La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Invité le Dim 11 Jan 2015 - 20:28

Le "papier" d'Onfray du 7 janvier, tissu de délire ratiocinant marqué par une sorte de schizophrénie étrange entre sa première et seconde moitié, fleure bon son Zemmour. Mais rien d'étonnant. ça fait longtemps qu'Onfray, ce pur idiot, est passé à la "droite décomplexée" (pour ne pas dire autre chose) à l'insu de son plein gré...


http://www.vigile.net/Onfray-mercredi-7-janvier-2015


" Juste après avoir appris cette information du sous-marin envoyé par Hollande dans les eaux non loin d’Israël ou du Liban, France Inter invitait ce mercredi matin dans sa Matinale Michel Houellebecq pour Soumission. Plus personne n’ignore désormais que ce roman se déroule dans une France islamisée après un second mandat de Hollande. Le politiquement correct lui reprochait depuis plusieurs jours d’annoncer une guerre civile, et une humoriste - c’est du moins ce que l’on dit d’elle, une certaine Nicole - a même rioché plusieurs fois avant de dire que la guerre civile annoncée pour dans quinze ans, si elle devait arriver un jour, serait un pur produit de ce roman ! Paf, trois heures plus tard, le roman futuriste de Houellebecq racontait notre présent. Mais c’est lui qui était responsable, bien sûr, de ce qui advenait. "








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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Dim 11 Jan 2015 - 21:30

Y a peu de politiciens parmi les pseudo démocrates d'aussi puants que Netanyahu, qui déclare être venu à Paris pour sauver  les Juifs de l'antisémitisme, comme si l'Etat d'Israël s'était jamais soucié vraiment du sort des Juifs. Israël d'abord, les Juifs après, c'était la morale politique du grand fondateur, Ben-Gurion :

"Si je savais qu'il était possible de sauver tous les enfants (juifs) d'Allemagne en les emmenant en Angleterre, et seulement la moitié en les transférant sur la terre d'Israel, je choisirais la dernière solution parce que, devant nous, il n'y a pas que le nombre de ces enfants mais la calcul historique du peuple d'Israel."

(Ben Gourion, après la Nuit de Cristal, si je ne me trompe pas)



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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Baldanders le Lun 12 Jan 2015 - 11:47

Il arrive que sous des tribunes niaises, au milieu de commentaires idiots, on trouve un juste résumé des problèmes :

On ne peut rien comprendre au fanatisme islamiste de ces jeunes sans admettre une responsabilité du capitalisme. Car ces jeunes sont issus de banlieues gangrénées par le chômage depuis 40 ans, et ce du fait d'une société dont l'axiome trinitaire "productivité-compétitivité-croissance" est le dogme. Oui, ce chômage, en se conjuguant aux problèmes d'identité exacerbés par l'individualisme infantile et guerrier de la société de consommation, explique largement la fuite dans un délire sectaire.
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Eyquem le Lun 12 Jan 2015 - 19:02

bonsoir Borges, Baldanders, tout le monde,
Borges a écrit:"fantasme d’héroïsme malsain"

Pas d'accord avec tout, mais j'ai souvent éprouvé le sentiment devant certaines séries, les plus populaires et esthétiquement légitimées, qu'elles avaient quelque choses en commun avec la psyché dérangée des tueurs, des deux bords, s'il y a bien deux bords : des deux côtés, on donne le sentiment de tuer des morts-vivants, des orques...Le nombre de têtes coupées ou de gens égorgés, au cinéma, dans les séries, s'est terriblement multiplié ces dernières années; avant c'était l'acte des pires salauds, maintenant c'est un truc banal, commun, que pratiquement tous nos héros, et même les Elfes, dans des spectacles destinés au grand public...

Mais bon, faut pas non plus tomber dans les causalités simplistes : on devient tueur sataniste, parce qu'on écoute Black Sabbath.
Baldanders a écrit:Il faudrait essayer de dater le moment, dans le cinéma, où on s'est mis à filmer des meurtres débarrassés de toute trace de gêne ou de culpabilité.

Je copie/colle ce passage du séminaire de Badiou (décembre 2006)
Je voudrais reprendre l’opposition que j’avais instruite la dernière fois entre cette figure, qu’il soit cuisinier ou soldat, et la figure du guerrier de l’épopée classique, dont je vous avais dit que c’est un nom propre (c’est pas cuisiner ou soldat, c’est Achille, Jason, Hercule), c’est une exception épinglée au nom propre, le contraire du soldat anonyme, du soldat inconnu (il doit être connu comme inconnu, célébré dans son anonymat lui-même, sans l’autorité du nom propre). Le guerrier va se faire un nom dans les combats, et d’autre part c’est un destin : lien, connexion entre exception et destin, se faire un nom propre et accepter ce qui arrive dans la figure que dès qu’un nom propre a un destin, après tout on a quelque chose de singulier et d’héroïque. J’opposais exception et destin à confiance et constance. Je vous disais : la figure révolutionnaire du soldat a succédé à la figure aristocratique du guerrier construite dans la corrélation entre exception et destin et non pas construite dans la corrélation entre csq et capacité ou confiance et constance. Et alors il me semble, idée supplémentaire que je voudrais introduire aujourd’hui, que le monde contemporain, qui a raturé le soldat dans ce monde (le soldat figure qui s’éloigne à une vitesse exceptionnelle), il a tendance à se nourrir d’une légende noire du guerrier. C’est frappant au cinéma : il est rempli de guerrier pseudo-médiévaux. Moins il y a de soldats réels, plus il y a de guerriers imaginaires. Quand la figure du soldat est raturée, la figure du guerrier prolifère. Et il y a aussi le « guerrier » (de caricature en vérité) de la légende urbaine contemporaine : mafieux, trafiquant, faux rebelle, tout ce matériau de la fiction contemporaine, où on voit le chef de bande, le jeune guerrier roulant des mécaniques et qui lui aussi se fait un nom, dans l’espace de la querelle urbaine et de son anarchie. Quelle est cette tentative d’appropriation complètement décalée de la figure du guerrier ? Je pense qu’elle vient là où le soldat s’absente. Si vous permettez une interprétation métaphorique ou poétique de la question de l’islamisme (ce n’est pas qu’elle me passionne), je dirais que la proposition islamique est : vous n’avez pas besoin de faire semblant d’être des guerriers car nous allons vous proposer d’être des soldats. Je cherche à comprendre pourquoi elle peut marcher, et je pense que c’est pour cela. Socialement on dira c’est la lutte entre le fondamentalisme islamique et la figure de la légende urbaine du bandit, mafieux, trafiquant, du chef de gang, du rappeur rebelle etc… qui dans leur nom propre, costume, apparat sont des caricatures de guerriers. Ie des choses qui se tiennent dans la corrélation entre exception et destin. Mon destin, que je traite comme une exception. En fin de compte, il peut très bien y avoir un moment où on propose comme alternative à cette figure fictive du guerrier des trottoirs la possibilité du retour de la figure du soldat, soldat de l’islam par exemple, mais peut-être de n’importe quelle autre figure du soldat aussi bien. Il me semble que ce qui se joue là n’a rien à voir avec ces fariboles sur le retour des religions, la guerre des civilisations etc… et tout cet emphatisme qui ne tient pas compte du fait précis et essentiel que Dieu est mort depuis longtemps, et qu’il ne ressuscitera pas (il ne peut pas ressusciter en dépit de ce qu’il nous a raconté pendant longtemps). C’est une fausse piste, une idéologie de guerre. Par contre le fait que ça ait à voir avec la subjectivité de la jeunesse ça je veux bien le croire, la subjectivité de la jeunesse en tant que lieu privilégié du partage et du conflit entre la figure du guerrier et celle du soldat, de la jeunesse masculine. Car il y a un pb de la masculinité : on parle toujours des femmes, mais les hommes après tout ? C’est aussi assez compliqué ! Et il ne faut pas sous estimer le rapport historique profond qui a existé pendant des millénaires entre des figures de la masculinité et les figures successives du guerrier et du soldat. Et ce n’est pas vrai que la disparition de ces figures se fait sans trace. Personne ne peut imaginer ça subjectivement. On sait très bien que en effet ces figures restent absolument omniprésentes dans l’imaginaire de la jeunesse d’aujourd’hui (regardez le moindre jeu vidéo, c’est l’histoire de guerrier qui extermine les monstres, est dans la quête du graal). C’est ça le matériau, et ce matériau est prégnant. Je ne prends pas position pour savoir si c’est bon ou si c’est mauvais et si on les habituait à autre chose ce serait meilleur etc… c’est comme ça. Et à travers ça ce qui chemine c’est le remplissement de la place du soldat par l’imaginaire du guerrier. Là où venaient la confiance et la constance viennent en réalité l’exception et le destin. C’est ça qui remplit et structure cet imaginaire. Il ne faut pas s’étonner si qqun vient et dit « patiemment écoutez finalement il n’y a pas de raison d’être dans l’imaginaire nihiliste du guerrier car vous pouvez être dans la figure positive du soldat », que qqun puisse être entendu quand il dit ça. Pour une raison d’autant plus fondamentale que la figure du guerrier aujourd’hui est une figure inappropriable. Donc elle est vouée à l’imaginaire nihiliste. Elle y est vouée, elle n’a pas de substance, de soutien, c’est réellement une figure de cinéma, de jeu vidéo. C’est une figure de légende. Et comme figure de légende, elle ne porte que le nihilisme à la fin des fins. Comme toute figure idéelle ce qu’elle véhicule dans le monde tel qu’il est, c’est en réalité 2 choses : la marchandise et la combustion de l’existence. La marchandise dans le pire des cas, le guerrier est alors une figure de trafiquant, ou alors c’est une figure de rebelle véritable mais alors elle se réalise dans l’incendie et la combustion suicidaire de l’existence. Il faut conclure aujourd’hui qu’il n’y a pas de figure à proprement parler. C’est peut-être la définition la plus radicale de ce qu’est un temps intervallaire : c’est un temps où il n’y a pas d’orientation, où elle est forgée dans la désorientation, et ça se donne à même l’imaginaire, en particulier dans l’imaginaire de la jeunesse, à la fin des fins de la jeunesse masculine, dans la figure de l’absence de figure, ou dans l’opposition d’un faux guerrier et d’un faux soldat. Cette figure qui fonde la subjectivité sur le faux guerrier et le faux soldat, c’est le pb subjectif de cette jeunesse, et c’est un pb dévastateur. Il faudra bien en venir à une proposition d’orientation qui outrepasse ces figures. Nous avons à aller au-delà de ces figures, nous avons à figurer autre chose. Pour cela, il faut reprendre tout. Il faut reprendre tout, et reprendre pour ce qui nous concerne ici, reprendre au ras de la question de l’existence pour commencer. Le progrès essentiel réalisé par la figure du soldat sur la figure du guerrier, en tant que paradigme de ce qu’est une existence absolument orientée, ça a été le progrès tenant à ceci qu’il n’y avait pas la médiation du nom propre, il y avait qch à même l’existence. Cela pouvait se dire en effet qu’il soit cuisinier ou soldat, ie qu’il soit personne, cela n’a pas d’importance, il n’a pas à se faire un nom, il est là, dans l’existence orientée comme telle et elle doit être saluée à ce titre. Nous devons sans doute garder contre la figure du guerrier l’anonymat égalitaire essentiel, nous devons aussi concevoir que contrairement à la figure du soldat ce n’est pas dans le paradigme de la guerre. Voilà les 2 exigences du moment, difficiles à concilier et réaliser.
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Lun 12 Jan 2015 - 20:08

Salut Eyquem
Wink

(Manque Erwan, des Spectres actifs)


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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Mar 13 Jan 2015 - 10:20

Balourdnatique a transformé son blog de simplet en plateau télé BFM; la parole d'expert est souveraine. Si le mec ne peut pas s'empêcher de dire tant de conneries, c'est sûrement qu'il n'est pas assez développé.

https://www.blogger.com/comment.g?blogID=4981754925908606058&postID=8722374472888733042

La politique, au sens méprisable du mot : pousser les gens à s'intéresser à des choses à quoi ils ne pigent rien.  Plus les gens sont "politisés", plus le niveau de la connerie augmente. Le nazisme c'est pas autre chose.
Un peu de désintérêt n'a jamais fait de mal à personne, c'est la meilleure manière de s'intéresser au monde. Crée, c'est résister. Ou, comme dirait Kafka, pour faire un saut hors du rang des assassins, faut poursuivre sa petite oeuvre.

Le plus effrayant dans toute cette histoire, c'est la puissance pratiquement infinie des médias au service des politiques à synchroniser les consciences. Et on ose causer de liberté d'expression, qui, il est vrai, a toujours été la liberté d'expression des mots d'ordre, du pouvoir.

Deleuze a écrit:La communication, c’est la transmission et la propagation d’une information. Or une information, c’est quoi ? C’est pas très compliqué, tout le monde le sait : une information, c’est un ensemble de mots d’ordre. Quand on vous informe, on vous dit ce que vous êtes sensés devoir croire. En d’autres termes : informer c’est faire circuler un mot d’ordre. Les déclarations de police sont dites, à juste titre, des communiqués ; on nous communique de l’information, c’est à dire, on nous dit ce que nous sommes censés être en état ou devoir croire, ce que nous sommes tenus de croire. Ou même pas de croire, mais de faire comme si l’on croyait, on ne nous demande pas de croire, on nous demande de nous comporter comme si nous le croyions. C’est ça l’information, la communication, et, indépendamment de ces mots d’ordre, et de la transmission de ces mots d’ordre, il n’y a pas de communication, il n’y a pas d’information. Ce qui revient à dire : que l’information, c’est exactement le système du contrôle. Et c’est vrai, je dis des platitudes, c’est évident.
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Mar 13 Jan 2015 - 12:59

Jerzysurlashoutenculture a écrit:Dans le sillage du heidegger de SZ, mais en refusant l'ontologie de heidegger, un Kojève machine son anthropologie athée, qui consiste aussi à renverser, dans une logique kantienne, la dépendance d'une finitude seconde à une infinité première. Bernard Hesbois, un commentateur de kojève, le résume dans une formulation que j'aime assez:" L’histoire de la philosophie (selon la conception kojévienne) n’est que la sagesse millénaire par laquelle les hommes se sont éveillés à la sagesse, qui leur apprend qu’ils sont seuls à discourir et qu’il n’est aucun verbe transcendant à qui ils doivent s’adresser. Car à l’inverse de la théologie chrétienne pour laquelle le Cosmos suppose avant lui un Logos infini qui ne le présuppose pas, la sagesse affirme la finitude du Logos qui suppose avant lui et présuppose après lui un Cosmos éternellement silencieux. "


Hi;

Je sais que tu sais tout ce que je vais préciser, c'est juste pour ceux qui ne sauraient pas, et pour discuter de choses qui en valent la peine, même si elles n'effacent pas la peine. Je ne pense pas que cela soit en termes de renversement que l'on peut comprendre le mieux le rapport de Hegel-Kojève à la religion et à la pensée grecque, qu'il appelle païenne, ce qui le situe tout de même pas mal.

Pour Kojève-Hegel, il n'y a pas d'athéisme, sans le christianisme. L'athéisme est la vérité de la théologie chrétienne, d'aucune autre théologie, d'aucune autre religion. La sagesse consciente de l'athée hégélien est la vérité de la théologie chrétienne parvenue à sa fin après s'être supprimée, relevée, dans la logique, le discours conceptuel; le discours sur Dieu, ou de Dieu, devient le discours du sage, qui se révèle être Dieu. Le sujet- objet du discours n'est plus un Dieu extérieur, mais le sage qui prend conscience de lui-même et se comprend comme l'esprit autrefois extériorisé dans la figure du divin. L'homme devient Dieu comme Dieu était devenu homme dans la théologie chrétienne.

Si on n'avait eu que les Grecs, on serait resté dans une conception naturaliste de l'homme, dans une conception cyclique du temps; il a fallu la conception pré-philosophique judéo-chrétienne pour briser la tautologie de l'être Parménidien.  Les grecs ont compris l'homme depuis la nature, et non pas depuis la temporalité de la liberté-transcendance-projet négatrice.

- Kant est un moment important, dit Kojève, il est le premier dans la pensée philosophique à mettre en œuvre la conception judéo-chrétienne de l'homme, mais il reste encore trop juif, selon Hegel : pour lui l'absolu n'est pas encore déterminée depuis la totalité de la manifestation dans le discours, dans le concept. Bref sa religion n'est pas la religion révélée, la religion où l'absolu veut se révéler totalement, sans reste, sans énigme, sans cachotterie à l'homme. Le Dieu de Kant est un Dieu juif, encore voilé.

Derrida Glas a écrit:la religion chrétienne est, dans l'histoire, la seule qui se soit expressément nommée religion révélée. Elle s'appelle la révélée (ausdriicklich die geoffenbarte heis st) . Aucune autre religion n'est absolument vraie - non pour être fausse - mais pour n'être pas de la vérité, pour n'avoir pas fait de la vérité (du dévoilement) de la manifestation, de l' ouvert (et ouvrable) son essence propre. Dès lors, prétendre fonder le christianisme en raison et faire néanmoins de la non-manifestation, de l'être-caché de Dieu le principe de cette religion, c'est (Kant) ne rien comprendre à la révélation. Kant est juif : il croit à un Dieu jaloux, envieux, qui cache et garde son Da. Faute d'autant plus grave pour un philosophe que Platon, déjà, et Aristote avaient condamné l'hypothèse d'un Dieu avare et: dissimulé."



« Le concept de la religion véritable, c'est-à-dire de celle qui a pour contenu l'esprit absolu, implique essentiellement qu'elle soit révélée (geoffenbart) et révélée par Dieu. » Infinie, cette révélation ne se laisse plus contenir dans un événement historique et déterminé, comme on l'imagine en général. Le mouvement de manifestation de la vérité infinie se confond avec l'histoire de l'esprit, révélation progressive et réappropriation de l'absolu divin. « L'histoire des religions coïncide avec l'histoire du monde. » La présence (Dasein) absolue est savoir (Wissen), elle s'a et se sait comme substance absolue qui se manifeste elle-même à elle-même, se détermine elle-même (das Selbstbestimmende ist). L'être de Dieu est absolument présent, manifeste, là (da). Il est l'acte même de se manifester, d'être là. Le là, le Da ne lui survient' pas, il est Da, le manifeste(r) de la manifestation (schlechthin Manifestieren).




Kojève, intro a écrit:Le christianisme est déjà un athéisme inconscient, voire symbolique.  Le savoir absolu ne fait que prendre conscience de cet athéisme.

Autrement dit on ne peut supprimer (aufheben) la religion dans n'importe laquelle de ses formes. On ne peut la supprimer "définitivement" (italique) que dans sa forme chrétienne…

On ne peut pas supprimer un dieu du dehors, on ne peut que le remplacer par un autre Dieu, il faut que le dieu se supprime lui-même, ce qui se produit dans le christianisme où Dieu se supprime en se faisant homme..

"L'athéisme du sage ne peut pas s'établir à la suite d'une théologie quelconque : il naît de la Théologie chrétienne et ne peut naître que d'elle

J'adore le passage où il dit, en gros, des sages inconscients de l'Orient (bouddhisme, hindouisme...),   qu'on ne peut pas les convertir à la sagesse consciente de soi, parce que pour cela il faudrait qu'ils acceptent d'écouter des arguments, des discours, ce qu'ils ne peuvent pas faire sans se nier, leur sagesse étant essentiellement silencieuse, négation du soi…La seule manière de dépasser ces figures de la sagesse c'est de les détruire comme on détruit des choses (je cite de mémoire)

(On peut citer des tonnes de passages du même type)



Il y a des passages très comiques dans ce livre; Kojève est d'un amoralisme absolu.


Le christianisme n'est pas seulement "l'origine" de l'athéisme, et de la sagesse athée, il est aussi l'origine de la science.

l'Origine chrétienne de la science moderne; Alexandre Kojève a écrit:"
Or, en ce qui concerne le Monothéisme, sa responsabilité est visiblement hors de cause, étant donné qu'on le trouve à l'état pur tant chez les païens évolués que chez des Juifs et des Musulmans irrémédiablement arriérés du point de vue scientifique."

Parfois, je me dis que ce texte est une vraie plaisanterie.


Question : si on ne peut devenir athée authentiquement qu'à partir du christianisme, faut-il convertir l'humanité entière au christianisme pour sortir de la religion?
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Invité le Mar 13 Jan 2015 - 21:22

Hello à tous,
difficile de s'exprimer sur cette série de drames, mais je vous lis et vous donnez à penser.
Je ne peux guère parler que subjectivement;
Dans la soirée, le jour de l'assassinat à charlie Hebdo, je me suis rendu ingénument et encore bouleversé, à un rassemblement comme il y en avait partout en France, place de la mairie.
Le micro et la parole n'était pas libre comme pour d'autres rassemblements, pour d'autres causes, et le discours politique reprenait un lexique cousu de fil blanc: revenait avec entêtement le mot de barbarie, le choc, la république, la démocratie, la liberté en périls et la fin des discours a été l'occasion pour une poignée de personnes de chanter la marseillaise mais quelques voix se sont récriées et ont appelées à ce qu'il n'y ait pas de récupération. J'en suis ressorti effrayé par ce que pouvait sous entendre les mots choisis par le personnel politique ou plus précisément l'impression que les mots s'imposaient à eux, les écrivaient eux, sans plus de distance historique ni de nuance, ni quelque réflexion que ce soit. Depuis on entend parler de Patriot Act, de 11 septembre français ... alors je ne suis pas allé au grand défilé de dimanche.
Par le travail, tout en bas de l'échelle de valorisation sociale, dans un temple bâti pour la consommation qu'on appelle supermarché, ce que je peux voir, de là où je suis, au milieu d'un quartier populaire riche de mixité mais pauvre de condition, en quelques années, les portes de l'emploi se sont rétrécies pour la jeunesse d'origine arabe jusqu'à se fermer totalement, de fait, dans l'entreprise où je travaille, et la parole raciste même si elle est rare n'est plus taboue. Elle n'est pas majoritaire et il y a des personnes dignes d'admiration, et que j'admire, avec lesquelles je travaille mais j'ai le sentiment que les choses se sont aggravées, une permissivité, ce n'est plus honteux, c'est une opinion comme une autre. Et pourtant la Bretagne n'est pas la région la plus intolérante.
Enfin je ne sais pas, il ne faut peut être pas généraliser mais on ne parle pas ou peu des inégalités, ni des injustices dans ce beau pays qu'est la france, mais d'autres choses, Jerzy parle de recouvrement.

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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Mer 14 Jan 2015 - 6:46

Schlomo Sand a écrit:
Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie »
mardi 13 janvier 2015 par Shlomo Sand

Rien ne peut justifier un assassinat, a fortiori le meurtre de masse commis de sang-froid. Ce qui s’est passé à Paris, en ce début du mois de janvier constitue un crime absolument inexcusable. Dire cela n’a rien d’original : des millions de personnes pensent et le ressentent ainsi, à juste titre. Cependant, au vu de cette épouvantable tragédie, l’une des premières questions qui m’est venue à l’esprit est la suivante : le profond dégoût éprouvé face au meurtre doit-il obligatoirement conduire à s’identifier avec l’action des victimes ? Dois-je être Charlie parce que les victimes étaient l’incarnation suprême de la liberté d’expression, comme l’a déclaré le Président de la République ? Suis-je Charlie, non seulement parce que je suis un laïc athée, mais aussi du fait de mon antipathie fondamentale envers les bases oppressives des trois grandes religions monothéistes occidentales ?

Certaines caricatures publiées dans Charlie Hebdo, que j’avais vues bien antérieurement, m’étaient apparues de mauvais goût ; seule une minorité d’entre elles me faisaient rire. Mais, là n’est pas le problème ! Dans la majorité des caricatures sur l’islam publiées par l’hebdomadaire, au cours de la dernière décennie, j’ai relevé une haine manipulatrice destinée à séduire davantage de lecteurs, évidemment non-musulmans. La reproduction par Charlie des caricatures publiées dans le journal danois m’a semblé abominable. Déjà, en 2006, j’avais perçu comme une pure provocation, le dessin de Mahomet coiffé d’un turban flanqué d’une grenade. Ce n’était pas tant une caricature contre les islamistes qu’une assimilation stupide de l’islam à la terreur ; c’est comme si l’on identifiait le judaïsme avec l’argent !

On fait valoir que Charlie s’en prend, indistinctement, à toutes les religions, mais c’est un mensonge. Certes, il s’est moqué des chrétiens, et, parfois, des juifs ; toutefois, ni le journal danois, ni Charlie ne se seraient permis, et c’est heureux, de publier une caricature présentant le prophète Moïse, avec une kippa et des franges rituelles, sous la forme d’un usurier à l’air roublard, installé au coin d’une rue. Il est bon, en effet, que dans la civilisation appelée, de nos jours, « judéo-chrétienne », il ne soit plus possible de diffuser publiquement la haine antijuive, comme ce fut le cas dans un passé pas très éloigné. Je suis pour la liberté d’expression, tout en étant opposé à l’incitation raciste. Je reconnais m’accommoder, bien volontiers, de l’interdiction faite à Dieudonné d’exprimer trop publiquement, sa « critique » et ses « plaisanteries » à l’encontre des juifs. Je suis, en revanche, formellement opposé à ce qu’il lui soit physiquement porté atteinte, et si, d’aventure, je ne sais quel idiot l’agressait, j’en serais très choqué… mais je n’irais pas jusqu’à brandir une pancarte avec l’inscription : « je suis Dieudonné ».

En 1886, fut publiée à Paris La France juive d’Edouard Drumont, et en 2014, le jour des attentats commis par les trois idiots criminels, est parue, sous le titre : Soumission, « La France musulmane » de Michel Houellebecq. La France juive fut un véritable « bestseller » de la fin du 19ème siècle ; avant même sa parution en librairie, Soumission était déjà un bestseller ! Ces deux livres, chacun en son temps, ont bénéficié d’une large et chaleureuse réception journalistique. Quelle différence y a t’il entre eux ? Houellebecq sait qu’au début du 21ème siècle, il est interdit d’agiter une menace juive, mais qu’il est bien admis de vendre des livres faisant état de la menace musulmane. Alain Soral, moins futé, n’a pas encore compris cela, et de ce fait, il s’est marginalisé dans les médias… et c’est tant mieux ! Houellebecq, en revanche, a été invité, avec tous les honneurs, au journal de 20 heures sur la chaine de télévision du service public, à la veille de la sortie de son livre qui participe à la diffusion de la haine et de la peur, tout autant que les écrits pervers de Soral.

Un vent mauvais, un vent fétide de racisme dangereux, flotte sur l’Europe : il existe une différence fondamentale entre le fait de s’en prendre à une religion ou à une croyance dominante dans une société, et celui d’attenter ou d’inciter contre la religion d’une minorité dominée. Si, du sein de la civilisation judéo-musulmane : en Arabie saoudite, dans les Emirats du Golfe s’élevaient aujourd’hui des protestations et des mises en gardes contre la religion dominante qui opprime des travailleurs par milliers, et des millions de femmes, nous aurions le devoir de soutenir les protestataires persécutés. Or, comme l’on sait, les dirigeants occidentaux, loin d’encourager les « voltairiens et les rousseauistes » au Moyen-Orient, apportent tout leur soutien aux régimes religieux les plus répressifs.

En revanche, en France ou au Danemark, en Allemagne ou en Espagne où vivent des millions de travailleurs musulmans, le plus souvent affectés aux tâches les plus pénibles, au bas de l’échelle sociale, il faut faire preuve de la plus grande prudence avant de critiquer l’islam, et surtout ne pas le ridiculiser grossièrement. Aujourd’hui, et tout particulièrement après ce terrible massacre, ma sympathie va aux musulmans qui vivent dans les ghettos adjacents aux métropoles, qui risquent fort de devenir les secondes victimes des meurtres perpétrés à Charlie Hebdo et dans le supermarché Hyper casher. Je continue de prendre pour modèle de référence le « Charlie » originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres et des non instruits.

De plus, et sachant que tout texte s’inscrit dans un contexte, comment ne pas s’interroger sur le fait que, depuis plus d’un an, tant de soldats français sont présents en Afrique pour « combattre contre les djihadistes », alors même qu’aucun débat public sérieux n’a eu lieu en France sur l’utilité où les dommages de ces interventions militaires ? Le gendarme colonialiste d’hier, qui porte une responsabilité incontestable dans l’héritage chaotique des frontières et des régimes, est aujourd’hui « rappelé » pour réinstaurer le « droit » à l’aide de sa force de gendarmerie néocoloniale. Avec le gendarme américain, responsable de l’énorme destruction en Irak, sans en avoir jamais émis le moindre regret, il participe aux bombardements des bases de « daesch ». Allié aux dirigeants saoudiens « éclairés », et à d’autres chauds partisans de la « liberté d’expression » au Moyen-Orient, il préserve les frontières du partage illogique qu’il a imposées, il y a un siècle, selon ses intérêts impérialistes. Il est appelé pour bombarder ceux qui menacent les précieux puits de pétrole dont il consomme le produit, sans comprendre que, ce faisant, il invite le risque de la terreur au sein de la métropole.

Mais au fond, il se peut qu’il ait bien compris ! L’Occident éclairé n’est peut-être pas la victime si naïve et innocente en laquelle il aime se présenter ! Bien sûr, il faut être un assassin cruel et pervers pour tuer de sang-froid des personnes innocentes et désarmées, mais il faut être hypocrite ou stupide pour fermer les yeux sur les données dans lesquelles s’inscrit cette tragédie.

C’est aussi faire preuve d’aveuglement que de ne pas comprendre que cette situation conflictuelle ira en s’aggravant si l’on ne s’emploie pas ensemble, athées et croyants, à œuvrer à de véritables perspectives du vivre ensemble sans la haine de l’autre.

Shlomo Sand
(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)

http://www.ujfp.org/spip.php?article3768
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par wootsuibrick le Mer 14 Jan 2015 - 6:51

J'avais lu cet article aussi, du même site :

http://www.ujfp.org/spip.php?article3765
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Message par Borges le Mer 14 Jan 2015 - 9:41

wootsuibrick a écrit:J'avais lu cet article aussi, du même site :

http://www.ujfp.org/spip.php?article3765

Hi;

Il faut lire le bouquin de Shlomo Sand: "Comment le peuple Juif fut inventé", dont j'avais parlé sur ce forum, il y a pas mal de temps déjà;  une déconstruction historique du mythe, tellement mobilisé, par "le sionisme", qui veut qu'après la destruction de Jérusalem, les Juifs se soient dispersés dans le monde...

C'est déprimant quand on y pense : pq dans les courants éthico-politiques faut-il que ce soient pratiquement toujours  les tenants des idées les plus puantes qui l'emportent? Par exemple dans le sionisme, il y avait des "sionistes" géniaux...

Une des pires choses qui soient arrivées à la pensée critique mondiale, ces 30 dernières années, c'est la radicalisation à droite, très à droite, à l'extrême droite parfois, de pas mal d'"intellectuels juifs", les plus médiocres bien entendu, par solidarité avec  l'Etat d' Israël, un Etat dont toute l'idéologie, sécuritaire, ne va pas plus loin que la morale d'un survival. Le conatus comme idéal politique. On pense à Levinas.

L'islamisme n'est que l'une des figures de cette  droitisation extrême du monde. Pour la France, faudrait comparer la montée de la francité islamophobe raciste xénophobe laïcarde et celle de l'islamisme. Logique de la causalité circulaire et de la rivalité mimétique.

Pour vomir, c'est  nécessaire : toujours plus répugnant, le balourdnatique.

Balourdnatique a écrit:Sinon bien sûr je ne méconnais pas les racines sociales de cette violence, elles jouent un rôle évident dans la dérive terroriste. Cela dit, sans en appeler à ce que le monde musulman fasse son autocritique comme le prône Bidar, il est quand même étonnant que du côté musulman on ne s’interroge pas plus sur l’aspect religieux, perverti mais religieux quand même, de ces attentats, parce qu’affirmer "l’islam ce n’est pas ça", considérer que ces tueurs sont soit des monstres qui n’ont rien à voir avec l’islam, soit des paumés, victimes exclusives du consumérisme à l’occidentale, c’est aussi une manière de ne pas s’impliquer… Or comment empêcher cette fascination qu’exerce de plus en plus le djihad sur certains jeunes exclus ou fragiles, comment par exemple s’opposer efficacement à ceux qui en France, tels certains imams, alimentent la propagande islamiste, si les musulmans eux-mêmes ne se sentent pas concernés… peut-être le sont-ils mais c’est quand même très frileux… au point que je me demande si cette réserve ne trahit pas chez beaucoup une forme de neutralité par rapport à ce qui est arrivé à Charlie Hebdo ("ils savaient à quoi ils s’exposaient", "ils l’ont bien cherché quelque part", "c’est horrible ce qui s’est passé oui mais…")


Pas un mot qui soit de lui. Quelle terrifiante incapacité à penser par soi; c'est triste un copiste qui s'ignore : le Bouvard et Pécuchet des "experts" médiatiques.

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Message par Borges le Mer 14 Jan 2015 - 10:16

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Message par wootsuibrick le Mer 14 Jan 2015 - 10:18

Ce que dit Balourdnatique est malheureusement très courant, j'ai des amis dans cette tendance... 
en  gros ça serait aux musulmans de prendre leurs responsabilités et faire une critique de leur religion.
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Message par Borges le Mer 14 Jan 2015 - 10:41

wootsuibrick a écrit:Ce que dit Balourdnatique est malheureusement très courant, j'ai des amis dans cette tendance... 
en  gros ça serait aux musulmans de prendre leurs responsabilités et faire une critique de leur religion.

Hi;

Oui, bien entendu, Balourdnatique, c'est très courant tout ce qu'il raconte; mais avant c'étaient juste des niaiseries sur le cinéma, mais déjà merdiques (cf ses conneries sur la vie d'adèle). Il a toujours été de droite, il s'est juste radicalisé dans le francisme.

Que les musulmans doivent faire leur job critique, c'est l'évidence, mais pas moins pas plus que tous les acteurs de cette tragédie : les laïques, les athées, les juifs, les chrétiens, les charlistes, les francistes, les flics, la presse...




Dernière édition par Borges le Mer 14 Jan 2015 - 14:32, édité 2 fois
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par wootsuibrick le Mer 14 Jan 2015 - 11:00

Borges a écrit:

Que les musulmans doivent faire leur job critique, c'est l'évidence, mais pas moins pas plus que tous les acteurs de cette tragédie : les laïques, les athées, les juifs, les chrétiens, les charlistes, les francistes, les flics, la presse...
C'est ce que je disais à une amie... Smile
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 12:00

Pour le balourdnatique, un exemple des choses qui ne me font pas vomir; Lordon,  surtout.

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Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 13:23

Badiou a écrit:Tragédies identitaires
Attachés à la construction du motif de l’immanence des vérités, nous avons souvent croisé, dans la figure de l’adversaire, l’obsession de l’identité. Le constat que l’on peut faire aujourd’hui est le suivant : Au fur et à mesure que le monde est investi en totalité par la figure du capitalisme global, soumis à l’oligarchie internationale qui le régente, et asservi à l’abstraction monétaire comme seule figure reconnue de l’universalité ; dans l’intervalle qui sépare la fin de la deuxième étape historique de l’Idée communiste (la construction intenable d’un « communisme d’Etat ») de sa troisième étape (le communisme réalisant la politique, adéquate au réel, d’une émancipation de « l’humanité toute entière ») ; dans ce climat, donc, de terrorisme idéologique rampant et d’absence de tout futur autre que la répétition déployée de ce qu’il y a, nous voyons apparaître, contre partie à la fois logique et horrifiante, désespérée et fatale, mélange de capitalisme corrompu et de gangstérisme meurtrier, un repli maniaque, manœuvré subjectivement par la pulsion de mort, vers les identités les plus diverses, suscitant à leur tour les contre-identités identitaires les plus archaïques. Sur la trame générale de « l’Occident » (patrie du capitalisme dominant et « civilisé ») contre « l’Islamisme » (référent du terrorisme sanguinaire), on voit d’un côté des bandes armées meurtrières ou des individus surarmés, brandissant Allah ou tout autre fétiche, soutenus à distance par des patrons obscurs, mais intéressés à tout ce qui touche au pétrole, aux mines et aux diamants ; de l’autre, au nom des droits de l’homme et de la démocratie, des expéditions militaires internationales sauvages, détruisant des Etats entiers (Yougoslavie, Irak, Libye, Afghanistan, Soudan, Congo, Mali, Centrafrique, …), sans parvenir à rien qu’à négocier avec les bandits les plus corruptibles une paix précaire autour des puits, des mines, des ressources vivrières et des enclaves où prospèrent les grandes compagnies.
Il en ira ainsi tant que l’universalisme vrai, le prise en main du destin de l’humanité par l’humanité elle-même, et donc la nouvelle et décisive incarnation historico-politique de l’Idée communiste, n’aura pas déployé sa neuve puissance à l’échelle mondiale, détruisant au passage, avec l’oligarchie des propriétaires et de leurs serviteurs, avec l’abstraction monétaire, les identités et contre-identités qui ravagent les esprits et en appellent à la mort.
Que vienne le temps où toute identité  (car il y en aura toujours) sera intégrée égalitairement et pacifiquement dans le destin de l’humanité générique.

http://lacommune-aubervilliers.fr/seminaire-alain-badiou-7
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Message par Eyquem le Jeu 15 Jan 2015 - 18:11



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Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 18:40

Eyquem a écrit:

Shocked


Pas de panique, Eyquem. Bien qu'il ne s'agisse pas  d'un topic d'infos continues et que notre audience ne soit pas très forte : rassurons les braves gens,  pas de victimes, juste trois "djihadistes" tués. "On a évité un "CharlieHebdo belge", selon un policier. Bravo la police belge. Ah, si la police française avait été aussi efficace...Qu'on ne se moque plus des Belges.

J'ai dit trois, c'est peut-être deux, en tous les cas, c'est plus d'un.


Opérations anti-terroristes dans plusieurs villes de Belgique; arrestation d'un homme" armé dans le métro bruxellois criant 'Allah Akhbar'.

On revient après  la pause, merci de nous suivre...

"Le Soir" est un journal de merde, comme presque toute la presse belge, d'ailleurs.

Mais je ferais bien de faire gaffe à ce que je dis, paraît qu'on a arrêté quelqu'un pour avoir affiché, déclaré ou je sais pas  : "Charlie Hebdo, c'est de la merde. Ça n'arrête pas les balles" (Allusion à l'une des couvertures de l'hebdo : "Le coran, c'est de la merde...")




Dernière édition par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 18:59, édité 1 fois
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Eyquem le Jeu 15 Jan 2015 - 18:57

'soir Borges,
C'est à pleurer. France Infos, ce soir, c'est indescriptible: des reportages sur les enterrements des "braves", des breaking news sur des raids meurtriers à Verviers, tout ça entrecoupé de chroniques d'experts sur les musulmans ceci ou cela, un saut à la bourse de Paris pour savoir si tout va bien, et pour finir, un détour à Hollywood: "Cotillard rimera-t-il encore avec Oscar?"
Au secours...
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 19:18



Dans le reste du monde, ils doivent se marrer de nos petites tragédies occidentales : Le tremblement de terre à Haïti avait fait 200 000 morts, les violences comme on dit en Irak depuis 2003 on fait un demi million de morts... Qui a entendu parler du sort des  Rohingyas en Birmanie?

Au secours, Eyquem, oui, mais faut aussi rire : "c'est un droit élémentaire d'être fasciné jusqu'au fou rire devant tant d'inventions perverses, tant de discours cyniques, tant d'horreurs
minutieuses." (Deleuze)

Wink
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Invité le Jeu 15 Jan 2015 - 20:12

Personnellement, je l'avoue, c'en est à un point tel que je me marre. Wink

Verviers, quoi. lol. Ce trou du cul du monde qui est le centre de la pataphysique, de la SF et de la BD, l'épicentre du royaume d'Ubu. On se croirait dans un roman de Philip K Dick (révélé dans le monde francophone par les éditions Marabout dans les 60s).

Spoiler:

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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 20:26

Jerzy, je propose comme signe de rassemblement de tous les Belges, de quoi éclipser la Marche blanche, sans manquer de respect à personne ni à aucune douleur : #jesuisbobmoranelevraihérosdetouslestemps"

ou plus simplement : #jesuisbobmorane

Wink
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Borges le Jeu 15 Jan 2015 - 20:36

syndic des dockers a écrit: un roman de Philip K Dick (révélé dans le monde francophone par les éditions Marabout dans les 60s).

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j'étais en train d'essayer de lire un PKD en début de soirée, avant d'apprendre : "Loterie solaire"; sans grand succès, hélas. Impossible de se concentrer sur quoi que ce soit depuis des jours.


Et dire que Hegel voulait nous raconter l'auto-manifestation de l'absolu dans son devenir historique; ridicule prétention devant l'info live continue. L'être et sa manifestation ne font plus qu'un.
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Re: La vie des hommes infâmes : l'horreur et la pitié.

Message par Baldanders le Jeu 15 Jan 2015 - 22:37

C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq, par Christine Angot

La réalité visible peut alimenter des fresques sociales ou des autofictions, la division n’est pas là, ce n’est pas un territoire qu’on se partage, c’est en profondeur que ça se passe. L’image n’est pas celle d’une surface, d’une carte et d’un territoire, ni de la surface plane d’un miroir où on se voit, mais d’un puits à sec sous la surface, dans lequel on s’obstine quand même à envoyer des seaux pour essayer de remonter quelque chose. Le sentiment que l’être a de son humanité. Voilà. Ce sentiment n’est pas dans le seau. Mais dans le fait de ne rien trouver et de ne pas s’y résoudre. De chercher encore. Et de finir par trouver un mini-indice qui n’était pas visible. Ça, Houellebecq ne le fait jamais. Non seulement il ne le fait jamais, mais il le détruit, il le raille. Il raille Mai 68, l’humanisme, l’antiracisme, la psychanalyse, les universitaires, ceux qui essayent de trouver quelque chose derrière la réalité, ceux qui se disent que l’humain ça doit exister, et pas besoin d’avoir recours à Dieu pour ça.
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