Des animaux et des couleurs (chez Spielberg)

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Des animaux et des couleurs (chez Spielberg)

Message par Invité le Mer 19 Sep 2012 - 11:43

Reprise d'un topic ici, la discussion se présente bien cheers : http://forum.plan-sequence.com/war-horse-steven-spielberg-2011-t15063-90.html#p538425


David Swinton a écrit:Jamais je n'aurais cru possible que le cheval puisse surpasser le reporter a houpette en 2011. Et bien c'est le cas. Et haut la main en plus. Il s'agit même d'un des grand cru de Spielberg (qui fait un retour inespéré vers le cinéma grandiose et sentimental des années 80, celui de E.T. et The Color Purple).

J'ai ramené quelques archives en rapport avec une séquence de War Horse, celle-ci en l'occurence: http://www.youtube.com/watch?v=-H164pHmJ1g&feature=player_embedded

J'ai appelé ça : l'aileron du requin dans Cheval de guerre



Daney écrivait sur Jaws: "ce qui est donné à désirer, c'est la normativité. Ce en quoi ce cinéma fascise... Un imaginaire normalisant, cela se met en scène. Assez simplement. Cela consiste à tout filmer de deux points de vue: celui du chasseur et celui du chassé. Il n'y a pas d'autre point de vue(spatial, moral, politique), pas d'autre place pour la caméra, donc pour le spectateur, que cette double position."
Pour Daney, Jaws est un film qui conduit à une totale irresponsabilisation, il est "court-circuit du savoir et du point de vue, perte de tout repère, mise dans la peau grisâtre de l'autre" : http://ti1ca.com/dr9c12hz-LES-DENTS-DE-LA-MER-par-Serge-Daney.pdf.html

Critique assez proche pour le Docteur Blacher dans la Revue Cinéma 76, Jaws est un film démobilisateur, un masque pour nous aveugler, nous abêtir, nous tranquiliser :
http://ti1ca.com/m1g7b26v-LES-DENTS-DE-LA-MER-REVUE-DE-PRESSE.pdf.html

L'aileron du requin refait surface quelques instants dans War horse, le désir de cinéma est le même, "désir d'en finir avec l'horreur, désir de retour à la normale". War horse est "notre inconscient entièrement échoué sur une plage au sec", "le monstre est mort depuis la première image, tout va bien".

Daney a également écrit une critique sur La couleur pourpre, qui est pour Daney dans le titre évocateur de sa critique "La couleur Coca":
http://ti1ca.com/1vtzpfqo-LA-COULEUR-COCA-SPIELBERG.pdf.html







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Re: Des animaux et des couleurs (chez Spielberg)

Message par Invité le Mer 19 Sep 2012 - 15:54

Quand il est venu à Libération, Daney s'est mis à écrire du point de vue de l'innocence perdue du monde, du regard et de l'image, et c'est dommage.

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Re: Des animaux et des couleurs (chez Spielberg)

Message par Invité le Jeu 20 Sep 2012 - 20:28

Tony le Mort a écrit:Quand il est venu à Libération, Daney s'est mis à écrire du point de vue de l'innocence perdue du monde, du regard et de l'image, et c'est dommage.
je ne sais pas, je lis Daney de façon très peu savante, j'en aime la punch line si on peut dire... Quand il écrit que Spielberg est le plus grand des cinéastes prépubères par exemple, ça me convient bien comme lecture. En janvier 89, Daney répondait à la Revue Esprit : "La période où un deuil a été fait d'une certaine idée du cinéma est derrière nous. Nous nous trouvons de plus en plus transformés en historiens de notre propre objet d'amour... En fait je crois que le temps est venu pour chacun de se faire (l'histoire de) son cinéma, parce qu'il n'est pas sûr qu'il n'y en ait pas plusieurs. Le cinéma qui nous a bouleversés n'est peut-être qu'une partie du cinéma, une partie qui a travaillé quelques hypothèses fondamentales pour la compréhension du siècle et de son histoire, des choses liées au montage, à la lumière, à la durée ou au mouvement..."

Un entretien avec Daney en accès libre ici :
http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=11680&content=daney

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Re: Des animaux et des couleurs (chez Spielberg)

Message par Invité le Jeu 20 Sep 2012 - 21:31

J'ai l'impression que le tournant nationaliste des travaux récents de Godard (le cinéma dériverait d'une typologie nationale, à la fois d'un caractère et d'une Histoire) radicalise ce que Daney a écrit après 1984-1986, notamment dans "l'Exercice a été Profitable, Monsieur", ou des textes comme ton extrait.
C'est une dimension qu'il n'y avait pas dans "Sauve qui peut la vie" ou "Soigne ta Droite", faits avant la mort de Daney.
Je ne crois pas que Daney ait jamais marqué des réserves sur un film de Godard (sauf pour dire que "Tout va Bien" était trop brechtien, c'est à dire achevait l'exposé d'une contradiction ce qui est peut-être une qualité), et Godard a peut-être eu l'idée d'une rencontre intellectuelle avec son public sur ce point.

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