#3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

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#3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Jeu 2 Juil 2009 - 6:31

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Sam 28 Nov 2009 - 9:39

Salut !

J'ai vu le dernier film de Claire Denis, 35 Rhums. Bon, ça fait un peu malice de partir d'une "polémique" pour évoquer le film qui, dans l'ensemble, m'a bien plu, mais je voudrais revenir sur cette histoire de "regard colonialiste" de Claire Denis, je sais plus trop où j'ai lu ça, chez Independencia peut-être qui rate jamais une occasion de la brocarder, je retrouve pas. Je comprend pas, je sais pas ce que vous en pensez ? C'est lié à sa famille, dans ce cas c'est assez dégueulasse ? Il y a réellement quelque chose de colonialiste dans son regard, dans ce cas je vois pas ?

Je crois qu'on avait un peu évoqué le film ici mais j'ai rien retrouvé sur la partie public, c'est sans doute resté "de l'autre côté du miroir" ! Ca serait bien de copier-coller quelques trucs ici.

Le film a pas grand chose à voir avec Ozu je trouve, formellement s'entend, parce que bien sûr on retrouve le thème cher au cinéaste japonais de la famille et des générations qui la constitue. J'aime beaucoup le bref plan sur le cheval, c'est d'une force et d'une poésie extraordinaire.

Quelqu'un a vu le film "White material" qu'elle a tourné entre "L'intrus" et "35 rhums" mais n'est, semble-t-il jamais sorti au cinéma ?

Maintenant, je vais aller relire ton texte D&D !

à+

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par D&D le Lun 30 Nov 2009 - 15:20

Bonjour JM,

White Material sortira en France bientôt, il me semble. Je crois qu'il a été présenté au dernier festival de Venise. Si je ne me trompe pas, le scénario a été co-écrit avec Marie N'Diaye...

J'attendais de le découvrir pour finir la seconde partie de mon texte sur le travail de Claire Denis, où je pensais notamment revenir sur les questions que tu poses en ouverture de ton post, car j'ai le souvenir d'avoir croisé cette idée de "regard colonialiste", mais je ne sais plus où non plus.

Je crois que c'est plus ce second texte qui aurait pu t'intéresser. Wink
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Lun 30 Nov 2009 - 19:57

Hello D&D,

Merci pour ces précisions à propos de "White Material".

Peut-on dire que CD travaille à renverser certaines représentations usuelles dans "35 Rhums" ?

J'attends avec plaisir la suite de ton texte, la première partie était déjà très agréable à (re)lire !

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par D&D le Mar 1 Déc 2009 - 0:37

Bonsoir JM,

C'est très con à écrire, mais il se trouve que ça ne va pas bien, là, alors je ne vais pas pouvoir discuter pour l'instant de "35 rhums". Sinon ça m'intéressera(it) beaucoup, bien sûr. Wink

Je crois que BC avait aussi trouvé de l'intérêt pour ce film, il pourra peut-être en discuter. Et puis, je vais voir "de l'autre côté du miroir" s'il y a des choses à ce sujet.

Enfin, merci pour ton retour une nouvelle fois encourageant.
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Mar 1 Déc 2009 - 15:04

J'attendrai que ça aille mieux pour toi D&D !

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Eyquem le Mer 2 Déc 2009 - 12:21

Salut JM, D&D,

Je crois qu'on avait un peu évoqué le film ici mais j'ai rien retrouvé sur la partie public, c'est sans doute resté "de l'autre côté du miroir" ! Ca serait bien de copier-coller quelques trucs ici.

Je m'étais contenté de collectionner les clichés que j'avais retrouvés dans les critiques de "35 Rhums".

Je copie-colle.

************************************

Cliché 1 : Le noir est l’éclat fortuitement opaque et sensuel du transparent pur
Accessoirement, le père et la fille sont noirs. Accessoirement, au sens où la couleur de leur peau ne devient pas pour autant un sujet ni un signe volontariste. De Chocolat à Trouble every day, Claire Denis est coutumière du geste. Outre Alex Descas (le père), force tranquille et magnétique, fidèle de la réalisatrice, et la gracieuse Mati Diop (la fille), la plupart des personnages de 35 Rhums sont noirs aussi, mais rien de plus normal, de plus invisible : tout le contraire de la triste discrimination positive. (Télérama)

La population ambiante est noire, antillaise, ce qui n'aurait pas plus d'importance que ça si la réalisatrice ne laissait pas traîner dans le champ des livres de Franz Fanon ou Joseph Stiglitz, ne s'attardait pas quelques secondes sur le rapport Nord-Sud et la dette des pays faibles. (Le Monde)

Une ivresse doucereuse, un plaisir ambré, une hypnose sensuelle…Dans son genre, 35 rhums est un film vaudou… Des corps beaux et sensuels, même quand ils sont usés par l’âge et le travail…Le déplacement des repères se prolonge avec une escapade inattendue en Allemagne – les Blancs ont colonisé la planète, pourquoi les Noirs ne se déplaceraient-ils pas vers les brumes et colombages de l’Europe du Nord ? (Inrocks)

Ils sont noirs, Antillais sans doute et ce n’est ni un sujet ni même une composante supplémentaire (Cahiers)

Cliché 2 : Faites comme Ozu, mangez du riz
Ce type de narration qui fuit l'exotisme a quelque chose à voir avec le cinéma asiatique qu'elle admire - le Coréen Hong Sang-soo, par exemple, ou le Taïwanais Hou Hsiao-sien, et surtout le Japonais Yasujiro Ozu. Tout, dans 35 rhums, renvoie à l'univers du maître, célèbre pour sa propension à filmer à hauteur de tatami. (Le Monde)

Filmer les liens familiaux aujourd'hui comme le maître japonais Ozu autrefois, telle est l'intention avouée, et téméraire, de la cinéaste. L'hommage transposé, délocalisé, s'avère étrangement harmonieux. (Télérama)

Bientôt, une autre étrange sensation étreint le spectateur : la plus africaine des cinéastes blondes de Paris réalise ici son film le plus japonais, quelque part entre Ozu et Naruse. Le dessin métallique des sillons laissés par l’enchevêtrement des voies ferrées, les intérieurs modestes mais nickels et feutrés, les dialogues retenus et voués à l’essentiel puisque les grands sentiments qui les soutiennent non seulement vont de soi mais sont inexprimables… Tout ceci conspire à fabriquer un microclimat nippon sur le nord parisien. (Libération)


Les acteurs sont donc noirs, mais c’est à l’Extrême-Orient que l’on songe. Dans la finesse de la peinture des relations entre Lionel et Joséphine, dans cette zénitude des difficiles complexités filiales, dans cette pudeur bouleversante, il y a quelques gouttes de saké, quelques rayons de printemps tardif, quelques bouffées de nuages flottants… Denis trace un arc filmique d’Ozu à Paris-sur-Afrique en passant par Fassbinder (Inrocks)

Ce récit ressemble à celui de plusieurs films d’Ozu, auquel le film rend un hommage amusé – les autocuiseurs pour le riz - mais visuellement, on songe plutôt à la manière dont Hou Hsiao Hsien filmait déjà les trains de la banlieue tokyoïtes (Cahiers)

Cliché 3 : Indicibilité et bouleversifiance
le film est là, d’abord, dans sa beauté : celle des rêves, celle des villes la nuit, celle de gestes suspendus, qu’on n’a pas besoin d’achever parce que leur esquisse même en dit toute la tendresse (L’Humanité)

Ici, plus qu'ailleurs, les regards et le toucher prennent une place prépondérante au détriment de dialogues volontairement elliptiques et délestés de tout psychologisme. (DVDrama)

les dialogues retenus et voués à l’essentiel puisque les grands sentiments qui les soutiennent non seulement vont de soi mais sont inexprimables…Jamais en tout cas la cinéaste n’avait réduit son propos à cette essence, à cette clarté, à cette limpidité simple (Libé)

Claire Denis a un secret : elle sait filmer avec une troublante évidence, une effusion fluide, ces instants furtifs où tout vacille, ces danses qui irradient de solitude, ces mains tendues dans le vide, ces corps qui incarnent un désir, un mal, une musique ou une transgression. Filmer sans transcendance ni compassion, au-delà du moindre dialogue, juste comme ça, poétiquement, par le rapport plastique qu'elle entretient avec l'image, avec l'étrangeté, avec la contemplation, avec une forme d'innocence presque documentaire…Sans heurt toujours, le film fait enfin sentir le passage des saisons, l'empreinte d'événements irrémédiables, l'engloutissement de petits continents secrets (Télérama)
Claire Denis sait comme pas grand monde enregistrer les sentiments indicibles, les élans sensuels (L’Express)

cette pudeur bouleversante. De l’émotion, d’autant plus forte qu’elle n’est pas suraffichée. De la beauté, d’autant plus saisissante qu’elle n’est pas surlignée. (Inrocks)

Cliché 4 : On sait pas ce que c’est mais ça a l’air bien beau
transes impressionnistes… la suspension en sérénité… la force exigeante et retenue d’un pur cristal ibsenien…d'un réel hypnotique, d'un existentiel fantasmatique… chavirements intimes de ces personnages énigmatiques, pourtant familiers… coulées sensorielles… cette zénitude des difficiles complexités filiales… Un autocuiseur à riz bouleversant… Des lignes de vie impossibles à apercevoir dans leur totalité, tour à tour lumineuses et enténébrées, mystérieuses, comme les lignes de RER (Libéramonduptibles)
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Eyquem le Mer 2 Déc 2009 - 12:35

On trouve des passages assez sévères sur "Chocolat" dans le bouquin de Shlomo Sand ("Le XXe siècle à l'écran").

Sand montre que le bouillonnement critique anticolonialiste des années 70 fait place à la nostalgie exotique dans les années 80, pour culminer en 92 avec "L'Amant", "Indochine", et "Dien Bien Phu".

Sur "Chocolat", il écrit que c'est...
... un film où l'Afrique équatoriale colonisée sert de décor exotique à l'attirance sexuelle d'une femme blanche et d'un homme noir. Ce drame n'essaie pas d'occulter le racisme inhérent à la domination européenne, mais l'évocation nostalgique de la jeunesse africaine de la réalisatrice confère au temps des colonies un vernis de magie et de charme sensuel.
(...)
Dans le film de Claire Denis comme dans celui de Brigitte Roüan (Outremer, 1990), le féminisme qui dénonce l'oppression de la femme encore fortement imprimée dans les esprits, semble peut-être inconsciemment servir d'alibi pour éviter de porter un regard critique sur les relations entre colons et autochtones. A l'élan anticolonialiste du début des années 70 se subsitua pour un temps un engagement féministe qui se révéla plus intéressant au plan commercial.

(p.456)
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Mer 2 Déc 2009 - 12:59

Eyquem a écrit:On trouve des passages assez sévères sur "Chocolat" dans le bouquin de Shlomo Sand ("Le XXe siècle à l'écran").

Sand montre que le bouillonnement critique anticolonialiste des années 70 fait place à la nostalgie exotique dans les années 80, pour culminer en 92 avec "L'Amant", "Indochine", et "Dien Bien Phu".

Sur "Chocolat", il écrit que c'est...
... un film où l'Afrique équatoriale colonisée sert de décor exotique à l'attirance sexuelle d'une femme blanche et d'un homme noir. Ce drame n'essaie pas d'occulter le racisme inhérent à la domination européenne, mais l'évocation nostalgique de la jeunesse africaine de la réalisatrice confère au temps des colonies un vernis de magie et de charme sensuel.
(...)
Dans le film de Claire Denis comme dans celui de Brigitte Roüan (Outremer, 1990), le féminisme qui dénonce l'oppression de la femme encore fortement imprimée dans les esprits, semble peut-être inconsciemment servir d'alibi pour éviter de porter un regard critique sur les relations entre colons et autochtones. A l'élan anticolonialiste du début des années 70 se subsitua pour un temps un engagement féministe qui se révéla plus intéressant au plan commercial.

(p.456)

Hello,

Oui, il faut peut-être repartir de ses premiers films (que je ne connais pas) ? Je crois que "White material" se passe en Afrique, dans une plantation...

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Mar 27 Avr 2010 - 6:25

http://blog.mondediplo.net/2010-04-12-Affaire-de-Blancs

pas grand monde dans les commentaires pour défendre le film ou l'article.

Tu as vu le film D&D?

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par D&D le Lun 31 Mai 2010 - 23:03

Bonsoir JM,

C'est sympa une réponse un mois après, non ?
Décidément désolé de cette absence et... pas vu de films depuis plus de deux mois ! La preuve : même pas White Material Laughing
Mais je crois que je vais y arriver dans pas trop longtemps maintenant , et j'irai lire le lien que tu as proposé.

(Si je peux revoir 35 rhums, ce sera pas du luxe non plus Wink )
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par Invité le Jeu 3 Juin 2010 - 8:29

Salut D&D, ça fait plaisir de te revoir dans le coin Wink

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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par ^x^ le Jeu 3 Juin 2010 - 8:40

Hello cher D&D
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par D&D le Jeu 3 Juin 2010 - 23:08

Salut Erwan, Salut Karim,
C'est sympa comme tout, merci : bien content aussi d'être (en cours Rolling Eyes ) de retour et au moins autant de vous retrouver
bounce & bounce
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Re: #3 - Vers Claire Denis...The Drives : Every Day Fever...

Message par D&D le Sam 6 Nov 2010 - 13:34

JM a écrit:http://blog.mondediplo.net/2010-04-12-Affaire-de-Blancs

pas grand monde dans les commentaires pour défendre le film ou l'article.

Tu as vu le film D&D?

Il est bizarre, cet article. Il y a une interprétation en son coeur de l'entrée des enfants dans la maison des colons que je ne partage pas du tout, et qui est à hurler.
Le film me paraît beaucoup plus singulier que les grandes catégories de principe que beaucoup veulent vite y projeter.
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