The Social Network (D. Fincher)

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Message par Invité le Mer 27 Oct 2010 - 3:28

Eyquem a écrit:

A. BADIOU : Marx déjà faisait, dans le Manifeste, un éloge ambigu du capitalisme, fondé sur une double lecture. D'un côté, le capitalisme détruit toutes les figures vermoulues du vieux monde, tous les vieux liens féodaux et sacrés. En quoi il est le créateur violent d'une nouvelle assise pour l'humanité générique. D'un autre côté, la bourgeoisie est déjà organisée pour conserver sa domination, elle est en ce sens l'adversaire politique désigné d'un nouveau cycle créateur, dont le prolétariat est l'agent. Negri et ses amis cherchent désespérément à rétablir cette vision inaugurale, où les « multitudes » sont à la fois le résultat de l'atomisation capitaliste, et le nouvel agent créateur d'une modernité « horizontale » (les réseaux, les transversalités, les inorganisations… ). Mais tout cela n'est qu'une rêverie hallucinée. Où est-elle, cette capacité « créatrice » des multitudes ? Nous n'avons vu que la très ordinaire répétition des formes les mieux répertoriées du mouvement de masse petit-bourgeois, réclamant à grands cris le droit de jouir sans rien faire, et soucieux surtout d'éviter toute discipline. Alors que nous savons que la discipline est, dans tous les domaines, la clef des vérités. Marx aurait sans hésiter vu dans Negri un attardé romantique. Je crois qu'au fond, ce qui fascine les « mouvementistes » de ce genre, c'est l'activité capitaliste elle-même, sa souplesse, et aussi sa violence.

http://www.ciepfc.fr/spip.php?article67

Hello,

Oui, je crois qu'il est quand même plus nuancé ailleurs sur ce que peut produire le net. Quant à la discipline, il était hier soir encore à l'émission de Taddei pour vendre son bouquin sur le cinéma..

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Mer 27 Oct 2010 - 11:45

tout cela est tellement convenu


Badiou est affligeant; tous les penseurs finissent par demander plus de lumière en fin de parcours, mais lui le fait de manière assez triste...le succès de son sarkozy lui a tourné la tête; c'est là qu'on se dit que les mecs qui passent leur temps à vivre sous les projecteurs sont de vrais surhommes, des saints...

sur le cinéma, en dehors de ses textes théoriques, quelle incapacité à rien dire : médiocre


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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Van Stratten le Mer 27 Oct 2010 - 18:54

ALAIN BADIOU "vu à la télé"
Il faudrait rajouter un topic de ce genre.

Oh là là là là là là ! pauvre Alain Badiou, pauvre spectateur, pauvre nous, pauvre moi, pauvre cinéma, pauvre monde. La seule qui ne soit pas à plaindre dans tout ça, c'est la télé, parce qu'elle a fait ça, elle l'a désiré si fort, et maintenant elle l'a : le miroir magique qui ne reflète que du froid, du déjà fondu, comme le fromage des pizzas surgelées. Et le miroir n'en finit pas de refléter, éternellement. La vie cathodique est éternelle : ainsi, lorsque Badiou vient vendre son petit consomé de pensée vite pliée, de lèche-vitrine vite-fait-mal-fait, véritable reader's digest pour "ceux qui n'aiment pas le cinéma mais voudraient bien faire semblant d'en penser quelque chose", ainsi passe-t-il sans prérogative aucune de Jean Marie Poiré à John Ford (mais oui). Le cinéma devient alors chose éternelle, ni passée ni présente, encore moins à venir, une entité comme une autre, une "matière à enseigner à l'école" sans plus de mise en perspective.
Et le cinéma dans tout ça ? Où, quand existe-t-il ? A-t-il existé ? Pourquoi ? Comment ? Pour un penseur, dont la meilleure amie est censée (sic) être "la discipline", cette façon de faire est simplement nulle. Ce n'est pas la peine de parler de rigueur. Là c'est farcesque. Et un peu tragique, pour qui aime encore le cinéma. Et la pensée. Ne fût-ce qu'en tant que souvenir, fugace, mais un tant soit peu précis.
Du cinéma contemporain, de l'état dans lequel il se délite petitement, des films encore qui se font à travers la planète, de la merde qui éclabousse les écrans et a déjà obstrué l'horizon des spectateurs du monde entier : de tout cela pas un mot, mais une espèce de bonhomie de bon aloi, presque joviale. Une farce.
Et John Ford comme alibi, autant intellectuel que mercantile. Mais si Badiou a jamais été ému par un travelling depuis la jeep, par la course du cheval filmé depuis la jeep, par un contrechamp au regard tranchant de John Wayne chiquant son tabac - et lançant un crachat décidé -, par un spectacle qui bascule en une seconde de la plus grande "discipline" sociale à la violence, par le bouleversement de la violence qui claque comme un coup de fouet, par la caravane minuscule qui procède lentement au milieu du défilé, et aux sons du tam-tam, par le surgissement du souvenir qui ne prévient pas plus que les gestes de John Wayne, qui tous nous surprennent davantage à chaque fois (ah oui, ça se passe comme ça !), par les valses, les rondes et les lignes droites, par l'humain qu'est James Stewart dans Les Deux cavaliers (quel film !), par un champ contrechamp qui sépare d'abord, et puis qui réunit enfin... avant de séparer à nouveau au départ du coup de revolver. Aussitôt l'équilibre revient. Les corps retrouvent leur verticalité. Chacun regagne sa place. Alors le "Wagon Master" lance le cri du départ. Wagon West !
Bref si Badiou a jamais été ému par une scène de John Ford, il devrait avoir honte. Mais il a mieux à faire : il vient se convaincre que la télé est autre chose qu'un alibi. Tant pis pour lui. N'en doutez pas : bientôt il vous parlera de David Fincher et de Facebook.
Ce serait une lourde erreur que de croire que parce que l'on revient à une "télévision d'Etat", on en revient à cette bonne vieille ORTF (assez veule au demeurant, mais qui osait au moins ennuyer son spectateur, chose impensable aujourd'hui, où on n'a hâte que de combler le vide, alors qu'à L'ORTF en tout cas la parole avait encore sa place) mais non : le "cercle de minuit" c'est terminé aussi, il n'est pas question non plus de venir prêcher la bonne parole culturelle, on n'en est même plus à l'heure du "catéchisme audiovisuel" de Daney, on est au-delà : c'est une suite hirsute de tics et de rites, de "pitchs" et de "clics" qui font toutes ces images, de plus en plus petites, de plus en plus riquiqui, au point qu'on n'y respire plus que par sacades. Quand est-ce que les "intellectuels" comprendront enfin que la télé est un piège, que leur image médiatique est un piège imparable, auquel ils ne peuvent échapper : 1° qu'en n'y paraissant pas 2° s'ils en ont la force, en n'y menant jamais que la critique de l'image, à commencer par leur propre image. Mais pour cela il faut la force d'en découdre. Il faut aussi n'avoir rien à perdre ni à gagner du côté du narcissisme, et surtout, une très grande intelligence de l'image. (Un Virilio, peut-être, aurait parfois cette force, qui d'ailleurs ne craint pas de repasser toujours le même disque...mais ça manque vraiment de virulence, de punch, d'invention enfin ; non, le dernier à critiquer l'image de l'intérieur a été Edouard Baer, mais c'était il y a dix ans maintenant, et c'est vraiment loin).
Quand je vois Badiou chez Taddeï, j'ai l'impression de voir un grand enfant qui découvre un jouet, et qui, après des centaines de milliers d'heures d'"apostrophes", de "bouillon" et autres "droit de réponse", après Delarue, "faites entrer l'accusé", "les dossiers de l'écran", après tout ce bain de service minimum audiovisuel, un enfant, donc, le dernier, qui, avec BHL et Finkielkraut (quelle compagnie...), croit encore sérieusement que la télé est un moyen d'éduquer les masses, de vulgariser, de toucher les consciences et autres balivernes. (Du coup, ironie du sort : Badiou ou BHL, à la télé, c'est désormais même combat, blanc-bonnet et bonnet-blanc). Alors toucher les consciences... Mais la télé, c'est des mimiques et du discours ! Même l'information n'y passe plus. Elle est ânonnée, mais on ne saurait l'entendre. Et l'intellectuel, lui, n'y est qu'un clown comme un autre, une marionnette au même titre que les guignols de l'info. Un amuseur. Un discours sur pattes, mais pas un bretteur, pas un rhetteur, pas un discoureur. Jamais. La télé a horreur : 1° du vide 2° de l'incertitude. Alors elle remplit, à coup d'hystérie. Franchement, le sort de Badiou aura même du mal désormais à nous apitoyer, lui qui a réussi à se laisser prendre par le cirque audiovisuel en 2008. Un pâle imitateur de Don Quichotte. Gros dindon de la farce. L'idiot du village-global. Et le pire est qu'il continue : il a mordu à l'hameçon de l'image. Il s'aime. Il faut qu'il relise Ovide. On y trouve une parabole prête à l'emploi. Puisque le prêt à l'emploi est son nouveau mode d'expression.


Dernière édition par Van Stratten le Mer 27 Oct 2010 - 19:27, édité 2 fois

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Invité le Mer 27 Oct 2010 - 19:20

Je n'ai pas vu le film, tout doit être contenu dans "A Face in the Crowd" de Kazan (et je me suis désinscrit de Facebook car cela me donnait un accès permanent à une femme qui par ailleurs m'avait repoussé en donnant des raisons explicites "nous ne sommes même pas amis" -ou plus joliment "lamitié est ce que nous n'avons pas construit"- : l'accès à elle que m'offrait le réseau était à la fois dérisoire et permanent) mais apprécié les interventions de Largo et BC. Le fait que le réseau génère de l'argent dans un premier temps par sa propre publicité, puis dans un second temps par la commercialisation des données que ses utilisateurs ont bénévolement mis en ligne me semble bien cerné. J'ai énormément peur de ce qui pourrait remplacer Facebook, car lorsque la notion de Web 2.0. sera passée de mode il sera forcément perfectionné et remplacé.
Il est étonnant que le film présente Zuckerberg comme un génie du code: les technologies qui ont permis ce réseau existaient déjà depuis 10/15 ans (une base de données connectée avec un langage de script, pas énormément de javascript qui permet de l'interactivité, ou de Flash qui permet un travail esthétiique). Les vraies prouesses de Zuckerberg tiennent sans doute dans les faits d'avoir compris qu'il n'y avait rien de plus consensuel et de plus global qu'une variante érotiquement désinvestie des sites de rencontre, et qu'il devait investir le plus tôt possible dans du matériel Hardware suffisamment solide pour permettre la production rapide de données statistique sur le profil des membres du réseau; et surtout garantir dès le début une mise en ligne permanente (et à ce titre il concurrence bien les états, les sites web mis en ligne par les pouvoirs publics sont bien moins fiables. On l'a vu avec le lancement du portail national français dont ees pannnes techniques semblaient un commentaire ironique du marasme politique présent).
Ne pas oublier que que le débat d'Eric Besson sur l'identité nationale, qui s'est produit un peu en parallèle à la montée en puissance de Facebook, devait être ratifié par un consensus issu des interventions (forcément individualisées, même dans leur conformisme) sur un site Web, l'état lui-même reconnaissait que la citoyenneté était devenue un intermédiaire mort entre l'expression individuelle et la mise en oeuvre de loi valant pour la collectivité. Internet permettait de transofmer la citoyenneté, situation liée à une subjectivité non complètement cernable et descriptible mais partagée malgré cette imprécision, en objet voire en produit d'une discussion qui le définit par réductions successives (l'inverse du dicours sur Internet tenus dans les années 1998/2003).
Il y a en effet un décalage inquiétant entre le soucis de sécurisation matérielle du site Facebook (de manière idiote les quelques pannes techniques qui ont affecté le site ont fait beaucoup pour sa promotion) d'une part et d'autre part la vulnérabilité et l'accessibilité des données des membres du réseau.
A l'heure actuelle la recherche informatique se porte sur la modélisation de l'information, le "remote sensing" (l'encodage et la mise en forme automatique de données issues du modne réel), plutôt que sur l'architecture physique des réseaux. Lorsque les technologies auront mur il est à redouter que tout sera en place techniquement pour le pistage permanent de l'humanité, et l'évaluation statistiique immédiate de leur comportement. Ces sites serviront aussi probablement de sous-traitant pour l'alimentation et l'analyse des bases de données de service public et la mise en oeuvre de tâche comme l'impôt, le recensement, le raccordemennt physique aux réseaux d'énergie.
Il faudrait un effort collectif de critique d'ordre situationiste (lequel mouvement critiquait lucidement la promotion de la cybernétique au rang de science sociales au début des années 1960) maintenu sur 20 ans pour échapper à cette issue navrante.

Récemment une membre d'une ONG anglaise présente en Afghanistan a été prise en otage, puis tuée (avec ses ravisseurs) par les soldats coalisés venus initialement la libérer. En tapant son nom sur Google on trouvait son profil laissé tel quel Facebook, qui appaissait tout à la fois artificiellement puéril (dans ses favoris un buzzz satirique "Ahmed the Dead Terrorist") et grotesquement tragique. Comment Facebook enregistrera t'il notre propre mort?

L'ancêtre de Facebook c'est "le Voyage au Congo" d'André Gide, le seul prisme par lequel il donne une image complète de la colonisation c'est déjà J'aime ("mon bungalow, mon livre, le repas, la ponctualité et la modestie")/J'aime pas ("la souffrance des gens, et leur bavardage incohérent, leur fatigue aussi, et puis la fatigue en général"). La possibilité de se détourner des plaies que l'on est le seul à voir la communication.

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Largo le Mer 27 Oct 2010 - 23:00

Hello Tony,

C'est gentil de passer dire quelques mots par ici. Wink

Comment Facebook enregistrera t'il notre propre mort?

A cette question je peux juste répondre qu'apparemment, le site met désormais en place des mausolées virtuels...

Sur le reste, tu apportes des précisions intéressantes, mais je suis trop fatigué, là, pour décortiquer. Je sais justement que clairement, le combat situationniste ou pas contre ces technologies intrusives est perdu depuis bien longtemps What a Face



Oh là là là là là là ! pauvre Alain Badiou, pauvre spectateur, pauvre nous, pauvre moi, pauvre cinéma, pauvre monde.

Oh, là, là, VS, désolé mais face à une telle amorce, on a pas envie de lire la suite. On est juste tenté de répliquer bêtement : le monde, tu l'aimes ou tu le quittes Very Happy
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par balthazar claes le Ven 29 Oct 2010 - 9:13

Tony le Mort a écrit:rien de plus consensuel et de plus global qu'une variante érotiquement désinvestie des sites de rencontre

pas mal trouvé, ça


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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Sam 30 Oct 2010 - 20:15





Fuck FaceBook in the face.

Ce n'est pas un film sur Z, sur le fric, sur le pouvoir, sur facebook, pour autant qu’un œuvre d’art puisse jamais avoir un sujet, un thème, porter sur quelque chose, c'est d'abord un film sur le fondement légitime de l’aristocratie démocratique : l'intelligence, le QI. En ce sens le film est "raciste" (racisme de l'intelligence comme disait l'autre).

D'emblée, avec la fameuse première scène, le problème est posé, en terme d’appartenance, d’exclusion, les grands clubs, les universités, mais aussi en terme de "race" ; il s'agit de savoir qui est le plus malin, qui a le plus gros QI : le blancs-juifs ou les asiatiques-chinois ?

Notons, comme je le disais ailleurs, et en d’autres circonstances, que tous les tests, aux usa, et les diplômes, placent les asiatiques en tête. Les asiatiques sont la « race » supérieure ; ils ont détrônés les juifs ; le film s’inscrit donc dans la guerre des civilisations-races ; et dans la hantise du déclin du « pouvoir blanc ». Si les asiatiques sont les plus intelligents, on n’en rencontre aucun dans le film, pas non plus de Noirs, mais pour d’autres raisons ; alors que le président us est plus ou moins noir, les Noirs ne semblent pas autorisés à jouer dans le club des supers génies ; ce n’est pas rien.


La rivalité, cachée, secrète, la partie se joue entre les blancs-juifs, et le spectre de l’asiatique que l’on exorcise en baisant des asiatiques.


(idée à développer, bien entendu ; si on se souvient de gran torino, la question est de savoir qui va se taper les asiatiques : les Blancs et leur cerveau, ou les Noirs et leur corps

"There's an algorithm for the connection between Jewish guys and Asian girls.
They're hot, smart, not Jewish and can dance."


ces lignes très controversées; MZ serait-il un de ces juifs qui n'aiment pas les Juifs; facebook serait-il antisémite et donc anti israélien? )




C’est avant tout un film de mecs ; un film phallogocentrique, au sens le plus fort du mot, c’est le logos, le discours, le cerveau qui déterminent le pouvoir ; le phallus, c’est le cerveau ; les mecs ont leur bite dans le cerveau, et les beaux culs à baiser sont avant tout marqués par le nom des grandes universités (la première apparition du fameux fondateur de Napster, P).

Les filles sont des groupies.

(film pour ado, culture pop, donc modèle de la star rock ; MZ n’est pas BGates ; l’un est rock l’autre pas ; Z définit son projet comme une mode, comme la mode, facebook n’aura jamais de fin, pas plus que l’idée de la mode n’aura de fin ; l’idée de la mode, c’est la distinction, la hiérarchie ; le problème est que facebook ne peut se vendre, rapporter, qu’en sortant du cercle restreint des universités ; mouvement de démocratisation ; le capitalisme ne peut supporter la trop grande aristocratie, les cercles trop fermés ; il fonctionne au nombre ; ou plutôt… ).

Jusque là c’était la beauté, l’apparence, le look qui déterminait l’objet sexuel, ici, les grandes universités imposent un nouveau modèle. Harvard, c'est cool; Harvard c'est sexy.

Comme on dit dans « funny people » (dont le film est assez proche ; plus j’ai d’amis virtuels, moins j’ai d’amis dans la vie dite réelle, dit l’un des personnages du film), les filles aiment se taper des célébrités.

Une exception, une fille refuse de jouer ce jeux, du mépris, de l’intelligence, du club, de la sélection. Erica, qui traite Z de trou du cul, est le point de vue moral sur le film, sur ses personnages ; mais comme elle n’est pas dans une très grande université, son point de vue n’est pas très fondé : la morale n’est rien d’autre que la perspective du faible ; dans une scène importante, Erica est à table avec des potes, Z, pour qui les choses commencent à marcher, vient la trouver, il veut discuter avec elle, elle refuse, un type intervient pour demander s'il l’ennuie : ce mec est noir, bien entendu ; la morale des esclaves contre la morale des maîtres.


Mais cette affaire d’esclave et maître est complexe ; pas simple ; Z est lui-même finalement un esclave, comme le fait remarquer BC, il carbure essentiellement au ressentiment, du moins c’est ce qu’on laisse entendre.
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Sam 30 Oct 2010 - 20:35






le film est une "sociodicée", aurait dit Bourdieu.


"En fait, la force de l'idéologie néo-libérale, c'est quelle repose sur une sorte de néodarwinisme social : ce sont « les meilleurs et les plus brillants », comme on dit à Harvard, qui triomphent.

Derrière la vision mondialiste de l'internationale des dominants, il y a une philosophie de la compétence selon laquelle ce sont les plus compétents qui gouvernent, et qui ont du travail, ce qui implique que ceux qui dont pas de travail ne sont pas compétents. Il y a les winners et les losers, il y a la noblesse, ce que j'appelle la noblesse d'État, c'est-à-dire ces gens qui ont toutes les propriétés d'une noblesse au sens médiéval du terme et qui doivent leur autorité à l'éducation, c'est-à-dire, selon eux, à l'intelligence, conçue comme un don du Ciel, dont nous savons qu'en réalité elle est distribuée par la société, les inégalités d'intelligence étant des inégalités sociales.

L'idéologie de la compétence convient très bien pour justifier une opposition qui ressemble un peu à celle des maîtres et des esclaves : avec d'un côté des citoyens à part entière qui ont des capacités et des activités très rares et surpayées (…) et puis, de l'autre côté, une masse de gens voués aux emplois précaires ou au chômage.

Max Weber disait que les dominants ont toujours besoin d'une « théodicée de leurs privilèges », ou, mieux, d'une sociodicée, c'est-à-dire d'une justification théorique du fait qu'ils sont privilégiés.

La compétence est aujourd'hui au coeur de cette sociodicée, qui est acceptée, évidemment, par les dominants — c'est leur intérêt — mais aussi par les autres.

Dans la misère des exclus du travail, dans la misère des chômeurs de longue durée, il y a quelque chose de plus que dans le passé.

L'idéologie anglo-saxonne, toujours un peu prédicatrice, distinguait les pauvres immoraux et les deserving poor — les pauvres méritants — dignes de la charité.

À cette justification éthique est venue s'ajouter ou se substituer une justification intellectuelle. Les pauvres ne sont pas seulement immoraux, alcooliques, corrompus, ils sont stupides, inintelligents.

Dans la souffrance sociale, entre pour une grande part la misère du rapport à l'école qui ne fait pas seulement les destins sociaux mais aussi l'image que les gens se font de ce destin (ce qui contribue sans doute à expliquer ce que l'on appelle la passivité des dominés, la difficulté à les mobiliser, etc.).

Platon avait une vision du monde social qui ressemble à celle de nos technocrates, avec les philosophes, les gardiens, puis le peuple. Cette philosophie est inscrite, à l'état implicite, dans le système scolaire."

(Bourdieu)





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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Sam 30 Oct 2010 - 20:37



With 62 of its alumni now billionaires, Harvard tops Forbes’ list of ‘Billionaire Universities’, followed by Stanford that boasts of 28 billionaire graduates.

The number of Harvard alumni who are billionaires swelled to 62, up from 54 in 2009, “more than any other American university by a long shot,” Forbes said.

Harvard’s billionaire alumni are an accomplished group. They include Microsoft Chief Executive Steve Ballmer, New York City Mayor Michael Bloomberg and media tycoon Sumner Redstone.

Stanford University came second on the list of schools that have turned out the most billionaires.

Among its 28 billionaire graduates, up from 25 last year, prominent are Yahoo co-founder Jerry Yang and Google founders Sergey Brin and Larry Page.

Top 10 Universities that Produced the most billionaires

1. Harvard University: Number of billionaire alumni: 54
2. Stanford University (25)
3. University of Pennsylvania (18)
4. Columbia University (16)
5. Yale University (16)
6. University of Chicago (13)
7. Massachusetts Institute of Technology (11)
8. New York University (10)
9. Northwestern University (10)
10. Cornell University (9)
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Invité le Lun 1 Nov 2010 - 3:54



Le gaping, ou ass gaping, désigne une pratique purement visuelle du cinéma pornographique consistant à montrer l'anus, et parfois le vagin, dilaté et béant suite à une longue pénétration de quelque ordre que ce soit. (wikipédia)




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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Eyquem le Lun 1 Nov 2010 - 10:50

La métaphore est pas terrible (on en avait parlé à propos d'un Godard, si je me souviens bien)

De toute façon, elle ne marche pas : il n'y a que du sexe oral dans le film (et c'est logique, vu que tout se passe au niveau de la tête ici).
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Lun 1 Nov 2010 - 18:38

JM a écrit:



on peut aussi dire : Gap, c'est d'abord un fossé, un écart, une différence, c'est de l'ordre de l'obstacle à la transparence, à la communication, aux liens, etc., et, agencé au film, Gap, c'est une histoire de succès, une idée qui rapporte ; ça aurait été inventé, nous dit wiki, par un gars qui ne trouvait pas de jeans à son goût ; Donald Fischer. "Le nom lui a été soufflé par sa femme en référence au "generation gap" (fossé entre les générations)", un des thèmes du film ; bien entendu ; des jeunes qui disent merde à des adultes, et à leur pouvoir ; c'est ça aussi facebook. Gap, vêtement : on pense à l'histoire que raconte Parker du fondateur de Victoria's Secret, qui voulait juste acheter des sous-vêtements à sa femme ; n'oublions pas que Zuckerberg défini facebook en terme de mode.


notons, en passant que l'idiot de renzi rapproche rain man et le fincher, sans doute à cause de l'autisme supposé du génie "mathématique" ; oui, il ressemble à DH, mais à DH, dans marathon man ; une histoire de lutte entre un jeune étudiant juif et des nazis. Suffit de voir Zuckerberg courir pendant des heures pour ne pas se tromper ; le Fincher, c'est aussi une histoire de lutte entre un petit juifs et les wasp représentés par les jumeaux alliés à leur pote indien ; de vrais aryens.



Gap, c'est aussi une marque, un logo


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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Lun 1 Nov 2010 - 18:42

Eyquem a écrit:La métaphore est pas terrible (on en avait parlé à propos d'un Godard, si je me souviens bien)

De toute façon, elle ne marche pas : il n'y a que du sexe oral dans le film (et c'est logique, vu que tout se passe au niveau de la tête ici).

il y a tout de même : sean parker, pour qui c'est pas dans la tête, et le cul de la fille marqué "stanford".
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Lun 1 Nov 2010 - 19:20

L’algorithme de l’attraction entre les filles asiatiques et les garçons juifs

Zuckerberg n’aime pas le film de Fincher ; c’est ce qui se dit et se répète. On feint de le croire, et de penser qu'à sa place, on en ferait autant. L'un des points de litige, de désaccord, semble anodin, mais il tient à le rectifier : ce n’est pas pour impressionner une fille qui l’a rejeté qu’il aurait crée facebook.

Son amie d’alors est toujours la même : Priscilla Chan.

Priscilla, un prénom prédestiné ; ses parents adoraient–ils Elvis ?

Rêvaient-ils qu’elle épouse une idole américaine ?

C’est possible.

Je n’ai pas googlisé sur la question, mais je sais par contre les circonstances de la rencontre (elles ne doivent rien au virtuel) je vous les évite, bien que ce genre de choses ne soit pas sans intérêt. La critique ciné aurait une meilleure allure si elle se peopilisait. On apprendrait des trucs, et on s'amuserait un peu plus.




Meet Mark Zuckerberg’s girlfriend Priscilla Chan. How did this beauty land one of the most powerful businessmen in the world? We’ve got the details and the photos of his girl for you to peek at right here!

Comme on s’en doute, cette fille fait des millions de jaloux (250 millions exactement) ; et là encore, on ne peut que comprendre, MZ ne ressemble pas à l’affreux milliardaire que les contes à dormir debout ont appris aux jolies filles à détester. On reviendra sur ce point une autre fois, et en d'autres circonstances.



Ce qui m’intéresse ici, c’est cette question : si la copine de Z est asiatique, dans la réalité, pourquoi lui avoir substitué Erica dans la fiction ? C’est une question que l’on ne se pose pas assez à mon goût, je dois être le premier à le faire, je suis souvent premier dans ce genre de concours sans intérêt. Après tout, je me dis, Fincher et son scénariste, Aaron Sorkin (Aaron, encore un nom prédestiné; Aaron c’était le frère de Moïse, le mec qui parlait pour lui ; Moïse était bègue, on ne le sais pas assez) auraient pu nous raconter la même histoire avec une asiatique dans le rôle d’Erica. La seule différence aurait été que l’amour authentique de Zuckerberg aurait été asiatique ; ce qui n’est pas rien, pour le film, et pour nous.





L’effet étrange produit par cette substitution, Erica à la place de Priscilla, c’est de nous donner le sentiment que la copine réelle de Z n'est qu’un lot de consolation, de quoi calmer le jobard, comme on dit.

C’est pas elle qu’il aime vraiment, suggère le film, mais cette fille inaccessible qui depuis facebook refuse de devenir sa pote. Ça laisse de l’espoir aux jeunes filles qui veulent épouser des milliardaires, jeunes et cools. Etre un jeune milliardaire est tellement plus cool qu’être un vieux milliardaire, être le plus jeune milliardaire du monde et américain de surcroît, on ne peut pas faire plus cool ; c’est le cool du cool. Mais faut vite ajouter que ça ne changerait rien à leur vie ; celles qui s’attendent à la grande vie avec Zuckerberg seront déçues. Le mec et sa copine asiatique (bien qu’américaine) vivent on ne peut plus simplement ; modestement. L’argent l’intéresse tellement peu. C’est fou, et logique. Seuls les pauvres sont obsédés par le fric, car, comme disait le vieux et sage Platon, c’est le non-être relatif qui désire l’être relatif ; c'est le non sage qui se veut sage, le non-riche riche, le laid, qui poursuit la beauté. Le non-être absolu ne pouvant absolument rien vouloir.



Mais je m’égare ; resserrons le propos.

Donc, nous dit-on, l’origine de facebook, comme celle de napster, c’est le désir de se taper des filles, hot, smart et tout. Voilà un énoncé généalogique très simple, très nietzschéen : les origines ne sont jamais belles, pures, transcendantales. Mais comment se taper ce genre de filles, quand on est juif, quand on n’a rien de particulier en dehors d’un cerveau de première grandeur ? C’est pas facile, parce que ces filles, tout le monde les veut, et, elles, ne rêvent que du capitaine de l’équipe de foot, de l’athlète issu de la grande et wealthy famille, à ne pas confondre avec le mec tiré du ghetto par une bourse pour faire semblant d’étudier, le pauvre gladiateur afro-américain, sans cervelle, que tous méprisent.

Dans ces conditions de compétition, presque injuste, nos héros, Zuck et son ami, n’auraient aucune chance, s’il n’y avait les filles asiatiques, qui raffolent des juifs.

C’est ce qu’on apprend lors de la soirée de la fraternité juive, Epsilon Pi, où Zuckerberg s’étonne de la présence de tant de filles asiatiques et se demande ce qu’elles foutent là.

Dans le bouquin de Ben Mezrich, qui a servi de base au film : The Accidental Billionaires : The Founding of Facebook A Tale of Sex, Money, Genius and Betrayal, ca c’est un titre, on apprend que cette fraternité juive n’a pas grand-chose de juif ; Epsilon Pi est plutôt un truc pour les juifs qui n’ont de juifs que le nom. Les autres, les pieux, kasher et tout (ce sont ses expressions), ceux qui ne sortent qu’avec des membres de la tribu appartiennent plutôt à la Hillel House. Celle de harvard is now one of the most exciting and dynamic Jewish organizations in the country



Pourquoi ces asiatiques s’intéressent-elles donc aux juifs ?

C’est la question que ces génies de la rationalité mathématique tentent de mettre en loi.

En passant, notons qu’après « film, socialisme », c’est le second film « in » à s’intéresser à la rationalité mathématique de l’exactitude, même si le truc de Godard, c’est plutôt la géométrie ; un autre film aussi qui tient compte des changements survenus dans l’image, et la politique depuis le Net, youtube (qui a inventé ça ?) et facebook (même question); un autre film sur le vol, celui l’or, celui de l’idée qui rend milliardaire ; les droits de propriété, et du propriétaire ; l’impossible appropriation ; même si formellement, il y a rien de commun, ou si peu, entre les deux cinéastes, c’est intéressant à noter.

Mais ce qui intéresse Godard, c’est plus la quadrature du cercle israëlo-palestinien que l’algorithme de l’attraction des filles asiatiques. Un topic, nous dit le livre, sur lequel Eduardo et ses potes revenaient souvent avec les gars de la fraternité (frat brothers). Bien entendu, raconte le bouquin, papa et maman seraient contents si leurs enfants "dataient" des juives, mais on n’a pas toujours le choix.

Quand on cherche à se taper les filles les plus hot possibles, il faut être aussi rationnels que possible ; il ne faut pas aller vers celles que l’on veut, qui sont hors d’atteinte, il faut plutôt rationaliser son choix ; c’est de l’économie, de quoi mettre en fureur le pauvre Ferry, et le pauvre Besson.

C'est pas que les gars comme lui soient spécialement attirés par les asian girls, c’est plutôt que ces asian girls sont généralement attirées par des gars comme lui, et s’il veut optimiser ses chances de scorer avec les filles les plus hots possibles, il lui faut investir dans les filles qui sont le plus intéressé par lui.

(ma traduction, de mémoire, du livre)



Et pourquoi, donc sont-elles ainsi attirées, ces filles asiatiques ?

Nous ne savons pas trop, la phrase où il énonce la loi, dans le film, ne dit pas grand-chose de précis :

« There's an algorithm for the connection between Jewish guys and Asian girls. They're hot, smart, not Jewish and can dance."






Est-ce parce qu’elles sont hot, smart, peuvent danser, qu’elles sont attirées vers les juifs ou est-ce l’inverse, parce qu’elles sont hot, smart et super danseuses qu’elles attirent les juifs ?

Dans le premier cas, ce ne serait pas simple à comprendre, dans le second, un peu plus ; en effet, on ne peut pas expliquer une attraction en énumérant les qualités du sujet de l’attraction ; on ne peut pas dire « je t’aime parce que je suis malin comme un singe, je danse comme travolta, et suis chaud comme un lapin » ; il faudrait plutôt dire l’inverse, attribuer ces qualités à l’objet de l’attraction ; à ce qui attire ; à moins bien entendu qu’il ne faille entendre cela humoristiquement ; seules les filles hot, smart, et capable de danser peuvent être attirées par des juifs ; les idiotes laides et incapables de danser ne le peuvent pas. Ce qui serait marrant et une veine pour eux.

Mais il y a un hic, comme on dit en latin. Dans l’algorithme, le fait que les asiatiques ne soient pas juives est présenté comme une qualité, une valeur, en tous les cas comme une raison qui explique leur attraction pour les juifs.

Mais pourquoi le « not jewish » serait une qualité, une raison ? On ne sait pas très bien ce qu’il faut répondre.

Les filles juives ne voudraient pas des juifs ? Parce qu’elles ne sont pas assez hot, smart, ne savent pas danser ? Ou alors ce sont les mecs juifs, qui ne veulent pas d’elles, pour des raisons qui restent à déterminer, qui ne sont pas nécessairement contenues dans la phrase ?

Qu’on veuille se taper une fille hot, smart, et qui sait danser, rien de plus normal ; mais qu’elle ne soit pas juive, n’es pas une qualité en soi, ne peut pas être une qualité, surtout si on est soi-même juif, comment comprendre ?

S’agit-il d’antisémitisme juif?

C’est ce que croient certains juifs : "the growth in the number of couples made up of Jewish men and Asian women (especially so in Northern California)" ne fait pas plaisir à tout le monde.

Who cares if nerdy American Jewish want to marry Asian women ? Their children won't be Jewish anyway. I don't accept non-Jewish women as Jews who "converted" only for marriage. I'm so sick of anti-semitic Jewish men bringing their trophy Asian wives into the Jewish commmunity. They should just leave us alone. Paul Golin is a director of the so-called "Jewish Outreach Institute." This is a radical pro-intermarriage group that are anti-Jewish women. They believe non-Jewish women are superior to Jewish women and can raise Jewish children which is absolutely ridicoulous. Btw he's married to an Asian woman. No surprise there!


La position du film me semble aller dans ce sens, en un sens : il semble refuser à Zuckerberg d’avoir une petite amie asiatique, un vrai amour asiatique ; et le pauvre Edouardo lui-même, se mord les doigts de sa rationalité, de son algorithme érotique ; après avoir chanté les louanges des asiatiques, il ne rêve que d’une chose, se débarrasser de la sienne, complètement incontrôlable, parano, possessive, et assez effrayante.


Notons que les deux filles asiatiques, qui ne semblent pas briller par leur intelligence, semblent plutôt assez pétasse, et faciles.








Je reviens à ma question : pourquoi avoir substitué à Prescilla Chan, l’amie réelle, cette Erica de fiction, à l’"origine" de facebook ?


Par hasard, le hasard est le grand ami des critiques et des artistes, j’ai remarqué qu’Erica, rimait avec America. Erica est contenue toute entière dans amERICA. Et si c’était la raison me suis-je dis de la substitution. C’est le genre de question que l’on se pose en plaisantant, mais sur le net, on trouve toujours des gens pour donner du crédit à toutes nos plaisanteries ; y a des gens qui décomposent America, en Am-erica, pour nous donner une étymologie sacrée :

Am= A name for males in Sweden, which means “eagle”.

Erica= The feminine form of Eric, ”honorable ruler” (German) , brave ruler (English) and “eternal ruler” (Norse). Related translations include “forever strong”, “ever kingly” and “noble”.

Thus “America” understood from the arrangement “Am-Erica” means “the honorable ruling eagle” or “the honorable eagle ruler”, “the eternal eagle ruler” or “the eternal ruling eagle”, ”ever kingly eagle”, “the eagle brave ruler” and “the forever strong eagle”.





Le petit juif est traité de asshole par Erica, et à la fin, après être devenu milliardaire, il cherche à faire ami avec elle, avec l’Amérique, en un sens, mais semble échouer. L’éternelle ruler, celle qui commandera toujours, qui sera toujours au commande, ne veut pas de lui ; la fille blanche est l’authentique objet d’amour, le désirable absolu.


Erica, c’est la seule, celle qu’il ne peut pas avoir ; celle qui domine, contrôle son désir. C'est l'image finale ; et la morale est qu'on ne peut devenir l'ami que de qui le veut bien.





On dirait du Fitzgerald ? oui, bien sûr.

N’oublions pas, Fincher s’est intéressé à l'écrivain ; et l’œuvre de Fitzgerald (sa vie même) est toute entière dominée par un sentiment d’exclusion du monde des riches, des vrais américains de race, de naissance, ces êtres à l’essence supérieure ; ce qui faisait bien rigoler Hemingway, qui ne trouvait rien de particulier aux riches en dehors du fric ; aucune essence supérieure.

MZ, c’est une manière de Gatsby, le gars qui devient milliardaire pour gagner le cœur de son amour éternel, WASP, et de tout ce qu’il représente, en vain.


On dit que Gatsby était juif, les frères Winklevoss seraient alors son "tom buchanan"; Tom Buchanan, le wasp parfait, hyper riche, et athlétique ; ancien joueur de foot américain, si je me souviens.



“Am-Erica” : “the honorable ruling eagle

Honorable, honor, ce sont des termes qui reviennent sans cesse dans la bouche des deux frères.










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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Invité le Lun 1 Nov 2010 - 23:37

Salut,

Malgré tout ce que tu fais pour essayer de nous amuser, et je t'en suis très reconnaissant Borges, l'un des trucs les plus drôles de ce topic est là :

In a book written by Sarah Lacy, we are hearing that despite their busy work with Facebook, they drew up a contract to spend time together outside of it all. One rule includes “One date per week, a minimum of a hundred minutes of alone time, not in his apartment, and definitely not at Facebook.“

Apparemment la fille apparait pas dans le film, dommage ça aurait sans doute donné au moins un très bon gag, ça fait presque penser à du Lubitch !

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par careful le Mar 2 Nov 2010 - 10:37

Borges a écrit:C'est pas que les gars comme lui soient spécialement attirés par les asian girls, c’est plutôt que ces asian girls sont généralement attirées par des gars comme lui, et s’il veut optimiser ses chances de scorer avec les filles les plus hots possibles, il lui faut investir dans les filles qui sont le plus intéressé par lui.

(ma traduction, de mémoire, du livre)

Et pourquoi, donc sont-elles ainsi attirées, ces filles asiatiques ?

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par adeline le Mar 2 Nov 2010 - 13:53

Salut tous,

Largo dans son texte sur le blog parle à la fois des comédies américaines à la "His Girl Friday" et du scénariste Aaron Sorkin. En voyant la première scène du Fincher, je n'ai pas eu l'impression de me retrouver dans la salle du journal de His Girl Friday. Je me suis demandé pourquoi, alors que tu y fais référence Largo. Puis je me suis dit que cela devait tenir à la manière dont A. Sorkin, dont tout le monde parle, écrit ses dialogues. J'ai donc reregardé les deux premiers épisodes de The West Wing.

J'ai remarqué un truc, et ça tient plus au montage qu'aux dialogues eux-mêmes.

Voici la première grande scène de His Girl Friday. A partir de 4.30, c'est l'échange très connu entre Cary Grant et Rosalind Russel. C'est pratiquement un plan séquence. Depuis le début du film, de toute manière, il y a très peu de coupes, et les dialogues ne sont absolument pas rythmés par le montage, mais bien par la vitesse "réelle" de la conversation. En cela, on est assez proche d'une scène de théâtre de boulevard.


Ici, une scène de la première saison de The West Wing.
Au milieu de la scène, on remarque que c'est pratiquement une coupe par réplique, on passe constamment au contre champ pour la réponse.



Et là la première scène (pas entière) de TSN :
même technique. La scène est très découpée. La rapidité ne vient donc pas réellement de la réaction réelle des personnages aux répliques des uns et des autres, mais au fait qu'entre chaque coupe tombe une seconde ou une demi-seconde. La virtuosité des échanges est pratiquement entièrement due à la vitesse du montage, et non à la tension réelle de la scène entre les acteurs. Ce n'est pas vrai pour toutes les scènes, bien sûr, et dans "The West Wing" certaines scènes fonctionnent très bien en plan séquence. Ceci dit, on peut se demander alors quelle impression donnerait la même scène d'ouverture tournée en plan séquence, pour TSN : une conversation sans réel esprit, où le but serait simplement d'écraser l'autre de son QI ?



J'ai détesté ce film pour mille raisons. L'une d'elle, c'est que tout y est construit pour nous donner l'impression qu'on n'existe pas, nous, les gens normaux qui n'arrivent pas à voir la différence qu'il y a entre un million de dollars (pas cool), et un milliard (cool). Cette première scène tourne la tête. Avec les sous-titres, elle est pratiquement impossible à suivre, sans les sous-titres on peut s'en tirer, mais on remarque surtout que ces jeunes gens parlent et pensent à une allure qui n'est pas commune. Je ne trouve pas ça très intéressant.
Les jumeaux Winkleloss et leur pote, je ne les aime pas plus que le reste des personnages. Mais un truc me paraît dingue : le film les montre comme des loosers, has-been, etc. Le carton de la fin, "ils arrivent 6e aux Jeux Olympiques de Pékin" (tiens, Pékin, Borges, encore la Chine ! Wink ) ferait même rire, 6e, eux qui ne pensent le monde qu'en voulant être premiers. Mais, dans un monde plutôt normal, qui ne fonctionne pas uniquement comme Harvard et Yale, participer aux Jeux Olympiques et arriver 6e, c'est un truc déjà exceptionnel.
D'ailleurs, en parlant d'Harvard et Yale, tous les personnages de The West Wing sortent également de l'une ou l'autre de ces facs ; le monde selon Sorkin et Fincher, c'est le monde selon Harvard.

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par D&D le Mar 2 Nov 2010 - 14:01

Je trouve ça juste ce que tu soulignes sur le montage.

Quant à : "mais on remarque surtout que ces jeunes gens parlent et pensent à une allure qui n'est pas commune.", il faut penser aussi, très bêtement - et Fincher le dit dans une interview je ne sais plus où - qu'il conservait le final cut si le film ne dépassait pas deux heures. C'est la raison pour laquelle les gens parlent super vite pour lui, la base scénaristique faisant 2h30 et il voulait couper le moins possible. Ce qui achève de me consterner mais n'enlève rien à la question du montage.
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Mar 2 Nov 2010 - 18:23

ah, un peu de vitesse dans les échanges, je pensais que personne ne parvenait plus à suivre...

rapprocher, et distinguer; c'est penser...

tout à fait d'accord pour le montage; on peut ajouter différentes choses, dans le désordre, et très vite...


-Dans le fincher, la vitesse c’est d’abord un signe, la marque, l’expression d’une pensée supérieure; parler vite, c’est penser vite. Contrairement à la comédie de la grande époque, le corps ne bouge pratiquement pas. parler vite, penser vite, faire vite, c'est être supérieur, en général; n'être que sixième est une calamité, même deuxième ça ne vaut rien; c'est peut-être même pire, surtout quand l'écart est presque inexistant entre le premier et le second; comme disent les managers de foot et les autres sportifs, la deuxième place, c'est la pire. Dans le film, le sport est la marque, l'évidence sensible de cette supériorité de la pensée, de la vitesse...


-Dans la première scène, zuckerberg ne dit rien d'hyper brillant, il ne dit rien d'intéressant, mais il affole par la vitesse; on aurait presque envie de le calmer, de voir là un signe de détraquement psychique, mais rien de tel, nous prouvera le film; la fille, erica, qui fait mentir son prénom, ne contrôlant rien, autant que le spectateur est débordée; nous sommes battus, enfin, moi je l'étais pas trop, je m'en tapais, une fois que j'avais pigé l'essentiel, je laissais le pauvre zuckerberg parader, amusé par une vanité aussi lamentable; mais j'avoue que j'étais aussi sensible au terrible complexe d'infériorité du mec; comme disait freud, les contraires se rencontrent; les dingues du complexe de supériorité sont aussi démolis par un terrible complexe d'infériorité.


-Le rapprochement avec le hawks; c’est quoi "his girl Friday", dont je crois être l'un des plus grand spécialiste au monde? Le titre français, "la dame du vendredi" ne veut rien dire ; il nous attire du côté de chez feydeau, « la dame de chez Maxim » ; le mot important, ici, c’est « Friday », ça veut bien dire "vendredi", mais pas le jour de la semaine; vendredi, c'est plutôt le personnage de robinson Crusoe, l’esclave-serviteur-élève de Robinson ; dans le roman on trouve l’expression « his man Friday » ; de là, le le terme « man Friday », en est venu à signifier « l’aide », « l’assistant » , « l’employé » ; « girl Friday » en est une variation.

Dans "his girl friday" (on aura pas le temps de déployer, cette idée de possession, et de propriété), on assiste à une lutte pour la reconnaissance; là aussi il est question de vitesse, pas seulement celle de la pensée, du langage, celles aussi des moyens de communications, téléphone, presse, bagnoles... il faut aussi aller vite aussi pour sauver un type condamné à mort, un dingue, justement; il faut aller vite pour écrire, publier un article; il y a aussi la vitesse de la ville contre la lenteur du prétendant qui vient de sa province; comment s'appelle-t-il encore...?

Lutte pour la reconnaissance, donc, entre un patron et son employé, entre une femme et un homme, entre une femme et son mari, même s'ils sont séparés, ils sont encore ensemble (le divorce n'est pas éternel); cet homme, selon cavell, est aussi un éducateur, un père, un type qui veut améliorer son amour; rien de semblable chez fincher; aucune dialectique, tout se termine par un asshole, aucun remariage possible; et c'est bien normal, le mec veut juste montrer qu'il est le maître, c'est-à-dire quelqu'un avec qui on ne discute pas, avec qui on ne peut pas discuter...

-Chez hawks, l'homme et la femme parlent à vitesse égale, dans une lutte "dialectique"; et, comme le dit deleuze, c’est à prendre ou à laisser, la vitesse des échanges emporte les personnages, ils sont plus parlés plus qu’ils ne parlent ; inversion, humour, dépossession, désocialisation... démontage des identités, rupture des niveaux de langage ; la parole est mise dans tous ses états...Chez fincher, dans le fincher, le langage est bien plutôt la démonstration d’une maîtrise de la pensée ; une pensée, sans humour, sans esprit, finalement, tout en démonstration, en argumentation... on parle de ping pong, à propos de ce film, c’est pas précis, et assez trompeur; pour qu'il y ait ping pong, il faut que l’autre soit capable de renvoyer la balle ; ici, il s’agit de monopoliser la parole, et de rendre impossible le retour, la répartie ; pensons à la scène avec parker, la première rencontre entre Z et SP; parker, parle, parle, parle, les autres écoutent ; et edouardo qui raconte la scène insiste sur le fait que zuckerberg avait trouvé un mec qui parlait encore plus vite que lui, un mec qui lui est ainsi supérieur ; et il est vrai que zuckerberg sera fasciné par la vitesse de son pote, avant de comprendre que cette vitesse contient des dangers, ceux d’une dépense dionysiaque qui met en danger le sérieux d’un société qui veut grandir…(capitalisme contre dépense généralisée; on pense à bataille; deux formes de l'économie )


-la conversation, dans la comédie classique, comme le dit deleuze, celle que l’on trouve chez hawks, cuckor, mcCarey, n’est pas seulement une affaire de vitesse, mais aussi de démence ; deleuze parle de schizophrénie , comme modèle ; toute discussion devient schizophrénique, sans ancrage empirique, sociale, politique, etc ; la schizophrénie, c’est l’un des thèmes des films de fincher, mais, elle n’a pas du tout le même statut, ici, dans Social network, le personnage même s’il parle de plusieurs choses à la fois, ne délire jamais; jamais les deux activités mise en scène ne remettent réellement en cause l’unité psychique de l’individu. Programmer et bloguer, programmer et boire, parler de deux choses à la fois, c’est pas un signe de division, de dissémination, une incapacité du logos à se rassembler dans l’unité d’un sens, d’un thème, c’est la monstration active d’une capacité de l’esprit à précisément rassembler les contraires, et ainsi larguer ceux qui ne peuvent pas suivre, poursuivre.

"il n’arrive pas à suivre; il est largué; trop lent" ; c’est ce qu’on dit des mauvais élèves, ils ne suivent pas, ne comprennent pas assez vite ; l’intelligence est liée à la vitesse, c’est une évidence; mais est-ce un lien naturel, ou historique, capitaliste? c'est une question. En tous les cas, la sagesse est plutôt lente; c’est pas simple.

-dans le Fincher, la vitesse, signe du cerveau, qui peut se disséminer sans risquer de se perdre, est aussi signe de la jeunesse, et de ses vitesses ; la majesté est affaire de lenteur; c’est pas pour rien que la tragédie parle moins vite que la comédie ; dans la comédie ce sont des sujets moins nobles qui causent; des gens ordinaires ; et c’est d’ailleurs un des signes à quoi on reconnait le peuple ; il parle trop vite ; n’ayant pas le temps, n’étant pas maître du temps, maître de soi, donc; alors que le maître est plus lent, plus posé ; Derrida, qui vient d’un milieu pas tellement bourgeois, se "détestait" quand en parlant trop vite, il laissait deviner son origine dans la vitesse de son débit.

Dans le film on aurait une manière d’inversion de la valeur de la vitesse; mimétisme des vitesses du Net ou affirmation d’une puissance liée à la jeunesse, à la nouveauté ? c'est la même chose, bien entendu, la même question.


-Vitesse de la jeunesse géniale ; mais aussi marque de l’inégalité ; chez hawks, les femmes parlent aussi vite que les mecs ; ce sont mêmes elles qui semblent parler le plus vite; les mecs sont à la traîne; par exemple dans BUBaby ; KH va bien plus vite que CG; la comédie, c’est d’abord des fast talking lady…

-Dans le fincher, ce sont des mecs, qui ferment la gueule à des filles qui ne peuvent pas aller aussi vite ; voyez la scène où zuckerberg balance la bouteille de bière à une fille qui n’arrive pas à l’attraper, qui ne parvient même pas à anticiper le geste de zuckerberg ; deux fois, la bouteille s'écrase contre le mur; la fille, très lente, presque endormie, a l’air complètement dépassée, la pauvre, et bien entendu tarte ; cette scène, c’est le modèle de la conversation dans le film…c'est aussi le modèle du rapport du film aux spectateurs, qui ne sortent pas de harvard et des autres grandes universités.




question presse, et question président, le fameux journal de harvard, et sa fameuse histoire de coq cannibale dans le fincher, The harvard crimson, a eu Kennedy, Roosevelt, comme rédacteur en chef;(dans his girl friday, aussi, il y a une histoire de coq, très importante, essentielle même selon Cavell )
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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Mar 2 Nov 2010 - 23:40

Homme sans âme, il soupire pour son amour perdu, amour qui n’est pour lui qu’une conquête de plus, qui lui donne un air de perdant romantique, qui se situe entre le Gatsby de Fitzgerald et une évolution mutante de Holden Caulfield, le personnage de L’Attrape-cœur de Salinger.


pas encore lu, le texte, suis tombé dessus, maintenant; mais je me pose des questions; l'influence des spectres s'étendrait-elle; serons-nous un jour aussi grands, aussi forts, aussi puissants que facebook? Des millions de membres? peut-être des milliards?

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Largo le Mer 3 Nov 2010 - 10:58

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Leurtillois le Mer 3 Nov 2010 - 19:16

Borges a écrit:-Vitesse de la jeunesse géniale ; mais aussi marque de l’inégalité ; chez hawks, les femmes parlent aussi vite que les mecs ; ce sont mêmes elles qui semblent parler le plus vite; les mecs sont à la traîne; par exemple dans BUBaby ; KH va bien plus vite que CG; la comédie, c’est d’abord des fast talking lady…

Ca fait penser à la "leçon de cinéma" (ou leçon sur l'image, sur l'icône ?) par JLG dans Notre Musique.
Dans celle-ci, juste avant (si je me souviens bien) le fameux Israéliens-fiction/Palestiniens-documentaire, il y a un autre champ contre champ :



Il montre ces deux photogrammes et on entend la voix du prof qui dit en substance : vous voyez, c'est la même image, ce qui prouve que Hawks ne savait pas faire la différence entre l'homme et la femme...

J'ai toujours trouvé que ce passage n'était pas très clair.
Au début, naïvement, je m'étais dit que c'était un bon point distribué à Hawks, l'égalité homme-femme ou je sais pas. Bon mais comme vient juste après les deux photos, fiction/documentaire, Israliens/Palestiniens, on peut imaginer que c'est c'est plutôt une critique, une critique péjorative. Y avait un texte sur le net sur Notre Musique qui évoquait rapidement ce passage disant que Hawks en prenait pour son grade mais sans vraiment expliquer pourquoi ; enfin bref, peut-être que tout ça est évident ou bien a déjà été commenté sur le forum.

Quand on lit des trucs sur Social Network (comme s parker j'enlève le The ça fait plus cool), revient souvent : le film de Fincher et d'Aaron Sorkin, comme si le scénariste était aussi important que le réalisateur.
Si on regarde la scène d'ouverture postée par Adeline, on peut observer, comme dans un cours de cinéma ennuyeux, la façon dont son filmés le garçon et la fille : de la même façon. Cependant c'est pas du Hawks cadrant CG et RR, la forme ne produit pas vraiment d'effet de sens, comme on dit. Le Godard-iconodule, celui qui filme Bernadette Soubiro, dirait sûrement : c'est un film intellectuel, sans image, on voit rien,etc.
La scène de la course d'aviron filmée avec cette apparemment fameuse technique visuelle dont j'ai oublié le nom, est assez agaçante, avec la reprise de l'air de M le Maudit, bande-son branchée ; Fincher a l'air de nous dire, regardez comme je maîtrise le cinéma, l'"image", etc., comme s'il fallait qu'il se prouve quelque chose, ayant conscience que son film reposait beaucoup sur son scénario, ses dialogues.
Ca me fait penser à ce que JM avait écris je sais plus où à propos de l'utilisation "nouveau-riche" du numérique dans le dernier film de T. Mann.

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Le_comte le Mer 3 Nov 2010 - 20:18

Vous montrez, assez justement, en quoi le film de Fincher n'a rien de commun avec le cinéma classique américain. Je n'ai pas compris toutes les références à Hawks, etc, qui se basent simplement sur le fait qu'une parole abondante occupe le centre de l'action. On pourrait même ajouter que Fincher se situe à des années lumières de la "morale" américaine du cinéma classique : contrairement à ce que dit Lepastier, il n'y a aucun socialisme dans The social network, ce socialisme qui était la marque de fabrique du cinéma classique US, là où la fiction donnait une chance aux personnages les plus démunis.

J'ai détesté ce film, et je ne sais pas pourquoi ni comment on peut écrire tout ce qui a été écrit sur lui. Mais, bon, j'en parle aussi, je suis piégé...

En tout cas, c'est un vrai plaisir de vous lire ces temps-ci.

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Re: The Social Network (D. Fincher)

Message par Borges le Sam 6 Nov 2010 - 9:31



im loke so suprised this wasnt thought as the most racis thing ever!


À propos de cette histoire de fille asiatique, j’avais évoqué Gran Torino, on peut aussi penser à un film plus récent, s’adressant au même public fasciné par les rivalités mimétiques : le remake de Karaté Kid, avec le fils du prince de Bel-Air dans « le rôle éponyme » (le genre d’expression que je déteste, je conseille à tous les critiques qui veulent éviter d’avoir l’air débile d’y renoncer).

(Comme on voit, y pas que la France où les fils continuent les œuvres du père, où les dynasties se succèdent, où le fils et le père marchent main dans la main à la recherche du bonheur.)



La première version du film, fut réalisée par le mec qui avait fait Rocky. Après la boxe, le karaté, on change de sport, ou d’art, mais on garde l’essentiel, pour notre propos général, une certaine idée d’appropriation et de guerre des « cultures ». Dans les deux cas, il s’agit d’une expropriation par l’image de la performance de l’autre, on prend la boxe aux Noirs et le karaté aux Japonais, pour y faire exceller deux Blancs d’origine assez prolo.

C’est un vieux truc.

Le premier souvenir qui me vienne de cette stratégie « coloniale », c’est Tarzan, le roi des singes, ou mieux encore Tarzan, "the white ape" (la whiteness sublimant tout ce qu’elle touche, c’est plus un singe ; la même opération performative et magique que la transformation de l’eau en au bénite ; essayez avec le diable, ou les vampires, et vous verrez que ça ne change rien à rien ; l’eau reste de l’eau, si vous ne croyez pas).


On voit quelque chose de semblable dans Apocalypto, mais en plus courageux, on pourrait remonter plus loin, à Protagoras, mais ça nous éloignerait.



Revenons donc au Karaté Kid. Dans la première version du film, Daniel, un jeune gars comme il en existe des millions, vit avec sa mère ; elle est veuve et ne roule pas sur l’or. Par chance, elle décroche un boulot, très loin de chez elle, en Californie, mais ça la rebute pas. Comme on le dit souvent à la télé, les Américains, quand il s’agit de bosser, n’hésitent pas à parcourir des milliers de kilomètres ; c’est dans leurs gènes culturels, la traversée des grands espaces, la grande route par tous les temps.

C’est pas comme les Français. Ou les Belges, d’ailleurs.

Au début, le fils n’est pas content, mais après un temps, il s’adapte grâce à la grande faculté d’adaptation des Américains. Il réussit l’essentiel, il se fait pote avec une fille. Elle est libre, mais son ex ne l’entend pas de cette oreille ; il s’accroche et ce qui devait arriver arriva, Johnny fout une trempe au kid. C’est là qu’intervient Miyagi, un jardinier japonais, qui, comme dans les évangiles, se révèle n’être pas seulement un jardinier de première grandeur, mais un vrai messie, un gars qui se survit et qui va ressusciter. La suite est connue, le kid devient un top kid, le karaté kid.

(Notez ceci : si le vieux Japonais remplace le père, symboliquement, il ne remplace pas le mari ; ne me dites pas que c’est une question d’âge, vous me feriez trop rire.)


Le rapport avec The Social Network ?

Nous l'allons montrer tout à l'heure, comme dirait Derrida, après la fontaine.

Gran Torino rejoue Karaté Kid, comme je ne cesse de le dire, sans que cela épate grand monde, sans que cela doive jamais me valoir d’être inscrit sur la liste des critiques amateurs de cinéma nobelisables.

Eastwood, qui a toujours aimé jouer les pédagogues, semble nous dire qu’il n’y a pas que les vieux Asiatiques qui ont des choses à apprendre aux kids blancs. Il y a aussi des old men aux usa, même si certains racontent que ce pays n’est pas pour eux.




On dégage le maître de karaté japonais, et on le remplace par un vieil ouvrier américain, qui n’a rien de particulièrement glamour à enseigner. Son seul mérite dans la vie, c’est d’avoir été un terrible tueur, lors de la guerre de Corée ; il a tué des tas de Coréens, de très jeunes même. C’est un truc que Eastwood adore mettre en valeur, quel gars impitoyable il peut être ; on pense à Unforgiven, bien entendu, où il se vante d’avoir tué tout ce qui bouge, vole, rampe, vit ; des hommes, des femmes, des enfants. Dans Gran Torino, il ne se vante pas autant ; il fait semblant de faire un saut hors du rang des assassins, ce qui épate les critiques.

Y a pas que Tarantino qui potasse son Kafka.




Le maître japonais du Karaté Kid avait aussi fait sa guerre (la seconde, et du bon côté), et perdu sa femme (dans un camp), comme Eastwood ; tous deux jardinent, même si ce n’est pas dans le même esprit. Le vieil homme américain joué par Eastwood est plus proche du personnage joué par Coluche dans Tchao pantin. C’est des cons patriotes jusqu’au slip ; tous deux adorent les bagnoles, tous deux changent au contact du gars dont ils font l’éducation.

(Pourquoi Berri n’a pas fait de Coluche un traumatisé de la guerre d’Algérie ?)
Je me marre pas, c’est la même histoire, en un peu plus lourd, et glauque, du côté français. Eastwood a beau être traumatisé de partout, mourir du cancer, il reste cool.


(Operation unforgiven (Irak); eastwood les soutient, ils l'aiment)

Si le film de Berri n’a pas autant séduit les critiques, c’est que Coluche n’est pas aussi sexy que Eastwood, le libertaire libéral capable de vous emballer des communistes de la trempe de Badiou, qui, je crois avoir lu, voit en lui le justicier des temps disjoints, ou quelque chose dans le même genre. Le pauvre ; faut dire qu’il n’a même pas été foutu de résister à Finkielkraut.

Laissons ; on y reviendra.

L’essentiel, ici, est de montrer que dans Gran Torino, ce n’est plus le vieil Asiatique qui apprend à vivre, et à lutter à un petit blanc sans père ; le point de vue s’est déplacé, s’est renversé, c’est un vieux blanc qui éduque un jeune Asiatique, sans père, ni repères, même s’il n’a rien de très excitant à lui apprendre.

Eastwood ne partage jamais sa coolitude avec les autres. C’est l’un de ses impératifs.

Voyez comment il se réserve le rôle du tueur dans Unforgiven ; les autres n’en sont plus capables. Faut dire que se salir en nettoyant le monde n’a plus de secret pour lui.



Quand le jeune gars veut venger sa sœur défiguré par les voyous, comme la pute de Unforgiven, il l’enferme ; c’est pas pour le protéger, mais pour l’empêcher de devenir héroïque. Le destin de ce garçon n’est pas de devenir le roi du karaté, un nouveau Chuck Norris, un super tireur, un roi de la conduite, bien au contraire, il faut l’empêcher de rien devenir. Le souci du vieil Eastwood n’est pas de hisser un jeune Asiatique au sommet de la réussite, de l’émanciper, mais de lui faire mener une existence ouvrière, dont ses enfants ne veulent pas. Ils se sont éloignés de l’idéal patriarcal et se sont vendus à la société de consommation des produits étrangers, à l’idéal de la réussite et du fric.


Réussir n’est pas bien pour Eastwood ; ce qui explique ses films de plus en plus ratés.


La morale ? Les enfants de prolos doivent rester prolos, et ceux des riches, des riches. Chacun à sa place, et les valeurs seront bien gardées. Il faut bosser américain, consommer américain ; conduire et se conduire en Américain, c’est ça l’image de la bagnole ; rien de glamour, ici, rien de l’éthique du road movie ; rien à voir avec les filles de l’avant dernier Tarantino, le Boulevard de la mort. On est loin du vintage du sublime cinéphilique. La Gran Torino n’est que la trace mélancolique de la grande époque de l’industrie us de la voiture.

Crise de la production, et de la reproduction.



Si vos propres gosses ne veulent pas continuer votre passé ouvrier, c’est ailleurs qu’il va falloir chercher les prolos américains de demain. Pas chez les Noirs, décidément foutus, pas chez les Hispaniques, aussi pires : chez les Asiatiques. Pas n’importe lesquels, bien entendu : les anciens alliés des anciennes guerres si traumatisantes. Cela signifie que tous les Asiatiques des USA ne sont pas destinés à finir diplômés de Harvard ; certains vont trimer dur. Ça doit rassurer le narcissisme de ceux qu’on appelle les « petits Blancs ». Si la fille semble prometteuse, son frère ne donne pas l’impression d’avoir un cerveau hors norme. C’est un classique de l’analyse sociologico - médiatico - politique, qu’on connaît bien en France : les filles s’intègrent mieux que les garçons ; même des gars qui se croient bien racontent ça ; par exemple l’auteur de La Graine et le Mulet.




Comme partout, dans Gran Torino, l’intégration se fait par la langue et le travail ; c’est eux qui façonnent le style de vie, l’âme de la nation ; on parle toujours des usa comme d’un pays légendé par l’image ; c’est presque faux ; ce qui commande aux usa, c’est autant le verbe que l’image. Mais contrairement à nos amateurs d’école républicaine, la langue selon Eastwood n’est pas une ; il ne s’agit pas d’apprendre au gosse à parler comme un livre, mais à parler le prolo américain, une langue authentique, sans chichi, sans complexe, virile et sans correction politique.

Une langue où l’on dit ce que l’on pense, sans détours, surtout quand on ne pense rien.

Comment un tel idéal de vie, un boulot dur et un usage de la langue sans complexe, peut intéresser un gosse ordinaire, même avec une bagnole en bonus ? Qui ne préférerait devenir un karaté kid ?

Dans le premier Karaté Kid, les Américains n’avaient rien à apprendre des Asiatiques, en dehors des arts martiaux et de la sagesse zen ; les choses ont changé, avec les temps qui changent, si Eastwood est bien le grand pédagogue, le maître du boulot et de la langue, d’une certaine attitude virile ; côté famille l’Amérique n’a rien à apprendre aux Asiatiques ; là, il ne peuvent pas fanfaronner ; la famille asiatique a du bon, elle est large, y a de la place pour tout le monde, alors qu’il vit seul, abandonné par ses gosses, et ses petits-enfants.




Le pauvre Eastwood, enfin son personnage, a eu des gosses et des petits-fils qui ne valent rien, selon lui, en qui il ne peut pas se projeter, se continuer, se reconnaître, s’hériter lui-même, d’une certaine manière, et il se rattrape en adoptant ses voisins asiatiques, qui sont doux, bons, obéissants. Frodon, dont je visite parfois le blog, une fatalité, avait parlé alors de « bonne filiation », la seule qui vaille, celle que l’on choisit. Je ne sais plus si c’était à propos de La Graine et le Mulet, ou de Gran Torino. Il devait trouver ça supérieur aux lois du sang, et de l’hérédité, mais c’est pas mieux qu’une extension du choix capitaliste. En tant que père et américain, vous méritez le meilleur.


Quel est le problème du vieux Eastwood, dans ce film ? C’est un gars qui ne supporte pas que les choses ne portent pas sa marque, un type qui ne peut vivre qu’en donnant des ordres, qu’en boss. Il adore protéger les autres, pour se prouver combien il leur est supérieur. C’est pour ça que le chien est son meilleur pote. Où ai-je lu une étude sur des gens qui préfèrent avoir des animaux (« domestiques », comme on dit) que des gosses, parce que les gosses avec l’adolescence, ils réclament leur indépendance, la liberté, ils se détachent. C’est l’idée qui commande la relation de Eastwood avec ses voisins asiatiques et ses gosses.

(Ici je devrais dire deux mots de Schelling, et de Levinas ; je n’en ferai rien).



Au fond, il n'y a rien de neuf dans cette histoire : les pères hors pair se sont toujours plaints de n’avoir pas d’héritiers dignes d’eux. L’une des grandes questions des Grecs était : comment se fait-il que les grands hommes ne donnent pas des enfants à leur hauteur ? Comment se fait-il que les fils de Périclès ne possèdent pas ses qualités ? On voit ce problème au cinéma dans pas mal de films, par exemple dans le gladiateur qui devient général, puis presque empereur avant de mourir, ou dans Ratatouille, où le fils du grand cuisinier ne devient rien de bien terrible, alors que le fils d’un rat devient un prince de la gastronomie capable de vous faire des ratatouilles proustiennes. « Oh maman, comme elle faisait d’extraordinaires ratatouilles. »

Et oui, finalement, la meilleure cuisine, c’est encore celle de maman, faite avec amour. Dans bien des films, qui traitent des rapports entre le haut et le bas, on retrouve cette espèce de ressentiment à l’égard des valeurs du haut, finalement pas si hautes. Ainsi, après avoir démoli le spectateur pendant des heures en lui mettant sous les yeux les prouesses d’une intelligence dont les idées se mesurent en milliards, Fincher termine son film avec l’image d’un pauvre gars malheureux même si milliardaire ; il voudrait juste avoir une amie. Aussi bête que cela paraisse : l’argent et l’intelligence ne font pas le bonheur ; ce qui importe c’est d’avoir des amis, d’être aimé.

Fallait pas attendre Fincher pour nous l’apprendre ; on le sait tous depuis au moins Le Petit Prince, en dehors de Renzi.

Putain, ce que je peux être bavard ; j’en viens à la ligne directrice, les garçons américains et les filles asiatiques : dans le film de Eastwood, y a cette scène, très connue, tout le monde en a parlé, l’a commentée, célébrée, c’est Dirty Harry qui revient, mais il a changé. On ne va pas redire tout ça.

Le vieil homme est au volant de son tracteur, en ville, dans un coin pas fréquentable, et voilà qu’il découvre cette Asiatique qu’il aime bien, sa voisine, la sœur du gars dont il veut faire un prolo. Elle est draguée agressivement par une bande de basketteurs noirs. Détail qui a son importance, la fille se promenait avec un ado blanc à l’air con ; un gars en plein mouvement de déterritorialisation, sans repères, ni géographiques ni culturels. Il joue les blackface et sort avec une Asiatique.

Eastwood intervient. Je ne sais plus dans quel ordre tout ça se passe, mais il prend le soin de raconter au mec qui, bien entendu, n’a pas pu défendre sa copine, d’arrêter de se comporter comme si les Noirs étaient ses frères, et peut-être apprend-il à la fille à plutôt songer à se trouver un brillant Asiatique comme petit ami, et futur mari. En tous les cas, il demande aux Noirs de ne pas toucher à la fille asiatique. Arrêtez de fantasmer sur ces filles, elles ne sont pas pour vous ; pas les Blanches non plus, d’ailleurs ; que chacun reste chez soi ; c’est la leçon. Développement séparé.


Après ça, il regrette et rend hommage à Mandela.




C’est contre cette leçon eastwoodienne que s’élève le remake de Karaté Kid. « Ah, semble dire le film produit par WS, je crois, tu veux interdire les Asiatiques aux Noirs, mais tu retardes, old man, autant que le vieux Wayne, qui raffolait des filles exotiques mais refusait dans "La Prisonnière du désert" que les sangs et les cultures se mêlent. »

Pour le reste, le remake ne produit pas de partage du sensible révolutionnaire ; il est plus que conventionnel. Une histoire de compétition, et de compétence, mais comme le héros est un Noir, tout se passe sur le plan du corps.
Les Asiatiques, les Chinois, cette fois, retrouvent leur rang de maître ; ils fournissent tout : l’idéal amoureux, érotique, la norme de la discipline, du travail, et de la famille.


Après avoir foiré avec la fille, le jeune gosse réussit à la reconquérir en devenant un maître du kung fu.

« A true friend is somebody who makes your life better », c’est la morale du film.

Pas nécessairement celle de Facebook.

(Notez ici que les Américains font encore plus fort dans « quand il s’agit de se déplacer pour bosser » ; le président chinois est en France; Obama en Inde ; un des problèmes des USA, les cerveau indiens reviennent chez eux ; fuite des cerveaux à l'envers. 20.000 par an, je crois. )

Le kung fu kid réussit là où le facebook kid foire.




Pourquoi je vous parle de Karaté Kid, dans un topic consacré à « The Social Network » ?


Parce que Cameron Winklevoss compare Mark Zuckerberg au karaté kid.


C’est après que Divya Narendra et les Winklevoss ont découvert que MZ est en train d’étendre son site à d’autres universités, et sentent que leur truc va bientôt devenir ringard ; quoi faire ? L’attaquer en justice, le démolir ; les deux frères demandent à quoi ça va rassembler s’ils le poursuivent :

Divya Narendra : I wanna hire a lawyer to file for injunctive relief and get this site taken down now!

Cameron Winklevoss : Look...

Divya Narendra : Every minute this site is up HarvardConnection becomes less valuable. I want an injunction, I want damages, I want punitive relief and I want him dead.

Cameron Winklevoss : Yeah, I want those things too.

Divya Narendra : Then why aren't we doing anything about it? Because we're gentlemen of Harvard ?!

Cameron Winklevoss : No, because you're not thinking how it's gonna look.

Divya Narendra : How's it gonna look ?

Cameron Winklevoss : Like my brother and I are in skeleton costumes chasing the Karate Kid around the high school gym.


Notons, c'est essentiel : Mark Zuckerberg n'a pas de maître, à moins de considérer Sean Parker, comme son maître ; mais c'est pas aussi simple.

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Re: The Social Network (D. Fincher)

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