Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

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Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Borges le Dim 3 Juin 2012 - 16:09

erwan a écrit:Prometheus.

C'est assez amusant, on regarde le dernier film de Scott en remarquant qu'aucun personnage ne réagit de manière naturelle, crédible; des comportements auxquels on pourrait attacher, rétro projeter, ce qu'on a capté des gestes, des attitudes de nos frères humains.

Ce qu'un film peut proposer parfois, pour nous faire comprendre que c'est de nous qu'il s'agit dans ces petites histoires maintes fois retournées.

A contrario, on peut montrer des personnages agissant de manière bizarre, avec un sentiment d'irréalité, à dessein, afin de creuser sous la peau, les apparences, ou de montrer des créatures soumises à des questions sociales etc. Mais je ne crois pas qu'il s'agisse de cela ici.

Quand Scott faisait le premier Alien, il s'attachait plus au temps de la compréhension des enjeux, au temps où l'action se motivait avec lenteur sur les visages, dans les corps. Mais il devait encore faire ses preuves sans doute, montrer de quoi il était capable.

Prometheus n'est pas une œuvre faites pour un public en attente de frissons, de tension, d'atmosphère. Il n'y a nul mystère, nulle complicité; ce n'est plus l'enfance de l'art, c'est l'âge des commandements, du discours, de l'idéologie, de la partition des individus:

qu'est ce qu'un homme? qu'est ce qu'une âme?

Scott répond à foison par la décapitation des corps, la séparation du tronc et de la tête; c'est sur ce motif que se clôturait son Robin Hood, un sarazin tué par un chevalier je crois.

Ne pas craindre le corps, on peut le tuer, le brûler, tout craindre de la pensée qui s'infiltre, tel un virus, menace d'infection l'environnement du vaisseau, Prometheus, et ses occupants.

Dans ce voyage aux origines de l'humain, l'adn et les idéogrammes s'entremêlent, le créationnisme et le darwinisme font la gigue, avec une large préférence pour la première thèse (le biologiste est un des premiers tués, par une sorte de pénis autonome et collant lol), les cavernes où reposent les "ingénieurs" comme les nomment le couple d’archéologues renferment des cylindres à défaut des manuscrits de la mer morte (L'androïde « David » dit de ce que renferme ces réceptacles: "c'est organique"). Et puis ces cavernes surgissent du sous sol et se muent en vaisseau en forme de croissant. Original.

wiki a écrit:Avec le soleil, il apparait en Akkadie vers 2300 av JC et à partir du deuxième millénaire av JC il était le symbole de la Mésopotamie.

(on revient je crois au schéma vu dans avengers et décrypté par Borges. D'ailleurs à un moment il est fait allusion à la planète explorée comme à un champ d'expérimentation d'armes de destruction par le pilote, sans que l'on saisisse bien les enchaînements logiques qui l'on conduit à cette réflexion)

Ce vaisseau est là pour détruire l'humanité sur Terre. Le pilote du « Prometheus » se sacrifie pour l'en empêcher.

Le plus troublant, c'est que les deux survivants, David, l'androïde, détouré de sa capacité de mouvement, revenu à un statut d'objet utile, calculateur de données, encyclopédie, décryptage des idéogrammes parsemant les cavernes, et l'une des initiatrices du projet, « une croyante », une scientifique, repartent à bord d'un second vaisseau des ingénieurs, en route vers la planète d'origine de ses derniers, afin de trouver la réponse fondamentale des origines, pourquoi ? , comme s'il y avait eu une prise de relais, sur ces questions, ainsi qu'une accaparation par la foi, la croyance, des outils scientifiques.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Borges le Dim 3 Juin 2012 - 16:18

hello erwan; dans le genre idéologique, il y a eu aussi "Kingdom of Heaven", si on regarde vers l'Orient.

RS est l'une des petites énigmes du cinéma, il a fait un truc extraordinaire, le premier alien, puis plus rien, ou presque...


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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Lun 4 Juin 2012 - 16:26

j'suis con, j'avais oublié que le vaisseau en forme de croissant apparaissait déjà dans le premier Alien (sous une forme un peu différente il me semble)

Mais peut être que ça ne change pas grand chose lol


Je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de revenir vers ce Prometheus, si intriqué de références, si plein d'entrelacements, de constructions mentales, d'efforts de l'intelligence humaine.
Pourquoi ne pas partir de David ?
Origine religieuse ? Le roi David de la bible ?

Un des fondateurs de l'Etat d'Israël.
Vainqueur du géant Goliath (les Ingénieurs sont d'une stature impressionnante).
Le père de David, Jessé, comptait « parmi les hommes les plus âgés de son temps » or le concepteur, le père, du robot David dans prometheus est un vieillard chenu, au seuil de la mort, Peter Weyland. (http://www.projectprometheus.com/)
L'arbre de Jessé est également « une métaphore du lignage de Jésus. »

David, c’est aussi le prénom du réalisateur anglais David Lean.
Le robot regarde une des scènes de son Lawrence d'Arabie, celle de l'allumette, en répétant, visiblement fasciné, une phrase : « “The trick, William Potter, is not minding that it hurts.” »
L'allumette, le feu, Prométhée.
Que va donner David aux hommes, pour les faire ressembler aux dieux, aux Ingénieurs, ou les mettre sur un pied d'égalité? Peut importe les souffrances que cela peut occasionner. Lui même, si semblable aux hommes, n'est qu'une de leur création, sans âme dit Weyland.
Le rapprochement entre David et Lawrence n'est bien sûr pas anodin. Ce n'est pas seulement un hommage de Scott envers un maître, ce n'est pas uniquement l'expression d'un penchant artistique.
Le contexte historique du film de Lean est sans doute essentiel.
C'est un indice que la quête des origines conduite par Scott est marquée par des considérations contemporaines, par un regard sur l'histoire et ses développements qu'il achopperait de considérations civilisationnelles.
L'échec de Lawrence avec les tribus arabes anticiperait l'échec de David qui désire créer une synthèse génétique entre les humains et l'arme biologique qu'il découvre dans les cavernes ; sans la foi, sans la croyance, sans la croix, seule boussole apte à désigner le chemin vers les racines de l'humanité si l'on en croit Scott.
Il faut voir que la substance noire, l'arme biologique, est mise en parallèle, en relation d'équivalence, avec une autre substance collante qui recouvre les idéogrammes des ingénieurs, enfin je crois.

David inocule cette substance créée par les Ingénieurs, et peut être responsable de leur mort, à l'insu de l'hôte qu'il choisit, un scientifique, un homme, qui vit en couple avec l'héroïne de l'histoire, version moderne de Pandore?
Affligé par la découverte de tombes, de cadavres, mais rien de vivant, le scientifique rejoint sa moitié, une rose, vraisemblablement transgénique, à la main, et traverse un écran virtuel avec cette fleur, écran virtuel que contemple sa femme, écran qui récapitule les événements à l'intérieur des grottes, le passage des fantômes des Ingénieurs fuyant la mort.
Un court instant, l'homme et l'écran se juxtaposent, présentant l'image d'un cadavre dans un tombeau. Le changement, l'infection, à cours en lui.
Juste après, le personnage de Noomi Rapace, et le type, font l'amour ; il y a transmission. La femme, qui ne pouvait avoir d'enfant, voit un embryon grossir dans son ventre.

Ya deux scènes, avec chacun des deux personnages, quand le mec se rend compte qu'il est malade,
quand la fille doit décider si elle continue sur le chemin des origines, qui sont cadrées de la même façon 



à l'arrière plan, il y a ce sas ouvert et une pièce vide. En voyant coup sur coup alien et Prometheus, on se rend compte à quel point, dans ces deux films, Scott est un cinéaste du passage ; d'un lieu à un autre, d'un couloir à une pièce, d'un état à un autre, des portes qui coulissent et se ferment, ou débouchent sur l'horreur.
Un système de sas qui segmente le récit, son développement, oblige sa progression sans possibilité d'arrêt.

Mais cette union n'est ni statique ni arbitraire et, au moment où elle s'établit, la situation totale s'en trouve complètement modifiée. En effet, c'est moins une union qu'une transformation ou un passage : avant elle, la culture n'est pas encore donnée ; avec elle, la nature cesse d'exister, chez l'homme, comme un règne souverain. La prohibition de l'inceste est le processus par lequel la nature se dépasse elle-même ; elle allume l'étincelle sous l'action de laquelle une structure d'un nouveau type, et plus complexe, se forme, et se superpose, en les intégrant, aux structures plus simples de la vie psychique, comme ces dernières se superposent, en les intégrant, aux structures, plus simples qu'elles-mêmes, de la vie animale. Elle opère, et par elle-même constitue, l'avènement d'un ordre nouveau.


edit:
http://virtualborderland.wordpress.com/tag/prometheus-lawrence-of-arabia/
http://www.lesinrocks.com/2012/06/10/cinema/ridley-scott-alien-blade-runner-prometheus-un-parcours-unique-dans-la-science-fiction-11267410/

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par adeline le Sam 8 Sep 2012 - 19:13

hello Erwan,

je viens de le voir !

J'ai bien aimé, même s'il y a beaucoup de faiblesses. Les acteurs sont vraiment mauvais, tous, non ? Et les personnages, par rapport à Alien, n'existent pas du tout. Rien à voir entre Ripley et Shaw, entre David et Ash.

Ce qui est très réussi, très fort, impressionnant, c'est l'extraterrestre, une vraie créature mystérieuse, fascinante, déroutante. Finalement presque à la hauteur de l'alien dans Alien. Les scènes qui le montrent sont très fortes : la manière dont la vie est apportée sur terre (un extraterrestre boit une substance indéfinissable ; son corps se nécrose, finit par imploser, et toutes les particules, précipitées dans un gigantesque torrent, voient leur adn se transformer pour donner naissance aux premières cellules de vie dans l'eau) ; le réveil du dernier extraterrestre vivant sur la planète des aliens ; son combat avec le face-hugger (c'est ainsi qu'on appelle le stade larvaire de l'alien). J'ai trouvé pénible le nombre d'idées tirées des autres films. Tout ce qui concerne les aliens, la question de la fécondation et de l'avortement (cette scène je trouve souffre d'un déficit de science-fiction, elle n'est pas assez impressionnante, elle joue petit), les relations entre les membres du vaisseau, la redite de l'androïde à la solde des visées inhumaines du président de la compagnie qui affrète le vaisseau. Autant de choses qui semblent moins creusées que dans Alien, et qui pâtissent de la comparaison.

Alien n'était qu'un grand mystère, sans question, sans recherche, une pure aventure, un donné que Ripley et les autres devaient avaler tel quel. Ici, tout n'est que question et désir de réponse, et c'est bien plus dur de tenir la distance. La question des origines de la vie, d'où venons-nous, où allons-nous, comment ne pas mourir, y est évidemment centrale. La théorie créationniste mais avec une origine non-divine ne résout rien, d'où l'insistance incroyable sur la foi en Dieu, une espèce de raison d'être de Shaw, qui ne peut pas continuer à rechercher l'origine de la vie sans sa croix autour du cou. L'extraterrestre est Prométhée, ce qui ne résout pas la question du pourquoi. Un film qui cherche à faire croire qu'il pourra donner une réponse à ces questions ne peut que décevoir en partie. Etrange aussi que le film n'essaye à aucun moment d'illustrer la force de la foi, tout ne tient que dans des mots "Croyez-vous encore après tout ce que vous venez de voir" demande l'androïde à Shaw, une question encore, et jamais le film n'essaye de faire sentir d'où Shaw tient cette foi. L'autre chose désagréable est la scène du rêve, où une différence est faite au sein même de l'humanité : il y a les chrétiens, et les autres qui croient autrement. Que les mêmes questions soient à l'origine des différentes religions, le film ne le dit qu'au passé (les peintures et autres sculptures anciennes attestant d'un même culte à un géant montrant une galaxie lointaine, culte rendu aux quatre coins du monde il y a des milliers d'années, truc d'ailleurs complètement débile). Le film n'explique d'ailleurs pas comment les hommes ont pu avoir connaissance de ce qu'ils appellent les Ingénieurs (les Prométhées), alors que le dernier présent sur terre s'est sacrifié pour donner à la vie la possibilité d'éclore.

Etrange présence du sacrifice d'ailleurs : le film s'ouvre sur celui du dernier Ingénieur resté sur terre, et se clôt pratiquement par celui du capitaine du vaisseau, qui précipitent celui-ci contre le grand vaisseau des Ingénieurs (photo mise par Erwan) pour l'empêcher de retourner sur terre pour la détruire en y répandant des dizaines de milliers d'urnes contenant le stade larvaire des aliens. Sacrifice qui est tout sauf religieux.


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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Sam 8 Sep 2012 - 20:22

Hello Adeline; merci pour ton retour. Je ne suis pas très heureux de ce que j'ai raconté sur Prometheus; je trouve que tu poses les bonnes questions.
Au sujet de l'extraterrestre, il m'a rappelé certains dessins de Richard Corben:
Moebius:

"Richard Corben, stands among us like an extraterrestrial peak. He has sat in his throne for a long time, above the moving and multi-coloured field of world comics, like an effigy of the leader, a strange monolith, a sublime visitor, a solitary enigma"

l'avortement (cette scène je trouve souffre d'un déficit de science-fiction, elle n'est pas assez impressionnante, elle joue petit),
une expulsion de l'intrus par césarienne, un peu comme à la fin d'Alien; personnellement cette scène m'a quand même impressionné. L'usage d'images de synthèse réduit un peu son impact cependant.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Borges le Dim 9 Sep 2012 - 8:52

sans grand intérêt, mais pas mauvais; le truc étonnant, si on compare ça au premier alien, c'est la place de la religion; et puis, comme l'a repéré erwan, ces références curieuses, dont on ne voit strictement pas l'intérêt dans l'histoire, sinon qu'il s'agit de construire dans l'humanité une altérité, aux arabes...à ces gens qui "n'ont pas le même dieu que nous"

-La création de l'humanité, au début du film, fait peut-être allusion au mythe grec (orphisme) et peut-être hindou; chez les grecs on se souvient qu'après avoir mis à mort Dionysos, enfant, et dévoré, les titans (Prométhée est un titan) sont foudroyés par Zeuz...l'humanité a son origine dans leurs cendres (devenus dans le film adn); ce qui explique la double nature de l'homme (titanesque, violente, criminelle, mauvaise, et divine...)

-quelques liens avec "tree of life", bien sûr...

-avec avengers, le dernier batman, on peut aussi remarquer la scène sacrificielle, pour sauver la terre, mais ici, réelle...(les types se sacrifient pour sauver la croyante, chrétienne; renversement de la mort du père, lui aussi super croyant, mort dans sa lutte contre le virus Ébola... ); l'humanité vient d'un sacrifice, et est sauvée par un autre sacrifice...

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Dim 9 Sep 2012 - 10:28

Tiens j'aimerais bien voir son adaptation du "Duel" de Conrad, qui est je crois son premier film.

Au début du livre dans une superbe page Conrad arrive à décrire une blessure légère comme s'il s'agissait d'une décapitation: la victime juste bousculée dans un jardin de Strasbourg est déçue d'être entière; ce qui décide de son complexe de persécution (il s'agît le plus pauvre des Hussards, battu par le noble, qui initialement est en fait mort de trouille et ne veut pas se battre). C’est un beau texte sur le corps: les duellistes passent leur temps à fantasmer de manière immobile une peur, une mutilation qu'ils auront au combat singulier, qui finalement ne vient jamais. Cela absorbe leur vie sociale et leur sexualité, seule la vieillesse les en libère.

Ce rapport au corps (cette opposition entre blessure et violence "politique") est un truc intéressant chez Conrad: la première ligne du Duel c'est la phobie de Napoléon pour la blessure, qui contraste avec son comportement guerrier et impérial. Cela revient aussi dans Nostromo (le personnage de Découd: la bourgeoisie qui décide d'une indépendance, se sacrifie pour une idée nationale et un ordre économique et culturel, mais veut mourir sans trace, en mer, plutôt que dans le sang) voire dans "Au Cœur des Ténèbres" (le coup de lance qui ne tue que le pilote africain du navire, cependant que Kurtz est décrit lui-même comme un chef meurtrier, un demi-dieu qui meurt lui-même sans blessure, juste par l'effet d'un esprit qui se retire). Pas lu Lord Jim.

Chez Conrad, c'est souvent une personne ou un groupe mort de trouille, déspiritualisé mais positiviste, qui parvient à annihiler un ennemi qui lui ne doute pas du bien fondé (et de la légitimité politique) de sa violence, qui est investie comme une âme (comme dans "Alien", où le vaisseau s’appelle "Nostromo", paraît-il?).



Dernière édition par Tony le Mort le Dim 9 Sep 2012 - 13:56, édité 3 fois

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Dim 9 Sep 2012 - 10:45

Chez Conrad (qui était proche des Fabians, soit un socialisme patricien, finalement peut-être plus présent aujourd'hui que celui qui s'origine dans la révolution ), il y a aussi l'idée que la blessure est seuil géographique (le début du Duel est sur la Frontière entre la nation et l'empire: à Strasbourg, et le duel se prolonge en Russie). Dans Nostromo et au Coeur des Ténèbre il y a le même mouvement géographique, d'une guerre qui débute comme un affect à l'intérieur des frontière, et a en fait besoin de l'empire pour s'exténuer.

Dans Nostromo, avec le chemin de fer, la compagnie de navigation, sa hiérarchie (cadre anglais, ouvriers et techniciens italients et garibaldiens), il y aussi l'idée d'un vaisseau d'ingénieur qui transforme et se déploie dans un environnement non-encore technique.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Dim 9 Sep 2012 - 10:48

Mais le seul Ridley Scott que j'ai vu c'est Black Rain, que j'aimais bien (encore un scène de blessure mémorable: le doigt coupé)

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Dim 9 Sep 2012 - 13:56

Ouai tout le monde s'en fout de Conrad ici, il n'y a en que pour les 250ème et 251ème grandes interprétations de Nietzsche et Heidegger.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Borges le Dim 9 Sep 2012 - 15:45

je lisais beaucoup Conrad, y a bien des années; très grand écrivain; "Nostromo" compte parmi mes romans favoris...hélas, ici, comme souvent, je ne vois pas où tu veux en venir...si on ne partage pas un horizon commun de sens, de compréhension, ou sensible, bien difficile de discuter...
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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par adeline le Dim 9 Sep 2012 - 18:55

Tony le Mort a écrit:Ouai tout le monde s'en fout de Conrad ici, il n'y a en que pour les 250ème et 251ème grandes interprétations de Nietzsche et Heidegger.

Toujours aussi sympa TLM, t'es vraiment un crème.

Erwan, les dessins de R. Corben sont vraiment très forts en effet. Bien trouvé.

En fait, la scène de la césarienne, je l'ai trouvée en dessous de ce qu'elle aurait pu être pour les mêmes raisons qui m'ont gênée durant tout le film : une bête histoire de vraisemblance à l'intérieur même de l'univers de la science fiction. Ce sont de petites choses idiotes. D'un seul coup de scalpel la machine ouvre le ventre de Shaw. Directement tous les tissus sont ouverts, sans qu'aucune mesure n'ait été prise, jusqu'au placenta, puisque la bête est ensuite directement prise par la pince. Puis, Shaw casse elle-même le cordon, comme si c'était un bête fil peu solide. Ce qui manque, pour la "vraisemblance", c'est une vrai technicité ultra-fine, une machine qui n'agirait pas en dépit du bon sens, et qui aurait fait cette césarienne parfaitement, à l'aide de mille instruments et d'une dextérité sans pareil. Tout me semble un peu à l'encan, dans le même genre. Les choses hautement techniques semblent factices (Shaw sait se servir de tous les instruments à bord, sans exception, dès qu'un écran ou qu'un clavier se présente, hop, elle sait tout faire, pourtant elle n'est pas un des membres de l'équipage). J'ai l'impression que ni les personnages, ni le film ne croient à leur présence, à leur technique, à leur savoir, à leur histoire. Sauf l'extraterrestre. Lui, il est tellement sûr de tout que sa présence est à chaque fois un choc.

C'est super intéressant ce que tu as trouvé sur David et David Lean. Mais je ne sais pas comment embrayer dessus.
En pensant à tous les moments où le feu est utilisé : c'est vraiment de feu purificateur dont il s'agit. Il tue ceux qui sont infestés (le mari de Shaw, le géologue fou). Tu disais "l'allumette, le feu, Prométhée", mais à mon avis, malgré le titre, le film se range vraiment du côté du créationnisme, de la religion (on voit bien une incinération dans un cadre religieux dans son rêve de petite fille ?), plutôt que de celui des mots du mythe utilisés pour donner une explication scientifique ou raisonnable.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Lun 10 Sep 2012 - 8:29

oui je comprends, c'était l'idée exprimée par Franju quand il évoquait son souci maniaque de vraisemblance dans d'écriture des yeux sans visage; paradoxalement cette précision doit être maximale dans le domaine du fantastique, afin que le spectateur puisse y croire.
Mais Franju était un matérialiste forcené il me semble.
Scott n'est pas du tout dans cette optique.

Je ne sais pas trop où aller nous plus avec ce que Borges désigne comme la construction d'une altérité dans l'humanité. Je n'ai pas vu Kingdom of Heaven. C'est très étrange cette histoire.

Richard Corben avait participé dans les années 70, à l'instar d'un Moebius, au magazine Métal Hurlant, influence majeure pour tout ce qui a suivi dans le genre de la sf au cinéma entre autre, et Alien en particulier.
En parcourant sa bio, on se rend compte qu'il a dessiné un comic book (scénarisé par John Arcadi), Alchemy, attaché à cet univers. Les deux premières pages sont troublantes par certaines similitudes avec Prometheus:

la foi et les fantômes ...

A propos du prochain bluray de Prometheus, on trouve quelques infos
forgottensilver.net a écrit:Autre information importante, les scènes coupées, annoncées comme faisant 15 minutes, dureront finalement près de 35 minutes. Il y aura 14 scènes coupées ou alternatives. Mais ce ne seront pas donc pas 35 minutes de métrage en plus, mais des variantes ou prolongation de scènes pour certaines d’entre elles. L’attaque de Fifield devrait être la version alternative avec un mutant différent, entreaperçue dans la bande-annonce, et sur cette photo parue dans American Cinematographer.


Le combat final sera également prolongé et on devrait également en savoir sur plus sur les ingénieurs avec la première scène coupée.


- ALTERNATE AND DELETED SCENES: [34:54]
* ARRIVAL OF THE ENGINEERS [2:31]
* T’IS THE SEASON [0:58]
* OUR FIRST ALIEN [0:42]
* SKIN [0:42]
* WE’RE NOT ALONE ANYMORE [1:22]
* STRANGE BEDFELLOWS [2:57]
* HOLLOWAY HUNGOVER [1:25]
* DAVID’S OBJECTIVE [0:23]
* JANEK FILLS VICKERS IN [3:27]
* A KING HAS HIS REIGN [3:40]
* FIFIELD ATTACKS [2:01]
* THE ENGINEER SPEAKS [4:06]
* FINAL BATTLE [5:30]
* PARADISE [5:05]
dont cette scène de 5 minutes à la fin s'intitulant paradise qui fait dire à de nombreux commentateurs que la scientifique et David découvrent la planète des ingénieurs.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par adeline le Lun 10 Sep 2012 - 19:03

Eh eh, c'est amusant, ces quelques captures me donnent envie de revoir le film, malgré mes critiques. Peut-être car on en voit plus sur les Ingénieurs…

Ce mutant, Fifield, c'est un autre truc qui m'échappait : normalement, un substance venu d'un alien, elle tue, non ? Il y a des moments où elle fait muter, dans les autres films ? Je pensais que tout ne fonctionnait qu'autour de la fécondation. Du coup, l'épisode de la mutation de Fifield me semblait assez gratuit…

J'ai énormément pensé à l'esthétique des premières bd de Bilal et évidemment à celle de Jodorowski dans le vaisseau des Ingénieurs. Tout ce métal aux formes organiques et très rondes, sombres, les courbes serpentines, aucune arrête, aucun angle, quelque chose de fascinant et repoussant à la fois.

Cette histoire de vraisemblance (c'est où que Franju en parle à propos des Yeux sans visage, tu te souviens ?) : je n'ai jamais ressenti cette faiblesse chez Scott, ni dans Alien ni dans Blade Runner, pas non plus dans Gladiator (si on fait une similitude entre la reconstitution historique et la vraisemblance en science fiction, ce qui n'est d'ailleurs pas forcément une bonne idée, les films historiques étant souvent d'autant plus forts qu'ils s'épargnent la fatigue du vraisemblable ; je ne sais pas si ce que je dis est censé). Ce mec a quand même une filmographie assez puante !

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par careful le Lun 10 Sep 2012 - 20:01

erwan a écrit:Hello Adeline; merci pour ton retour. Je ne suis pas très heureux de ce que j'ai raconté sur Prometheus; je trouve que tu poses les bonnes questions.
Au sujet de l'extraterrestre, il m'a rappelé certains dessins de Richard Corben:
Moebius:

"Richard Corben, stands among us like an extraterrestrial peak. He has sat in his throne for a long time, above the moving and multi-coloured field of world comics, like an effigy of the leader, a strange monolith, a sublime visitor, a solitary enigma"

ps: Hello Adeline, Erwan...
Erwan, un graphiste berlinois m'a parlé des planches de Virgil Finlay (tu dois mieux connaître que moi son travail pour les pulps je pense Smile Je connaissais vaguement; je n'aurais jamais fait le rapprochement. ) Je suis tombé sur un livre, dans une librairie spécialisée SF (à Berlin, on trouve une librairie spécialisée autour des chats, des tire-bouchons, des maths...dans la même rue) illustrant le "design" du film. Je ne sais comment on nomme se type d'ouvrage. A ma grande surprise, je l'ai dévoré.
Je t'ai réuni quelques planches de Finlay :

Spoiler:

Spoiler:
Une illustration qui pourrait être la planète des Ingénieurs :













adeline a écrit:

Ce mutant, Fifield, c'est un autre truc qui m'échappait : normalement, un substance venu d'un alien, elle tue, non ? Il y a des moments où elle fait muter, dans les autres films ? Je pensais que tout ne fonctionnait qu'autour de la fécondation. Du coup, l'épisode de la mutation de Fifield me semblait assez gratuit…

Je ne me souviens de ce maquillage sur Sean Harris...disons qu'à partir de ce livre je me suis imaginé un tout autre film :









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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Invité le Mar 11 Sep 2012 - 9:17

Merci Careful; je n'avais jamais entendu parlé de Finlay, ma connaissance des pulps est très parcellaire Smile. Je trouve ça très chouette.
L'artbook de prometheus a l'air fascinant également. Ils y mentionnent une scène de the long tomorrow de Moebius et O'Bannon pour le design du Trilobite lol.

Ce mutant, Fifield, c'est un autre truc qui m'échappait : normalement, un substance venu d'un alien, elle tue, non ? Il y a des moments où elle fait muter, dans les autres films ? Je pensais que tout ne fonctionnait qu'autour de la fécondation. Du coup, l'épisode de la mutation de Fifield me semblait assez gratuit…
peut être parce l'un des sujets du film, c'est la peur de la contamination, de la contagion? Le rejet de cette altérité fictive dont parlait Borges et dont le film nous montre, symboliquement, des cas de contagion exemplaires et révulsant.
Je crois avoir lu qu'on assistait à la mutation d'un alien dans l'opus de Fincher; je n'en ai plus aucun souvenir.

et pas plus de l'endroit où j'ai pu lire cette interview de Franju que j'évoquais; j'ai recherché sur googlebooks sans retrouver la référence ... il y a des extraits d'une interview ici
http://books.google.fr/books?id=3rj_yiKoW24C&pg=PA132&lpg=PA132&dq=franju+interview&source=bl&ots=ErILUbzMBH&sig=gYWP9aHCP4f_bmwU1AX6saT93Ng&hl=fr&sa=X&ei=vOtOUKymHou5hAfY74G4Cw&ved=0CDcQ6AEwAQ#v=snippet&q=yeux%20sans%20visage&f=false


Dernière édition par erwan le Mar 11 Sep 2012 - 18:37, édité 1 fois

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par wootsuibrick le Mar 11 Sep 2012 - 15:46

erwan a écrit:
Je crois avoir lu qu'on assistait à la mutation d'un alien dans l'opus de Fincher; je n'en ai plus aucun souvenir.

Il y a un alien mutant dans l'épisode de Jeunet. C'est l'enfant de Ripley et de la reine, je crois.
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Message par Invité le Mar 11 Sep 2012 - 18:39

merci woot.

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Re: Prometheus : l'origine et le sacrifice (de l'humanité)

Message par Dr. Apfelgluck le Mar 11 Sep 2012 - 19:21

wootsuibrick a écrit:
erwan a écrit:
Je crois avoir lu qu'on assistait à la mutation d'un alien dans l'opus de Fincher; je n'en ai plus aucun souvenir.

Il y a un alien mutant dans l'épisode de Jeunet. C'est l'enfant de Ripley et de la reine, je crois.

Dans Alien 3, un chien a été fécondé. L'Alien enfanté garde plusieurs caractéristiques de l'animal (il marche à quatre patte, par exemple).
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