Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Eyquem le Mar 26 Juil 2011 - 2:46

Puisque la discussion est relancée...

Je reposte ici un long message de Borges publié sur feu le forum des Cahiers, à propos de 2001, Hegel et JPT (Jean-Philippe Tessé).

Je l'avais appris par coeur, comme dans Fahrenheit 451.
Par contre, je ne sais plus de quel article de Tessé c'est parti.

Borges a écrit:



D’une aube l’autre

Naked City, réfuter JPT…drôle d’idée ; ne me demande pas l’impossible ; il y a rien à réfuter chez notre critique, tout est à corriger, qu’il parle de Kubrick ou de Hegel.

Le pauvre, il dort et rêve écrire et penser…

Ça arrive à tout le monde, s’endormir dans un palais et se réveiller dans une chaumière. Combien de chef-d’œuvres, j’ai écrit en dormant ! Hélas, le matin, à mon réveil, j’avais tout oublié…j’aurais du prendre des notes…

Mais, vrai, j’ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes,
Toute lune est atroce et tout soleil amer…


(On salut le poète disparu, avec GLJ ; tout vient d’Afrique)

On apprécie, le sens du raccord ; comment j’en arrive, à l’aube de l’humanité, à l’Afrique…


It began in Africa



Après cette « bacchanale de la vérité où nul ne saurait rester sobre », passons à la chose même : Hegel, Kubrick et JPT



UN :


Comme disent les profs, il aurait été plus intéressant d’ « opposer » Hegel et Kubrick que de les rabattre l’un sur l’autre.



En effet :

-D’emblée, la différence est sensible, intéressante. Si l’on met de côté le célèbre énoncé de Nietzsche qui structure le film, « l’homme est une corde tendue entre le singe et le surhomme », on voit quelque chose d’essentiel, totalement étranger à la pensée de Hegel ; Kubrick commence l’histoire de l’humanité en Afrique, en se fondant sur les travaux des paléontologues… et sur Freud (Totem et Tabou). Pour Hegel, les sciences positives ne peuvent en aucune manière saisir l’esprit, expliquer le surgissement de la conscience de soi, et le mouvement vers l’absolu, qui s’accomplit historiquement dans l’Etat libéral bourgeois, donc bien avant l’an 2001, bien avant l’infini et son au-delà.

Le monolithe de Hegel, c’est Napoléon sur son cheval, qui succède à Jésus entrant à Jérusalem à dos d'âne.


-Hegel n’avait pas une haute opinion de l’Afrique, des Africains, on en a causé sur ce forum ; son histoire de l’humanité (essentiellement occidentale, parce que l’humanité de l’homme est occidentale) « commence » au mieux en Egypte, où pour la premier fois s’esquisse l’esprit dans l’idée d’une survie après la mort ; mais les égyptiens étaient encore trop « animaux » ; trop de matière, pas assez d’esprit ; trop d’animalité, pas encore assez de liberté… C’est en Grèce que l’homme commence (voyez la lecture que fait Hegel de la fameuse devinette résolue par Œdipe, amenant le sphinx à se jeter dans le vide: la réponse au sphinx, à l'Egypte, c'est l'homme; l'homme donc la Grèce ). C’est en Grèce que la relation de maîtrise et de servitude prend sa forme première, fait sens, œuvre pour la vérité dans le travail formateur du donné à travers le projet…



JPT :
Dans la Phénoménologie de l'Esprit, la dialectique du maître et du serviteur renvoie au Moyen Age ; il serait absurde de chercher dans 2001 un quelconque élément se rapportant à cette époque.



Quelle horreur !


La dialectique du maître et de l’esclave, ou du maître et du serviteur, ou de la maîtrise et de la servitude, n’est pas « localisée » par Hegel à l’époque médiévale. Quelle d’idée ! Il y avait pas d’esclaves au MA, au sens ordinaire du terme, pas plus de serviteurs, selon Hegel ; ce qui intéresse Hegel à l’époque Médiévale, ce sont les valeurs d’honneur, de serment, les relations suzerain, vassal…pas du tout les serfs …

La dialectique maîtrise/servitude n’est pas un moment de l’histoire, du devenir vrai, donc effectif, de l’esprit se manifestant à travers ses différentes stations, c’est le mouvement du sens, le mouvement de l’histoire, depuis la première lutte, transcendantale et empirique, jusqu’à la révolution de 1789, qui accomplit la vérité de cette lutte originaire.

Chez Hegel, le sens est toujours dans la fin, à la fin; la fin qui achève, révèle et garde le commencement dans sa vérité advenue.


ER balbutie quelque chose à ce sujet, dans le topic de Burdeau.


(Hegel reste prisonnier d'une conception artisanale de l'être; influence des 4 causes, du téléologisme d'Aristote; Hegel est un descendant d'esclaves; la phénoménologie est l'oeuvre d'un esclave, qui voit l'histoire depuis l'horizon de la technè. Heidegger a dit ça.)




Dans ses variations de la figure de la maîtrise et de la servitude(une fiction, où aucun historien ne se reconnaîtrait, mais aussi une vérité transcendantale indépassable)l’époque qui correspond à ce que nous entendons par « esclavage » c’est l’antiquité, grecque (la figure de l’artisan, l’œuvre), et romaine (la figure du stoïcien ; le stoïcien, esclave et philosophe ; le stoïcisme comme idéologie des esclaves ; ne pouvant changer le monde, ils l’acceptent, le veulent, et définissent la condition humaine comme esclavage ; mais on s’ennuie vite selon Hegel avec ces sornettes « zen » ; arrive le sceptique qui va remettre du négatif dans l’histoire) ; viendront les chrétiens, qui veulent rien changer, font de tout homme l’esclave de Dieu, et de la libération un événement dans l’au-delà… la conscience malheureuse, les belles âmes, les intellectuels, les Lumières, Diderot, et finalement la Révolution française, Napoléon, et Hegel, qui comprend tout ça, et dit « voilà c’est fini, maintenant on peut vivre tranquillement, et j’ai plus qu’à donner mes cours » ; Marx arrive et dit « quel idéaliste, ce mec ; il a tout accompli dans sa tête, et il croit avoir tout réglé dans le monde ; rien n’est fini ; il y a encore des esclaves : les prolétaires, le moteur du sens, de l’histoire » ; le communisme s’effondre, arrivent les idéologues de la fin des idéologies…

Et les 40 ans de mai 68 et de 2001…


Suggestion :

(Une confrontation Hegel/Kubrick devrait tenir compte du statut des révolutions chez Kubrick, de ce film plus ou moins renié « Spartacus », et du titre hégélien du premier film, l’invisible « Fear and Desire » ; l’élément hégélien de 2001, c’est la perception de l’histoire comme lutte, comme duel ; les deux groupes en lutte du départ se retrouvent sur la lune : d’un côté, les Russes, de l’autre, les Usiens. N’oublions pas que dans le film, nous sommes au bord d’une guerre entre les deux anciens Blocs ; 2010 partira de là; il faudrait aussi reprendre et les analyser les duels, assez nombreux, dans les films de K ; on pense à « Barry Lyndon », naturellement ; mais on peut aussi penser à « Lolita » ; en fait on peut penser à ce que l’on veut, l’essentiel est de penser ce qui nous appelle à penser…)



On revient immédiatement à JPT, qui nous appelle, à rire…

« Des singes, préhominiens, vivent autour d'un point d'eau, objet de la convoitise d'autres singes. Ils se nourrissent, consomment le monde et n'entretiennent avec lui qu'un rapport immédiat, sur le mode de la sensation. «



-Dans Hegel, la relation immédiate à l’immédiat, la sensation, le sentiment, les certitudes sensibles, ne sont pas un mode primitif de notre relation au monde, c’est un mode de relation au monde…Nous sommes des être sensibles, nous ne vivons pas le froid, la faim, nos sentiments... le rapport à l’étant contingent sur le mode de l’entendement, ou de la raison… Assis devant son feu, Descartes ne peut pas dire « je pense, donc j’ai chaud »…Dans le savoir absolu, qui n’a rien à voir avec un savoir du tout, un savoir encyclopédique, et infini, comme semble le croire JPT, on continuera à avoir des sensations…au-delà de l’infini Bowman bouffe encore… boit… s’habille… nous consommons, nous nous nourrissons, nous avons des sensations, nous sommes des êtres sensibles…

-Dans Hegel, un « bidule » comme « préhominiens » n’a strictement aucun sens ; c’est aussi absurde que de croire que le pape puisse un jour tenter de concilier Darwin et le créationnisme : « Dieu a d’abord créé des préhominiens, puis des hominiens… » La différence entre l’homme et l’animal est d’essence, pas de degré ou d’évolution dans Hegel…On ne passe pas du singe à l’homme…


Encore JPT
« Le monolithe noir apparaît. Effroi et fascination des singes, voire même ébauche de vénération et de conscience religieuse. L'un d'eux empoigne un os et frappe la carcasse d'où il provient. Le squelette vole en éclats et le singe crie, conscient de sa nouvelle force. La scène de la lutte pour l'eau se reproduit. Mais si la première fois il s'agissait de la conquérir en effrayant l'adversaire, là un meurtre est commis. Le singe qui avait empoigné l'os frappe son semblable jusqu'à le tuer - il n'est plus un singe, il est un homme. Par ce crime, il a enclenché le mouvement de l'histoire. »


(Espace détente

On rit un peu ; un peu de Logique.

Hegel a écrit une Logique ; JPT l’a certainement fréquentée pour être un pareil prince en dialectique…

Que nous dit JPT ?

-La première fois, les singes se font peur et restent des singes ; la seconde, un singe en tue un autre, et le voici changé en homme. Axiome : « Quand un singe fait peur à un autre singe, il reste singe ; si un singe en tue un autre, il devient homme ». On sait, désormais, ce qui reste à faire aux singes tentés par l’aventure humaine, par nos droits : tuer des singes ou tuer le singe qui est en eux.

(JPT croit sans doute que ces bêtes ne s’entretuent pas…Il a appris ça dans « la planète des singes », quand le professeur "jesaisplus commentils'appelle" fait la morale à C. Heston, grand tueur d’animaux.)


-On devient homme en tuant ; certains disent ça; mais pas Hegel, qui dit : "on devient homme en massacrant les animaux (cf l'"Esthétique", les analyses de la chasse dans la mythologie grecque)


Dans la logique de JPT :

Hitler, qui n’a jamais tué personne mais qui a fait peur à pas mal de ses congénères en hurlant, est un singe. Gandhi, qui n’a jamais fait peur à personne ni tué personne, n’est ni singe ni homme, c’est un mahatma, une "Grande âme"…

Certains pensent que c’est lui que l’on voit en bébé bouddha à la fin de 2001. Hélas, une telle comparaison ne tient pas ; il suffit de voir le regard du gosse stellaire pour se rendre compte qu’il n’est pas adepte de la non-violence ; relisons la fin du roman de ACC, pour nous en convaincre.

Il faut ici agencer, encore : la fin du film et la fin de l’Odyssée ; Ulysse de retour dans son palais, massacre les prétendants...et il est bien possible que notre gosse joue aussi à l’ange de la destruction, ou au tric-trac avec la terre.

"Le temps est un enfant qui s'amuse, il joue au tric-trac. A l'enfant la royauté"




(Penser à l'influence de la structure circulaire de l'Odyssée sur Hegel)




J’ai cité la fin du roman de ACC, ailleurs ; je ne refais pas.)




On veut une nouvelle sottise de JPT ?

Par ce crime, il a enclenché le mouvement de l’histoire.
« Le singe qui avait empoigné l'os frappe son semblable jusqu'à le tuer - il n'est plus un singe, il est un homme. Par ce crime, il a enclenché le mouvement de l'histoire. »


En écrivant ça, JPT montre qu’il n’a jamais ouvert Hegel, pas même lu un résumé de la fameuse lutte de prestige ; c’est même pas de la philo, c’est un savoir vague et général que tout critique devrait avoir en tête. Tout le propos de Hegel est de montrer que l’histoire humaine ne peut pas commencer par un crime.

Ce n’est pas le crime qui enclenche le début de l’histoire, la temporalité proprement humaine, mais la lutte à mort de pur prestige.

Cette lutte ne vise pas des objets du monde, des étants naturels, intramondains, comme dirait Heidegger. Elle ne surgit pas du besoin, de nécessités empiriques, de l’animalité dans l’homme. Quand on lutte pour survivre, pour un point d’eau, la nourriture, se chauffer, s’abriter, pour un territoire, on reste en deçà de l’humanité ; on agit en animal; l’histoire proprement humaine commence quand l’homme s’arrache au besoin, à la nature, à la nécessité pour entrer dans le désir ; l’histoire humaine s’ouvre avec le désir du désir de l’autre, comme désir du désir; le désir n’est pas quelque chose du monde, mais ce qui ouvre le monde dans sa différence avec la nature. Désirer le désir de l’autre, c’est désirer le non-étant, c’est s’affirmer comme non-étant, comme le rien de la liberté qui façonne le monde, et vouloir être reconnu en tant que tel, c’est-à-dire en tant que transcendance de la liberté négatrice de la totalité du donné.

Rien de tel dans le film de Kubrick.

On est bien plus proche de Hegel, dans « Paths of glory » (même si Hegel regarde tout ça avec un œil humaniste chrétien, comme dans "Barry Lyndon" : vanité des noms, de la gloire, du prestige, de la lumière…) ; d’un point de vue strictement hégélien (ou plutôt kojéviste), la folie des grades, de l’honneur, qui anime les officiers du film est proprement humaine ; seuls des hommes peuvent se battre pour une médaille, le record du cent mètres, la victoire à l’Eurovision.

Les émeutes de la faim dans les pays pauvres ne sont pas humaines.

On est homme quand on se bat pour des riens, quand la cause est un néant au regard du donné ; l’humanité, c’est le mouvement de désintéressement, l’au-delà de l’être.

On retrouve le désintérêt kantien ; mais dans Kant, on lutte pas à mort, on séduit le goût dans de chouettes conversations.

Tout cela est très grec ; quand Arendt pense le politique, la liberté, au-delà du social, elle se situe dans la même logique ; elle n’est pas du tout hégélienne, par ailleurs.

Ici, je ne peux que conseiller le formidable texte de JPVernant consacré à la dispute entre Agamemnon et Achille au début de l’Iliade.






On reprend ces deux points essentiels :

-L’histoire chez Hegel ne peut commencer par un meurtre ; ça c’est Freud, Girard, et d’autres… Dans notre cas, la lutte vise la reconnaissance ; le vaincu doit être épargné et survivre en tant qu’esclave ; si je le tue ou si je suis tué, pas de reconnaissance, ni d’Histoire, puisque l’histoire est le mouvement du boulot au service d’un autre, et des luttes pour la reconnaissance ; il faut que le vaincu soit préservé, se soumette, et œuvre pour le maître, en travaillant, dans le même temps, par le même mouvement, à sa libération ; on a honte de rappeler des évidences pareilles.

-La lutte originaire hégélienne ne porte par sur un objet du monde, elle ne trouve pas sa cause dans le besoin, dans les nécessités vitales… La première lutte dans l’histoire de l’humanité, la lutte pour l’humanité, pour la reconnaissance et le partage de l’humanité, ne peut avoir lieu ou trouver sa cause dans la nature. L’histoire de l’humanité en tant qu’histoire de l’humanité commence par une rupture originaire, essentielle.

« La conscience de soi est en soi et pour soi quand et parce qu'elle est en soi et pour soi pour une autre conscience de soi. C'est à dire qu'elle est en tant que être reconnu »

« La conscience de soi atteint sa satisfaction seulement dans une autre conscience de soi »

(Hegel a dit ça, pas JPT)

On visualise ça, nous sommes sur un forum de cinéma.


Deux mecs s’approchent l’un de l’autre, tous deux sont conscients de leur humanité ; chacun se dit « je suis top, je suis pas un animal comme les autres » ; mais le penser de soi, ça suffit pas.

Ainsi, JPT vivait dans la certitude de connaître Kubrick et Hegel, mais cette certitude d’être seulement subjective est incomplète ; le mec n’est pas assez narcissique ou dingue pour identifier immédiatement la pensée et l’être ; il a besoin d’extérioriser son sentiment de soi, de confronter sa certitude de soi à l’expérience de l’altérité ; il prend un risque, il écrit un texte où il s’objective; le dedans et le dehors se confrontent ; hélas, on doit bien avouer que le sentiment interne de JPT est une pure illusion ; les amateurs de Hegel et de Kubrick rigolent.

(Mais on ne se moque pas. Nous faisons tous l’expérience de la méchante reine dans Blanche-Neige ; le miroir n’est pas toujours sympa, ou flatteur. Il réfléchit parfois avant de nous renvoyer notre image.

Oui, Blanche-Neige est la plus belle.

(Mais par chance, elle n’existe que dans les dessins animés de Walt Disney, qui, comme chacun le sait, ne sont que de l’idéologie ; ainsi nous pouvons tous continuer à nous croire les plus beaux. Blanche-Neige est la plus belle, mais elle n’existe pas ; nous existons et l’être sera toujours plus beau que le non-être. Fin de cette digression.)



On arrête avec JPT et Walt Disney : on ne peut pas rester gosse toute sa vie ; on revient au film de Hegel, cette fiction spéculative qui dit la vérité de notre être-avec quotidien.


Les deux mecs (nous faisons une lecture anthropologique de cette section ; une lecture basique, la plus proche des hypothèses de JPT) se disent donc qu’ils sont « tops ». Ils ne sont pas de simples vivants, des insectes ou des mollusques, et ils veulent que cette valeur métaphysique, cette réalité au-delà de la physis, de la nature, soit objective, qu’elle existe dans le monde, pour et dans une autre conscience, et pas uniquement en tant que certitude subjective. Comme aucun des deux n’est prêt à reconnaître l’autre, immédiatement, dans son humanité, ils sont contraints d’en venir aux mains.

Cette bagarre est nécessaire.

Nous n’avons pas affaire ici à cette « violence gratuite » si souvent décriée par les critiques de cinéma.

(Pour être plus précis, il faudrait dire que cette violence est purement gratuite, elle est l’affirmation de la gratuité ; elle est aussi gratuite que les courses de bagnoles dans « Rebel without a cause », et bien plus encore que les courses de chars dans « Ben- Hur ». Il faudrait affiner ; on laisse ça à JPT. Signalons seulement que le titre du film de Ray est d’une puissance extraordinaire ; si, comme le prétend Leibniz, à toute chose, il y a une raison, le principe leibnizien est ici interrogé ; le fond métaphysique du film de Ray n’échappe à personne ; le jeune ado idéaliste tué par les flics, s’appelle Plato, ce qui se traduit en français par Platon.

Que penser de la médiocrité du titre français « la fureur de vivre » ? )


On revient à la lutte originaire pour la reconnaissance.

L’indépendance à l’égard de la nature constitue le contenu de la certitude subjective ; il va falloir en faire la preuve, montrer que l’on n’est attaché à aucune des formes du donné ; il faudra risquer la forme générale de la vie, en soi, et dans l’autre, être prêt à donner la mort et à la recevoir, au nom d’un au-delà de la vie naturelle ; il faut mettre en jeu l’inessentiel, un peu comme dans le pari de pascal, risquer tout le donné, risquer le tout de l’existence animale, au nom de l’essentiel, un essentiel qui n’est rien d’étant, qui est l’être même de l’homme, le désir comme transcendance négatrice du donné, comme liberté d’une temporalité qui ouvre par le projet l’étant sur le néant de l’être, l’avenir…

(On pourrait illustrer cette ouverture de l’avenir par le projet, à l’aide de la fameuse scène du raccord os/navette dans 2001… si elle n’était pas plus complexe qu’on le dit…)




Donc, nos deux duellistes doivent montrer qu’ils ne sont pas des animaux, mais des êtres méta-physiques.

Si l’on ne place pas l’idée au-delà de la vie, pas de vie en esprit ; mais, inversement, la vie de l’esprit sans la vie tout court, pour l’être métaphysique qu’est l’homme, c’est pas possible non plus ; il faut les deux, la vie de l’esprit dans la vie de la nature.

Le mec qui se dit « je suis esprit » et se fait exploser pour le prouver, et se le prouver, perd tout dans le schéma hégélien ; c'est de la liberté abstraite; on n’est pas encore dans Dostoïevski (cf « Les Démons », ou pour les amateurs de cinéma « notre musique »).

Cette lutte, en tant qu’elle ne porte pas sur un objet du monde, produit la différence entre l’homme et l’animal, entre l’homme et la nature, entre l’histoire et la nature, entre le temps humain et le temps circulaire dans la nature, entre le désir et le besoin, entre l’être et l’étant ; l’histoire humaine commence par l’événement de la liberté (comme idée de l’esprit en mouvement, s’accomplissant, devenant effectif, relevant les différence dedans/dehors, nature/histoire, un/multiple, droit/fait..).



Est-ce cela que nous voyons au début de 2001 ?

Pas du tout.

Kubrick montre des « préhominiens » qui luttent pour la survie, qui luttent pour rester en vie ; les conditions de la lutte, ses raisons n’ont rien d’hégéliennes ; elles doivent tout au climat, au sol, au lieu, au moment ; On ne le dit pas assez, Kubrick raconte dans ce passage de 2001, un événement, une période, « préhistorique » reconstruits par les paléontologues ; à un certain moment de son évolution, « l’humanité » aurait pu être anéantie par un terrible réchauffement climatique : plus rien à manger, plus d’eau ; les « préhominiens » alors étaient végétariens, pour survivre, ils innovent, ils passent d’un régime alimentaire à l’autre, ils passent du végétarisme, au stade carnivore, omnivore ; nous sommes dans une optique darwinienne, milieu, adaptation, sélection des plus forts, rien à voir avec Hegel.



( Kubrick, tente, en fait, de concilier les nécessités darwiniennes et une certaine liberté suprasensible; deux causes : les lois naturelles, plus le monolithe. Dans "Shining" même indécidable; assez décidable, finalement)



Remarquons que le passage critique est l’un des sujets constants du cinéma de Kubrick ; et, souvent, ce passage est lié à une nécessité d’adaptation alimentaire ; il faut être prêt à tout bouffer, si l’on veut survivre ; je ne vais pas ici me répéter.

Pour Kubrick, l’homme est un animal, un être dominé par la nécessité, des nécessités inconscientes, mais aussi purement biologiques; on a déjà causé de tout ça. D’une certaine manière, chez Kubrick, l’homme s’explique par le bas ; c’est en revenant à l’élément animal qu’on l’explique l’homme ; la formation, la civilisation est une illusion, une domestication… On pense à Nietzsche.


(On pense à « Orange », à « full metal jacket », à « Shining », of course…)


(Je mets de côté des tas de choses du cinéma de Kubrick)



Les deux mecs dont se battent ; l’un perd, l’autre gagne, pas de match nul dans ce cas ; l’un devient Maître, l’autre esclave ; mais les choses ne sont pas aussi simples.

1-Le maître gagne la reconnaissance ; il est reconnu comme homme, comme un étant au-delà de la nature, comme liberté de l’esprit, mais il n’est reconnu que par un esclave ; pas terrible comme reconnaissance, il faudrait être reconnu par un homme libre (Ici, on peut penser aux descriptions sartriennes de la relation amoureuse dans « l’Etre et Le Néant » ; on continue, après cette brève pensée.) Çà viendra... après 1789... et Napoléon accomplissant la Révolution...


(On peut aimer son chien, ou son chat ; posons-nous une question à la Wittgenstein « Peut-on être aimé par son chien ? ». "Peut-on rechercher la la reconnaissance de son chien")


2-Le maître gagne, est reconnu ; mais le pauvre type, il perd le contact avec la nature, avec sa propre puissance négatrice du donné. Il est satisfait le mec, tout baigne, aucune raison de nier le donné ou de se salir en bossant ; ça ce sera la passion de l’esclave, qui a toutes les raisons de vouloir changer le monde ; consolation chrétienne de Hegel : les derniers seront premiers, s’ils travaillent bien.

Alors que les maîtres se la coulent douce, l’esclave doit bosser, servir; il n’a pas le choix, il a reculé devant la mort, la peur de la mort sera son maître, son maître sera la peur de la mort ; et en Allemagne on sait ce que cela veut dire.


Qui perd gagne, qui gagne perd.

Le vaincu découvert dans la peur du néant son attachement à la vie ; plutôt la servitude que la liberté dans la mort ; la vie de l’esprit sans la vie naturelle n’est rien.

Le maître a triomphé de la vie, mais il s’animalise en menant un vie de jouissance ; on voit ça dans les péplums, dans les représentations d'un certain Orient (300), dans de tas de films sur la décadence sexe, drogue et rock’n’ roll.



Illustration musicale, on se détend.

Miss Kittin/ Sinatra.


« Everynight with my star friends
We eat caviar and drink champage
Sniffing in the VIP area
We talk about Frank Sinatra..
"You know Frank Sinatra?"
He's dead!
HAHAHAHAHA!
dead.

To be famous is so nice
Suck my dick
Kiss my ass
In limosines we have sex
everynight with my famous friends
Nice...

Suck my dick
Kiss my ass
so nice . . .
VIP area. . .
Frank... Frank Sinatry

Motherfuckers are so nice
Suck my dick
Lick my ass
In the mix we have sex....
Everynight with my favorite friends..

Frank.. Frank.. Frank Sinatra

Everynight with my star friends
Shake your body like the dance
Stupid smiles and autographs
This is a song for France
Everynight with my star friends
In Limosines we have sex





Fin du glamour électrique et clash...



Vous voyez combien la vie de Maître est dégueulasse : Stupid smiles and autographs, on lèche, on suce, caviar, sexe dans les limousines… Vous comprenez pourquoi ce sont les esclaves qui ont le bon rôle chez Hegel ; sans esclaves pas d’histoire.

Je pense à « Zardoz », un film de Boorman ; mais vous n’êtes pas obligés de penser ma pensée, toutes mes pensées. Dites vous plutôt que toutes ces histoires avec Sarkozy, le yacht, la super montre, les mannequins, les voyages…les amis milliardaires, ce ne fut rien d’autre que le refus des esclaves de voir s’étaler devant leur misère la jouissance des maîtres.




(Comme on parlait de Sinatra, j’en profite pour signaler qu’Elvis chante magnifiquement « my way » ; sa vie pourrait aussi illustrer le devenir maître de l’esclave, et le retour à l’animalité du King à travers la jouissance immédiate de l’immédiat ; vous voyez ça aussi dans le fameux film « Scarface »…)

On revient à la figure de l’esclave, la figure originaire ; le mec a été battu à la loyal, il jouit plus de l’immédiat immédiatement, il est dans la différence, dans le projet, il se dit « demain ce sera mieux » ; il pense au lendemain, forme l’avenir, forme la nature, le monde, et se forme, et à la fin de la longue histoire de la lutte pour la reconnaissance, devenu bourgeois, il triomphe. Le singulier et l’universel s’unissent, et s’accomplissent dans l’Etat libéral bourgeois ; tout le monde me reconnaît et je reconnais tout le monde, en droit ; c’est la version idéologique de la fin de l’histoire. Fin de la servitude. Plus de maîtres, plus d’esclaves ; (« un seul troupeau », ajoutera Nietzsche, narquoisement)

Remarquons encore ceci ; schématiquement.

-Si c’est la lutte qui détermine le rang dans Hegel, ce n’est pas le cas chez Kubrick ; d’emblée, il y a différence ; un des « préhominiens » est au-delà de l’autre, situé à un degré de savoir, de conscience de soi supérieur ; ce n’est pas la lutte égalitaire qui détermine la valeur, mais la différence de conscience, d’intelligence ; le meilleur l’emporte ; Kubrick est ici très élitiste ; il y a une manière d’élection, sélection, qui n’est pas seulement naturelle, mais « métaphysique » ; et c’est un usien qui accèdera à la fin du film à la post-humanité.

-Autre point de divergence, essentiel. Chez Hegel, la lutte produit un partage ; d’un côté, l’univers des maîtres, univers de jouissance et des valeurs héroïques, de l’autre côté, le monde de la technique, du savoir, de l’éducation, de la formation…Chez Kubrick, l’issue du combat ne détermine pas une organisation sociale, un ordre politique ; la technique, le travail négateur du donnée, le rapport à la matière ne sont pas séparés de la maîtrise reconnue ; au contraire, c’est la technique qui permet la domination, la victoire ; au début de 2001, le « préhominien » qui triomphe est aussi le proto-technicien ; le savoir est pouvoir, le savoir-pouvoir. Hegel est grec, ici ; son modèle repose sur l’organisation sociale et politique de la cité grecque, d’un côté des maîtres, de l’autre l’univers des artisans-techniciens-esclaves ; Kubrick est moderne, plus proche de Foucault ; il ne sépare pas le savoir du pouvoir, il sait que le savoir est un pouvoir, et non pas le lieu d’un accès désintéressé à la vérité ; Moonwatcher le tueur est aussi le premier inventeur ; la technique, puissance de mort et de vie ; pharmakon.



ON REFAIT LE MATCH

Pour ceux qui croient que la philosophie n’a rien à voir avec le cinéma ou le sport, ou le sport au cinéma, je signale que cette histoire de la libération par le travail, ce n’est pas de la magie. Des tas de film hollywoodiens racontent ça ; c’est le cœur de l’idéologie capitaliste et sportive. Que dit Hegel ? Deux types se battent, l’un met une raclée à l’autre et devient le boss. Il a le fric, les filles, les super soirées dans les super clubs. L’autre, pendant ce temps, il se laisse pas démolir, c’est un résiliant, il rebondit comme un ballon de basket. Comme il peut pas tout avoir et tout de suite, comme il sait que rien n’est donné d’avance, il diffère sa jouissance, son plaisir, par principe de réalité, étant dans le réel, étant le réel dans son mouvement de formation. Le vaincu, alors que le maître jouit immédiatement de l’immédiat, bosse plus pour se libérer plus, et à la fin il est champion du monde.

Exemple cinéphilique : Rocky, esclave, bosse comme un dingue, il devient champion du monde, et s’enfonce dans la vie facile, la jouissance, le plaisir, il s’endort sur ses lauriers ; pendant ce temps, nous sommes déjà dans le 3ème épisode, Clubber Lang, son adversaire « travaille comme un nègre » ; je sais plus comment ça finit;

Il est battu, redevient esclave, retrouve le sens des vrais valeurs, bosse, et regagne ?

Exemple footbalistique, maintenant : Ronaldinho ; le petit gars part de très bas, le Brésil et ses favelas ; il bosse son talent (donnée naturelle), arrive au sommet, meilleur joueur du monde, des millions de millions dans les poches, et il se laisse aller, il perd l’œil du tigre, passe ses soirées avec de jolies catalanes, boit comme un trou, se lève trop tard pour les entraînements… et finalement se retrouve sur le banc.

Pendant ce temps, Messi et Ronaldo…

La question est : Ronaldinho retrouvera-t-il, l’œil du tigre à Milan ?






Dans le chapitre suivant, l'auteur s'interroge sur l'idéologie des survival.
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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Eyquem le Ven 2 Sep 2011 - 15:45

Hello,


Je lisais des choses sur Barry Lyndon et je suis tombé sur ça :
When "2001" opened in 1968, it was greeted with derisive snorts from practically every major critic except Penelope Gilliatt. "A monumentally unimaginative movie," wrote Pauline Kael. "A major disappointment," said Stanley Kauffmann. "Incredibly boring," commented Renata Adler. "A regrettable failure," wrote John Simon, shrugging it off as "a shaggy God's story." "A disaster," said Andrew Sarris.
Ca ne prouve rien, mais c'est quand même que des papes de la critique : ils ont tous écrit dans les journaux les plus prestigieux pendant des décennies ; ils ont tous leur page Wikipédia.
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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Ven 2 Sep 2011 - 15:56

En poussant (rien qu'un peu), on pourrait dire que si on souvient encore de Pauline Kael aujourd'hui, c'est au titre de "critique-qui-n'aimait-pas-Kubrick".

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Eyquem le Ven 2 Sep 2011 - 16:02

La première fois que j'ai entendu parler d'elle, c'est quand j'ai lu que George Lucas avait nommé un des méchants de "Willow" le général Kael, en "hommage".


Je ne savais pas que Kubrick, lui aussi, faisait partie des cinéastes qu'elle n'aimait pas.
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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Borges le Ven 2 Sep 2011 - 17:11

détester ou pas BLyndon c'est rien, si l'on a des goûts et des critères homogènes, qui rendent impossible d'être affecté par certaines oeuvres, des rythmes, des tons, des couleurs, des images...des jeux... il y a une grande logique dans les rejets de PK et dans ses amours...
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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Ven 2 Sep 2011 - 18:26

Of course.

Mais une grande logique n'exclut pas une certaine "plasticité" des affects et du goût. On peut aimer Peckinpah ET Kubrick, Antonioni ET Walter Hill, et produire un discours cohérent là-dessus...

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Borges le Mar 6 Sep 2011 - 17:44






d'autres, et des plus belles encore :
If we don't, remember me.
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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Mar 6 Sep 2011 - 23:57

Un régal.

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Mar 26 Juin 2012 - 14:14



EYES WIDE SHUT : voila bien un film puissant, alliance de l'intime et du morbide qui m'a dérangé au tréfonds de moi. On sent bien que Kubrick y met beaucoup de lui et malgré le grand écart entre la Vienne traditionnelle de la nouvelle et la New York moderne de l'enfance du petit Stanley - au passage l'enfant dans le film ne compte pour rien - oui malgré cela ça percute comme une psychanalyse réussie.

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Message par Invité le Mar 26 Juin 2012 - 14:30


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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Sam 29 Déc 2012 - 13:34

et d'abord pourquoi ce titre, l'odyssée d'un monolithe ?
Rien ne laisse à penser dans le film qu'il n'y en ait qu'un, ils sont peut-être plusieurs...

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Sam 29 Déc 2012 - 13:55



cette musique de Ligeti est in et associe tellement le son à l'objet qu'on peut dire que celui-ci s'impose comme sa source instrumentale.
cette musique est "feuilletée", les couches superposées de voix masculines et féminines donnent une perception globale de continuité. on a donc affaire à un objet sonore proprement cinématographique. la bande son est exceptionnelle mais on oublie trop souvent de signaler que cet oratorio de Ligeti est une sorte de tombeau des victimes de la Shoah.


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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Sam 29 Déc 2012 - 15:42

on oublie trop souvent de signaler que cet oratorio de Ligeti est une sorte de tombeau des victimes de la Shoah.

On a passé au contraire son temps à le rappeler, pois-chiche mémoriel (en feedback de ton "fayot")

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Sam 29 Déc 2012 - 22:15

L'objet cinématographique qu'est ce monolithe noir - transcendant ? virtuel ? réel ?
est la pierre d'achoppement de toutes les interprétations du film de Kubrick.
Mais c'est aussi, sinon d'abord, sa signature même : ce cristal est un diamant stylistique !

Mais en conjecturant, compte tenu de l'abandon par le film d'un temps linéaire - le pierre/os/vaisseau - c'est peut être l'espèce qui est à terme vouée à sa disparition et du coup il s'agirait moins de la disparition que de la perte de l'espèce (perte de son humanité) dont il serait question dans le film.

On comprend mieux alors que l'humanité ayant régressé les grands singes soient mis en présence avec quelque chose qui semble sorti de la terre et qui leur vient de leur descendants par rapport auxquels ils sont redevenus comme leur enfants, enfants de leurs enfants en quelque sorte.

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Sam 29 Déc 2012 - 22:21

On peut faire une constatation toute autre à propos de 2001, c'est que le cinéma fonctionne sur un plan beaucoup plus proche de la musique et de la peinture et que, naturellement les films permettent d'exprimer des concepts et des abstractions - c'est pas nouveau - sans dépendre du verbe.
Dans 2001 sur deux heures quarante de film, il n'y a à peu près que quarante minutes de dialogue.

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Re: Stanley Kubrick, l'odyssée d'un monolithe

Message par Invité le Mer 2 Jan 2013 - 20:06

slimfast a écrit:

cette musique de Ligeti est in et associe tellement le son à l'objet qu'on peut dire que celui-ci s'impose comme sa source instrumentale.
cette musique est "feuilletée", les couches superposées de voix masculines et féminines donnent une perception globale de continuité. on a donc affaire à un objet sonore proprement cinématographique. la bande son est exceptionnelle mais on oublie trop souvent de signaler que cet oratorio de Ligeti est une sorte de tombeau des victimes de la Shoah.



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