Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Sam 19 Déc 2009 - 13:35

GM a écrit:

Mais rassure-toi, je repars fissa.

tu fais bien, general motors
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par GM le Sam 19 Déc 2009 - 14:07

oh ça t'emmerderait si je m'inscrustais? ça donne envie...

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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Lun 21 Déc 2009 - 20:14

GM a écrit:oh ça t'emmerderait si je m'inscrustais? ça donne envie...

mais non, mon gars, ça me ferait plaisir que tu restes, et discutes, et tout; après tout t'es peut-être pas aussi tricheur (au sens de deleuze) que je le pense, ni aussi neuneu, ni aussi "conforme".... ça te donnerait une chance de changer l'opinion désastreuse que j'ai de toi... j'imagine que c'est l'une des choses qui t'empêchent de dormir...


sinon :

ne jamais céder sur son désir, l'insu qui nous fait quelqu'un




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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Sam 9 Jan 2010 - 17:45

Obama pourrait décaler un discours pour contenter les fans de la série 'Lost'

et quel discours, en plus

on dirait une blague

quand daney disait que la télé ce serait le privé; le cinéma, le monde, le public... donc le politique...

bien des choses ici encore à penser...

d'Obama, qui commence à ressembler à président us très quelconque, se souvenir de son amour pour un des personnages de la série "the wire"
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Invité le Sam 9 Jan 2010 - 18:13

L’image et la télévision dans sa globalité entament le pouvoir politique. Le Président des Etats-Unis et son staff sont branchés sans cesse sur News Net, ils prennent leurs décisions à partir de ce qu’ils voient sur l’écran, la source unique d’images étant sujette à caution, on voit où peut apparaître le danger. La télévision conditionne en outre les graves décisions. Un ultimatum est repoussé d’une demi-journée car il s’achevait au beau milieu de la diffusion télévisée d’un sitcom (Tous mes enfants) très regardé !

http://www.objectif-cinema.com/analyses/010b.php

C'était dans The Second Civil War de Joe Dante.

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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par ^x^ le Mar 12 Jan 2010 - 23:22

j'imagine


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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par glj le Mer 13 Jan 2010 - 0:16

inside...
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par glj le Mer 13 Jan 2010 - 6:48

les trucs genre leterman, je trouve cela plan, plan : un mec qui présente une émission comique en costard cravatte comme un jt télé, c'est déja plus que douteux
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par DB le Mer 13 Jan 2010 - 9:11

RIcky Gervais est géant.

Mais mon passage préféré de la série n'est pas celui là.

"a-k-a you"
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Mer 13 Jan 2010 - 18:01



un de mes personnages favoris, toutes catégories de création confondues...

Calamity Jane
dans deadwood
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par ^x^ le Mer 13 Jan 2010 - 19:00

j'imagine


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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par adeline le Jeu 14 Jan 2010 - 15:56

Sur ce blog :
http://theballoonatic.blogspot.com/2010/01/rouge-tango.html
le monsieur se pose le même genre de questions que nous en début de topic (dans la fin des commentaires).

adeline

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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Invité le Mer 17 Fév 2010 - 23:56

Deux bouquins universitaires récents sur les séries, je sais pas ce que ça vaut :




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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Ven 17 Sep 2010 - 14:37

voilà ce que j'appelle un texte sur les "séries"; pauvres cahiers...



Whatever It Takes
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Borges le Jeu 7 Oct 2010 - 19:50




En fait, Mad Men est la première série télé qui consacre la victoire de la télévision en tant qu’art, sa victoire sur le cinéma. La télévision a gagné, elle s’est substitué mine de rien au cinéma. Cela aura pris une vingtaine d’années, même si cette lente bataille a commencé bien plus tôt, il y a 55 ans exactement, avec les premiers épisodes noir et blanc d’Alfred Hitchcock présente.



"En fait, Mad Men est la première série télé qui consacre la victoire de la télévision en tant qu’art, sa victoire sur le cinéma. La télévision a gagné, elle s’est substitué mine de rien au cinéma"


pq il écrit ça?
parce qu'il est con
c'est quoi être con?
écrire sans penser ce que l'on écrit; ne pas prendre de distance à son égard et donc ne pas le lire, en espérant que le lecteur le fera; hélas le lecteur ne peut lire que ce qu'il a réécrit;




LE cinéma, La télévision

Toujours les mêmes conneries ; le cinéma est battu par la télé (de quelle guerre s’agit-il ?, s’il le sait, il n’en dirait rien ; économique ? financière ? idéologique ? esthétique ?... )

LE cinéma, La télévision


Toujours les mêmes gros concepts ; un peu de nominalisme n’a jamais fait de mal à personne, mais quand on pense en nominaliste on ne peut pas tromper grand monde ; on dit les choses simplement. On se rend compte que « Mad men » c’est pas la télé, toute la télé ; et ça ne bat certainement pas le cinéma, tout le cinéma , qui n’existe pas . La télé, ça ne veut rien dire, c’est du foot, des films-cinéma, des jeux, des journaux, tout ce qu’on veut ; contrairement au cinéma, qui ne montre pas de foot en direct. Mad men c’est un truc de la télé ; pas plus. C’est une grand série, pas de doute ; les américains sont forts, c’est évident ;




Donc, pour le dire simplement : scorecki, (qui se sent devenir vieux, sans que cela produise le moindre effet vintage) suit une série très hype, mais au lieu de s’y intéresser, de nous en parler, il fait comme tout le monde, il produit des lieux communs théoriques et épistémiques.

(s’il y a un truc à retenir des américains, c’est de ne pas se raconter des histoires ; je dis pas qu’ils s’en racontent pas, ils ne font que ça en profondeur, mais ils font comme si ; alors faisons comme si ; quand on parle d’un truc, parlons juste de ce truc ; avec des tas de digressions, bien entendu ; parce qu’aucun truc au monde ne peut intéresser très longtemps. Comme disait thomas B faut pas se pencher trop sur les œuvres, même les plus grandes œuvres ; il faut avoir une certaine désinvolture à l’égard des objets de ses passions : je dis bien objets…


Qu’est-ce qu’il dit scorecki : « je peux pas m’en détacher, mais j’aime pas (contrairement à beaucoup de gens, à tout le mode ; tout le monde aime mad men ; c’est pas un objet télé qui peut vous distinguer ; il vous distingue de rien ni personne ; ce qui distingue scorecki, c’est qu’il aime pas, mais suit ; c’est sa différence ; les autres aiment et suivent ; ça veut dire quoi ; je sais pas, peut-être qu’il nous parle de drogue ? il veut nous dire que ce truc là c’est de la drogue, ou alors un truc sublime, objet de peine et de plaisir ; bon l’essentiel c’est l’énoncé historico-esthétique : la télé a gagné ;





(on disait déjà ça dans les années 1950 ; comme si la lutte s’arrêtait à un moment donné ; comme si dans les systèmes de compétition culturelle rien était jamais définitivement acquis ; tu gagnes maintenant, et demain tu perds ; c’est tout ; et tu perds parce que ton adversaires s’est emparé de tes points forts. Bon on me dira que c’est pas pareil, la victoire des années 1950 ; il s’agit pas du même type de victoire ; bon, on peut l’admettre ; sans doute, elle était pas artistique cette victoire là ; mais ça reste à prouver ; de toute manière c’est pas ça qui importe, ce qui importe c’est que les gosses qui se sont nourris de télé sont devenus des figures essentielles du cinéma les types qu’on adorait dans les années 80, les spielberg et autre zimecks, ils viennent de la télé ; ce sont des enfants de la télé (comme les autres furent des enfants du jazz) ; gosse ils ont été formés par la télé, ils ont fait du cinéma nourri par la télé, comme la nouvelle vague (cette idéologie légendaire) a été faite par la cinémathèque ; bon, c’est ce qui explique l’écart, et le retard.

Le neuf, peut-être dans l’esprit de scorecki, c’est que la victoire de la télé sur le cinéma est artistique ; mais comme on dit aussi que le cinéma est mort, et de l’art, on se demande un peu ce que ça peut bien vouloir dire ;

Bon pour ne pas donner le sentiment de disserter, remarquons que pour donner l’illusion de quelque chose, d’être dans le coup, c’est-à-dire dans l’opinion, S parle de vintage (comme les cons d’independencia ; je traite tout le monde de con (sans raison, tout en m’en foutant) parce que c’est plus que de la bêtise ; comme disait lacan, la connerie la psychanalyse est impuissante à y remédier ; ce qui n’est pas faux, comme la psy est impuissante à rien guérir ; ce qui est marrant dans ce passage de scorecki sur le vintage emprunté, c’est que ça ramène en tête, dans la mémoire les trucs de daney sur hawks et la cicatrice ;



l’effet vintage, le seul qui compte ici : aimer, souffrir, vieillir, autant d’effets d’usure du visage et du corps du héros -comme on le dit d'une vieille veste en cuir qui s’use jusqu’à acquérir cette patine qui plaît tant, cette patine vintage.

C’est quoi cette série ? pq est-ce que c’est in ? toujours penser au public, pour voir en quoi un produit culturel est in, ou out ; vous distingue ou vous fait honte ; c’est pas un règle absolue, mais comme la culture ciné-télé, c’est un truc avant tout de consommation snobe, il faut y prendre garde :


« FOR MORE THAN 10 years, the intricate, multiseason narrative TV drama has exercised a dominant cultural sway over well-educated, well-off adults. Just as urbanish professionals in the 1950s could be counted on to collectively coo and argue over the latest Salinger short story, so that set in the 2000s has been most intellectually, emotionally, and aesthetically engaged not by fiction, the theater, or the cinema but by The Sopranos, Six Feet Under, The Wire, Deadwood, The Shield, Big Love. »




Une fille du The New York Times, Virginia Heffernan (non je ne las connais pas) avait comparé "The Sopranos" à "ulysses" de joyce, qu’elle a jamais lu, à euripide, à artaud (qu'elle a encore moins lus; qui a jamais lu euripide? )

C’est un vieux truc ; le même qui consiste à dire que le cinéma a été battu par la télé ; au lieu de tout simplement dire qu’on aime une série, il faut qu’on dise que c’est meilleur que le cinéma ; comme certains avaient dit que le cinéma c’est mieux que les livres, que les peintures ; les gens éduqués (dans une certaine forme d’éducation restent toujours des esclaves, ils sont pris dans des modèles de consciences malheureuses ) pour hisser leur plaisir, le rendre légitime, pour aimer les série,s ils vont chercher des livres, des grandes auteurs ; on a comparé dallas aux tragédies grecques (alors que l’inverse aurait été plus intéressant, sans doute, et nous aurait appris bien des choses sur les grecs, qui n’étaient pas si fameux que ça ; )

Mais ce qui est marrant, c’est que l’auteur de la série (quel est encore son nom ?) ça ne l’impressionne pas plus que ça ; voilà ce qu’il dit en gros : « Dans la série, il y a des références, aux livres, aux films, à la culture ; mais toute ces distinctions de genre ne m’intéressent pas (ça le puzzle comme le roi de siam) ; il s’agit pas pour moi par ces références de sauver la télé en la comparant à des genres plus nobles ; je veux pas dire : « mad men, vous voyez c’est pas de la télé, c’est mieux, c’est plus grand, c’est comme un livre, c’est comme du cinéma ; moi, je dis la télé et mad men « c’est ce que c’est « it is what it is »( et ce que c’est, là je commente, c’est précisément que c’est pas un truc uni, un, homogène, c’est ce que c’est pas, c’est ce que ce n’est pas Wink c’est un mélange de toutes ces choses (mixture), la télé est un mélange de théâtre (dialogue), du cinéma (image), du roman (par l’histoire le récit)… etc…

Là on retrouve quelque chose d’important, l’idée bien entendu d’impureté ; un américain le dit, mais scorecki, qui n’a jamais compris ce dont il s’agissait n’arrive pas à le mettre en pratique : il parle de la victoire de la télé sur le cinéma ; pitoyable ; la télé n’existe pas, la télé, c’est comme le cinéma, c’est du cinéma, c’est de l’impureté ; la pensée us se fait par des mélanges, la pensée à la française con, par des identités, des essences, et des combats entre les essences ;


Notons Il dit pas que mad men soit toute la télé, que la télé c’est ça, mad men, ou plutôt le genre inventé par les sopranos c’est « a kind of television. It’s something that shouldn’t be undermined by being compared to what are considered to be greater arts. Television’s always going to be seen that way because it’s popular. «


Popular, donc démocratique dit-il ;


Il ne s’agit pas de la victoire artistique de la télé sur le cinéma ; parce que le cinéma comme le disait cavell, c’est pas de l’art, c’est pas du non-art, c’est ce qui rend complexe, impossible cette distinction
(bon bien entendu, on pouvait dire ça avec rancière ; ou même badiou)
La télé, c’est le + un du cinéma






là encore dans le new yorker (une comparaison avec le grand art, mais comme c'est concret, c'est pas sans intérêt ) :

Mad Men,” which returns to AMC this Sunday night, is a television show that sometimes thinks it’s a novel—in particular, a John Cheever novel. Like Cheever, the Draper family lives in Ossining, New York, and their colorful address—42 Bullet Park Road—is an allusion to one of the author’s novels. The literary references don’t end with Cheever. The characters on “Mad Men” read almost as much as they smoke, drink, and cheat. Bert Cooper extols the virtues of Ayn Rand, Don Draper broods over Frank O’Hara’s poetry, and the secretaries at Sterling Cooper furtively pass around an “unexpurgated” copy of “Lady Chatterley’s Lover,” warning each other not to read it on the train because “it’ll attract the wrong element.”


lisez bien ça : la télé, c'est aussi de la littérature;

John Cheever (pensons à carver)
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Largo le Jeu 7 Oct 2010 - 21:44

Au fait, il va faire une attaque, vieux Skorecki, quand on va lui dire que la télévision est morte, parce qu'Internet l'a phagocytée, lol : http://www.google.com/tv/

Voilà, toujours garder en tête cette fameuse idée d'impureté. Ceux qui adorent les séries s'exclament devant chaque film qu'ils aiment que c'est inspiré de telle ou telle série, c'est parfois ça, le nouveau snobisme. Mais ils me font un peu marrer ceux qui disent que c'est à la télévision qu'on crée, qu'on innove, que l'avenir se joue là alors que les derniers "gros coups" lorgnent tous du côté du cinéma : Scorsese qui réalise un truc pour la télévision, Carlos en France présenté à Cannes et qui devient un film... L'esthétique rétro de Mad Men, j'ai juste vu quelques images, mais on dirait Les Noces Rebelles, non ?

Un jour on m'a offert un t-shirt avec le slogan "Le cinéma est un art, la télévision est un meuble". Je sais pas s'il y a grand chose à en tirer, mais j'y repense. Maintenant, on regarde tout sur un écran mobile : l'ordinateur portable, voire l'Ipad pour les Etatsuniens qui l'ont apparemment adopté en masse. La meilleure manière de rendre ses consommateurs accro à son produit, c'est encore de lui fourrer dans la poche (cigarettes, portable) ou à défaut dans le sac. Les gens de la TV doivent sauter de joie, 3h26 de télé en moyenne par jour, c'est pas mal, mais ils pouvaient faire mieux. Maintenant, ils vont même grappiller le temps de transport en commun. Si bien qu'on aura plus grand chose en commun avec les autres voyageur si ce n'est une posture : le nez sur l'écran, même pour lire la presse ou son bouquin ;c'est-à-dire que ceux qui regardent Lagaff sur leur portable auront l'air aussi malins que ceux qui feuillettent Le Monde Diplo' ou La Recherche, si ça c'est pas démocratique !

J'en ai quand même un peu marre d'entendre parler à longueur de journée des séries télés, de comment elles sont géniales, etc. Des fois je me dis que vu le nombre d'épisodes que les amateurs (c'est-à-dire 90% de la population j'imagine) doivent se taper par jour, ils doivent vraiment rien faire d'autre de leur vie, c'est pas possible. Alors, on va me répliquer que je suis un vieux con parce qu'en fait pendant que les autres matent des séries pour en discuter avec leurs potes, moi je vais au ciné ou je lis un bouquin. C'est possible. Je pars du principe que passer 10, 15 ou 20h devant le même programme ou la même oeuvre, c'est un peu du gâchis. En 20h, on peut voir 10 films, et sur les 10, j'ai des chances pour qu'il y en ait un dont je me souvienne toute ma vie. Alors qu'on peut certainement passer des dizaines d'heures devant la même série, comme on dit, pour "passer le temps".

Etonnant aussi que dans une société où les idées reçues nous disent que tout s'accélère, tout se zappe, où on arrive plus à se concentrer sur rien, tout change trop vite etc et bien on est quand même capable de passer autant de temps accroché à un seul programme.

Les roublards scénaristes de séries TV n'y sont pas pour rien. On imagine pas à quel point l'écriture d'une série est hyper-codifiée, hyper-complexe. Il faut que les pauvres batteries de scénaristes se débrouillent pour qu'il y ait 2 ou 3 "cliffhanger" dans chaque épisode, correspondant à chaque coupure publicitaire, pour amener le chaland à rester sur la chaîne. Je vous explique pas ce que ça veut dire "cliffhanger", on a tous en tête l'image de Stallone accroché d'une main à sa falaise. Vous imaginez ? Ca veut dire que le téléspectateur reste pendu à sa télévision et qu'on le menace de tomber dans un trou noir s'il lâche. Le trou noir de son ignorance, puisqu'il ne saura pas le fin mot de l'histoire. Les bonnes séries, comme The Wire apparemment semblent avoir renoncé à cette astuce un peu vicelarde ou alors je m'en suis pas rendu compte quand je l'ai regardée, mais même d'un épisode à l'autre, d'une saison à l'autre j'ai pas l'impression que les fins soient faites pour nous obliger à regarder la suite. Chaque bloc s'agence à l'autre et en même temps il se suffit un peu à lui-même.

Bon, j'arrête-là, le temps que j'ai passé à déblatérer est peut-être du temps perdu : j'aurais pu regarder un épisode de The Wire (au moins).
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Invité le Sam 20 Nov 2010 - 10:15

Tout à fait d'accord avec Erwan, autant lancé un topic sur une série, disons The Wire puisque elle semble la plus réputée ici, Breaking Bad aurait ma préférence mais peu importe.

Il reste tout de même des questions qui sont presque d'ordre économique et technologique, les chaînes cablées, l'apparition de la HD, internet. Tout cela change la donne. A voir la qualité de certaines séries apparues ces dernières années j'ai l'impression que la liberté et le talent aux USA se détourne de plus en plus vers les séries. Ca ne détrône pas un Lynch ou un van Sant, mais c'est la tendance qui se dessine.

Plus petit budget et plus grande longueur de récit semble parfois plus intéressant ou plus pratique qu'énorme budget et durée limité.

Encore que je parle ici de la durée totale du récit, pas de la durée du tournage. Sur ce dernier point souvent les séries je crois sont tournées à raison d'une semaine par épisode, dans ces conditions il faut énormément de préparation pour sortir de l'image de qualité. Mais le fait est que certains y parviennent (la dernière saison de Breaking Bad est impressionnante à ce niveau).

Largo : il n'y a quasiment aucun cliffhanger dans Mad Men, guère plus dans Six Feet Under et d'autres. Il y a vraiment du nouveau dans la série US.

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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par wootsuibrick le Sam 20 Nov 2010 - 12:13

Largo a écrit:
Alors, on va me répliquer que je suis un vieux con parce qu'en fait pendant que les autres matent des séries pour en discuter avec leurs potes, moi je vais au ciné ou je lis un bouquin. C'est possible. Je pars du principe que passer 10, 15 ou 20h devant le même programme ou la même oeuvre, c'est un peu du gâchis. En 20h, on peut voir 10 films, et sur les 10, j'ai des chances pour qu'il y en ait un dont je me souvienne toute ma vie. Alors qu'on peut certainement passer des dizaines d'heures devant la même série, comme on dit, pour "passer le temps".


Et tu passes combien de temps sur la Recherche, Guerre et Paix, Au bord de l'eau, les frères karamazov, le dit du genji, ou l'Ulysse de Joyce? (ce que j'aimerai pouvoir lire l'Ulysse en deux heures pour pas gaspiller trop de temps.)
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Largo le Sam 20 Nov 2010 - 13:26

Ah, bah, c'est sûr que ça prend du temps de lire des bouquins. Je lis beaucoup dans les transports en commun, ça fait mine de rien pas mal de temps à disposition pour lire. Ma comparaison valait sans doute plus pour les films.

Mr. Cérébré bienvenu sur ce forum. Il existe un topic sur The Wire ici

Et, oui, il faut quand même que j'aille voir un peu à quoi ressemblent Mad Men, Breaking Bad & co.

Hier, j'suis allé voir à qui ressemblait Addict(s), la nouvelle websérie d'Arte : http://addicts.arte.tv/

On parle beaucoup des nouveaux modes de narration que ce format peut susciter. J'avais cru comprendre que ça pouvait fonctionner un peu sur le principe du Livre dont vous êtes le héros, mais en fait c'est pas vraiment ça. En tout cas pour Addict(s), c'est plus une sorte de mise à place de tout le canevas d'une série qu'on peut regarder en se concentrant sur un personnage, un épisode ou un lieu. Ca défait tout les fils, toutes les pierres de l'arche dramatique. Je trouve pas ça terrible, au final, c'est un peu mort, je trouve.

Fiction Ikéa sur le principe du "do it yourself" : au spectateur de reconstruire le modèle à sa convenance, et s'il manque un pied ou un bouton de porte, c'est pas très grave. Une véritable fiction en kit.

Il y a aussi je crois un problème de forme : la série charcutée en séquences de 2-3 minutes ne nous laisse pas vraiment le temps de rentrer dedans, de se familiariser avec les personnages. Du coup, le jeu des acteurs paraît souvent maladroit, exagéré. Et ils sont sûrement pas aidés par les dialogues : "alors tu vas rentrer dans ta cité ? Il parait qu'ils tournent un film. Tu crois que tu vas devenir Johnny Depp ? - Retourne boire ton whisky, toi" (sic)

Et puis ce coup de la mise en abîme du tournage dans la cité pour mettre en scène les doutes de l'auteur et anticiper par avance les critiques...
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par careful le Sam 20 Nov 2010 - 22:18

D.Cérébré a écrit: autant lancé un topic sur une série, disons The Wire puisque elle semble la plus réputée ici, Breaking Bad aurait ma préférence mais peu importe.

Ca ne détrône pas un Lynch ou un van Sant, mais c'est la tendance qui se dessine.

(la dernière saison de Breaking Bad est impressionnante à ce niveau)

Fais pitié.
S1, ep1.
(un pré air belliqueux sans doute)
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Re: Pourquoi les spectres ne parlent pas des séries?

Message par Invité le Sam 20 Nov 2010 - 22:48

karim a écrit:
D.Cérébré a écrit: autant lancé un topic sur une série, disons The Wire puisque elle semble la plus réputée ici, Breaking Bad aurait ma préférence mais peu importe.

Ca ne détrône pas un Lynch ou un van Sant, mais c'est la tendance qui se dessine.

(la dernière saison de Breaking Bad est impressionnante à ce niveau)

Fais pitié.
S1, ep1.
(un pré air belliqueux sans doute)

Pas comprendre.
Parlado françado ?

Toi yen a vouloir dire vu un seul épisode ?
Et ?

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