Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

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Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Largo le Mer 21 Oct 2009 - 12:25

Je retrouve plus le topic où on avait mis le premier teaser.

Voilà un article récent avec (je crois) un autre teaser : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1255707960/article/patti-smith-et-alain-badiou-en-bateau-chez-godard/
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Mer 21 Oct 2009 - 13:01

Hello,

C'est la même BA, je crois. Ca devait être quelque part par ici..

Ca sonne très "expérimental".

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par DB le Mer 21 Oct 2009 - 18:19

ohohoh
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Sam 7 Nov 2009 - 22:15

Le film devrait être projeté à Cannes d'après une remarque de De Baecque dans le numéro du Monde d'aujourd'hui.

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Borges le Sam 7 Nov 2009 - 22:23

JM a écrit:Le film devrait être projeté à Cannes d'après une remarque de De Baecque dans le numéro du Monde d'aujourd'hui.


A l'heure où ils vivent les heures les plus difficiles de leur histoire, les communistes, même et surtout en France, ne sont plus dans les films que des clichés, fleurant la nostalgie d'un temps enfui, devenus inoffensifs par annexion au patrimoine national. En 1993, Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, de Jean-Jacques Zilbermann, consacrait cette tendance de fond qu'un historien a nommé avec esprit le "syndrome de Pif". A l'image de Robert Guédiguian, faut-il quitter le Parti communiste pour devenir vraiment cinéaste et "continuer l'engagement politique d'une autre façon"? Car le cinéma – et pas seulement lui – a besoin de la capacité d'indignation qu'a pu représenter le communisme face aux mécanismes impitoyables de nos sociétés libérales avancées. C'est l'un des plus grands cinéastes qui l'affirme, Jean-Luc Godard, lui qui a nommé son dernier film, visible au prochain Festival de Cannes, Socialisme. p "Il était une fois: le communisme".
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Mer 23 Déc 2009 - 9:48

"(..) Je viens de travailler avec lui [Godard] sur son prochain film, où je ferai peut-être, dans le rôle du philosophe-conférencier d'une croisière en bateau de luxe, un passage, ou peut-être pas, car qui sait ce que cet artiste va faire à la fin de tout ce qui fut tourné ? J'ai admiré de près son exactitude, son exigence, unique. Et c'est presque toujours de l'amour qu'il s'agit. Cependant, la différence que je verrai entre lui et moi sur la connexion entre l'amour et résistance, c'est la mélancolie qui chez Godard est la couleur de toute chose. Je suis incurablement éloigné, y compris s'agissant de l'amour, de ce coloris subjectif. (..)"

A. Badiou, "Eloge de l'amour", p.84.

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Jeu 1 Avr 2010 - 16:21

Le film, en un éclair :





Badiou sera-t-il au chapitre "des salauds" ?!

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Jeu 1 Avr 2010 - 21:29


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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par ^x^ le Ven 9 Avr 2010 - 12:30

J'imagine


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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Mar 13 Avr 2010 - 12:05

Feuilleté quelques pages du bouquin de De Baecque, à la fin il dit que Godard présente ce film comme son "dernier film", avec les guillemets. Du coup on sait pas trop ce que ça veut dire ? Ca serait étonnant que Godard ne souhaite pas continuer, et assez contradictoire avec ses propos d'il y a quelques temps.

C'est quoi la musique de la BA, on dirait la BO d'un muet russe ?

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par ^x^ le Mar 13 Avr 2010 - 14:31

J'imagine


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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Jeu 15 Avr 2010 - 18:42

Le projet, cette histoire de croisière, évoque bien sûr le film d'Oliveira "Un film parlé". Chez Oliveira on était plutôt du côté de nos "braves" Nouveaux Philosophes, je sais pas avec Godard. Apparemment les scènes avec Badiou ont été évincées du montage comme celui-ci l'envisageait ?


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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Eyquem le Jeu 15 Avr 2010 - 19:03

Apparemment
Tu te fies à la bande-annonce ?
Je pense qu'il n'y a pas le film entier, en fait.

Badiou est bien au générique donc il devrait avoir sa scène.
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Jeu 15 Avr 2010 - 19:21

ouais, pas impossible que ça soit lui, là :




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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Borges le Jeu 15 Avr 2010 - 19:30

oui, parfaitement, comme tu dis, le thème même du film, croisière, tour de la méditerranée, de son histoire, de ses culture, c'est la structure d'un film parlé... faudra comparer, voir les lieux, évités, les manières de les aborder... le truc de MdeO étant plutôt très à droite catholique... réactionnaire, je sais pas si cela va rencontrer la nostalgie de godard, et son amour de la culture humaniste, enfin les trucs à la malraux, braudel, etc.

mais on peut aussi penser à ce que disait bergala dans godard au boulot,

les pages consacrées au mépris :

Godard, l'homme du nord, protestant, qui faisait proclamer à son petit soldat qu'il n'aimait pas la Méditerranée, mais la Bretagne avec sa lumière douce ...

pour godard, dans le mépris, "la rencontre de cette lumière de la Méditerannée est celle de la plus grande altérité possible. Il puisera dans ce choc frontal avec le midi une force d'inspiration inconnue de lui à ce jour, qui produira une intensité esthétique sans heurts ni à-coups, une tension calme et sans pics ni éclats, une éclatante sérénité stylistique.

Après pierrot le fou, "il renoncera définitivement à la Méditerranée pour filmer le bord du lac léman, la bretagne, la mer du nord, s'éloignant résolument du cinéma de l'altérité absolue".



(Bergala, 144-146)

bergala, doit penser un peu au rapport de Nietzsche au soleil, à l'italie...un truc qu'on retrouve aussi chez TM, et dans mort à venise; si c'est le dernier film de godard, ce serait assez étrange... un peu comme la rencontre du petit pan de mur de B... rendu fameux par largo...


que veut dire ce retour?
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Borges le Jeu 15 Avr 2010 - 19:48

dans les histoires

[Discours de Clémenti, cf. 1a, 32’07 :]

« Ce n’est pas le peuple français, c’est la bande de salauds, de juifs, et de capitalistes qui nous dirigeaient ». Bruit de foule.

Keith Jarrett id. et bruit de coups frappés à la porte

http://cri-image.univ-paris1.fr/celine/3a.html


je crois qu'on retrouve aussi ce mot "ah les salauds", dans allemagne année O

la salle 6, celle des salauds?

la bonne nouvelle, c'est qu'il y a des images du barcelone le club de foot dans le film; comme on sait godard adore le foot, jusqu'ici, il y avait parlé avec admiration de la grande équipe de hongrie de 1954 (pensez aussi à son histoire dans la grande Histoire de la Hongrie; godard les lie) l'ajax des années 1970 comparé au free jazz, et cette équipe maintenant du barça;

Godard devait rencontrer le messi

un homme de goût,

le barça, dans la grande histoire, c'est aussi les républicains, contre les fascistes du real...
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Le_comte le Jeu 15 Avr 2010 - 20:17

Pendant ce temps, Advocaat nous lâche.

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Jeu 15 Avr 2010 - 20:51

Borges a écrit:
bergala, doit penser un peu au rapport de Nietzsche au soleil, à l'italie...un truc qu'on retrouve aussi chez TM, et dans mort à venise; si c'est le dernier film de godard, ce serait assez étrange... un peu comme la rencontre du petit pan de mur de B... rendu fameux par largo...


que veut dire ce retour?
[/justify]

oui, un moment décisif pour Godard c'est la découverte de "Etre et temps", Heidegger, autrement dit la pensée "froide" allemande, tout le contraire de la pensée "solaire" et méditerranéenne de Nietzsche qu'il puise dans ses nombreux séjours à Nice. Bon c'est pas si simple que ça car la pensée d'Heidegger est enracinée dans l'allemand et le grec qui ont un "privilège conjoint absolu".

Quoi qu'on pense du type, il y a des pages assez intéressantes chez Peter Sloterdijk à propos du discours sur la mort de l'art lié à la pensée heideggerienne de l'être.

la bonne nouvelle, c'est qu'il y a des images du barcelone le club de foot dans le film; comme on sait godard adore le foot, jusqu'ici, il y avait parlé avec admiration de la grande équipe de hongrie de 1954 (pensez aussi à son histoire dans la grande Histoire de la Hongrie; godard les lie) l'ajax des années 1970 comparé au free jazz, et cette équipe maintenant du barça;

Godard devait rencontrer le messi

un homme de goût,

le barça, dans la grande histoire, c'est aussi les républicains, contre les fascistes du real...

et, dans The Old Place :

"19 personnes assistaient à la Crucifixion, 1400 à la première représentation de "Hamlet" et deux milliards et demi à la finale de la Coupe du Monde.
C'est qu'une image n'est pas seulement un atome. Elle en est, elle a été, elle en sera l'image, et l'image de l'image. Et l'image de tous ses possibles. (..)"

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Borges le Ven 16 Avr 2010 - 8:22

JM a écrit:

oui, un moment décisif pour Godard c'est la découverte de "Etre et temps", Heidegger, autrement dit la pensée "froide" allemande, tout le contraire de la pensée "solaire" et méditerranéenne de Nietzsche qu'il puise dans ses nombreux séjours à Nice. Bon c'est pas si simple que ça car la pensée d'Heidegger est enracinée dans l'allemand et le grec qui ont un "privilège conjoint absolu".


c'est quoi ce passage?

Bergala dit un truc très simple, presque un cliché, tout cela n'a rien à avoir avec Heidegger (Etre et temps, n'est pas un livre froid, ni chaud; c'est pas de la pensée allemande froide...) :

godard, dit bergala, est un homme du nord, protestant, pas expansif... (c'est un truc qu'on dit toujours de lui, par exemple, en se référant à sa difficulté à filmer la sexualité, vraiment...) et que la méditerranée c'est son autre... c'est une opposition classique, qu'on fait entre les gens du nord, et ceux du sud, entre ces deux cultures, deux manières d'être... dans la culture allemande, on la retrouve, par exemple chez Goethe, Hölderlin, Nietzsche (avec l'opposition wagner-bizet, par exemple; Nietzsche veut le soleil), Thomas Mann (dont les romans opposent souvent deux caractères, par exemple dans mort à venise)...

exemple récent dans le cinéma, "le ruban blanc", la femme du pasteur qui va faire un tour en italie en revient plus "ouverte"...

(ailleurs, c'est aussi un truc qu'on retrouve chez rousseau, si je me souviens pas trop mal)


que la pensée de heidegger soit enracinée dans l'allemand, c'est une évidence, mais ça ne veut rien dire, ça ne la différencie pas de celle de kant, de hegel, ou de n'importe quel penseur allemand ou écrivain allemand, c'est aussi vrai pour benjamin... celle de deleuze est enracinée dans le français, celle de cavell, emerson, dans l'usien;

le truc avec heidegger, c'est qu'il pense que l'allemand est la langue de la pensée, la langue philosophique, avec le grec, et plus encore que le grec, dit-il à certains moments (cf de l'esprit de derrida); heidegger pense que celui qui veut penser doit le faire en allemand... les allemands sont les héritiers de la grèce, c'est une idée que l'on retrouve avant lui, bien entendu (cf les travaux de LLabarthe)...

ailleurs, et autrement :

le rapport de l'allemagne à la grèce, c'est le rapport de "la clarté de la représentation"... et du " feu du ciel" (pour le dire avec Hölderlin); ces deux catégories occuperont une place essentielle lors de l'engagement politique de Heidegger...

le propre des allemand, c'est le calcul, l'entendement, la représentation (bref, tout ce qu'on désigne sous le nom apollinien, avec nietzsche), les grecs, de leur côté auraient un rapport originaire à l'être, un contact immédiat avec le sacré, le divin, le feu...(le dionysiaque, chez nietzsche)...

pour Heidegger (lisant Hölderlin, et le lisant mal, il le reconnaîtra plus tard) à l'époque de l'engagement politico-ontologico-historial, les allemands doivent faire l'épreuve de ce feu, s'enflammer en quelque sorte, entrer en contact avec le divin au risque bien entendu d'en périr; car le contact immédiat avec l'être-sacré est interdit, il faut envelopper le sacré dans l'hymne comme dit Hölderlin avant de le tendre au peuple, et le poète est celui qui prend ce risque de l'immédiat, du contact immédiat avec le sacré, au risque d'en périr, au risque de la ruine, c'est ainsi que Hölderlin comprend sa propre expérience de "la folie"; il a été trop gâté par les dieux (c'est bien entendu un des grands thèmes de la mythologie grec, où ceux qui voient les dieux, sont souvent punis d'une manière ou l'autre; par exemple tirésias, aveuglé pour avoir vu je ne sais plus quelle déesse nue);

on retrouve ces thèmes heidegger-hölderlin (comme j'ai déjà dit et redit) dans le mépris, quand lang parle de Hölderlin (récite en fait, approche de Hölderlin, de Heidegger) : de la distance des dieux, de l'absence qui doit être sentie... pour que puisse se faire le retournement... tant que l'on éprouve pas le défaut des dieux, tant que les dieux font défaut en tant qu'absence de défaut, il y a pas de salut; les poètes-penseurs sont là pour éprouver le manque... chez Heidegger c'est le thème de l'oubli... de l'oubli même de l'oubli...


bon, revenons à la méditerranée, dans le mépris, histoire de navire, de mer, il y a ulysse, dans "socialisme", ce serait jason, et les argonautes? la toison d'or...?


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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Mer 21 Avr 2010 - 11:50


pas inintéressant, même si ça cherche peut-être un peu trop à penser le film en lui-même alors qu'il n'est pas encore sorti...

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Eyquem le Dim 25 Avr 2010 - 10:36

Sur le site du film, on lit ce synopsis :

http://www.filmsocialisme.com/

Une symphonie en trois mouvements.

DES CHOSES COMME CA :
En Méditerranée, la croisière du paquebot.
Multiples conversations, multiples langues entre des passagers presque tous en vacances...
Un vieil homme ancien criminel de guerre (allemand, français, américain, on ne sait) accompagné de sa petite fille…
Un célèbre philosophe français (Alain Badiou),
Une chanteuse américaine (Patti Smith),
Un vieux policier français,
Une ex-fonctionnaire des Nations Unies,
Un ancien agent double,
Un ambassadeur de Palestine,

Il est question d’or, comme autrefois avec les Argonautes, mais ce qui est vu (l’image) est assez différent de ce qui est dit (la parole)


NOTRE EUROPE :
Le temps d’une nuit, une grande sœur et son petit frère ont convoqué leurs parents devant le tribunal de leur enfance.
L’un des parents doit en effet passer à la télévision pour se déclarer candidat lors de l'élection cantonale de…
Les enfants demandent des explications sérieuses sur les thèmes de liberté, égalité, fraternité.

NOS HUMANITES :
Visite de six lieux de vraies/fausses légendes, Egypte, Palestine, Odessa, Hellas, Naples et Barcelone.
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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Lun 26 Avr 2010 - 21:46

Spoiler:






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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Invité le Mar 27 Avr 2010 - 7:16

Borges a écrit:
JM a écrit:

oui, un moment décisif pour Godard c'est la découverte de "Etre et temps", Heidegger, autrement dit la pensée "froide" allemande, tout le contraire de la pensée "solaire" et méditerranéenne de Nietzsche qu'il puise dans ses nombreux séjours à Nice. Bon c'est pas si simple que ça car la pensée d'Heidegger est enracinée dans l'allemand et le grec qui ont un "privilège conjoint absolu".


c'est quoi ce passage?

Bergala dit un truc très simple, presque un cliché, tout cela n'a rien à avoir avec Heidegger (Etre et temps, n'est pas un livre froid, ni chaud; c'est pas de la pensée allemande froide...) :

godard, dit bergala, est un homme du nord, protestant, pas expansif... (c'est un truc qu'on dit toujours de lui, par exemple, en se référant à sa difficulté à filmer la sexualité, vraiment...) et que la méditerranée c'est son autre... c'est une opposition classique, qu'on fait entre les gens du nord, et ceux du sud, entre ces deux cultures, deux manières d'être... dans la culture allemande, on la retrouve, par exemple chez Goethe, Hölderlin, Nietzsche (avec l'opposition wagner-bizet, par exemple; Nietzsche veut le soleil), Thomas Mann (dont les romans opposent souvent deux caractères, par exemple dans mort à venise)...

exemple récent dans le cinéma, "le ruban blanc", la femme du pasteur qui va faire un tour en italie en revient plus "ouverte"...

(ailleurs, c'est aussi un truc qu'on retrouve chez rousseau, si je me souviens pas trop mal)


que la pensée de heidegger soit enracinée dans l'allemand, c'est une évidence, mais ça ne veut rien dire, ça ne la différencie pas de celle de kant, de hegel, ou de n'importe quel penseur allemand ou écrivain allemand, c'est aussi vrai pour benjamin... celle de deleuze est enracinée dans le français, celle de cavell, emerson, dans l'usien;

le truc avec heidegger, c'est qu'il pense que l'allemand est la langue de la pensée, la langue philosophique, avec le grec, et plus encore que le grec, dit-il à certains moments (cf de l'esprit de derrida); heidegger pense que celui qui veut penser doit le faire en allemand... les allemands sont les héritiers de la grèce, c'est une idée que l'on retrouve avant lui, bien entendu (cf les travaux de LLabarthe)...

ailleurs, et autrement :

le rapport de l'allemagne à la grèce, c'est le rapport de "la clarté de la représentation"... et du " feu du ciel" (pour le dire avec Hölderlin); ces deux catégories occuperont une place essentielle lors de l'engagement politique de Heidegger...

le propre des allemand, c'est le calcul, l'entendement, la représentation (bref, tout ce qu'on désigne sous le nom apollinien, avec nietzsche), les grecs, de leur côté auraient un rapport originaire à l'être, un contact immédiat avec le sacré, le divin, le feu...(le dionysiaque, chez nietzsche)...

pour Heidegger (lisant Hölderlin, et le lisant mal, il le reconnaîtra plus tard) à l'époque de l'engagement politico-ontologico-historial, les allemands doivent faire l'épreuve de ce feu, s'enflammer en quelque sorte, entrer en contact avec le divin au risque bien entendu d'en périr; car le contact immédiat avec l'être-sacré est interdit, il faut envelopper le sacré dans l'hymne comme dit Hölderlin avant de le tendre au peuple, et le poète est celui qui prend ce risque de l'immédiat, du contact immédiat avec le sacré, au risque d'en périr, au risque de la ruine, c'est ainsi que Hölderlin comprend sa propre expérience de "la folie"; il a été trop gâté par les dieux (c'est bien entendu un des grands thèmes de la mythologie grec, où ceux qui voient les dieux, sont souvent punis d'une manière ou l'autre; par exemple tirésias, aveuglé pour avoir vu je ne sais plus quelle déesse nue);

on retrouve ces thèmes heidegger-hölderlin (comme j'ai déjà dit et redit) dans le mépris, quand lang parle de Hölderlin (récite en fait, approche de Hölderlin, de Heidegger) : de la distance des dieux, de l'absence qui doit être sentie... pour que puisse se faire le retournement... tant que l'on éprouve pas le défaut des dieux, tant que les dieux font défaut en tant qu'absence de défaut, il y a pas de salut; les poètes-penseurs sont là pour éprouver le manque... chez Heidegger c'est le thème de l'oubli... de l'oubli même de l'oubli...


bon, revenons à la méditerranée, dans le mépris, histoire de navire, de mer, il y a ulysse, dans "socialisme", ce serait jason, et les argonautes? la toison d'or...?



salut,

Dans le bouquin de Moravia que je suis en train de bouquiner, le scénariste dit du metteur en scène allemand en allant à Capri : "Et voilà que se monde coloré et lumineux, animé par le vent, illuminé par le soleil, peuplé d'êtres subtils et audacieux, Rheingold voulait faire une sorte de cavité viscérale, informe et blême, sans soleil et sans air : le subconscient d'Ulysse. L'Odysée ne serait plus la merveilleuse aventure de la découverte de la Méditerranée, en pleine enfance fantastique de l'humanité, mais le drame intérieur d'un homme moderne en proie aux contradictions d'une psychose."

puis, plus loin, cette fois le metteur en scène au scénariste : "Extériorisme.. extériorisme.. mon cher Molteni ! Comme tous les Latins vous voyez les choses de l'extérieur et ne comprenez pas que nous puissions les voir de l'intérieur."

au passage, je trouve que Godard est resté très proche du bouquin. Il a beau avoir écrit ce qu'il appelle un "scénario", descendre ailleurs le livre avec un brin de la condescendance qui sied à celui qui filme (situation qui ne manque pas d'ironie ici étant donné que c'est plus ou moins un des thèmes du roman, tout un chapitre est consacré aux rapports ombrageux et de vampirisation entre le scénariste et le metteur en scène), tout ou presque est dans le roman en ce qui concerne les "grandes idées" qui traversent le film.

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

Message par Borges le Mar 27 Avr 2010 - 9:54

hello

pas lu le livre, pas nécessairement à cause du "mépris" qu'a pour lui Godard;


Il y a plus de psychanalyse que de Heidegger et Hölderlin dedans, je crois... non? ce qui changerait tout de même énormément, en terme d'idées, le film du livre



si on utilise l'opposition "intérieur", "extérieur" : godard aurait filmé en gosse de la Méditerranée...

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Re: Film Socialisme (Jean-Luc Godard)

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