Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

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Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Mar 11 Aoû 2015 - 18:59

Premier film que je vois de Marguerite Duras, sans rien savoir d'elle (une forme de gageure, vu ce qu'elle est connue et reconnue et rereconnue).

Le choc incroyable. Ça n'apportera rien à personne que j'en dise un mot ou l'autre, mais tant pis.

Tout d'abord, la beauté des images, des cadres, de la lumière d'Almendros qui capture jusqu'aux volutes de la fumée pour en faire la présence d'un fantôme qui enveloppe la mère et le fils :



Puis Madeleine Renaud, magnifique, complètement folle, insupportable, grandiose.

Les deux plans de souvenir ou réminiscence, verts, verts, verts, incompréhensibles, bizarres, qui surviennent et disparaissent.

Le travail, l'argent, au cœur de tout.

Une économie de mouvements, de moyens, et cette valse, improbable et magnifique.

Le thème, dont Badalamenti ne peut que s'être inspiré pour Twin Peaks, qui donne au film, aujourd'hui, une inquiétante étrangeté.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Mer 12 Aoû 2015 - 11:12

J'ai également vu ce film récemment, et il me bouleversa.

L'ayant vu dans une copie de qualité plus que moyenne, c'est un euphémisme (un rip VHS), je ne pus hélas goûter tout ce que tu en dis d'un point de vue esthétique.

Il est vrai que le cinéma français d'aujourd'hui ne nous habitue pas à ce type de personnages esquissés, presque aériens dans leur légèreté, sans pour autant être des marionnettes manipulées par le metteur en scène ou le destin.

Le personnage de Madeleine Renaud est vachement contemporain, on trouve un paquet de films ces dernières années avec des soliloqueurs au centre du jeu (flemme d'en dresser la liste, putain il fait trop chaud)...

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Mer 12 Aoû 2015 - 20:35

Tu as aimé aussi, c'est bien, et c'est en effet grand !
Justement, dans le jeu de Madeleine Renaud, ce qui est magnifique, c'est qu'elle soliloque, la plupart du temps, sans qu'on comprenne. Elle soliloque vraiment et Duras fait qu'on ne comprend pas, ce qui est le propre du soliloque qui n'est pas un truc de théâtre ou de mise en scène. Ça renforce la pudeur à l'égard des personnages.
J'ai vraiment trouvé que l'image était toujours construite avec une finesse très grande. Parfois, je me disais, c'est un tableau, au sens où on en sentait la matière. La matière des murs, des tentures, la texture des peaux. Le voir en 35 mm ou dans une numérisation de très haute qualité pour le cinéma pourrait vraiment être encore mieux

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Jeu 13 Aoû 2015 - 2:42

adeline a écrit:Le voir en 35 mm ou dans une numérisation de très haute qualité pour le cinéma pourrait vraiment être encore mieux

C'est intéressant, tu mets dans le même sac, si je puis dire, 35 mm et numérique HQ ?!

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Jeu 13 Aoû 2015 - 18:34

Tu puis dire, tu puis dire, rien ne t'en empêche.

Mais non, je ne les mets pas dans le même sac. C'est juste que la probabilité de pouvoir voir un tel film en 35mm s’amenuise chaque jour un peu plus et qu'il y aura sans doute un jour une numérisation 2k ou 4k, et si elle est la hauteur elle rendra justice au film et on pourra donc profiter pleinement de la qualité de la photo d'Almendros.

A moins que tu ne veuilles lancer un autre débat stérile sur les mérites passés du 35 mm et les démérites à venir du numérique…

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Ven 14 Aoû 2015 - 0:29

adeline a écrit:

Mais non, je ne les mets pas dans le même sac. C'est juste que la probabilité de pouvoir voir un tel film en 35mm s’amenuise chaque jour un peu plus et qu'il y aura sans doute un jour une numérisation 2k ou 4k, et si elle est la hauteur elle rendra justice au film et on pourra donc profiter pleinement de la qualité de la photo d'Almendros.

Ah oui, la justice...

A moins que tu ne veuilles lancer un autre débat stérile sur les mérites passés du 35 mm et les démérites à venir du numérique…

C'est, en apparence, peu chic, mais comme tu te signales régulièrement ici en taulière des lieux, il faut sans doute prendre cela comme un compliment étant donné la stérilité qui règne aux spectres du cinéma depuis un moment déjà...

Sans porter de jugement de valeur, la question est : un rendu 35 mm et un rendu HD (aussi haut soit-il), est-ce la même chose pour toi ?


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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par Invité le Sam 15 Aoû 2015 - 0:31

Je ne me rappelle plus de rien concernant ce film, sinon que je l'avais bcp aimé. Je l'avais enregistré lors de sa diffusion à la téloche mais j'ai paumé la vhs, et de toute façon j'ai plus de magnétoscope depuis une décennie...

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Sam 15 Aoû 2015 - 12:00

scienezma a écrit:
adeline a écrit:

Mais non, je ne les mets pas dans le même sac. C'est juste que la probabilité de pouvoir voir un tel film en 35mm s’amenuise chaque jour un peu plus et qu'il y aura sans doute un jour une numérisation 2k ou 4k, et si elle est la hauteur elle rendra justice au film et on pourra donc profiter pleinement de la qualité de la photo d'Almendros.

Ah oui, la justice...

A moins que tu ne veuilles lancer un autre débat stérile sur les mérites passés du 35 mm et les démérites à venir du numérique…

C'est, en apparence, peu chic, mais comme tu te signales régulièrement ici en taulière des lieux, il faut sans doute prendre cela comme un compliment étant donné la stérilité qui règne aux spectres du cinéma depuis un moment déjà...

Sans porter de jugement de valeur, la question est : un rendu 35 mm et un rendu HD (aussi haut soit-il), est-ce la même chose pour toi ?


Hello JM,

oui, ma phrase était peu chic, comme l'était ton ton, légèrement méprisant comme d'ordinaire quand tu écris ici, sans que ça soit plus que ça un problème. Tous ceux qui te répondent ici le font gentiment, je pense qu'on est content de te relire, de te retrouver. Mais tes réponses sont souvent agressives et méprisantes. Comme le dit erwan, finalement, le seul à qui ça semble ne pas faire plaisir de te revoir ici, c'est toi-même.

Je t'ai aussi répondu sur ce ton car on aurait pu continuer à discuter du film, si tu l'as aimé. Mais tu as préféré relever dans mon message le seul aspect possible à attaquer. J'y répondais donc sur le mode de ton attaque.

Maintenant, tout ça est stérile, comme tu le dis si bien, ça ne rend pas le forum vivant et il en souffre depuis combien de mois.

Je m'excuse donc de t'avoir attaqué en retour – mais je te dis quand même que ça n'est pas sympa de me traiter deux fois en peu de temps de taulière du lieu : taulier ici, tu l'as été pendant si longtemps que tu sais bien que c'est désagréable mais aussi parfois, on peut et doit le regretter, nécessaire. Mon attaque contre TLM a aussi une histoire. Disons que je comprends peu ceux qui, répétant inlassablement que ce forum est rempli de cons et attaquant inlassablement ceux qui y écrivent, continuent à y venir. Quand on aime pas l'ambiance d'un café et les gens qui s'y trouvent, on cesse d'y aller –.



Et donc, puisque, tu as raison, ce n'est pas un débat stérile : non, pour moi une copie 35 mm de bonne qualité et une copie numérique 2k d'un film tourné en numérique de bonne qualité, ça n'est pas la même chose. Mais je pense par contre que, grosso modo, la qualité se vaut.
On peut préférer le 35 mm, mais je pense qu'il est impossible de dire qu'une copie numérique est moins bonne par essence que le 35.

Avant de discuter plus, il faut savoir de quoi on parle : est-ce qu'on parle en théorie pure sur la qualité absolue de copies non abîmées projetées dans des conditions optimales (situations qu'on rencontre rarement dans la vraie vie) ? Est-ce qu'on parle de ce que la technique peut proposer aux artistes (entendre là-dessus différents chefs opérateurs est intéressant : le 35 mm est loin de l'emporter, en fait) ? Est-ce qu'on discute des différents procédés dans le cadre de l'exploitation, ce à quoi les spectateurs ont finalement accès et de leurs avantages et inconvénients réciproques (le numérique l'emporte haut la main, ça va sans dire) ?

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Sam 15 Aoû 2015 - 14:05

Agressif et méprisant :
C'est intéressant, tu mets dans le même sac, si je puis dire, 35 mm et numérique HQ ?!

c'est la meilleure. Franchement c'était la seule partie de ton message qui me semblait avoir un tant soit peu d'intérêt justement, et vers lequel j'essayais de pousser la discussion, voire la réflexion. Pour moi, le rendu à l'image (sans parler de "qualité") à la projection est différent entre du 35 mm et de la HD, les impuretés du 35 mm dont tu parles font partie du 35 même s'il s'agit d'impuretés. Ceci dit, je n'y connais pas grand chose. Le transfert d'un 35 vers de la HD peut-il conserver toutes les caractéristiques propres à l'images 35, sans en différencier le rendu ? (ceci n'est pas une agression méprisante)

Tout le monde a une histoire ici, TLM n'en a pas le monopole.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Sam 15 Aoû 2015 - 14:33

Bah, j'ai lu dans ta phrase un ton qui n'y est pas, peut-être. Dans l'ensemble, depuis que tu rediscutes ici, j'ai senti dans tes messages plus de choses négatives que positives. Heureuse si je me trompe et que tu viens en ami plus qu'en ennemi. (Je relève juste le "c'était la seule partie de ton message qui me semblait avoir un tant soit peu d'intérêt justement"…)

On est bien d'accord, ça n'est pas la même chose. De même qu'en 35 mm, les différentes pellicules, les différentes émulsions, etc. n'ont pas le même rendu.
Il faut aussi préciser ce qu'on dit quand on dit "impuretés". S'agit-il des poussières et des rayures ? Je les aimais aussi, mais elles faisaient quand même baisser la qualité de la projection. Une copie 35 mm neuve n'en comportait aucune. Si on parle du fait que, comme la pellicule est un procédé chimique, à un niveau moléculaire l'image est peut-être plus riche en "impuretés" que l'image numérique, je crois que très peu d'yeux peuvent sentir ça, même si l'impression de matière est quand même plus grande.
J'ai vu la copie restaurée numérisée de "Taxi Driver" dans des bonnes conditions de projection et, sans pouvoir évidemment faire la comparaison avec une 35 mm neuve, je crois vraiment qu'elle restituait fidèlement ce que ça aurait été. J'ai l'impression qu'une très bonne numérisation respecte le 35 mm.

Mais là, on ne parle que des conditions de projection. Il est objectif de dire que la 35 mm contient plus de pixels que les formats numériques actuels les plus définis et qu'elle offre 17 fois plus de teintes de couleur possible. Mais notre œil le perçoit-il réellement ? J'ai entendu Renato Berta dire qu'il avait obtenu avec une caméra numérique spécifique de meilleurs noirs que ceux qu'il avait jamais obtenus en 35 mm, alors que la plupart des chefs op te diront que justement, le numérique n'est jamais à la hauteur pour les noirs. Qui croire ?
Peu importe ce qu'on pense du film, mais "The Tree of Life", tourné et projeté en numérique, vraiment, ça ne faisait, à mon avis, aucune différence par rapport à du 35 mm.

Souvent, on parle d'un manque de matière dans le numérique. Mais, par exemple, un format vidéo de piètre qualité des années 80 a, à mes yeux, bien plus de matière, d'impuretés, qu'une copie 35 mm neuve, et je préfère ça.

En tout cas, en terme simple d'exploitation, c'est-à-dire de la qualité de ce qui est projeté dans les salles de cinéma, le numérique est mille fois supérieur au 35 mm (je ne parle pas des conditions économiques de son arrivée sur le marché, ignobles). Mais maintenant, toute séances de cinéma est de très bonne qualité. Finies les copies rayées, usées, au mauvais son, qui sautent (ou brûlent !), mal montées, aux couleurs passées (qui étaient quand même le lot des cinémas de second circuit). Fini le manque de respect des formats car le cinéma ne dispose pas du bon cache, etc. Je suis hyper critique sur plein de plans quant au passage au numérique, et je pense vraiment que la 35 mm avaient ses avantages, mais c'est quand même une bonne chose, en terme de qualité. Et lorsque le film a été tourné par un grand chef op, bien post-produit etc, même si le rendu est différent, il peut quand même être magnifique.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Sam 15 Aoû 2015 - 14:35

Tu remarqueras quand même que je te réponds dans l'ensemble avec beaucoup de correction, à tout le moins, et que, dans d'autres topics, tu te moques de moi.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par molécule le Sam 15 Aoû 2015 - 14:59

Numérique vs argentique, ce n'est pas un très bon débat. Le numérique de bonne qualité peut faire tout ce qu'on veut aujourd'hui : effet 35 mm ou effet 16 mm, ou super-8 ou vidéo, et tout un tas de trucs que l'argentique ne pouvait pas faire, y compris... un effet numérique. Le problème est que c'est une technologie émergente et qui concentre la chaîne de production. Le matériel de bonne qualité est encore très cher. Et les nombreuses équipes qui se succédaient dans la fabrication de la pellicule, le tournage, le développement et l'étalonnage sont réduites à quelques personnes aux moments du tournage et de la post-prod. C'est-à-dire qu'il faut de très grandes qualités chez le chef op et les cameramen et lors du développement-étalonnage qui n'est plus qu'une seule opération. Le numérique est tellement souple qu'on peut facilement faire n'importe quoi. Et, contrairement à ce qu'en disent les publicitaires, qu'avec le numérique on ne rate jamais une photo, il est beaucoup plus difficile de produire une image digitale valable que ça l'était avec l'argentique dont le grain sauvait souvent l'incompétence. C'est une question d'apprentissage collectif : un jour, on saura s'en servir selon ses capacités.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Sam 15 Aoû 2015 - 15:39

Merci pour vos réponses. Je me demande du coup comment faire du rendu 35 mm fidèle avec un appareil numérique (à l'enregistrement) puisque c'est apparemment possible. Sur quoi joue-t-on pour obtenir ce rendu ? Est-ce la même chose pour le transfert 35 -> HD, ou le processus est-il complètement différent ?

Je n'ai absolument jamais eu l'intention de lancer un "débat 35 mm vs numérique".

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par adeline le Sam 15 Aoû 2015 - 15:51

Je n'y connais rien en technique, que ce soit en photo ou en vidéo, mais à mon avis il est impossible de faire un "rendu 35mm" comme tu le dis, parce qu'il n'existe pas un 35mm, mais des dizaines. Il y a du 35mm à la Sirk et du 35 à la Garrel des années 70… Quant aux effets, ça restera toujours des effets, à mes yeux c'est assez peu intéressant.
Le transfert 35mm vers le numérique ou la vidéo, ça s'appelle le "télécinéma". A mon avis, il n'y a pas d'effet, la technique c'est une sorte de "refilmage" de la pellicule, si je ne me trompe pas.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

Message par scienezma le Lun 17 Aoû 2015 - 0:41

D'accord, merci.

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Re: Des journées entières dans les arbres (Marguerite Duras - 1976)

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