Avatar - James Cameron

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Mer 2 Déc 2009 - 9:09

Flavien a écrit:
Le cinéma (2D ?), c'était le tissu d'un monde qui venait draper l'homme, c'était la projection d'un réel au-devant du regard. Le cinéma 3D, au carrefour du cinéma et du jeu vidéo (Zemeckis nous le confirme je présume), éjecte le spectateur au dedans du monde.

Hello Flavien,

Je ne crois pas qu'on puisse aussi facilement faire une distinction dedans/dehors. Ca serait omettre tous les cinéastes (les bons ?) qui travaillent à offrir dans leurs films une place aux spectateurs. Evidemment c'est quelque chose qui disparait un peu aujourd'hui, avec le modernisme puis le post-modernisme, la fameuse perte de l'"innocence", de la croyance (des cinéastes et des spectateurs). On voit assez facilement comment on pourrait même avoir la tentation de proposer un discours qui inverserait totalement ton rapport, mais je suis pas sûr que ça serait plus pertinent.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Largo le Mer 2 Déc 2009 - 14:38

Le duo Spielberg/Jackson s'amuse aussi beaucoup avec ses joujous numériques :

Steven Spielberg révèle ses secrets pour adapter Tintin au cinéma

Un entretien exclusif publié dans un numéro hors série du " Monde ", à paraître le 3 décembre





Le producteur et réalisateur américain Steven Spielberg s'exprime pour la première fois sur ses projets de films sur Tintin, et c'est dans un numéro hors- série du Monde, en kiosque jeudi 3 décembre, qu'il le fait. Les Aventures de Tintin - Le Secret de la Licorne devrait sortir en octobre 2011 en France. C'est le premier volet d'une trilogie d'après l'oeuvre d'Hergé. Le deuxième sera tourné par le Néo-Zélandais Peter Jackson (Le Seigneur des anneaux), également producteur et scénariste de la trilogie avec Spielberg.

C'est grâce à Indiana Jones que Spielberg a découvert Tintin, un héros inconnu aux Etats-Unis. " En 1981, j'ai lu des critiques des Aventuriers de l'arche perdue, qui comparaient mon film à un certain Tintin, raconte Spielberg à Claudine Mulard. Je ne comprenais pas ! (...) Alors j'ai commandé des albums de Tintin et là, je me suis dit : "Maintenant, je comprends !" "

Spielberg lit en premier Le Crabe aux pinces d'or et, d'emblée, est épaté : " Je ne comprends pas le français, mais je comprenais tout dans l'histoire qu'il racontait. Quand j'ai lu la traduction anglaise, j'avais déjà compris l'humour, ce qui en dit long sur la force de son art ! Et c'est exactement ce que Peter Jackson et moi voulons honorer avec nos films sur Tintin. "

Début 1983, Spielberg s'entretient au téléphone avec Hergé qui, de son côté, a vu Indiana Jones, et qui est convaincu que Spielberg est le cinéaste qui pourrait le mieux transposer son oeuvre à l'écran. Mais Hergé meurt quelques semaines plus tard, le 3 mars 1983, et le projet tombe à l'eau.

Spielberg, par le biais de son studio DreamWorks, acquiert en 2002 les droits de tous les albums de Tintin. L'intrigue du premier film combine deux albums, Le Secret de la Licorne et Le Crabe aux pinces d'or. Haddock apparaît pour la première fois dans Le Crabe : " Peter Jackson et moi avons conclu qu'il fallait présenter le capitaine Haddock au monde entier en même temps que Tintin. "

Le cinéaste sait qu'il sera attendu par les fans sur la façon dont il va transposer le reporter en film. Du reste, une des raisons pour lesquelles il a reculé, au début des années 1980, est qu'il avait " peur de mettre des costumes aux acteurs ". Peur aussi de décrire " un monde qui n'existe pas ".


Ne pas raboter la houppe


Trouver des acteurs qui ressemblent à Tintin n'était pas satisfaisant. Mais le temps a passé et le numérique offre une nouvelle possibilité : les personnages seront un mélange de dessins et d'acteurs en chair et en os. Suivant la technique de la motion capture, les comédiens jouent sans décors ni costumes, avec sur le corps des capteurs qui permettent d'enregistrer leurs performances. Après cette partie de " tournage ", que Spielberg vient de terminer, commence un travail de deux ans : il s'agit de constituer numériquement les plans du film en restituant l'esthétique de la BD - traits des visages, vêtements, décors, etc. Les personnages seront " des vrais gens, mais vus par Hergé ", résumait le cinéaste en 2007. Qui précise aujourd'hui qu'il n'y aura " pas de téléphones portables, pas de postes de télévision, pas de voitures modernes, juste l'Europe intemporelle ".
" Peter Jackson et moi avons la possibilité d'honorer l'art d'Hergé, son ton, sa palette de couleurs, ses personnages. " Il dément avoir raboté la fameuse houppe de Tintin. Il ajoute : " Le langage corporel est très important. Il n'est pas question d'y toucher. Nous respectons religieusement l'art d'Hergé. "

Tintin sera interprété par le Britannique Jamie Bell, 23 ans, connu depuis son premier rôle dans Billy Elliot (2000). Sans doute sa pratique de la danse lui permet-elle d'incarner le reporter virevoltant - à l'écran, on devrait plus reconnaître le visage de Tintin que le sien.

Deux autres acteurs britanniques ont été choisis : Daniel Craig (James Bond) sera Rackham le Rouge et Andy Serkis sera Le capitaine Haddock. A 45 ans, ce dernier est un " spécialiste " de la transformation numérique : il a incarné Gollum dans la trilogie du Seigneur des anneaux, et tenu le rôle-titre d'un remake de King Kong, deux films de Peter Jackson.

Spielberg vit une des expériences " les plus amusantes " de sa vie. Mais il dit qu'il n'est pas Tintin. " Je n'ai pas sa ténacité. Je ne peux pas me concentrer sur une seule chose, car j'ai une famille nombreuse, et un studio à gérer. (...) Je me sens plutôt comme Milou. "

Michel Guerrin



Tintin, le retour,

hors-série

du " Monde ", 100 p., 8 ¤.

(Le Monde, daté du 03.12.2009)
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Re: Avatar - James Cameron

Message par adeline le Mer 2 Déc 2009 - 14:55

Sur le blog, Ce qui nous regarde..., Sébastien Bénédict écrit aussi autour d'Avatar :

http://intimedia.kaywa.com/

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Le_comte le Mer 16 Déc 2009 - 18:07

Salut tout le monde

Alors, cette révolution ? J'ai vu le film tout à l'heure, j'ai été ému, je l'ai beaucoup aimé (avec des raisons "objectives" et "tenables", je l'espère), même si Avatar reste redevable de certains filons propres aux blockbusters (par exemple, la confrontation finale, tout aussi lourde que celle de District 9, dont il est pourtant l'exact opposé).

Peu importe, ces relents de sottise des blockbusters nous importent peu (même s'ils sont assez nombreux : manichéisme, écolo, bonne conscience...). C'est pourquoi je propose quelques pistes :

-(pour Borges Smile ) un processus de déterritorialisation deleuzien, une inscription dans un devenir-Na'vi, inscription rare, si pas unique. (l'exact contraire de District 9 donc)

- Les "aliens", terme employé à deux reprises. Une fois pour désigner le "faux" na'vi (Jake Sully incarné dans un autre corps), Une autre fois pour caractériser les humains.

-Redécouvrir son corps, pouvoir être quelqu'un d'autre. La rencontre magique avec l'altérité (les incroyables premières scènes, proches de la révélation mystique)

-Passage dans un tout autre mode de perception, de sensation. Cameron dégage et filme une économie nouvelle et dépasse, à mon sens, Le nouveau monde de Mallick. Qu'est-ce la nature ? Que devient la "normalité" ? (on pourrait renvoyer ici d'une certaine manière au dernier Jarmush)

-Le rêve et le réalité. Les esprits. Péché post-moderne ou véritable retour à une autre manière de faire monde ? La nature, les molécules, la science...

- Que devient l'image dans toute cette redéfinition (c'est le cas de le dire ?).

- La riposte des opprimés, le désir de ne jamais s'avouer vaincu. (Inglorius Basterds ?).

....

Je n'ai pas vu le film en 3D, me conseillez-vous d'aller le revoir dans ce format ?


Dernière édition par Le_comte le Mar 19 Jan 2010 - 19:40, édité 1 fois

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Flavien le Mer 16 Déc 2009 - 22:26

Je suis allé voir Avatar en lisant Cinéma contre spectacle de Jean-Louis Comolli, en pensant aux enfants de Marx et de Coca-Cola que nous sommes.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Le_comte le Jeu 17 Déc 2009 - 13:36

Cette lecture conjointe n'était peut-être pas une bonne idée Smile (pour apprécier le film je veux dire !)

Oui, bon, il est vrai que plus grand spectacle qu'Avatar, tu meures ! Les célèbres gros sabots de Cameron étaient au rendez-vous (ce pourquoi, d'ailleurs, je n'ai jamais vraiment aimé ses films). Mais voilà, en profondeur, au delà du règne de la marchandise et du spectacle, il y a quelque chose de très fort, de deleuzien.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Jeu 17 Déc 2009 - 13:44

Je voudrais renvoyer les visiteurs qui ne l'auraient pas lu à ce texte de Zébulon qui propose une approche pour le moins surprenante et originale de la filmo de Cameron.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Le_comte le Jeu 17 Déc 2009 - 18:56

Sans quelqu'un pour unifier tout ça, ça donne des sommets de kitsh comme les trois derniers Star Wars, des puddings invraisemblable, des pâtés indigestes de patchworks d'influences, du post-post-post-post postmodernisme échevlé. On est est vraiment au delà du navet avec les trois derniers Lucas, c'est indescriptible. Je les ai vu récemment pour la première fois, j'étais à la fois sidéré et fasciné par le décalage avec les trois premiers.

Oui oui, c'est vraiment pas mal.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Le_comte le Jeu 17 Déc 2009 - 22:25


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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Sam 19 Déc 2009 - 0:47

Salut Le_comte,

Le_comte a écrit:
Cameron dégage et filme une économie nouvelle et dépasse, à mon sens, Le nouveau monde de Mallick.

OUI !

Ce film peut certainement réunir (consensus ?) les plus fervents défenseurs du film de Malick et ses détracteurs les plus féroces (dont je fais partie).

et, oui pour Deleuze..

Mais comment peut-on parler d'autre chose que d'Avatar une fois qu'on l'a vu ?

à demain, donc

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Sam 19 Déc 2009 - 12:10

Ce qui est passionnant, au-delà du soi-disant "épuisement du réel" face à l'imitation du numérique (cf l'article de Chronicart linké plus haut), c'est, au contraire, le souffle qui traverse la sphère du "réel" comme celle du "virtuel" : la trahison, la rébellion, la désertion.. la révolte se joue à deux niveaux (Cameron a compris que la sympathie du spectateur se porte naturellement vers l'adversaire qui subit l'inégalité dans la lutte inégale entre flèches et robot mitrailleurs), elle n'est pas confinée dans le monde virtuel, il y a "réelle" insoumission de soldats à la guerre que déclenche le colonel.

Je lis à plusieurs endroits que les humains sont les "exclus", "les parias", mais je n'ai pas compris le passage du film, celui où Jack rejoint les Na'vi en parlant de ça en voix-off, de cette façon là. Pour moi il parle ici de ceux qu'il rejoint, et dont il fait maintenant partie. Il dit quelque chose de carrément admirable, quelque chose comme : "il est temps pour moi de rejoindre les parias, les exclus, ceux qu'on ne voit pas avec les yeux" (ça on sait qu'il le dit dans son corps d'humain, proche de la folie, devant sa webcam pour son journal de bord). Dans ce grand bain d'images "réelles" et d'images numériques, Cameron nous ramène à la fonction de l'oeil qui, seul, ne peut tout voir. C'est quelque chose qui parcourt le film, un jeu de langage entre Jack et Neytiri, "voir" l'autre (les Na'vi, mais aussi toute la nature environnante), c'est lire en lui, le "sentir", bien plutôt que le "voir" physiquement. Ceci abolie immédiatement toute fascination sur le décorum numérique mis en place à propos duquel bon nombre de critiques s'en donnent à coeur joie.

Frappé par la similitude entre les premières images du carton contenant le corps du frère de Jack décédé que l'on voit rentrer dans l'incinérateur et les images de ces corps vivants enfermés dans des boîtes pour basculer dans leur avatar. J'ai l'impression qu'il y a là une bifurcation entre le processus de Jack (que Le_comte dit justement je trouve de "déterritorialisation") et la mort de son frère. La mort vient du dehors, comme dit Deleuze dans un de ses cours, voyez à la fin la machine métallique que pilote le colonel avec laquelle il cherche à détruire le coffret dans lequel Jack vit dans son avatar pour se débarrasser de celui-ci qui l'attaque.

Encore un truc avant de continuer, je vois pas spécialement la patte de Miyazaki contrairement à ce que j'ai lu ou entendu parfois, les créatures de la forêt sont plus proches des dinosaures, des gargouilles ou des chimères, pas grand chose à voir avec les créatures du réalisateur japonais. J'aime beaucoup cette idée d'ailleurs, à la fin, que les créatures de la forêt les plus hostiles, les plus maléfiques, s'allient avec les Na'vi.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Borges le Sam 19 Déc 2009 - 12:59

tout ça est du plus haut comique, tenter de porter au niveau des idées, des clichés à la walt disney...


Dernière édition par Borges le Sam 19 Déc 2009 - 13:32, édité 1 fois
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Re: Avatar - James Cameron

Message par Borges le Sam 19 Déc 2009 - 13:28

que la mort vienne du dehors (un des énoncés les plus fameux de deleuze) c'est d'abord de spinoza, et c'est un énoncé qui fait partie de son système, donc de son idée du temps, du corps, de la nature, de l'éternité, de la composition et décomposition...des degrés de puissance...
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Message par Borges le Sam 19 Déc 2009 - 14:28

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Re: Avatar - James Cameron

Message par ^x^ le Sam 19 Déc 2009 - 15:26

Deux choses me font "peur"; l'utilisation de la partition de Horner et le traitement du monde, de la civilisation des Navis (ortho ?)

Pr le plaisir, deux "résumés" tirés d'un forum de cinémash. Je crois.

deudtens a écrit:James Horner, t'es un trou du cul. Un connard, une grosse merde. Ça fait des années que tu fous ton motif de 4 notes dans les 3/4 de tes BO. Et vlà les 4 notes, le truc bien bourrin et le plus AGAÇANT qui soit. Tu m'as torturé pendant 2 heures 40. T'as pile choisi les moments les plus puissants et ceux enclins à me tirer une larme pour lâcher ton motif moisi à répétition, l'air de rien, juste pour faire chier, alors que le reste de la musique banale se suffisait à lui même. T'as niqué tout le potentiel émotion du film pour moi. GROS PEDE !

Tu dois avoir un melon pas possible pour oser faire ça à chaque film, je sais pas, te dire "mmhmmhh tiens celui là aussi jvais lui foutre un peu de mes 4 notes de connard pour la forme, c'est moi que j'lai fait, c'est cool, c'est ma marque de fabrique, le caca". De mémoire, je n'ai que Stalingrad (utilisant le motif à ultra-répétition dès le début), en pleine tempête et troie (ouais, en plus dans avatar tu fais donc référence à des bouses) en tête. Mais yen a d'autres, c'est certain. FF cite Willow, et il y a aussi le masque de Zorro je crois. Il fait ça depuis longtemps le tacheron !

Cameron se sort les doigts du cul pour créer un univers, et toi tu recycles ta fiente, t'as pas honte ? Et puis ya personne pour t'arrêter à un moment ? Personne pour te dire "ouais ok, ça passe sur quelques films moisis du cul, mais là stop maintenant hein" ? Ca m'énerve vraiment.

Sinon, le film, bien aimé, exactement ce à quoi je m'attendais : film d'aventures impressionnant mais classique. 4/6. Ça aurait eu plus avec autre chose qu'on gros fils de pute mégalo à la musique. Je kiffe :


Mais je kiffe moyen :


En me relisant jme rends compte que c'est typiquement le genre de films que je kiffe pour plein de details, mais pas trop pour son ensemble, trop convenu.

Laughing ...



et puis GM qui soulève justement le dernier point, et qui va ds le sens de mes craintes apparemment:

Zad a écrit:Faudra que je prenne le temps d'expliquer davantage, mais rapidement : c'est direct en tête de mon flop ten annuel. Au-delà de banal, je trouve le scénario assez haïssable en fait, de ces machins relevant de l'hypocrisie écologique absolue, de ces machins dangereux qui fleurissent actuellement, qui considèrent l'homme comme le virus de la Terre, le dernier plan à ce titre est à mes yeux un des plus scandaleux qui soient.

et l'hypocrisie et la schizophrénie du film ne s'en tiennent pas là : le soi-disant "enchantement" à découvrir l'univers (que je trouve moche de base, ce chara-design vert et bleu xbox, tellement convenu, à mi-chemin entre panzer dragoon et halo) dissimule mal la seule envie du film : le faire exploser, le filmer en proie aux flammes et à la destruction. Qu'est-ce d'ailleurs que cette civilisation qui ne construit rien, qui ne créé rien, qui n'a pas d'art, pas d'organisation sociale, qui ne semble exister que pour s'ébaubir de son monde? Oooh ces gentils primitifs aux grands yeux bons qui font rien qu'à être heureux, et qui ont un facebook d'arbres, allez hop, la zizique du Roi Lion... Pas de personnages, pas d'implication émotionnelle, une mise en scène en mode cinématique d'intro, des acteurs aux fraises, une 3D qui décidément sert à rien (je retenterai p-ê pour le Dante et si c'est la même, je laisse définitivement tomber), un fond uuultra-douteux...

Yerk.


Dans 30 min, je suis devant l'écran. Projection en VF et 3D. Je le sens mal, lol
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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Sam 19 Déc 2009 - 16:24

La musique est particulièrement naze, en effet..

La position de GM est tranchée, on l'a déjà vu moins violent (et moi plus virulent) sur le thème écolo qui faisait, me semble-t-il en la circonstance, pas plus de cadeau aux humains que le film de Cameron. C'est pas que les humains sont des "virus" mais ils ne peuvent pas s'acclimater à l'air de Pandora donc qui dit départ des humains, dit transfert de Jack dans son avatar. Je vois pas ce qu'il y a de particulièrement abjecte, c'est peut-être un peu bêbête mais on est loin des révélations finale en effet très douteuses de "Prémonition" ou "Le jour où la terre s'est arrêtée".. Pourquoi pas prétendre que Cameron crée cet univers pour pouvoir le détruire comme les militaires, perso ça me plait pas beaucoup comme idée, mais pourquoi pas.

Deux choses me font "peur"; et le traitement du monde, de la civilisation des Navis (ortho ?)

ah bon, tu as peur de quoi Careful ?

J'avais plutôt crainte du traitement des humains dans le film, et je trouve que Cameron s'en sort pas si mal, refusant également les voies de colonisation proposées par le militaire et la biologiste. C'est assez clair, Cameron ne cherche pas à brouiller les pistes là-dessus.

Il y a un plan absolument horrible concernant le projet 3D du film, c'est celui où le mec joue au golf de salon et où Cameron utilise à fond le principe pour voir arriver la balle dans la profondeur. L'utilisation du joujou pour riches de la 3D paraît du coup aussi ringard que ce type de jeu.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par DB le Sam 19 Déc 2009 - 18:36

Bah James Horner quand il recopie pas des mélodies, thèmes du classique c'est une rareté alors pas trop de surprises....
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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Sam 19 Déc 2009 - 18:45

David_Boring a écrit:Bah James Horner quand il recopie pas des mélodies, thèmes du classique c'est une rareté alors pas trop de surprises....

on aimerait tellement que la musique coupe son sifflet, au moins de temps en temps, à certains moments précis..

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Re: Avatar - James Cameron

Message par ^x^ le Sam 19 Déc 2009 - 19:28

...j'en reviens toujours pas de ce à quoi je viens d'assister...je ne suis pas près d'oublier cette expérience inédite. J'y allais vraiment à reculons pourtant.
La lumière était parfois magnifique. Par contre je ne sais pas si une vision en 2D m'aurait autant secoué.
Oui, Cameron s'en sort pas mal.
Vraiment l'impression d'être passé radicalement à autre chose.
Ce qui m'a également surpris, c'est ce silence redoutable ds la salle pdt les 2H40. A un moment j'ai ôté ces lunettes 3D. La vision était assez terrifiante; tout ces humains figés ds leur fauteuil, comme s'ils recevaient un lavage de cerveau programmé à travers ces lunettes, et ce, ds un silence absolu; aucune communication avec son voisin. Un grand moment également.
Je serai bien resté ds cette forêt finalement,lol.

(musique insupportable par contre)

pont...


Dernière édition par careful le Dim 20 Déc 2009 - 12:46, édité 1 fois
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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Dim 20 Déc 2009 - 7:35

New world : "C'est réel, ce que je croyais être un rêve", Smith décrivant la vie des indiens qu'il découvre.

Avatar : "Je ne sais plus si je suis dans le réel ou dans un rêve", Jack sortant de son avatar après être resté avec les Na'vi.

Indépendamment de chercher à jouer au "jeu des sept erreurs" entre le film de Malick et celui de Cameron, il faut sans doute s'interroger sur le fait que Cameron choisisse de faire référence à un mythe fondateur des USA tel que celui de Pocahontas pour tourner son grand film censé représenter une pierre angulaire dans l'évolution technologique du numérique et de la 3D.

Careful : lunettes ou pas, bienvenue au cinéma ! Je crois pas que les lunettes et la 3D changent grand chose au dispositif initial. Il s'agit sans doute juste d'essayer de regarder le film un peu différemment de la façon dont les pubs avant, qui font référence au film, nous demandent de le regarder. Rien ne s'y oppose réellement.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Le_comte le Lun 21 Déc 2009 - 22:51

Je viens de revoir le film, et en 3D cette fois-ci, déçu de ne pas l'avoir vu directement dans ce support. Et je suis d'accord avec JM (ainsi que ce qu'il avance plus haut) pour dire que, au final, la 3D ne change pas grand chose "moralement". Il s'agit d'une technique, qui affirme plus que jamais le cinéma est le miroir du monde et se compose de morceaux de réel en mouvemement.

Par contre, j'ai été frappé, dans cette deuxième vision, par les défauts du film. La magie et les charmes de l'illusion n'ont plus agi de la même manière. Ainsi, je dois un peu modifier ma position : il n'y a pas grand chose de neuf dans l'affaire, pas d'économie renouvelée, ni de perception redécouverte, seulement une belle aventure et un expérience forte, et quelques idées vraiment intéressantes.

Je comprends bien pourquoi Borges se fait silencieux sur ce film (ou bien ne l'a-t-il pas encore vu), lui qui pourtant nous l'annonçait comme une date marquante du cinéma. Disons que je le vois mal aimer ce film...

Sinon, je repensais au film que j'aurais aimé voir, un Avatar scientifique. Il n'y aurait plus d'armée, de manichéisme, de combats, d'action à gogo. Seulement des expériences scientifiques, des essais, des découvertes, de la contemplation. (Je repense à l'adaptation de Jurassic Park par exemple. Le livre était axé sur les chercheurs et les expériences. Tout cela a bien entendu disparu chez Spielberg). Mais ce film là n'est pas encore possible, nous ne sommes pas encore entrés dans cette "ère". Et puis, qui voudrait le voir ? Un Avatar simplement centré sur l'exploration, style 2001. Ça viendra un jour.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Flavien le Mar 22 Déc 2009 - 9:06

Le_comte a écrit:Et je suis d'accord avec JM (ainsi que ce qu'il avance plus haut) pour dire que, au final, la 3D ne change pas grand chose "moralement". Il s'agit d'une technique, qui affirme plus que jamais le cinéma est le miroir du monde et se compose de morceaux de réel en mouvemement.
Il me semble plutôt que la 3D vient affirmer que jusqu'à elle le cinéma n'était pas le miroir du monde. "Le représenté, ce n'est pas le réel" a écrit Barthes. Un écran, ce n'est pas un reflet, c'est au mieux la toile de fond d'une caverne sur laquelle dansent des ombres.
Avec la 3D, on se rapproche du miroir, ou plutôt du jeu du mime. La vraisemblance du film 3D agit comme analogon du réel. Avant au mieux, on pouvait se servir du réel comme motif. C'est le geste de Lumière, "dernier impressionniste", de faire du cinéma un moyen de peindre sur motif. Le cinéma pour créer sur- du réel et non pas créer du- réel. "Les choses sont là, pourquoi les manipuler" disait Rossellini à Jean Rouch. Mais la réalité ne laissait jamais que son empreinte, salutaire "embaumement", sans se valoir comme une présence. La matière-cinéma oeuvrait à une réalité sans être réelle.
Il faudrait coupler la 3D de Cameron à l'Odorama confectionné par Jerry Buhai pour le Polyester (1981) de John Waters, dans lequel il fallait gratter chaque pastille odorante lorsqu'apparaissait un numéro en bas de l'écran, et on se rapprocherait d'une vérité sensible.

La 3D raffermit la valeur cinématographique de "fenêtre sur le monde" (sur "l'histoire" comme l'entend Leon Battista Alberti à qui Bazin reprend la formule). Mais le cinéma 3D n'en reste pas moins un cache. Ça m'avait frappé lorsque j'avais vu mon premier film 2000s en 3D, Coraline, cette façon dont les effets de profondeur et d'émersion venaient toujours buter contre la quadrature de l'écran, en rappelant que devers ce qui est montré, il y a un infini voilé. Et c'est bien le projet de la 3D, d'armer le cinéma d'un nouvel outil pour rendre présent le monde et pour défaire dans l'absolu le cinéma de son cadre. Pour l'émancipation des images mouvantes de leur cadre, il y a eu la vidéo en 1965, il y a depuis le milieu des années 2000 un regain d'intérêt partagé pour la corrélation entre le cinéma et le musée -qui tente de mettre en espace les images de vidéo/cinéma pour exposer leur omniprésence et leur libre circulation au-delà du cadre-, et il y a maintenant la voie mainstream du cinéma 3D.

Aimer ou non Avatar, il engage au moins à repenser, non pas le dispositif qui conserve son statut historique (à quelques données techniques près), mais l'expérience du film et le rapport qu'entretient dès lors le cinéma avec la représentation du réel.

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Invité le Mar 22 Déc 2009 - 10:42

La 3D de Cameron, c'est juste un dispositif assez pauvre, qui rêve d'autre chose, d'un autre type de dispositif qui se rapproche plus du jeu vidéo directement connecté au système nerveux, aux neurones du "spectateur".

La réaction commune des spectateurs à la sortie du film est une réaction d'immersion totale dans un "nouveau monde". On peut même lire que certains spectateurs auraient voulus y rester "plus longtemps", dans ce monde. On retrouve là, de l'autre côté de l'écran, la réaction de Jack qui devient "addict" de son avatar dans le film.

Ce que nous prenons pour un nouveau dispositif (le procédé 3D, qui existe quand même depuis des années de manière plus ou moins perfectionné au cinéma), n'est en fait que le socle de préfiguration (l'annonce, dans le sens de la prophétie, comme de la réclame) d'un nouveau type de dispositif qui aura en commun avec la représentation 3D l'immersion, mais celle-ci ne passera plus par le classique écran rectangulaire de cinéma (cf les coffins d'Avatar, ou tout un tas d'autres films récents comme "Ultimate Game" ou "Clones" qui tendent tous vers la position allongée inspirée sans doute aussi bien de la position du mort dans le cercueil que des patients dans les scanners des hôpitaux - exploration "intérieure" - ou les coffres des instituts de beauté - exposition "extérieure" -).

Plein de choses à voir avec Bazin, effectivement, déjà parce qu'il s'intéressait à la "profondeur de champ", ce qui a à faire d'une certaine manière avec la 3D, mais aussi parce qu'il

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Flavien le Mar 22 Déc 2009 - 11:30

Tu précises ce que je voulais dire JM : la 3D comme moyen de recherche intérieure.
Pour Le_comte, c'est légitime de rêver d'un film en dimension qui explore l'intérieur, dégagé des contraintes narratives. Il se peut, que les premières vues stéroscopiques ou les films en anaglyphe aient été d'ordre scientifique. Mais il ne suffit plus d'agir là sur la technique même de projection mais sur le mode de production.

Quand est-ce que Cronenberg fait un film en 3D ?

Pas anodin par ailleurs, si le premier film a avoir fait parler de lui (pour son taux de rentabilité par rapport aux copies 2D), c'est Voyage au centre de la Terre, façon de creuser le sillon jusqu'au coeur de la planète, sur le modèle de l'esbroufe et du spectaculaire certes, mais motivée par un désir de parcourir l'en-deçà de la surface terrestre.
Il est notable et intéressant de remarquer que tous les films en 3D notoires reposent sur le procédé du dualisme qui détache, dans la diégèse du film, la réalité du réel. Et on retrouve ce que Fabrice Revault d'Allonnes écrit dans Pour un cinéma "moderne" :

Mais le document, le monde, est duel : d’une part la réalité, d’autre part le réel. Le réel s’entendant comme cette espèce de manque, de trou entre la réalité et nous. D’où deux grandes voies de la modernité cinématographique, selon que le réalisateur se place et replace face à la réalité ou face au réel.
Le réalisateur dont parle d'Allonnes, c'est maintenant le personnage et, à travers lui, le spectateur. La 3D précise peut-être le discernement entre la réalité et le réel avec lequel le cinéma se plaît à jouer (Jia Zhang-ke, Miguel Gomes ou Avi Magrobi cette année par exemple).

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Re: Avatar - James Cameron

Message par Borges le Mar 22 Déc 2009 - 12:49

Le_comte a écrit:[justify]
Je comprends bien pourquoi Borges se fait silencieux sur ce film (ou bien ne l'a-t-il pas encore vu), lui qui pourtant nous l'annonçait comme une date marquante du cinéma. Disons que je le vois mal aimer ce film...

hello Le_comte

ça va?

je rappelle ce que disait derrida : comment savoir si un texte est ou non ironique?Dans ce que je disais, il y avait du sérieux, et de l'ironique...

j'ai pas encore vu le film; ça va venir, dans quelques jours...

je lis avec intérêt vos "analyses"...

au début de ce que nous voyons ce qui nous regarde, gdh, oppose deux types d'homme, l'homme de la croyance et l'homme de la tautologie; l'un voit au-delà de ce qu'il voit, l'autre dit ne voir que ce qu'il voit; l'expérience fondatrice, c'est la vision du tombeau; un tombeau, c'est juste un tombeau, y a rien dedans; un tombeau, c'est vide, nous seront ressuscités; ce sont deux manières d'éviter d'être regardé, deux manières d'éviter dans cette expérience l'expérience du vide, du cadavre, la mort, ma propre mort....

à l'évidence, ce film appartient au cinéma de la croyance (qu'on se souvienne j'avais causé du documentaire sur jésus produit par Cameron; basiquement, le héros de terminator, le sauveur c'est john connor, autrement dit JC) :

"l'homme de la croyance préfère vider les tombeaux de leurs chairs pourrissantes, désespérément informes, pour les remplir d'images corporelles sublimes, épurées, faites pour conforter et informer, c'est-à-dire fixer- nos mémoires, nos craintes et nos désirs."

(p 25)

ici, on pense évidemment à clones

qu'on me redonne un corps, un corps glorieux, pas celui que recherche Gibson dans son dernier film, mais c'est un peu la même histoire, on le sait bien...


question cinéma : personne ici n'a encore songé à lier le mec sur sa chaise à james stewart...et plus loin encore au personnage fameux, qui se lève et marche...par miracle

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