Sacro GRA (Gianfranco Rosi - 2013)

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Sacro GRA (Gianfranco Rosi - 2013)

Message par adeline le Mer 14 Mai 2014 - 18:45

Il y a quelque chose que je n'arrive pas à comprendre. Comment peut-on en voyant ce film en dire du bien ?

Au pif :
les inrocks "La touche fellinienne contamine aussi cette petite galerie des personnes/personnages tour à tour grandioses, ridicules, excessifs, désopilants, cabotins, émouvants, bref, à la fois radicalement italiens et simplement humains."
le monde "Comme chez Fellini, comme chez Pasolini, quelques mythologies romaines se sont donné rendez-vous autour de cet anneau de bitume. Ensemble, elles disent une autre Italie (...)."
libé "Parti pour être goguenard, distant, il finit empathique, à genoux."

D'autres n'aiment pas, et ils ont bien raison.

Donc, il y a le périphérique de Rome. Un ruban qui traverse la campagne, majestueusement filmé par un hélicoptère, plans longs, lents, solennels.
Près de ce périphérique, il y a des gens. Qui font plein de choses différentes, des gens différents. Au hasard : le pêcheur d'anguilles, les prostitués, le nouveau riche qui vit avec grandiloquence dans un château qu'il loue comme décors de cinéma, des gogo danseuse, un vieil homme et sa fille dans un hlm, des immigrés qui dansent la salsa, un spécialiste des larves qui bouffent les palmiers, etc. Le tout filmé de manière à rendre la misère, la décrépitude des corps, l'enfermement, l'ennui, le vide.
On ne peut même pas racheter le film en essayant de dire, comme le font certains idiots, qu'il dresse un constat, qu'il lance un cri d'alarme (à quoi, à qui, je ne sais pas). Non, il filme pour salir encore plus ce dont il a décidé que c'était sale, a priori.
Exemple, les filles qui dansent sur le comptoir d'un bar, un peu perdu, un peu miteux. Voilà, ce sont des gogos danseuses. Il pourrait juste les filmer, en train de se préparer, de danser, montrer peut-être le tout sous un autre angle, rendre leur beauté, leur fierté, leur détermination, leur mélancolie ou je ne sais quoi. En faire des personne avec une vie derrière leur boulot, avec une histoire à raconter.
Ben non. Ce qu'il fait, c'est qu'il place sa caméra entre les jambes de l'une d'elles, histoire de nous montrer, pas tout à fait son sexe, elle porte un body, mais au moins son entrejambe. Un point de vue que n'ont ni les clients du bar, ni le patron, ni personne sans doute car, comme elles le disent bien, elle ne sont pas des putes. Un plan qui salit, qui rapporte toute la séquence au voyeurisme et au sexe.
Tout le film est ainsi, les angles sont les plus dégradants, les scènes s'enchaînent sans faire sens. La seule chose qui semble avoir un vrai sens donne une idée de ce qu'est ce film, c'est cette métaphore constituée par les larves rongeant le cœur des palmiers qui entourent le GRA. Belle image de l'humanité, en effet.
À la fin du film s'élève une chanson populaire, lyrique, italienne, prenante. Elle accompagne un énième plan du GRA puis les images des télés de vidéo surveillance qui démultiplient ce dernier.
Les personnages n'ont pas droit à un nom, n'ont pas droit à un rayon de soleil, n'ont pas droit à une chanson. Le GRA, si.

Le jury qui a donné le lion d'or à ce film devrait être pendu :
Bernardo Bertolucci (de toute manière je l'aime pas)
Andrea Arnold (elle partage avec G. Rosi l'idée qu'un personnage de film, on doit lui taper dessus, le détruire, le faire sombrer. Au moins elle, elle sait filmer, sait cadrer, sait mettre en scène)
Renato Berta (pourtant, je l'aime bien)
Carrie Fisher
Martina Gedeck
Pablo Larrain (ça m'étonne pas, le mec qui vous fait passer la lutte contre Pinochet pour un grand pique-nique)
Virgine Ledoyen
Ryuichi Sakamoto
Jiang Wen

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