La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

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La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

Message par Eyquem le Mer 18 Déc 2013 - 15:44

gertrud04 a écrit:
pm a écrit:

La jaula de oro, film décevant, carrefour de tous les clichés sur l'immigration latina aux States, mais hommage opiniâtre à la toute première image du cinéma.

Ce sont peut-être des clichés mais ce que vivent les personnages n’en est pas moins vrai. J’étais tombé sur un reportage sur France O relatant l’aventure de ces migrants d’Amérique centrale qui doivent traverser le Mexique pour rejoindre l’Amérique. Les témoignages de ces gens sur leurs conditions de voyage étaient terrifiants. Le film est presque soft à coté de ce que j’ai entendu.
Pour moi, l’un des plus beaux films de l’année. Celui en tout cas qui m’a le plus ému.
Salut Gertrud,
J'ai trouvé le film très fort aussi, il m'en restera pas mal de scènes et d'images (je n'ai pas le souvenir d'avoir vu la frontière Etats-Unis - Mexique filmée comme ça, récemment).
J'ai des réserves sur le récit proprement dit, que je trouve un peu "fermé", mais oui, c'est un bon film.



Dernière édition par Eyquem le Jeu 19 Déc 2013 - 18:01, édité 2 fois
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Re: La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

Message par Le comte le Mer 18 Déc 2013 - 19:19

Hello,

Vu aussi, fortement aimé, comparé à ce qu'on a pu voir dans le genre.

Je trouvais au contraire intéressant le choix du récit "fermé", la manière, brute et sans artifices, dont les personnages se séparent. Ça ajoute de la profondeur au film et un vrai ancrage dans le réel.

Le comte

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Re: La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

Message par Eyquem le Jeu 19 Déc 2013 - 17:52

salut Le Comte,
LeComte a écrit:la manière, brute et sans artifices, dont les personnages se séparent.
** SPOILERS **
Terrible, la disparition de la gamine. J'ai prié pour qu'on soit dans un film américain: les deux garçons prendraient des cours de tir avec un super bandit mexicain, ils uniraient leurs forces pour faire une descente dans le repaire des truands: les gnons voleraient dans tous les sens et à la fin, les trois amis partiraient bras dessus bras dessous sur la grand-route.
Mais non. Il se passe rien. Ils restent tout ahuris de ce qui est arrivé. Y a rien à faire. Alors ils reprennent la route tout seuls. Il m'a fallu un moment avant de pouvoir me reconcentrer sur le film, tellement j'espérais que cette disparition ne reste pas comme ça, sans résolution, quelle qu'elle soit.

Quand je dis que le "récit" me paraît un peu fermé, c'est parce que le dénouement ajoute encore quelques péripéties, qui me paraissent pour le coup enfoncer un peu trop le clou. J'ai moins senti qu'il s'agissait de l'aventure singulière de trois personnages: ça soulignait trop la volonté du cinéaste de brosser un tableau complet, quitte à accumuler tous les déboires sur la tête de ces personnages et à réduire à la fin son récit à un enchaînement de situations-types. Ca n'enlève pas grand-chose à la force du film mais j'aurais préféré, à ce compte-là, qu'il dresse un portrait de groupe, avec plus de trois personnages, sans "héros", sans personnages principaux - on aurait davantage senti ce que cette aventure a de collectif et d'anonyme: là, le scénario est assez balisé, enferme le récit dans les limites d'un film "standard", avec personnages, péripéties individuelles, tout ça. Ou, dit autrement, j'ai l'impression que le cinéaste n'a pas vraiment choisi entre deux possibilités: il choisit de suivre trois personnages seulement, mais il veut quand même montrer, raconter le maximum de ce qui arrive aux migrants en général - du coup, oui, selon moi, il force le trait à la fin.

Autre chose qui m'a manqué dans le film: c'est une idée plus précise de la force qui détermine les personnages à continuer, à aller de l'avant. Le film ne me fait pas comprendre ce qui les fait tenir. J'y pensais, par comparaison avec "Heimat" de Reitz, que je venais juste de voir, et que j'avais trouvé très beau, justement à cause de ça, de la place qui y était accordée aux rêves, aux livres, aux idéaux qui donnent au personnage principal la force de tout endurer, sans jamais renoncer.
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Re: La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

Message par pm le Jeu 19 Déc 2013 - 18:12

Perso c'est la partie du film que j'ai préféré juste après la disparition de la fille dont le personnage m'insupportait depuis le début entre dévoilement et déguisement ; une afféterie.

L'indien du Chiapas se retrouve face au guatémaltèque (que je trouve excellent, de bout en bout) sans les pseudo scories de la jalousie, mais face au vrai problème le racisme. Et j'ai adoré ce moment là de cohabitation forcée avant leur kidnapping.

Après je trouve comme toi que le scénario prend des directions "faciles".
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Re: La Jaula de Oro (Rêves d'or) - (Diego Quemada-Diez)

Message par gertrud04 le Jeu 19 Déc 2013 - 22:27

Vous chipotez Messieurs  Smile 
Eyquem a écrit: Autre chose qui m'a manqué dans le film: c'est une idée plus précise de la force qui détermine les personnages à continuer, à aller de l'avant.

Moi ça m'a paru clair dès le début : la misère. Qu'est-ce qu'on voit au début ? Des jeunes habitant un bidonville qui travaillent dans une décharge publique et  sont manifestement sans parents. Que faut-il de plus pour croire à leur envie de tout quitter et à leur courage de tout endurer pour trouver ailleurs un monde "meilleur" ?

Dans le Heimat, les gens sont pauvres mais ils ne sont pas livrés à eux-mêmes : ll y a a encore la famille. Et puis la campagne, si dure soit elle par moments (l'hiver, tout ça...), c'est quand même moins moche que la ville et ses taudis.

pm a écrit: Perso c'est la partie du film que j'ai préféré juste après la disparition de la fille dont le personnage m'insupportait depuis le début entre dévoilement et déguisement ; une afféterie.

Je ne vois pas d'afféterie là-dedans mais simplement une question de survie. La fille en partant sait bien ce qui l'attend, on imagine que si elle prend l'apparence d'un garçon, c'est qu'elle a appris ce que les filles risquent dans ce genre d'aventure. Le film ne joue pas trop avec l'artifice du déguisement. Un peu au début pour le jeu de séduction avec l'indien qui comprend d'ailleurs très vite de quoi il retourne. On est quand même pas dans Tomboy, on nous fait pas croire que c'est un garçon pour nous dévoiler ensuite le contraire.

Par contre Eyquem, ce que tu dis sur la disparition de la gamine, je l'ai ressenti comme toi et j'ai repensé à ce qu'avait dit Borges à propose de The walking dead : "sans la moindre pitié pour les personnages, personne n'est protégé par le scénario, on dirait...la vie quoi...". Ce sentiment ne m'a plus quitté jusqu'au plan final "resnaisien".
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