That's My Soul (Music): Munich (2005) de Spielberg

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That's My Soul (Music): Munich (2005) de Spielberg

Message par lorinlouis le Mar 17 Avr 2012 - 14:33

Ai finalement vu le crépusculaire mais non moins très académique « Munich » (2005) de Spielberg et, en dehors de certains effets de manche plutôt abjects, quelque chose m’a interpellé. Ce n’est pas tant dans le film mais plutôt dans ce qui ne cesse de l’accompagner, cette bande originale qui s’insère en différents instants, en différentes séquences du film. Et la dénomination commune –je ne me réfère pas au score de Williams qui densifie la mise en scène de Spielberg- est la récurrence du genre, une playlist soul dans laquelle on retrouve les standards de la musique noire américaine des années soixante-dix.

J’entends bien que ces hits étaient très prisés par les radios de toutes les nations, mais l’homogénéité et la répétition, conjuguées au choix des séquences que ces titres sont censés illustrer, semble dénoter quelque chose d’autre qu’une simple reconstitution, qu’une simple (re)mise en situation, avec le scrupuleux souci d’authenticité.

On y retrouve Bill Withers et son « Ain’t No Sunshine » (1971) lorsque le personnage joué par Bana négocie une source avec Yvan Attal, sur la terrasse d’un café romain. Je crois que le titre déborde d’une séquence précédente, chez les gauchistes allemands de la RAF, qui montre le cynisme et le peu de rectitude des terroristes d’extrême-gauche, vendant des camarades contre des dollars.



Il y a aussi la séquence qui suit la première exécution, celle du traducteur palestinien, dans l’entrée de son immeuble, durant laquelle les exécuteurs hésitent à célébrer ou à se réjouir, évoquant un passage de l’Ancien Testament. On y entend alors les Temptations avec leur smash hit « My Girl » (1964) qui enjoue alors les protagonistes, D. Craig entraînant alors M. Kassovitz dans une danse exutoire.



Les Temptations, on les entend encore –encore une tentation ?- lorsque D. Craig patiente nerveusement dans une voiture, à l’affut du coup qu’ils sont en train de commettre. Il sifflote la chanson du collectif et se fait d’ailleurs reprendre par un de ses acolytes. Là, c’est moins gai, moins léger et joyeux puisqu’il s’agit du titre « Papa Was A Rollin’ Stone » (1972) qui relate la recherche d’un père inconnu et absent.



Ensuite, on retrouve aussi un autre classique de la musique Soul américaine des seventies, « Let’s Stay Together » (1972) d’Al Green qui colle à la scène que le titre accompagne : Bana se retrouve en tête à tête avec un militant palestinien et, étant obligé de dissimuler son origine et son appartenance, se met à converser autour du projet de libération de la Palestine. L’activiste arabe le renvoie à sa propre implication, à son propre investissement dans une cause qui, finalement, échappe au personnage joué par Bana. Spielberg joue le traitement sur un plan d’égalité, ironiquement soutenu par le contenu de la chanson de Green.



La scène en intégralité.



Pour Spielberg, le choix et l’engagement semble être une question de Soul, d’âme. Comme l’indique le personnage torturé et précaire joué par M. Kassovitz.



Sinon, lorsque James Bond travaille pour le Mossad, on le trouve un peu moins crédible, je trouve… Laughing
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