Jonas Mekas : Reminiscences of a journey to Lithuania

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Jonas Mekas : Reminiscences of a journey to Lithuania

Message par Borges le Mar 25 Aoû 2015 - 11:13

Quand on désespère du cinéma, des hommes, du monde, on peut toujours regarder un Mekas, par exemple " Reminiscences of a journey to Lithuania ", un film "contre" tous les connards qui parlent sans honte des "migrants".






Pas grand-chose sur le Net, mais j'ai pas beaucoup cherché.


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Borges

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Re: Jonas Mekas : Reminiscences of a journey to Lithuania

Message par Invité le Mar 25 Aoû 2015 - 22:45

Borges a écrit:
Quand on désespère du cinéma, des hommes, du monde, on peut toujours regarder un Mekas, par exemple " Reminiscences of a journey to Lithuania ", un film "contre" tous les connards qui parlent sans honte des "migrants".






Pas grand-chose sur le Net, mais j'ai pas beaucoup cherché.


je ne sais pas si Reminiscences of journey to Lithuania est un film "contre", ou même un film "pour les migrants", "un film-hommage à tous les immigrés qui ont été déracinés" comme l'écrit la critique du New York Times (qui accompagne le dvd).
Dans l'extrait que tu as posté, on entend Mekas :
Je les regardais, les vieux immigrants et les nouveaux. Et ils ressemblaient à d'étranges animaux mourants dans un endroit où ils n'étaient pas vraiment à leur place. Dans un endroit qu'ils ne reconnaissaient pas.

Mekas les filme à peine, ils sont un peu ivres, indifférents, sans lyrisme.

Dans le journal que Jonas Mekas a tenu de 1944 à 1955 sur sa condition de migrant, il pouvait être écoeuré de cette proximité avec ces "animaux mourants", les considérant comme des malades dans un asile :
«Je vois des gens tout autour de moi, et leur proximité me chagrine et m'offense. Leur pourriture me rend malade. Leur misère même me remplit de rage. Je les considère comme des fous internés dans un asile. J'y suis enfermé moi aussi, et la seule chose que je puisse faire est d'essayer de me tenir à l'écart des autres... Suis-je fou? Je me parle à moi-même. Je me dis : Seigneur, je ne devrais pas leur en vouloir d'être ce qu'ils sont. Je sais, leur corps est malade, leur âme est atrophiée... Mais ils ont subi des choses terribles.»

Si c'est un film "contre", c'est certainement un film de contre-terreur,
et si c'est un film "pour", c'est d'abord pour sa survie, pour ne pas devenir fou.

«Je ne suis ni soldat, ni résistant. Je ne suis fait ni physiquement ni mentalement pour ce genre de vie. Je suis un poète. Laissons les grands pays se battre entre eux - la Lithuanie est petite. Tout au long de notre histoire les grandes puissances nous ont piétinés. Si l'on résiste ou si l'on se montre imprudent, on finit réduit en poussière par les roues de l'Est ou de l'Ouest. La seule chose que l'on puisse faire, nous les petits, c'est essayer de survivre d'une manière ou d'une autre.» (Je n'avais nulle part où aller / Jonas Mekas)


Je te propose ce texte de Mekas sur le film, qu'on peut trouver aussi dans le livret du dvd aux "éditions RE : VOIR".




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Re: Jonas Mekas : Reminiscences of a journey to Lithuania

Message par scienezma le Mer 26 Aoû 2015 - 3:26

Borges a écrit:Quand on désespère du cinéma, des hommes, du monde, on peut toujours regarder un Mekas, par exemple " Reminiscences of a journey to Lithuania ", un film "contre" tous les connards qui parlent sans honte des "migrants".

J'avais été frappé par les images spectrales des migrants dans la campagne macédonienne brumeuse et peut-être enneigée, rencontrées dans "Le Regard d'Ulysse".

Il y a toujours de nombreux migrants chinois qui dorment autour ou dans les gares en Chine. L'autre jour au petit matin, deux de ces migrants dormaient, à même le sol, chacun enroulé dans une affiche de cinéma cartonnée géante d'où ne dépassait qu'une paire de chaussure.

scienezma

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Re: Jonas Mekas : Reminiscences of a journey to Lithuania

Message par Invité le Mer 26 Aoû 2015 - 8:02

Mekas croit en des fragments de paradis, où qu'on se trouve, même si la perte est immense :
«Ce que nous avons perdu à cause de tout notre "progrès". Nous n'avons pas seulement perdu beaucoup : il se peut très bien que nous ayons tout perdu : l'air, l'eau, la terre, les fleuves, les rivières, les arbres, les fleurs, les chansons, l'innocence et la croyance en tout ce qui est sacré...» (Troisième lettre/Lettres de nulle part)

Spoiler:

Le seul progrès, ça serait le saut du tigre dans le passé, dirait Straub.  

Spoiler:

Mekas a plus ou moins refusé cela, allant à contre-courant, «vers les prairies vertes d'autrefois». C'est le saut du mouton dans le passé.


(illustration qui accompagne la troisième lettre de Jonas Mekas, citée plus haut)


«Ces minuscules fragments de paradis, eux seuls sont importants... pour ne pas devenir fou.»



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