Penser sans discuter

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Penser sans discuter

Message par Eyquem le Mer 19 Jan 2011 - 11:11

L'ENS a annulé un débat qui devait réunir S Hessel, Leila Shahid, Michel Warchawski, et quelques autres ; vous avez dû en entendre parler.


Sur le site de l'ENS, on lit un simple communiqué à la belle sobriété administrative :
La réservation n'avait pas été faite en mentionnant la nature exacte de la réunion (réunion publique)
il est impossible à l'ENS d'assurer la sécurité des personnes présentes et la protection de ses locaux pour ce type de réunion
...
L'annulation a été prise indépendamment des démarches entreprises par le président du CRIF auprès de plusieurs personnalités
http://www.ens.fr/spip.php?article853

Sur le site du CRIF, on se félicite pourtant d'y être pour quelque chose :
Valérie Pécresse, Ministre des Universités, ainsi que le rectorat de l’Université de Paris que nous avons contactés en urgence ont réagi sans ambiguïté : je leur rends hommage, ainsi qu’à Claude Cohen Tanoudij, Prix Nobel de Physique, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut, tous anciens élèves de l’Ecole Normale Supérieure. Et une pensée particulière à Mme Canto Sperber qui mène un combat incessant contre des dérives inquiétantes.
http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=23242&returnto=search/search&artyd=70

BHL a démenti être intervenu.
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110118.OBS6489/bernard-henri-levy-dement-avoir-recommande-l-annulation-du-debat-avec-stephane-hessel.html


Ce texte du CRIF est hallucinant :
1/ Il explique que le motif réel de la réunion avait été volontairement masqué :
C’est Marc Knobel, comme d’habitude, qui nous a informés de la teneur réelle de cette réunion, dont le motif avait été masqué, comme cela est devenu banal dans l’université, pour obtenir plus aisément une autorisation de la direction de l’établissement.
C'est le raisonnement habituel : l'absence de preuves est la meilleure des preuves puisqu'un coupable, c'est quelqu'un qui les a toutes masquées. CQFD.
Je n'ai pas réussi à retrouver sur le net l'intitulé original du débat.


2/ Le texte vous explique ce que c'est qu'un vrai débat et comment vous avez intérêt de penser dans les clous du débat démocratique :
Et comment ne pas se mettre en colère devant l’incroyable conception du « débat », par les amis de Stéphane Hessel : outre Benoist Hurel et lui, dont on connaît les positions (les dirigeants du Hamas sont des modérés et les roquettes qu’ils envoient contre Israël des jeux d’enfants), la discussion devait rassembler un député arabe israélien du Balad (mouvement fondé par Hazmi Bishara, en fuite sous le coup d’une inculpation pour intelligence en faveur de l’ennemi), Leila Chahid qu’on ne présente pas et enfin l’inévitable Michel Warchawski, toujours soucieux d’être à la plus extrême pointe de la haine contre Israël et d’en garder en même temps la nationalité, pour fournir aux antisionistes l’alibi de choix de l’ « Israélien de progrès » leur offrant en même temps l’interlocuteur complaisant garant de la diversité d’origine, le détracteur virulent d’Israël et le viatique les exonérant de toute arrière-pensée antisémite. Un homme précieux…..

Conception du débat exactement à l’opposé de ce que devrait être une controverse intellectuelle, dont l’Ecole Normale Supérieure devrait donner l’exemple. Un crime contre l’esprit que de confondre débat et militance politique, comme le font quelques élèves de l’école convertis au terrorisme intellectuel, modèle trotskiste pour les uns, stalinien pour les autres, et de là proposer leur doxa à l’ensemble de l’Université.
Je passe sur ce qui est dit des intervenants, ce n'est pas la question. C'est cette manière d'imposer ce que doit être une réunion qui laisse bouche-bée. D'autant qu'ici, cette opposition, cette "colère", apparaisent alors comme des motifs suffisants pour une interdiction pure et simple.


Il y a eu une réponse, évidemment, co-signée par Badiou, Rancière, Balibar, ...
Aujourd’hui cette institution [le CRIF] affirme sans ambages son droit de décider qui a, en France, le droit ou non de parler d’Israël et de la Palestine. Elle n’a pas sans intention choisi de le faire en un lieu symboliquement associé à l’idée de la libre recherche. Si la directrice de l’Ecole normale supérieure a accepté son diktat, elle a déshonoré sa fonction. Il en va de même pour la ministre de l’Enseignement supérieur s’il est avéré qu’elle est personnellement intervenue pour faire annuler la rencontre prévue.

Ces faits sont inadmissibles. Le droit de critiquer les actes du gouvernement israélien comme de tout autre gouvernement doit être respecté sur notre territoire. Aucune institution n’a le droit de nous prescrire, en fonction des intérêts particuliers qu’elle représente, ce que nous devons dire, écrire, voir et entendre.
http://www.liberation.fr/politiques/01012314225-pourquoi-a-t-on-annule-la-conference-de-hessel

Rappelons que Monique Canto-Sperber, directrice de l'ENS, , aborde chaque semaine sur France Culture "tous les sujets qui permettent d'aborder un problème moral" :
http://www.franceculture.com/emission-questions-d-039-ethique.html-0
Exemples de sujets brûlants : l'assassinat d'Henri IV ou la jalousie.

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Message par adeline le Mer 19 Jan 2011 - 12:04

Dans le communiqué diffusé sur la liste de diffusion Zpajol hier, il est question d'un cinéaste israélien, tu sais qui c'est ?

Pourquoi a-t-on annulé la conférence de Hessel?

PAR UN GROUPE DE PROFESSEURS DE L’ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE

Le 8 janvier, le site Mediapart annonçait une conférence-débat de Stéphane Hessel, aujourd’hui, à l’ENS, autour de l’appel remis au ministre de la Justice, Michel Mercier, défendant la légalité du boycott des produits israéliens. Le 13 janvier, Richard Prasquier, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) saluait la décision de Monique Canto-Sperber, directrice de l’ENS, d’annuler la conférence (texte mis en ligne sur crif.org). A l’appel d’un collectif de normaliens, un rassemblement «contre la censure et pour la défense de la liberté d’expression» est prévu ce soir à 18 h 30, place du Panthéon.

Nous apprenons avec stupeur et indignation par un communiqué du Conseil représentatif des institutions juives de France que la rencontre prévue le 18 janvier à l’Ecole normale supérieure avec Stéphane Hessel a été annulée à la demande du Crif. Un homme qui a dédié toute sa vie au combat pour la liberté se voit ainsi interdit de parole pour avoir rappelé les droits du peuple palestinien.

Cette intervention n’est pas un fait isolé. Il y a longtemps déjà que le Crif et des personnalités qui lui sont liées exercent la calomnie et l’intimidation à l’égard des militants, artistes ou universitaires juifs et israéliens coupables de s’opposer aux violations du droit international perpétrées par l’Etat israélien. Ils ont notamment réussi à faire partir de France un cinéaste israélien dont les films ne leur plaisaient pas. Aujourd’hui cette institution affirme sans ambages son droit de décider qui a, en France, le droit ou non de parler d’Israël et de la Palestine. Elle n’a pas sans intention choisi de le faire en un lieu symboliquement associé à l’idée de la libre recherche. Si la directrice de l’Ecole normale supérieure a accepté son diktat, elle a déshonoré sa fonction. Il en va de même pour la ministre de l’Enseignement supérieur s’il est avéré qu’elle est personnellement intervenue pour faire annuler la rencontre prévue.

Ces faits sont inadmissibles. Le droit de critiquer les actes du gouvernement israélien comme de tout autre gouvernement doit être respecté sur notre territoire. Aucune institution n’a le droit de nous prescrire, en fonction des intérêts particuliers qu’elle représente, ce que nous devons dire, écrire, voir et entendre.

Signataires : Alain Badiou (ENS 1956, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure), Etienne Balibar (ENS 1960, professeur émérite à l’université de Paris-ouest), Ivar Ekeland (ENS 1963, professeur à l’University of British Columbia, Vancouver), Jean-Marc Lévy-Leblond (ENS 1958, professeur émérite à l’université de Nice), Marie-José Mondzain (ENS 1962, directrice de recherches au CNRS), Jacques Rancière (ENS 1960, professeur émérite à l’université Paris-VIII) et Emmanuel Terray (ENS 1956, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales).

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Re: Penser sans discuter

Message par Eyquem le Mer 19 Jan 2011 - 23:08

'soir Adeline,
il est question d'un cinéaste israélien, tu sais qui c'est ?
Le texte a été repris sur plusieurs sites, je pensais trouver la réponse dans les commentaires, mais non, je n'ai rien trouvé - pas même quelqu'un qui se pose la question. J'avais pensé à Eyal Sivan, mais je n'ai rien lu qui allait dans ce sens.
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Re: Penser sans discuter

Message par adeline le Jeu 20 Jan 2011 - 9:55

'jour Eyquem,

pareil pour moi. C'est sans doute une allusion à la projection à Beaubourg, annulée, de Route 181. Ou alors une histoire pas connue du tout...

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Re: Penser sans discuter

Message par adeline le Ven 28 Jan 2011 - 8:49

La réponse en tribune publiée par le Monde de MCS :

Pourquoi j'ai annulé un meeting propalestinien

Il est abondamment question dans la presse, depuis quelques jours, de l'annulation de la réunion que Stéphane Hessel devait tenir le mardi 18 janvier à l'Ecole normale supérieure (ENS), dont je suis la directrice. Certains déplorent les pressions qu'aurait exercées le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) sur la direction de l'ENS, d'autres croient voir la liberté d'expression bafouée. Dans ce vacarme d'indignation sincère et de mauvaise foi mêlées, peut-on faire entendre les faits et les raisons ?

J'ai décidé d'annuler la réservation de la salle prévue pour ce meeting, dix jours avant la date où il devait se tenir. Je l'ai décidé seule. Si une situation analogue se présentait de nouveau, j'agirais de la même façon. Je n'ai eu aucun contact avec le CRIF. Au moment où j'ai pris cette décision, j'ignorais les démarches entreprises par plusieurs personnalités. Quiconque souhaitait savoir ce qui s'était vraiment passé n'avait qu'à me le demander. Mais les faits ou les explications se sont vite trouvés dépourvus d'intérêt. Une rumeur était lancée, et elle progressait en roue libre sur Internet, et même dans nos journaux d'information.

Voici les faits. A la mi-décembre 2010, une demande de réservation de salle émanant d'un chercheur de l'ENS m'a été soumise. Il s'agissait de réunir autour de Stéphane Hessel des normaliens et quelques personnalités pour débattre de la liberté d'expression. A cette requête, j'ai donné évidemment mon accord. Stéphane Hessel sera toujours accueilli dans notre école pour exposer ses idées et discuter avec nos élèves. J'ai eu maintes fois l'occasion de le lui dire.

Le 7 janvier, des amis m'ont transmis l'annonce de la réunion telle qu'elle circulait très largement sur de nombreux sites. Je regrette qu'aucun des articles qui ont consacré tant de colonnes à commenter ma décision n'ait jugé bon de reproduire cette affiche. Chacun aurait pu constater qu'il ne s'agissait aucunement d'une réunion interne à notre école entre Stéphane Hessel et des élèves, mais d'un meeting organisé par le collectif Paix Justice Palestine.org, qui soutient, entre autres, le boycottage des universitaires israéliens. L'appel largement diffusé laissait prévoir une assistance importante et totalement extérieure à l'école. J'ai aussitôt pris la décision d'annuler la réservation de la salle.

J'avais été trompée sur la nature exacte de cette réunion, ce qui est à soi seul un motif d'annulation. L'Ecole normale supérieure est un établissement de recherche et d'enseignement. Elle est aussi un lieu de débat, de réflexion, et de critique. Elle abrite de nombreux cercles d'études politiques. Y sont souvent organisées des réunions sur des sujets liés à l'actualité, y compris celui du Moyen-Orient, avec le souci d'une pluralité minimale de points de vue et le souhait d'un approfondissement dans la connaissance et la réflexion.

Ceux qui étudient et enseignent à l'ENS sont souvent engagés dans la réflexion politique, en cela ils prolongent la tradition de notre école. Mais ils n'avancent pas masqués, ils annoncent clairement la nature de la réunion qu'ils souhaitent organiser (interne, ou bien ouverte au public) et discutent avec nous de la façon dont nous pouvons, et parfois ne pouvons pas, l'accueillir. En particulier, nous ne souhaitons pas la tenue à l'école de meeting sans débat, où l'on ne fait que confirmer à plusieurs l'énoncé d'un point de vue.

J'ajoute qu'un rassemblement comme celui qui s'annonçait aurait très probablement, du moins c'est ainsi que j'en ai jugé - à tort ou à raison, je suis prête à en débattre -, entraîné des affrontements ; dans un tel cas, nous n'aurions absolument pas eu les moyens d'en assurer la sécurité. Entendre invoquer des motifs de sécurité fait souvent sourire, il est facile d'y voir un prétexte facile à produire. Mais tous ceux qui ont la charge d'un lieu qui accueille le public savent combien le souci de la sécurité est devenu obsédant, et aucun directeur d'établissement ne peut prendre raisonnablement le risque, même minime, d'un incident grave lorsqu'il a des raisons de le redouter.

Nous avons aussitôt fait part de cette décision au chercheur qui avait réservé la salle. Nous lui en avons expliqué les raisons. Nous lui avons proposé notre aide pour trouver rapidement un autre lieu dans Paris afin d'y tenir la réunion. Nous lui avons aussi fourni de nombreux contacts.

Voilà les faits, à première vue bien insignifiants. Cet épisode a toutefois provoqué une cascade d'articles et de prises de position, le plus souvent ignorantes de ce que je viens de rapporter. J'y ai reconnu l'expression des délices éprouvés à adopter la posture de victime et une surenchère de jugements édifiants. C'est ainsi que deux secrétaires nationaux du Syndicat de la magistrature parlent dans un article de "l'annulation, à la demande du CRIF, d'une conférence-débat qui devait se tenir à l'Ecole normale supérieure" (la présomption d'innocence est bien mal-en-point dans notre pays si même des magistrats jugent sans enquêter).

C'est ainsi encore que plusieurs professeurs de philosophie, anciens élèves de l'ENS, dont certains, du moins je le pensais, sont mes amis, s'indignent que le CRIF impose ses vues. Edifiant spectacle que celui de ces professeurs, "Et sur moi le soir tombe", qui, dans un jugement d'autorité que justifie à leurs yeux leur passé d'engagement politique, rappellent à l'ordre la directrice de leur chère école. Lui reprochent-ils sérieusement de n'avoir pas compris que dans la pensée de Stéphane Hessel se tenaient, non une bien-pensance à la fois critique et fort dogmatique, mais le souffle créateur de la pensée et la vision puissante des combats pour la liberté ?

J'ajoute, puisque cette tribune m'en donne l'occasion, que l'Ecole normale supérieure entretient des liens précieux d'un point de vue scientifique avec des universitaires et des équipes de recherche israéliennes. Aucune réunion publique appelant à les rompre n'aura lieu avec mon accord à l'ENS.

Depuis une semaine, on parle de l'Ecole normale supérieure dans la presse, et cela à propos de l'annulation de la réservation d'une salle. Que n'a-t-on plutôt traité des mutations de notre école et du rôle qu'elle veut aujourd'hui jouer dans la réflexion sur les filières d'élite, sur l'ouverture des enseignements à la recherche et à l'innovation et sur la capacité que peut avoir un établissement sélectif de reconnaître les talents ? Pourquoi n'a-t-on pas mentionné le combat que mène l'ENS pour la défense des valeurs liées au savoir, à la recherche et à la qualité de la transmission, aujourd'hui bien malmenées ?

Pourtant, l'enjeu est de taille car il s'agit de remédier à la plus redoutable forme de relégation sociale présente dans notre société et aussi de rappeler que des cultures sans savoir et sans étude deviennent vite des cultures somnambules. Puisqu'on parle depuis plusieurs jours de liberté d'expression, ne devrait-on pas d'abord en défendre la condition la plus sûre : l'accès à une éducation capable de former des esprits libres et critiques et le refus de l'oligarchie du savoir ? Là, ce sont de vraies victimes, mais des victimes sans voix, donc on les ignore.


Monique Canto-Sperber, philosophe, directrice de l'Ecole normale supérieure (rue d'Ulm)

Lol, comme s'il fallait que le CRIF lui envoie en lettre recommandée des directives pour qu'elle agissent de manière à lui plaire à lui plutôt qu'à d'autres...

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Re: Penser sans discuter

Message par careful le Ven 28 Jan 2011 - 9:46

Cher Monsieur Hessel, chère Madame Shahid, chers participants,



LEMONDE.FR | 26.01.11 | 09h53

Je suis désolée de ne pouvoir assister à cette importante conférence. Mais je tiens à exprimer mon admiration à Monsieur Hessel, et à tous les participants et à vous assurer que je suis de tout cœur avec vous. J'ai lu l'éditorial du président du CRIF se félicitant de l'interdiction de notre conférence et remerciant des philosophes et écrivains hypocrites et ignorants, qui pérorent sous les ors des salons parisiens et pensent briller en étalant leur prose "politiquement correcte" tout en ignorant de manière étonnante la vie réelle des gens dans les Territoires palestiniens occupés et le caractère dictatorial du gouvernement israélien actuel. L'ignorance et l'hypocrisie de ces gens n'est pas une négligence, mais un crime, car ils encouragent la tendance fasciste qui menace de nous noyer tous, en Israël, en Palestine et en France.

En 2010, trente lois racistes visant les citoyens palestiniens d'Israël ont été proposées en Israël et, pour la plupart, approuvées. Elles séparent des familles. Elles permettent de confisquer des maisons et des terres, de refuser les traitements médicaux nécessaires à des invalides, de détruire les maisons des Bédouins, de discriminer des écoles quand elles sont druzes ou palestiniennes, d'incarcérer des enfants.

Bien plus, la justice, qui devrait de protéger les gens contre cette terreur, obéit aux lois racistes d'un régime d'apartheid. Comme en Afrique du Sud autrefois, toutes les discriminations anti-palestiniennes en Israël sont légales : nul n'est jamais puni pour les crimes perpétrés contre ces "non-citoyens".

En revanche, ce gouvernement où un Liebermann joue un rôle décisif considère comme un péché mortel la résistance non-violente à l'occupation, qui se développe dans les sociétés palestinienne et israélienne contre les crimes et la répression découlant de l'occupation.

Ces derniers temps, la police et l'armée israéliennes arrêtent des militants des droits humains lorsqu'ils sont juifs, comme Yonathan Polack, et les tuent s'ils sont palestiniens, tels Bassem Abu-Rahma et sa sœur, Jawahr. Les organisations droits-de-l'hommistes en question sont désormais soumises à des enquêtes brutales et humiliantes par... les criminels contre l'Humanité qui nous gouvernent. De surcroît, la pauvreté touche plus l'Israélien que jamais, et ses principales victimes sont les citoyens arabes.

Et le monde se tait… Et le CRIF soutient. Cet appui au gouvernement le plus extrémiste de l'histoire d'Israël, engendré par une peur irrationnelle à l'égard de tous les goyim (non-juifs) et aussi par la crainte réflexe de toute critique, nous met tous en danger : c'est la cause principale de la montée de l'antisémitisme en Europe. Ce sont ces Juifs-là, ces philosophes et écrivains ignorants et hypocrites qui alimentent la haine qui s'affirme contre les autres Juifs. D'autant qu'ils combattent la liberté de pensée en France et ailleurs, et prétendent interdire toute critique contre la politique criminelle et raciste d'Israël. Ainsi la fascisation nous menace vous et nous, ici et là-bas. Les Juifs français devraient comprendre que soutenir un régime fasciste et cruel n'est ni juif ni humain et se rappeler la leçon de Hillel : "Aimez votre prochain comme vous-mêmes, voilà à quoi se résume toute la Torah." Ici, à Jérusalem, notre prochain, c'est le Palestinien. La moitié de la population dominée par Israël est palestinienne.

C'est pourquoi soutenir Israël, c'est soutenir les citoyens d'Israël, juifs comme arabes. Soutenir Israël signifie soutenir des personnes comme Haneen Zoabi, qui lutte avec un courage et une ténacité admirables pour une vraie démocratie.

Lutter pour un Etat d'Israël démocratique, c'est inséparablement lutter pour une Palestine libre, C'est aussi militer pour les droits des "non-citoyens" d'Israël, c'est-à-dire les Palestiniens des Territoires occupés, traités comme des esclaves, concentrés et incarcérés dans des camps énormes au sein même de leur propre pays, privés de tous les droits humains et civils. Soutenir Israël, cela veut dire libérer Israël de son régime criminel, des accords illégaux, des colonies de larrons, boycotter leurs marchandises - produits de terres volées, de l'eau volée, et changer Israël en un pays où chacun peut vivre dans la dignité. Tels sont les principes de sa Déclaration d'Indépendance d'Israël que les juifs du CRIF ont oublié - à moins qu'ils ne l'aient jamais lue ? Moi, mon grand-père a signé cette Déclaration, et je ne peux donc pas l'oublier.

J'espère que ce message arrivera aux oreilles de ces Juifs français que rend sourds la propagande du régime raciste d'Israël, des oreilles bouchées par le terrorisme intellectuel du CRIF.







Nurit Peled-Elhanan, mère israelienne d'une victime d'attentat, professeur à l'université hébraique de Jérusalem, prix Sakharov du Parlement européen.

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Message par Invité le Ven 28 Jan 2011 - 9:53

tac au tac !

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Message par careful le Ven 28 Jan 2011 - 12:00

Oui, vivement le prochain Tac, tribune, ds le Monde d'un de ces damoiselles, damoiseaux de la haute à citer.
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Message par Invité le Ven 19 Aoû 2011 - 13:14

J'étais censé participer à une causerie entre universitaires salariés sur le chômage, à titre d'idiot utile sans emploi depuis plus de 6 ans. J"avais accepté dans un premier temps, sans savoir ça se ferait.

J'ai finalement été informé, et voici la réponse que j'ai adressée aux organisateurs:



Je vous remercie de m'avoir proposé de participer à ce cycle.

A ce moment-là, la "structure d'accueil" n'en était pas encore déterminée.

Prenant connaissance de son inclusion dans le centre d'action laïque, je préfère décliner, pour deux raisons très précises:

1) je n'ai jamais eu de réponse à mes candidatures spontanées pour travailler dans un centre d'action laïque.Je ne me vois pas contribuer à une réflexion sur le chômage dans ce cadre, sauf à y provoquer du scandale, ce que je suppose personne ne souhaite

2) par leur engagement opportuniste dans les problématiques fausses ou faussées de port du voile et autres, les centres d'action laïque contribuent largement, à mes yeux, à la violence sociale, masquant les inégalités socio-économiques, la réalité effective des forces de domination et attisant les conflits entre dominés.

Sous l'action prétendûment militante de figures comme Nadia Geerts *** (se réclamant de Caroline Fourest), qui ont plus que pignon sur rue, ils instrumentalisent et dévoient la notion d'universalisme et de laïcité dans la superstructure idéologique du "choc civilisationnel". Ils participent objectivement à la problématisation des groupes ethniques, sous le prétexte d'une lutte contre les "communautarismes". Ils contribuent donc à occuper "le temps de cerveau disponible" des gens en focalisant le débat public sur des épiphénomènes localisés, occultant objectivement les véritables rapports de force sociaux en présence.

Ceci n'a rien à voir avec un engagement de gauche, encore moins avec la laïcité, mais bien avec l'occupation irresponsable des positions politiques de la droite dure, en Belgique comme en France. Je ne souhaite pas être associé aux "combats" idéologiques que mènent aujourd'hui des centres d'action laïque.

Si j'y allais, j'aurais le choix entre deux possibilités: jouer un jeu hypocrite en flattant une structure qui a un pouvoir décisionnel concret en matière d'emploi, ou me signaler comme définitivement indésirable.
Comme je ne pourrais pas m'empêcher de dénoncer l'imposture de ceux qui y officient en se présentant comme laïques, ou marxistes, je serais reconduit manu militari à la porte de sortie par les idéologues salariés du lieu, avec les conséquences inévitables sur un avenir déjà bien compromis.

Cordialement,

...




*** http://nadiageerts.over-blog.com/

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Message par Borges le Ven 19 Aoû 2011 - 16:04

lol Wink
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Message par lorinlouis le Ven 19 Aoû 2011 - 19:13

Héhé, Jerzy. Bonne réaction.
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Message par careful le Ven 19 Aoû 2011 - 20:48

lorinlouis a écrit:Héhé, Jerzy. Bonne réaction.

Putain que oui. Oh que oui.

Même si cette dernière phrase m'attriste vraiment:
Jerzy P a écrit: avec les conséquences inévitables sur un avenir déjà bien compromis
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Message par Invité le Sam 20 Aoû 2011 - 16:40

T'inquiète, ça fait longtemps qu'il est compromis Very Happy

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Re: Penser sans discuter

Message par Invité le Dim 28 Aoû 2011 - 18:35

Tu aurais du y aller, du coup ils vont sûrement te réinviter l'année prochaine, ils vont croire qu'ils ont un ennemi.

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