#1 - Critique de Falafel

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#1 - Critique de Falafel

Message par Invité le Ven 28 Aoû 2009 - 16:53

Hello,

J'ai pu voir en DVD ce film dont lOlO nous avait parlé dans le numéro un, comme je l'avais raté à l'époque de sa sortie l'été dernier.

Pas grand-chose à ajouter à ton texte lOlO, j'ai également apprécié le retournement surprise final, la montagne (scénario catastrophe) qui accouche d'une souris (retour à l'intimité), dans un scénario parfois un peu trop téléphoné qui ne m'a pas emballé immédiatement. Tu évoques des lourdeurs, je trouve qu'il y a surtout quelques passages un peu longs dans la fête à l'appartement, mais les divers aller-retour donnent de l'air à l'ensemble et Kammoun gère bien son rythme au montage.

J'aime bien cette idée du film qui se déroule dans une nuit, car il peut se passer beaucoup de choses, de remises en questions dans une nuit, parfois plus que dans une centaine de journées. La bonne idée de Kammoun, c'est de ne pas empeser son film avec la métaphore du Falafel, de ne pas faire d'emblée de Toufic un Saint parmi les médiocres ou une initiation trop surlignée, on pense à ce que certains académiciens hollywoodiens à gros sabots auraient fait avec une telle idée... En tout cas, cela donne deux moments particulièrement drôles et qui m'ont vraiment raccroché au film.

Par contre, concernant ton rapprochement avec "Sang et or" de Panahi, là je suis plus réservé bien que je trouve celui-ci particulièrement intéressant et que tu fasses toi aussi un distinguo. Il me semble que dans le film de l'iranien qui n'est pas du tout une comédie (contrairement à son suivant "Hors-jeu" que je rapprocherais plus de "Falafel"), la nuit est complètement étouffante, gouvernée par la police, elle enferme le livreur de pizzas (même dans la maison bourgeoise où il se laisse aller, il est enfermé dans le luxe des autres), les noctambules, ça n'est pas du tout le lieu de tous les possibles tandis que, dans le film de Kammoun, la nuit est beaucoup plus ouverte, heure de l'absurde, de la rêverie, de la drague, du délire, de la poésie : on s'évade (même parfois dans le tragique qui se rabat plusieurs fois sur le héros : le marchant d'arme, le soldat..), ça fait un peu penser à "After Hours" par moments, un de mes Scorsese préféré.. Mais les deux films se basent en effet sur une situation plutôt tragique.

"J'ai toujours rêvé de faire du cinéma. Très jeune, j'ai eu la chance d'aller au cinéma plusieurs fois par semaine avec mes parents, des amoureux fous du septième art. dès l'âge de trois ou quatre ans, il m'emmenaient dans les salles où je voyais parfois des films qu'un petit garçon n'était pas supposé voir ! Faire du cinéma n'est pas le métier que j'ai choisi, c'est une évidence, une passion vitale pour moi. Il donne un sens à ma vie."

À noter que l'édition DVD contient une interview intéressante du cinéaste dans laquelle il revient plus précisément sur la dimension politique de son film, et le cadre de celui-ci : le Liban.

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