The Overlanders (Harry Watt, 1946)

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The Overlanders (Harry Watt, 1946)

Message par Dr. Apfelgluck le Mar 30 Déc 2014 - 17:08

La genèse du film débute en 1945 quand le gouvernement australien s'est plaint auprès du Ministère de l'Information britannique que cette dernière était tout le temps occultée dans les bobines d'actualités alors que le pays subissait un rationnement draconien et participait grandement à l'effort de guerre.
En réponse à cela, les studios Ealing ont envoyés sur place Harry Watt accompagné d'une équipe de quatre techniciens avec pour mission de réaliser des documentaires sur la vie quotidienne en Australie pendant la guerre. Peu après son arrivée, Watt prend connaissance d'une anecdote survenue en 1942 : le nord de l'Australie était alors plongé en pleine paranoïa. On annonçait chaque jours le débarquement des forces japonaises, ce qui provoqua l'abandon du Northen Territory par un grand nombres de fermiers. Un de ces derniers aurait convoyé 10'000 bêtes sur une distance de 3'000 kilomètres à travers les coins les plus arides afin de rejoindre l'est du pays.
Watt persuada les studios de le laisser acheter 500 têtes de bétail, engager quelques acteurs locaux et de faire un film de cette histoire totalement en extérieur. Finalement, le tournage fut un véritable bordel : les 500 vaches ayant été déplacé par la RAF d'un coin à l'autre du pays pour le tournage. Ironiquement, le film ne sortira pas avant la fin 1946.

Esthétiquement, Watt en a fait un western. On y retrouve tous les éléments : le cow-boy (Chipps Raferty, surnommé "le Gary Cooper australien". C'est évidemment pas innocent), la famille de pionniers, les aborigènes filmés comme les Indiens en haut des collines, la soirée beuverie dans un arrêt à un saloon local, la RAF qui arrive à la rescousse au moment difficile comme la cavalerie, les traversées héroïques de rivières etc...
Le duel finalement ne se fera plus entre les hommes et les bêtes qu'avec le nature aride et hostile. Vers la fin du film, il y a une séquence assez intrigante où trois des convoyeurs se retrouvent face à des centaine de vaches. Tous le monde est immobile, les hommes dans la posture typique du duel cliché de la rue centrale. Plusieurs plans sur les yeux des vaches et des hommes qui se jaugent, presque annonciateur de Leone. Qui va craquer le premier ? Au final, le bétail abandonne et est maté par l'homme. Les ennuis finiront d'ailleurs après ce duel final, le convoi arrivant enfin à la fin du désert.
Dans le film, le désert est le lieu où un semblant d'égalité s'opère. Les femmes sont payés comme les hommes (car, évidemment, il y a une prime si les bêtes arrivent à bon port) et effectuent les mêmes tâches que ces derniers. Ce qui au début ne plait pas à Raferty, qui pense qu'une femme n'a rien à faire dans ce genre d'aventure. Évidemment, les aborigènes qui les accompagnent n'ont pas réellement le même traitement. Si Raferty semble "copains/copains" en apparence avec eux, ils sont cependant les seuls du groupe à l'appeler "patron". Ils suivent les ordres, alors que la jeune femme blanche à le droit de prendre des initiatives. Dans une séquence, la jeune femme répond à une question d'un homme du groupe sur les chants que les aborigènes entonnent le soir venu : "Par ces chants, ils reviennent à la période pendant laquelle ils étaient heureux. Quand nous n'étions pas là". Le type semble pas comprendre, d'ailleurs il s'ensuit une panique parmi les bêtes car deux dingos s'étaient approchés du groupe.
Pendant tout le début du périple, les convoyeurs sont carrément dans le folklore : l'espace libre, la grande aventure, on rigole bien, on est loin des soucis de la guerre. Cette quiétude sera troublée un peu plus tard quand ils retrouvent des dizaines de chevaux morts empoisonnés par une source. Dans un des plans, on voit un convoyeur enlever les cloches et colliers des cadavres, renvoyant aux plaques que l'on retire du cou des soldats morts. Après cela, les problèmes commenceront à tomber sur le convoi. Il n'y aura plus de place pour la candeur, les choses ne sont plus pareilles. Comme le dira un peu plus tard Raferty : c'est fini de jouer au cow-boy.
Très souvent, la fin de la Frontière est représenté dans les westerns par la confrontation entre les chariots de pionniers, les voies ferrées et les voitures. Ces trois étant le passé, le présent et l'avenir. Dans "The Overlanders", cette dualité est symbolisé par la course entre Mary à cheval et l'avion de la RAF. Voulant leur apporter un message avant leur décollage, elle n'y arrivera pas. Watt continue ainsi en montrant des stations radio au milieu de la cambrousse, la communication avec tous le pays au milieu de nulle part. L'identification des convoyeurs à une Australie pionnière au début du film en prend un coup, ces derniers fantasmant un passé désuet. Ils sont parti par peur, mais ils se rendent compte que finalement ils vivent à des années lumières de la guerre et veulent s'en racheter.

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Message par Dr. Apfelgluck le Mer 31 Déc 2014 - 6:23









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Re: The Overlanders (Harry Watt, 1946)

Message par Dr. Apfelgluck le Mer 31 Déc 2014 - 6:30






Wiki a écrit:The Australian frontier wars were a series of conflicts that were fought between Indigenous Australians and European settlers that spanned a total of 146 years. The first fighting took place several months after the landing of the First Fleet in 26 January 1788 and the last clashes occurred as late as 1934.The most common estimates of fatalities in the fighting are at least 20,000 Indigenous Australians and between 2,000 and 2,500 Europeans [...] The final battles of the Australian frontier wars took place in the Northern Territory. A permanent settlement was established at modern-day Darwin in 1869 and attempts by pastoralists to occupy Indigenous land led to conflict. This fighting continued into the 20th century, and was driven by reprisals against European deaths and the pastoralists' desire to secure their land. At least 31 Indigenous men were killed by police in the Coniston massacre in 1928 and further reprisal expeditions were conducted in 1932 and 1933
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