à l'illégalisme du Sud par rapprt aux institutions politiques de l'union qu'il essaye en même temps d'exploiter, qui s'est cristalisée à propos d'un conflit sur le statut du Kansas:
http://www.marxists.org/francais/marx/works/1861/10/km18611025.htm

http://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm

* le cinéma permet déjà d'attester cette connerie: voir Route One Usa de Kramer: une des étapes de la descente vers le sud est le mémorial Robert Gould Shaw de Boston sur les bataillons noirs américains pendant la guerre de Sécession. Comme dit l'autre tous n'étaient en effet pas "dociles"


**Lu aujourd'hui (dans Le Soir, pas non plus la meilleurs source sur ces questions parce qu'ils ont un biais qui consiste souvent à imputer toute tendance séparatiste aux Flamands, et à nier que ce discours existe aussi chez beaucoup de Francophones (en tu cas les politiciens francophones ne s'impliquent pas forcément plus dans l'état fédéral que les flamands, et recherchent surtout un ancrage local), en plus de ce complaire dans les dfférences entre Bruxelles et Wallonie ("faudra-il un pont aérien au-dessus de la forêt de Soignes?", "le FDF peut-il s'implanter à Libramont?") même si c'est pire à la RTBF***) que la NVA en Belgique envisagerait d'abroger une diseposition de loi complètement oubliée qui interdit à des représentants de la famille royale hollandais de trouver du travail en Belgique suite à la révolution de 1830,, sur le préssuppoé que la révolution de 1830 n'était qu'une mutinerie.Jusqu'où le révisionnisme va se nicher; Ils n'ont que cela a foutre.

***"Bye Bye Belgium" c'était digne de radio Mille Collines.


Dernière édition par Tony le Mort le Sam 2 Fév 2013 - 6:08, édité 22 fois

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 0:39

Techniquement les états esclavagistes était en situation de traiter avec l'ancienne métropole pour se procurer leur force de travail

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1862/05/km18620522.htm

...et cela même si l'Angleterre a aboli l'esclavage dans les années 1830, et que par ailleurs dans le texte précédent Marx remarque que la question de la traite n'était pas si décisive dans le guerre, car justement le Sud avait pu organiser un "stock" de main d'oeuvre et une traite interne, ce texte indique que dans les faits la traite devait bien continuer de façon illégale.

Quant à la question de la comparaison avec les Républicain actuels, elle n'a pas beaucoup de sens, le fait que depuis Wilson les Républicains sont plutôt isolationnistes et les Démocrates interventionistes internationallement (et que les néocons ont peut-être à nouveau changé la donne) et le problème de l'accès aux Droits Civiques dans le Sud après la seconde guerre a complètement reconfiguré le discurs poltiique de ces partis, à la fois sur le plan extérieur et national.
Par contre quand Marx parle des conflits entre orléanistes et légitimistes dans la droite française, là la situation a bcp moins évolué...


Dernière édition par Tony le Mort le Sam 2 Fév 2013 - 5:57, édité 2 fois

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 1:28

Même moi qui adore John Ford je trouve ça gênant ce type de défense, en particulier sur le sujet, par rapport à ce que j'ai dit de ce que j'en percevais, à savoir pas grand chose et c'est ce pas grand chose qui est révélateur d'un Far-West très WASP.

Vous savez c'est comme ces gens qui veulent toujours dédouaner les auteurs de leurs errements, eu égard à leur génie. Non désolé, Einstein n'étais pas génial devant la lunette des WC ni Céline en pyjama au milieu de ses vieux chiens puants à délirer sur le complot thalmudique. Et même si Racine, Corneille, Sheakpeare se sont peu souciés de la plèbe athénienne ou romaine, leur tragédie ne sont pas à jeter pour autant...


MAIS SURTOUT ARRETEZ DE PRENDRE FORD POUR DU CINEMA CLASSIQUE.
Le cinéma classique c'est Murnau, Chaplin, King Vidor...
Ford est un classique mais c'est pas un cinéaste classique, du tout.


Quand je dit que j'aime ce cinéaste, c'est pas ses scénarios qu'on écrivait pour lui (voir un ou deux films signés d'assistant qu'il n'aurait pas réalisé...). Mais sa mise en scène, le jeu des regards, la tension des acteurs, le montage, la composition. Le Ford "peintre" quoi. Et pas le sens "littéraire" de tout ça....

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 5:46

(Addendum: je ne savais pas que l'auteur du texte que je critique supra était Tetsuo, du forum Filmdeculte. C'est en allant consulter ce dernier que je l'ai compris, en même temps que j'ai découvert que mon texte avait été publié sur la page facebook des spectres.

Je me suis donc senti naturellement tenu de préciser, en la dépliant davantage, ma critique "devant" son auteur. Auteur avec lequel j'entretenais de relations virtuelles plus ou moins courtoises, dirons-nous, jusqu'à ce hasard à la fois comique et fatal.

Voici donc la réponse que j'ai postée sur Filmdeculte *. Ce que je souhaite, si les Spectres veulent bien accéder à cette requête, c'est ajouter, sur la même page facebook, cette "mise au point" - puisqu'est réclamé un "commentaire constructif". Soit le 2ème spoiler **, version du même texte où j'ai enlevé les renvois contextuels au forum.
Je ne peux pas, pour l'instant, poster moi-même ce texte sur la page facebook, parce que je n'y ai jamais été, et je dois encore maitriser la procédure, récupérer les passe, tout ça. D'avance, merci.)




*
Spoiler:


http://forum.plan-sequence.com/lincoln-steven-spielberg-2012-t15975-120.html


- Tetsuo: - putain il va m'entendre.

- Jerzy: - T'inquiète, je t'entends, là. lol.


Bien bien bien... Je savais pas que M.S. était Tetsuo, d'abord. Je suis tombé sur le lien de ce texte, posté sur le forum des Spectres, auquel j'ai réagi sur le forum également.

Ensuite, j'ai découvert, en passant lire ce topic ci, que ce texte a été diffusé sur une page facebook des Spectres: ça aussi, je l'ignorais. Ce texte est une réaction polémique (que j'assume, et que je peux développer sur le fond comme sur la forme) mais je ne l'ai nullement conçu comme un "article" qui pouvait être diffusé dans un espace autre qu'un forum. En même temps, je découvre que tu es l'auteur de ce texte.
Que tout ceci soit bien clair.

Maintenant, puisque j'assume le contenu de cet examen des "élements du discours" organisant ce texte (je ne dis pas que l'auteur de ce texte EST fondamentalement raciste, je m'étonne qu'on puisse concentrer autant de stéréotypes sans se rendre compte qu'ils sont fondamentalement racistes, je le maintiens), j'assume également, comme un fait accompli, sa publication dans cet autre espace.

Donc, Tetsuo: je ne te considère pas comme un raciste. Mon point de vue, c'est que ton texte l'est, que tu y reproduis des clichés racistes absolument hénaurmes sans même en avoir conscience. Mais, question, est-ce que le racisme est un ordre de représentations forcément conscientes?

Si j'avais su que tu étais l'auteur de ce texte, je me serais peut-être abstenu, par diplomatie, de poster cette réaction sur le forum. Ou du moins, j'aurais tenu à exprimer cette réaction sous une autre forme, moins virulente.
Ce hasard a quelque chose de comique et fatal en même temps, car je réagis là à un texte "x", dont je ne connais pas l'auteur, et auquel je ne pouvais manquer de réagir, comme je le fais d'habitude face à des trucs aussi énormes.

Ce texte est pour moi véritablement mauvais, inacceptable, c'est peu dire, et veuille m'en excuser (ou pas). Il exprime, à ton insu, donc, tout un corps de représentations idéologiques (celles d'un Ford en l'occurrence) posées comme des Réalités et des Vérités. Et opposées à une autre représentation idéologique, tout aussi critiquable (à mes yeux aussi: le seul point sur lequel je pourrais te suivre), celle d'un Spielberg.

Ce qui m'a fait bondir, sous ce premier angle (les représentations idéologiques), c'est la convocation sous ta plume de toute une série de tropes idéologico-médiatiques de la droite de plateaux-tv: le "politicaly correct", "quelques belles âmes modernistes", "bonne conscience démocrate", "moralisme bien pensant" etc etc.
Ce sont là exactement les rengaines que servent ad nauseam les Zemmour, les Soral, les Finfielkraut, les Richard Millet, les Elisabeth Levy, et tant d'autres à qui sont ou furent allouées des tribunes, pour conspuer les "bobos", la "gauche bien-pensante", "l'aveuglement vertueux des antiracistes", "l'angélisme des bien-pensants". Bref tous cette ligue des "bobo-bien-pensants" qui, selon l'ukase asséné, se voilent la réalité, la menace, que représentent l'immigration, la multiculturalité, le "communautarisme ethnique", pour l'intégrité de l'Identité nationale - que ces ténors médiatiques aiment à définir comme "laïque" en instrumentalisant le concept de laïcité.
Selon les mêmes rengaines "anti-bobos", il faut opposer à cet aveuglement vertueux des "apôtres du multiculturalisme" la Real-politique, le constat de la Vraie Réalité, celle qui dérange, celle qui indispose, qui choque: à savoir l'échec de la politique qu'on dit "d'intégration".

Le concept moteur de cette rhétorique de la droite offensive, "décomplexée" comme on aimait à dire (sous Sarkozy) est bien sûr le fameux "politicaly correct". Il faudrait peut-être connaître au minimum l'origine et la fonction réelles de ce concept, qui a été mis au point par la frange la plus atlantiste de la droite américaine, pour désigner l'ensemble des valeurs représentées par la "gauche".

Le "politiquement incorrect" y est opposé comme une saine réaction consistant à oser braver les "interdits", les "tabous" qui mineraient, bien sûr, la "liberté d'expression". Le "politiquement incorrect" sert alors à faire passer des considérations racialistes, suprématistes, catholiques-intégristes, etc, en les enrobant de la connotation "subversive" qui dérangerait "l'ordre établi", le "conformisme" de la "bienpensance majoritaire", bref ce qu'on nomme le "nouvel ordre moral".

Par un renversement des représentations du conformisme, ce qui jusque là était jugé anti-conformiste (contestant "l'ordre moral", les valeurs réactionnaires d'identité, d'autorité, de privilège de caste et de classe, de répression des minorités, de pouvoir policier, etc) serait ainsi devenu le "nouveau conformisme" "majoritaire"; et ce qui était jugé comme la valeur majoritaire conformiste et réactionnaire serait devenu le nouvel "anti-conformisme" minoritaire.
Il s'agit là d'une fiction politique entretenue par la Droite, et permise par ce jeu rhétorique, car en réalité, l'ordre moral réactionnaire est toujours la vague de fond majoritaire. Et ce sont toujours les "bien pensants" qui s'expriment majoritairement en se faisant à présent passer pour les "mal-pensants", les nouveaux martyrs qu'on voudrait museler.

Mais ces gimmicks rhétoriques ont formidablement bien marché, et s'en sont emparé avec le succès qu'on connaît tous les haut-parleurs médiatiques, ceux qui squattent majoritairement les talk-shows, les débats télé, l'ensemble des tribunes de communication, en se posant comme les "grandes gueules" anti-conformistes que le "nouvel ordre moral", la "bienpensance des bobos", voudraient faire taire. S'en sont emparé aussi, c'est plus regrettable, bien des personnes qui croient, de bonne foi, pouvoir réserver cette batterie de concept-gimmick à un "conformisme bien pensant". Cette fameuse "bienpensance" qui n'est pas forcément là où on voudrait la placer.
"Grandes gueules" donc, au verbe haut, censées dire "tout haut ce que tout le monde pense tout bas", censées représenter le souffle résistant et courageux de la fameuse "liberté d'expression" brimée, réprimée, censurée, alors même qu'elle ne cesse de s'exprimer partout, majoritairement, avec un maximum de relais médiatique. Comme dans l'affaire des caricatures, sous la férule des Val, Fourrest et consort. Ainsi de Zemmour, bien sûr, exemple le plus connu de ces nouveaux hérauts de la liberté d'expression associée à une vision Réaliste du monde occultée comme il se doit par l'idéalisme angélique.

Or que tu le veuilles ou non, sans procéder à un examen critique minimal de ces tropismes ou effets de langage désormais passés dans les habitudes comme le signe d'une soi-disant lucidité critique, tu reprends à ton compte, comme un perroquet, tous ces stéréotypes, tous ces éléments de langage, les valeurs véhiculées par ces derniers. Et qui essaiment, pullulent dans ton texte.
Et c'est bien ça qui est "hallucinant", pour reprendre l'expression de Karloff le magnanime, grand critique clairvoyant.
Ce n'est pas moi qui te fais dire toutes ces choses. Ce n'est pas moi qui en sors des trucs hallucinants: c'est toi qui les sors. C'est toi qui les transposes, comme des concepts critiques, dans une opposition frelatée entre le "moralisme bien pensant", abstrait, idéalisé, etc, d'un Spielberg (critiques auxquelles je peux acquiescer) et son antidote que serait un John Ford, expression cinématographique d'un soi-disant "humanisme" concret, réaliste, critique (ce qui par contre me paraît un fameux mythe, bien qu'on nous rabatte les oreilles sur ce fait que le cœur de Ford battait profondément "à gauche").

Et tu nous parles de cette Réalité "peu reluisante" que les belles-âmes offusquées occulteraient: sans préciser qui, dans cet ensemble qui n'est pas une généralité indifférenciée ou uniforme, que tu nommes avec une désinvolture proprement hallucinante "les noirs" (avec minuscule: mais entretemps, avisé de cet usage malheureux, tu as corrigé - tant mieux, tant mieux. Mais c'est tout ton texte que tu devrais réviser en bloc). Une hypostase, une réification: ce sont bien les termes qui conviennent. Une masse vague, une généralité vague, indifférenciée.
Et tu nous parles, négligemment, sans autre forme de précision, "des noirs de l’époque, plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres". C'est qui, "les noirs de l'époque"? C'est tous "les noirs" de l'époque, ou c'est seulement quelques uns? Faudrait savoir, faudrait se fendre d'un minimum de rigueur sociologique, politique.

Et tu nous sers dans cette soupe infâme une forme de "populisme" tout aussi vague et démago, sous la mention tout aussi vague, tout aussi réifiée, du "peuple". "Le peuple"... Que certains filment si mal, parce qu'ils le méprisent, du haut de leur élitisme de classe; faut-il comprendre par la scène "assez dégoûtante" que tu cites en exemple: celle du secrétaire d'état qui murmure à Lincoln: "le peuple!" - désignant un couple de paysans ne comprenant pas le discours "absurde" pour eux, de Lincoln, sur l'abolition de l'esclavage.
ça, c'est la dimension "pseudo-marxiste" de ton texte, si on peut dire: démagogique en vérité. Car cette indignation de ta part, fort honorable au demeurant, n'empêche absolument pas que tu reprennes à ton propre compte, dans la suite de ton texte réservée à Ford, ce même dédain, cette même représentation condescendante, infantilisante et au moins aussi "dégoûtante", à l'égard de ce qui, sous ta plume peu inspirée, est nommé "tout ce qui s'apparente à un peuple", notamment "les noirs" - selon tes expressions pour le moins maladroites ou malheureuses.

Et par dessus ce potage suffisamment confus et indigeste, tu nous rajoutes encore une louche: de "Nietzsche" mal digéré. La référence cuistre téléphonée pour invoquer je ne sais quel modèle de grand Réaliste-lucide qui sait voir, derrière le "prêchi-prêcha" des donneurs de leçons catéchistiques, les véritables forces brutes à l’œuvre. Une affaire de "maîtres" et d'"esclaves", évidemment.
Y a, dans les façons de comprendre Nietzsche, bien sûr un nietzschéisme "de droite" et un nietzschéisme "de gauche". On va pas entamer un débat là-dessus, qui nous ferait sortir par trop de cette mise au point à laquelle je m'oblige.

Simplement, dans le nietzschéisme "de droite", il y a les maitres, qui ont bien raison et bien le droit d'être les maîtres, parce qu'ils sont l'expression de la "volonté de puissance" qui augmente leur capacité d'être, "force active" par delà le bien et le mal; et il y a des esclaves, qui à juste titre sont et resteront des esclaves, parce qu'il représentent, humains trop humains, la morale des faibles. La morale (le bien, le mal), cette vertu ou ce refuge des impuissants. Parce qu'il n'ont pas cette capacité à être, à affirmer leur volonté de puissance par delà le bien et le mal, ce sont les "forces réactives" qui voudraient rabaisser, dominer la "force active", la puissance d'être des maîtres. Nietzsche les appelle encore "la race des prêtres", ou des "prêcheurs".

Inutile ici de se demander bien longtemps quel est le type de nietzschéisme frelaté et mal digéré que tu convoques latéralement, par "association" avec Ford qui en constituerait dans ton discours une manière d'application "exemplaire". Par le seul fait d'invoquer ici la figure de Nietzsche, ou plutôt d'un nietzschéisme d'apprêt, pour appuyer ce que tu rappelles, à savoir "que Ford a toujours détesté les prêcheurs de bonne conscience et sait que les questions raciales et de l’esclavagisme peuvent être traversées d’une ambiguïté dérangeante", on a saisi de quel type de nietzschéisme tu fais ici tes choux gras. La suite du texte va jusqu'au bout de cette riche intuition dont tu sembles manifestement assez fier: ce que Ford révèle, lui - Réaliste qui voit les forces inconscientes à l’œuvre derrière les imageries édulcorées - c'est que "les noirs de l'époque" (sans autre précision, donc) désiraient et méritaient leurs maitres - pour le dire de façon tout aussi peu édulcorée, cash ou franco de porc.

Et cela, cette "Vérité telle qu'elle fut", cette Réalité que Ford a su voir et montrer, nous, bien-pensants bégueules, belles âmes progressistes, nous ne voudrions pas la voir, l'entendre. Pris, par le cinéma "dans le piège du revers pervers de la société progressiste pour laquelle on a – à raison – combattu, coincé entre les signes (et les signes seulement) de l’antiracisme et la pression du politiquement correct", écris-tu avec une belle éloquence pénétrée, à l'insu de ton plein gré, de tous les Zemmour faisant croisade contre ces pressions inhibantes. Un "piège du revers pervers de la société progressiste". Rien que ça. C'est impressionnant. Ben dis donc...



Alors, "Le peuple". Revenons-y. Un ensemble flou, comme on dirait en mathématiques, une entité vague, mais t'as l'air de savoir précisément l'ensemble que ça "représente". Et tu nous balances cette expression, littéralement obscène et obscène à double titre: "les noirs ou* tout ce qui s’apparente à un peuple". Qu'est-ce ça veut dire? Non mais qu'est-ce ça veut dire, une expression aussi débile?

Et là, c'est le second angle ayant retenu mon attention, le plan purement sémantique, ou sémiologique, qui exprime, traduit, toujours à ton insu apparemment, le premier angle considéré plus haut, à savoir les représentations idéologiques que tu véhicules comme autant de Réalités et de Vérités.

"Tout ce qui s'apparente à un peuple", déjà, et par exemple (il faudrait citer plein d’occurrences, et mon post ferait trois kilomètres): comment peut-on écrire un truc pareil? Y a un "tout", quelque part, qu'en tout cas tu sembles saisir, d'un regard extérieur et objectif, comme une "réalité" à la fois vague et homogène, mais "qui s'apparente à un peuple". Comme on dirait d'une nuée de volatiles fendant l'air et contemplée à la jumelle, qu'il "s'apparentent au peuple des oiseaux". Et dans ce "tout", y a "les noirs".

"Les noirs", cet ensemble flou hypostasié, est ainsi désigné comme une catégorie, un sous ensemble flou, associés par conjonction de coordination à un ensemble flou englobant qui est "le peuple": "les noirs et tout ce qui s’apparente à un peuple" ---> Choses en tout cas que Spielberg n'a jamais vraiment su filmer, mais que Ford, lui, a su filmer. Ford, homme de "peuples" et proche du "peuple", a su admirablement filmer, à t'en croire, saisir, dans sa Vérité crue et nue, sans fards et sans illusions, ce "peuple" - les petits, les sans-grade, etc etc, dont, bien évidemment, "les noirs", qui par essence semblent faire partie de ces anonymes, sans grade et sans nom.
Les petits sans-nom de l'histoire que les Grands Noms (comme Lincoln) se sont chargés de faire entrer dans la Grande Histoire, et que Ford a su si bien filmer, lui.

Alors: autant le dédain est "assez dégoûtant" dans la manière d'un Spielberg scénographiant un couple de paysans benêts qui ne saisissent pas le message de Lincoln, et qui reçoivent le condescendant: "le peuple!", autant, s'il s'agit "des noirs de l'époque" scénographiés par Ford comme "plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres", c'est plus un dédain condescendant et dégoûtant, ah non! Ne confondons pas tout: Ford ne faisait pas, lui, dans l'édulcoré, la belle âme progressiste, la baudruche vertueuse ou le politiquement correct. Non Monsieur: c'était juste "la Vérité telle qu'elle fut", la Réalité toute crue, déstabilisante mais néanmoins plus juste, et même si elle est moins reluisante. Comme je vous le dis!


* (Il y a avait un "ou" à la place du "et" qui est venu le corriger mais conservé dans le copié-collé de la version originale. C'était encore pire, si possible: "... jamais vraiment su filmer les noirs ou tout ce qui s’apparente à un peuple". Le "ou" suggérant que "les noirs", c'est une forme de synonyme de "tout ce qui s'apparente à un peuple").

Je m'arrête ici.

Que ça te déplaise ou que tu t'en fiches, de mon avis, de ma réaction, je les résumerai en disant que ton article, franchement, honnêtement, c'est du caca, y a rien à sauver. C'est même pas bâclé, c'est consternant de nullité et de bêtise qui semblent assez contentes d'elles-mêmes, au delà des incroyables maladresses qu'on veut encore mettre sur le compte d'expressions malheureuses ou maladroites. On peut juste se torcher le derrière avec, désolé. Tu peux mieux, et beaucoup mieux. Et encore une fois, cette critique visait le texte, ses maladresses, ses représentations, non l'auteur, dont je comprends maintenant que c'était toi, ce qui m'incite à m'excuser pour les qualifications peu avenantes que j'ai associées à ton nom.



**
Spoiler:
Bien bien bien... Je ne savais pas, tout d’abord, que M.S. était le membre d’un forum voisin. Je suis tombé sur le lien de ce texte, posté sur le forum des Spectres, auquel j'ai réagi sur le forum également.


Ensuite, j'assume le contenu de cet examen des "éléments du discours" organisant ce texte. Je ne dis pas que l'auteur de ce texte EST fondamentalement raciste. Je m'étonne simplement qu'on puisse concentrer autant de stéréotypes sans se rendre compte qu'ils sont fondamentalement racistes.

Donc, l’auteur de ce texte n’est pas raciste : il reproduit des clichés racistes absolument hénaurmes sans même en avoir conscience. Question : est-ce que le racisme est un ordre de représentations forcément conscientes? Mais cette question est trop facile, à vrai dire. Je ne crois pas trop à ce qu’on nomme « l’inconscient ». Partant de là, je crois plutôt que le racisme est une disposition ou une décision conscientes, mais que les ressources de ce que Sartre appelle la « mauvaise foi » permettent d’éluder en un attendu "je ne suis pas raciste !" outragé.

Puisqu’un "commentaire constructif" est souhaité, je vais à présent m'efforcer de simplement déplier cette critique, à laquelle je ne soustrais rien, sinon les noms d'oiseaux peu sympathiques.



Ce texte est pour moi véritablement mauvais, inacceptable, c'est peu dire, et veuillez m'en excuser (ou pas). Il exprime, disons donc à votre insu, tout un corps de représentations idéologiques (celles d'un Ford en l'occurrence) posées comme des Réalités et des Vérités. Et opposées à une autre représentation idéologique, tout aussi critiquable (à mes yeux aussi: le seul point sur lequel je pourrais vous suivre), celle d'un Spielberg.

Ce qui m'a fait bondir, sous un premier angle (les représentations idéologiques), c'est la convocation sous votre plume de toute une série de tropes idéologico-médiatiques de la droite de plateaux-tv: le "politicaly correct", "quelques belles âmes modernistes", "bonne conscience démocrate", "moralisme bien pensant" etc etc.
Ce sont là exactement les rengaines que servent ad nauseam les Zemmour, les Soral, les Finfielkraut, les Richard Millet, les Elisabeth Lévy, et tant d'autres à qui sont ou furent allouées des tribunes, pour conspuer les "bobos", la "gauche bien-pensante", "l'aveuglement vertueux des antiracistes", "l'angélisme des bien-pensants". Bref tous cette ligue des "bobo-bien-pensants" qui, selon l'ukase asséné, se voilent la réalité, la menace, que représentent l'immigration, la multiculturalité, le "communautarisme ethnique", pour l'intégrité de l'Identité nationale - que ces ténors médiatiques aiment à définir comme "laïque" en instrumentalisant le concept de laïcité.
Selon les mêmes rengaines "anti-bobos", il faut opposer à cet aveuglement vertueux des "apôtres du multiculturalisme" la Real-politique, le constat de la Vraie Réalité, celle qui dérange, celle qui indispose, qui choque: à savoir l'échec de la politique qu'on dit "d'intégration".

Le concept moteur de cette rhétorique de la droite offensive, "décomplexée" comme on aimait à dire (sous Sarkozy) est bien sûr le fameux "politicaly correct". Il faudrait peut-être connaître au minimum l'origine et la fonction réelles de ce concept, qui a été mis au point par la frange la plus atlantiste de la droite américaine, pour désigner l'ensemble des valeurs représentées par la "gauche".

Le "politiquement incorrect" y est opposé comme une saine réaction consistant à oser braver les "interdits", les "tabous" qui mineraient, bien sûr, la "liberté d'expression". Le "politiquement incorrect" sert alors à faire passer des considérations racialistes, suprématistes, catholiques-intégristes, etc, en les enrobant de la connotation "subversive" qui dérangerait "l'ordre établi", le "conformisme" de la "bienpensance majoritaire", bref ce qu'on nomme le "nouvel ordre moral".

Par un renversement des représentations du conformisme, ce qui jusque là était jugé anti-conformiste (contestant "l'ordre moral", les valeurs réactionnaires d'identité, d'autorité, de privilège de caste et de classe, de répression des minorités, de pouvoir policier, etc) serait ainsi devenu le "nouveau conformisme" "majoritaire"; et ce qui était jugé comme la valeur majoritaire conformiste et réactionnaire serait devenu le nouvel "anti-conformisme" minoritaire.
Il s'agit là d'une fiction politique entretenue par la Droite, et permise par ce jeu rhétorique, car en réalité, l'ordre moral réactionnaire est toujours la vague de fond majoritaire. Et ce sont toujours les "bien pensants" qui s'expriment majoritairement en se faisant à présent passer pour les "mal-pensants", les nouveaux martyrs qu'on voudrait museler.

Mais ces gimmicks rhétoriques ont formidablement bien marché, et s'en sont emparé avec le succès qu'on connaît tous les haut-parleurs médiatiques, ceux qui squattent majoritairement les talk-shows, les débats télé, l'ensemble des tribunes de communication, en se posant comme les "grandes gueules" anti-conformistes que le "nouvel ordre moral", la "bienpensance des bobos", voudraient faire taire. S'en sont emparé aussi, c'est plus regrettable, bien des personnes qui croient, de bonne foi, pouvoir réserver cette batterie de concept-gimmick à un "conformisme bien pensant". Cette fameuse "bienpensance" qui n'est pas forcément là où on voudrait la placer.
"Grandes gueules" donc, au verbe haut, censées dire "tout haut ce que tout le monde pense tout bas", censées représenter le souffle résistant et courageux de la fameuse "liberté d'expression" brimée, réprimée, censurée, alors même qu'elle ne cesse de s'exprimer partout, majoritairement, avec un maximum de relais médiatique. Comme dans l'affaire des caricatures, sous la férule des Val, Fourrest et consort. Ainsi de Zemmour, bien sûr, exemple le plus connu de ces nouveaux hérauts de la liberté d'expression associée à une vision Réaliste du monde occultée comme il se doit par l'idéalisme angélique.

Or que vous le vouliez ou non, sans procéder à un examen critique minimal de ces tropismes ou effets de langage désormais passés dans les habitudes comme le signe d'une soi-disant lucidité critique, vous reprenez à votre compte, comme un perroquet, tous ces stéréotypes, tous ces éléments de langage, les valeurs véhiculées par ces derniers. Et qui essaiment, pullulent dans votre texte (sous sa version originelle, qui, depuis, a subi quelques amendements, que d'autres suivront n'en doutons pas).

Ce n'est pas moi qui vous fais dire toutes ces choses. Ce n'est pas moi qui sors de mon chapeau interprétatif des trucs hallucinants: c'est vous qui les sortez. C'est vous qui les transposez, comme des concepts critiques, dans une opposition frelatée entre le "moralisme bien pensant", abstrait, idéalisé, etc, d'un Spielberg (critiques auxquelles je peux acquiescer) et son antidote que serait un John Ford, expression cinématographique d'un soi-disant "humanisme" concret, réaliste, lucide, etc (ce qui par contre me paraît un fameux mythe, bien qu'on nous rabatte les oreilles sur ce fait que le cœur de Ford battait profondément "à gauche").

Et vous nous parlez de cette Réalité "peu reluisante" que les belles-âmes offusquées occulteraient: sans préciser qui, dans cet ensemble qui n'est pas une généralité indifférenciée ou uniforme, que vous nommez avec une désinvolture proprement hallucinante "les noirs" (avec minuscule: mais entretemps, avisé de cet usage malheureux, vous avez corrigé - tant mieux, tant mieux. Mais c'est tout votre texte que vous devriez réviser en bloc). Une hypostase, une réification: ce sont bien les termes qui conviennent. Une masse vague, une généralité vague, indifférenciée.
Et vous nous parlez, négligemment, sans autre forme de précision, "des noirs de l’époque, plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres". C'est qui, "les noirs de l'époque"? C'est tous "les noirs" de l'époque, ou c'est seulement quelques uns? Faudrait savoir, faudrait se fendre d'un minimum de rigueur historique, sociologique, politique, éthico-politique.

Et vous nous servez dans cette soupe infâme une forme de "populisme", sous la mention tout aussi vague, tout aussi réifiée, du "peuple". "Le peuple"... Que certains filment si mal, parce qu'ils le méprisent, du haut de leur élitisme de classe; faut-il comprendre par la scène "assez dégoûtante" que vous citez en exemple: celle du secrétaire d'état qui murmure à Lincoln: "le peuple!" - désignant un couple de paysans ne comprenant pas le discours "absurde" pour eux, de Lincoln, sur l'abolition de l'esclavage.
Ça, c'est la dimension "pseudo-marxiste" de votre texte, si on peut dire: démagogique en vérité. Car cette indignation de votre part, fort honorable au demeurant, n'empêche absolument pas que vous repreniez à votre propre compte, dans la suite de votre texte réservée à Ford, ce même dédain, cette même représentation condescendante, infantilisante et au moins aussi "dégoûtante", à l'égard de ce qui, sous votre plume peu inspirée, est nommé "tout ce qui s'apparente à un peuple", notamment "les noirs".

Et par-dessus ce potage suffisamment confus et indigeste, vous nous rajoutez encore une louche: de "Nietzsche" mal digéré. La référence téléphonée pour invoquer je ne sais quel modèle de grand Réaliste-lucide qui sait voir, derrière le "prêchi-prêcha" des donneurs de leçons catéchistiques, les véritables forces brutes à l’œuvre. Une affaire de "maîtres" et d'"esclaves", évidemment.
Il y a, dans les façons de comprendre Nietzsche, bien sûr un nietzschéisme "de droite" et un nietzschéisme "de gauche". On va pas entamer un débat là-dessus, qui nous ferait sortir par trop de cette mise au point à laquelle je m'oblige.

Simplement, dans le nietzschéisme "de droite", il y a les maîtres, qui ont bien raison et bien le droit d'être les maîtres, parce qu'ils sont l'expression de la "volonté de puissance" qui augmente leur capacité d'être, "force active" par delà le bien et le mal; et il y a des esclaves, qui à juste titre sont et resteront des esclaves, parce qu'il représentent, humains trop humains, la morale des faibles. La morale (le bien, le mal), cette vertu ou ce refuge des impuissants. Parce qu'il n'ont pas cette capacité à être, à affirmer leur volonté de puissance par delà le bien et le mal, ce sont les "forces réactives" qui voudraient rabaisser, dominer la "force active", la puissance d'être des maîtres. Nietzsche les appelle encore "la race des prêtres", ou des "prêcheurs".

Inutile ici de se demander bien longtemps quel est le type de nietzschéisme frelaté et mal digéré que vous convoquez latéralement, par "association" avec Ford qui en constituerait dans votre discours une manière d'application "exemplaire".
Par le seul fait d'invoquer ici la figure de Nietzsche, ou plutôt d'un nietzschéisme d'apprêt, pour appuyer ce que vous rappelez, à savoir "que Ford a toujours détesté les prêcheurs de bonne conscience et sait que les questions raciales et de l’esclavagisme peuvent être traversées d’une ambiguïté dérangeante", on a saisi de quel type de nietzschéisme vous faites ici vos choux gras. La suite du texte va jusqu'au bout de cette riche intuition dont vous semblez assez satisfait: ce que Ford révèle, lui - Réaliste qui voit les forces inconscientes à l’œuvre derrière les imageries édulcorées - c'est que "les noirs de l'époque" (sans autre précision, donc) désiraient et méritaient leurs maitres - pour le dire de façon tout aussi peu édulcorée, cash ou franco de porc.

Et cela, cette "Vérité telle qu'elle fut", cette Réalité que Ford a su voir et montrer, nous, bien-pensants bégueules, belles âmes progressistes, nous ne voudrions pas la voir, l'entendre. Pris, par le cinéma, "dans le piège du revers pervers de la société progressiste pour laquelle on a – à raison – combattu, coincé entre les signes (et les signes seulement) de l’antiracisme et la pression du politiquement correct", écrivez-vous avec une belle éloquence pénétrée, à l'insu de votre plein gré, de tous les Zemmour faisant croisade contre ces pressions inhibantes. Un "piège du revers pervers de la société progressiste". Rien que ça. C'est impressionnant.


Alors, "Le peuple". Revenons-y. Un ensemble flou, comme on dirait en mathématiques, une entité vague, mais vous avez l'air de savoir précisément l'ensemble que ça "représente". Et vous nous balancez cette expression, littéralement obscène et obscène à double titre: "les noirs ou* tout ce qui s’apparente à un peuple". Qu'est-ce que ça veut dire? Non mais qu'est-ce que ça veut dire, une expression aussi "débile", pardonnez-moi l'expression?

Et là, c'est le second angle ayant retenu mon attention, le plan purement sémantique, ou sémiologique, qui exprime, traduit, toujours à votre insu apparemment, le premier angle considéré plus haut, à savoir les représentations idéologiques que vous véhiculez comme autant de Réalités et de Vérités.

"Tout ce qui s'apparente à un peuple". Y a un "tout", quelque part, qu'en tout cas vous semblez saisir, d'un regard extérieur et objectif, comme une "réalité" à la fois vague et homogène, mais "qui s'apparente à un peuple". Comme on dirait d'une nuée de volatiles fendant l'air et observée à la jumelle, qu'il "s'apparentent au peuple des oiseaux". Et dans ce "tout", y a "les noirs".

"Les noirs" apparaît ainsi comme un sous ensemble flou, associé par conjonction de coordination à un ensemble flou englobant qui est "le peuple": "les noirs et/ou tout ce qui s’apparente à un peuple" ---> Choses en tout cas que Spielberg n'a jamais vraiment su filmer, mais que Ford, lui, a su filmer.
Ford, homme de "peuples" et proche du "peuple", a su admirablement filmer, à vous en croire, saisir, dans sa Vérité crue et nue, sans fards et sans illusions, ce "peuple" - les petits, les sans-grade, etc etc, dont, bien évidemment, "les noirs", qui par essence ou nature semblent faire corps avec les anonymes, sans grade et sans nom.
Les petits sans-nom de l'histoire que les Grands Noms (comme Lincoln) se sont chargés de faire entrer dans la Grande, et que Ford a su si bien filmer, lui.

Alors: autant le dédain est "assez dégoûtant" dans la manière d'un Spielberg scénographiant un couple de paysans benêts qui ne saisissent pas le message de Lincoln, et qui reçoivent le condescendant: "le peuple!", autant, s'il s'agit "des noirs de l'époque" scénographiés par Ford comme "plutôt naïfs, sans éducation, serviles et qui pouvaient même témoigner une certaine empathie vis-à-vis de leurs maîtres", c'est plus un dédain condescendant et dégoûtant, ah non! Ne confondons pas tout: Ford ne faisait pas, lui, dans l'édulcoré, la belle âme progressiste, la baudruche vertueuse ou le politiquement correct. Non Monsieur: c'était juste "la Vérité telle qu'elle fut", la Réalité toute crue, déstabilisante mais néanmoins plus juste, et même si elle est moins reluisante. Comme je vous le dis!


* (Il y a avait un "ou" à la place du "et" qui est venu le corriger mais conservé dans le copié-collé de la version originale. C'était encore pire, si possible: "... jamais vraiment su filmer les noirs ou tout ce qui s’apparente à un peuple". Le "ou" suggérant que "les noirs", c'est une forme de synonyme de "tout ce qui s'apparente à un peuple").



Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Sam 2 Fév 2013 - 10:18, édité 17 fois

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 5:47

Mea culpa, je me suis gouré pour l'histoire de l'amendement sur la famille d'Orange: il s'agîrait en fait d'un projet du Vlaams Belang (qui assume on profil d'extrême droite, la NVA en le lissant, attire une clientèle plus petite-bourgeoise: c'est un pont qui pèse plus lourd que ce qu'il relie, mais au total le VB finit quand-même pas être intégré par les alliances avec les partis traditionnels, en premier lieu au niveau local)

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Borges le Sam 2 Fév 2013 - 9:27

Hi Jerzy; faut pas t'en faire, facebook, c'est pas la pléiade Wink
Tu trouves vraiment nécessaire de répondre à ce mec, plutôt qu'à son texte?
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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 9:51

lol, je sais bien... Mais comme tu peux le lire dans la version du spoiler **, j'ai enlevé les éléments qui concernent le mec, c'est donc désormais devenu un texte qui répond seulement à son texte, avec plus de précision analytique...

Mais tu fais ce que tu considéreras le mieux: si tu trouves que c'est trop, que c'est pas adapté au mode "facebook" (je m'en rends pas vraiment compte, lol), alors laissons tomber. Non sans quelque regret, en ce qui me concerne Laughing

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 10:24

Bien, après délibération rapide avec moi-même, je décide qu'on laisse tomber.
J'ai répondu là où je devais répondre, et ça suffit bien comme ça.

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Borges le Sam 2 Fév 2013 - 10:41

Baudouin II de Barvaux a écrit:Bien, après délibération rapide avec moi-même, je décide qu'on laisse tomber.
J'ai répondu là où je devais répondre, et ça suffit bien comme ça.

hi;

je me disais juste que c'est très long, comme texte pour facebook

(sans parler de l'effet : "tu m'excuses, je savais pas que c'était toi", qui donne le sentiment que tu subordonnes tes idées, ou ton idée, à la "sympathie" pour l'auteur du texte...)

Sinon, j'avais pensé à un topic séparé avec juste ton texte, donné en lien sur facebook...

(bien entendu, c'est moi pour la publication sur facebook; ton "texte" est venu à mon secours, là, où presque personne ne semble trouver complètement hallucinant les propos du critikat... )




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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 11:16

ça va bientôt être la multinationale Wink

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 12:33

Totafé.

Bon, pour le texte, j'ai dit sur fdc que je le posterai pas, après avoir annoncé que je le posterai.
No soucy. Je suis content de passer à autre chose. A mon édredon, notamment Very Happy

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par adeline le Sam 2 Fév 2013 - 18:34

Extrait du livre d'Howard Zinn A People's History of the United States, sur Lincoln et l'émancipation :

http://www.zcommunications.org/lincoln-and-emancipation-by-howard-zinn

Spoiler:
John Brown was executed by the state of Virginia with the approval of the national government. It was the national government which, while weakly enforcing the law ending the slave trade, sternly enforced the laws providing for the return of fugitives to slavery. It was the national government that, in Andrew Jackson's administration, collaborated with the South to keep abolitionist literature out of the mails in the southern states. It was the Supreme Court of the United States that declared in 1857 that the slave Dred Scott could not sue for his freedom because he was not a person, but property.

Such a national government would never accept an end to slavery by rebellion. It would end slavery only under conditions controlled by whites, and only when required by the political and economic needs of the business elite of the North. It was Abraham Lincoln who combined perfectly the needs of business, the political ambition of the new Republican party, and the rhetoric of humanitarianism. He would keep the abolition of slavery not at the top of his list of priorities, but close enough to the top so it could be pushed there temporarily by abolitionist pressures and by practical political advantage.

Lincoln could skillfully blend the interests of the very rich and the interests of the black at a moment in history when these interests met. And he could link these two with a growing section of Americans, the white, up-and-coming, economically ambitious, politically active middle class. As Richard Hofstadter puts it:

Thoroughly middle class in his ideas, he spoke for those millions of Americans who had begun their lives as hired workers-as farm hands, clerks, teachers, mechanics, flatboat men, and rail- splitters-and had passed into the ranks of landed farmers, prosperous grocers, lawyers, merchants, physicians and politicians.

Lincoln could argue with lucidity and passion against slavery on moral grounds, while acting cautiously in practical politics. He believed "that the institution of slavery is founded on injustice and bad policy, but that the promulgation of abolition doctrines tends to increase rather than abate its evils." (Put against this Frederick Douglass's statement on struggle, or Garrison's "Sir, slavery will not be overthrown without excitement, a most tremendous excitement") Lincoln read the Constitution strictly, to mean that Congress, because of the Tenth Amendment (reserving to the states powers not specifically given to the national government), could not constitutionally bar slavery in the states.

When it was proposed to abolish slavery in the District of Columbia, which did not have the rights of a state that was directly under the jurisdiction of Congress, Lincoln said this would be Constitutional, but it should not be done unless the people in the District wanted it. Since most there were white, this killed the idea. As Hofstadter said of Lincoln's statement, it "breathes the fire of an uncompromising insistence on moderation."

Lincoln refused to denounce the Fugitive Slave Law publicly. He wrote to a friend: "I confess I hate to see the poor creatures hunted down . .. but I bite my lips and keep quiet." And when he did propose, in 1849, as a Congressman, a resolution to abolish slavery in the District of Columbia, he accompanied this with a section requiring local authorities to arrest and return fugitive slaves coming into Washington. (This led Wendell Phillips, the Boston abolitionist, to refer to him years later as "that slavehound from Illinois.") He opposed slavery, but could not see blacks as equals, so a constant theme in his approach was to free the slaves and to send them back to Africa.

In his 1858 campaign in Illinois for the Senate against Stephen Douglas, Lincoln spoke differently depending on the views of his listeners (and also perhaps depending on how close it was to the election). Speaking in northern Illinois in July (in Chicago), he said:

Let us discard all this quibbling about this man and the other man, this race and that race and the other race being inferior, and therefore they must be placed in an inferior position. Let us discard all these things, and unite as one people throughout this land, until we shall once more stand up declaring that all men are created equal.

Two months later in Charleston, in southern Illinois, Lincoln told his audience:

I will say, then, that I am not, nor ever have been, in favor of bringing about in any way the social and political equality of the white and black races (applause); that I am not, nor ever have been, in favor of making voters or jurors of negroes, nor of qualifying them to hold office, nor to intermarry with white people.. . .



And inasmuch as they cannot so live, while they do remain together there must be the position of superior and inferior, and I as much as any other man am in favor of having the superior position assigned to the white race.

Behind the secession of the South from the Union, after Lincoln was elected President in the fall of 1860 as candidate of the new Republican party, was a long series of policy clashes between South and North. The clash was not over slavery as a moral institution-most northerners did not care enough about slavery to make sacrifices for it, certainly not the sacrifice of war. It was not a clash of peoples (most northern whites were not economically favored, not politically powerful; most southern whites were poor farmers, not decisionmakers) but of elites. The northern elite wanted economic expansion-free land, free labor, a free market, a high protective tariff for manufacturers, a bank of the United States. The slave interests opposed all that; they saw Lincoln and the Republicans as making continuation of their pleasant and prosperous way of life impossible in the future.

So, when Lincoln was elected, seven southern states seceded from the Union. Lincoln initiated hostilities by trying to repossess the federal base at Fort Sumter, South Carolina, and four more states seceded. The Confederacy was formed; the Civil War was on.

Lincoln's first Inaugural Address, in March 1861, was conciliatory toward the South and the seceded states: "I have no purpose, directly or indirectly, to interfere with the institution of slavery in the States where it exists. I believe I have no lawful right to do so, and I have no inclination to do so." And with the war four months on, when General John C. Fremont in Missouri declared martial law and said slaves of owners resisting the United States were to be free, Lincoln countermanded this order. He was anxious to hold in the Union the slave states of Maryland, Kentucky, Missouri, and Delaware.

It was only as the war grew more bitter, the casualties mounted, desperation to win heightened, and the criticism of the abolitionists threatened to unravel the tattered coalition behind Lincoln that he began to act against slavery. Hofstadter puts it this way: "Like a delicate barometer, he recorded the trend of pressures, and as the Radical pressure increased he moved toward the left." Wendell Phillips said that if Lincoln was able to grow "it is because we have watered him."

Racism in the North was as entrenched as slavery in the South, and it would take the war to shake both. New York blacks could not vote unless they owned $250 in property (a qualification not applied to whites). A proposal to abolish this, put on the ballot in 1860, was defeated two to one (although Lincoln carried New York by 50,000 votes). Frederick Douglass commented: "The black baby of Negro suffrage was thought too ugly to exhibit on so grand an occasion. The Negro was stowed away like some people put out of sight their deformed children when company comes."

Wendell Phillips, with all his criticism of Lincoln, recognized the possibilities in his election. Speaking at the Tremont Temple in Boston the day after the election, Phillips said:

If the telegraph speaks truth, for the first time in our history the slave has chosen a President of the United States. . . . Not an Abolitionist, hardly an antislavery man, Mr. Lincoln consents to represent an antislavery idea. A pawn on the political chessboard, his value is in his position; with fair effort, we may soon change him for knight, bishop or queen, and sweep the board. (Applause)

Conservatives in the Boston upper classes wanted reconciliation with the South. At one point they stormed an abolitionist meeting at that same Tremont Temple, shortly after Lincoln's election, and asked that concessions be made to the South "in the interests of commerce, manufactures, agriculture."

The spirit of Congress, even after the war began, was shown in a resolution it passed in the summer of 1861, with only a few dissenting votes: "... this war is not waged . . . for any purpose of... overthrowing or interfering with the rights of established institutions of those states, but... to preserve the Union."

The abolitionists stepped up their campaign. Emancipation petitions poured into Congress in 1861 and 1862. In May of that year, Wendell Phillips said: "Abraham Lincoln may not wish it; he cannot prevent it; the nation may not will it, but the nation cannot prevent it. I do not care what men want or wish; the negro is the pebble in the cog-wheel, and the machine cannot go on until you get him out."

In July Congress passed a Confiscation Act, which enabled the freeing of slaves of those fighting the Union. But this was not enforced by the Union generals, and Lincoln ignored the nonenforcement. Garrison called Lincoln's policy "stumbling, halting, prevaricating, irresolute, weak, besotted," and Phillips said Lincoln was "a first-rate second-rate man."

An exchange of letters between Lincoln and Horace Greeley, editor of the New York Tribune, in August of 1862, gave Lincoln a chance to express his views. Greeley wrote:

Dear Sir. I do not intrude to tell you-for you must know already-that a great proportion of those who triumphed in your election ... are sorely disappointed and deeply pained by the policy you seem to be pursuing with regard to the slaves of rebels,... We require of you, as the first servant of the Republic, charged especially and preeminently with this duty, that you EXECUTE THE LAWS. ... We think you are strangely and disastrously remiss . .. with regard to the emancipating provisions of the new Confiscation Act....



We think you are unduly influenced by the councils ... of certain politicians hailing from the Border Slave States.

Greeley appealed to the practical need of winning the war. "We must have scouts, guides, spies, cooks, teamsters, diggers and choppers from the blacks of the South, whether we allow them to fight for us or not.... I entreat you to render a hearty and unequivocal obedience to the law of the land."

Lincoln had already shown his attitude by his failure to countermand an order of one of his commanders, General Henry Halleck, who forbade fugitive Negroes to enter his army's lines. Now he replied to Greeley:

Dear Sir: ... I have not meant to leave any one in doubt. .. . My paramount object in this struggle is to save the Union, and is not either to save or destroy Slavery. If I could save the Union without freeing any slave, I would do it; and if I could save it by freeing all the slaves, I would do it; and if I could do it by freeing some and leaving others alone, I would also do that. What I do about Slavery and the colored race, I do because it helps to save this Union; and what I forbear, I forbear because I do not believe it would help to save the Union. . .. I have here stated my purpose according to my view of official duty, and I intend no modification of my oft-expressed personal wish that all men, everywhere, could be free. Yours. A. Lincoln.

So Lincoln distinguished between his "personal wish" and his "official duty."

When in September 1862, Lincoln issued his preliminary Emancipation Proclamation, it was a military move, giving the South four months to stop rebelling, threatening to emancipate their slaves if they continued to fight, promising to leave slavery untouched in states that came over to the North:

That on the 1st day of January, AD 1863, all persons held as slaves within any State or designated part of a State the people whereof shall then be in rebellion against the United States shall be then, thenceforward and forever free. . . .

Thus, when the Emancipation Proclamation was issued January 1, 1863, it declared slaves free in those areas still fighting against the Union (which it listed very carefully), and said nothing about slaves behind Union lines. As Hofstadter put it, the Emancipation Proclamation "had all the moral grandeur of a bill of lading." The London Spectator wrote concisely: "The principle is not that a human being cannot justly own another, but that he cannot own him unless he is loyal to the United States."

Limited as it was, the Emancipation Proclamation spurred antislavery forces. By the summer of 1864, 400,000 signatures asking legislation to end slavery had been gathered and sent to Congress, something unprecedented in the history of the country. That April, the Senate had adopted the Thirteenth Amendment, declaring an end to slavery, and in January 1865, the House of Representatives followed.

With the Proclamation, the Union army was open to blacks. And the more blacks entered the war, the more it appeared a war for their liberation. The more whites had to sacrifice, the more resentment there was, particularly among poor whites in the North, who were drafted by a law that allowed the rich to buy their way out of the draft for $300. And so the draft riots of 1863 took place, uprisings of angry whites in northern cities, their targets not the rich, far away, but the blacks, near at hand. It was an orgy of death and violence. A black man in Detroit described what he saw: a mob, with kegs of beer on wagons, armed with clubs and bricks, marching through the city, attacking black men, women, children. He heard one man say: "If we are got to be killed up for Negroes then we will kill every one in this town."

The Civil War was one of the bloodiest in human history up to that time: 600,000 dead on both sides, in a population of 30 million-the equivalent, in the United States of 1978, with a population of 250 million, of 5 million dead. As the battles became more intense, as the bodies piled up, as war fatigue grew, the existence of blacks in the South, 4 million of them, became more and more a hindrance to the South, and more and more an opportunity for the North. Du Bois, in Black Reconstruction, pointed this out:

.. . these slaves had enormous power in their hands. Simply by stopping work, they could threaten the Confederacy with starvation. By walking into the Federal camps, they showed to doubting Northerners the easy possibility of using them thus, but by the same gesture, depriving their enemies of their use in just these fields....



It was this plain alternative that brought Lee's sudden surrender. Either the South must make terms with its slaves, free them, use them to fight the North, and thereafter no longer treat them as bondsmen; or they could surrender to the North with the assumption that the North after the war must help them to defend slavery, as it had before.

George Rawick, a sociologist and anthropologist, describes the development of blacks up to and into the Civil War:

The slaves went from being frightened human beings, thrown among strange men, including fellow slaves who were not their kinsmen and who did not speak their language or understand their customs and habits, to what W. E. B. DuBois once described as the general strike whereby hundreds of thousands of slaves deserted the plantations, destroying the Smith's ability to supply its army.

Black women played an important part in the war, especially toward the end. Sojourner Truth, the legendary ex-slave who had been active in the women's rights movement, became recruiter of black troops for the Union army, as did Josephine St. Pierre Ruffin of Boston. Harriet Tubman raided plantations, leading black and white troops, and in one expedition freed 750 slaves. Women moved with the colored regiments that grew as the Union army marched through the South, helping their husbands, enduring terrible hardships on the long military treks, in which many children died. They suffered the fate of soldiers, as in April 1864, when Confederate troops at Fort Pillow, Kentucky, massacred Union soldiers who had surrendered-black and white, along with women and children in an adjoining camp.

It has been said that black acceptance of slavery is proved by the fact that during the Civil War, when there were opportunities for escape, most slaves stayed on the plantation. In fact, half a million ran away- about one in five, a high proportion when one considers that there was great difficulty in knowing where to go and how to live.

The owner of a large plantation in South Carolina and Georgia wrote in 1862: "This war has taught us the perfect impossibility of placing the least confidence in the negro. In too numerous instances those we esteemed the most have been the first to desert us." That same year, a lieutenant in the Confederate army and once mayor of Savannah, Georgia, wrote: "I deeply regret to learn that the Negroes still continue to desert to the enemy."

A minister in Mississippi wrote in the fall of 1862: "On my arrival was surprised to hear that our negroes stampeded to the Yankees last night or rather a portion of them.... I think every one, but with one or two exceptions will go to the Yankees. Eliza and her family are certain to go. She does not conceal her thoughts but plainly manifests her opinions by her conduct-insolent and insulting." And a woman's plantation journal of January 1865:

The people are all idle on the plantations, most of them seeking their own pleasure. Many servants have proven faithful, others false and rebellious against all authority and restraint. .. . Their condition is one of perfect anarchy and rebellion. They have placed themselves in perfect antagonism to their owners and to all government and control.. . . Nearly all the house servants have left their homes; and from most of the plantations they have gone in a body.

Also in 1865, a South Carolina planter wrote to the New York Tribune that

the conduct of the Negro in the late crisis of our affairs has convinced me that we were all laboring under a delusion.... I believed that these people were content, happy, and attached to their masters. But events and reflection have caused me to change these positions.. .. If they were content, happy and attached to their masters, why did they desert him in the moment of his need and flock to an enemy, whom they did not know; and thus left their perhaps really good masters whom they did know from infancy?

Genovese notes that the war produced no general rising of slaves, but: "In Lafayette County, Mississippi, slaves responded to the Emancipation Proclamation by driving off their overseers and dividing the land and implements among themselves." Aptheker reports a conspiracy of Negroes in Arkansas in 1861 to kill their enslavers. In Kentucky that year, houses and barns were burned by Negroes, and in the city of New Castle slaves paraded through the city "singing political songs, and shouting for Lincoln," according to newspaper accounts. After the Emancipation Proclamation, a Negro waiter in Richmond, Virginia, was arrested for leading "a servile plot," while in Yazoo City, Mississippi, slaves burned the courthouse and fourteen homes.

There were special moments: Robert Smalls (later a South Carolina Congressman) and other blacks took over a steamship, The Planter, and sailed it past the Confederate guns to deliver it to the Union navy.

Most slaves neither submitted nor rebelled. They continued to work, waiting to see what happened. When opportunity came, they left, often joining the Union army. Two hundred thousand blacks were in the army and navy, and 38,000 were killed. Historian James McPherson says: "Without their help, the North could not have won the war as soon as it did, and perhaps it could not have won at all."

What happened to blacks in the Union army and in the northern cities during the war gave some hint of how limited the emancipation would be, even with full victory over the Confederacy. Off- duty black soldiers were attacked in northern cities, as in Zanesville, Ohio, in February 1864, where cries were heard to "kill the nigger." Black soldiers were used for the heaviest and dirtiest work, digging trenches, hauling logs and camion, loading ammunition, digging wells for white regiments. White privates received $13 a month; Negro privates received $10 a month.

Late in the war, a black sergeant of the Third South Carolina Volunteers, William Walker, marched his company to his captain's tent and ordered them to stack arms and resign from the army as a protest against what he considered a breach of contract, because of unequal pay. He was court-martialed and shot for mutiny. Finally, in June 1864, Congress passed a law granting equal pay to Negro soldiers.

The Confederacy was desperate in the latter part of the war, and some of its leaders suggested the slaves, more and more an obstacle to their cause, be enlisted, used, and freed. After a number of military defeats, the Confederate secretary of war, Judah Benjamin, wrote in late 1864 to a newspaper editor in Charleston: ". . . It is well known that General Lee, who commands so largely the confidence of the people, is strongly in favor of our using the negroes for defense, and emancipating them, if necessary, for that purpose. . . ." One general, indignant, wrote: "If slaves will make good soldiers, our whole theory of slavery is wrong."

By early 1865, the pressure had mounted, and in March President Davis of the Confederacy signed a "Negro Soldier Law" authorizing the enlistment of slaves as soldiers, to be freed by consent of their owners and their state governments. But before it had any significant effect, the war was over.

Former slaves, interviewed by the Federal Writers' Project in the thirties, recalled the war's end. Susie Melton:

I was a young gal, about ten years old, and we done heard that Lincoln gonna turn the niggers free. Ol' missus say there wasn't nothin' to it. Then a Yankee soldier told someone in Williamsburg that Lincoln done signed the 'mancipation. Was wintertime and mighty cold that night, but everybody commenced getting ready to leave. Didn't care nothin' about missus - was going to the Union lines. And all that night the niggers danced and sang right out in the cold. Next morning at day break we all started out with blankets and clothes and pots and pans and chickens piled on our backs, 'cause missus said we couldn't take no horses or carts. And as the sun come up over the trees, the niggers started to singing: Sun, you be here and I'll be gone
Sun, you be here and I'll be gone
Sun, you be here and I'll be gone
Bye, bye, don't grieve after me
Won't give you my place, not for yours
Bye, bye, don't grieve after me
Cause you be here and I'll be gone.


Anna Woods:

We wasn't there in Texas long when the soldiers marched in to tell us that we were free. ... I remembers one woman. She jumped on a barrel and she shouted. She jumped off and she shouted. She jumped hack on again and shouted some more. She kept that up for a long time, just jumping on a barrel and back off again.

Annie Mae Weathers said:

I remember hearing my pa say that when somebody came and hollered, "You niggers is free at last," say he just dropped his hoc and said in a queer voice, "Thank God for that."

The Federal Writers' Project recorded an ex-slave named Fannie Berry:

Niggers shoutin' and clappin' hands and singin'! Chillun runnin' all over the place beatin' time and yellin'! Everybody happy. Sho' did some celebratin'. Run to the kitchen and shout in the window:



"Mammy, don't you cook no more.

You's free! You's free!"

Many Negroes understood that their status after the war, whatever their situation legally, would depend on whether they owned the land they worked on or would be forced to be semislaves for others. In 1863, a North Carolina Negro wrote that "if the strict law of right and justice is to be observed, the country around me is the entailed inheritance of the Americans of African descent, purchased by the invaluable labor of our ancestors, through a life of tears and groans, under the lash and yoke of tyranny."

Abandoned plantations, however, were leased to former planters, and to white men of the North. As one colored newspaper said: "The slaves were made serfs and chained to the soil. . . . Such was the boasted freedom acquired by the colored man at the hands of the Yankee."

Under congressional policy approved by Lincoln, the property confiscated during the war under the Confiscation Act of July 1862 would revert to the heirs of the Confederate owners. Dr. John Rock, a black physician in Boston, spoke at a meeting: "Why talk about compensating masters? Compensate them for what? What do you owe them? What does the slave owe them? What does society owe them? Compensate the master? . . . It is the slave who ought to be compensated. The property of the South is by right the property of the slave. . . ."

Some land was expropriated on grounds the taxes were delinquent, and sold at auction. But only a few blacks could afford to buy this. In the South Carolina Sea Islands, out of 16,000 acres up for sale in March of 1863, freedmen who pooled their money were able to buy 2,000 acres, the rest being bought by northern investors and speculators. A freedman on the Islands dictated a letter to a former teacher now in Philadelphia:

My Dear Young Missus: Do, my missus, tell Linkum dat we wants land - dis bery land dat is rich wid de sweat ob de face and de blood ob we back. . . . We could a bin buy all we want, but dey make de lots too big, and cut we out.



De word cum from Mass Linkum's self, dat we take out claims and hold on ter um, an' plant um, and he will see dat we get um, every man ten or twenty acre. We too glad. We stake out an' list, but fore de time for plant, dese commissionaries sells to white folks all de best land. Where Linkum?

In early 1865, General William T. Sherman held a conference in Savannah, Georgia, with twenty Negro ministers and church officials, mostly former slaves, at which one of them expressed their need: "The way we can best take care of ourselves is to have land, and till it by our labor. . . ." Four days later Sherman issued "Special Field Order No. 15," designating the entire southern coastline 30 miles inland for exclusive Negro settlement. Freedmen could settle there, taking no more than 40 acres per family. By June 1865, forty thousand freedmen had moved onto new farms in this area. But President Andrew Johnson, in August of 1865, restored this land to the Confederate owners, and the freedmen were forced off, some at bayonet point.

Ex-slave Thomas Hall told the Federal Writers' Project:

Lincoln got the praise for freeing us, but did he do it? He gave us freedom without giving us any chance to live to ourselves and we still had to depend on the southern white man for work, food, and clothing, and he held us out of necessity and want in a state of servitude but little better than slavery.

The American government had set out to fight the slave states in 1861, not to end slavery, but to retain the enormous national territory and market and resources. Yet, victory required a crusade, and the momentum of that crusade brought new forces into national politics: more blacks determined to make their freedom mean something; more whites-whether Freedman's Bureau officials, or teachers in the Sea Islands, or "carpetbaggers" with various mixtures of humanitarianism and personal ambition-concerned with racial equality. There was also the powerful interest of the Republican party in maintaining control over the national government, with the prospect of southern black votes to accomplish this. Northern businessmen, seeing Republican policies as beneficial to them, went along for a while.

The result was that brief period after the Civil War in which southern Negroes voted, elected blacks to state legislatures and to Congress, introduced free and racially mixed public education to the South. A legal framework was constructed. The Thirteenth Amendment outlawed slavery: "Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime whereof the party shall have been duly convicted, shall exist within the United States, or any place subject to their jurisdiction." The Fourteenth Amendment repudiated the prewar Dred Scott decision by declaring that "all persons born or naturalized in the United States" were citizens. It also seemed to make a powerful statement for racial equality, severely limiting "states' rights":

adeline

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 19:23

mais pourquoi cette retape pour ce film : j'ai pas l'impression que tu l'aies vu.

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 19:59

adeline a écrit:Extrait du livre d'Howard Zinn A People's History of the United States, sur Lincoln et l'émancipation :

http://www.zcommunications.org/lincoln-and-emancipation-by-howard-zinn

Spoiler:
John Brown was executed by the state of Virginia with the approval of the national government. It was the national government which, while weakly enforcing the law ending the slave trade, sternly enforced the laws providing for the return of fugitives to slavery. It was the national government that, in Andrew Jackson's administration, collaborated with the South to keep abolitionist literature out of the mails in the southern states. It was the Supreme Court of the United States that declared in 1857 that the slave Dred Scott could not sue for his freedom because he was not a person, but property.

Such a national government would never accept an end to slavery by rebellion. It would end slavery only under conditions controlled by whites, and only when required by the political and economic needs of the business elite of the North. It was Abraham Lincoln who combined perfectly the needs of business, the political ambition of the new Republican party, and the rhetoric of humanitarianism. He would keep the abolition of slavery not at the top of his list of priorities, but close enough to the top so it could be pushed there temporarily by abolitionist pressures and by practical political advantage.

Lincoln could skillfully blend the interests of the very rich and the interests of the black at a moment in history when these interests met. And he could link these two with a growing section of Americans, the white, up-and-coming, economically ambitious, politically active middle class. As Richard Hofstadter puts it:

Thoroughly middle class in his ideas, he spoke for those millions of Americans who had begun their lives as hired workers-as farm hands, clerks, teachers, mechanics, flatboat men, and rail- splitters-and had passed into the ranks of landed farmers, prosperous grocers, lawyers, merchants, physicians and politicians.

Lincoln could argue with lucidity and passion against slavery on moral grounds, while acting cautiously in practical politics. He believed "that the institution of slavery is founded on injustice and bad policy, but that the promulgation of abolition doctrines tends to increase rather than abate its evils." (Put against this Frederick Douglass's statement on struggle, or Garrison's "Sir, slavery will not be overthrown without excitement, a most tremendous excitement") Lincoln read the Constitution strictly, to mean that Congress, because of the Tenth Amendment (reserving to the states powers not specifically given to the national government), could not constitutionally bar slavery in the states.

When it was proposed to abolish slavery in the District of Columbia, which did not have the rights of a state that was directly under the jurisdiction of Congress, Lincoln said this would be Constitutional, but it should not be done unless the people in the District wanted it. Since most there were white, this killed the idea. As Hofstadter said of Lincoln's statement, it "breathes the fire of an uncompromising insistence on moderation."

Lincoln refused to denounce the Fugitive Slave Law publicly. He wrote to a friend: "I confess I hate to see the poor creatures hunted down . .. but I bite my lips and keep quiet." And when he did propose, in 1849, as a Congressman, a resolution to abolish slavery in the District of Columbia, he accompanied this with a section requiring local authorities to arrest and return fugitive slaves coming into Washington. (This led Wendell Phillips, the Boston abolitionist, to refer to him years later as "that slavehound from Illinois.") He opposed slavery, but could not see blacks as equals, so a constant theme in his approach was to free the slaves and to send them back to Africa.

In his 1858 campaign in Illinois for the Senate against Stephen Douglas, Lincoln spoke differently depending on the views of his listeners (and also perhaps depending on how close it was to the election). Speaking in northern Illinois in July (in Chicago), he said:

Let us discard all this quibbling about this man and the other man, this race and that race and the other race being inferior, and therefore they must be placed in an inferior position. Let us discard all these things, and unite as one people throughout this land, until we shall once more stand up declaring that all men are created equal.

Two months later in Charleston, in southern Illinois, Lincoln told his audience:

I will say, then, that I am not, nor ever have been, in favor of bringing about in any way the social and political equality of the white and black races (applause); that I am not, nor ever have been, in favor of making voters or jurors of negroes, nor of qualifying them to hold office, nor to intermarry with white people.. . .



And inasmuch as they cannot so live, while they do remain together there must be the position of superior and inferior, and I as much as any other man am in favor of having the superior position assigned to the white race.

Behind the secession of the South from the Union, after Lincoln was elected President in the fall of 1860 as candidate of the new Republican party, was a long series of policy clashes between South and North. The clash was not over slavery as a moral institution-most northerners did not care enough about slavery to make sacrifices for it, certainly not the sacrifice of war. It was not a clash of peoples (most northern whites were not economically favored, not politically powerful; most southern whites were poor farmers, not decisionmakers) but of elites. The northern elite wanted economic expansion-free land, free labor, a free market, a high protective tariff for manufacturers, a bank of the United States. The slave interests opposed all that; they saw Lincoln and the Republicans as making continuation of their pleasant and prosperous way of life impossible in the future.

So, when Lincoln was elected, seven southern states seceded from the Union. Lincoln initiated hostilities by trying to repossess the federal base at Fort Sumter, South Carolina, and four more states seceded. The Confederacy was formed; the Civil War was on.

Lincoln's first Inaugural Address, in March 1861, was conciliatory toward the South and the seceded states: "I have no purpose, directly or indirectly, to interfere with the institution of slavery in the States where it exists. I believe I have no lawful right to do so, and I have no inclination to do so." And with the war four months on, when General John C. Fremont in Missouri declared martial law and said slaves of owners resisting the United States were to be free, Lincoln countermanded this order. He was anxious to hold in the Union the slave states of Maryland, Kentucky, Missouri, and Delaware.

It was only as the war grew more bitter, the casualties mounted, desperation to win heightened, and the criticism of the abolitionists threatened to unravel the tattered coalition behind Lincoln that he began to act against slavery. Hofstadter puts it this way: "Like a delicate barometer, he recorded the trend of pressures, and as the Radical pressure increased he moved toward the left." Wendell Phillips said that if Lincoln was able to grow "it is because we have watered him."

Racism in the North was as entrenched as slavery in the South, and it would take the war to shake both. New York blacks could not vote unless they owned $250 in property (a qualification not applied to whites). A proposal to abolish this, put on the ballot in 1860, was defeated two to one (although Lincoln carried New York by 50,000 votes). Frederick Douglass commented: "The black baby of Negro suffrage was thought too ugly to exhibit on so grand an occasion. The Negro was stowed away like some people put out of sight their deformed children when company comes."

Wendell Phillips, with all his criticism of Lincoln, recognized the possibilities in his election. Speaking at the Tremont Temple in Boston the day after the election, Phillips said:

If the telegraph speaks truth, for the first time in our history the slave has chosen a President of the United States. . . . Not an Abolitionist, hardly an antislavery man, Mr. Lincoln consents to represent an antislavery idea. A pawn on the political chessboard, his value is in his position; with fair effort, we may soon change him for knight, bishop or queen, and sweep the board. (Applause)

Conservatives in the Boston upper classes wanted reconciliation with the South. At one point they stormed an abolitionist meeting at that same Tremont Temple, shortly after Lincoln's election, and asked that concessions be made to the South "in the interests of commerce, manufactures, agriculture."

The spirit of Congress, even after the war began, was shown in a resolution it passed in the summer of 1861, with only a few dissenting votes: "... this war is not waged . . . for any purpose of... overthrowing or interfering with the rights of established institutions of those states, but... to preserve the Union."

The abolitionists stepped up their campaign. Emancipation petitions poured into Congress in 1861 and 1862. In May of that year, Wendell Phillips said: "Abraham Lincoln may not wish it; he cannot prevent it; the nation may not will it, but the nation cannot prevent it. I do not care what men want or wish; the negro is the pebble in the cog-wheel, and the machine cannot go on until you get him out."

In July Congress passed a Confiscation Act, which enabled the freeing of slaves of those fighting the Union. But this was not enforced by the Union generals, and Lincoln ignored the nonenforcement. Garrison called Lincoln's policy "stumbling, halting, prevaricating, irresolute, weak, besotted," and Phillips said Lincoln was "a first-rate second-rate man."

An exchange of letters between Lincoln and Horace Greeley, editor of the New York Tribune, in August of 1862, gave Lincoln a chance to express his views. Greeley wrote:

Dear Sir. I do not intrude to tell you-for you must know already-that a great proportion of those who triumphed in your election ... are sorely disappointed and deeply pained by the policy you seem to be pursuing with regard to the slaves of rebels,... We require of you, as the first servant of the Republic, charged especially and preeminently with this duty, that you EXECUTE THE LAWS. ... We think you are strangely and disastrously remiss . .. with regard to the emancipating provisions of the new Confiscation Act....



We think you are unduly influenced by the councils ... of certain politicians hailing from the Border Slave States.

Greeley appealed to the practical need of winning the war. "We must have scouts, guides, spies, cooks, teamsters, diggers and choppers from the blacks of the South, whether we allow them to fight for us or not.... I entreat you to render a hearty and unequivocal obedience to the law of the land."

Lincoln had already shown his attitude by his failure to countermand an order of one of his commanders, General Henry Halleck, who forbade fugitive Negroes to enter his army's lines. Now he replied to Greeley:

Dear Sir: ... I have not meant to leave any one in doubt. .. . My paramount object in this struggle is to save the Union, and is not either to save or destroy Slavery. If I could save the Union without freeing any slave, I would do it; and if I could save it by freeing all the slaves, I would do it; and if I could do it by freeing some and leaving others alone, I would also do that. What I do about Slavery and the colored race, I do because it helps to save this Union; and what I forbear, I forbear because I do not believe it would help to save the Union. . .. I have here stated my purpose according to my view of official duty, and I intend no modification of my oft-expressed personal wish that all men, everywhere, could be free. Yours. A. Lincoln.

So Lincoln distinguished between his "personal wish" and his "official duty."

When in September 1862, Lincoln issued his preliminary Emancipation Proclamation, it was a military move, giving the South four months to stop rebelling, threatening to emancipate their slaves if they continued to fight, promising to leave slavery untouched in states that came over to the North:

That on the 1st day of January, AD 1863, all persons held as slaves within any State or designated part of a State the people whereof shall then be in rebellion against the United States shall be then, thenceforward and forever free. . . .

Thus, when the Emancipation Proclamation was issued January 1, 1863, it declared slaves free in those areas still fighting against the Union (which it listed very carefully), and said nothing about slaves behind Union lines. As Hofstadter put it, the Emancipation Proclamation "had all the moral grandeur of a bill of lading." The London Spectator wrote concisely: "The principle is not that a human being cannot justly own another, but that he cannot own him unless he is loyal to the United States."

Limited as it was, the Emancipation Proclamation spurred antislavery forces. By the summer of 1864, 400,000 signatures asking legislation to end slavery had been gathered and sent to Congress, something unprecedented in the history of the country. That April, the Senate had adopted the Thirteenth Amendment, declaring an end to slavery, and in January 1865, the House of Representatives followed.

With the Proclamation, the Union army was open to blacks. And the more blacks entered the war, the more it appeared a war for their liberation. The more whites had to sacrifice, the more resentment there was, particularly among poor whites in the North, who were drafted by a law that allowed the rich to buy their way out of the draft for $300. And so the draft riots of 1863 took place, uprisings of angry whites in northern cities, their targets not the rich, far away, but the blacks, near at hand. It was an orgy of death and violence. A black man in Detroit described what he saw: a mob, with kegs of beer on wagons, armed with clubs and bricks, marching through the city, attacking black men, women, children. He heard one man say: "If we are got to be killed up for Negroes then we will kill every one in this town."

The Civil War was one of the bloodiest in human history up to that time: 600,000 dead on both sides, in a population of 30 million-the equivalent, in the United States of 1978, with a population of 250 million, of 5 million dead. As the battles became more intense, as the bodies piled up, as war fatigue grew, the existence of blacks in the South, 4 million of them, became more and more a hindrance to the South, and more and more an opportunity for the North. Du Bois, in Black Reconstruction, pointed this out:

.. . these slaves had enormous power in their hands. Simply by stopping work, they could threaten the Confederacy with starvation. By walking into the Federal camps, they showed to doubting Northerners the easy possibility of using them thus, but by the same gesture, depriving their enemies of their use in just these fields....



It was this plain alternative that brought Lee's sudden surrender. Either the South must make terms with its slaves, free them, use them to fight the North, and thereafter no longer treat them as bondsmen; or they could surrender to the North with the assumption that the North after the war must help them to defend slavery, as it had before.

George Rawick, a sociologist and anthropologist, describes the development of blacks up to and into the Civil War:

The slaves went from being frightened human beings, thrown among strange men, including fellow slaves who were not their kinsmen and who did not speak their language or understand their customs and habits, to what W. E. B. DuBois once described as the general strike whereby hundreds of thousands of slaves deserted the plantations, destroying the Smith's ability to supply its army.

Black women played an important part in the war, especially toward the end. Sojourner Truth, the legendary ex-slave who had been active in the women's rights movement, became recruiter of black troops for the Union army, as did Josephine St. Pierre Ruffin of Boston. Harriet Tubman raided plantations, leading black and white troops, and in one expedition freed 750 slaves. Women moved with the colored regiments that grew as the Union army marched through the South, helping their husbands, enduring terrible hardships on the long military treks, in which many children died. They suffered the fate of soldiers, as in April 1864, when Confederate troops at Fort Pillow, Kentucky, massacred Union soldiers who had surrendered-black and white, along with women and children in an adjoining camp.

It has been said that black acceptance of slavery is proved by the fact that during the Civil War, when there were opportunities for escape, most slaves stayed on the plantation. In fact, half a million ran away- about one in five, a high proportion when one considers that there was great difficulty in knowing where to go and how to live.

The owner of a large plantation in South Carolina and Georgia wrote in 1862: "This war has taught us the perfect impossibility of placing the least confidence in the negro. In too numerous instances those we esteemed the most have been the first to desert us." That same year, a lieutenant in the Confederate army and once mayor of Savannah, Georgia, wrote: "I deeply regret to learn that the Negroes still continue to desert to the enemy."

A minister in Mississippi wrote in the fall of 1862: "On my arrival was surprised to hear that our negroes stampeded to the Yankees last night or rather a portion of them.... I think every one, but with one or two exceptions will go to the Yankees. Eliza and her family are certain to go. She does not conceal her thoughts but plainly manifests her opinions by her conduct-insolent and insulting." And a woman's plantation journal of January 1865:

The people are all idle on the plantations, most of them seeking their own pleasure. Many servants have proven faithful, others false and rebellious against all authority and restraint. .. . Their condition is one of perfect anarchy and rebellion. They have placed themselves in perfect antagonism to their owners and to all government and control.. . . Nearly all the house servants have left their homes; and from most of the plantations they have gone in a body.

Also in 1865, a South Carolina planter wrote to the New York Tribune that

the conduct of the Negro in the late crisis of our affairs has convinced me that we were all laboring under a delusion.... I believed that these people were content, happy, and attached to their masters. But events and reflection have caused me to change these positions.. .. If they were content, happy and attached to their masters, why did they desert him in the moment of his need and flock to an enemy, whom they did not know; and thus left their perhaps really good masters whom they did know from infancy?

Genovese notes that the war produced no general rising of slaves, but: "In Lafayette County, Mississippi, slaves responded to the Emancipation Proclamation by driving off their overseers and dividing the land and implements among themselves." Aptheker reports a conspiracy of Negroes in Arkansas in 1861 to kill their enslavers. In Kentucky that year, houses and barns were burned by Negroes, and in the city of New Castle slaves paraded through the city "singing political songs, and shouting for Lincoln," according to newspaper accounts. After the Emancipation Proclamation, a Negro waiter in Richmond, Virginia, was arrested for leading "a servile plot," while in Yazoo City, Mississippi, slaves burned the courthouse and fourteen homes.

There were special moments: Robert Smalls (later a South Carolina Congressman) and other blacks took over a steamship, The Planter, and sailed it past the Confederate guns to deliver it to the Union navy.

Most slaves neither submitted nor rebelled. They continued to work, waiting to see what happened. When opportunity came, they left, often joining the Union army. Two hundred thousand blacks were in the army and navy, and 38,000 were killed. Historian James McPherson says: "Without their help, the North could not have won the war as soon as it did, and perhaps it could not have won at all."

What happened to blacks in the Union army and in the northern cities during the war gave some hint of how limited the emancipation would be, even with full victory over the Confederacy. Off- duty black soldiers were attacked in northern cities, as in Zanesville, Ohio, in February 1864, where cries were heard to "kill the nigger." Black soldiers were used for the heaviest and dirtiest work, digging trenches, hauling logs and camion, loading ammunition, digging wells for white regiments. White privates received $13 a month; Negro privates received $10 a month.

Late in the war, a black sergeant of the Third South Carolina Volunteers, William Walker, marched his company to his captain's tent and ordered them to stack arms and resign from the army as a protest against what he considered a breach of contract, because of unequal pay. He was court-martialed and shot for mutiny. Finally, in June 1864, Congress passed a law granting equal pay to Negro soldiers.

The Confederacy was desperate in the latter part of the war, and some of its leaders suggested the slaves, more and more an obstacle to their cause, be enlisted, used, and freed. After a number of military defeats, the Confederate secretary of war, Judah Benjamin, wrote in late 1864 to a newspaper editor in Charleston: ". . . It is well known that General Lee, who commands so largely the confidence of the people, is strongly in favor of our using the negroes for defense, and emancipating them, if necessary, for that purpose. . . ." One general, indignant, wrote: "If slaves will make good soldiers, our whole theory of slavery is wrong."

By early 1865, the pressure had mounted, and in March President Davis of the Confederacy signed a "Negro Soldier Law" authorizing the enlistment of slaves as soldiers, to be freed by consent of their owners and their state governments. But before it had any significant effect, the war was over.

Former slaves, interviewed by the Federal Writers' Project in the thirties, recalled the war's end. Susie Melton:

I was a young gal, about ten years old, and we done heard that Lincoln gonna turn the niggers free. Ol' missus say there wasn't nothin' to it. Then a Yankee soldier told someone in Williamsburg that Lincoln done signed the 'mancipation. Was wintertime and mighty cold that night, but everybody commenced getting ready to leave. Didn't care nothin' about missus - was going to the Union lines. And all that night the niggers danced and sang right out in the cold. Next morning at day break we all started out with blankets and clothes and pots and pans and chickens piled on our backs, 'cause missus said we couldn't take no horses or carts. And as the sun come up over the trees, the niggers started to singing: Sun, you be here and I'll be gone
Sun, you be here and I'll be gone
Sun, you be here and I'll be gone
Bye, bye, don't grieve after me
Won't give you my place, not for yours
Bye, bye, don't grieve after me
Cause you be here and I'll be gone.


Anna Woods:

We wasn't there in Texas long when the soldiers marched in to tell us that we were free. ... I remembers one woman. She jumped on a barrel and she shouted. She jumped off and she shouted. She jumped hack on again and shouted some more. She kept that up for a long time, just jumping on a barrel and back off again.

Annie Mae Weathers said:

I remember hearing my pa say that when somebody came and hollered, "You niggers is free at last," say he just dropped his hoc and said in a queer voice, "Thank God for that."

The Federal Writers' Project recorded an ex-slave named Fannie Berry:

Niggers shoutin' and clappin' hands and singin'! Chillun runnin' all over the place beatin' time and yellin'! Everybody happy. Sho' did some celebratin'. Run to the kitchen and shout in the window:



"Mammy, don't you cook no more.

You's free! You's free!"

Many Negroes understood that their status after the war, whatever their situation legally, would depend on whether they owned the land they worked on or would be forced to be semislaves for others. In 1863, a North Carolina Negro wrote that "if the strict law of right and justice is to be observed, the country around me is the entailed inheritance of the Americans of African descent, purchased by the invaluable labor of our ancestors, through a life of tears and groans, under the lash and yoke of tyranny."

Abandoned plantations, however, were leased to former planters, and to white men of the North. As one colored newspaper said: "The slaves were made serfs and chained to the soil. . . . Such was the boasted freedom acquired by the colored man at the hands of the Yankee."

Under congressional policy approved by Lincoln, the property confiscated during the war under the Confiscation Act of July 1862 would revert to the heirs of the Confederate owners. Dr. John Rock, a black physician in Boston, spoke at a meeting: "Why talk about compensating masters? Compensate them for what? What do you owe them? What does the slave owe them? What does society owe them? Compensate the master? . . . It is the slave who ought to be compensated. The property of the South is by right the property of the slave. . . ."

Some land was expropriated on grounds the taxes were delinquent, and sold at auction. But only a few blacks could afford to buy this. In the South Carolina Sea Islands, out of 16,000 acres up for sale in March of 1863, freedmen who pooled their money were able to buy 2,000 acres, the rest being bought by northern investors and speculators. A freedman on the Islands dictated a letter to a former teacher now in Philadelphia:

My Dear Young Missus: Do, my missus, tell Linkum dat we wants land - dis bery land dat is rich wid de sweat ob de face and de blood ob we back. . . . We could a bin buy all we want, but dey make de lots too big, and cut we out.



De word cum from Mass Linkum's self, dat we take out claims and hold on ter um, an' plant um, and he will see dat we get um, every man ten or twenty acre. We too glad. We stake out an' list, but fore de time for plant, dese commissionaries sells to white folks all de best land. Where Linkum?

In early 1865, General William T. Sherman held a conference in Savannah, Georgia, with twenty Negro ministers and church officials, mostly former slaves, at which one of them expressed their need: "The way we can best take care of ourselves is to have land, and till it by our labor. . . ." Four days later Sherman issued "Special Field Order No. 15," designating the entire southern coastline 30 miles inland for exclusive Negro settlement. Freedmen could settle there, taking no more than 40 acres per family. By June 1865, forty thousand freedmen had moved onto new farms in this area. But President Andrew Johnson, in August of 1865, restored this land to the Confederate owners, and the freedmen were forced off, some at bayonet point.

Ex-slave Thomas Hall told the Federal Writers' Project:

Lincoln got the praise for freeing us, but did he do it? He gave us freedom without giving us any chance to live to ourselves and we still had to depend on the southern white man for work, food, and clothing, and he held us out of necessity and want in a state of servitude but little better than slavery.

The American government had set out to fight the slave states in 1861, not to end slavery, but to retain the enormous national territory and market and resources. Yet, victory required a crusade, and the momentum of that crusade brought new forces into national politics: more blacks determined to make their freedom mean something; more whites-whether Freedman's Bureau officials, or teachers in the Sea Islands, or "carpetbaggers" with various mixtures of humanitarianism and personal ambition-concerned with racial equality. There was also the powerful interest of the Republican party in maintaining control over the national government, with the prospect of southern black votes to accomplish this. Northern businessmen, seeing Republican policies as beneficial to them, went along for a while.

The result was that brief period after the Civil War in which southern Negroes voted, elected blacks to state legislatures and to Congress, introduced free and racially mixed public education to the South. A legal framework was constructed. The Thirteenth Amendment outlawed slavery: "Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime whereof the party shall have been duly convicted, shall exist within the United States, or any place subject to their jurisdiction." The Fourteenth Amendment repudiated the prewar Dred Scott decision by declaring that "all persons born or naturalized in the United States" were citizens. It also seemed to make a powerful statement for racial equality, severely limiting "states' rights":
merci adeline.


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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Sam 2 Fév 2013 - 20:08

Stéphane, toujours pour la veuve et l'orphelin, c'est ton côté christique Wink

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

Message par Invité le Dim 3 Fév 2013 - 15:57

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Re: De "Lincoln" en particulier et de Spielberg en général

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