Faudrait tout de même pas :

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Faudrait tout de même pas :

Message par Borges le Mer 25 Nov 2009 - 16:59

faudrait tout de même pas que ce forum se mette à ressembler à celui de filmdeculte: on rigole entre potes; je te ris, tu me souris; j'aime bien, j'aime pas...Ca commence à faire potache tout ça.
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Message par ^x^ le Mer 25 Nov 2009 - 17:47

Very Happy
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Message par lorinlouis le Mer 25 Nov 2009 - 17:50

Mééé non, Borges. On n'atteindra jamais le niveau de FDC. Laughing
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Message par Largo le Mer 25 Nov 2009 - 17:59

Non, mais c'est vrai Borges a raison : soyons sérieux.

Et vous deux, là, au-dessus, arrêtez de rigoler bêtement, concentrez-vous un peu, sinon je vais en prendre un pour taper sur l'autre.

...Et que je n'ai pas à le répéter !

Non, parce que si vous voulez jouer à ce ptit jeu là, je peux appeler Monsieur Eyquem, il est là juste à côté, à s'occuper gentiment du jeune Sicard mais il peut venir vous déconstruire ce sourire en moins de deux.

Là vous aurez l'air malin !

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Message par lorinlouis le Mer 25 Nov 2009 - 18:28

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Re: Faudrait tout de même pas :

Message par Invité le Mer 25 Nov 2009 - 20:27

La dernière fois, j’avais tenté de définir la vraie vie en disant qu’il s’agissait pour un individu d’accepter son incorporation au devenir d’une vérité. La vraie vie, avions-nous dit, c’est la vie selon l’Idée (une vie orientée par l’Idée). Le réel d’une vérité c’est, pour le multiple infini qu’est une vérité, d’avoir un corps, d’apparaître dans un monde, cela désigne sa matérialité (une vérité n’est pas une idéalité transcendante). Mais, par ailleurs, ce réel est en exception de la réalité mondaine, il est en interruption des lois du monde, selon la nature événementielle de la vérité. Pour la vérité, le monde comme tel en effet ne suffit pas : elle s’initie, de façon locale, d’un point de défaut du monde (thèse qui s’oppose à la conception vitaliste selon laquelle elle apparaît au contraire comme un point de concentration de la plénitude du monde). Le fait, pour la vérité, d’être marquée par le manque, de comporter un élément de soustraction, pointe (si l’on peut dire) sa dimension symbolique. Enfin, l’individu pour lequel il y a une vérité doit se représenter ce rapport entre réel et symbolique, le rapport entre la promesse d’infinité dans le monde et le point local d’exception ; cette question a été thématisée dans le passé sous des aspects très divers, par exemple sous la forme du passage de la « classe en soi » (prise dans les conditions objectives de l’économie) à la « classe pour soi » (dotée d’une capacité politique, pouvant s’ouvrir à une perspective historique). Mais cela ne se passe pas comme ça : l’incorporation d’un individu dans un processus de vérité suppose une relation imaginaire par laquelle il peut se représenter que l’infini est en jeu et que quelque chose s’est ouvert qui outrepasse son intérêt individuel.

Les individus ne communiquent que pour autant qu’ils ont une Idée en partage, avions-nous également dit – ce qui est tout à fait l’inverse de l’idéologie contemporaine, pour laquelle ce qui a de la valeur c’est ce qui s’engendre à partir de la communication sans rivage, du chat, comme une flamme quand on frotte un silex ; or, s’il n’y a pas au départ une Idée en partage, ce que les individus vont communiquer c’est inéluctablement des opinions et des intérêts. Ce qui va en sortir, en réalité, ce n’est rien d’autre que le milieu neutralisé constitué par la communication elle-même. Ce qui, il faut y insister, expose le collectif à la manipulation. Seul le registre de l’Idée est susceptible d’empêcher que soit façonné un collectif exposé à la propagande. De ce point de vue, les propagandes « totalitaires », si violemment dénoncées aujourd’hui, avaient quelque chose de foncièrement laborieux (elles ne fonctionnaient qu’adossées à un formidable appareil policier, ce qui n’est pas le cas de la propagande des démocraties parlementaires, tellement efficace qu’elle fonctionne toute seule).


Le thème de la communication est ajointé à celui de la liberté des opinions. En réalité, ce qui importe, pour les opinions, c’est de pouvoir circuler, et de cela elles ne se privent pas (à l’instar des marchandises, des capitaux … il n’y a que les hommes qui circulent mal aujourd’hui). Il faut reconnaître que, emballées comme elles sont, la liberté de ces opinions circulantes est toute relative.

L’Idée doit être universelle ; elle ne doit comporter aucun élément interne qui lui interdise d’être partagée par tous. Faute de quoi, la vraie vie supposerait des conditions particulières, des contenus particuliers, qui agiraient comme des déterminations extrinsèques. Si la vraie vie n’est pas universalisable, son ressort intime ne saurait être que l’intérêt de l’individu ; dans ces conditions la vraie vie, en tant que catégorie de l’individu, est en situation de mettre en danger le processus de vérité parce que l'intérêt de l'individu se présente alors comme ce qui donne la mesure des choses.

« La vraie vie est absente », disait Rimbaud. Pour échapper à ce verdict, il est indispensable que la vraie vie concerne l'humanité tout entière. L'Idée du communisme c'est (c'était) que, selon la formule classique, « l'émancipation du prolétariat sera l'émancipation de l'humanité tout entière ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il y a une classe dont la particularité réside en ceci que son émancipation fonctionnerait comme une Idée commune. Le communisme désigne ce moment où le contenu de l'Idée en partage universel est justement l'en-commun. Autrement dit, c'est le moment où l'humanité s'occupe d'elle-même, c'est le moment de l'auto-affirmation de l'humanité. L'humanité serait « réconciliée avec elle-même » (Marx). Le communisme serait-il alors l'Idée de l'Idée, pas très éloignée de l'Idée absolue hégélienne ? C'est pour éviter ce rapprochement que Marx insiste sur le rôle du prolétariat. Le prolétariat occupe (occupait) un lieu, le lieu de l'idéation. Le lieu de l'idéation désigne le point où la singularité et l'universel se croisent. Si l'on voulait être au lieu de l'idéation, il fallait rejoindre le prolétariat. C'est une extraordinaire invention de Marx. Déjà Platon le cherchait, le lieu de l'idéation (et cette recherche est en réalité depuis toujours le problème politique lui-même). Il a pensé le trouver chez le tyran de Syracuse et, comme vous le savez, son voyage pour la Sicile lui a attiré les pires ennuis. L'idée était de toute façon saugrenue, allez-vous dire, mais en réalité elle ne l'est pas plus que celle de Diderot allant chercher le lieu de l'idéation en Russie chez Catherine II, pour ne rien dire de Voltaire chez Frédéric II de Prusse. Hannah Arendt, qui dit n'avoir jamais retiré son estime à Heidegger, a pointé dans un article célèbre écrit au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, la propension des philosophes à aller chercher leur salut politique chez les tyrans. Moi-même, j'ai du essuyer cet argument en ce qui concerne ma relation avec Mao. Mais le lieu de l'idéation, je peux vous le dire, ce n'est pas une lubie. C'est quelque chose que vous pouvez éprouver quand vous êtes au contact d'une altérité réelle, par exemple en rencontrant des Maliens dans un foyer d'ouvriers étrangers, des Maliens que vous êtes allés voir parce que vous avez une Idée en partage avec eux, au moment où vous réalisez qu'une communication s'est établie entre vous parce que la rencontre a eu lieu sous le signe de l'Idée. C'est de cela dont parle Platon dans La République (l'Idée d'une Cité véritable). L’humanité réalise son essence quand elle habite le lieu de l’idéation.-

Nouveau cours de Badiou

La fin m'intéresse particulièrement. Cette évidence pour Badiou de l'Idée qui surplombe le genre de rencontre qu'il évoque ne me parle pas. La rencontre m'apparait dans le tremblement, dans la honte, le regard porté sur le bout de mes chaussures. La communication ne passe pas et reste bloquée dans la gorge, dans la retenue de l'autre dont je suis l'hôte.

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Message par Borges le Jeu 26 Nov 2009 - 12:00

La fin m'intéresse particulièrement. Cette évidence pour Badiou de l'Idée qui surplombe le genre de rencontre qu'il évoque ne me parle pas. La rencontre m'apparait dans le tremblement, dans la honte, le regard porté sur le bout de mes chaussures. La communication ne passe pas et reste bloquée dans la gorge, dans la retenue de l'autre dont je suis l'hôte.

le terme "hôte" a deux sens, c'est à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu; si t'es l'hôte en tant que reçu, ce serait plutôt à celui qui te reçoit d'avoir honte, de trembler, etc...pourquoi cette honte que tu dis sentir? à cause de l'inégalité...? C'est précisément ce qui est annulé par l'Idée, l'idéation; c'est comme si deux mathématiciens se rencontraient, quelle que soit leur position sociale, dans le monde, langue, culture, cela s'annule, dans la puissance de l'idée mathématique... ils communiquent dans l'idée... Au fond tout cela est assez classique; c'est du platon de base, de l'ontologie, dirait Levinas, qui subordonne la relation à autrui, à la compréhension de l'être, à la vérité... mais le point de vue Derrida-Lévinas...me semble inférieur dans ce cas à celui de Badiou... Badiou n'aime pas trop Levinas (et toutes ses récupérations; même sarkozy peut faire du levinas); si on veut aller plus loin, confronter les deux points de vues, celui de l'idée, et celui de l'altérité, Platon et Levinas, il faut lire "violence et métaphysique" de Derrida...
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