Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
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Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Il semble que le prochain film de RAZ soit en train d'être commencé à être vu :
http://regarddesmannequins.blogspot.com/2011/04/chants.html
Des informations sur Mandrin et le film sur ce site :
http://www.mandrin.org/les-chants-de-mandrin.html
Vu une avant-projection des Chants de Mandrin, le quatrième film de Rabah-Ameur Zaïmeche, cinéaste toujours surprenant. Ici il traite divers thèmes politiques très actuels à travers la folle équipée des compagnons de Mandrin, contrebandier et rebelle du XVIIIe siècle. On pense à tous les révoltés du XXe et du XXIe siècle – y compris les plus récents. Le genre de film d'époque comme je les aime, c'est à dire qui privilégient la partie sur le tout, la vision partielle et parcellaire par rapport à la fresque. Une chronique simple et directe où le cinéaste a inséré une foule de discrets anachronismes (dont des textes de Rimbaud et Lautréamont) pour finir en beauté avec la chanson de l'étonnant duo Allen Ginsberg/The Clash… Cette manière de faire de l'histoire change des banalités habituelles. A suivre.
P.S. En prime Jacques Nolot, qui joue un piquant marquis pré-révolutionnaire.
http://regarddesmannequins.blogspot.com/2011/04/chants.html
Des informations sur Mandrin et le film sur ce site :
http://www.mandrin.org/les-chants-de-mandrin.html
adeline- Messages: 1864
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Hâte de découvrir le film.
Le traitement d'un sujet historique pour parler aussi du présent... J'ai l'impression que Kechiche et RAZ suivent un cheminement parallèle.
J'aimerais beaucoup pouvoir un jour organiser une discussion entre les deux. Je suis certain qu'ils ont plein de choses à se dire.
Le traitement d'un sujet historique pour parler aussi du présent... J'ai l'impression que Kechiche et RAZ suivent un cheminement parallèle.
J'aimerais beaucoup pouvoir un jour organiser une discussion entre les deux. Je suis certain qu'ils ont plein de choses à se dire.

Largo- Messages: 3167

Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Réalisation
Les chants de Mandrin est un long-métrage réalisé par Rabah Ameur-Zaïmeche et produit par Sarrazink Productions dont la sortie est prévue en 2011. Il va donc falloir encore patienter un peu. Des rumeurs le présentent comme un candidat potentiel de la sélection officielle du Festival de Cannes 2011. Tout au moins, il semblerait faire partie des films coups de coeur pour ce festival 2011.
Cette plongée dans le XVIIIème siècle devrait bénéficier du précieux regard de Rabah Ameur-Zaimeche, qui confiait au Festival de Cannes 2008 être arrivé au bout d'un cycle.
Après les films Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ?, Bled number one et Dernier maquis, Rabah Ameur-Zaimeche s'attaque ici au film historique.
La distribution est assurée par MK2.
Tournage du film
Le film a été tourné du 25 octobre au 26 novembre 2010 autour du Lac du Salagou, dans la vallée de Brenas, sur le causse du Larzac et dans la vallée de la Buège (Hérault).
Soutenu par les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, Les Chants de Mandrin a été tourné à la fin de l’automne dans l’Aveyron et dans l’Hérault.
Acteurs
* Hippolyte Girardot
* Sylvain Roume
* Abel Jafri
* Jacques Nolot
A noter également la participation du philosophe Jean-Luc Nancy.
Résumé du film
Après l'exécution de Louis Mandrin, ses compagnons risquent l'aventure d'une nouvelle campagne de contrebande dans les provinces de France. Sous la protection de leurs armes, les contrebandiers organisent aux abords des villages des marchés sauvages où ils vendent tabac, étoffes et produits précieux. Ils écrivent des chants en l'honneur de Mandrin, les impriment et les distribuent aux paysans du royaume...
http://www.mandrin.org/les-chants-de-mandrin.html

Largo- Messages: 3167

Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
perspective réjouissante.
je n'ai pas vu Dernier Maquis mais j'ai été séduit par Wesh Wesh et Bled number one. il faudrait étudié ça de plus près mais j'en ai gardé l'impression d'une façon de filmer du point de vue collectif d'une communauté restreinte. ni l'universalisme, ni son revers individualiste. je retrouve souvent ce sentiment face à des films nord-africains, avec plus ou moins de bonheur. est-ce le cas chez Kechiche, dont je n'ai pas vu un film ?
je n'ai pas vu Dernier Maquis mais j'ai été séduit par Wesh Wesh et Bled number one. il faudrait étudié ça de plus près mais j'en ai gardé l'impression d'une façon de filmer du point de vue collectif d'une communauté restreinte. ni l'universalisme, ni son revers individualiste. je retrouve souvent ce sentiment face à des films nord-africains, avec plus ou moins de bonheur. est-ce le cas chez Kechiche, dont je n'ai pas vu un film ?
Stéphane Pichelin- Messages: 1098
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
des films nord-africains
?
ça veut dire quoi?
politiquement, esthétiquement, scientifiquement... la taille d'une communauté ne détermine pas son universalité; une communauté peut être très restreinte (réduite même à une seule voix) et être universelle, ou comprendre la totalité de l'humanité et rester individualiste...
je vois pas trop de rapports entre AK et RAZ

Borges- Messages: 4044
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
salut Borges,
ce n'est pas quelque chose que j'ai vraiment réfléchi, c'était plus une remarque en passant.
mais s'il faut approfondir...
disons que l'universalisme comme résultat et l'universalisme comme point de vue "volontaire", ça ne me parait pas la même chose. je pense à D&G sur Kafka bien sur. Kafka universel parce que son point de vue est singulier à l'extrême : une singularité personnelle dans une singularité culturelle.
pour RAZ, je pense précisément à une scène, à la fin de la grande fête du village, où le personnage central se retrouve avec une jeune femme dans une scène d'amour très discrète et prude. il y a quelque chose dans la façon de filmer : le distance de la caméra et sa hauteur (très basse), le fait qu'elle soit positionnée dans la mosquée et que les attitudes des deux amoureux possibles, leur pudeur, paraissent conditionnée par un code culturel. comme si le point de vue était celui de la communauté, même si le résultat est la représentation d'un affect universel.
et c'est une impression que j'ai eu tout au long du film. qui est derrière la caméra ? qui filme ? on sait que c'est RAZ, au moins nominalement. et en même temps, ça ne me parait pas aussi évident à l'image. comme si la caméra était passée de main en main. et de même pour les personnages. chacun est bien une singularité mais sans épaisseur, au point qu'on pourrait croire qu'aucun n'est indispensable au film - alors qu'ils le sont tous mais comme collectif.
et cet effet, je le retrouve dans la plupart des films que j'ai pu voir (RAZ donc, Satin Rouge, quelques Chahine, L'arche du désert) dont les réalisateurs étaient proches de la culture nord-africaine (mais ici il y aurait beaucoup à préciser encore, pas vrai?).
ce n'est pas quelque chose que j'ai vraiment réfléchi, c'était plus une remarque en passant.
mais s'il faut approfondir...
disons que l'universalisme comme résultat et l'universalisme comme point de vue "volontaire", ça ne me parait pas la même chose. je pense à D&G sur Kafka bien sur. Kafka universel parce que son point de vue est singulier à l'extrême : une singularité personnelle dans une singularité culturelle.
pour RAZ, je pense précisément à une scène, à la fin de la grande fête du village, où le personnage central se retrouve avec une jeune femme dans une scène d'amour très discrète et prude. il y a quelque chose dans la façon de filmer : le distance de la caméra et sa hauteur (très basse), le fait qu'elle soit positionnée dans la mosquée et que les attitudes des deux amoureux possibles, leur pudeur, paraissent conditionnée par un code culturel. comme si le point de vue était celui de la communauté, même si le résultat est la représentation d'un affect universel.
et c'est une impression que j'ai eu tout au long du film. qui est derrière la caméra ? qui filme ? on sait que c'est RAZ, au moins nominalement. et en même temps, ça ne me parait pas aussi évident à l'image. comme si la caméra était passée de main en main. et de même pour les personnages. chacun est bien une singularité mais sans épaisseur, au point qu'on pourrait croire qu'aucun n'est indispensable au film - alors qu'ils le sont tous mais comme collectif.
et cet effet, je le retrouve dans la plupart des films que j'ai pu voir (RAZ donc, Satin Rouge, quelques Chahine, L'arche du désert) dont les réalisateurs étaient proches de la culture nord-africaine (mais ici il y aurait beaucoup à préciser encore, pas vrai?).
Stéphane Pichelin- Messages: 1098
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Bled number one, où se trouve la séquence dont je parle au dessus, c'est un blues, ça a quelque chose d'un blues, il y a un pays où on revient, même fantasmatiquement, et qui n'est plus le même, qui est perdu pour toujours, et qui a toujours été perdu parce qu'on l'a toujours rêvé autrement qu'il n'est. principe de déterritorialisation, non ? cinéma mineur ? mais n'est-ce pas une situation d'ensemble en Tunisie ou en Algérie, du fait de la colonisation et du néo-colonialisme ? et en Egypte, le grand pays déterritorialisant depuis les LXX ?
Stéphane Pichelin- Messages: 1098
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Hello,
Une image d'Epinal (trouvée dans un ancien numéro de L'Histoire) :

Je suis impatient de voir ce que Ameur-Zaimeche va faire de ce "mythe" - puisque c'en est un, l'équivalent de Robin des Bois.
Au temps de la III République, on présentait Mandrin comme un pré-révolutionnaire, défiant l'absolutisme. Mais dans les faits, il semble qu'il ait plutôt été un de ces "bandits au grand coeur" dont parle Hobsbawm (dans "Les bandits"), un redresseur de torts qui s'opposait aux potentats locaux en faisant appel au roi, reconnu comme source de justice. Politiquement et socialement, ce genre de bandits était plutôt traditionnaliste et prenait pour modéle le "bon vieux temps", celui d'une société réglée et hiérarchisée, organisée autour du bon roi et des bons prêtres. Ce à quoi Mandrin s'opposait, c'était justement aux transformations de la société paysanne au moment de la transition capitaliste, aux financiers et aux bourgeois, bref, à ceux qui allaient porter la première Révolution.
Une image d'Epinal (trouvée dans un ancien numéro de L'Histoire) :

Je suis impatient de voir ce que Ameur-Zaimeche va faire de ce "mythe" - puisque c'en est un, l'équivalent de Robin des Bois.
Au temps de la III République, on présentait Mandrin comme un pré-révolutionnaire, défiant l'absolutisme. Mais dans les faits, il semble qu'il ait plutôt été un de ces "bandits au grand coeur" dont parle Hobsbawm (dans "Les bandits"), un redresseur de torts qui s'opposait aux potentats locaux en faisant appel au roi, reconnu comme source de justice. Politiquement et socialement, ce genre de bandits était plutôt traditionnaliste et prenait pour modéle le "bon vieux temps", celui d'une société réglée et hiérarchisée, organisée autour du bon roi et des bons prêtres. Ce à quoi Mandrin s'opposait, c'était justement aux transformations de la société paysanne au moment de la transition capitaliste, aux financiers et aux bourgeois, bref, à ceux qui allaient porter la première Révolution.

Eyquem- Messages: 2165
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Il a gagné le prix Jean Vigo hier soir !
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18603890.html
et Straub a eu un prix spécial pour toute son œuvre.
Un article sur le site de libération bien intéressant. Jean-Luc Nancy joue dans le film !
http://next.liberation.fr/cinema/01012321567-la-revolte-qui-se-monte
Et sinon, on peut remarquer que RAZ et Straub on été récompensés un même soir et par le même prix. Je pense que les mecs du prix Jean Vigo nous lisent : qui c'est qui avait lié les deux à propos de l'article de Comolli ? C'était môaaa... Vous allez me dire, c'est un lien automatique, et en plus, c'était Comolli qui l'avait fait dans le titre de son article, aucune gloire à en tirer, et vous aurez raison.
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18603890.html
et Straub a eu un prix spécial pour toute son œuvre.
Un article sur le site de libération bien intéressant. Jean-Luc Nancy joue dans le film !
http://next.liberation.fr/cinema/01012321567-la-revolte-qui-se-monte
Et sinon, on peut remarquer que RAZ et Straub on été récompensés un même soir et par le même prix. Je pense que les mecs du prix Jean Vigo nous lisent : qui c'est qui avait lié les deux à propos de l'article de Comolli ? C'était môaaa... Vous allez me dire, c'est un lien automatique, et en plus, c'était Comolli qui l'avait fait dans le titre de son article, aucune gloire à en tirer, et vous aurez raison.
adeline- Messages: 1864
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
rancière les lie aussi dans son dernier recueil, avec costa, teguia...

Borges- Messages: 4044
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Le prix Jean Vigo c'est pas pour des films déjà sortis ?

Largo- Messages: 3167

Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
Le film est en compétition au festival de Locarno (qui a lieu du 3 au 8 août 2011).
Quelqu'un a-t-il lu le dernier numéro de Trafic ? Il y a dedans un texte de Jean-Luc Nancy "En tournage avec RAZ". Il y aura également un bouquin édité par Independencia.
Quelqu'un a-t-il lu le dernier numéro de Trafic ? Il y a dedans un texte de Jean-Luc Nancy "En tournage avec RAZ". Il y aura également un bouquin édité par Independencia.
adeline- Messages: 1864
Re: Les Chants de Mandrin (RAZ - 2011)
je ne sais pas si on avait fait référence ou pas au feuilleton, avec sa fameuse chanson :

Borges- Messages: 4044
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