Sans-papiers en marche et en lutte

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Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Sam 17 Oct 2009 - 0:16

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On l'a assez peu su et dit, mais samedi dernier, une manifestation de collectifs de sans-papiers a traversé tout Paris, de la rue Baudelique dans le XVIIIe où se trouve le "Ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers", à la rue du Bac, endroit le plus proche du ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale accessible par une grosse manifestation.

Jamais autant de sans-papiers n'avaient défilé ensemble dans les rues de Paris.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Lun 19 Oct 2009 - 9:41

Communiqué
Une circulaire pour régulariser les travailleuses et les travailleurs sans papiers !

Services à la personne : les travailleuses sans papiers rentrent aussi dans le mouvement

Plus de 1000 travailleurs sans papiers se sont mis en grève le 12 octobre pour exiger que les mêmes critères de régularisation par le travail soient appliquées à tous et toutes.
Notre Organisation de Femmes Egalité, aux côtés des syndicats, CGT, CFDT, Union Syndicale Solidaires, FSU, UNSA, et des Associations, LDH, Cimade, RESF, Autremonde et Droits Devant, soutient ce mouvement. Nous exigeons une circulaire qui établisse des critères améliorés, simplifiés, appliqués sur l’ensemble du territoire national pour la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers.

Les travailleuses sans papiers, exerçant principalement dans les services à la personne, rentrent aussi dans le mouvement. Avec elles nous exigeons du gouvernement qu’il applique à toutes les femmes sans papiers travaillant dans ce secteur les mêmes critères qu’il a appliqués à toutes celles qui ont été régularisées suite au mouvement de grève du 15 avril 2008.

Sur les 90 femmes dont les dossiers ont été présentés aux préfectures en 2008, 11 n’ont pas encore été convoquées. Les préfectures n’ont pas examiné leurs dossiers, sans aucune raison.
Nous ne baisserons pas les bras tant que ces femmes ne seront pas régularisées.
Derrière elles, il y a très nombreuses sont les femmes qui travaillent dans l’ombre, qui gardent des enfants ou les cherchent à l’école, s’occupent des personnes âgées, font le ménage, le repassage, les courses et autres tâches domestiques. Leur travail est socialement nécessaire et très recherché.
Les travailleuses à domicile exercent une activité dans un secteur qui est toujours sous tension car la main d’œuvre manque.

Travaillant chez les particuliers elles ne peuvent pas faire grève, leur voix est leur force pour se faire entendre et la grève des travailleurs sans papiers leur arme pour obliger le gouvernement à considérer aussi leur situation. Le 17 octobre dans la manifestation pour les Droits des Femmes, elles seront nombreuses pour le dire.

Comme nous l’avons dit depuis le début de notre engagement aux côtés des travailleuses sans papiers et des travailleurs grévistes, nous poursuivrons le combat jusqu’à leur régularisation.


Un point de presse sera organisé le 17 octobre à 14 précises, devant le N°2 du Bd Beaumarchais 75011


Paris le 15 octobre 2009

Organisation de Femmes Egalité
Contact 06 282 56 282



Samedi, elles étaient en effet nombreuses dans la manifestation pour les Droits des Femmes.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Jeu 22 Oct 2009 - 19:27

Pétition pour le soutien de la grève des sans-papiers :

Solidarité avec les travailleurs-euses « sans-papiers » en grève.
Il faut une circulaire de régularisation !

Dans le prolongement du mouvement engagé le 15 avril 2008, 3000 travailleurs-euses sans papiers du nettoyage, de la sécurité, de la restauration, de la construction, de l'intérim… sont en grève depuis le 12 octobre 2009 sur leur lieu de travail ou sur leur secteur d'activité (siège de fédération patronale ou grande entreprise), pour gagner leur régularisation administrative et l'amélioration de leurs conditions de travail.

Ces travailleurs-euses sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie (bâtiment, travaux publics, nettoyage, sécurité, restauration, intérim, aide à la personne, agro-alimentaire, confection…).
La plupart paient des impôts, cotisent (retraites, maladie, chômage...).
Ils ne prennent le travail de personne et bien souvent l’exercent dans des conditions particulièrement pénibles, parce que sans droit.

La CGT, la CFDT, L’Union syndicale Solidaires, la FSU, l’UNSA, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, le Réseau Education Sans Frontières, Femmes Egalité, Autremonde et Droits Devant se sont adressés par courrier au Premier ministre, le 1er octobre 2009, pour demander une circulaire ministérielle afin de permettre la régularisation de tous ces salarié(e)s !

http://www.travailleurssanspapiers.org/


Et voici, pour Paris, la liste des piquets de grève.

Liste des piquets de grève de l’Acte II du mouvement des travailleurs-euses sans papiers, au 19 octobre 2009 à 23heures.


PARIS

Regroupement des travailleurs-euses sans papiers individuels :

INTERIMAIRES : total 907 dont 135 hors rue de Rome
Agence Synergie
9, Rue de Rome
75009 Paris (482, en voie de déconcentration)

Agences Crit
27, et 69, Rue de Rome
75009 Paris: (117+69)

Agences Adia
97 rue Saint Lazare
75009 Paris (78)

Agence Kelly Intérim
32 Rue de Turin
75006 Paris (81)

Agence BPS Intérim
45 Bd Magenta
75010 Paris
( 80 pour les 3 nouveaux sites)
Agences Randstad
36 et 80 Bd Magenta
75010 Paris


RESTAURATION :
FAFIH
3, rue de la Ville l’Evêque
75008 Paris : 680

BTP :
Fédération nationale des travaux publics
9, rue de Berry
75008 Paris : 550

NETTOYAGE et SECURITE:
Samsic :
9, rue Descombes :
75017 Paris : 350

Entreprises.

*ADECCO (intérim)
9, Bld Magenta
7500 Paris 30

*RANDSTAD (intérim)
Avenue Daumesnil
75012 Paris 10
**ACP/Monoprix (sécurité)
Bd Saint Denis
75010 Paris 16


ADEC (chantier de démolition. MAE)
21, 23, rue de La Pérouse
75016 Paris : 61

POTEL et CHABOT (traiteur/restauration)
3, rue Chaillot
75016 Paris 2

TFN (nettoyage)
110, rue de l’Ourcq
75019 Paris : 27

KFC (restauration rapide)
31, boulevard Sébastopol
75001 Paris 48

DMMS (nettoyage)
17, rue de Pelleport
75020 Paris (site levé : Les 7 salariés sont maintenant sur Samsic individuels)

THIA LY (épicerie)
50, rue d’Avron
75020 Paris 4

TRAVAUX PUBLICS DE LA SUBURBAINE
Chantier Tramway RATP
Porte des Lilas
75020 Paris 30

ASTEN/Ateliers RATP Championnet
34 rue Championnet
75020 Paris 26 (site suspendu , salariés restent regroupés)

ENM/SPI
10 rue Auger
75020 Paris 17


AFTAM
18 cours St Eloi
75012 Paris 40

Pizza Pino
27 Bd des Italiens
75002 Paris 8


ESSONNE

GCC
Construction du siège social de CGG
Gare TGV
91300 MASSY: 31


MARKHOFER (brochage-routage)
8, avenue L Braille
91420 MORANGIS 41

DREXCO (produits désinfectants)
2 à 22 rue des investisseurs
91560 CROSNE 4 (mais protocole fin de conflit 16/10)

NICOLLIN (nettoiement)
4, rue de l’ancienne Sablière
91270 VIGNEUX sur SEINE 11

ETANCHEITE RATIONNELLE (Btp)
ZA les radars
13, rue J Jacques Rousseau
91350 GRIGNY 6

SAMSIC (nettoyage)
Place Christophe Colomb
91000 EVRY 9


SEGEX (Btp)
4, Bld Arago
91260 WISSOUS 13

BENNES 2000 (nettoiement)
6, route de Fleury
91170 VIRY CHATILLON 3




HAUTS de SEINE

MCND (ex site BMS) (démolition)
1, rue Noël Pons
92100 NANTERRE : 12

BARBAUD-PEYGASE (boucherie)
7, avenue de Galilée
92350 PLESSIS ROBINSON: 4

AXANDRE SERVICE (démolition)
25, rue Chaptal
92300 LEVALLOIS 16


VAL de MARNE
DERICHEBOURG (nettoyage)
6, allée des Coquelicots
94478 BOISSY St LEGER 18

SENI (nettoyage)
94 Kremlin Bicêtre 50


SEINE SAINT-DENIS
*PLUS-NET (nettoyage/Btp)
4, rue Girard
93100 MONTREUIL 23

*ALPHA-SERVICE (démolition)
Rue Anizan Cavillon
93350 LE BOURGET 10

STN (nettoyage)
126 rue de Bondy
93 Aulnay sous Bois 20

PAPREC
93 Le Blanc Mesnil 7

* Salariés en grève depuis juin/septembre/octobre 2008
**Salariés en grève depuis mars 2009

Soit à ce jour : 3091 grévistes répartis en 41 sites dont 8 sites de regroupement d’intérimaires et 3 sites de regroupement d’individuels hors intérim

Ce mouvement est soutenu par les organisations syndicales Cgt, Cfdt , Union syndicale Solidaires, Fsu, Unsa et les associations Ligue des droits de l’Homme, Cimade, Resf, Femmes Egalité, Autremonde, Droits devant.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Jeu 29 Oct 2009 - 23:39

Un article qui revient sur la division du mouvement de lutte pour la régularisation des sans papiers dans le dernier Vacarme.

Pour prolonger la passionnante projection-débat de Dimanche. Wink
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Invité le Ven 30 Oct 2009 - 10:53

Largo a écrit:Un article qui revient sur la division du mouvement de lutte pour la régularisation des sans papiers dans le dernier Vacarme.

Tout ça est quand même assez prévisible et pas très surprenant, il me semble. D'un point de vue politique, la question des sans-papiers ne doit pas être étudiée à partir des associations d'aide mais à partir du discours de la domination sur ce que c'est que d'être français, surtout aujourd'hui où ce discours-là, avec la droite, se montre sous son vrai visage. Borges parlait du bouquin de Badiou hier à propos du discours de Sarkozy, là-encore comment être étonné de ce qui arrive aujourd'hui étant donné les antécédents du président, sa campagne ? Les associations d'aide (qui font toutes un boulots super, avec des gens dévoués, là n'est pas le problème), font, et ont toujours fait le jeu des politiques réfractaires aux sans-papiers, et ce de plusieurs manières. D'abord elles s'insurgent non pas contre le fait qu'on ait tous besoin de papiers mais contre le fait que certains en aient besoins. On peut donner des papiers à tout le monde mais une fois que tout le monde a des papiers, ils ne servent plus à rien, donc autant demander directement qu'on supprime les papiers et toute preuve de nationalité française ! D'autre part, elles agissent, comme toutes associations caritatives, auprès du pouvoir politique, qui en a conscience, comme soupape de sécurité. Ainsi, toutes ces associations, au lieu de se battre collectivement pour créer une puissance politique nouvelle qui préconise des papiers pour tous (ou des papiers pour personne !) contre le pouvoir politique en place, jouent son jeu, le prolongent même si c'est de manière caritative. Enfin, pour rejoindre l'article cité ci-dessus, il ne peut être étonnant dans telle situation que les différentes associations à un moment ou à un autre se déchirent stupidement.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Ven 30 Oct 2009 - 11:01

JM, je ne te savais pas anarchiste lol
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Invité le Ven 30 Oct 2009 - 11:11

Tout ça commence à me rendre fou.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Dim 1 Nov 2009 - 14:31

Le rapport 2008 de la Cimade sur la situation dans les centres de rétentions est consultable ici :

Télécharger le rapport 2008 sur les centres et locaux de rétention administrative

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Jeu 5 Nov 2009 - 23:43

Appel pour le soutien de diverses manières à la grève des sans-papiers qui se continue :




Bonjour,

Vous êtes sûrement déjà tous au courant de l’Acte II de mobilisation des travailleurs sans papiers et de la lettre ouverte à François Fillon signé par 5 syndicats et 6 associations, dont la Cimade, demandant une circulaire de régularisation des travailleurs.

Ce mouvement rassemble aujourd'hui plus de 4 000 travailleurs sans-papiers sur la région, répartis sur de nombreux sites d'entreprises en grève.

Il s'agit d'un mouvement inédit par son ampleur et dont nous espérons une conclusion rapide et positive !

C'est donc maintenant que nous devons être présents pour le soutenir afin qu'il prenne de l'ampleur et que cette lutte aboutisse !

ALERTE

Actuellement, de nombreux employeurs cherchent à expulser les grévistes et il y a besoin de monde pour soutenir les nouvelles occupations.

Par ailleurs, les négociations engagées avec le Ministère de l'Immigration ne sont pas évidentes, comme vous pouvez l'imaginer, et il est donc nécessaire que le mouvement s'intensifie pour obtenir les meilleurs critères possibles

Il est donc primordial que nous puissions soutenir activement ce mouvement dans les jours et semaines qui viennent !

Comment agir ?


>En faisant circuler largement la pétition et l’appel à don :
http://www.travailleurssanspapiers.org/phpPetitions/


>En allant sur les piquets de grèves, notamment ceux des individuels (les premiers sur la liste). Les besoins sur les piquets sont multiples : remplir les carte de grévistes, apporter des choses de premières nécessités (couverture, aliments…)


>En étant présents aux différents rassemblements de soutien : lors d’une occupation ou au contraire d’une expulsion… les lieux et dates vous seront communiqués régulièrement- il s’agit dans ce cadre d’être très réactif car les appels sont souvent le matin pour le jour même.


>En donnant un coup de main pour saisir les cartes de grévistes afin que le mouvement ait une liste complète des grévistes et des entreprises dans lesquelles ils travaillent. Pour cela, vous pouvez envoyer un mail à anne_bory@yahoo.fr ou nicolas.joulin@free.fr qui s'occupent du planning des saisies. .


>En allant aux audiences provoquées par les employeurs qui souhaitent expulser les grévistes des lieux d’occupation. La présence de personnes représentants les associations permet d’éviter le tête à tête entre la CGT et l’employeur et faire valoir l’unité des soutiens syndicaux et associatifs. On a déjà pu voir comment cela pouvait influer favorablement le jugement. Il ne s’agit pas de prendre la parole mais juste d’être là et de le dire à l’avocate de la CGT qui défend les grévistes. Les dates et lieux seront communiqués dés que nous les recevons.


La Cimade possède un vrai pouvoir de mobilisation et notre présence est nécessaire pour les grévistes et les syndicats et associations qui sont dans le mouvement. Elle permet également d’afficher vis-à-vis des pouvoirs publics l’unité du mouvement, ce qui est primordial dans le rapport de force actuel avec le ministère !

Alors rejoignez la mobilisation et faite passer le mot autour de vous !

Très bonne journée à tous.

Jérôme Martinez.

Cimade
Délégué régional Ile de France - Champagne Ardennes

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Mar 10 Nov 2009 - 12:48

Un journal pour les travailleurs sans-papiers en grève :

http://grevesanspapiers.blogspot.com/2009/11/lancement-du-journal-ici.html

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Lun 30 Nov 2009 - 14:08

La grève continue, les manifestations aussi :

http://www.laissezpasser.info/post/Pr%C3%A8s-de-3000-manifestants

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Lun 11 Jan 2010 - 11:02

A nouveau plusieurs milliers de sans-papiers ont manifesté samedi à Paris, entre 5 000 et 10 000 :

http://www.laissezpasser.info/category/Travailleurs-en-lutte

D'autre part, la grève continue, ils sont plus de 6000 travailleurs sans-papiers en grève actuellement.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Mer 13 Jan 2010 - 14:13

Sans-papiers, ils ont travaillé sous les ors de la RépubliqueLE MONDE | 13.01.10 | 10h53 • Mis à jour le 13.01.10 | 10h59

C'est un beau souvenir d'avoir travaillé à l'Assemblée nationale", lâche Ousmane, 35 ans, travailleur sans papiers malien qui a précieusement gardé le badge que les services de sécurité du Palais Bourbon lui avaient établi pour pouvoir accéder au chantier du 101, rue de l'Université à Paris (7e arrondissement). Ousmane a travaillé un an, sous un nom d'emprunt de la fin 2006 à fin 2007 sur ce chantier de rénovation. Sous les ors de la République bien que sans papiers.

Ousmane et deux autres de ses collègues, tous employés comme intérimaires par la même entreprise de BTP, devaient témoigner, mercredi 13 janvier, lors d'une conférence de presse organisée par les 11 syndicats et associations soutenant l'actuel mouvement des travailleurs sans-papiers.

Ils devaient être entourés de six députés de gauche, dont Noël Mamère (Verts), Sandrine Mazetier (PS), Patrick Braouzec (PCF) ainsi que d'une députée UMP, Françoise Hostalier. Le MoDem, bien qu'absent, s'associe à la démarche.

"POURQUOI PAS ENVISAGER UNE MISSION D'ENQUÊTE PARLEMENTAIRE"

Mme Hostalier avoue que son groupe parlementaire n'était "pas chaud" pour qu'elle soit présente. Mais la députée UMP du Nord était décidée à y participer "sans a priori", elle dont le mari, qui travaille dans le BTP, a déjà été confronté à de tels "problèmes". "Cela mérite d'entendre des témoins, de comprendre, et voir ce que nous, législateurs, pourrions faire, relève-t-elle. Pourquoi pas envisager une mission d'enquête parlementaire pour entendre les administrations, les secteurs et les personnes concernées?"

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, se dit lui "scandalisé par l'amalgame" qui serait fait à cette occasion entre l'Hémicycle et l'emploi de sans-papiers. "Comme toute institution publique, l'Assemblée nationale vérifie tous les marchés qu'elle passe !, s'insurge-t-il. Si après les sociétés utilisent des sous-traitants, nous n'avons pas les moyens de tout vérifier."

Ousmane raconte que fin 2006 il travaillait sous son vrai nom avec une fausse carte de séjour. Fausse carte que les services de l'Assemblée ont tout de suite détectée. "Mais le chef de chantier m'a dit : “On a besoin de toi. Essaye de trouver la carte de quelqu'un d'autre”", explique-t-il. Ousmane est ainsi revenu avec la carte d'un autre et comme salarié d'une autre société d'intérim.


"Il ne s'agit en aucune façon de mettre en cause l'Assemblée nationale, ni même de demander une régularisation générale de tous les sans-papiers", relève la députée PS Sandrine Mazetier. Par sa présence, le PS entendait avant tout apporter son soutien aux 6 000 sans-papiers actuellement en grève, "qui travaillent depuis des années en France et ne demandent qu'à recouvrir leurs droits".

Et Mme Mazetier de dénoncer "l'hypocrisie de la société française". "Aujourd'hui, il n'y a pas un grand chantier du BTP où il n'y ait pas de sans-papiers !" souligne-t-elle.

Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 14.01.10.
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Ven 22 Jan 2010 - 7:28

Et voici la suite de l'histoire :
http://www.laissezpasser.info/post/Des-gr%C3%A9vistes-sans-papiers-%C2%AB-tabass%C3%A9s-%C2%BB


Des grévistes sans-papiers « tabassés »

Par Marie Barbier le vendredi 22 janvier 2010, 08:00 - Travailleurs en lutte - Lien permanent

Il est 7h25, mercredi matin, lorsque les forces de l’ordre pénètrent dans l’ancien hôtel Majestic. Depuis trois mois, soixante-trois intérimaires sans papiers occupent cet immeuble près de l’Arc de Triomphe, dans le cadre d’un vaste mouvement de grève pour obtenir une circulaire de régularisation.

D’après les témoignages que nous avons recueillis, cette évacuation, ordonnée par la justice, ne s’est pas faite sans violence. Ainsi, le Vieux Doucouré (lire son portrait ici) a la cheville foulée après avoir été « bousculé » par les forces de l’ordre : « Une centaine de CRS sont arrivés à 7h10. J’ai demandé trois fois à voir la requête d’évacuation, ils ont refusé. Une fois dehors, c’était violent : les CRS ont utilisé les gaz lacrymo et des grévistes ont été tabassés à coup de matraque. L’un a eu plusieurs dents cassées. »

Un militant de l’UD CGT de Paris a été hospitalisé. Témoin de la scène, le photographe Bernard Rondeau raconte sur son blog que le syndicaliste a été «violemment pris à partie par les forces de l’ordre, jeté à terre et roué de coups». Par ailleurs, un gréviste a été arrêté et placé en garde à vue, d’où il devait sortir hier soir.

Le 13 janvier, plusieurs de ces travailleurs avaient témoigné à l’Assemblée nationale de leurs conditions de travail lors de la rénovation d’une annexe du Palais Bourbon. Ils avaient alors montré leur badge « Bouygues bâtiment » et témoigné de l’hypocrisie du système. Les services de l’assemblée ont annoncé hier que l’affaire était portée en justice. «Avec ou sans piquet de grève, on continuera à dire la vérité», prévient Doucouré.

Un rassemblement de soutien est prévu aujourd’hui à 11h30 au métro Assemblée nationale.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Ven 22 Jan 2010 - 8:31

Des sans-papiers évacués d'un chantier
AFP
20/01/2010 | Mise à jour : 18:05 | Commentaires 7 | Ajouter à ma sélection
Soixante-trois travailleurs sans-papiers en grève qui occupaient depuis mi-octobre le chantier de l'ancien hôtel Majestic à Paris pour appuyer leur demande de régularisation ont été évacués sans incident par la police aujourd'hui , a indiqué la CGT qui encadre leur mouvement.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/20/01011-20100120FILWWW00813-des-sans-papiers-evacues-d-un-chantier.php

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Mer 27 Jan 2010 - 10:33

Appel contre l'indignitéLE MONDE | 13.01.10 | 13h49 • Mis à jour le 13.01.10 | 13h49

Doriot, Déat, Laval ont, en leur temps, fourbi leurs armes du côté gauche de l'échiquier politique avant de rallier le bord opposé. Eric Besson a, en son temps, fourbi ses armes du côté gauche de l'échiquier politique avant de rallier le bord opposé.

C'est un cheminement. Nul n'a pu freiner la course de Doriot, Déat et Laval vers les dérives que l'on sait. Nous voulons arrêter Eric Besson. Pas pour lui-même, mais pour la République. Pour la démocratie. Pour les familles décomposées et expulsées, les sans-papiers de Sangatte et d'ailleurs, les enfants emmenés des écoles, les contrôles au faciès, les charters pour l'Afghanistan... Contre les multiples dérives de ceux qui nous gouvernent et nous représentent désormais si mal, si honteusement parfois.

Jouissant d'une immunité qui leur permet de pourfendre la liberté d'expression quand elle leur est contraire, ils attaquent en justice ceux qui leur lancent les traits que mérite leur politique. Ils provoquent. Gérard Mordillat répond, condamnant la xénophobie et le racisme d'un ministère dont le seul objet semble être de poursuivre et de persécuter les étrangers.

Nous sommes de son bord, solidaires et coupables, passibles des mêmes peines, présents, bien entendu, dans l'enceinte du tribunal qui le jugera. C'est là notre sens de l'"identité nationale".


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John Berger ; Enki Bilal ; Didier Daeninckx ; Dan Franck ; Jean Vautrin, écrivains ;
Chantal Akerman, Josiane Balasko ; Samuel Benchetrit ; Laurent Cantet ; Elie Chouraqui ; Philomène Esposito ; Didier Haudepin ; Cédric Klapisch ; Philippe Lioret ; Nicolas Philibert ; Jérôme Prieur ; Claire Simon ; Bertrand Tavernier, cinéastes ;
et Paul Veyne, historien.

Courriel : contrelindignite@gmail.com.


Article paru dans l'édition du 14.01.10.
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Mer 3 Fév 2010 - 13:44

Au procès de l'incendie de Vincennes, la justice part en fumée
Par Marie Barbier le mercredi 3 février 2010, 08:00 - Rétention et zones d'attente

« On ne peut pas participer à un tribunal qui viole ouvertement la loi ». Les mots sont de l'avocate Irène Terrel et visent directement la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris qui continuait de siéger, hier, sans prévenus ni défense. Depuis mercredi dernier, dix incendiaires présumés du centre de rétention de Vincennes sont jugés au tribunal de grande instance de Paris. Mais selon les avocats de la défense, depuis lundi, ce tribunal siège en toute illégalité. « Mercredi à 20 heures, la présidente a annoncé, sans jugement, qu'elle nous imposait trois semaines supplémentaires d'audience, poursuit Irène Terrel. C'est contraire au code de procédure pénal ».

Lors d'une conférence de presse organisée hier au siège de la Ligue des droits de l'homme, les avocats de la défense ont énuméré la longue liste des manquements dans ce procès. « C'est un cas d'école, résume l'avocat Henri Braun. Toutes les règles d'un procès équitable ont été bafouées ». Et de dénoncer, entre autre, des détentions provisoires « qui ne reposent sur rien » et une « instruction entièrement à charge » dans laquelle toutes les demandes de la défense ont été rejetées.

« Je n'ai jamais vu une telle audience nulle part, ajoute maître Laurence Bedossa. On veut statuer dans l'urgence, alors qu'il n'y a aucune urgence. » Quant à savoir pourquoi le tribunal voudrait bâcler un tel procès, pour les avocats de la défense la réponse est simple : « On veut éviter un débat sur les conditions intolérables de la rétention », conclut Sylvie Boitel.

Hier, à l'ouverture des débats, le vice-bâtonnier du barreau de Paris, Jean-Yves Le Borgne, a solennellement demandé le renvoi du procès. « Tout se passe comme s'il fallait que la justice passe à tout prix, même si ce prix est celui du silence » a t'il dénoncé. La présidente du tribunal a rejeté cette demande de renvoi. Peu après, les débats étaient suspendus en raison d'un problème de santé de l'un des juges.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Mar 23 Fév 2010 - 11:57

http://www.laissezpasser.info/post/Les-travailleurs-sans-papiers-cr%C3%A8vent-l-%C3%A9cran

"Un collectif réunissant plus de 300 cinéastes a dévoilé hier soir à la cinémathèque un court métrage sur la lutte des travailleurs sans papiers."



Il se trouve que je suis arrivé pendant la projection par hasard. Je tiens à préciser que ce n'était pas "à la cinémathèque" mais plutôt "devant".

Les petits soldats de la sécurité filtraient l'accès à la Cinémathèque :

"vous venez pour quoi ?
- heu, pour voir un film, j'ai le droit ?
- Ok, c'est bon..."


Quand on leur demande des explications, les mecs répondent

"On régule simplement la circulation dans l'établissement, c'est pas par racisme hein".

C'est cela oui, comme dirait T. Lermitte.

Sachant que la projection se déroulait dans une ambiance conviviale. L'institution de Costa-Gavras ne manque pas une occasion de se ridiculiser. Sordide et froide forteresse...
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Mar 23 Fév 2010 - 14:50

Bon en fait, il semble qu'une projection ait bien eu lieu à la Cinémathèque mais quand je suis arrivé le film était projeté sur un écran à l'extérieur...

" On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! ", 3,30 minutes pour les sans-papiers

Un jeune homme sort du métro Bercy, à Paris. Il cherche son chemin. " Le 51, rue de Bercy ? " Sur le court trajet qui mène à la Cinémathèque française, il raconte son parcours. Originaire du Mali, il vit et travaille en France, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), depuis quatre ans. Ce lundi 22 février, comme des dizaines d'autres travailleurs sans papiers, il vient voir le film d'un collectif des cinéastes intitulé On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !

C'est l'affluence dans le hall de la Cinémathèque française, vers 18 heures. Des cinéastes, Arnaud Desplechin, Philippe Lioret, croisent des responsables associatifs et syndicaux qui militent aux côtés des travailleurs sans papiers depuis des semaines. Certains font grève depuis le 12 octobre 2009 pour obtenir leur régularisation. Mais qui le sait, vraiment ?

Un peu à l'écart, les réalisateurs Michel Andrieu, Laurent Cantet et Jean-Henri Roger expliquent la démarche du collectif. " Le 6 janvier, on est allé partager la galette des rois avec les sans-papiers qui occupent des locaux, rue du Regard, dans le 6e arrondissement. On a décidé de faire un film dans la veine des deux précédents, Nous sans-papiers de France, en 1997, et Laissez-les grandir ici, en 2007 ", raconte Laurent Cantet, auteur d'Entre les murs, Palme d'or à Cannes en 2008. Plusieurs équipes ont tourné et pris des images. " C'était sportif. Il a fallu monter dix heures de rushes en quatre jours, et sur un format très court de 3,30 minutes ", poursuit le cinéaste.


Droit au but


Le court métrage, autofinancé, va sortir sur cinq cents copies et sera projeté dans des salles de cinéma, avant le film de la séance, à partir du mercredi 10 mars, soit quatre jours avant le premier tour des élections régionales. En attendant, il est disponible sur les plates-formes de partage sur Internet. Le film va droit au but : des hommes et des femmes témoignent de leur quotidien, face à la caméra. Ils travaillent dur, dans l'ombre. " Pour Etam, Naf-Naf ", énumère cette femme, assise derrière sa machine à coudre. " Bouy-gues, Veolia ", enchaîne un autre. Au mépris, parfois, des consignes de sécurité. " L'amiante ? Si tu travailles pas, va te faire foutre ! "

Ils paient des impôts, exhibent leur déclaration de revenus, leur carte Vitale... La seule différence avec M et Mme Tout-le-Monde, c'est qu'il leur manque la carte de séjour. La salle applaudit. Plusieurs travailleurs sans papiers prennent la parole. L'un a travaillé à l'Assemblée nationale, au " 101, rue de l'Université ". Un autre à Matignon et " aussi à Radio France ". " J'ai servi le café à la quasi-totalité des ministres, invités à 8 h 20, le matin. " La démonstration est faite, la salle de la Cinémathèque se vide.

Le collectif réunit quelque trois cent cinquante personnalités - réalisateurs (Chantal Ackerman, Nicolas Klotz, Pascale Ferran...), comédiens (Jeanne Balibar, Vincent Lindon, Benoît Magimel, Bulle Ogier, Sylvie Testud), etc. Une pétition demandant la régularisation des travailleurs sans papiers réunissait, mardi matin, 23 février, 46 735 signatures.

Clarisse Fabre

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Sam 27 Fév 2010 - 18:26

Immigrés : le test de la " journée sans nous "

Des collectifs veulent prouver, lundi 1er mars, le poids de l' immigration Enquête : les entreprises en porte-à-faux sur l'emploi des sans-papiers

Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif " 24 heures sans nous, une journée sans immigrés " entend " démontrer l'apport indispensable de l'immigration " à la France, en particulier son poids dans l'économie. Elle vise aussi à exprimer l'exaspération d'une nouvelle génération d'immigrés et d'enfants d'immigrés à l'égard des " dérapages " et des propos stigmatisants de plus en plus fréquents dans le discours politique.

Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s'inspire d'une expérience observée aux Etats-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d'immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.

En France, le mouvement, qui se veut apolitique, cherche avant tout, en cessant de consommer et/ou de travailler, à " marquer la nécessité de la participation des immigrés à la vie de la cité ".

En réalité, leur apport n'a jamais été mesuré. A la différence d'autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne, la France n'a jamais cherché à connaître l'impact de l'immigration sur son économie.

Les immigrés occupent pourtant une part non négligeable dans la population active. Selon les dernières données tirées du recensement par l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient 8,6 % des actifs.

Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : de 10,7 % en 1995, elle s'établissait à 11,3 % en 2007, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). " Cette stabilité de la présence des immigrés dans l'emploi total montre que quelle que soit la conjoncture, on ne s'en passe pas ", relève Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l'OCDE.

Cette stabilité globale masque une situation contrastée selon les secteurs. Mais, contrairement à une idée reçue, les immigrés sont loin de travailler dans les seuls secteurs en déclin que sont l'agriculture ou l'industrie. Leur présence, bien qu'en recul, reste forte dans la construction. Elle l'est cependant plus encore et tend à croître dans les services. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent désormais majoritairement dans le tertiaire. Dans certaines activités, comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, ils représentent même plus de 20 % de la main-d'oeuvre.

" Force de travail "

Leur nombre est important et progresse dans des secteurs plus qualifiés, tels l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Les immigrés accompagnent ainsi l'évolution de l'appareil productif de l'industrie vers les services. " Ils ne constituent pas qu'une main-d'oeuvre non substituable et confinée à deux ou trois secteurs. Ils sont une force de travail complémentaire à la main-d'oeuvre nationale ", insiste M. Garson.Leur part dans la création nette d'emplois tend d'ailleurs à croître. De 13 % en moyenne entre 1997-2007, celle-ci a connu un renforcement marqué sur la seconde moitié de cette décennie, s'élevant à 40 %, selon l'OCDE. Bien que non négligeable, la contribution des immigrés à la création nette d'emplois en France reste néanmoins inférieure à ce qu'elle est notamment au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Italie, pays qui ont connu sur la même période des flux migratoires à des fins d'emploi nettement plus forts. " L'apport des immigrés dépend étroitement de la structure de l'emploi et de l'intensité de l'activité du pays. Or, en France, le marché du travail n'est pas très porteur. Et surtout les réserves de main-d'oeuvre sont encore importantes, en particulier parmi les jeunes et les femmes ", explique M. Garson. Si, partout, les immigrés, plus vulnérables, jouent un rôle d'amortisseur en temps de crise, ils viennent dans d'autres pays davantage renforcer la croissance qu'en France. " C'est là, dit M. Garson, une leçon à retenir dans la perspective de la reprise et du rôle déterminant que peuvent y jouer les travailleurs immigrés. "

Laetitia Van Eeckhout
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Jeu 4 Mar 2010 - 0:00

Ce qu'il se passe en Italie ressemble à ce qu'il se passe en France, en pire ?


Subject: Répression en italie contre les soutiens aux sans papiers

Vous pouvez écrire aux personnes incarcérées et pour le moment placées en isolement, même en français (ou en anglais ou en espagnol... ou en italien), ça participe à montrer qu'ils ne sont pas seuls et ça fait sans doute toujours du bien quand on est en prison :

Luca Ghezzi Via Pianezza 300 10151 Torino
Andrea Ventrella Via Pianezza 300 10151 Torino
Fabio Milan Via Pianezza 300 10151 Torino

Solidarité et liberté pour tous avec ou sans papiers en Italie comme ailleurs !

Italie : arrestations parmi celles et ceux qui luttent contre les centres de rétention

Le 23 février 2010 à Turin des perquisitions ont été effectuées chez une vingtaine de camarades du comité antiraciste. 3 ont été incarcérés, 3 autres assignées à résidence. D'autres perquisitions et arrestations ont été effectuées dans d'autres villes (Rovereto, Mantova, Como) et à Radio Blackout, une radio libre qui retransmet beaucoup tout ce qu'il se passe autour des luttes contre les centres de rétention et les expulsions. Outre le matériel informatique et les divers papiers (tracts...), les ordinateurs de Radio Black Out ont été saisis.
Les faits reprochés sont de type association de malfaiteur et tout est lié aux mobilisations contre les centres de rétention et les luttes antiracistes. Les mêmes activités pour lesquelles l'Etat voulait attribuer le statut de surveillance spéciale (un statut qui oblige les gens à être chez eux à certaines heures et leur interdit la fréquentations de diverses personnes et lieux) aux rédacteurs du site macerie qui font d'ailleurs partie des personnes incarcérées.

Voilà ci-dessous un condensé de divers articles de presse qui ont tous des titres plus aguicheurs les uns que les autres (Exemples :« plus de 60 actions reprochées aux anarchistes », « 2 années de raids et de violence", "opération contre les anarchistes », « derrière les révoltes d'immigrés, les anarchistes »...):

1)Concrètement ill est reproché aux camarades arrêtés 2 ans et demi de lutte contre la politique d'immigration du gouvernement italien et contre les centres de rétention.
Pêle-mêle sont évoqués :
-les occupations de la cgil, de la croix rouge (sur la croix rouge et la cgil, gros syndicat de gauche italien, voir cet article en français http://juralibertaire.over-blog.com/article-36172474.html) , de la Lega Nord, d'un musée egyptien, du consulat de Grèce où fut négocié l'envoi de faxs de solidarité.
-les rassemblements réguliers devant le CIE de la via Brunelleschi (qui dans les bouches de l'Etat, de la police et des journalistes se transforment en « assauts » ou « attaques » des CIE)
-les actions contre des entreprises qui collaborent au fonctionnement des CIE (la croix rouge encore)
-les manifestations dans des lieux publics telles celles au resto bio Eataly où pendant une grève de la faim une intervention avait été faite avec distribution de tracts (voir http://www.autistici.org/macerie/?p=14083 )
-La petite action au très chic resto « Il cambio », lieu fréquenté par les politiques et journalistes de droite de Turin où, toujours pendant une grève de la faim des retenus du CIE, des excréments avaient été lancés dans la salle (voir http://www.autistici.org/macerie/?p=13993 )

2) Est suggéré le fait que derrière les révoltes il y aurait ces gens qui se battent contre les centres de rétention, les prisons,.... Certains journaux, se basant sur des extraits d'écoutes téléphoniques, relatent ainsi des extraits de conversations au téléphone entre des camarades et des retenus remontant à juillet 2009, disant que par ces coups de fil à l'intérieur les retenus étaient incités à la révolte. Comme si les gens, que dis-je, les étrangers sans titre de séjour, étaient sans doute trop cons et trop contents de leur sort pour penser tous seuls à se révolter.... Il y avait eu la même chose à Vincennes où lors de la révolte qui a conduit à l'incendie, les gens et associations qui manifestaient dehors avaient été accusés d'incitation par divers responsables politiques. Pour rappel plusieurs des camarades interpellés retranscrivaient des témoignages de retenus en lutte via la radio ou internet.

3)Dans la logique policière, il y a des chefs, ils les présentent, les exposent, les mettent en photo dans le journal, ce sont 2 des 3 personnes incarcérées.

4)Concernant les perquisitions à Radio Blackout il est dit que l'investigation ne concerne que la partie qui s'occupait des luttes dans les centres de rétention et concerne aussi des infos transmises sur la radio mais aussi par sms pour prévenir des contrôles de police. Dans le dossier d'instruction beaucoup d'enregistrements d'émissions où on entend notamment s'exprimer les gens inculpés dans cette histoire puisque certains participaient à la radio.

5)Il est précisé que les « investigations » contre cette figure de l'ennemi intérieur qu'en Italie ils appellent « anarchiste insurrectionnaliste » continuent.

Le soir même des arrestations, une soixantaine de personnes se sont rassemblées devant le CIE (centre d'identification et d'expulsion) de Turin.
Les nouvelles de l'intérieur, des résistances aux expulsions, des résistances à l'enfermement dans les CIE continuent d'être diffusées. De toute façon, dedans comme dehors les luttes continuent !

Depuis des années, le contrôle des flux migratoires est un des axes majeurs de la politique des gouvernements européens, ne nous étonnons pas que celles et ceux qui la combattent se retrouvent dans la ligne de mire de ces mêmes Etats mais sachons réagir solidairement et continuer les luttes pour la liberté de circulation et d'installation.

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par adeline le Ven 5 Mar 2010 - 20:33

La journaliste de l'Huma qui tient un blog relatant ses articles autour des "sans-papiers", et ses rencontres, est au Mali en ce moment.

http://www.laissezpasser.info/

Dans quel état rentrent au Mali les "sans-papiers" de France, expulsés, ce que c'est que "d'avoir fait Paris"...

adeline

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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Largo le Sam 6 Mar 2010 - 11:10

Oui, l'article est intéressant.
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Re: Sans-papiers en marche et en lutte

Message par Invité le Dim 21 Mar 2010 - 22:03

Dans Mediapart, par Carine Fouteau, le 11 février 2010
17 mars 2010 |

11 Février 2010 Par Carine Fouteau

Mini-commune de Seine-et-Marne de 875 habitants, le Mesnil-Amelot va devenir le haut lieu de la rétention en France. Début mars 2010, un nouveau centre de rétention administrative (CRA), où pourront être enfermés 120 étrangers en situation irrégulière, va y ouvrir ses portes. C'est ce qu'a récemment fait savoir le président du tribunal de Meaux, confirmant des informations collectées par les associations de défense des droits des étrangers. Le cabinet d'Éric Besson évoque, lui, un démarrage au "printemps".

Construit sur des terres agricoles, ce CRA a été érigé à quelques centaines de mètres d'un premier centre existant de 140 places, situé à proximité des pistes de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Un troisième, également de 120 places, doit être opérationnel dans les mois à venir. Au total, 380 personnes pourront ainsi être "retenues" chaque jour aux Mesnil-Amelot I, II et III, en vue d'une éventuelle reconduite à la frontière, soit des milliers de personnes chaque année. "Grâce à ce projet, nous allons passer la barre des mille habitants", se réjouit le maire UMP de la ville, Alain Aubry, qui ne voit "aucun inconvénient" à ce projet qu'il juge au contraire "rassurant pour les habitants car il va y avoir une surconcentration de policiers".

Les associations ne le voient pas du même oil. Seize d'entre elles, parmi lesquelles la Cimade, Emmaüs France, le Gisti, Migreurop et le Secours catholique, viennent de lancer une pétition et une campagne
d'information pour s'opposer à l'ouverture de ce lieu.

"L'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire", déclarent-elles. "Ce type d'univers déshumanisé favorise, encore plus qu'ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide", poursuivent-elles en évoquant l'incendie du CRA de Vincennes, pour lequel dix personnes sont actuellement poursuivies devant le tribunal de grande instance de Paris. Des peines de prison ferme ont été requises, mardi 9 février, à l'encontre des prévenus, le jugement étant attendu le 17 mars.

Jusqu'au 22 juin 2008, date à laquelle le feu a pris, ce centre était le plus grand de France, il est sur le point d'être détrôné par ceux du Mesnil-Amelot.

•180.000 euros par personne enfermée
La rétention administrative ayant été légalisée par la loi du 29 octobre 1981, des CRA ont été créés dans les principales villes françaises à partir de 1984. L'allongement de la durée maximale d'enfermement, inscrite dans la loi Sarkozy du 26 novembre 2003, et la mise en place de quotas de retours forcés se sont accompagnées de l'extension et de la construction de nouveaux centres de rétention. On est ainsi passé de 773 places en 2003 à 1.779 en 2009, avec un objectif de 2.058 pour 2010, selon les documents annexés au projet de loi de finances rédigés par le ministère de l'immigration.

Dans un rapport de juin 2009 , la cour des comptes a évalué à 174 millions d'euros les dépenses liées à cette politique dont 50,4 millions pour le seul Mesnil-Amelot. Elle a, par ailleurs, estimé à 180.000 euros le coût annuel par retenu dans ce centre, un coût jugé "élevé",s'expliquant, selon elle, "par la nécessité de construire à côté un bâtiment pour héberger les escadrons de gendarmes mobiles".

La Cimade, qui a eu l'occasion de visiter les bâtiments avant l'ouverture, évoque un espace "sécuritaire": le centre, surplombé par un mirador, est "entouré de hauts grillages, de barbelés, de haies épineuses et d'un chemin de ronde". "À l'intérieur, détaille-t-elle, les "zones de vie" sont très largement quadrillées par de multiples caméras de vidéosurveillance et détecteurs de mouvements (...). À l'arrière des bâtiments où se situent les chambres des retenus, des écrans de surveillance diffusant ce que les caméras filment à l'intérieur permettront aux policiers chargés d'effectuer le tour du chemin de ronde de contrôler en permanence ce que font les personnes enfermées (...). Lorsque les retenus voudront s'adresser aux différents intervenants ou se rendre aux locaux de visites, ils devront pour cela solliciter un policier par le biais d'un interphone, afin que ce dernier ouvre les portes "hachoir" qu'ils auront à franchir."

"Ainsi, ajoute l'association, ce nouveau centre est un lieu d'enfermement qui a les caractéristiques du monde carcéral dans les dimensions d'un camp. Alors qu'il n'y a aucune dangerosité des personnes qui justifierait les
moyens mis en place, cette forme de détention démontre aujourd'hui à quel point la politique d'immigration criminalise chaque étranger, en y incluant même les femmes et les enfants."

•40 places pour les familles.
De fait, l'une des spécificités du nouveau centre est de "réserver" 40 places à des familles. Alors que l'enfermement des enfants est contraire à la Convention internationale de protection des droits de l'enfant et
contesté par de nombreuses institutions (commission nationale de déontologie de la sécurité, commissaire aux droits de l'homme du conseil de l'Europe, défenseur des enfants), l'administration le justifie en affirmant que l'objectif est de ne pas séparer les enfants de leurs parents.

Un autre enjeu concerne la taille de ce lieu. La législation limite la capacité d'accueil à 140 places (article R.553-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers). Pour contourner ce seuil, le ministère de l'immigration déclare avoir construit deux structures de 120 places chacune, supposées indépendantes l'une de l'autre.

La Cimade conteste cette manière de présenter les choses: "L'espace entre les deux CRA n'est que de quelques mètres. Il n'y a pas de séparation claire. Ils sont dans la même enceinte. Seule une route artificielle, qui ne
mène nulle part, les sépare. Il n'existe qu'un seul chemin de ronde. Une passerelle relie les deux structures et sera occupée par les forces policières. Il y a une entrée unique pour les deux CRA. Le camp sera placée sous la responsabilité d'une seule personne supervisant des forces de police qui ont vocation à intervenir dans les deux zones."

Dans son rapport 2008, le contrôleur général des lieux de privation de liberté s'inquiète déjà de "certaines extensions, que ne doit pas dissimuler la fiction de "plusieurs centres" placés dans un même lieu". Encore plus critique, la cour des comptes estime que "le nouveau projet du Mesnil-Amelot va entraîner une concentration massive de retenus dans le secteur, avec de grands risques d'effets néfastes". "Il n'est pas de la compétence de la cour de déterminer le "bon" format d'un centre de rétention, poursuit-elle, mais les constats opérés sur place etles différents incidents à Vincennes conduisent au moins à l'observation selon laquelle 140 places est un format trop important."

Sur la même longueur d'onde, un rapport de la commission des finances du Sénat, de juillet 2009, rappelle que "les centres les plus grands posent d'importants problèmes de tensions sociales" et juge que "la question de la réduction de la taille maximale des CRA se pose, notamment au regard des projets actuels d'extension".

•"Village judiciaire"
Le nouveau centre du Mesnil-Amelot pose enfin la question des droits des étrangers enfermés, puisqu'il est prévu que les audiences du juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance de Meaux soient délocalisées dans deux salles intégrées à un ensemble de bureaux de police attenant au CRA. Cette initiative prend le nom de "village judiciaire".

Dénonçant une "justice d'exception", la Cimade souligne que "la masse de "dossiers" à traiter conduira à un traitement très rapide et superficiel de la situation de chacun". Pour justifier ce rapprochement, le ministre de l'immigration invoque, quant à lui, des raisons budgétaires, puisqu'il s'agirait de "faire baisser le coût des escortes".

Les campagnes d'information contre la construction de centres de rétention ne sont pas nouvelles. Quatre personnes, dont les administrateurs techniques des sites indymedia, pajol et réseau anti-pub, sont d'ailleurs renvoyées en correctionnelle pour avoir diffusé en décembre 2004 un texte visant l'entreprise de bâtiment Bouygues. Poursuivies pour "provocation directe, suivie d'effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes", elles sont convoquées vendredi 12 février à la barre du tribunal de grande instance de Paris.


http://www.lacimade.org/minisites/mesnil2/rubriques/132-Revue-de-presse?page_id=2307

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