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Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague...

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Message par Borges Lun 4 Juin 2012 - 17:48

erwan a écrit:L'autre jour, deux types parlaient, par claviers interposés, de tout et de rien, de cinéma, de ce que vous voulez.

L'un dit à l'autre, au bout d'un moment, pour changer de sujet, accompagner d'une autre manière le silence, par touches :

« je viens de visionner un documentaire sur les beach movies ».

C'était le doc.

Les beach movies, des films des années 60 sur la tradition du surf.

Un voyage, probablement utérin, dans le monde chanté de beaux jeunes gens insouciants, à la peau douce, à la peau blanche.

Un rapide échange de vidéos sur youtube rectifie le cadre de ses explorations de l'espace de la plage.

Interjections : putain ! Buster Keaton ! Wouah, même le king en a fait un ! Hé Cliff Robertson également !

De cette discussion où l'on projette à qui mieux mieux des pensées superficielles, enfin pour ma part lol, il ressort deux images tenaces, un singe sur un surf, et un autre, prétendant au rire dans une chanson « The Monkey's Uncle » ; et puis l'acteur de saboteur, Robert Cummings, en anthropologue, petit Levi strauss des structures élémentaires de la parenté telles qu'elles s'organisent sur cet espace familial de la plage.

Le premier beach movie, "The Beach Party", a été le plus grand succès jamais égalé du studio
"An anthropologist, Professor Robert Orville Sutwell (Robert Cummings) is secretly studying the "wild mating habits" of Southern California teenagers who hang out at the beach and use strange surfing jargo"


La plage, celle des origines, de l'évolution, le passage entre deux mondes, deux milieux, l'aquatique et le terrestre, comme une naissance. Le singe surfe sur la vague pour mieux saisir dans l'instant l'oublieux chemin parcouru, traces liquides.
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Surfer_surfing_evolution_surf_bumper_sticker-p128026997335837130en8ys_400
Mais le singe de la chanson des beach boys, est peut être un tout autre primate , symboliquement, expression d'un tabou des sociétés humaines peut être ou un autre encore, tabou des sociétés xénophobes, prohibition de l'exogamie.



"The Monkey's Uncle"
(feat. Annette Funicello)
[From Walt Disney Picture "The Monkey's Uncle"]

[BB:] Uh, huh, She loves the monkey's uncle,
Yeah, yeah, She loves the monkey's uncle,
Whoa, whoa, She loves the monkey's uncle,
[Annette:] And the monkey's uncle's ape for me!

[Annette:] I don't care what the whole world thinks!
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] Call us a couple of "missing links",
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] Love all these monkeyshines,
Every day is Valentine's,
I love the monkey's uncle,
And the monkey's uncle's ape for me!
[BB:] Ape for me!

[BB:] Uh, huh, She loves the monkey's uncle,
Yeah, yeah, She loves the monkey's uncle,
Whoa, whoa, She loves the monkey's uncle,
[Annette:] And the monkey's uncle's ape for me!

[Annette:] This in my heart jumps like a clown
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] Feels like the circus just came to town!
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] I live in a "jungle gym",
In order to be with him
I love the monkey's uncle,
And I wish I were the monkey's aunt!
[BB:] Monkey's aunt!

[Guitar Solo]

[BB:] Whoa whoa whoa whoa whoa
[Annette:] On the day he marries me
[All:] What a nutty family tree!
[Mike:] A bride!
[Brian:] A groom!
[BB:] A chimpanzee!

[Annette:] Let them say he's the booby prize!
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] He is the guy I idolize!
[BB:] She loves the monkey's uncle!
[Annette:] Love all those monkeyshines,
Every day is Valentine's,
I love the monkey's uncle,
And the monkey's uncle's ape for me!
[BB:] Ape for me!

[All:] Uh, huh, She (I) loves (love) the monkey's uncle,
Yeah, yeah, She (I) loves (love) the monkey's uncle,
Whoa, whoa, She (I) loves (love) the monkey's uncle,
And I'm MAD about his chimpanzee!!!

Dr. Apfelgluck a écrit:« C'est une généalogie consanguine assez horrible. On part de Gidget pour arriver aux Beach Movies avant de terminer chez Ma Sorcière bien aimé »

tout un cortège de représentations qui se sont répandues, comme une peste, sur le monde.

Cette révision par Hollywood de la surf culture semble très éloignée des origines : un témoignage de Mike Doyle :

"I used to love passing through Venice in the morning. Not only was it interesting in an architectural sense, but there were so many strange characters coming out of the walls: winos waking up and blowing their snot on the sidewalk, women with tattoos, men with wigs and make-up, bikers, beatniks, artists, musicians -- weirdos of all kinds. The place looked kind of rough compared to my own neighborhood, and very rough compared to the clean, quiet, high-rent area around Malibu, but I was fascinated by Venice because it was a place where it was okay to be a little bit different from everybody else. I could see that being different in Venice wasn't a liability, it was an asset."

Au cours de l'échange avec le Doc me vient naturellement, non, culturellement, à l'esprit l'image du surfer d'argent.
Qu'à t il à voir avec ces bobines regorgeant d'amours autorisées et insouciantes _ mal de mer?

La légende veut que ce soit Jack Kirby qui ait eu l'idée du surfer (en 1963, date de sortie du premier beach movie) : Un héraut apportant la nouvelle de la venue du dévoreur des mondes, Galactus, son seigneur et créateur. Un surfeur des immensités spatiales, de l'infini comprimé dans la case dessinée et maternelle, c'est grisant, un moi de nouveau né, sans frontière. Au début aussi insouciant que les surfeurs des beach movies, un spectateur, autiste, empli de l'étendue sans limite, sans échelle cartographique, de l'univers.

Peut être qu'en débarquant sur terre, en se confrontant aux 4 fantastiques, en slalomant entre les petits grattes ciels de Manhattan, il fait pour la première fois l'expérience de la finitude, de la fragilité fondamentale de la vie ; ce n'est pas un hasard, alors qu'il se retourne contre son maître, la mort incarnée, ému par l'abnégation, le refus du désespoir des humains face à ce qui ne peut qu'arriver, la dissolution dans le non-être, ce n'est pas un hasard si Galactus, en guise de châtiment, le condamne à résidence sur ce petit morceau de terre, cet agrégat ridicule de poussières d'étoiles, puni au coin de la galaxie.
Perdues à jamais les vagues invisibles de l'espace, la mer/mère intérieure projetée dans la souvenance éperdue de son aimée (enfin celle de Norrin Radd, celui qui deviendra le surfer dans une transaction qui lui permettra de conserver sa planète face à l'appétit de Galactus, perte et sauvegarde des origines), Shalla-bal ; un surfer coincé sur une plage ; pas besoin de sablier pour voir le temps qui passe.

Le surfer est un être de contrastes.

Malick devrait faire un film sur ce personnage lol.

On a évoqué le contexte des beach movies, des spectacles familiaux : le doc m'a cité une phrase du genre : "La preuve qu'adolescence ne rime pas toujours avec délinquance." . Une vision très rassurante.

Les premiers super-héros que rencontre le surfer, ce sont les 4 fantastiques. Pour ceux qui connaissent pas, c'est l'image à chaque fois écornée, remise au goût du réel , du vécu des lecteurs, de la famille américaine (et puis ya leur Némésis, l'homme sans visage, Fatalis, le monarque d'un état archaïque, européen ; à l'instar des sorcières de Salem, Fatalis représenterait une figure de la prohibition du mariage, avec le passé, révolu…mais il est aussi la part d'ombre de Red Richard, le père fantastique dans le jeu des 7 familles).

Un surfer et une famille, comme dans les beach movies.

Cependant, le surfer annonce la mort qui vient, peut être ce que ne veut pas voir la société américaine de l'époque, et qui ne doit pas apparaître dans les images colorées des films de plage : la guerre, la destruction, le Vietnam. Je me rappelle pas si le surfer se rend en Asie lors de ses pérégrinations. Symboliquement peut être _en tout cas, plus tard, en 87, il se liera avec le personnage de Mantis, dont les origines sont vietnamiennes par la mère _ ; il est condamné à l'errance, et donc à voir enfin la diversité du réel _ condamné à la multitude, à la différence, à défaut de l'infini, à l'accepter en tant que souffrance, icône pop de la condition humaine, « inpartagée ».

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Message par Borges Lun 4 Juin 2012 - 17:49

http://www.lesperipheriques.org/ancien-site/journal/11/fr1106.html#
http://www.monflux.org/?action=video&id_video=535
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Message par Invité Lun 4 Juin 2012 - 18:54

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Message par Dr. Apfelgluck Mar 5 Juin 2012 - 9:50

A la base, nous voulions écrire une sorte d'article commun avec Erwan. Mais le sujet est tellement vaste que l'on a presque fini par s'y perdre totalement.

En fait tout part de Kathy Kohner, la fille du scénariste Frederick Kohner ("Atoll K", avec Laurel et Hardy, entre autre). Cette dernière, lors de ses 15 ans, a commencé à fréquenter la plage de Malibu. L'endroit était alors parfaitement désert, c'était encore une propriété privée que possédaient deux milliardaires voulant vivre en autarcie (ils ont tout fait pour retarder la venue de l'autoroute près de chez eux).
Là bas, elle rencontre une bande de copains qui venait régulièrement y surfer plus ou moins clandestinement. Car oui, à l'époque "surfer sur la vague" était très mal vu. Les rares surfers étant considérés comme étant des marginaux et des "sales gosses".
A cause de sa petite taille et de sa frêle corpulence, elle est rapidement surnommé "Gidget" par la troupe et ne tarde pas à apprendre le surf. Chaque soirs, elle racontait ses "exploits" à son père. Ce dernier, fasciné et flairant un filon potentiel, a décidé d'en écrire un livre : "Gidget : The Little Girl With Big Ideas".
Mais voilà, le père réinvente totalement sa fille ainsi que sa bande d'amis. De marginaux, ils deviennent de bons adolescents américains de classe moyenne cherchant un peu de frissonnant ("quand adolescence ne rime pas avec délinquance"). Il remodèle également sa fille, son caractère, tel un docteur tiré des romans de Shelley. Le résultat ne se fait pas attendre : le livre est un best-seller mondial. Il y aura d'ailleurs plus 5 séquelles.

En 1959, la Columbia rachète donc les droits du livre et en tire "Gidget", le premier véritable Beach Movie. C'est ainsi que la petite brune Kathy devient le prototype de ce que l'on appellera la "Beach Bunny" : une blonde aux formes généreuse. Comme on pouvait s'y attendre, c'est un succès total. Une série télévisée, encore plus débile, en sera tiré plus tard. Le personnage de Gidget y sera à nouveau transformé. Elle redevient brune, mais est plutôt gauche et à des problèmes avec ses petits amis surfeurs qui préfèrent les sensations à celle du "grand amour". La série s’intéresse plus à la relation entre Gidget et sa famille (de bons WASP) qu'aux aventures des plages. Les questions du mariage, de la fidélité, du respect y sont abordés en long et en large.

De Kathy
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Gidget_1

A la "Bunny"
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... GidgetCover

De la plage à la famille, il y a que quelques pas.
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Gidgettvguide

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Message par Dr. Apfelgluck Mar 5 Juin 2012 - 13:31

Le succès de "Gidget" incitera l'AIP à se lancer sur le chemin des plages. En l'espace de 4 ans, la boîte où officie alors Corman et Coppola va produire 7 Beach movies. C'est donc "Beach Party" en 1963, plus gros succès financier d'AIP comme l'a souligné Erwan, qui va codifier le genre : des surfers blonds aux corps musclés qui draguent, en tout bien tout honneur cependant, des pins-ups des plages (blanches, évidemment, la plage n'est jamais métissée). Le tout avec un grand nombre de placement de produits (les Beach Boys qui apparaissent ici et là, les dernières Oldsmobile ou Chevrolets dont on vente les mérites etc...)
Autre élément récurrent : les singes. Comme l'a pointé Erwan, quasiment chaque beach movie a sont lot de singes surfant ou faisant les pitres sur la page des origines. Le genre a aussi sont réalisateur : William Asher.


Asher vient de la télévision, ce qui n'a rien d'étonnant. Durant les années 50, il a réalisé des pubs pour Colgate (le sourire parfait fait des ravages sur la plage, comme on le sait).
En 1966, la Surf Culture a commencé à devenir has been. Malibu c'est démodé, tout le monde se tourne vers San Francisco qui commence à devenir la nouvelle Mecque de la Californie. La Surf Music s'est fait détrôné par le Rock Psychédélique et même Brian Wilson (qui en a jamais rien eu à cirer du Surf) commence à tâter du LSD et se lance dans "Pet Sounds" (animaux, singe ?)
AIP se lance dans une série de film sur les "Hell's Angels" et Asher se recycle en retournant à ses premières amours : les séries télévisées. Mari d'Elizabeth Montgommery, il sera l'un des instigateurs de "Ma sorcière bien aimé", digne successeur des Beach Movies dans l'esprit WASP et glorification de la classe moyenne américaine qui travaille. Même chemin que la série "Gidget", on quitte la plage pour la propriété privée.

Il faudra attendre "American Graffiti" du père Lucas pour que la nostalgie des "années Surf" revienne. Une belle Amérique pollisée, sans Vietnam ni Dallas 1963. Le fait que Lucas ait choisit Mackenzie Phillips pour le rôle de Carol est assez intéressant. Elle est la fille de John Phillips des Mamas And The Papas (California Dreamin', comme par hasard. Et qui va reprendre cette chanson plus tard ? Les Beach Boys. Quelle drôle de famille).



Carol c'est l'ado espiègle, rebelle sur les bords, mais qui finalement se conforme aux volontés de la communauté (pas d'aventure avec le viril conducteur de roadsters, qui la ramène gentillement chez papa/maman. Il est d'ailleurs majeur dans le film, contrairement à elle. Fait intriguant également, car Mackenzie Phillips se serait faite violée durant son enfance).
Après "American Graffiti", la jeune Phillips s'est coltinée des rôles dans les séries "The Mary Tyler Moore Show", "La croisière s'amuse", "Walker, Texas Ranger", "7th Heaven" et j'en passe.

Cousin, cousine. Attention au Monkey.


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Message par Invité Mar 5 Juin 2012 - 16:31

Kathy, le K de Kelly, the naked kiss Sad
Des pères (Galactus, Frederick Kohner, le père des beach boys, Murry Wilson ...) qui sont autant de magiciens d'Oz, qui fomentent des mondes infinis, idéaux, exempts de vie, pour leurs enfants; des ogres.
thanks Doc pour les liens et les images que tu m'avais fourni, et tout le reste. C'est comme tu le dis une généalogie étourdissante.
merci pour les liens Borges, je ne connaissais pas tout ça; j'espère que je n'ai pas dit trop de bêtises lol
en réfléchissant au personnage du Surfer, j'ai essayé de retrouver une image inspirée de la création d'Adam par Michel-Ange, sous doute dessinée par Buscema, mais sans succès, ça te dit quelque chose? c'est peut être une reconstruction de ma part.
Salut Breaker, on avait parlé une fois de ce parachutiste qui reprenait l'allure du Surfer d'argent, mais je ne savais pas qu'il avait fait un film de ses exploits Smile.

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... 850742MarvelFanfare05140
le surfer, Mantis et son fils Rameau



Dernière édition par erwan le Lun 18 Juin 2012 - 19:49, édité 2 fois

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Message par Borges Mar 5 Juin 2012 - 17:30

hello erwan; ça me dit quelque chose, mais rien trouvé non plus; tu sais comme moi que Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni a exercé une grande influence sur john buscema, surnommé le michel-ange du comics, c'est d'ailleurs le titre d'un bouquin qui lui est consacré...

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... John_buscema_michelangelo_hc

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Line5-19-1-620x435

http://goodcomics.comicbookresources.com/2011/05/19/the-line-it-is-drawn-41-comic-book-characters-mashed-up-with-famous-paintings/
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Message par Borges Mar 5 Juin 2012 - 18:02

Dr. Apfelgluck a écrit:
En 1966, la Surf Culture a commencé à devenir has been. Malibu c'est démodé, tout le monde se tourne vers San Francisco qui commence à devenir la nouvelle Mecque de la Californie. La Surf Music s'est fait détrôné par le Rock Psychédélique et même Brian Wilson (qui en a jamais rien eu à cirer du Surf) commence à tâter du LSD et se lance dans "Pet Sounds" (animaux, singe ?)

brian wilson va se lancer dans une espèce de rivalité mimétique avec les beatles, qui va le rendre dingue, en tout cas jouer un grand rôle dans son effondrement psychique : "Pet sounds" est une réponse à" Rubber Soul"; les beatles placent la barre plus haut, avec "Sgt. Pepper's"; Brian s'écroule avec "Smile".

Cette histoire a son équivalent dans le monde des comics; Fatalis contre les 4 fantastiques...


Comme Marvel aime les gagnants :

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Images?q=tbn:ANd9GcSv780wNsiRjsRkeLe11VqnoRu5LGVBmj2W0PES5HFuXKkPQJJbNQ
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Images?q=tbn:ANd9GcQGltj9O3HVMKc8xRCm5udgMDkpfF2fddkW7HBprIU6mIo9o1om

plus tôt, on se souvient :

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Fabfantastic

http://crossover.bureau42.com/zfabfanfour.html


Chez DC, c'est plus sombre, of course :

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Batman+222+With+The+Beatles

très amusante, l'histoire de cette aventure des beatles, le mystère de la mort supposée de Paul, remplacé par un sosie...

http://hoosierinanity.blogspot.be/2008/11/batman-vs-beatles-batman-222.html

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Message par Dr. Apfelgluck Mar 12 Juin 2012 - 11:02

Borges a écrit:
brian wilson va se lancer dans une espèce de rivalité mimétique avec les beatles, qui va le rendre dingue, en tout cas jouer un grand rôle dans son effondrement psychique : "Pet sounds" est une réponse à" Rubber Soul"; les beatles placent la barre plus haut, avec "Sgt. Pepper's"; Brian s'écroule avec "Smile".

Wilson a eu une démarche certes similaire, et en concurrence, avec les Beatles (lui aussi a décidé d'arrêter la scène, qu'il n'aimait pas, pour se consacrer au travail en studio). Finalement, le vrai grand réac du groupe c'est le seul qui n'est pas de la fratrie Wilson : Mike Love. Il trouvait "Pet Sounds" complètement nul, sans intérêt, sans parler de "Smile". Il n'a pas du tout aimer le virage, ou la vague, que voulait faire prendre Wilson au groupe. Love voulait continuer à faire de la Surf Music coûte que coûte. D'où des disputes incessantes entre les deux et le fait que ce soit Love qui s'est réaproprié le groupe en main pendant la dépression de Wilson. Love détestait viscéralement tout ce qui était avant-gardiste.

Parmi les séries de revivals de la Surf Music/Culture, une s'est produite au milieu des années 90. A cause de qui, de quoi ?
Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Pulp_fiction

Depuis on a eu droit à Dick Dale à toutes les sauces : publicités, reprises, remix etc...

Tarantino à propos de la Surf Music :
"That helps inspire me. Even as I start writing and going further on it, playing that music transports me into a movie theater. I feel like I can see it on a screen."

"“I’m using surf music as the basic score – from the 60′s, Dick Dale style. I don’t understand the surfer connection to surf music. To me, surf music just seems like rock n’ roll Ennio Morricone music, rock n’ roll spaghetti western music, that’s what it sounds like."

Pour Tarantino, la musique des 60's c'est la Surf Music et pas le Rock psychédélique par exemple. Il y voit quelque chose de transcendant, qui "transporte dans la salle de cinéma". Moi cela m'inspire plus de la monotonie après 3 morceaux. Mais comme nous en discutions avec Erwan, l'utilisation de la musique chez Tarantino est souvent très premier degrés. Il n'y a pas grand chose à grappiller derrière.
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Message par Dr. Apfelgluck Mer 13 Juin 2012 - 7:48

Chez les Beach Boys tout fraîchement réunis, c'est "Radio Days" en ce moment :



"It’s paradise when I
Lift up my antenna
Receiving your signal like a prayer"

Making this night a celebration

Voilà voilà... les paroles ont été co-écrites avec Jim Peterik, multi-récidiviste qui a déjà signé celles de "The Eye Of The Tiger" (Wilson a toujours reconnu être un très mauvais parolier).
Pour leur "retour", ils jouent la carte de la nostalgie de la Surf Culture et de la Golden California. Il suffit de voir les titres du nouvel album : ""Think About the Days", "Spring Vacation", "Daybreak Over the Ocean", "Beaches in Mind" , "Pacific Coast Highway", et la triste conclusion "Summer's Gone".
Comme le chante Wilson :
"Spreading the love and sunshine
To a whole new generation"
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Message par Dr. Apfelgluck Lun 3 Sep 2012 - 10:20

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Tumblr_m8idgs3T4Q1rb54kto1_r1_500

La peste Beach Movies a également contaminée les Pulps et autre romans de gare. Après tout, le phénomène avait bien débuté avec le succès en librairie des pseudo-mémoires de Gidget rédigées par Papa.

Cette fois-ci c'est presque du "Western Beach" au vu de la pose de la fille au premier plan. C'est un duel : qui va gagner sa place sur le drap vierge de la plage des origines ? Draps tâchés d'un peu de rouge de culpabilité...
La blonde (signe beachmoviesque évident de supériorité. Elle écrase d'ailleurs tout le monde dans la composition de l'image) est sans visage, ce qui rappel les peintres danois du 19ième qui représentait très souvent des femmes de dos. Le pauvre type est d'ailleurs littéralement ébloui par Judy. Comme "par hasard", Judy est également le nom d'un des premiers singles des Beach Boys (le monde est petit non ?). Kenny & The Cadets étaient le nom sous lequel se produisaient les frères Wilson avant de switcher pour "The Beach Boys" :


En anglais, Judy est un des diminutifs de Judith. Mais si, vous savez, celle qui dans " Le Livre de Judith" écarte la menace d’une invasion assyrienne en décapitant le général ennemi Holopherne. Sauf que, pendant l'âge d'or du Beach Movies, l'ennemi n'est plus assyrien mais soviétique (sa rivale ne porte t-elle pas un bikini rouge ?). Autre détail amusant, l'auteur (probablement un pseudonyme, comme c'était l'usage dans le Pulp) est un homonyme d'un célèbre professeur du MIT ayant fait des recherches dans le nucléaire.

Écoutez-moi bien. Je vais accomplir une action dont le souvenir se transmettra aux enfants de notre race d'âge en âge.
Judith 8.32-34

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Message par Invité Jeu 13 Sep 2012 - 13:12

Deux excellentes anti (ou pata) surf songs par les Kinks avec d'énormes textes (la plage, le bronzage sportif et le tourisme tropical vus de Muswell):





Australia quasi leur seule incursion dans le psychédélisme....

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Message par Dr. Apfelgluck Sam 31 Juil 2021 - 17:14

Très surpris d'avoir appris récemment que Gary Usher s'est en fait "caché" derrière pas mal de niaiseries Beachmoviesques au début des années 60 (dont une chanson écrite pour "Beach Party", le film qui a lancé la machine...)

Les surfeurs ne cessent pas de s'insinuer dans les plis de la vague... Gary-usher-da84a643-5cb4-4ed6-bc30-3fb68fbd443-resize-750

Travaillant pour Columbia à leurs studios de Los Angeles, c'est le parcourt typique du producteur/compositeur de majors du milieu des 60's. Un simple nom discret dans les crédits sur les pochettes (parfois même des pseudonymes), mais derrière une influence importante sur la prod, les compositions (rôle souvent pas crédité), les arrangements. L'homme qui connait tout les rats de studio et les utilisent pour remplacer les musiciens actuels de groupe pour avoir le "son" qu'il veut. Le système "Wreckin' Crew". Il reste surtout associés aux Byrds, pour lesquels il a produit/arrangé/réarrangé plusieurs albums, Gene Clark, et le premier album de "Peanut Butter Conspiracy" qui est un "dictionnaire" compilant ce son et compositions typique L.A./West Coast de 65-67.
Mais,plus obscure, au début des 60's, c'était lui qu'on allait chercher pour pondre des titres de commandes "Surf/Beach Movie". Il a composé quelques chansons pour les Beach Boys de 62-64, participé à des B.O. et sortir "à la chaîne et en kit" des albums sur des sous-labels surfant sur la vague, quasiment tous sous pseudonymes et noms de groupes fantaisistes (en réalité, c'était juste son armada de musiciens de studios à chaque fois). Ce n'est surement pas aisé de retracé sa participation à ce genre de projets. La cassure se fait en 65/66, où il ne se met presque plus qu'à travailler avec des groupes de Rock signés chez Columbia en adoptant cette fois une production et des arrangements, et changements d'accords typiques assez reconnaissables.

Une de ses prod/arrangements la plus flamboyante.














Et pourtant le même mec est responsable de cela :
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