Huillet-Straub

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Huillet-Straub

Message par Borges le Jeu 12 Nov 2009 - 13:19


L'autre jour, je me disais : "pas un seul topic sur Bresson, sur H-S, sur Resnais, sur Dreyer... "



Ici on pourra parler de Huillet et Straub.




Dans "Chronique d’Anna Magdalena Bach" ; il y a le choix de l’interprète de Bach, c’est Gustav Leonhardt. On imagine que Godard aurait plutôt choisi Glen Gould. Confier à Gustav Leonhardt le rôle de Bach, c’est suggérer que jouer Bach, c’est jouer sa musique, c’est ce que fait Gustav Leonhardt pendant le film. Il joue Bach, il l’interprète. Mais alors on peut se demander : si GL joue, interprète Bach, en jouant, en interprétant sa musique, que jouait, qu’interprétait Bach lui-même ? Sa musique ? Jouait-il son propre rôle, dans le monde ? Peut-être que la réponse (décevante ?) peut se laisser lire dans le dernier plan du film, d’une beauté à couper le souffle, une présence de la transcendance dans l’immanence, absolue ; le plan est si beau, qu’il risque de ressembler à un cliché. Un homme, une fenêtre. Plus tôt on aura vu Anna, sa femme, sa seconde femme, aussi à côté d'une fenêtre; il y a aussi un oiseau dans une cage. On en arrive alors à l'idée de la mort, celle décrite très froidement pas la femme de Bach, et celle que la musique raconte.... Comment joindre le dedans et le dehors? c'est bien entendu l'idée de la fenêtre et de l'oiseau chantant en cage; je ne sais plus qui faisait remarquer que les personnages de HS regardent souvent l'horizon; pour Bach on sait où va son désir, mais pour un H-S, qui n'appartiennent pas nécessairement au même espace de croyance, à moins que, quel est le dehors du dedans; les quelques ruptures de l'intériorité dans le film sont absolues. On s'ennuie presque d'être enfermés, même à écouter Bach joué par GL, mais quand surgissent les vagues, en un plan bref, ou les arbres et la musique, et les nuages, on sent la présence d'un autre dehors, qui n'est pas nécessairement celui de Marx, ou de la Croyance en dieu... la question est alors où est la musique? Comment la filmer? Ce plan du ciel, des nuages, des arbres, c'est le seul où la musique n'est pas joué par des musiciens dans le champ; je crois.
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Borges le Jeu 12 Nov 2009 - 14:03

Leonhardt dira :


« Comme musicien, j’admire la justesse de conception des Straub (c’était dans les années 1960, et ils n’étaient pas musiciens), qui ont compris les qualités essentielles de la musique :

- L’exécution d’une musique sérieuse est avant tout destinée à être entendue et non vue. De là les plans fixes de longueur très inhabituelle, qui laissent l’attention se focaliser sur l’écoute. Aucune explication n’est nécessaire.

-Deuxièmement, ils ont exceptionnellement bien compris à quel point il était nécessaire d’enregistrer simultanément les images et les sons (cela n’a pas été une mince affaire !), de manière à transmettre la vérité de l’exécution musicale, qui advient ici et maintenant. Le play-back, fût-il réalisé par les mêmes musiciens, aurait altéré cette vérité.

-Enfin, j’apprécie la pureté historique qui se dégage de l’emploi exclusif, pour les textes parlés, de documents du XVIIIe siècle, et dus à Bach lui-même ou à ses contemporains.

-Lors du tournage, je ne me suis jamais senti ni acteur ni Bach. C’est donc tout ce que je peux dire. »


(Jacques Drillon, Sur Leonhardt, p. 119-120.)


http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=854#section2


Je retiens ceci :

-Une musique sérieuse doit avant tout être entendue et non vue; c'est un point important.

(est-ce vrai?; pendant le film, souvent j'ai été tenté de fermer les yeux, mais j'ai eu peur de rater l'un ou l'autre mouvement de caméra, un changement dans l'image; d'autant plus rares, d'autant plus précieux. Cette volonté (mais est-ce bien de la volonté?) de fermer les yeux dit-elle quelque chose de la musique, de notre expérience de la musique; la pose des mélomane, yeux fermés. Mais alors l'opéra, est-ce de la musique sérieuse; pour les puristes, peut-être pas. Ce qui est évident c'est que la musique populaire, et pas seulement depuis l'invention du clip, est inséparable de l'image, du show, de la danse, bref, de la vision; moins il y a de musique, plus il y a d'images...). Si on suit GL, on pourra croire que la meilleure expérience de la musique sérieuse, c'est l'enregistrement... là, y a rien à voir. L'enregistrement répond-il à la destination de l'essence de la musique, uniquement destinée à l'oreille? C'est une question, naturellement impossible. Car, Bach lui-même, on le voyait jouant, comme cela se faisait partout avant l'enregistrement, avant la possibilité de la séparation de l'image et du son. Notons, et c'est pour moi, le point qui importe, le film se termine sur la maladie de Bach, qui l'a rendu aveugle; c'est l'autre aveugle des films H/S, l'autre étant Tirésias...les circonstances de la cécité de Tirésias permettront d'avancer.

Tirésias a été rendu aveugle par Athéna, qu'il a surpris nue en train de se baigner; la mère de Tirésias la supplie de lui rendre la vue, elle veut pas, mais « Elle lui purifia les oreilles, et cela lui permit de comprendre parfaitement le langage des oiseaux."

Voyez comment les oiseaux reviennent dans cette affaire.









-Il ne s'est senti ni acteur, ni Bach; ce qui ne veut pas dire qu'il est resté GL, lui-même; dans l'expérience ordinaire de son existence, cet énoncé n'a pas de place, ou de sens; les choses ne sont pas aussi simples; quelle est la différence?



Pour le reste, on verra.
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Invité le Jeu 12 Nov 2009 - 14:44

Borges a écrit:

Dans "Chronique d’Anna Magdalena Bach" ; il y a le choix de l’interprète de Bach, c’est Gustav Leonhardt. On imagine que Godard aurait plutôt choisi Glen Gould.

En attendant, en 65 Godard disait : "[Défendre] Straub, ce sera difficile, Skolimowski, plus facile, mais très difficile bien sûr vis-à-vis des critiques traditionnels. Skolimowski est le premier à défendre. D'abord parce que c'est le plus ouvert. C'est un peu comme du jazz. Et il me semble plus facile de faire comprendre Mingus que Stockhausen, Skolimowski que Straub."

Je connais pas du tout Stockhausen, mais sur Wikipedia, j'ai trouvé ça, je sais pas si c'est sérieux ou pas :
Simon Stockhausen, le fils du compositeur, rapporte qu'il n'a jamais entendu son père émettre de commentaire sur un album de musique Pop. Cependant, il rapporte que celui-ci considérait que cette musique ne permettait pas d'explorer et de diffuser la sensibilité intrinsèque du musicien dans sa complexité et sa totalité. Le résultat étant pour lui, que la musique pop est un facteur dans l'effet de masse et qu'elle n'encourage pas au développement personnel.

Cet avis et ce regard sur la musique furent fortement influencés par la jeunesse qu'il eut, dans un milieu principalement national-socialiste, qui niait le progrès qu'il effectua par la suite. La pop étant une musique de masse, le danger est, pour le compositeur, qu'elle n'amène au totalitarisme.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Borges le Jeu 12 Nov 2009 - 15:34

On peut aussi rappeler que Stockhausen fut une super star dans le milieu de la musique pop, des tas de musiciens électros se sont réclamés de lui, par exemple Bjork, Aphex Twin, et avant ça, bien avant, les Beatles... Stockhausen est l'une des stars de la pochette fameuse du sergent pepper...Y avait aussi un projet de travail avec Hendrix,qui, hélas, meurt avant; comme tout le monde j'ai un disque de St, je me suis réintéressé à lui après avoir entendu, ou lu, Luc Ferry dire qu'il y avait plus de musique dans une seule chanson des Beatles, ou d'Elvis, que dans toute l'oeuvre de Stockhausen.



La pop étant une musique de masse, le danger est, pour le compositeur, qu'elle n'amène au totalitarisme.

Une idée qu'on rencontre à tous les airs...

on peut dire la même chose du foot, par exemple; du foot et pas du tennis, remarquons, parce que le foot, c'est les masses, le tennis, un peu moins; c'est amusant, comme si la bourgeoisie, les élites et leurs "loisirs" n'avaient rien à voir avec les totalitarismes...


Après tout la musique de Bach n'était pas écouté par des gars du peuple...
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Borges le Sam 14 Nov 2009 - 15:24

La lettre de Stockhausen à Straub, après Machorka-Muff



2 May 1963

Dear Mr. Straub,

First I want to congratulate you on the film I recently saw in Cologne. You yourself will know that you are following the difficult path. Therefore I am writing you so you will know that in this film you have done good work. In the realm of the spirit [ Geist ] it is not quantity that counts, but the truthfulness and the creative accomplishment.

The subject is taken from our time. It is true, precise and of general validity. Whoever censures exaggeration knows nothing of the artistic necessity of pushing an idea to the limit so that it really comes across. Give such grumblers Greek dramas or Shakespeare to read.

What interested me most in your film is the composition of time, which is—as it is to music—particular to film. You have achieved good proportions in the duration of scenes, between those which almost stand still—how astonishing is the courage to be still, to a slow tempo, in such a relatively short film!—and extremely fast events—brilliant, to choose for this the newspaper citations in all angles to the vertical of the screen.

Furthermore, the relative density of the changes in the varied tempos is good. Where one would have to work further would be on giving equal rights to the characters and locations: "main characters," "climaxes" (the speech at the laying of the cornerstone) would gradually have to disappear: Let each element have is own irreplaceable and indispensable moment; no decoration. "Everything is the main thing," said Webern in such cases (but each in its own time, one would have to add).

Also good is the openness, the continuation of thinking in the heads of the spectators, dispensing with any gesture of overture or finale.

There is much I could still add: the total lack of pedantics, do-gooding [ das Weltverbessernde ], illusion, symbolism, the false as-if: you didn't need it and chose facts instead; but not as flat reporting, but in that exaggeration, the uncanny sheet-lightning of the camera work, in the streets, in the hotel (very good is the empty wall of the hotel room that stands for a long time; one can't get away from its staleness), out the window. And in addition, this "unrealistic" condensation in time, without being rushed.

On this tightrope between truth, concentration and exaggeration (which burns itself into perception) one can go further. Nowhere else. For we know today that even the shredded illusion is an illusion.

You don't want to "change'' the world, but rather engrave in it the trace of your presence and thereby say that you have seen a part of this world, have unfolded it as it gives itself to you. That has pleased me.

All negative criticism must stand back behind these criteria. I look forward with anticipation to your work to come. Let in a little calmness, much stillness, much space and cheerfulness of heart—it broadens the scale.

(The letter from Stockhausen, published in Film 1, no. 2 (June/July 1963):52, and reprinted in Rother, "Das mühsame Geschäft," 69-70.)
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Borges le Sam 14 Nov 2009 - 15:27









avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Jeu 14 Nov 2013 - 18:11

Ici Jean-Marie Straub parle de Chronique d'Anna Magdalena Bach à la cinémathèque suisse en mai 2013 :



Ici le film en entier version allemande :



Tous les exploitants de France devraient être au courant que le film existe en DCP…

adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Dr. Apfelgluck le Ven 15 Nov 2013 - 5:27

Cela fait parti de mes hontes cinéphiliques, autant le confesser tout de suite : je n'ai jamais vu un seul des films de Huillet/Straub ! Alors que, paradoxalement, j'ai vu beaucoup d'interviews ou de dialogues avec Straub.
Pourtant j'ai eu "Chronique d'Anna Magdalena Bach" en DVD, mais jamais eu le temps de le regarder (ou alors totalement oublié).
avatar
Dr. Apfelgluck

Messages : 470

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Ven 15 Nov 2013 - 19:09

Et bien maintenant tu pourras acheter "Chronique…" dans la nouvelle version dvd éditée par la Cinémathèque suisse. Tu pourras le regarder en allemand, en français, en hollandais, en anglais et en italien. Straub&Huillet ont fait toutes ces versions ne pouvant se résoudre à sous-titrer un commentaire qui tirait toute sa force de son rythme, de sa texture. Alors, à chaque fois qu'une demande de projection émanait d'un pays pour lequel la version n'existait pas encore, ils la faisaient. Elles sont toutes réunies dans ce dvd. C'est à chaque fois le même film, même montage, exactement, mais il est à chaque fois différent : la place du commentaire sur les images n'est pas toujours la même. Bon, tout ça il le dit dans la vidéo de la projection à la Cinémathèque suisse…

A la question "pourquoi Bach" il réponse "parce qu'il m'intéresse". "Il y a en lui un mélange entre la mystique rhénane et une violence moderne, une dialectique qui m'intéresse…"

adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Invité le Sam 16 Nov 2013 - 1:05

A part pour la mort de Zyed et Bunia, j'ai l'impression que les Straub ont le plus souvent éclairé le passé juste révolu. Ils articulent le matérialisme et la mémoire, reconstruisent le poids de l'évènement dans le passé. Il y a un optimisme dans leur oeuvre: rappeler que l'histoire des luttes actuelles est plus vieilles qu'elles ne le soupçonnent elles-même, mais ce rappel est à l'origine d'une assise élargie plutôt que d'une usure: il s'agît de fonder une culture, d'inverser le sens usuel de la culture: le passé ou le mythe devient la trace des problèmes actuels, signifier l'instance des formes (avec uen référence au XIème XXème: peut-être comment une recherche formelle a pû compléter le sens de la Révolution Française, puis de la déconstruction ailleurs de l'absolutisme napoléonien). Il y a aussi chez eux une fusion de la notion de critique (esthétique et politique) et de catharsis (il s'agît reconnaître se dont on doit se débarasser, qui est le plus rigoureusement cerné). Mais j'ai l'impression que la crise actuelle est aussi une crise de la fécondité politique de ce mouvement, leur cinéma n'est plus assez repris (le seul qui le se eassaye sincèrement de prolonger l'effort me paraît Costa et peut-être dans une moindre mesure des Pallières, chez Serra ou Miguel Gomes cela devient parodique, et dans les deux cas complètement interne au cinéma comme formee situé dans l'époque, alors que chez Straub-Huillet il y a l'idée inverse de critiquer ce qui  est situé par la forme) et discuté pour en faire une réponse à la bêtise ambiante.
Je crois que le contexte politique est tellement désolant qu'il serait encore plus souhaitable que le sens de  leurs films soit perdu plutôt que considéré comme un patrimoine ou un enjeu d'interprétation érudite.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Sam 16 Nov 2013 - 11:01

Tony le Mort a écrit:
Je crois que le contexte politique est tellement désolant qu'il serait encore plus souhaitable que le sens de  leurs films soit perdu plutôt que considéré comme un patrimoine ou un enjeu d'interprétation érudite.
Hello Tony,
où vois-tu que leurs films risquent d'être considérés uniquement comme un patrimoine (et de qui alors ?) ou un enjeu d'interprétation érudite ?

Pour des Pallières, je ne vois pas très bien comment tu le relis à Straub et Huillet. Je suis d'accord que Serra et Gomes n'ont rien à voir…

adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Invité le Sam 16 Nov 2013 - 20:27

Que l'on prenne leur cinéma comme un auxiliaire ou une illustration de Schoenberg, ou de Pavese ou de Bölll, bon à illustrer une rétrospective sur la musique sérielle ou l'histoire de l'parès-guerre ...
bien-sûr ce que je dis est de mauvaise foi, car il y a toujours un moment où la question de la conservation des œuvres se pose (et Machorka Muff est un films sur le présent).

A l'époque des Straub, il était possible de partir de lu cinéma pour fournir une critique générale et des idéologies et de codes esthétiques de la culture dominante, parce qu'il y avais une tentative du fascisme puis de la bourgeoisie pour s'appuyer sur l'image pour se légitimer (mais c'était moins le cas du communisme après 1950 comme le remarque Daney). Ces idéologies cherchaient un public, il pouvait être intéressant de faire des films pour fractionner ce public, c'était une tâche en fait colossale, car elle suppose l'achèvement d'une analyse historique (la parole des partisans ontinue celle des dieux mourants, mais cette reprise plus certaine que la connaissance de soi que chaque époque possédait).
Maintenant c'est moins le cas, on voit avec Internet l'opinion raciste et les préjugés de classe s'expriment de manière textuelle et individualisée. Iil y a bien une place pour l'image, avec des vidos en Flash que l'on trouve sur des sites comme YouTube, mais elle est toujours illustrative et dès l'origine médiatique: interview, polémiques provoquées dans des émissions télévisuelles, il n'y a plus besoin de récupérer la négativité que l'on peut produire à volonté . Il y aussi en Europe, du fit de la destruction de l'emploi industrielle, une logique où l'opinion devient une sorte de fétiche valorisée de manière spéculative, plus que la marchandise. je connais malheureusement des gens qui tiennent un discours d'extrême droite, et malheureusement cela ne sert à rien de déconstruire leur discours, de pointer sa généalogie historique, d'analyser les raisons et intérêts psychologiques et sociaux pour lesquels ils les tiennent, parce qu'ils les avancent eux-même, ils avouent cyniquement individuellement la frustration qu'il sont obligé de taire individuellement. Ceux qui insultent Taubira ne lui opposent pas une mystique nationale ou un activisme, mais quelque chose qui est lui-même de l'ordre du traumatisme historique et du symbole (même reconstruit de manière mensongère, lu sur les commentaires du Monde hier "c'est la Noblesse qui abolit l'esclavage, et la Révolution Française qui l'a  rétabli": cette manipulation repose sur une impuissance: percevoir qu'une dialectique est interne à une époque ou une idéologie, une époque ou une classe, c'est là que l'on en sait plus si on affaire à du négationnisme ou à une conviction naïve, et là qu'il faut répondre) .
Du coup il mise à jour des intérêts et préjugés caches qui fondent une idéologie une ne peut plus être tenue comme un produit de la critique ou de la lutte politique, comme c'était le cas encore chez les Straub, il faut que la lutte se reconfigurent

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Mer 20 Nov 2013 - 18:18

Ici :


Jean-Marie Straub et Danièle Huillet au Cercle de minuit.

adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Jeu 21 Nov 2013 - 19:32

Là : Othon


adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Baldanders le Jeu 28 Aoû 2014 - 19:12

Q      How did you hit on the idea of the two parts ? How did you come across the letter from Engels that is read during the first part, the French part ?

JMS     That's something Daniele discovered.

DH     Straschek brought me the complete Marx and Engels Correspondence one day.

JMS     Just like that, we were in Vienna. In Vienna, at the sound studio and the guy turned up one evening.

DH     And I said to him 'You're crazy. I'll never manage to read this.' I never have time, only in the evening before going to sleep and then always very briefly, an hour at most, for I'm always very tired. But I did manage it. From Moses and Aaron to two years ago, so it took nearly four years. I read all the volumes, all the letters. And one day I came to this letter, almost at the end. This was long after Marx's death.

Extrait de cet entretien à propos de Trop tôt, trop tard
avatar
Baldanders

Messages : 351

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Ven 29 Aoû 2014 - 18:33

Merci Baldanders Wink

Quoi de plus fort…


adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par wootsuibrick le Jeu 18 Sep 2014 - 5:48

adeline a écrit:Ici :


Jean-Marie Straub et Danièle Huillet au Cercle de minuit.

Bon... résumons en termes shounen,
Les straub et huillet veulent protéger le monde perdu que les héros de zégapain veulent retrouver,
les méchants qui ont transformé le monde humain en données informatiques pour ensuite tenter de le détruire afin de remplacer l'humanité par une espèces composée entièrement de clones qui ne connaissent ni les différences, ni la complexité des émotions humaines... c'est le monsieur qui s'oppose aux Straub et Huillet.
Les héros de zégapain veulent juste retrouver leurs corps et pouvoir toucher à nouveau des fleurs. (leur conscience réduite à des données numériques leur permet juste de piloter des robots géants qui protégent les serveurs informatiques qui abritent leurs souvenirs/consciences, serveurs qui sont tous les ans redémarrés et transforment leur monde en version manga d'un jour sans fin)


Dernière édition par wootsuibrick le Sam 20 Sep 2014 - 6:16, édité 2 fois
avatar
wootsuibrick

Messages : 1841

Voir le profil de l'utilisateur http://mondesducinema.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par adeline le Ven 19 Sep 2014 - 20:39

Very Happy

adeline

Messages : 3000

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Baldanders le Lun 22 Fév 2016 - 13:05

Enki Bilal : Imaginez un non-voyant aujourd'hui, complètement coupé de l'image, qu'est-ce qu'il nous dirait ?

Philippe Quéau : On a montré à Imagina un aveugle équipé d'un casque stéréo relié par satellite, il pouvait se promener dans le monde réel, guidé par les sons. Il existait dans une espèce de sphère sonore virtuelle correspondant au réel. L'opposition réel/virtuel est enfantine et simpliste, aujourd'hui le virtuel est une sorte d'ange au-dessus du réel qui vient aider le réel.

Laure Adler : Ange ou diable ?

PQ : C'est un peu aussi ce qui s'est passé pendant la Guerre du Golfe.

Jean-Marie Straub (entonnant un chant) : "Portez mon âme au fond des cieux..." Ce que vous racontez là confirme le fait que Goebbels a gagné la guerre. C'est pire que les nazis ça !

PQ : C'est incroyable, Mme Adler, ce genre de phrases est vraiment incroyable !

LA : Non mais j'ai pas compris là.

PQ : C'est d'un cynisme effrayant !

JMS : La situation de ce gosse que vous décrivez, c'est pire que les nazis !

PQ : Vous me décevez énormément Mr Straub !

JMS : Mais c'est pas vous, c'est pas vous...



Spoiler:
avatar
Baldanders

Messages : 351

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Baldanders le Ven 1 Avr 2016 - 7:55

“We think Dalí imagined a real place, and this painting was his way of expressing it,” says Roger Baran, a creative director at Goodby Silverstein & Partners. He is referring to Salvador Dalí’s 1935 painting called Archeological Reminiscence of Millet’s Angelus. Paying homage to this painting, the agency created an imaginative virtual-reality experience called Dreams of Dalí. It’s part of the new The Dalí Museum exhibition named Disney and Dalí: Architects of the Imagination, which will open at the end of January.

Dreams of Dalí takes viewers inside the mind of the legendary surrealist, Salvador Dalí and brings to life the landscape of his paintings.

In this deeply affecting and surreal experience you can go inside Archeological Reminiscence of Millet’s Angelus to explore the world of the surrealist master. An immersive 3D environment allows you to move around inside the painting.

http://www.psfk.com/2016/01/dali-museums-virtual-reality-exhibit-architects-of-the-imagination.html



Spoiler:
avatar
Baldanders

Messages : 351

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Huillet-Straub

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum