frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

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Message par Borges le Mar 12 Oct 2010 - 15:41



Matt Reeves a donc remaké « let the right one in ». Et Camille brunel (je crois que c'est un mec; ce qui a son importance, nous allons le montrer tout à l’heure) et les indépendants sont déçus. LAISSE-MOI ENTRER de Matt Reeves 3.7

Le critique est déçu, et tous ceux qui avaient considéré "cloverfield" comme un truc de génie. Je pense bien entendu à renzi, burdeau, à toute la fine fleur de la pensée critique française. On s'en souvient, Cloverfield, pour eux, c’était et ça reste, même si on va bientôt changer de décennie, l'un des deux ou trois films de la décennie, et de l'histoire de l'humanité, puisque l'histoire de l'humanité ça se résume à une catastrophe : le 11 septembre. Evidemment, Camille en cause de cet événement. Dans son texte sur kick ass (j’espère ne pas me tromper d’auteur, mais c’est la même ligne générale, la même profession de foi) il nous racontait que les jeunes américains ne savent plus ce qu’est la mort, parce que le 11 septembre c’est déjà loin. Par chance, il y a des films qui leur rappellent que quand on meurt c’est pour du vrai. Si vous sautez du haut d’un immeuble, spiderman ne sera pas là pour vous sauver. Je vous assure que je n’invente pas. Il a vraiment écrit ça ; ou son contraire.

Un paradoxe : ils adorent les américains, mais ils les prennent vraiment pour des demeurés. A moins qu’ils ne les aiment tellement qu’ils ne parviennent pas à se mettre en tête qu’ils sont aussi mortels que les civilisations. Y a des gens qui n’arrivent pas à intégrer l’idée que James Dean est mort, qu’Elvis est mort, que Jackson est mort. C’est impossible. Ils vivent quelque part, un jour ils reviendront, avec Jésus.



Mais, faut pas être trop partiel : y a pas que l'idéologie qui leur a fait aimer « cloverfield ». Ces types pensent aussi le cinéma. Ils ont un héritage critique. Cloverfield, c’est aussi très important parce que ça mettait en forme cinématographique les idées de Bazin à l'heure de « la HDV de poche ». C'était ça le truc vraiment incroyable dans Cloverfield, la rencontre de bazin, du 11 septembre et de la HDV de poche. On ne montre rien, le cadre cache. Enfin, on connaît tous ces radotages; personne pour aller tout simplement relire le texte de bazin; je demande trop, c'est vrai. Ils sont incapables de voir un film, alors lire un texte de bazin et en plus voir un film, c’est surhumain, une mission pour zarathoustra. Faut pas rêver chantait P. Juvet.









“It’s about moments, man. Forget the world, you’ve got to hang on to the people you love most.”




bon avant de se lancer dans la lecture approfondie du texte« vampire en pire » du critique indépendant, on va rectifier deux petites choses :




PREMIER POINT / le titre d’abord ; notons qu’on ne confiera jamais à Camille la prochaine traduction de « finnegans wake », pas même celle de ulysses, il est même pas foutu de traduire le titre très ordinaire du film : « let the right one in » -« laisse entrer celui qui est bon ».

Bien entendu, ça fait référence à ce qu’il appelle le « folklore » vampirique, mais s’arrêter là, c’est ne rien dire. Le titre, qui joue sur des tas de constructions bibliques, est aussi une référence, allusion, sinon citation d’une chanson de morrissey (sur vive la haine, si je me trompe pas ; jamais écouté un seul truc de Morrissey en solo ; mais j’ai adoré les smiths malgré leur nihilisme dépressif élitiste nazi ; allez sur youtube si vous ne connaisssez pas ce morceau ; les commentateurs parlent évidemment du film, du remake, et disent comme il est convenu que le remake hollywoodien, c’est de la merde). Tout ça pas besoin d’être un Pic de la Mirandole, Pas besoin d’avoir lu le livre, des entretiens avec l’auteur du livre, suffit de consulter wikipedia.







Je le redis, les critiques ne font pas leur boulot ; ils ne bossent pas. N’importe quel bloger, forumeur pas trop con prend le cinéma plus au sérieux.



SECOND POINT / Camille, pauvre gosse, se plaint du changement de nom du personnage principal. « Eli » est devenu « Abby ». C’est finement vu. Hélas la suite n’est pas aussi brillante, elle est même conne. Selon le crique ce changement serait le signe d’un passage du juif au chrétien, la caractéristique de tout ce remake. C’est bien possible, pas encore vu. Je me souviens plus trop du film suédois, mais le livre baigne dans la bible.

Seulement « Eli » n’est pas plus juif qu’ « Abby », juste plus fameux.

Là encore, il n’est pas nécessaire d’être un as de pique, il suffit de consulter son google.

Abby, ça vient de l’hébreux, c’est le diminutif de Abigail-abigahel : « ma joie est en dieu » dit un site français, débilement, car, c’est plutôt « la joie de son père » ou quelque chose dans le genre.

On retrouve dans abby, la racine « ab » qui dans la plupart des langues sémitiques, pas seulement l’hébreux donc, signifie père (Abba ou Aba).

Chez les chrétiens : quelques passages fameux où l’on retrouve nos deux mots, abba et Eli, dans la bouche de jésus, qui, presque tout le monde le sait, parlait araméen (et peut-être le grec et l’hébreux ; l'araméen est plus proche de l'arabe que du français, de l'italien, ou de l'anglais...)


Sur la croix :

-Eli Eli lama sabachthani?

"mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?"


-« Abba (pas le groupe, bien entendu, mais père en araméen) : toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. ... »



Donc,


Revenons sur ce passage : Filmer les frères emmenés par leur prieur Frère Christian (Lambert Wilson, lumineux) se rendre à la cérémonie de circoncision dont s'anime le village, participer à la prière musulmane, parce que c'est Allah qu'ici on prie. Soigner aussi les « terroristes » parce qu'ici il y en a, et qu'eux aussi ont des corps qui saignent.

ça se veut "ouvert", et plein de compassion chrétienne, et pourtant ça pue ; c’est écrit par le fameux Macé. Juste après Allah, il y a terroriste ; et puis cette manière de parler d'allah, comme si il était une divinité exotique, étrangère... on ne dit jamais que les "juifs" croient en Yahweh ou Elohim, du moins pas quand on veut garder l'unité de la tradition judéo-chrétienne.

C’est l’occasion de préciser.


Pour dire Dieu l'araméen dit Aloho ou Alaha.
Allah est le terme arabe, proche de l'hébreu Elohim.

Début du Credo "chrétien" en araméen:


Mhaimninan b-had Alaha, Aba ahid kol

Nous croyons en un seul Dieu (Alaha), le Père (Aba) tout Puissant.


El, Eli, Eloi, Eloh, Eloah, Elah, Alah, Allah, or Allaah, c’est le même registre de sens

El est bien entendu antérieur au judaïsme






bon revenons au film et aux conneries indépendantes


Étonnement : ai cru que le nom hakan était turc uniquement, faux, c’est aussi scandinave.

Eli n'est pas le vrai prénom du vampire dans le film, c'est Elias ( un nom de garçon donc, mais on y reviendra ) ;

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Message par Borges le Jeu 14 Oct 2010 - 15:11



On poursuit donc la lecture du texte vampire, en pire...


la question, partout, en suède (où les choses pourrissent, après le danemark), en français, et en anglais est de savoir qui il faut laisser entrer, chez soi (dans le cadre, dans le champ, diraient les petits idiots qui pensent qu'un énoncé prend de la force s'il est traduit en cinéma)

C'est une question politique; je ne pense pas seulement aux politiques d'immigration, mais aussi à cette histoire de viol en israël; une israélienne laisse un mec entrer en elle, découvre que c'est un arabe, et l'accuse de viol... le mec n'avait pas dit qu'il était arabe,
elle s'était trompée, elle n'a pas laissé "le right one". Elle a pris un arabe pour un juif, en tous les cas pour un non arabe.


il y a dans "le bal des vampires", une scène forte et comique.





Qui sont les "right ones?"
les élus?
les justes?
les bons?
les propres?




ce sont des questions, importantes, bien entendu, mais qui ne rencontrent pas celles de Camille.


Sa critique générale au remake de Reeves, il a oublié la leçon de bazin (si bien mise en scène dans cloverfield) : pour vivre heureux, vivons cachés.



A l’ère où plus aucune contingence matérielle ne bride l’imaginaire des réalisateurs, où tout peut être porté à l’écran via imagerie numérique, on n’a jamais autant apprécié l’art de ne pas tout montrer ; le cache, fétiche du mode de production numérique, n’a jamais eu autant de valeur que depuis que sa nécessité s’est estompée.



(Camille Brunel)



regardez bien cette image, son sens sera très fort à la fin de ces réflexions :



il manque quelque chose à la statue, la tête; elle a perdu la tête; la liberté à perdu la tête, sinon la liberté du moins sa statue, les usa; une décapitation comme celles des moines du film de XB : la tête, et le phallus; ce sera autour de ça que s'écrivent ces brouillons.


qu'est-ce qui ne va pas avec le film de Reeves?

qu'est-ce qui lui vaut ce 3.7?


Le problème est visuel (globalement) dit Camille. Les images de Reeves sont très belles, mais il ne s’en contente pas, il ne veut pas de belles images, même très belles, mais de bonnes images. Les right ones. Ce sont les seules qu’il laisserait entrer en lui, les seules qu’il laisserait le pénétrer, le marquer avec leur vieille loi.

De bonnes images, pas juste des images, des images justes, adéquates, de synthèse.

De bonnes images…

Mais se demande-t-on, un peu bêtement :

Bonnes comment ?

Bonnes à quoi ?

A qui ?

Bonnes selon quelles mesures, quels critères, quels désirs ?

Comme ce n’est pas dit, on est un peu tenté de penser l’être « bon » de ces images, de manière catégorique, absolue, ce qui les placerait à la fois au niveau de l’être, ontologie bazinienne oblige, et au-delà, « bonté » divine faisant le reste.




La bonne image au-delà de l’être ce serait ça l’image désirée par Camille ?

Rien dans le texte ne permet de fonder cette lecture. Rien ne nous permet d’affirmer que les images bonnes de Camille correspondent à l’agathon epekeina tes ousias, surtout si l’on garde à l’esprit que toute la pensée des indépendants se situe sur un plan d’immanence de stricte obédience.







La seule chose que nous sachions clairement, c’est que Reeves, l’abruti, s’est trompé d’images. Il a mis les mauvaises images dans son film. C’est terrible, même si on ne sait pas très bien ce que ça veut dire, mais le plus triste dans cette affaire c’est que Reeves avait superbement commencé son film, avant de s’égarer, de se trahir, et de trahir Camille et tous ses admirateurs. Pendant 20 minutes, deux séquences, il s’était montré à la hauteur de Cloverfield, où avec « une redoutable permanence il plaçait sa caméra à l’angle qui permettait de ne révéler que ce qui était nécessaire ». Il a fait la même chose au début de « let me in », mais il n’a pas tenu la distance. C’est que c’est pas facile, placer sa caméra à l’angle qui permet de ne révéler que le nécessaire. Certains n’y parviennent jamais, d’autres une fois (serait-ce le cas de Reeves ?), et les troisièmes, les plus rares, des mecs comme bresson ou straub-huillet tiennent le coup de manière redoutable toute leur vie.





Bresson s'est beaucoup intéressé à la question de la porte, et de la fenêtre, à qui ouvrir?








Si on ne sait pas encore très bien ce qu’est une bonne image, on se doute qu’elle est liée à une certaine forme de nécessité, au fait de placer sa caméra dans l’angle de la nécessité, et de l’y laisser. C’est curieux, sans même l’avoir cherché, en vrai Picasso, Camille retrouve dieu, le dieu de spinoza, qui, presque tout le monde le sait, voit toutes choses depuis l’angle de la nécessité.

Une image bonne, donc nécessaire, serait-ce une image spinoziste ?


Quelques enculturés, que je salue ici, diraient oui ; d’autres non ; les troisièmes, pour qui tout est possible… affirmeraient qu’à partir des idées de camille on pourrait réécrire toute l’éthique d’un point de vue cinématographique, et finalement arriver à la conclusion que les bonnes images (autant que les bonnes discussions) sont aussi difficiles que rares, sans quoi elles ne seraient négligées par presque tous.





Mais c’est un autre problème ; contentons-nous de répéter que si Reeves a fait de mauvaises images, mêmes belles, c’est qu’il n’a pas placé sa caméra avec une redoutable permanence à l’angle qui permet de ne révéler que le nécessaire. C’est important, je trouve, cette expression. Elle devrait devenir proverbiale, une espèce d’aphorisme à la bresson, une règle pour les écoles de cinéma, à la manière des fameux mots qu’on pouvait lire à l’entrée de l’école de Platon : « nul n’entrera ici s’il ne place sa caméra avec une redoutable permanence à l’angle qui permet de ne révéler que le nécessaire. »

On s’amuse, mais en apprenant des choses.






All laws which can be broken without any injury to another, are counted but a laughing-stock, and are so far from bridling the desires and lusts of men, that on the contrary they stimulate them.
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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Jeu 14 Oct 2010 - 15:42

putain, ça fatigue ces illustrations; mais je me suis dit que c'était nécessaire, après avoir écouté, pas très poliment, des ados causer de la lecture dans le bus : effrayant, lire était un supplice à les entendre.

lire pourtant c'est cool :





elle est belle, cette couverture, mais moins que celle-ci

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Message par Eyquem le Jeu 14 Oct 2010 - 17:21

ça fatigue ces illustrations
Mais elles sont cools Cool



Je connaissais pas ça, par exemple :



"Saucissonnage interdit"
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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Jeu 14 Oct 2010 - 19:49

Quel rapport entre ces images, ces couvertures du New Yorker et le texte de Camille, ou let the rigth one in?

dans le livre, let the right one in, oskar, qui est un très gros lecteur, fait une prière très émouvante, alors qu'il pense qu'Eli ne reviendra plus :

"Please, dear God. Let her come back. You can have whatever you like. All my magazines, all my books, my things. Whatever you want. But just make it so she comes back. To me. Please, please God."


C'est assez beau, je trouve, donner à dieu, tous ses livres, et ses magazines, pour qu'il exauce votre prière ;


l'autre très beau passage, où il est encore question de dieu, et de livre, c'est à Hakan qu'on le doit; les flics cherchent à savoir qui il est, il quitte le monde, débranche tout, et se met à penser à la place de dante en enfer...





Hakan disconnected himself from all thoughts of the policeman and instead started to think about the place in Dante's Hell, Limbo, where all the great souls from Earth without knowledge of Christ went after death. Tried to imagine the place in detail.

"We would like to know who you are, you see.

" Which circle did Dante himself go to after death ...

The policeman pulled his chair even closer.

"We'll find that out, you know. Sooner or later. You could save us some legwork by communicating with us now."

No one misses me. No one knows me.







regardez cette image : il s’agit, bien entendu, de montrer et de cacher, du jeu de la vérité, de la femme, de l'espace public et de la loi, et plus largement encore, du voilement et du dévoilement, diraient Heidegger et Lacan.

Il faudrait un séminaire pour cette image; vraiment.

Ce qui me frappe (marque) d'abord, par relation, ce sont les lunettes noires; la fille qui montre le plus cache ses yeux; pq ? celle qui cache tout ne montre que ses yeux, ce qui me frappe chez la troisième, c'est bien entendu, la croix, jésus... le seul "homme" dans cette histoire; en croix, et presque nu.






le voilement, et le dévoilement, c’est bien notre sujet ;



( ici il faudrait relire quelques passages de "origine de l'oeuvre d'art", et de "la vérité en peinture", sur "la chose nue")


Les bonnes images ne révèlent que ce qui est nécessaire. Une bonne image est une image nécessaire. Une mauvaise image, une image sans nécessité, contingente, gratuite.


Si on en restait là, on ne serait pas plus avancés. Par chance, Camille illustre ses idées épatantes par des exemples lumineux. Ainsi, contrairement à Reeves, il aurait filmé l’actrice principale et non pas la célébrité de cette actrice et ses « maquillages grand-guignol ». Il n’aurait pas rajouté l’image d’une goule de synthèse grimpant aux arbres.

Chloë, pas sa célébrité, pas son maquillage. L’être de Chloé, son être nécessaire et bon. Il aurait filmé les transcendantaux de Chloë, son unité, sa vérité, son bien, son être, sa beauté…

Camille n’aime pas le maquillage?
Les filles maquillées à la grand guignol ?

Faudrait lui demander. Pour moi, l'essentiel est de savoir qu'il aurait fait un film nécessaire. Intrinsèquement et extrinsèquement nécessaire. Il n’aurait pas fait le film de Reeves.



On avait pensé au bien au-delà de l’être, à spinoza, maintenant on se dit que les bonnes images, les images nécessaires, ce sont celles que Camille Brunel aurait tournées.

Ce qui me terrifie le plus chez certains critiques, c’est leur génie, leur supériorité sur le mec qui a fait le film. Ils ne vont pas au cinéma pour voir un film, mais pour se raconter le chef d'oeuvre qu'ils auraient fait. Ils redoublent toujours le film qu’ils voient du film qu’ils auraient fait. C’est triste. Comme le supporter de foot devant sa télé. Il fait toujours les bons gestes, les bonnes passes, les bonnes reprises de volée. Tout finit dans la lucarne. More geometrico.






Je ne cherche pas à suggérer que Camille B n’a pas de bonnes idées, je pense seulement qu’il ne peut pas à la fois filmer les bonnes images de Reeves, et s’occuper de la carrière de Chloë Moretz. Parce qu’elle aussi le déçoit. Elle aurait dû refuser le rôle du vampire Abby, selon lui. Ça le mine que cette fille soit enfermée si jeune dans un rôle, dans « la figure juvénile habitée d’une violence peu commune ».



Le film, déjà fragile, s’effondre alors avec fracas lors d’un gros plan conclusif sur le maquillage de Chloë Moretz, babines retroussées, regard par en-dessous, etc. Moretz est d’ailleurs celle qui introduit le ver dans la pomme : si jeune, et déjà enfermée dans un rôle, elle incarne à nouveau la Hit Girl de Kick Ass, figure juvénile habitée d’une violence peu commune. Le vampire Abby – Eli en version originale, passage du juif au chrétien caractéristique de cet arôme yankee voué à s’estomper – est l’exemple type du rôle qu’elle aurait dû refuser : à l’instant de son apparition à l’écran, on ne voit qu’une starlette enlaidie tâcher de jouer du mieux qu’elle peut. Littéralement translucide. On a beau scruter l’écran avec les yeux écarquillés, on ne voit rien, personne. Dans l’ombre de ce fantôme, comme par politesse, Smit-MacPhee s’éteint à son tour.

(Camille)

C'est hyper violent, je trouve.
Pas vous?

Retenez cette expression : « la figure juvénile habitée d’une violence peu commune » et regardez cette image :




C’est pas seulement qu’elle s’est trompé de film, comme Reeves s’est trompé d’images, c’est plus grave, elle est responsable de plantage général. Elle a introduit le ver dans la pomme. Depuis Eve, la même histoire. On se demande si Camille, malgré son prénom très doux, et classe, bien qu’il déteste les voyous, n’habite pas les cités du Mal. Je charrie. En fait, je le comprends. Je veux dire, personne n’a envie de voir Chloë rater sa carrière, plus que prometteuse, en s’enfermant dans des rôles ultraviolents. Prenez le gars qui a joué dans Orange mécanique, après alex, c’est fini pour lui. Seulement Camille a tort de s’inquiéter. Chloë ne risque pas d’être piégée. Elle est très mûre pour son âge. Et puis ses rôles violents ne font pas oublier, les légers, ses comédies. C’est là qu’elle est elle-même, qu’elle donne la pleine mesure de son talent. Elle est géniale dans kick ass, qui est une comédie, c’est vrai, mais moins que dans le journal du wimpy kid, et encore moins que dans l’une des plus grandes comédies de l’histoire d’hollywood, 500 Days of Summer.



Elle tourne en ce moment avec Scorsese, si mes renseignements sont les bons, “The Invention of Hugo Cabret”, un fantasy film en 3 D really amazing (selon elle)



(cette photo; juste parce qu'elle correspond absolument à mon rêve de bonheur terrestre quand j'étais gosse; un lieu avec des millions de comics)

Notons l'originalité des indépendants : les critiques qui veulent sembler sérieux ne parlent pas des acteurs ou des actrices, surtout quand c’est des gosses. Les indépendants, les adorent. Ils obéissent à toutes les politiques, de l’auteur, de l’acteur, communiste, de dieu…


Plus sérieusement, il me semble que le texte de Camille et son désir cinématographiques (je dis ça pour fait profond) obéissent à une double loi. S’il reproche à Reeves, grisé par le fric et les possibilités du numérique, de tout montrer, l’actrice au contraire se voit reprochée de ne rien montrer. On me dira que c’est normal, le critique est un mec.

Sans doute, mais on voudrait aussi un peu de consistance dans le jugement critique, dans les valeurs. Le problème est que cette fille semble vraiment l’obséder. Lisez, et vous sentez le mec frustré, presque violent. « À l’instant de son apparition à l’écran, on ne voit qu’une starlette enlaidie tâcher de jouer du mieux qu’elle peut. Littéralement translucide. On a beau scruter l’écran avec les yeux écarquillés, on ne voit rien, personne. «



Que cherche-t-il à voir les yeux ainsi écarquillés ?

Chloë, c'est tout de même pas l'ungooglable girl









Si on s’en tient à ce qu’il nous a raconté à propos de Reeves (ne montrez rien ; cachez tout) : on a le sentiment qu’il doit exulter, être aux anges. Il ne veut rien voir, et voilà une fille qui ne lui montre rien. Elle ne se montre même pas ; elle est translucide.

Et bien non, il n’est pas content de ne rien voir, ni de ne voir personne.

Pourquoi Camille ne voit rien, malgré ses yeux écarquillés ?

C’est la faute au maquillage ?

Celle de l’enlaidissement ?


Dernière édition par Borges le Jeu 14 Oct 2010 - 19:59, édité 1 fois
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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Jeu 14 Oct 2010 - 19:57

Eyquem a écrit:



"Saucissonnage interdit"

exactement

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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Ven 15 Oct 2010 - 18:59




on continue; on en arrive au pubis, à la monstruosité...

on connaît tous, ou presque tous, le fameux passage où lacan joue avec les mots "public", "pubis", "poubelle"...

Il y a une trop grande confusion en effet, de nos jours, entre ce qui fait public et ce qui fait poubelle !
Il ne faut pas confondre la poubelle avec le pubis – ce n’est pas du tout pareil.
Le pubis a beaucoup de rapports avec la naissance du mot public.
C’est vrai, hein ?
Ça ne se discute pas, enfin… je pense.
C’était un temps où quand on passait au public on savait que c’était un dévoilement, mais maintenant ça ne dévoile plus rien puisque tout est dévoilé.

(lacan)


tout ?

Pas si sûr;



(shirin neshat)


(si nous croyons savoir ce que prend (donne) en image, Shirin Neshat, sans doute pas ce que les islamophobes voient dans cette image, ou d'autres de la même série, cet homme ne peut-être qu'une énigme : que peut-il bien prendre en photo, en refusant de le donner?)







Pourquoi tout cela me semble-t-il appartenir à la même histoire de vampirisme ? Est-ce uniquement une affaire de cache, de voile ?


on en oublie le critique des indépendants à l'origine de ce topic ; je m'en fatigue moi-même.

Je crois qu’il est temps d’arriver là où tout se joue (presque tout, rien ne se jouant totalement nulle part). Reeves montre ce qu’il ne faut pas, tout, de belles images, des images gratuites, et puis, paradoxalement, quand il s’agit de montrer le nécessaire, il se défile. Pire, Reeves ôte « l’un des plans les plus marquants de l’original, le pubis marqué d’une plaie horizontale, mais sans sexe, de la gamine. »


Le pubis.

Ce passage est très beau. Finement écrit, surtout le jeu sur « marquant » et « marqué ».

L’un des plans les plus marquants du film suédois montrait le pubis marqué d’une gamine (l’actrice Lina Leandersson ?)



Qu’est-ce donc qu’un plan marquant ?

A s’en tenir au mot, c’est un plan qui marque, qui laisse une marque. Qui n’est pas physique, matérielle, ni dans le plan ; si on doit la localiser, elle serait plutôt dans le cerveau, dans le psychisme de celui qui a vu. Camille a été marqué par ce plan marquant, ou plus précisément, il a été marqué par le plan d’un pubis marqué. C’est cette marque qui l’a marqué, comme à distance.

Deux marques.

Celle du pubis et celle de Camille.

Mais si on veut affiner, cette histoire de manque et de marque, il faut ajouter que le film de Reeves porte à son tour la trace d’un manque, d’une absence. Il manque au film de Reeves le plan marquant d’Alfredson (le fils d’Alfred autrement dit).

Pourquoi l’avoir ôté ?

Aurait-il été insensible à ce pubis marqué ?

Le plan marquant ne l’aurait pas marqué ?


Ou alors n’en aurait-il pas supporté, pour employer le terme de Camille, la « monstruosité » ?

Le critique là encore évite ces questions légitimes. Il les évite parce qu’il a une réponse toute prête à son problème : le puritanisme hollywoodien. Il est bien connu que les américains sont puritains, contrairement aux suédois.

Encore une affaire de religion, ce n’est pas la dernière, on le verra (peut-être).

C’est le puritanisme qui a « ôté » le plan marquant de ce pubis marqué. Pour des raisons complètement absurdes, nous apprend Camille : "il ne s’agissait évidemment pas alors de filmer un pubis, mais une blessure, une absence de sexe, une monstruosité, bref, tout sauf de l’érotisme pédophile."


"Évidemment","Tout sauf"…de l’érotisme pédophile ; ce sont les mots importants, pour les psy ; les amateurs de déni.


Reeves aurait eu peur qu’on l’accuse d’ « érotisme pédophile », et que le film soit interdit, tout au moins aux moins de 18 ans. Ça arrive que les ados nus soient réservés aux adultes. Ça arrive même dans des expositions très sérieuses, artistiques, qui sont tout sauf pornographiques. Certains pleurnichent devant cette censure ; pas nécessairement les mêmes que ceux qui ne veulent pas que les ados traînent dans les rues, et s’amusent à faire semblant de manifester.


Ne plaignons pas les ados, qui ne peuvent pas voir les photos de Larry, mais plutôt les adultes, qui doivent se contenter de l’image de ce que les ados voient et font vraiment. Ce genre de spectacle a toujours été destiné aux adultes.



(on n'y voit rien; mais évidemment larry clark, c'est pas du porno)

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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Ven 15 Oct 2010 - 20:50

"il ne s’agissait évidemment pas alors de filmer un pubis, mais une blessure, une absence de sexe, une monstruosité, bref, tout sauf de l’érotisme pédophile."

(Camille B.)



La monstruosité dans ce plan ce n’est pas le pubis, le sexe, mais l’absence de sexe. C’est cela qui a marqué le critique.

La monstruosité, c’est l’absence de sexe.

On pourrait penser que le critique ayant vu ce plan, marqué à vie par lui ne chercherait plus à le revoir. Le monstrueux, on le fuit, on tente de l’oublier. De plus, s’il ne peut pas s’en passer, il peut toujours la contempler dans la version suédoise. C'est le bon sens. Hélas, il faut penser la différence. Ce qui se répète ce n’est pas seulement la volonté de maîtriser le traumatisme, la pulsion de mort, c’est aussi la différence, la petite différence. Un pubis n’est pas l’autre. Un pubis marqué n’est pas l’autre. Une marque n’est pas l’autre. C’est même cela la marque : la trace d’une altérité. Une monstruosité suédoise n’est pas une monstruosité américaine. Le critique veut les deux versions de cette absence de sexe, de ce pubis marqué, de cette monstruosité ; la version suédoise et l’américaine, l’hollywoodienne. Il veut l’américaine d’autant plus peut-être qu’elle se refuse, qu’elle ne veut pas se montrer, qu’elle se cache, se maquille… se voile… l’absence de sexe de Lina ne peut remplacer l’absence de sexe de Chloé.


"Chloe ? that's a greek name, isn't it ?"

Comme c’est curieux :

Le plus beau, c’est quand vous avez le sentiment qu’un texte est écrit par une machine branchée sur l’inconscient.



Chloé (mythologie grecque), c.-à-d. la verdoyante. Surnom de Déméter, en tant qu'elle était considérée comme la protectrice des moissons naissantes. On célébrait en son honneur à Athènes une fête, les Chloeïa, qui commençait le sixième jour du mois de Thargélion (mai) par le sacrifice d'une brebis. Déméter Chloé avait un temple près de l'Acropole, où elle était vénérée de concert avec Gaïa. (J.-A. H.).


(retenez cette affaire de sacrifice, et pensez à l'histoire de Déméter et Baubô; )




Comme il était question, plus haut de fétiche on pourrait... mais mieux vaut aller à l'essentiel : let the right one in, c’est une histoire de castration.



"la castration physique des délinquants sexuels qui le demandent peut se poser"
(Alliot Marie )

Faisant allusion à la Rochefoucauld, lacan, range le complexe de castration, avec le soleil et la mort, parmi ces choses qui ne peuvent se regarder fixement.Archaïque, provoquant l'horreur.



une histoire de castration, au sens propre et figuré.

Tout ceux qui se sont un peu intéressé à cette histoire savent qu’Eli est un garçon. Quand il dit à Oskar qu’il n’est pas une fille, il ne veut pas dire qu'il est un vampire ou un être sans sexe, asexué, il veut seulement dire qu'il est un garçon.

Eli-Elias a été castré il y a des siècles par un noble (cf le livre, ou les blogs, forums).

La scène de la castration est racontée de manière très elliptique dans le roman ; pour le film, le cinéaste suédois raconte :


I tried to do a flashback scene, where we see the castration of Eli two hundred years ago, with very close shots of a knife coming close to skin, starting to cut, and I said to the make-up guys that I want to do this. They said you can't do this unless it is real animal, because if you are so close to the camera, you can't use rubber or special effects, so I said okay, let's do that then, then I forgot about it, and the assistant director said, we have the pig here now. I said, what pig? The pig for the cutting shot. A living pig. He is outside together with the slaughterer. So I went outside the studio and a butcher was standing with his knife, and this pig looking with his sad eyes. I said no. I wouldn't be able to sleep if we killed him. That's bad karma.



(Alfredson)


(c’est très beau cette histoire de cochon ; on pense au sacrifice d’Abraham, aux béliers, aux brebis des Chloeïa ; castration-circoncision–sacrifice. )



A miniature from Zubdat al-Tawarikh
by Luqman-i-Ashuri, Turkey, c. 1583.
The lower register shows Abraham about to sacrifice Ishmael,
and underneath is a genealogy of the children of Ishmael…
Dublin, Chester Beatty Library, ms. 414, fol. 68v.”

(le sacrifice d'abraham, depuis l'islam)



Dans son texte, encore une étrange coïncidence, camille, nous parle d’un certain JJ Abrams : Matt Reeves – sans son camarade de fac JJ Abrams, n’est décidément plus le même.







(encore un "sans"; on reviendra à cet Abrams; souvenons-nous de ce que nous disait camille, le passage de eli à chloë exprime le passage du "juif" au "chrétien"...)













Puritanisme.




C’est le puritanisme qui aurait incité Reeves à ôter le plan marquant du pubis marqué ; c’est une bêtise, qui montre que le critique n’a absolument pas vu, regardé le film suédois, ou alors uniquement à travers des clichés culturels du genre : les suédois sont plus sexe que les usiens trop coincés par le puritanisme. Si le film se joue tout entier au niveau de la castration, et de la relation de la castration à l’amour, comme l’explique simplement le metteur en scène, c'est que ce qui l'a intéressé, c’est la love story, une histoire d’amour sans sexe, avec un garçon castré. C’est le pur amour, l’amour pur (non animal, donc).


I cut the novel to only one track: the love story. What makes it unusual is that it is a love story with no sex, with a castrated boy. This is pure love. It's very rare, but I have seen it. Also, when a child, I had dreams about such a love, what it looks like it. It is pre-sexual love, total love, a devoted love. Sex stresses people a lot. You put pictures of food in front of starving people, and it provokes the strongest feelings. Sexual needs make us animals, sexual needs. Being surrounded by sexual messages all the time makes us anxious. No one can live up to these expectations. I was once in Poland , in a small summer town on the North coast, with wooden houses, and suddenly after some days, I realized that I felt very calm. It was a sex-free place, no sex in the ads, none on the magazine covers, none in the streets. It was very free from that, very calming.

Puritanisme ou bouddhisme?

Le metteur en scène croit au karma : I try to be a good in all my actions, big and small, from opening a door to somebody. It accumulates good karma. It has a cause and effect. I try to ask myself in each and every action, whether it is a good or a bad one.



voyez l'exemple qu'il donne : ouvrir la porte à quelqu'un
là se joue le bon et le mauvais karma
exemple lié au film, ou dit comme ça au hasard




Dernière édition par Borges le Ven 15 Oct 2010 - 22:19, édité 2 fois
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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Ven 15 Oct 2010 - 21:17

Pour souffler un peu :Le rapport du désir à la marque.

ici, il fallait une image ou l'autre de john wayne marquant son bétail dans red river; le sens en est trop évident; mais que penser de ce genre d'images, très fréquent.







J'insiste sur ce caractère de marque, dans ses autres manifestations interprétatives ou significatives, dans tout ce qui l'incarne cérémoniellement, rituellement, sociologiquement, la marque est le signe de ce qui supporte cette relation castratrice dont l'analyse nous a permis d'apercevoir l'émergence anthropologique. N'oublions pas les incarnations religieuses où nous reconnaissons le complexe de castration, la circoncision, par exemple, pour l'appeler par son nom, ou encore, dans les rites de puberté, telle forme d'inscription, de marque, de tatouage, en liaison avec une certaine phase qui se présente de façon non ambiguë comme l'accession à un certain étage du désir.

Tout cela se présente toujours comme marque et impression (…) la marque, pas difficile de la rencontrer, déjà quand on a des troupeaux chaque berger a sa petite marque de façon à distinguer ses brebis de celles des autres. La marque se présente dans une certaine transcendance par rapport à la constitution du troupeau. Il est bien vrai que, d'une certaine façon, la circoncision se présente comme constituant un certain troupeau, le troupeau des élus de Dieu. Ce que l'expérience analytique, et Freud, nous apportent c'est qu'il y a un rapport étroit, voire intime, entre le désir et la marque. La marque n'est pas simplement là comme signe de reconnaissance pour le berger. Quand il s'agit de l'homme, l'être vivant marqué a un désir qui n'est pas sans un certain rapport intime avec la marque. C'est pas cette marque qui modifie le désir. Il y a peut-être dans ce désir, dès l'origine, une béance qui permet à cette marque de prendre son incidence spéciale. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il y a le rapport le plus étroit entre ce qui caractérise le désir chez l'homme, et l'incidence, le rôle et la fonction de la marque.


(Lacan)

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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par adeline le Sam 16 Oct 2010 - 10:24

Hello Borges,

j'adore l'ungooglable man et cette image de Shirin Neshat !

Je me souviens bien du film suédois, Morse, j'avais vraiment aimé. Plusieurs fois j'avais essayé de traduire correctement "Let the right one in", mais ça semble impossible à faire, en tous cas le français perd toujours la simplicité du sens anglais.




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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Invité le Jeu 21 Oct 2010 - 10:19

Vues à Nantes, deux affiches publicitaires :
-"all you need is fun", pour une soirée dance
-"all is all you need", pour une franchise hôtelière.
Double allusion à la chanson des Beatles "All you need is love/Love is all you need". Utilisée ici parce qu'elle a marqué les esprits (ou les mémoires?).
Sauf que dans les pubs, "love" manque, l'amour est absenté au seul profit des marques. Ce que nous propose toujours la pub, d'ailleurs : a brand new life !

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Message par careful le Jeu 21 Oct 2010 - 13:21

...ce qu'aurait pu dire Don Draper là dessus.
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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Sam 23 Oct 2010 - 15:19

En parcourant le dernier numéro de Harper's, suis tombé sur un texte qui cause de vampire, et notamment d'un film serbe, de Djordje Kadijevic, un truc de 1973, c'est legendary : Leptirica.

"
the film overcomes its budgetary and technological limitations by leaving absolutely no room for romantic notions of redemption: Radojka, corrupted by the butterfly carrying Sava Savanovic´’s spirit, changes before the viewer’s eyes from a delicate-featured ingenue into a gasping, razor-toothed creature with a hairy face, something much closer to a werewolf than a vampire. The result is both tragic and obscene; the viewer feels tainted simply by having witnessed her ghastly transformation."


TWILIGHT OF
THE VAMPIRES
Hunting the real-life undead
Téa Obreht


voici la most mémorable scène :







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Message par Le_comte le Sam 23 Oct 2010 - 15:40

La comédie Vampire suck, parodie de Twilight, pas totalement mauvais. A côté des comédies pas drôles qui débarquent à la pelle de l'autre continent, cette parodie assume clairement sa bêtise pour le plus grand plaisir du spectateur !

Mais je laisse le soin à Lorin, le spécialiste des comédies US, de nous dire si ce film est bien ou non !

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Re: frappez et on vous ouvrira : vampires, etc.

Message par Borges le Sam 23 Oct 2010 - 19:50

hello lecomte :

Le_comte a écrit: cette parodie assume clairement sa bêtise pour le plus grand plaisir du spectateur !




dans cette expression, on oublie toujours de préciser de quel spectateur on parle; un spectateur ordinaire? "le" spectateur en soi, qui les incarne tous?

de plus, c'est assez maladroit, ça donne le sentiment que le film n'a eu qu'un spectateur.


"cette parodie assume clairement sa bêtise pour le plus grand plaisir des spectateurs" !

il y a aussi la version :

"cette parodie assume clairement sa bêtise pour notre plus grand plaisir" !


le fait-elle pour nous faire plaisir, faire plaisir au spectateur?
ou alors c'est le fait qu'elle l'assume qui nous fait plaisir?

c'est deux choses différentes;

"j'assume ma bêtise pour te faire rire"

(en ce cas, je ne suis pas vraiment bête, pas simplement bête, je peux juste feindre d'assumer ma bêtise, parce que je sais que ça te fais plaisir; c'est pour ton plaisir que j'assume; )

'ou alors, le fait que j'assume ma bêtise te fait rire'

(là, la cause du rire est différente, j'assume ma bêtise sans chercher à te faire plaisir, c'est justement cela qui te fait plaisir )

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