Jackie de Pedro Larrain, France, Chili, Etats-Unis, 2016

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Jackie de Pedro Larrain, France, Chili, Etats-Unis, 2016

Message par librebelgique le Dim 5 Fév 2017 - 20:38

Déjà qu'un chilien aille s'emparer de cette histoire qui n'appartient qu'aux states ne laisse pas d'étonner. Pas trop longtemps car à la vision du film la légitimité de Larrain s'impose. Le film raconte le mythe Kennedy à travers Jackie dans le laps de temps qui sépare la mort de John de son enterrement. Elle se confie alors à un journaliste, soigne la copie, quitte "sa" maison blanche et s'occupe de ses enfants. Evidemment il y a beaucoup plus que cela !

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Re: Jackie de Pedro Larrain, France, Chili, Etats-Unis, 2016

Message par librebelgique le Jeu 9 Fév 2017 - 19:51

Le film traduit visuellement l'écart entre l'intimité des personnage et leur mise en représentation. Pouvoir et médias obligent. L'assassinat de kennedy et les jours qui ont suivi sont d'ailleurs racontés par Jackie, en quelques heures, à un journaliste. Une série de  flashbacks, une alternance de scènes intimistes et officielles, de gros plans de Jackie ravagée, ponctuent son récit que le journaliste écoute tandis que nous spectateurs, le voyons. Autre enchâssement d’images plus subtil, le film dans le film : « en coupe » disons, Jackie filmée par la télévision fait d'un côté visiter aux téléspectatrices ses appartements dans la maison blanche. L' image est granuleuse, le noir et blanc léché en reconstitution des années 60. De  l’autre, le contrechamp en couleurs pétantes montre assez comiquement le matériel de filmage, la secrétaire qui souffle ses répliques à la première dame et l’encourage tout en évitant les câbles électriques. Le côté improvisé, les premiers pas de Jackie dans les médias sont assez amusants, et sa diction à cette occasion semble même emprunter à celle de Marilyn Monroe qui apparaît donc en creux comme star copiée, jalousée. En creux car si elle est  sous-entendue ici jamais n’est-elle citée durant le film.
Il arrive à ces niveaux de représentation de cesser de s'entrechoquer pour alors laisser place à des moments de vérité assez sidérants, chez les personnages, vers la fin du film : Jackie bien sûr, mais aussi et c'est plus inattendu  son beau frère Robert, sa secrétaire, le Président Johnson.
Jackie finit donc par faire partie du clan Kennedy, non sans douleur. Il faut créditer ce beau film de Larraín  d’un ton assez juste entre ironie et empathie.


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