Tree of Life et le cinéma de T. Malick

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Dim 17 Mar 2013 - 8:29

tu as vu La chute des feuilles et Il était une fois un merle chanteur d'Otar Iosseliani ? Et bien voilà, je suis ce genre de zèbre là (entre autres Very Happy ).

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par wootsuibrick le Dim 17 Mar 2013 - 12:08

pas vu ces films. Smile
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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Sibelius le Dim 17 Mar 2013 - 18:26

Baudouin II de Barvaux a écrit:Inférences hasardeuses, montage associationniste liant des choses qui n'ont aucun rapport l'une avec l'autre... Je crois que nous avons la réponse à la question posée à côté par slimfast.

On ne voit strictement aucun lien causal entre cette citation de Foucault sur les dispositifs disciplinaires et le film de Malick, qui n'a rien à voir avec "la recherche d'une évolution progressive de l'individu vers son salut" qui serait le "modèle premier de la colonisation pédagogique de la jeunesse". Qui est au contraire un film de perte, porté par un affect de deuil, de l'ordre du "trop tard" ou de "l'après-coup", où un individu solitaire et errant se souvient de son frère disparu, de sa haine d'enfant pour un père représentant bien plutôt ce dispositif disciplinaire, pédagogie mutilante et détestée, signe d'un ressentiment contre la vie.

Il n'y a pas de communauté spirituelle, que ce soit régulière ou spontanée, dans le film, mais celle, essentiellement rêvée sur la fin, sous forme d'un "phantasma" (vision de l'impossible ou d'un impossible) où les êtres séparés par la mort autant que la vie seraient réunis dans l'amour. S'il y aspire en rêve, c'est bien parce qu'il est habité par la douleur du disjoint, de la division de toutes choses.

Aucune "évolution progressive de l'individu vers son salut" n'est suggérée ici, aucun salut et aucune communauté, régulière ou spontanée, ne sont promises. La tonalité du film, ainsi que sa fin si souvent mal interprétée, ne sont en rien la célébration en apothéose d'un avenir radieux, de lendemains qui chantent ou de fusion communautaire paradisiaque. C'est avant tout un Requiem, on l'oublie un peu trop vite.

Un trait commun à tous les Malick est que ce qui "fait communauté", c'est, sur le mode de l'inactuel, le souvenir de quelque chose qui est toujours-déjà perdu, dont l'homme est le ressouvenir, la trace, la réminiscence.

Si spiritualité il y a dans les films de Malick, elle n'a rien d'édifiant, de doctrinal ou de prosélyte, ou d'harmonique "new-ageux", ainsi que le fantasment quelques critiques éminents qui ne comprennent (au sens même de Voir, Sentir) strictement rien à ce qu'ils regardent. C'est une spiritualité qui est du côté du deuil originaire.
Et si un rapport à "dieu", un "dialogue" avec "dieu", ou quelque chose de cet ordre s'y noue, dans une plurivocité de voix anonymes, c'est le rapport à quelque chose qui est fondamentalement perdu: "dieu" en tant que son absence, en tant que béance, etc. Un rapport intime, solitaire; secret: les voix internes et multiples d'un "sujet" transpersonnel qui n'est justement pas une Communauté, concrète ou idéale, instituée par un ordre conventionnel quelconque, mais une subjectivité faite de plurivocité et dispersion...

Baudouin II de Barvaux a écrit:Je vois pas où est le problème, en quoi ça contredirait mon propos.

Tu oublies précisément que c'est une voix qui dit ça, une voix anonyme, parmi d'autres, en même temps que située, celle d'un personnage. Les propos tenus par les voix dans Malick sont de l'ordre d'un enchevêtrement de citations, tonalités, subjectivités, qui ne sont pas univoques, justement. Il y a non seulement une pluralité de choses dites, de "destinataires" à qui elles sont adressées, mais encore une pluralité d'horizons de sens et de saisie d'une même citation.
On ne peut pas délier la citation/voix du moment du film où elle intervient, de la tonalité particulière d'affect liée à ce moment, ni des autres tonalités avec lesquelles elle compose une plurivocité de sens et d'affects.
De quelle sorte de voix s'agit-il? Ce n'est pas une voix-démiurge, univoque, en surplomb sur les autres, qui délivrerait une injonction, qui orienterait et commanderait une direction transparente dans laquelle le film devrait s'appréhender, "s'interpréter".
On n'est pas dans Les 10 commandements de Cecil B de Mille ou La plus grande histoire jamais contée de George Stevens, on n'est pas dans un catéchisme où on délivre un "contenu" objectif, où on enseigne au spectateur une doctrine, ce qu'il faut croire, faire et penser une fois pour toutes, où on lui inculque une vérité immobile gravée dans le marbre d'un présent éternel et pur.

Il s'agit tout au contraire ici de faire s'interpénétrer et résonner des voix plurielles, qui ne sont pas situées sur un plan unique et transparent, mais qui se répondent, dans une pluralité d'échos et à travers la modification du temps. Non pas une ligne de temps univoque, là encore, mais le temps disjoint, asymétrique, du souvenir; où le passé et le présent s'interpénètrent, se modifient l'un l'autre.
Il y a ce que dit cette voix ici, cet écho-ci, à ce moment là, en manière d'incipit, de portique, d'introïtus si on veut, puis ce qui arrive - le récit, les choses racontées, les événements vécus - dans et par le prisme éclaté, divisé, d'un souvenir, qui viennent en compliquer, modifier, complexifier affectivement la teneur, la saisie...

La question à se poser, ici comme à chaque occurrence de voix-off, au lieu d'interpréter chaque parole prononcée sur un seul et même plan de signification - transparente et univoque -, c'est: dans quel horizon (pluriel) de sens, de temps, d'événement, de destination ou d'adresse cette voix parle. Avec qui et quoi elle entre en résonance, produit un contraste, une division...



(Enfin, quand je parle de "question à se poser", il faudrait plutôt parler de "disposition": comment on regarde, ressent le film. Il est clair - pour moi - que si on passe son temps à vouloir prioritairement l'interpréter, si on prend d'emblée la décision de le "lire" comme un exposé sur "la grâce", le "salut", etc, une somme théologique délivrant un "contenu", avec des notes de bas de page dont il faut faire la juste exégèse, on passe tout simplement à côté du film en tant qu'expérience cinématographique, de sa matière même, de sa composition - qui sont affectives, sensibles.

C'est de ça qu'on pourrait encore parler (tout ce débat ayant déjà été ici tenu de long en large), et c'est de ça qu'on parle le moins.
Sauf bien sûr à nous expliquer ad libitum, comme un slimfast, qu'il est vain (pour les autres, tous ceux qui parlent) de discuter de n'importe quel film, parce qu'un film, ça se "voit", ça ne se discute/raisonne/décortique pas (!). Sauf bien sûr par lui, qui est doté d'une sensibilité extraordinaire (!!) lui permettant d'exprimer (!!) ce qui fait si cruellement défaut aux raisonneurs qui, eux, se servent de mots (!) pour parler des films qu'ils ont vu. C'est ballot !!!).

D'accord avec tout.

Et To the Wonder ne fait que souligner, peut-être plus que jamais, cette analyse plus particulièrement appliquée à Tree of Life.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par adeline le Lun 18 Mar 2013 - 19:29

Quatre films choisis par Malick pour une leçon de cinéma :

- Beat the Devil
- The Lady Eve
- Zoolander
- Badlands

http://www.tulsaworld.com/blogs/post.aspx?Terence_Malick_to_curate_Philbrook_film_series/34-19460

Zoolander est l'un des films les plus drôles que j'aie vus ever.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Mer 20 Mar 2013 - 0:04

supercool a écrit:salut Mangeclous,
Le cinéma de Malick n'est pas chozézé.
Ce qui apparaît de plus en plus dans les commentaires et dossiers sur Malick, c'est que ça dépasse les compétences de la critique qui est soit insipide ou à côté de la plaque(cela dit je me souviens d'un entretien très bien avec un Guattari surexcité concernant Badlands). L'Aisthesis de Rancière a déjà été évoqué dans le topic avec L'homme à la caméra de Dziga Vertov, c'est une piste sérieuse...
Je suis en effet très étonné qu'on puisse faire passer des chutes de Lars von Trier accolées à des stock-shots du National Geographic pour du Artavazd Pelechian.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Mer 20 Mar 2013 - 13:38

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Jeu 21 Mar 2013 - 22:07

supercool a écrit:La Voie de la Grâce.

Déjà cité, Joanne Dru dans Red River. Pour accepter la blessure comme ça, faut être dans la Voie. C'est pas une bonniche, dirait Céline.



L'image appartient quand même à une des scènes les plus tartes du genre western ; alors que c'est l'urgence absolue tout autour des chariottes, Dru et Clift flirtent comme des cochons.




Les nouveaux athéniens sont certainement les grands Juifs du Cinéma d'Hollywood - Ils ont fait plus pour la Beauté contemporaine, et après tout, pour les artistes, (si ces damnés insensibles trous du cul avaient un peu d'émotivité et d'instinct) que tous les manuels d'Esthétiques et tous les musées du monde depuis le Quattrocento. Il faut l'avouer - il faut le dire. Les Juifs d'Hollywood ont eu le sens de la jolie femme, cette matrice de tout art, (Renan dixit) et l'ont rendue "publique" populaire. Ils ont prostitué la Beauté. On n'avait avant eux jamais prostitué que des Hideurs - même des plus juifs - même Lautrec [et non "même les plus grands, comme Lautrec" : quand on cite, on caviarde pas]. Bander bien et surtout juste. Quelle révolution! Les enfants d'aujourd'hui sont beaucoup plus beaux qu'autrefois - Adonis court les rues... Vénus aussi. Ce sont les artistes qui sont en retard.
Il y a bien quelque chose comme ça chez Malick qui sait prostituer la Beauté, mais ça lyrise avec regret c'est le hic, l'instinct en vrac.
Je crois pas une seconde à cette plurivocité de voix anonymes. Une spiritualité qui est du côté du deuil originaire?, mais c'est quoi cette chienlit mortifiante?
"Se mettre en discours soi-même, voilà bien en effet une des grandes lignes de force de l'organisation des rapports de subjectivité et vérité dans l'Occident chrétien... La mise en discours de sa propre vérité n'est pas simplement une obligation essentielle. C'est une des formes premières de notre obéissance...(Foucault)", etc, etc, c'est sûrement associationniste sans grand intérêt...
Sibelius a écrit:
D'accord avec tout.
d'accord avec tout mitou. geek



Qu'est-ce qu'on pourrait répondre à ça, en dehors de simplement prendre ses jambes à son cou et courir, ou, si on a les pieds ligotés dans la glu déprimante, sa tête entre ses mains et pleurer de désespoir? On est bien au delà d'un associationnisme hasardeux... Du pur délire, du scoubidou en vrac.


Quel rapport entre les voix off dans TOL de Malick et la mise en discours de soi sous la forme de la confession ou de l'aveu, telle qu'analysée par Foucault - et qu'il nomme "quadrillage des corps et des têtes" dans S&P?

De plus, je t'ai déjà répondu (mais tu n'en tiens absolument pas compte, bien décidé à enfoncer ton clou en te bouchant les oreilles) que si on veut à tout prix esquisser un lien entre le film et l'ordre chrétien/disciplinaire/punitif, etc, selon "Foucault-vu-par-toi" (ou chrétien/mutilateur/humiliateur/force de ressentiment, etc, selon "Nietzsche-vu-par-toi"), on le trouve précisément dans la figure du père, haïe par l'enfant, parce qu'elle représente justement tout cela.

Mais tu nous avais déjà expliqué, il est vrai, que c'est la mère/épouse la grande coupable, quasiment une incarnation du catholicisme à elle toute seule: le père est brimé, humilié, par sa femme, une sorte de virago qui le bat, le castre, lui injecte constamment de la mauvaise conscience, de la culpabilité (ceci témoignant vraiment d'une observation très pointue de ta part).



Et toujours cette centration mono-obsessionnelle, incompréhensible, virant à l'écholalie: vouloir à tout prix que ce film soit on ne sait quel catéchisme illustrant "la voie de la grâce" (sous prétexte qu'une voix off parle de ça), pour lui reprocher ensuite d'être morbide, mortifiant, mortifère, mutilant, castrateur, etc etc, parce qu'il ne remplit pas ce cahier de charge qu'on veut croire qu'il devrait remplir, en fonction d'on ne sait quelles lectures illuminantes de Nietzsche ou Foucault qu'on croirait faites par un perroquet sous hypnose...

Puis, toujours la même rengaine épuisante, lui opposer, en guise d'antidote, une quantité de trucs sans aucun rapport mais on ne peut plus morbides, tantôt Artaud, son "arbre coupé" et sa "voie du suicide" comme "accession à une autre dimension de la vie qui ne serait pas la mort", à présent Céline, ses considérations débiles - et sans grand intérêt, on peut le dire -, ses délires fétides et obsessionnels, chiés en barres de cacas inspirés, sur les Juifs ou autre chose, de la même eau que ses Bagatelles pour un massacre, fût-ce sous la forme d'un compliment ("prostituer la beauté", en voilà un chouette compliment, frais et vivifiant), et en vue de conquérir l'Amérique via un admirateur transi nommé Hindus (faut vraiment avoir rien à fiche, autant lire des notes de teinturier) ...

Alors oui, franchement, c'est quoi, toute cette Chienlit mortifiante?


"deuil originaire"*** est une notion reprise ici à Derrida, souvent discutée ici, et dont le sens est proche de la pensée de Maurice Blanchot, pensée dont Foucault est lui-même proche.

Pour revenir très brièvement à cette affaire de "plurivocité". Appréhendée dans l'horizon de sens où je tentais d'en parler plus haut, de façon même vague, maladroite - mais on ne tient pas séminaire et je fais comme je peux, fatigué et grippé, et, comme toi, je viens ici pour me divertir un peu, quand-même, pas pour écrire on line une putain de thèse - (donc, lorsque je disais, plus haut: " si un rapport à "dieu", un "dialogue" avec "dieu", ou quelque chose de cet ordre s'y noue, dans une plurivocité de voix anonymes, c'est le rapport à quelque chose qui est fondamentalement perdu: "dieu" en tant que son absence, en tant que béance, etc. Un rapport intime, solitaire; secret: les voix internes et multiples d'un "sujet" transpersonnel qui n'est justement pas une Communauté, concrète ou idéale, instituée par un ordre conventionnel quelconque, mais une "subjectivité" faite de plurivocité et dispersion ").
Bien sûr, ce type de formulation tourne autour d'une idée centrale complexe, qui est que "l'intime" est constitué par de "l'extime", que lesdites "subjectivités", "intériorités", sont "hors d'elles-mêmes", traversées d'extériorité, travaillées par un "pli", dirait Deleuze, entre le "dedans" et le "dehors". C'est aussi en ces sens que je parle de "plurivocité", de "dispersion" et de "sujet trans-personnel", d'une forme d'indétermination, d'asymétrie - spatiale et temporelle - de l'adresse, du destinateur comme du destinataire, dans ces voix, qui font se poser les questions "qui parle?" en même temps que "à qui ça parle, répond?".
Et c'est ce genre d'expérience que je fais quand j'écoute les voix-off parler dans ce film de Malick, comme dans quelques autres (RL, BL, mais aussi les Moissons...).


Foucault semble s'intéresser, en tout cas plus que toi et plus qu'une seconde, à ce genre de question, et notamment dans un texte fameux consacré à Blanchot, intitulé La pensée du dehors (1966) - et où Heidegger (une autre référence capitale pour Foucault) n'est jamais très loin non plus: http://lesilencequiparle.unblog.fr/2012/02/01/la-pensee-du-dehors-michel-foucault/

(ceci pour compliquer un peu, rien qu'un peu, quelques secondes seulement, ton western-spaghetti, ou match de catch spectaculaire, digne de l'Exorciste, entre Foucault et le "spiritualisme chrétien" - Foucault dans le rôle d'une espèce d'antéchrist de choc terrassant la Bête hideuse- dévorante, élevée dans une maison de redressement déguisée en orphelinat, et tenue par un ordre malickien de curés-vampires-confesseurs-psychiatres enseignant la "voie de la grâce" à coups de voix off diffusées sur un magnéto amplifié) :

" [...] En quelle extrême finesse, en quelle pointe singulière et ténue se recueillerait un langage qui voudrait se ressaisir dans la forme dépouillée du « je parle » ? A moins justement que le vide où se manifeste la minceur sans contenu du « je parle » ne soit une ouverture absolue par où le langage peut se répandre à l’infini, tandis que le sujet – le « je » qui parle – se morcelle, se disperse et s’écaille jusqu’à disparaître en cet espace nu. Si, en effet, le langage n’a son lieu que dans la souveraineté solitaire du « je parle », rien ne peut le limiter en droit – ni celui auquel il s’adresse, ni la vérité de ce qu’il dit, ni les valeurs ou les systèmes représentatifs de ce qu’il utilise ; bref, il n’est plus discours et communication d’un sens, mais étalement du langage en son être brut, pure extériorité déployée ; et le sujet qui parle n’est plus tellement le responsable du discours (celui qui le tient, qui affirme et juge en lui, s’y représente parfois sous une forme grammaticale disposée à cet effet), que l’inexistence dans le vide de laquelle se poursuit sans trêve l’épanchement indéfini du langage.
[...] Il faudra bien un jour essayer de définir les formes et les catégories fondamentale de cette « pensée du dehors ». Il faudra aussi s’efforcer de retrouver son cheminement, chercher d’où elle nouaient et dans quelle direction elle va. On peut bien supposer qu’elle est née de cette pensée mystique qui, depuis les textes du Pseudo-Denys, a rôdé aux confins du christianisme ; peut-être s’est-elle maintenue, pendant un millénaire ou presque, sous les formes d’une théologie négative. Encore n’y a-t-il rien de moins sûr : car, si dans une telle expérience il s’agit bien de passer « hors de soi », c’est pour se retrouver finalement, s’envelopper et se recueillir dans l’intériorité éblouissante d’une pensée qui est de plein droit Etre et Parole.
[...] dans la poésie de Hölderlin se manifestait l’absence scintillante des dieux et s’énonçait comme une loi nouvelle l’obligation d’attendre, sans doute à l’infini, l’aide énigmatique qui vient du « défaut de Dieu ».


***
Spoiler:
Deux ou trois trucs aisément dispos à ce sujet, sur Wiki (oui je sais, tu préfères lire rigoureusement les Textes eux-mêmes, à la source, sans tricoter hasardeusement les citations entre elles, et tu as combien raison. Néanmoins, ici, juste pour info, juste pour titiller ta curiosité toujours en alerte, éveiller ce désir d'aller plus loin :

Plus précisément, c'est donc dans Spectres de Marx (1993) que Derrida développe une série de remarques au sujet de la mort, du travail du deuil (notamment p. 151, 160, 176-177, 185, 187, 203, 209-210), de l'impossibilité d'opposer strictement le vivant au non-vivant (p. 178-179).
Page 224, on peut lire que « la mort n'est pas au-delà, hors de la vie, sauf à y inscrire l'au-delà au dedans, dans l'essence du vivant. ».
Plus loin, (p. 235) est évoquée « la question de la-vie-la-mort », ouvrant à « une dimension du sur-vivre ou de la survivance irréductible et à l'être et à quelque opposition du vivre et du mourir. »

Dans Points de suspension (1992), la question du deuil est abordée ainsi : « [La] portée de l'autre mortel "en moi hors de moi" instruit ou institue mon "moi" ou mon rapport à "moi" dès avant la mort de l'autre [...] Je parle du deuil comme de la tentative, toujours vouée à l'échec, un échec constitutif, justement, pour incorporer, intérioriser, introjecter, subjectiver l'autre en moi. Avant même la mort de l'autre, l'inscription en moi de sa mortalité me constitue. Je suis endeuillé donc je suis – mort de la mort de l'autre, mon rapport à moi est d'abord endeuillé, d'un deuil d'ailleurs impossible ».
À la page suivante, Derrida dit encore : « Le deuil serait plus originaire que mon être pour la mort. »

Dans Apories (1996), Derrida tente de démontrer l'insuffisance de l'affirmation de Heidegger selon laquelle seul le Dasein a un rapport à la mort comme telle, à la mort comme possibilité de l'impossibilité de l'existence. Derrida demande (p. 125) : « comment une possibilité (la plus propre) en tant qu'impossibilité peut encore apparaître en tant que telle sans disparaître aussitôt, sans que le "comme tel" sombre d'avance et sans que sa disparition essentielle fasse perdre au Dasein tout ce qui le distingue [...] de la bête. »

Et un peu plus loin (p. 132) : « les animaux ont un rapport très signifiant à la mort [...] même s'ils n'ont pas rapport à la mort comme telle et au "nom" de mort comme tel. [...] Mais l'homme non plus, justement! ni l'homme en tant que Dasein [...] »
[Cf. également les conclusions que Derrida en tire dans les pages suivantes, surtout les pages 134 et 135. Dans Mémoires pour Paul de Man (1988) on retrouve également la problématique du deuil, pp.71-72 dans ses rapports au récit, à la mémoire, etc. Dans Chaque fois unique la fin du monde (2002), on citera ces deux assertions entre beaucoup d'autres :
« la mort commence son œuvre avant la mort » (p. 204), « le deuil est le phénomène de la mort et c'est le seul phénomène derrière lequel il n'est rien » (p. 184)




Spoiler:

(J'ai bien sûr hésité à répondre, me disant: pour sûr il va me faire le coup du poète-voyant assigné, mutilé, séquestré par un flic-docteur de la pensée autorisée en blouse blanche, cherchant à le dresser, assujettir, subjectiver, surveiller & punir dans un hôpital virtuel digne de titicut follies... Mais c'est alors que Bruce-Artaud-Tyson, se libérant de ses chaines, lui administre un uppercut en triple salto circulaire inversé l'envoyant directement aux urgences à travers le plafond)

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 9:43

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 10:41

Vu, TTW, pas trop convaincu; me semble être son film le plus faible; l'ai vu, de manière assez distraite; faudrait revoir, peut-être; deux questions :

Rembrandt occupe une grande place dans "TTW", c'est bien ce tableau que découpe Marina d'un bouquin?



-Le poème récité, dit, par la petite fille, c'est "Ma Bohème" de rimbaud?


"Ma Bohême. (Fantaisie)

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
− Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
− Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !"

c'est aussi, une des plus "belles chansons" de ferré

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 11:09

erwan a écrit:
mon seul désir

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_%C3%A0_la_licorne_%28tapisserie%29
Une mère et sa fille? Marina et Tatiana?


Pendant l'ancien régime On utilisait cette abbaye de Basse-Normandie pour enfermer les prisonniers. Commencez la visite par la Merveille et L'église abbatiale. La merveille est aussi splendide que son nom. C'est le nom du cloitre de l'abbaye.Les pèlerins qui n'avaient pas assez d'argent pouvaient manger gratuitement dans le réfectoire. Les moines devaient jadis manger dans cette salle sans parler.

Michel (de l'hébreu : מיכאל, Mîkhâ'êl en arabe ميخائيل, Mîḫâ'îl, ميكائيل, Mîkâ'îl ou ميكال, Mîkâl), est un archange et un saint chrétien, saint patron du catholicisme. Il est principalement représenté en chevalier ailé qui terrasse le Diable (allégorie de la victoire de la foi chrétienne sur le mal). Il est également représenté avec la balance du jugement dernier, juge (psychostasie) et guide (psychopompe) du salut des âmes pour l'Enfer ou le Paradis.
A lier au personnage joué par Javier Bardem peut être?

Il y a à de nombreuses reprises une attention aux tatouages, l'homme avec qui Marina est infidèle (la marque de la bête? l'antéchrist?), ou aux marques sur le corps;

Vous n'imprimerez point de figures sur vous. Je suis l'Éternel. (Lévitique 19:28)
Vous êtes des fils pour l'Eternel, votre Dieu. Vous ne vous ferez pas d'incisions (scarifications) (Deutéronome 14:1)
Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. (1 Corinthiens 6:19-20)


Hi Erwan;

- assez intrigué aussi par les tatouages dans le film; déjà, si je me souviens bien, dans "the thin red line", on en trouvait, sur "train", le jeune soldat très croyant; john smith était aussi tatoué, et les indiens, dans "TNW"...

-
Pendant l'ancien régime On utilisait cette abbaye de Basse-Normandie pour enfermer les prisonniers.


Le prêtre rend visite à des prisonniers; comme dans tous les films de malick, on retrouve dans TTW, des criminels, des prisonniers, des gens enchaînés (kit, john smith, witt, les prisonniers de TTOL...); jeu de montage entre "le liage des mains" du mariage, et les menottes (image qu'on retrouve souvent chez Hitch)... si bien que le mariage, qui semble être glorifié par le film, est aussi en même temps pensé comme un enchaînement...

-le mont saint michel doit être rapproché de la virginie du nouveau monde, c'est à la fois un lieu utopique, ou le lieu d'une utopie manquée, un lieu idéal, et l'espace d'une déchirure, d'une lutte historique, entre les français et les anglais, entre deux langues; le texas a une histoire assez proche, partage entre le mexique et les usa...

-c'est la première fois qu'il y a dans malick des voix off non anglaises...: française, espagnole

-C'est aussi la première fois que le triangle amoureux est composé d'un homme et deux femmes; jusque ici, c'était toujours deux hommes, une femme; la femme passant de l'un à l'autre, sauf dans "TTOL" (où le triangle est oedipien)



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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 13:16

Le message ci-dessous a été modifié par un modérateur pour en retirer le contenu à "caractère sexuel et/ou pornographique" un abus ayant été notifié. Les modérateurs n'ont cependant pas désiré supprimé l'échange dans son ensemble.



supercool a écrit:oy Jerz mon caupin,
comme d'hab tu fais du western-spaghetti sur le western-spaghetti, grosse esbroufe rageuse qui dit qu'dalle, tu me parles encore au nom d'un "nous" et c'est rien que bricolage pour ton clan de partouzeurs.
L'encadré au départ du film, de ces subjectivités, intériorités, d'une didachè qui s'énonce, tu m'expliques en quoi on peut la comprendre en relation avec le dehors? en quoi l'intime est constitué par de l'extime, alors que le rapport à l'extérieur se dissout d'emblée dans une intériorité... Bref, à quoi sert toute cette intro dans Tree of life?, qui institue un ordre conventionnel d'alèthurgie religieuse, et à quel moment on entre dans un champ d'extériorité, en contact avec un pur dehors?


Mais je t'avais déjà répondu, sur ces questions, mais t'es bien trop occupé à ne rien vouloir voir, entendre, pénétré de l'évidence de tes bricolages citationnels délirants; tapant, rageur et tout à l'esbroufe (et m'attribuant ces qualités), sur ton clou monothématique assommant, qui dit rien, éliminant toute extériorité qui n'est pas ton monologue avec ta propre intériorité.

Allez, je te laisse partouzer avec Céline et consort. Visiblement ça donne des ailes scintillantes à ta prose de perroquet inspiré, et t'as besoin de personne, pour t'hypnotiser toi-même, sans le moindre effort, vu et entendu que ton intériorité semble dissoute d'emblée dans la grande extériorité écholalique de toutes ces voix qui parlent en toi, à travers toi, par génération, autorité spontanées, science infuse ou communication divine.


(PS: sorry, en voulant te répondre, j'ai cliqué sur "éditer" au lieu de "citer", ce qui a fait disparaître ta citation de Deleuze, qui décrit bien tout ce que j'ai vu, moi, dans le film.)

(PS2: et je suis pas ton caupin, épargne moi tes familiarités burnées de parachutiste sautant sur Kolwezi.
Même si tu es "souvent choqué par le nombre de p****" autour de moi, occupés dans tes fantasmes à "me l***** le c**", il n'y a guère que toi qui rêves ici d'une grosse p**** dans laquelle tu pourrais non pas me le l****, mais le d*****...)





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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Sibelius le Ven 22 Mar 2013 - 13:20

Borges a écrit:[justify]Vu, TTW, pas trop convaincu; me semble être son film le plus faible; l'ai vu, de manière assez distraite; faudrait revoir, peut-être; deux questions :

Rembrandt occupe une grande place dans "TTW", c'est bien ce tableau que découpe Marina d'un bouquin?



Il s'agit bien de ce tableau, l'eau, encore et toujours.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 14:32




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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 15:09

Le message ci-dessous a été modifié par un modérateur pour en retirer le contenu à "caractère sexuel et/ou pornographique" un abus ayant été notifié. Les modérateurs n'ont cependant pas désiré supprimé l'échange dans son ensemble.




supercool a écrit:
non, et tu réponds pas, mais je m'en fous un peu. Quand tu sais plus, tu tartines en insultes.

Edit.
Mais si, deux fois même: post du "Sam 16 Mar - 17:21, puis tout mon post du "Sam 16 Mar - 18:53" est également consacré à y répondre.

C'est toi qui n'as pas répondu à mes réponses successives, les expédiant d'un moqueur "c'est quoi cette chienlit mortifiante?", saupoudré de Céline (si vivifiant) puis de Foucault. Ce à quoi j'ai répondu également, du mieux que j'ai pu, et à quoi tu as fait la réponse consistant ici juste à me reposer à nouveau cette question nous ramenant, en boucle, au début et à la réponse qui avait suivi, précisément au sujet de la voix-off, de l'intro (quand je parle d'incipit, d'introïtus, etc ***). On peut donc tourner en rond, à l'infini...

A la question reposée: "Bref, à quoi sert toute cette intro dans Tree of life?, qui institue un ordre conventionnel d'alèthurgie religieuse, et à quel moment on entre dans un champ d'extériorité, en contact avec un pur dehors?" (question que tu posais déjà par ton montage où tu juxtaposais ma première réponse et la citation de l'intro, juxtaposition censée révéler que la citation "institue" cet ordre etc"), j'avais déjà précisément répondu, deux fois, expliquant pourquoi, selon moi, elle ne pouvait pas s'interpréter comme "instituant un ordre conventionnel d'alèthurgie religieuse", pourquoi il n'y avait strictement aucun sens à interpréter cette voix off dans le termes de ce que Foucault nomme un dispositif disciplinaire, un ordre régulier ou conventionnel de prêtres, "modèle premier de la colonisation pédagogique de la jeunesse", etc.


Tu te contentes donc juste de réaffirmer ta position dans la formulation même de ta question, imposant toi-même à nouveau la réponse à la question que tu poses, exactement comme si je n'avais rien écrit, comme si personne n'avait répondu: "Bref, à quoi sert toute cette intro dans Tree of life? [= Question], qui institue un ordre conventionnel d'alèthurgie religieuse [ = Ta propre réponse déjà inclue, présupposée, dans ta question ], et à quel moment on entre dans un champ d'extériorité, en contact avec un pur dehors?"

Tu ne veux pas tenir compte de ma réponse, soit. Mais ne m'accuse pas de ne pas avoir déjà répondu à un ensemble de questions, justement en contestant leur réponse présupposée; ne m'accuse pas de ne pas avoir déjà répondu à une question que tu re-poses et dans laquelle tu imposes à nouveau, comme présupposé, ta propre réponse personnelle - sans avoir pris la mienne en compte.

La "logique" dépliée de cet échange est donc:

- Breaker: "La citation en intro institue un ordre conventionnel d'aléthurgie religieuse"
- Jerzy: "je ne pense pas que cette citation en intro institue cet ordre conventionnel d'aléthurgie religieuse, et je vais t'expliquer à présent précisément pourquoi je ne le pense pas"
- Breaker: "alors, à quoi sert cette intro dans TOL, qui institue un ordre conventionnel d'aléthurgie religieuse, si comme tu le prétends, sans répondre à ma question, elle ne l'institue pas?
- Jerzy: "ben, j'ai déjà répondu: je t'ai expliqué pourquoi, selon moi, elle n'institue PAS cet ordre conventionnel, et donc ne sert pas à l'instituer, dirait Lapalisse..." (***)
- Breaker: "non, t'as pas répondu, mais je m'en fous un petit peu".



***
Spoiler:





* [ De quelle sorte de voix s'agit-il? Ce n'est pas une voix-démiurge, univoque, en surplomb sur les autres, qui délivrerait une injonction, qui orienterait et commanderait une direction transparente dans laquelle le film devrait s'appréhender, "s'interpréter".
On n'est pas dans Les 10 commandements de Cecil B de Mille ou La plus grande histoire jamais contée de George Stevens, on n'est pas dans un catéchisme où on délivre un "contenu" objectif, où on enseigne au spectateur une doctrine, ce qu'il faut croire, faire et penser une fois pour toutes, où on lui inculque une vérité immobile gravée dans le marbre d'un présent éternel et pur.

Il s'agit tout au contraire ici de faire s'interpénétrer et résonner des voix plurielles, qui ne sont pas situées sur un plan unique et transparent, mais qui se répondent, dans une pluralité d'échos et à travers la modification du temps. Non pas une ligne de temps univoque, là encore, mais le temps disjoint, asymétrique, du souvenir; où le passé et le présent s'interpénètrent, se modifient l'un l'autre.
Il y a ce que dit cette voix ici, cet écho-ci, à ce moment là, en manière d'incipit, de portique, d'introïtus si on veut, puis ce qui arrive - le récit, les choses racontées, les événements vécus - dans et par le prisme éclaté, divisé, d'un souvenir, qui viennent en compliquer, modifier, complexifier affectivement la teneur, la saisie...

La question à se poser, ici comme à chaque occurrence de voix-off, au lieu d'interpréter chaque parole prononcée sur un seul et même plan de signification - transparente et univoque -, c'est: dans quel horizon (pluriel) de sens, de temps, d'événement, de destination ou d'adresse cette voix parle. Avec qui et quoi elle entre en résonance, produit un contraste, une division...



(Enfin, quand je parle de "question à se poser", il faudrait plutôt parler de "disposition": comment on regarde, ressent le film. Il est clair - pour moi - que si on passe son temps à vouloir prioritairement l'interpréter, si on prend d'emblée la décision de le "lire" comme un exposé sur "la grâce", le "salut", etc, une somme théologique délivrant un "contenu", avec des notes de bas de page dont il faut faire la juste exégèse, on passe tout simplement à côté du film en tant qu'expérience cinématographique, de sa matière même, de sa composition - qui sont affectives, sensibles.]


supercool a écrit:

non, et tu réponds pas, mais je m'en fous un peu. Quand tu sais plus, tu tartines en insultes.


Quand tu opéreras une esquisse de commencement de révolution copernicienne depuis ta centrifugeuse, tu constateras que c'est précisément toi qui pratiques toutes ces belles choses.
Et, bien sûr, ça te permet de ne répondre à aucune de mes objections supra. Par exemple, concernant ta "vision" de la mère et du père.

T'inquiète, je m'en fous aussi, et pas qu'un peu; je n'en suis plus à chercher quelque illumination salvatrice dans ton précieux enseignement de l'art d'accommoder les restes, pommes, poires et scoubidous par auto-suggestion et auto-confirmation hypnotiques.

Dons enviables que tu partages avec quelques zigs d'à côté (dont tu sembles imiter, parmi tant de choses que spontanément tu imites, la technique de noyage instantané en eaux grasses de leur propre incapacité à comprendre, en invoquant celle du contradicteur...).


j'ai failli dégueuler à lire ça.

Pourquoi? C'est ta spécialité, pourtant, d'annoncer que tu e***** tout le monde, et Pirotte en premier.


Bye, Powète ventriloqué par les muses siphonnant du "caca" en pépites, et bien sûr séquestré par les flics surveilleurs & punisseurs, etc.


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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 15:35

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 15:55

Hi Sibelius :

- il faudrait plutôt parler des "eaux", de l'eau dans ses différentes formes, avec ses variations de force, d'intensité, de valeur...

-"Woman Bathing in a Stream", en anglais, c'est le nom du tableau; cela pourrait être le titre du film; stream des émotions, des images, de la voix off, "stream of consciousness ", dit on; c'est la première fois, je crois, faudrait vérifier, qu'intervient dans le cinéma de Malick, le grand art, de manière aussi évidente...(d'ordinaire, ce sont des oeuvres plutôt kitsch; mais c'est aussi la première fois que son personnage féminin est "mauvais" (moralement); on est loin de la grâce de la mère dans TTOL, de pocahontas, même si l'histoire et bien des choses rapprochement Marina et poca...);

-ce tableau donne peut-être une indication sur la poétique du film, une esquisse, quelque chose de l'ordre de l'inachèvement (le tableau est inachevé)...le sujet aussi est très important...

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 16:02

Personne n'est en avance, personne n'est en retard; on n'est jamais que là où l'on est; mais où sommes-nous quand nous disons je suis là, demande je crois me souvenir Marina (dont le prénom bien entendu fait signer vers la mer, mais aussi vers la peinture (marine), sans oublier la sainteté...)
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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 16:03

supercool a écrit:
Baudouin II de Barvaux a écrit: C'est ta spécialité, pourtant, d'annoncer que tu encules tout le monde, et Pirotte en premier.
j'ai commencé à poster en 2007 sur les forums ciné, surtout Cahiers. Je venais du milieu ouvrier, zéro culture cinématographique. J'ai bien morflé... J'ai découvert des associations fortes, notamment "intellectuel" et "trou du cul", puisque t'en parles.
D'autres trucs aussi, j'ai refait mon retard, j'ai occupé mes nuits. J'ai dit merci, souvent. Va fa encul, pas mal de fois aussi. Je me suis excusé sur les mots inacceptables que j'ai écrits. Tu t'es jamais senti trop concerné toi par tes torrents de crachats. T'es un budget d'hôpital psychiatrique.


---> "... poète-voyant assigné, mutilé, séquestré, humilié et offensé par un vilain & méprisant flic-docteur de la pensée autorisée en blouse blanche, baudruche intellectuelle en laquelle il reconnut aussitôt l'incarnation de toute la saloperie humaine qu'il n'avait cessé de combattre à mains nues, et qui cherchait encore à le dresser, assigner, assujettir, subjectiver, re-prolétariser, surveiller & punir dans un hôpital virtuel digne de titicut follies... Mais c'est alors que Bruce-Artaud-Tyson, se libérant de ses chaines, lui administre un uppercut en triple salto circulaire inversé l'envoyant directement aux urgences à travers le plafond..."

Bizness as usual.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Sibelius le Ven 22 Mar 2013 - 16:30

Borges a écrit:
Hi Sibelius :

- il faudrait plutôt parler des "eaux", de l'eau dans ses différentes formes, avec ses variations de force, d'intensité, de valeur...

-"Woman Bathing in a Stream", en anglais, c'est le nom du tableau; cela pourrait être le titre du film; stream des émotions, des images, de la voix off, "stream of consciousness ", dit on; c'est la première fois, je crois, faudrait vérifier, qu'intervient dans le cinéma de Malick, le grand art, de manière aussi évidente...(d'ordinaire, ce sont des oeuvres plutôt kitsch; mais c'est aussi la première fois que son personnage féminin est "mauvais" (moralement); on est loin de la grâce de la mère dans TTOL, de pocahontas, même si l'histoire et bien des choses rapprochement Marina et poca...);

-ce tableau donne peut-être une indication sur la poétique du film, une esquisse, quelque chose de l'ordre de l'inachèvement (le tableau est inachevé)...le sujet aussi est très important...


Hello

J'avais confondu dans un premier temps avec cet autre Rembrandt qu'est "Bethsabée au bain".

Il s'agit donc ici d'une femme anonyme. L'eau du tableau suggère le lien avec l'eau de la baie du mont St Michel dans laquelle les protagonistes font trempette

Et oui, la consultation de livres d'art avec des chefs d'oeuvre de la peinture fait penser à Tarkovski, ce n'est évidemment pas la première fois, ou plus récemment à Zviaguintsev (Le Bannissement).

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Sibelius le Ven 22 Mar 2013 - 16:33

Borges a écrit:
Personne n'est en avance, personne n'est en retard; on n'est jamais que là où l'on est; mais où sommes-nous quand nous disons je suis là, demande je crois me souvenir Marina (dont le prénom bien entendu fait signer vers la mer, mais aussi vers la peinture (marine), sans oublier la sainteté...)

Pour avoir vu le film deux fois, je puis confirmer qu'il s'agit bien de la question qu'elle pose.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 16:35

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Invité le Ven 22 Mar 2013 - 16:45

supercool a écrit:

t'oublies le rire dans ton synopsis, je me suis bien marré aussi. Le plus souvent. *cymbale*


Tu remarques, c'est mon new-style, je mets pu de smileys, ou le moins possible. On m'a expliqué, sur fdc, que ça faisait "psychopathe", comme si je riais tout seul à mes propres blagues.
Donc, je n'oublie surtout pas le rire, même si je le signifie pas par un coup de cymbale, et je me marre depuis le début de cette joute.

(A propos de *cymbale*, je pensais précisément à une scène de Mash, où l'infirmière demande très sérieusement à Eliott Gould comment il veut ses cookies, ou un truc du genre, alors qu'il lui avait donné, juste pour déconner, l'ordre d'aller en chercher. A ce moment, on voit Gould qui tourne la tête en direction de la caméra (mais pas vraiment en face) avec un air consterné (ou ahuri, je sais pas: indescriptible, en fait) - et on entend un coup de cymbales. Truc typiquement à la Chuck Jones)


Et je me permets d'attirer ton attention sur l'édit de mon post, plus haut, où je te montre, noir sur blanc, que j'avais déjà répondu à ta question, question que tu n'as fait ici que reposer en y incluant à nouveau ton présupposé, à savoir ta propre réponse posée comme une évidence incontestable, - et sans tenir aucun compte du fait que j'avais exprimé mon point de vue, contesté cette présupposition.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 18:25

Sibelius a écrit:
J'avais confondu dans un premier temps avec cet autre Rembrandt qu'est "Bethsabée au bain".

Il s'agit donc ici d'une femme anonyme. L'eau du tableau suggère le lien avec l'eau de la baie du mont St Michel.

Et oui, la consultation de livres d'art avec des chefs d'oeuvre de la peinture fait penser à Tarkovski, ce n'est évidemment pas la première fois, ou plus récemment à Zviaguintsev (Le Bannissement).

Il ne s'agirait pas d'une anonyme, mais de Hendrickje Stoffels, la bonne, ou servante de Rembrandt, et sa dernière compagne, hors mariage (ce qui n'est pas indifférent au sujet du film; ils seront traduits devant une cour religieuse; Hendrickje, qui comparaît seule, est excommuniée); ils ont eu une fille; ça c'est le côté bio; le modèle mythologique, biblique de ce tableau ce serait susanne, ou Bethsabée (autre histoire de relation hors mariage)




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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Borges le Ven 22 Mar 2013 - 19:04

chez nos amis très enculturés, l'avis d'un homme de grande culture, kunilangouste :

Il n'est personne, aujourd'hui, de vraiment cultivé, pour parler de la beauté d'un coucher de soleil". (Oscar Wilde). pardon je n'ai cessé d'y penser pendant le film.

on se marre en se demandant s'il ne faudrait pas plutôt rigoler.

L'avis de wilde est sans doute important, mais il faudrait plutôt se demander ce qui pousse un homme d'une culture qu'on imaginer infiniment supérieure à celle de tous nos amis enculturés réunis (exposant 1000) à filmer des coucher de soleil...


-Malick n'aurait-il pas peur de passer pour un provincial aux yeux de kuni langouste et de O. Wilde :


"Qu'est-ce donc que la Nature? Elle n'est pas la Mère qui nous enfanta. Elle est notre création. C'est dans notre cerveau qu'elle s'éveille à la vie. Les choses sont parce que nous les voyons, et ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés. Regarder une chose et la voir sont deux actes très différents. On ne voit quelque chose que si l'on en voit la beauté. Alors, et alors seulement, elle vient à l'existence. A présent, les gens voient des brouillards, non parce qu'il y en a, mais parce que des poètes et des peintres leur ont enseigné la mystérieuse beauté de ces effets. Des brouillards ont pu exister pendant des siècles à Londres. J'ose même dire qu'il y en eut. Mais personne ne les a vus et, ainsi, nous ne savons rien d'eux. Ils n'existèrent qu'au jour où l'art les inventa. Maintenant, il faut l'avouer, nous en avons à l'excès. Ils sont devenus le pur maniérisme d'une clique, et le réalisme exagéré de leur méthode donne la bronchite aux gens stupides. Là où l'homme cultivé saisit un effet, l'homme d'esprit inculte attrape un rhume.

Soyons donc humains et prions l'Art de tourner ailleurs ses admirables yeux. Il l'a déjà fait, du reste. Cette blanche et frissonnante lumière que l'on voit maintenant en France, avec ses étranges granulations mauves et ses mouvantes ombres violettes, est sa dernière fantaisie et la Nature, en somme, la produit d'admirable façon. Là où elle nous donnait des Corot ou des Daubigny, elle nous donne maintenant des Monet exquis et des Pissarro enchanteurs. En vérité, il y a des moments, rares il est vrai, qu'on peut cependant observer de temps à autre, où la Nature devient absolument moderne. Il ne faut pas évidemment s'y fier toujours. Le fait est qu'elle se trouve dans une malheureuse position. L'Art crée un effet incomparable et unique et puis il passe à autre chose. La Nature, elle, oubliant que l'imitation peut devenir la forme la plus sincère de l'inculte, se met à répéter cet effet jusqu'à ce que nous en devenions absolument las. Il n'est personne, aujourd'hui, de vraiment cultivé, pour parler de la beauté d'un coucher de soleil. Les couchers de soleil sont tout à fait passés de mode. Ils appartiennent au temps où Turner était le dernier mot de l'art. Les admirer est un signe marquant de provincialisme".


-comme si Malick pouvait ignorer ce genre de choses; il est le traducteur d'un texte de Heidegger, où il est dit très simplement que nous n'avons accès à la nature qu'à travers un monde (et nos tonalités affectives); la nature elle-même n'existe pas, un des modes par lesquels advient le monde, c'est l'art...

-Dans leurs critiques de "badlands", Pauline Kael et d'autres avaient reproché à Malick (dont on rappelait sans cesse le statut universitaire prestigieux, Harvard, la Bourse Rhodes, Oxford...) de se foutre de la gueule des pauvres gens sans éducation, ces provinciaux débiles qui lisent des magazines de cinéma, écoutent des chansonnettes, lisent le "National Geographic" (Kit sur son arbre), rêvent de pyramides, se trimballent avec des tableaux d'une horreur kitsch qu'ils prennent pour de la beauté. A en croire P.K., pour Malick, le crime de holly et kit, ce n'est pas leurs tueries, mais leur mauvais goût; A partir de "days of heaven", étrangement, le super intellectuel élitiste devient lui-même le cinéaste du mauvais goût, du kitsch, de la publicité...

-Et si Malick, étant très au-delà, s'en tapait du jugement des gens cultivés...


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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

Message par Sibelius le Sam 23 Mar 2013 - 7:45

Borges a écrit: la nature elle-même n'existe pas

Je suis mille fois d'accord avec ça; d'où la bizarrerie de voir encore et toujours Malick comparé à un écolo faiseur de carte postale vénérant une nature posée comme référent suprême alors qu'on a affaire à un réalisateur qui passe sont temps à filmer ce qui n'existe pas.

Le souci de cette critique tient à utiliser comme un fait acquis des définitions de la nature très paresseuses et de les ramener au cinéma de Malick.

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Re: Tree of Life et le cinéma de T. Malick

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