Habemus Papam ... en passant

Page 1 sur 14 1, 2, 3 ... 7 ... 14  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Habemus Papam ... en passant

Message par slimfast le Ven 9 Sep 2011 - 21:21

j'attends vos réactions, pour moi un beau film, plein, émouvant dont, comme on peut s'attendre avec N.M. le sujet est forcément aussi le cinéma, sujet qui n'est pas le moins réussi dans le film.

slimfast

Messages: 1219

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Largo le Sam 10 Sep 2011 - 14:02

Tâchons donc d'y revenir.

Quelques notes...

« L'Homme qui a voulu »

C'est l'histoire d'un pape qui renonce à être pape.

Certains ont été déçu par le film. Prêts à se délecter d'une charge ironique et cinglante contre le Vatican, ces pauvres spectateurs n'ont trouvé qu'une petite dose d'humour tendre dans cette histoire de vieux messieurs désemparés. Mais ces spectateurs-là, sont-ils vraiment restés jusqu'à la fin ? En effet, quoi de plus radical et de plus cinglant que de montrer le chef spirituel d'un milliard de personne fuir sa responsabilité pendant que s'élève en off le « Misere » d'Arvo Part ?



Moretti, comme avec Le Caïman, adopte la stratégie des hommes de La Planète des Singes : « C'est lui le meneur, descendez-le » (de son piédestal). Et il ne l'a pas raté. Simplement, on ne tire pas sur une ambulance au bazooka. Le cinéaste italien a une conception de la frappe chirurgicale qui diffère légèrement de celle des politiques et des militaires.

« La figure la plus récente du prêtre est le psychanalyste » (Deleuze, Mille-Plateaux)

Je connais trop mal Deleuze pour lire le film à partir de lui, de sa pensée. Contentons-nous de se dire que Moretti renvoie dos-à-dos la religion et la psychanalyse, en tant que médecins auto-proclamés spécialistes des maux de l'âme. Interprétant une nouvelle fois, un psy, « le meilleur », il se retrouve vite impuissant, à organiser des tournois de volley avec les cardinaux. Moretti sait mieux que personne que la meilleure thérapie imaginable passe par la comédie, le jeu, l'art... C'est comme ça qu'il est devenu ce qu'il est aujourd'hui.

Le film, en dépit de la pesanteur de son rythme (inévitable, vu les rituels qu'il met en scène et la « charge » - c'est le mot – qui échoit à Melville) se révèle être d'une limpidité virtuose dans sa construction. A partir de l'opposition classique entre l'art et la vie, tout s'emboîte, tout rentre dans cette logique binaire : le théâtre & le Vatican, la religion & la psychanalyse, le pape en fuite et le garde suisse qui le remplace pour faire illusion, le psychanalyste et sa femme... The world is a stage and the stage is a world, comme on dit pour les comédies musicales.

Pour sortir de sa condition, chercher les lignes de fuite, il faut endosser le costume d'un autre. Melville, habillé en civil, joue un rôle d'une certaine manière. Il découvre ce que c'est d'être simple spectateur, simple fidèle, parmi la foule, ce que c'est d'écouter les autres parler. Pendant ce temps, le garde suisse, en changeant de costume comme le valet se faisant passer pour un noble dans une pièce de Musset, prend conscience de cet écart entre le bas et le haut de l'échelle. Le Vatican est aussi une société comme une autre, avec sa hiérarchie, ses petits et grands pouvoirs. Il y a plusieurs scènes dans lesquelles il profite de l'abondance gastronomique, de la garde-robe, des appartements du pape, comme un enfant dans un palais à l'abandon ; et ces scènes-là sont très drôles, grâce à cet acteur rondouillard et plein de bonhomie. Mais cette veine farcesque, vaudevillesque (jouant sur le fait que les cardinaux croient que le pape est encore là, parmi eux) ne rend que plus cruelle la fin, quand le garde est contraint (et forcé) de quitter les appartements et le costume pour retourner à son poste. De la même manière, Melville, se prend au jeu de l'acteur récitant La Mouette dans les couloirs de l'hôtel, il espère ainsi faire ses preuves, obtenir une place, un rôle dans la pièce, monter sur scène, mais on le met vite de côté. Il restera simple spectateur.

Rappelons un passage de la pièce, c'est Sorine qui parle à l'acte IV :

« Moi, j'ai un sujet de nouvelle à donner à Kostia. Cela devra s'appeler « L'homme qui a voulu ». Dans ma jeunesse, j'ai voulu devenir littérateur et je ne le suis pas devenu ; j'ai voulu être éloquent, et je parle d'une façon répugnante (...), j'ai voulu me marier et je ne me suis pas marié ; j'ai voulu toujours vivre en ville et puis je finis ma vie à la campagne, et voilà tout. »

Jouer un rôle, nous fait du bien, nous épanouit, nous fait prendre du recul, mais ça ne dure qu'un temps, celui de la représentation. C'est la limite de la thérapie et ce qui fait la noirceur de la fable morettienne : il faut, tôt ou tard, redevenir soi-même. La fin du film nous dit qu'à un moment donné, il faut faire avec. Habemus Papam serait donc moins un film sur le renoncement, que sur l'acceptation. Accepter de n'avoir vocation à n'être ni pape, ni un personnage de Tchékhov, ni quoique ce soit, juste Melville. La magnifique chanson de Mercedes Sosa le dit : « Todo cambia ». Il ne faut pas céder sur ses désirs, mais aussi accepter que tout change, c'est-à-dire, faire avec les regrets et les vocations ratées.



Et puis quand même, dire deux mots de cette manière très élégante qu'a Moretti d'accompagner le pape Piccoli, de le faire entrer dans son film petit à petit, d'abord perdu au milieu des autres cardinaux dans l'immense chapelle, pour finir seul au balcon du Vatican. Moretti l'acteur est aussi là un moment, dans la première partie surtout, pour le guider, le réconforter, avant de s'effacer.

Il se joue quelque chose de très émouvant entre les deux hommes dans leur première rencontre. Ils sont encerclés par les cardinaux et gênés dans leur conversation, comme si les deux hommes étaient scrutés par le monde entier. On imagine Moretti lui dire : « voilà, je t'habille en pape, je sais que c'est très angoissant, mais il va falloir que tu essaies de jouer ce rôle-là, qui est immense et écrasant, mais tu sais aussi bien que moi que tu étais le seul à pouvoir l'endosser. ». Après Lindon/Cavalier dans Pater, voilà une deuxième très belle rencontre entre un acteur et un réalisateur, fascinés par les costumes, les vocations, le goût (ou pas) pour le pouvoir et les jeux de rôle.

Moretti le dit, Piccoli a cette lueur enfantine dans le regard qui rend possible les fugues les plus naïves. Et puis, plus qu'une lueur, c'est un acteur qui capte la lumière et qui la renvoie en irradiant toute la scène. On se réchauffe à son contact. Même fébrile, même irascible, même grimé en pape fantoche, il est notre Roi-Soleil.

Largo

Messages: 3167

Voir le profil de l'utilisateur http://www.raphaelclairefond.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Stéphane Pichelin le Sam 10 Sep 2011 - 17:55

salut Slimfast, Largo,

c'est sûr qu'il y a de quoi être touché par Piccoli exceptionnel dans ce personnage de Bartleby papal (et Largo l'a dit, il s'appelle Melville) qui préférerait mieux pas. mais notons qu'il n'est pas le seul et que c'est aussi le cas de tous les cardinaux. la séquence de son élection est d'ailleurs très construite de ce point de vue. on ne sait pas ce qui fait que ce soit lui, Melville, qui soit choisi. simplement, le choix fait suite à la scène où on entend les voix de tous les cardinaux priant pour que dieu leur épargne cette épreuve. je préfèrerais mieux pas. et c'est tout de suite après qu'un nouveau dépouillement égrène les bulletins : Melville, Melville, Melville. c'est Bartleby qui est élu parce qu'il était seul en lice. et Bartleby fait partie des schizos de D&G, pour rebondir là dessus.

il y a bien une lecture guattaro-deleuzienne à faire de ce film. je ne m'y essaierai pas immédiatement. plus tard, peut-être.

politiquement, le film est très fort malgré son aspect anodin. je pense à Gramsci parlant du pessimisme de la raison et de l'optimisme de la volonté.
le pessimisme : le Vatican et la psychanalyse ne sont pas les seuls à être agraffés. le journaliste au départ qui ne peut voir la couleur de la fumée que sur un écran et qui ne réussit qu'à répéter les annonces du porte-parole + le commentateur télé qui se perd dans ses improvisations : voilà pour la presse incapable de remplir son rôle. l'acteur devenu fou et la pièce qui ne parvient pas à se jouer + les acteurs remplaçant leurs paroles par le texte de l'auteur : voilà pour les artistes incapables aussi bien de faire oeuvre que de vivre vraiment.
là dessus, les psychanalystes qui portent aussi toute une anthropologie contrariée, comme dans la séquence où Moretti déclare très doctement le non-sens de la vie contre la foi avant de pleurer l'interruption du tournoi de volley qui lui enlève tout son sens : voilà pour les penseurs certifiés. et enfin le pape et tout le Vatican qui sont liés (sans identification) à Sarkozy, le chanoine de Latran : voilà pour les organes politico-idéologiques incapables de templir leur rôle.
c'est l'Etat dans son entier qui est en cause. mais Moretti le prend toujours dans les formes de la parole (journaliste, psychanalyste, acteur, prêtre), ce qui permet de le résumer dans le pape, le représentant du Verbe incarné. et de le récuser globalement. quand Melville quitte la fenêtre en laissant la foule orpheline, ce sont tous les corps politiques constitués qui s'évanouissent. et ça, c'est extrêmement fort.

c'est d'autant plus fort que c'est fait sans drame. l'Etat disparait et ce n'est pas un drame. youpi ! c'est le côté optimiste. rien ne vient remplacer cet Etat évanouissant. car ce qui pourrait le remplacer, ce serait encore lui évidemment. alors la fenêtre doit rester vide. mais ce n'est pas grave parce que le monde dans lequel cela se passe est dénué de toute méchanceté. ce n'est pas de la naïveté bien sûr, c'est un élément de fiction. mais c'est une façon pour que la mort ne vienne pas remplacer l'Etat. ce qui vient le remplacer, c'est la fragilité de Melville et la gentillesse de tous ceux que le pape rencontre. sauf le bistrotier qui lui refuse l'usage du téléphone qui est réservé au travail. la seule méchanceté est liée au travail. mais il y a tout de suite quelqu'un pour tendre son portable. c'est ça aussi qui vient remplacer l'Etat : le lien interpersonnel non constitué (à l'opposé, le mariage est un échec, comme toute relation amoureuse durable).
cette position là, à mon sens, est assez guattaro-deleuzienne.


Stéphane Pichelin

Messages: 1098

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Stéphane Pichelin le Sam 10 Sep 2011 - 17:57

trois leitmotivs du film :

-ça arrive
-je n'y arrive pas
-(après un accident) : ça va ? - oui ça va ? - vous ne vous êtes pas fait mal ? - Non. - Vu êtes sûr ? - Mais foutez-moi la paix à la fin ! [ça arrive au moins deux fois et c'est sûrement à rapprocher de la psy obsédée par la carence de soin durant la petite enfance]


Stéphane Pichelin

Messages: 1098

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Stéphane Pichelin le Sam 10 Sep 2011 - 18:01

rien à voir le Van Trier - ou en parfait négatif.


Stéphane Pichelin

Messages: 1098

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Largo le Sam 10 Sep 2011 - 18:41

c'est l'Etat dans son entier qui est en cause. mais Moretti le prend toujours dans les formes de la parole (journaliste, psychanalyste, acteur, prêtre), ce qui permet de le résumer dans le pape, le représentant du Verbe incarné. et de le récuser globalement. quand Melville quitte la fenêtre en laissant la foule orpheline, ce sont tous les corps politiques constitués qui s'évanouissent. et ça, c'est extrêmement fort.


Bien vu, ça, "le Verbe incarné" Wink j'y avais pas pensé

Largo

Messages: 3167

Voir le profil de l'utilisateur http://www.raphaelclairefond.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Stéphane Pichelin le Sam 10 Sep 2011 - 18:48

à dire vrai, j'ai chipé l'idée à Michel Guilloux dans cet article.
rendons à César...


Stéphane Pichelin

Messages: 1098

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Borges le Sam 10 Sep 2011 - 18:55

politiquement, le film est très fort malgré son aspect anodin (...) le Vatican et la psychanalyse ne sont pas les seuls à être agrafés. le journaliste au départ qui ne peut voir la couleur de la fumée que sur un écran et qui ne réussit qu'à répéter les annonces du porte-parole + le commentateur télé qui se perd dans ses improvisations : voilà pour la presse incapable de remplir son rôle.



très honnêtement, n'est-ce pas des banalités médiatiques sur les médias?

(pas encore vu le film, sans doute, la semaine prochaine; j'espère que ce sera supérieur à la nullité de cavalier, pater, ou à celle d'almodovar...moins nulle, mais tout de même pas terrible... je ne supporte pas Michel P (depuis les années 1980) et ce que j'ai vu comme images me donne plus le sentiment d'un truc neuneu que de je ne sais quel prodige d'enfance naïve, innocente, ou je sais pas...)


Borges

Messages: 4044

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Stéphane Pichelin le Sam 10 Sep 2011 - 20:00

je ne sais quel prodige d'enfance naïve, innocente

franchement, je n'ai pas vu ça dans ce film. tu nous diras si tu trouves ça neuneu. ce n'est pas impossible. on peut trouver ça neuneu mais je crois que c'est passé à côté du film. ou peut-être pas d'ailleurs. ça dépend si on s'arrête là. il y a toujours quelque chose de neuneu chez Moretti. c'est comme Jane Austen: on aime ou on aime pas.

pour les médias, ne te laisse pas tromper par la place qui leur est réservée dans ce que j'écris. ils n'en ont relativement pas autant dans le film. les autres (acteurs, Vatican, psys) sont beaucoup plus importants. ça me donne plutôt l'impression que Moretti considère ça comme une question réglée qu'il rappelle en passant.


Stéphane Pichelin

Messages: 1098

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Eyquem le Dim 11 Sep 2011 - 14:49

Hello tout le monde,

Ca m'a impressionné, même si, en sortant, je n'aurais pas su dire de quoi le film parlait vraiment. Le film a la forme d'une énigme et déçoit ceux qui attendaient une bouffonnerie anticléricale (l'exemple du Caïman, auquel on fit les mêmes reproches, aurait pourtant dû les instruire que Moretti n'allait pas se contenter de compiler les scandales qu'on lit dans les éditoriaux).
L'énigme du film, celle qui fait que Melville "préfère ne pas", ne se confond pas pourtant avec une énigme de l'inconscient (on ne saura presque rien du passé du pape) ni avec celle de la foi (le pape dit que son hésitation n'est pas du tout une mise en question de sa croyance).

Stéphane a écrit:les formes de la parole (journaliste, psychanalyste, acteur, prêtre), ce qui permet de le résumer dans le pape, le représentant du Verbe incarné

C'est vrai ; l'espèce de vertige existentiel autour duquel tourne le film saisit chaque fois celui qui parle au moment où ce qu'il dit lui apparaît comme un texte, un ensemble de répliques, une partition - ce qu'il dit se détache d'un coup de lui, c'est une langue morte dans lequel rien d'authentique, de vivant, ne se dit (l'important dans le titre du film, c'est qu'il soit en latin : une langue morte). Dans le film, c'est comme s'il y avait ceux qui savent leur texte et ceux qui ne le savent plus. D'un côté, il y a la psychanalyste qui explique tout par "la carence de soins" ; il y a les acteurs qui connaissent le dialogue par coeur. Et puis de l'autre, il y a cet expert de plateau télé qui perd pied quand soudain il s'aperçoit que ce qu'il a dit ne veut rien dire, qu'il improvisait, et qu'il ne vaut mieux pas lui demander ce qu'il voulait dire par là car il n'en a aucune idée ; et bien sûr, il y a le pape, dont l'incapacité à se présenter urbi et orbi, au balcon, semble d'abord venir de ce qu'il ne sait pas le texte qu'il doit y prononcer et qu'il cherche à composer dans ses déambulations nocturnes (la très belle scène dans le bus de nuit).

La légère angoisse qui m'a pris en regardant le film, sans que ça m'empêche de rire, tient peut-être à ça : c'est un film qui a l'air de se demander constamment : mais qu'est-ce que tu racontes ? qu'est-ce que ça veut dire ? à quoi bon parler ? qu'est-ce que je pourrais bien dire, au fond ? qu'est-ce qu'il faut dire ? est-ce que j'ai quelque chose à dire ?
C'est un film qui paraît travaillé par un puissant désir de se taire - contre le cliché de l'Italien bavard - ou, peut-être, sans que ce soit incompatible, par un désir de dire en une fois tout ce qu'il y a à dire, sans qu'il n'y ait plus ensuite à y revenir (et c'est peut-être à ça que parvient le pape, par son discours final : un peu comme Chaplin à la fin du Dictateur ?)

Bon, c'est des pistes comme ça : mais la comparaison avec Le dictateur, ça pourrait donner des choses il me semble, pour comprendre cette espèce de dédoublement du pape ici.

(Un autre film auquel je pense, c'est Persona : une histoire d'actrice saisie d'un fou rire en pleine représentation et qui ensuite se tait. Aussi une histoire de doubles, avec pas mal de psychanalyse dedans, si je me souviens bien. Mais là, je vois moins où ça mènerait).



Dernière édition par Eyquem le Dim 11 Sep 2011 - 15:20, édité 2 fois

Eyquem

Messages: 2165

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Eyquem le Dim 11 Sep 2011 - 14:52

Largo a écrit:cette veine farcesque, vaudevillesque (jouant sur le fait que les cardinaux croient que le pape est encore là, parmi eux) ne rend que plus cruelle la fin, quand le garde est contraint (et forcé) de quitter les appartements et le costume pour retourner à son poste

Tu as vu le film à Cannes ? Elle n'était pas dans le film que j'ai vu.

Eyquem

Messages: 2165

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Eyquem le Dim 11 Sep 2011 - 14:55

J'oubliais : cette histoire de pape/acteur n'est pas vraiment une invention de Moretti. Je croyais que c'était Benoît XVI mais en fait c'est Jean Paul II qui a eu une carrière d'acteur avant de faire carrière dans le pontificat :
Adolescent, Karol Wojtyła est passionné de littérature et de théâtre[G 1]. Il participe à des représentations théâtrales données par son lycée[A 1]. Il se lie d'amitié avec deux actrices de sa troupe, Halina Krolikiewicz et Guika Beer. Une communauté juive importante réside à Wadowice, que Karol Wojtyla côtoie quotidiennement[A 2]. Il joue dans de nombreuses pièces et obtient souvent les rôles principaux, remplaçant même au pied levé un acteur qui ne pouvait être présent[G 2]. Il rencontre Mieczysław Kotlarczyk[A 3], professeur d'histoire au lycée des filles de Wadowice et passionné de théâtre[G 3]. À partir de 1936, Kotlarczyk forme Karol Wojtyla à sa propre technique théâtrale, essentiellement fondée sur la force de la parole et du texte[G 3]. Il discute aussi avec lui de la place de la langue dans la culture et l'identité polonaise.

(wikipédia)

Eyquem

Messages: 2165

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Eyquem le Dim 11 Sep 2011 - 17:35

La chanson de Mercedes Sosa, c'est un poème d'exil de Julio Numhauser (un musicien chilien qui avait fui en Suède la dictature de Pinochet) :

Cambia lo superficial
Cambia también lo profundo
Cambia el modo de pensar
Cambia todo en este mundo

Cambia el clima con los años
Cambia el pastor su rebaño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Cambia el mas fino brillante
De mano en mano su brillo
Cambia el nido el pajarillo
Cambia el sentir un amante

Cambia el rumbo el caminante
Aúnque esto le cause daño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Cambia todo cambia
Cambia todo cambia
Cambia todo cambia
Cambia todo cambia

Cambia el sol en su carrera
Cuando la noche subsiste
Cambia la planta y se viste
De verde en la primavera

Cambia el pelaje la fiera
Cambia el cabello el anciano
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Pero no cambia mi amor
Por mas lejo que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia todo cambia
Cambia todo cambia
Cambia todo cambia
Cambia todo cambia

Pero no cambia mi amor...


Le superficiel change
et le profond change aussi
elle change, la façon de penser
tout change en ce monde
le climat change avec les années
le berger change son troupeau
et puisque tout change
il n'est pas étrange que moi-même je change.

Le brillant le plus fin change
son éclat de main en main.
L'oiseau change de nid.
Le ressenti d'un amant change.
Il change de destination, le voyageur,
même si cela lui cause un désavantage.
Et puisque tout change
il n'est pas étrange que moi-même je change.

Ça change, tout change
Ça change, tout change.


Le soleil change dans sa course
quand la nuit descend.
La plante change et
Le printemps s'habille de vert.
Elle change de pelage la bête sauvage.
Ils changent les cheveux du vieillard.
Et puisque tout change
il n'est pas étrange que moi-même je change.

Mais mon amour ne change pas
aussi loin que je me trouve,
ni le souvenir, ni la douleur
de mon village et de mes gens.
Et ce qui a changé hier
devra changer demain
tout comme je change moi-même
en cette terre éloignée.
Ça change, tout change
Ça change, tout change
Mais mon amour ne change pas

Eyquem

Messages: 2165

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par Borges le Dim 11 Sep 2011 - 19:41

On parle de deleuze, de melville, je sais pas, je verrai, mais question pape, ce que vous dites du film me semble assez éloigné de ça :





Borges

Messages: 4044

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Habemus Papam ... en passant

Message par slimfast le Dim 11 Sep 2011 - 21:14

le pape du film est assez éloigné de tout, d'ailleurs à bien y réfléchir, c'est le film lui même qui est comme détaché, désarrimé du réel. c'est une fable, d'une simplicité biblique, si je peux dire, où tout, vraiment tout est théâtre, univers des premiers films de Moretti et où tout est cinéma, Moretti prêtre ou psychanalyste vient se plaquer sur les images du film. en tout cas exit, la foi, la psychanalyse et la politique : que reste t'il ? un film au tempo parfait, à la durée des plans millimétrée et un travail d'orfèvre sur les émotions. si l'on pense comme moi qu'un film est un bloc d'émotions, Moretti plaît.

slimfast

Messages: 1219

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 14 1, 2, 3 ... 7 ... 14  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum