Le Net en France… black-out

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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Lun 16 Mar 2009 - 5:23

Les débats parlementaires sont ajournés à la fin du mois... qui tombe en plein sommet de l'OTAN à Strasbourg, avec tout le tralala du retour français dans son sérail, les strass(bourg) de l'élégant président U.S. et les festivités qui accompagnent l'orgueil d'accueillir un évènement international sur son sol. Un moyen comme un autre de détourner l'attention (médiatique) des enjeux que représente cette loi.

Qu'elle est fine, notre ministre de la culture, qu'elle est fine...
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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Ven 20 Mar 2009 - 12:39

Pour info:

Exclusif : la loi Hadopi chère et inefficace…

Annexé au projet de loi Création et Internet défendu par Christine Albanel, le document que s'est procuré Marianne prouve que les options retenues par le ministère de la Culture pour lutter contre le téléchargement illégal seraient coûteuses à mettre en place et techniquement inefficaces. Marianne2.fr publie en exclusivité cette note confidentielle.

C’est un rapport, désormais public, que les députés s’apprêtant à voter la loi Création et Internet, et son volet répression du téléchargement, n’ont malheureusement pas reçu dans leur casier. Pas plus que les annexes, qui elles demeurent confidentielles et dont Marianne a pu prendre connaissance.

Produit par les crânes d’œufs du Conseil général des technologies de l’information (CGTI), en gros le corps des ingénieurs telecom, ce rapport (en téléchargement ci-dessous) réalisé à la demande des ministères de l’économie et de la culture, est on ne peut plus sévére sur la faisabilité technique de la coupure du flux internet pour acte de piratage.
Le projet de loi Création et Internet, défendu bec et ongle par Christine Albanel dans l'hémicycle, prévoyait la coupure de la connexion Internet de toute personne ayant procédé à des téléchargements illégaux. Or, sur chacun des points de cette « répression du piratage », la note confidentielle met à mal les rêves de filtre infaillible de la ministre de la Culture.

Premier souci : difficile de savoir qui utilise un réseau filaire ou sans fil pour récupérer des films sur un réseau. Entre les réseaux Wifi publics, les téléphones portables bientôt assez puissants pour télécharger ou les accès en entreprise, la note recense toutes les failles du système qui empêchent d'identifier le « coupable ». Difficile d'attraper le voleur quand on n'a identifié que l'échelle !


La coupure même de la connexion Internet pose ensuite la question des offres « triple play », combinant accès au web, téléphone et télévision. Interrompre la connexion, c'est empêcher de télécharger... mais aussi de passer des coups de fil et de regarder TF1 ! Les solutions techniques impliquent pour les fournisseurs d'accès « d'industrialiser la procédure » permettant de ne couper qu'une partie du service, autrement dit de modifier tous leurs modems afin de permettre à l'Etat de couper l'accès au web !

Un frein parmi d'autres qui amène les conseillers techniques à conclure que les limitations prévues par la loi « ne peuvent être ni rapidement ni pleinement surmontées. »

Faute de trouver le raccourci technique magique auquel rêvait le ministère de la Culture, ils prônent la modification d'un terme crucial du projet de loi : à « suspension » du service Internet, « il sera alors préférable de substituer le mot restriction. »

Et c'est un argument que beaucoup avaient oubliés pour contrer la loi Hadopi : avant d'être liberticide ou rétrograde, elle est avant tout sarkozyste. C'est-à-dire, à l'instar des heures supplémentaires ou du paquet fiscal, foncièrement chère et inefficace !

Source et accès au document
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Message par lorinlouis le Ven 20 Mar 2009 - 12:44

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Re: Le Net en France… black-out

Message par Eyquem le Ven 20 Mar 2009 - 12:47

Moi, je n'ai rien compris à cet article, mais vous, ça vous dira peut-être quelque chose :

http://petaramesh.org/post/2009/03/10/Hadopi-dans-ta-face-ou-larroseur-arrose
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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Ven 20 Mar 2009 - 13:04

Pas mal, l'embrouille... Une seule adresse IP, équipée du mouchard, qui devient aveugle aux activités qu'elle fait transiter, malgré elle, et qui, alors, prouve sa bonne foi en faisant valoir le filtre Hadopi installé. Une bonne combine, ce truc... Surprised
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Re: Le Net en France… black-out

Message par DB le Ven 20 Mar 2009 - 13:17

lorinlouis a écrit:Pas mal, l'embrouille... Une seule adresse IP, équipée du mouchard, qui devient aveugle aux activités qu'elle fait transiter, malgré elle, et qui, alors, prouve sa bonne foi en faisant valoir le filtre Hadopi installé. Une bonne combine, ce truc... Surprised

Si l'on est déja résigné à laisser faire la machine d'état envahissante...
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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Ven 20 Mar 2009 - 13:37

Oui... A-t-on le choix, au final ? Cette loi passera. Maintenant, la question de son application est plus actuelle que celle de sa promulgation, déjà acquise...
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Re: Le Net en France… black-out

Message par balthazar claes le Mer 17 Juin 2009 - 20:25

Sans cesse forcés, par ceux-là même qui prétendent les aider, à dépenser toujours plus pour exister toujours un peu moins longtemps sur le devant du paysage médiatique, de très nombreux groupes ou labels musicaux indépendants ont vu dans le net un autre espace pour aller à la rencontre de leurs clients potentiels ; un nouvel outil puissant de création de réseaux parallèles. Partant généralement de l’idée qu’il faut commencer par donner avant de recevoir, ils ont donc laissé des morceaux entiers de leur répertoire en téléchargement libre, espérant donner envie aux amateurs d’acheter leurs albums. Il s’agissait de créer l’envie d’en connaître plus, après avoir construit le début d’une relation sur une confiance réciproque, basée sur l’absence de prise de risque de la part de l’amateur. Qu’est-ce que je risque à acheter leur album alors que je connais déjà nombre de leurs morceaux ? Un échange viable – bien que pris sur les marges commerciales, puisqu’il implique une part de gratuité - encore en fonctionnement à l’heure actuelle dans la musique, et de manière exactement identique, dans le porno.

Mais dans le cas de la musique, cet équilibre a été très rapidement menacé par un phénomène pervers inattendu : l’émergence d’une prétendue culture de la gratuité intégrale du contenu. Qui a pu avoir intérêt à laisser se répandre une utopie aussi stérile et artificielle ?

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une véritable et détestable arnaque, issue du détournement de la « culture de la gratuité » historique du net. S’entendre dire que la musique est trop chère, par des gens qui ont acheté leur ordinateur et leur lecteur mp3 en payant 19,6% de TVA, qui paient tous les mois un droit d’accès à la Grande Toile de la Liberté sur laquelle tout le monde est surveillé par Big Brother USA, qui paient sans discuter des abonnements à la téléphonie mobile, qui paient encore pour télécharger des fragments musicaux en guise de sonneries sur leurs téléphones portables, et qui pour certains paient enfin sans rechigner des abonnements mensuels aux sites pornographiques - qui proposent par milliers leurs films en téléchargement depuis plusieurs années - tout cela sent très fort l’apathie béate du brave petit consommateur docile. Ou la mauvaise foi la plus gluante.


Les industriels à qui profite cette immense imposture sont littéralement des as de la manipulation : ils ont réussi à déplacer la source du profit principal vers leurs caisses, c’est à dire vers l’accès, qu’il soit matériel, logistique ou logiciel, tout en attaquant le droit légitime au revenu de ceux qui osent encore vouloir produire du contenu de manière indépendante.

Qui sont ces industriels ? Comment s’y sont-ils pris ? On notera par exemple avec intérêt le rachat de Myspace, terrain autoproclamé de liberté musicale communautaire et friendly, par le milliardaire Rupert Murdoch, pas franchement réputé pour sa philanthropie. On étaiera ses réflexions en se documentant à propos de la tentative de hold-up de Google sur la littérature par le biais de sa fumeuse bibliothèque numérique, ou sur la philosophie qui a conduit le même Google au rachat de Youtube (...)

De là à en déduire que ceux qui brandissent le droit à la gratuité sur le net sont aussi ceux qui favorisent le plus la marchandisation du monde... Il est intéressant de noter que nombre de théoriciens de cette « modernité numérique » vivent d’autre chose que de leurs principes : ils sont entrepreneurs, universitaires, ou encore journalistes. Tous évacuent avec une constance féroce une question centrale : de quoi est censé vivre un artiste ? D’amour et d’eau fraîche ? Quelle place lui laisse-t-on dans le monde d’aujourd’hui ? (...)

Quatre constatations logiques :
1. L’industrie culturelle, en tant qu’industrie, poursuit un but : éliminer le plus possible de son circuit économique l’incertitude liée à l’humain. C’est une tendance très naturelle de l’économie, qui cherche toujours à nier la dimension humaine afin de transformer l’homme en un agent économique.
2. L’idée de gratuité du contenu artistique, qui est véhiculée notamment par les Creative Commons contient en elle-même le risque d’avoir les mêmes effets que l’industrie culturelle : en écartant la notion de revenu lié directement à la production artistique, elle contribue à sortir l’art, dimension humaine, du monde économique.
3. Ce sont parfois les créateurs eux-mêmes, pensant s’acquitter de leur devoir de modernité, qui contribuent à briser le lien entre le chiffre et la création.
4. En écartant le chiffre de la création artistique, on condamne la place de l’artiste dans notre société marchande. Mais aussi, par extension, et c’est plus grave, on répand la notion que la créativité n’est pas quelque chose de viable, de nécessaire ou d’intéressant.


Faut-il le répéter ? Comment un artiste peut-il vivre ? Que doit-il manger le soir ? Quelle place lui laisse-t-on dans le monde d’aujourd’hui ? Dans le monde de l’accès à la culture pour tous ?

http://www.derviches.com/index.php/fr/collections/litterature/digital_outsiders

Digital Outsiders, manifeste de 86 pages à télécharger en pdf ou acheter. C'est sur le site Dérives qu'on entend parler de ces Derviches Associés.

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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Jeu 18 Juin 2009 - 7:27


Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une véritable et détestable arnaque, issue du détournement de la « culture de la gratuité » historique du net. S’entendre dire que la musique est trop chère, par des gens qui ont acheté leur ordinateur et leur lecteur mp3 en payant 19,6% de TVA, qui paient tous les mois un droit d’accès à la Grande Toile de la Liberté sur laquelle tout le monde est surveillé par Big Brother USA, qui paient sans discuter des abonnements à la téléphonie mobile, qui paient encore pour télécharger des fragments musicaux en guise de sonneries sur leurs téléphones portables, et qui pour certains paient enfin sans rechigner des abonnements mensuels aux sites pornographiques - qui proposent par milliers leurs films en téléchargement depuis plusieurs années - tout cela sent très fort l’apathie béate du brave petit consommateur docile. Ou la mauvaise foi la plus gluante.

Moué... Ce papier m'a l'air de relever également de la "mauvaise foi la plus gluante"... Neutral
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Re: Le Net en France… black-out

Message par balthazar claes le Jeu 18 Juin 2009 - 8:06

Je sais pas. Ce truc dit exactement le contraire de ce que je pensais jusqu'à présent, et tout à coup en le lisant ma position s'est mise à vaciller. De manière générale ce manifeste propose un état des lieux de la position des artistes à l'ère digitale que je trouve convaincant, en tout cas une vision très large, panoramique ; ce point n'est qu'une partie des questions soulevées. Après, c'est au niveau des solutions envisagées que j'ai du mal à suivre (je les ai lues après avoir posté ici ce passage) : ces Derviches se proposent de publier séparément le son et l'image de leurs films, pour que la reconstitution du film soit une espèce de défi ludique pour le public. Ils estiment qu'il faut prendre le contrepied de l'accès trop facile, et entrevoient un engagement du consommateur face à un objet culturel qui saurait se recommander par sa rareté auto-entretenue. Position paradoxale mais qui correspond déjà à une réalité : on voit bien que les objets les plus intéressants sont les plus difficiles voire impossibles à trouver sur le net. Alors que le blockbuster de base est tellement facile à trouver qu'on finit par avoir l'impression que c'est fait exprès ; James Bond continue à gagner de l'argent quand il est regardé illégalement, ses effets et contenus publicitaires en sortent renforcés. Ça arrangera toujours ses diffuseurs qu'il soit vu, de n'importe quelle façon, ça ne fait qu'accroître son hégémonie.

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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Jeu 18 Juin 2009 - 9:05

Je ne sais pas non plus. Cette référence à la notion fourre-tout de "culture de la gratuité" peut paraître indue, même si finalement, son articulation vise à en démontrer les enjeux industriels et mercantiles sous-jacents. C'est surtout la formulation et le choix des exemples dans le passage que j'ai cité qui me laissent dubitatif.

Que le piratage joue paradoxalement le jeu des producteurs et distributeurs tant il est aisé de trouver les derniers blockbusters, je veux bien y consentir. Mais la critique du piratage (et donc de ce soubassement de "culture de la gratuité") est une entreprise qui englobe autant le gus qui chopera le dernier "Terminator" que celui qui se procurera "Pursued" parce qu'il n'existe aucune édition DVD sur le marché de son pays. A une pratique prosaïque, on formule une réponse globale, ce qui nie la diversité et la relativité du phénomène sur lequel on légifère ou disserte.

Je veux bien croire que chacun trempe sa plume ou son sceau dans l'encre de ses intérêts propres, mais il faut cultiver un minimum de connaissances de cette réalité pour se permettre un abord exempt de toute tartufferie. Je ne sais pas, je n'ai pas lu le manifeste sus-cité, mais il ne semble pas que cela soit le cas. Mais peut-être me trompeu-je, comme à mon habitude... tongue
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Re: Le Net en France… black-out

Message par balthazar claes le Jeu 18 Juin 2009 - 9:16

Le fait est que si le flicage liberticide est le flicage liberticide, le vol aussi est le vol. Le vol est le vol, voilà un truc d'une grande simplicité. Après, il faut vraiment de très bonnes raisons pour s'attribuer le titre de Robin des bois... Voler les voleurs est une chose ; mais il faut encore rendre aux pauvres après.

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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Jeu 18 Juin 2009 - 9:32

Certes, les postulats sont simples et je ne sais pas qui s'attribue le titre de Robin des bois, mais cette situation ne peut correspondre à une telle analogie.

C'est finalement une simple question d'accessibilité. C'est-à-dire, qu'avant de lancer les chiens, il faut s'arranger pour que cette cyber-criminalité (si c'en est bien une...) n'ait aucune légitimité. C'est-à-dire, encore une fois, qu'il n'y ait aucun discours qui baserait sa cohérence sur les stratégies non pas des artistes (qui sont malheureusement insignifiants dans cette bataille, tout juste bon à parapher en bon salarié leur soutien envers leur employeur...), mais celles des producteurs. Une grande partie du piratage vient de là, et non pas seulement d'une "culture de la gratuité" qui s'insinuerait perfidement dans les us et coutumes. Cette loi d'HADOPI en est la démonstration, puisqu'elle a esquissé la possibilité d'une réciprocité et donc de saper les assises mêmes des pirates. Esquisse vite débarrassée tant la pression des majors pour ne faire aucun effort a eu raison d'elle.
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Re: Le Net en France… black-out

Message par balthazar claes le Jeu 18 Juin 2009 - 10:41

Je dirais que la loi Hadopi ne démontre rien que la dérive policière du régime actuel. Elle ne s'oppose pas vraiment à cette idée de gratuité qu'on voit d'abord régner sur les supports autorisés comme myspace, youtube ou deezer. On prend le problème à l'envers : c'est avant tout une tendance qui conduit à dévaloriser l'artiste, à l'éliminer du circuit. Sans doute nous-mêmes pensons être à l'abri d'une telle dévalorisation de l'artiste.

On peut voir le bon côté, la bibliothèque gratuite universelle permettant à chacun de se cultiver. Pourtant à titre personnel je vois bien, et c'est pourquoi ce manifeste m'a frappé, que ce système implique une fondamentale passivité ; passivité qui empêche plutôt qu'elle facilite la rencontre avec une oeuvre. Il y a dans ce système une variante du "robinet à images" qu'on accuse à juste titre la télé d'être.

Oui, ce manifeste me donne à penser que les termes du débat sont comme faussés. Pourquoi qualifier de "piraterie" une occupation qui consiste à se laisser faire ? C'est vraiment trop d'honneur ; même si ma vie en dépendait je ne saurais hacker quoi que ce soit. Et pourquoi parler des "producteurs" contre les artistes, alors que les producteurs sont en fait les artistes et que leurs adversaires sont les diffuseurs d'accès et les fabricants de matériel ?

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Re: Le Net en France… black-out

Message par lorinlouis le Jeu 18 Juin 2009 - 11:00

D'accord avec toi, les données de la discussion sont faussées. Mais pour quel intérêt ?

Cette dévalorisation de l'artiste ne provient pas seulement des méfaits du téléchargement illégal. Même sans ce dernier, un artiste ne serait pas pour autant rétribué à sa juste valeur, vu le nombre d'intermédiaires qui récoltent la part la plus conséquente des marges. Et de même que le producteur se dépatouille avec les distributeurs, qui se dépatouillent avec les fabricants de supports, qui se dépatouillent avec... les artistes ont leurs intérêts propres pris au piège d'un système de culture commerciale.

Et je ne suis pas persuadé de la passivité que tu soulignes. Pas dans toutes les pratiques, pas dans toutes les intentionnalités qui motivent la rencontre avec une œuvre et avec le moyen pour se la procurer. Mais tu dis des choses justes qui montrent à quel point, autant dans l'argumentaire anti- que pro-, les choses sont biaisées.
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Re: Le Net en France… black-out

Message par wootsuibrick le Jeu 18 Juin 2009 - 13:14

Vous parlez essentiellement de valeur économique de l'artiste?

La disponibilité gratuite et facile de la culture en quoi rend elle plus passif?

Parce qu'on marche moins d'une oeuvre à l'autre, qu'on cherche moins longtemps, qu'on a moins le temps d'assimiler une grande quantité d'information?
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Re: Le Net en France… black-out

Message par Invité le Jeu 18 Juin 2009 - 14:47

wootsuibrick a écrit:Vous parlez essentiellement de valeur économique de l'artiste?

La disponibilité gratuite et facile de la culture en quoi rend elle plus passif?

Parce qu'on marche moins d'une oeuvre à l'autre, qu'on cherche moins longtemps, qu'on a moins le temps d'assimiler une grande quantité d'information?

Mouais, je ne comprends pas trop non plus.. en même temps je comprends assez qu'on aborde le sujet de manière économique puisqu'il s'agit avant tout d'une question d'économie et de système(s) économique(s). Je ne pense pas que l'on puisse, malgré ce que l'on veut nous faire croire, aborder cette question-là indépendamment, sans aborder la structure du système économique global, la culture étant devenue une industrie comme une autre.

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Re: Le Net en France… black-out

Message par balthazar claes le Jeu 18 Juin 2009 - 18:24

Oui, je crois bien que ce qui est en jeu est la valeur du travail de l'artiste.

Et la disponibilité facile, instantanée et gratuite des oeuvres d'art rendrait passif parce qu'elle ne peut être qu'une fiction. L'oeuvre d'art, comme singularité, comme nouveauté, comme objet paradoxal ou que sais-je, comme support du sens, ne peut sans doute pas être bêtement disponible comme un légume dans les rayons du supermarché - qui eux-mêmes ne devraient pas se trouver là comme ça, calibrés, triés, dénommés... L'internet de la gratuité serait une espèce de musée réifiant l'art. Je peux avoir en dix secondes toute la musique du 20ème siècle et celle du 19ème en prime. Des publicitaires avisés en sélectionnent pour moi les meilleurs morceaux. La rencontre singulière en devient certainement plus difficile.

Mais bon, dire ça revient à critiquer le net dans son ensemble, le support illimité, l'art mondialisé... On tend à retomber sur une thématique simplement réactionnaire.

Mais le texte que j'ai mis en lien se concentre lui sur les questions pratiques qui se posent aux artistes qui arrivent maintenant. Il dit que par exemple en cinéma l'époque qui a pris fin avec le net pouvait voir fleurir les Moullet, les Mocky, toutes sortes de francs-tireurs ; que maintenant c'est plus difficile, que le problème se pose d'arriver à passer au travers d'une nasse de brouillage avant d'atteindre un public - et ce au moment même où les films pourraient théoriquement coûter beaucoup moins d'argent, mais tout est verrouillé. Et penser en termes de raréfaction délibérée, de moindre visibilité choisie, peut être un moyen de faire dresser l'oreille du public gavé et blasé. En tout cas proposer ses oeuvres gratuitement sur le net n'est pas forcément le meilleur moyen pour qu'elles trouvent un écho.

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Message par wootsuibrick le Jeu 18 Juin 2009 - 18:50

balthazar claes a écrit:Oui, je crois bien que ce qui est en jeu est la valeur du travail de l'artiste.

Et la disponibilité facile, instantanée et gratuite des oeuvres d'art rendrait passif parce qu'elle ne peut être qu'une fiction. L'oeuvre d'art, comme singularité, comme nouveauté, comme objet paradoxal ou que sais-je, comme support du sens, ne peut sans doute pas être bêtement disponible comme un légume dans les rayons du supermarché - qui eux-mêmes ne devraient pas se trouver là comme ça, calibrés, triés, dénommés... L'internet de la gratuité serait une espèce de musée réifiant l'art. Je peux avoir en dix secondes toute la musique du 20ème siècle et celle du 19ème en prime. Des publicitaires avisés en sélectionnent pour moi les meilleurs morceaux. La rencontre singulière en devient certainement plus difficile.

Je pense qu'au contraire, en ayant perdu sa valeur fétichiste, l'oeuvre d'art nous apparaît débarrassée d'une singularité qui n'a rien avoir avec l'essentiel de ce qu'elle montre. Bien entendu et heureusement on ne parle pas de tout l'art. Internet est un moyen de diffusion d'arts audiovisuels qui n'ont pas besoin concrètement d'espace dépassant l'écran.
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Re: Le Net en France… black-out

Message par Invité le Jeu 18 Juin 2009 - 19:27

balthazar claes a écrit:En tout cas proposer ses oeuvres gratuitement sur le net n'est pas forcément le meilleur moyen pour qu'elles trouvent un écho.

Proposer ses oeuvres sur le net est une chose mais cela s'accompagne aujourd'hui généralement d'une promotion de la vie de l'artiste par lui-même. Il suffit d'aller visiter quelques blogs, facebook ou myspace d'artistes pour se rendre compte que ce n'est pas seulement la musique qui se trouve réifiée mais c'est l'artiste lui-même qui se distribue comme produit. Il doit, pour intéresser, nous raconter sa vie, nous montrer ses "copains", surtout nous donne le privilège de devenir son "ami", nous autoriser à consulter son work in progress... c'est une remise en question de la notion d'art qui englobait jusqu'à présent généralement le fait que c'est sa vie même que l'artiste mettait en jeu dans son oeuvre. Curieux paradoxe qui veut qu'aujourd'hui, au moment même où, dit-on, la vie n'est plus ce qu'elle était, qu'elle serait atrophiée par tout un tas de choses, l'art ne suffit plus pour mettre celle de l'artiste en lumière. Bien sûr, le paradoxe est rapidement levé s'il on considère que cette manière de faire pour l'artiste est simplement une autre façon de reproduire le schéma dominant et aliénant de la production, proposant non plus seulement de consommer de la musique, mais les tranches de sa vie quelconque en bonus qui vont avec. Le rapprochement de l'artiste et du public par l'intime est une astuce marketing, qu'elle soit commerciale ou pas, qui brise le vieux clivage entre l'artiste avec un grand A et le consommateur, mais maintient tout de même celui-ci à sa place. Je ne sais pas si on peut aller jusqu'à parler de "traçabilité de la marchandise" ?

Si un tel système économique doit perdurer, c'est par l'invention de nouveaux espaces publics qu'il peut être mis à mal et non pas, à mon sens, via des espaces privés "offerts" au public. Il s'agit moins de voler aux riches pour donner aux pauvres, que de travailler entre pauvres à voler les riches.

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Re: Le Net en France… black-out

Message par DB le Ven 19 Juin 2009 - 10:16

JM a écrit:
balthazar claes a écrit:En tout cas proposer ses oeuvres gratuitement sur le net n'est pas forcément le meilleur moyen pour qu'elles trouvent un écho.

Proposer ses oeuvres sur le net est une chose mais cela s'accompagne aujourd'hui généralement d'une promotion de la vie de l'artiste par lui-même. Il suffit d'aller visiter quelques blogs, facebook ou myspace d'artistes pour se rendre compte que ce n'est pas seulement la musique qui se trouve réifiée mais c'est l'artiste lui-même qui se distribue comme produit. Il doit, pour intéresser, nous raconter sa vie, nous montrer ses "copains", surtout nous donne le privilège de devenir son "ami", nous autoriser à consulter son work in progress... c'est une remise en question de la notion d'art qui englobait jusqu'à présent généralement le fait que c'est sa vie même que l'artiste mettait en jeu dans son oeuvre. Curieux paradoxe qui veut qu'aujourd'hui, au moment même où, dit-on, la vie n'est plus ce qu'elle était, qu'elle serait atrophiée par tout un tas de choses, l'art ne suffit plus pour mettre celle de l'artiste en lumière. Bien sûr, le paradoxe est rapidement levé s'il on considère que cette manière de faire pour l'artiste est simplement une autre façon de reproduire le schéma dominant et aliénant de la production, proposant non plus seulement de consommer de la musique, mais les tranches de sa vie quelconque en bonus qui vont avec. Le rapprochement de l'artiste et du public par l'intime est une astuce marketing, qu'elle soit commerciale ou pas, qui brise le vieux clivage entre l'artiste avec un grand A et le consommateur, mais maintient tout de même celui-ci à sa place. Je ne sais pas si on peut aller jusqu'à parler de "traçabilité de la marchandise" ?

Si un tel système économique doit perdurer, c'est par l'invention de nouveaux espaces publics qu'il peut être mis à mal et non pas, à mon sens, via des espaces privés "offerts" au public. Il s'agit moins de voler aux riches pour donner aux pauvres, que de travailler entre pauvres à voler les riches.

Très bien dit.
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Re: Le Net en France… black-out

Message par ^x^ le Ven 18 Sep 2009 - 2:57

Merci Stef. Justement je commence à replonger le nez dedans. Bientôt la 2 ème version de la loi...

Alors qu'en France, le projet de loi Hadopi 2 doit revenir devant le Sénat et l'Assemblée pour un dernier vote solennel en début de semaine prochaine, la Grande-Bretagne se prépare à son tour à durcir sa législation contre le téléchargement illégal.

Alors qu'en France, le projet de loi Hadopi 2 doit revenir devant le Sénat et l'Assemblée pour un dernier vote solennel en début de semaine prochaine, la Grande-Bretagne se prépare à son tour à durcir sa législation contre le téléchargement illégal. Tout comme la France, la Grande-Bretagne confierait à une autorité administrative existante – l'Ofcom, l'équivalent du CSA – la tâche d'envoyer des courriers d'avertissement et, en cas de récidive, de couper l'accès à Internet des contrevenants. Le gouvernement envisage également des mesures de filtrage pour bloquer l'accès aux sites hébergeant des contenus illégaux, ou le bridage des connexions à Internet.



Le projet de loi, qui a été accueilli très favorablement par les associations d'éditeurs et ayants droit, est vivement critiqué par les fournisseurs d'accès à Internet, qui seraient chargés de mettre en place les solutions techniques permettant le bridage ou la coupure des connexions. Les associations de défense des droits des consommateurs sont également mécontentes. Quant aux artistes, ils sont divisés sur la question.

La prestigieuse Featured Artists Coalition, une association qui regroupe notamment des membres des Pink Floyd, de Radiohead ou d'Iron Maiden, à laquelle se sont joints la British Academy of Songwriters, Composers and Authors et la Music Producers Guild, ont vivement dénoncé ce projet de loi. "Le bâton est sur le point de devenir bien plus gros que la carotte", estiment les associations, qui jugent la possibilité de couper l'accès à Internet des téléchargeurs "disporportionnée". "Nous ne souhaitons pas nous mettre nos fans à dos", renchérit Dave Rowntree, le batteur de Blur, interrogé par la BBC. "La seule chose que nous pouvons faire, c'est de faire en sorte que le téléchargement, qui prouve de toute évidence que les gens se passionnent pour la musique, génère des revenus", poursuit-il.

LES MUSICIENS DIVISÉS

Ce point de vue n'est pas partagé par tous les artistes. Lundi, la chanteuse Lily Allen, qui s'était fait connaître il y a quelques années sur Internet grâce à son MySpace, s'en est violemment pris à la Featured Artists Coalition sur son blog. "La Featured Artists Coalition dit que le téléchargement illégal représente 'une nouvelle génération de fans pour nous tous'. C'est génial si vous êtes une star en fin de carrière, avec des tonnes d'albums que vous pouvez refourguer à un nouveau public, mais les artistes qui débutent ne peuvent pas se permettre ce luxe."

La musicienne n'épargne pas non plus l'industrie du disque, "qui a péché par excès de naïveté et d'autosatisfaction" face aux évolutions de la technologie. Si elle estime que le prix des disques est trop élevé, Lily Allen juge qu'au final, ce sont les artistes qui souffriront le plus du téléchargement illégal. "Les patrons de l'industrie commencent à perdre beaucoup d'argent à cause du piratage, écrit-elle, et ce ne sont pas leurs salaires qu'ils réduisent : ils préfèrent couper les budgets pour les nouveaux artistes."

La chanteuse, qui a le soutien d'autres artistes comme Patrick Wolf, a reçu cette semaine une réponse de Matt Bellamy, le chanteur de Muse, qui n'est pas affilié à la Featured Artists Coalition. Dans un e-mail publié sur le blog de Lily Allen, le chanteur estime que, pour le meilleur ou pour le pire, le téléchargement illégal est désormais devenu la norme, et plaide pour une taxe prélevée directement sur les abonnements à Internet, proportionnelle à la consommation de bande passante, et qui serait redistribuée aux créateurs. Un système proche de la "licence globale" ou de la "contribution créative" évoquées, en France, par une partie des adversaires d'Hadopi.

Matthew Bellamy devrait arrêter sa musique hululée et s'investir de suite ds la politique ( Twisted Evil)
Je suis d'accord avec lui en défendant également cette idée.
C'est une piste qui rejoint en effet l'esprit de la licence globale.
M.Chedid en parlait d'ailleurs ,hier soir, sur le plateau de Ce soir ou jamais.
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