Marlon Brando activiste

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 2:11

syndic des dockers a écrit:
Un des ces présupposés, une sorte de "fixation", est la notion d'activiste.

Qui ici (sur le forum) a jamais défini Brando comme un "activiste"? Brando s'est-il jamais défini lui-même comme un "activiste"?
Toi? relis tes lignes sur l'autre topic que tu as cité sur la shout d'enculture...

Peut-être que je me plante lourdement sur Brando concernant un point, c'est de croire qu'il était dans une démarche autoritaire quant à ses engagements à aider les autres.  À lire son autobiographie, on se rend compte que le mec ne comprend rien du tout à ce qu'il fait, mais qu'il paraît totalement sincère dans son envie d'aider. Est-ce que ça le rend encore plus admirable? Il fait quand même pas mal de dégâts sur les causes qu'il veut défendre, parce qu'il est stupide et que les politiciens s'en servent, le manipulent notamment à des fins électoralistes... Pourtant il se rend bien compte de ces pièges, mais il y fonce dedans avec une bêtise renouvelée. Il y a bien une sorte de prétention à ne jamais vouloir apprendre quoi que ce soit qu'on peut sûrement coder en termes d'égoïsme, d'arrogance, ce que Rocha avait vu chez Brando comme "invariablement réactionnaire":
«Brando est l'acteur narcissique, égoïste, romantique, stupide, prétentieux, arrogant comme tout ignorant, et, en tant que tel, pathétique, sublime, mais invariablement réactionnaire.»

Brando a tourné un film sorti en 63 dont je n'avais jamais entendu parler, c'est "The ugly american" : «Le film sur les Nations unies que j'avais voulu tourner à la fondation de Pennbaker en 1955, finit par aboutir six ans plus tard au "Vilain américain" (The Ugly american), d'après un livre de William J. Lederer et Eugene Burdick. J'y jouais le rôle d'un ambassadeur des Etats-Unis, un personnage plein de suffisance et de bonnes intentions irréfléchies ; on le nomme dans un pays imaginaire d'Asie du Sud-Est, où il arrive fort de tous les préjugés et l'égocentrisme de la classe dominante américaine. Je voyais en lui une métaphore de l'attitude des Etats-Unis dans ce que l'on appelait le "tiers monde", cette condescendance intéressée qu'on témoignait aux nations défavorisées



Ce personnage plein de suffisance et de bonnes intentions irréfléchies, il menace toujours Brando tout au long de sa quête pour un monde meilleur, jamais il ne touche réellement au collectif, à la mobilisation, il reste incapable intellectuellement et défend des positions bourrées de platitudes...

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Re: Marlon Brando activiste

Message par wootsuibrick le Sam 20 Déc 2014 - 2:28

Franchement je n'ai aucune donnée sur les effets politiques de l'engagement de Brando,
je ne sais pas quelles lignes il a déplacé (dans le réel) à partir de sa profession. 
Apparemment d'après ce que je lis dans vos textes, il aurait en prenant position mis en difficulté sa carrière en toute conscience, ce qui déjà le différencie des engagements publicitaires de beaucoup de stars actuelles aussi investis en terme de moyens qu'elles soient... lorsque George Clooney, par exemple, s'engage pour le Tchad, dans son propre milieu, il renforce son image... d'autant plus que cette image sérieuse renvoie aux choix de films qu'il fait (bon je n'ai vu que les bande annonces de ses films politiques)... Lorsque George Clooney s'engage politiquement il ne joue pas contre son image dans l'industrie du divertissement à l'américaine, ni celle en relation avec les pouvoirs dominants, il se pose en américain fréquentable et sérieux. Si j'en crois ce que je lis sur ce forum à propos de Brando, ses prises de position étaient risquées, il en a subit des revers.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 3:11

breaker a écrit:
syndic des dockers a écrit:
Un des ces présupposés, une sorte de "fixation", est la notion d'activiste.

Qui ici (sur le forum) a jamais défini Brando comme un "activiste"? Brando s'est-il jamais défini lui-même comme un "activiste"?
Toi? relis tes lignes sur l'autre topic que tu as cité sur la shout d'enculture...



Ah non, j'ai dit ça nulle part.

J'avais écrit:


Finalement, tu reproches à Brando de ne pas avoir été un "activiste" au sens le plus plein et radical de ce terme (au sens où Rocha l'était, on imagine). Tu insistes avec ces "quand on est ou a été un activiste comme Brando": ça veut donc dire que tu reconnais qu'il a été un activiste, mais peut-être est-ce une manière fort subtilement (sic) ironique de souligner que tu penses qu'il ne l'a jamais été...

Si tu tiens à démontrer que Brando n'était pas un Black Panther, mais un acteur de cinéma blanc et hollywoodien, doublé d'un bateleur, histrion, etc, tu as parfaitement raison. Qui le contestera, d'ailleurs?
Mais je ne saisis toujours pas comment, de là, tu passes à "invariablement réactionnaire"

Ainsi que:

[...] vu qu'on parle ici d'une critique de Brando par Rocha, prétexte à "questionner l'activisme de Brando" (qui rappelons-le quand-même, n'était pas Karl Marx ou Bakounine, mais un acteur qui dans ses limites et celles du milieu où il évolua fit ce qu'il pouvait [NB: ce qui est sensiblement différent de ton " on en avait déjà parlé ici, de l'activisme de Brando qui fait de son mieux..]), et on pourra toujours ironiser sur le fait qu'il n'en fit pas assez, qu'il fut ceci, cela, etc. Il en fit sans doute plus que John Wayne ou Clint Eastwood) ...

Etc.

Tout au long de l'autre topic, j'ai donc jamais insisté sur cette idée que Brando était un "activiste".  A côté de ça, j'ai posté, en contrepoint de ton procès sur "invariablement réactionnaire ", des textes SUR Brando, qui eux, faisaient le portrait d'un "activiste". C'est pas "moi" qui parle dans ces textes. Quand on poste un texte du genre chronique, on ne se sent pas tenu d'avaliser chacun des termes employés au micropoil. Je ne me focalisais par sur "activiste", donc, mais voulais par-là insister sur tous ces contrepoints, rappelés par ces textes, par rapport au portrait d'un h "réactionnaire", bouffi d'égocentrisme, engagé pour la frime, etc


Ce faux-débat autour de "l'activisme" de Brando étant (j'espère) réglé, tu peux aussi, si t'en as envie bien sûr, voir par exemple The Chase (1966) dont on parlait, un des premiers films américains "sur l'Amérique" où le racisme, la ségrégation, sont frontalement abordés (et de façon assez crue, traumatisante) . Il est fort possible que tu trouves le film bon, et Brando estimable dedans, également pour son courage politique dans le choix de ce rôle...

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 7:53

il n'y a pas de procès, arrête ce cirque. J'ai lu ce dégueulis sur moi dans la shout d'enculture, depuis hier... ça c'est un procès.
allez, bonne nuit. Smile

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 8:22

ce rôle d'ambassadeur en Asie du Sud-Est, il l'interprétera aussi aux Philippines dans la farce grotesque de Coppola du roman de Conrad. Apocalypse Now qui porte une sorte de message de folie de la guerre(whaou!) se fera en finançant la répression du dictateur Marcos. Certainement le sommet de bonnes intentions irréfléchies dans la carrière de Brando.



Dédicade au Triangle des Bermudes du forum :

Spoiler:

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 11:59

à part ça Les Spectres, vous pousseriez l'audace à vous identifier quand vous écrivez des trucs comme ça? :

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Sam 20 Déc 2014 - 16:22

breaker a écrit:
La photo de Brando aux funérailles de Bobby Hutton n'est pas identifiée, elle appartient aux archives Bettmann : http://corporate.corbis.com/fr/citizenship/bettmann-archive/#Stories
Ici on peut sans doute envisager que c'est de la photo-journalisme qui met en scène des histoires où il s'agit d'abord de cadrer la vedette, c'est de la photo de "célébrités". Et c'est cette tradition du photo-journalisme qui est d'abord là pour cadrer la vedette qui est aussi attaquée dans Letter to Jane : "Le choix du cadre n'est pas non plus innocent ou neutre : on cadre l'actrice qui regarde et pas ce que regarde l'actrice. On la cadre donc comme si elle était la vedette. Bref, d'une part, on cadre la vedette en train de militer, et d'autre part, dans le même mouvement, on cadre aussi en vedette la militante."

Hi;

On imagine bien que le choix du cadre n'est pas neutre ou innocent, c'est même ça la définition du cadre. Le cadre c'est le pouvoir de décider ce qui sera visible, ce qui le sera plus ou moins, et ce qui ne le sera pas du tout. Si tu fais un reportage-photo sur fonda militante ou sur jane birkin soutenant les sans-papiers, c'est elles que tu cadres, idem si c'est Godard. Il ferait sans doute son numéro,  en te disant que c'est pas lui qu'il faut filmer mais les sans-papier, mais il n'échapperait pas pour autant à la loi du cadre, à la forme de son image, à son personnage; parce qu'avant le cadre du mec qui filme ou photographie, les cadres et les politiques des magazines, des télés,  il y a le cadre de l'histoire, le cadre de la société,  les normes qu'elles produisent, les divisions qu'elles instituent. Des cadres a priori.  Avant le cadre de la photo et de la caméra, il y a les cadres épistémiques, si on veut parler comme Foucault, qui déterminent ce qui doit être cadré, comment, selon quel angle... qui a droit au gros plan, sublimant, au gros plan, émouvant, au gros plan censé nous apitoyer... On ne cadrait pas la folie de la même manière au MA, après Descartes, après Höderlin,   Freud… Godard à la place de Brando ou de Fonda serait cadré autrement, mais en vedette, en metteur en scène "déconstructeur",  cherchant à mettre en scène un reportage dont il ne devrait être que le personnage. Il cherchera à échapper au rôle qu'on lui impose :  moi, Godard je ne suis pas dupe, je ne suis pas prisonnier du cadre, en vain, c'est par les efforts même qu'il fera  pour échapper au cadre, au cadre de son image, pour libérer son image du cadre, et son être de l'image qu'il confirmera combien il en est prisonnier, n'étant rien que cette image, dans ce cadre. Il n'y a pas d'être hors cadre, seulement des cadres différents.  Qu'on ne cadre jamais que les vedettes, que les stars, que les chef, c'est la loi du cadre, c'est la cadre du pouvoir, de la souveraineté. Un reportage-photo sur les BP, sans vedette de cinéma, cadrerait les chefs, les cadres du parti, les fondateurs, ceux qui savent causer, passer à l'image, ceux qui ont du savoir-pouvoir; ce serait  différent, mais il y aura toujours des gens hors-cadre, il y a aura toujours ceux dont la présence dans la cadre, dans l'image sera secondaire. Il y aura toujours un partage entre la vedette, le second rôle, le troisième, et les figurants, sans oublier ceux qui n'ont même pas le droit au statut de figurant, à la simple figuration.

Les partis révolutionnaire n'échappent pas à la loi du cadre, au pouvoir; on a retenu le nom de Spartacus,  pas celui des esclaves qui sont morts avec lui; c'est Malcolm X, la star, c'est sur lui qu'il y a des biopics, des livres…




Eh oui, c'est la vie; et la vie, c'est comme les romans, les pièces de théâtre, le cinéma, les photo-reportages : y a les vedettes, et les autres, les figurants de la vie.

Ce n'est pas du reportage-photo,  mais que filme Godard? La vedette, sa voix, son joli visage, émouvant, ému, sa compassion; et quelle étrange projection, tout de même : s'ils aiment plutôt aller au cinéma ou au théâtre?


Une telle analyse au fond ne déconstruit rien, elle reproduit le partage institué par la photo-reportage : d'un côté la vedette, de l'autre les soldats vietnamiens; d'un côté Brando, de l'autre les BP.  
Ce n'est pas aux soldats anonymes vietnamiens que Godard a adressé sa lettre, mais à Jane; la vedette du cadre de ce topic, c'est Brando, pas le BP anonyme.


Dernière édition par Borges le Sam 20 Déc 2014 - 17:10, édité 2 fois

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Sam 20 Déc 2014 - 16:28

Sois sérieux Woot Wink

George Clooney est à Brando, ce que Bernard Henri Lévy est à Deleuze.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par wootsuibrick le Sam 20 Déc 2014 - 16:46

Borges a écrit:
Sois sérieux Woot Wink

George Clooney est à Brando, ce que Bernard Henri Lévy est à Deleuze.
C'est bien pour ça que je les oppose. Smile
mais en effet c'est pas sérieux d'avoir l'idée de le faire.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Sam 20 Déc 2014 - 17:07

Breaker a écrit:


Dans l'autobiographie de Brando, voici les passages qui concernent les Black Panthers. Après avoir lu un article sur le Parti des Black Panthers dont il n'a jamais entendu parler, il veut en savoir plus. Il rentre en contact avec eux en passant par le siège du Parti, et il est invité à discuter à l'appartement de Cleaver : «J'avais très envie d'en savoir plus sur leur parti et je me demandais toujours ce que cela faisait d'être noir aux États-Unis. Si l'on excepte mon amitié avec Jimmy Baldwin, je n'avais aucun cadre de référence.»

Il discute avec Eldridge Cleaver toute la nuit : «c'était un homme délicat mais, comme beaucoup de Black Panthers dont la virilité se voyait mise en cause par le racisme, il parlait avec bravade. En exigeant par la force le respect de leurs droits constitutionnels, m'expliqua-t-il, les Panthers voulaient inculquer la fierté aux jeunes Noirs... Nous parlâmes jusqu'à 4 heures du matin, et j'appris beaucoup de choses sur toutes sortes de sujets... Deux semaines plus tard, Bobby Hutton et Eldridge Cleaver étaient cernés dans une maison par la police d'Oakland. La maison prit feu, Bobby Hutton la quitta et on l'abattit aussitôt... La mort de Bobby Hutton confirmait tout ce que j'avais entendu dans cette longue nuit de discussion...»

«Je surpris à un moment Farmer, que je connaissais à peine, en train de me lancer un regard plein de haine. J'appris ensuite qu'il me méprisait : il me voyait comme un de ces libéraux blancs pétris de bonne conscience. Aux funérailles de Bobby Hutton, je sentis pourquoi Jim Farmer m'avait regardé de cette façon. Je compris soudain, comme cela m'est arrivé en d'autres occasions où j'étais parmi des gens que je voulais aider, que je ne faisais pas partie de leur monde... Rap Brown, entre autres, m'a administré une vraie volée de bois vert. Lui aussi me voyait comme un libéral superficiel, qui fourrait son nez dans un monde dont il ignorait tout et auquel il n'appartenait pas.»


-Il n'en avait jamais entendu parler, et pour cause, le parti a été fondé moins de deux ans avant (si je ne me trompe pas)

-Il ne savait rien des Noirs en Amérique, en dehors de son amitié avec JB, c'est marrant : parce que le mec a soutenu le mouvement pour les droits civiques dès la fin des années 50, dès ses débuts, donc ou presque : "When the civil rights movement took shape in the late fifties and early sixties, I did whatever I could to support it and went down South with Paul Newman, Virgil Frye, Tony Franciosa and other friends to join the freedom marches and be with Dr. Martin Luther King, Jr."



" je ne faisais pas partie de leur monde... " dans l'original, c'est autre chose : " I was an outsider."


Le reste est plus intéressant, philosophiquement, j'y reviendrai; peut-être.






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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 18:14

breaker a écrit:à part ça Les Spectres, vous pousseriez l'audace à vous identifier quand vous écrivez des trucs comme ça? :


C'est pas "les spectres", c'est le n° qui prend la défense de ton point de vue. Facile à décoder (comme les soaps): accusant ceux qui n'y acquiescent pas de se comporter en vilains Blancs-Maitres paternalistes qui te traitent comme le petit Noir-Esclave candide, etc.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 19:23

syndic des dockers a écrit:
C'est pas "les spectres", c'est le n° qui prend la défense de ton point de vue. Facile à décoder (comme les soaps): accusant ceux qui n'y acquiescent pas de se comporter en vilains Blancs-Maitres paternalistes qui te traitent comme le petit Noir-Esclave candide, etc.
le numéro qui prend ma défense?! T'instruis un procès, fils de pute?

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Sam 20 Déc 2014 - 23:29

Borges a écrit:
" je ne faisais pas partie de leur monde... " dans l'original, c'est autre chose : " I was an outsider."


Le reste est plus intéressant, philosophiquement, j'y reviendrai; peut-être.
c'est sûr que Brando est vachement intéressant en termes de philosophie dans ses concepts de pauvreté dans le monde et de lutte pour les droits de l'homme, il est vraiment admirable dans ses grosses notions dualistes qui bousillent tout. Brando se demande pourquoi il se fait éjecter des luttes, pourquoi les gens qu'il veut aider le détestent, et avec grande humilité, il admet qu'il n'a pas souffert autant qu'eux. Chez les stars à Hollywood, absolument personne n'arrivera au niveau de conneries dévastatrices atteintes par Brando dans ses pensées d'un monde meilleur, ni Clooney, Madonna, Jolie, DiCaprio, Penn, ils n'y arriveront pas. Brando restera le grand champion d'un certain appel comme il sera chanté niaisement plus tard dans "we are the world". Enfin, s'il faut choisir, je préfère nettement dans la destruction du monde la touche punk de Brando.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Dim 21 Déc 2014 - 2:11

breaker a écrit:
syndic des dockers a écrit:
C'est pas "les spectres", c'est le n° qui prend la défense de ton point de vue. Facile à décoder (comme les soaps): accusant ceux qui n'y acquiescent pas de se comporter en vilains Blancs-Maitres paternalistes qui te traitent comme le petit Noir-Esclave candide, etc.
le numéro qui prend ma défense?! T'instruis un procès, fils de pute?


Je répondais à ta question ["à part ça Les Spectres, vous pousseriez l'audace à vous identifier quand vous écrivez des trucs comme ça?"] ---> C'est pas "les spectres", c'est le n° qui prend la défense de ton point de vue (sur la photo). Je ne sais pas qui est ce numéro. Il accuse ceux qui contestent ton point de vue de se comporter en vilains Blancs-Maitres paternalistes qui te traitent comme le petit Noir-Esclave candide, etc


Je répète en précisant l'information:

je répondais à ta question ["à part ça Les Spectres, vous pousseriez l'audace à vous identifier quand vous écrivez des trucs comme ça?"]:
- c'est pas "les spectres", c'est le n° qui tout au long de "l'échange" défendait ton point de vue dans le "débat".
- J'ignore qui est ce numéro.
- Ce numéro manifestement s'essayait (laborieusement) à faire de "l'ironie" aux dépens de tes contradicteurs pour te donner raison .
- Manifestement, il n'y a pas réussi, puisque tu attribues ses propos à "les spectres".
- Si tu ne comprends pas ce que ce numéro voulait dire, si en quelque manière tu as une remarque ou l'autre à lui faire, si tu aimerais qu'il s'identifie, assume ses propos, les explicite davantage: adresse toi à lui, pas "aux spectres". Autrement dit: va poster ton encadré dans la shout d'enculture, demande à l'auteur de ces posts de t'en expliquer le sens. Si ce posteur anonyme a l'honnêteté minimale d'assumer ses posts (débiles), il se fera un devoir de t'éclairer.


N'hésite à me faire savoir s'il faut répéter une 4è fois, pendant que tu instruis tes procès 1) en confondant ce que tu lis/vois avec le sens que tu y lis/vois, 2) tout en attribuant à A ce que B dit, 3) en comprenant de travers, et 4) en confirmant toi-même le tout après délibération avec toi-même. Comme dab.

* * *



Et je rappelle que la méthode paranoïaque-critique de Dali n'est pas une méthode (de lecture de textes ou de photos). Dali préconise de l'utiliser dans la création artistique, de préférence. http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_parano%C3%AFaque-critique

* * *

PS: je ne suis pas le rejeton d'une péripatéticienne. Et pour répondre à la remarque précédente: je ne suis pas membre d'un groupe de sodomisés.



Bonne journée.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Dim 21 Déc 2014 - 7:02

Borges a écrit:
Eh oui, elle l'a fait, pas john wayne ni dizaines de millions d'autres américains; suffit pas d'une "lettre à" de Godard pour annuler ce fait, et cette différence; au petit jeu de "je vais te déconstruire; je vais montrer que t'es pas vraiment révolutionnaire, d'extrême gauche, avec les dominés, les damnés, mais que tu restes un petit blanc, impérialiste, dominateur, raciste..."  tout le monde peut jouer. On l'a fait aussi pour Godard

L'exemple le plus fameux étant:

http://cinemadanslalune.net/?p=83

(Je mets en gras les passages, disons, les plus "savoureux". On remarquera que Truffaut souligne à plusieurs reprises une forte similitude à ses yeux entre Godard et Brando, comme style de "vedettes"...  Wink  )


Spoiler:

[...] Je me contrefous de ce que tu penses de La nuit américaine, ce que je trouve lamentable de ta part, c’est d’aller, encore aujourd’hui, voir des films comme celui-là, des films dont tu connais d’avance le contenu qui ne correspond ni à ton idée du cinéma ni à ton idée de la vie. Est-ce que Jean-Edern Hallier écrirait à Daninos pour lui dire qu’il n’est pas d’accord avec son dernier livre ?

Tu as changé ta vie, ton cerveau, et, quand même, tu continues à perdre des heures au cinéma à t’esquinter les yeux. Pourquoi ? Pour trouver de quoi alimenter ton mépris pour nous tous, pour te renforcer dans tes nouvelles certitudes ?

A mon tour de te traiter de menteur. Au début de Tout va bien, il y a cette phrase : “Pour faire un film, il faut des vedettes.” Mensonge. Tout le monde connaît ton insistance pour obtenir J. Fonda qui se dérobait, alors que tes financiers te disaient de prendre n’importe qui. Ton couple de vedettes, tu l’as réuni à la Clouzot : puisqu’ils ont la chance de travailler avec moi, le dixième de leur salaire suffira, etc. Karmitz, Bernard Paul ont besoin de vedettes, pas toi, donc mensonge. La presse : on lui a “imposé” des vedettes… Autre mensonge, à propos de ton nouveau film : tu ne parles pas de la confortable avance sur recettes que tu as sollicitée, obtenue, et qui doit suffire même si Ferreri, comme tu l’en accuses drôlement, a dépensé l’argent qui t’était “réservé”. Alors, il se croit tout permis ce macaroni qui vient manger notre pain, ce travailleur immigré, il faut le reconduire à la frontière, via Cannes !

Tu l’as toujours eu, cet art de te faire passer pour une victime, comme Cayatte, comme Boisset, comme Michel Drach, victime de Pompidou, de Marcellin, de la censure, des distributeurs à ciseaux, alors que tu te débrouilles toujours très bien pour faire ce que tu veux, quand tu veux, comme tu veux et surtout préserver l’image pure et dure que tu veux entretenir, fût-ce au détriment des gens sans défense, exemple Janine Bazin. Six mois après l’histoire Kiejman, Janine s’est vu supprimer ses deux émissions, vengeance habilement différée. Kiejman, n’envisageant pas de parler du cinéma politique sans t’interviewer, ton rôle à toi – il s’agit bien d’un rôle – consistait là encore à entretenir ton image subversive, d’où le choix d’une petite phrase bien choisie. La phrase est prononcée ; ou bien elle passe et elle est assez vive pour qu’on ne te soupçonne pas de mollir, ou bien elle ne passe pas et c’est épatant : décidément, Godard est toujours Godard, etc.

Tout se passe comme prévu, l’émission ne passe pas, tu restes sur ton socle. Personne ne relève que la phrase est un nouveau mensonge. Si Pompidou met en scène la France, toi, c’est le parti communiste et les syndicats que tu malmènes, sur le mode (trop indirect pour les “masses”) de la périphrase, de l’antiphrase et de la dérision, dans Tout va bien, film destiné, au départ, à la plus grande diffusion.

Si je me suis retiré du débat de Fahrenheit 451, à cette époque, c’était pour tenter d’aider Janine, pas par solidarité pour toi, c’est pourquoi je n’ai pas retourné le téléphone que tu m’as fait à ce moment.

Toujours est§il que le mois dernier, Janine était à l’hôpital, elle s’est fait renverser par une voiture au cours de sa dernière émission, opération du genou (elle boitait depuis l’adolescence, jerk, etc.) et elle se retrouve là, à l’hôpital, sans travail et sans fric et naturellement sans nouvelles de Godard qui ne descend de son socle que pour amuser Rassam de temps à autre. Alors je peux te dire : plus tu aimes les masses, plus j’aime Jean-Pierre Léaud, Janine Bazin, Patricia Finaly (elle sort de la clinique de sommeil, celle§là, et il faut harceler la cinémathèque pour obtenir ses six mois de salaire en retard), Helen Scott que tu rencontres dans un aéroport et à qui tu n’adresses pas la parole, pourquoi, parce qu’elle est américaine ou parce qu’elle est mon amie ? Comportement de merde. Une fille de la BBC t’appelle pour que tu parles de cinéma politique dans une émission sur moi, je la préviens d’avance que tu refuseras, mais mieux que ça, tu lui raccroches au nez avant de la laisser finir sa phrase, comportement élitaire, comportement de merde, comme lorsque tu acceptes de te rendre à Genève, Londres et Milan, et que tu n’y vas pas, pour étonner, pour surprendre, comme Sinatra, comme Brando, comportement de merde sur un socle.

Pendant une certaine période, après mai 68, on n’entendait plus parler de toi ou alors mystérieusement : il paraît qu’il travaille en usine, il a formé un groupe, etc., et puis, un samedi, on annonce que tu vas parler à RTL avec Monod. Je reste au bureau pour écouter, pour avoir de tes nouvelles en quelque sorte ; ta voix tremble, tu parais très ému, tu annonces que tu vas tourner un film intitulé La mort de mon frère, consacré à un travailleur noir malade qu’on a laissé mourir au sous-sol d’une fabrique de téléviseurs et, en t’écoutant, malgré le tremblement de la voix, je sens : 1, que l’histoire n’est pas exacte, en tout cas trafiquée ; 2 que tu ne tourneras jamais ce film. Je me dis : si le type avait une famille et que cette famille allait vivre désormais dans l’espoir que ce film soit fait ? Il n’y avait pas de rôle pour Montand là-dedans ni pour Jane Fonda, mais pendant 1/4 d’heure, tu as donné l’impression de te “conduire bien” comme Messmer quand il annonce le droit de vote à 19 ans. Fumiste. Dandy. Tu as toujours été un dandy, quand tu envoyais un télégramme à de Gaulle pour sa prostate, quand tu traitais Braunberger de sale juif au téléphone, quand tu traitais Chauvet de corrompu (parce qu’il était le dernier, le seul à te résister), dandy quand tu pratiques l’amalgame : Renoir-Verneuil, blanc bonnet et bonnet blanc, dandy encore aujourd’hui quand tu prétends que tu vas montrer la vérité sur le cinéma, ceux qui le font obscurément, mal payés, etc.
Quand tu faisais équiper un décor, garage ou boutique par les électros et que tu arrivais : “je n’ai pas d’idée aujourd’hui, on ne tourne pas”, et que les types déséquipaient, il ne t’est jamais venu à l’idée que les ouvriers se sentaient complètement inutiles et méprisés, comme l’équipe de son qui attendait vainement Brando dans l’auditorium vide à Pinewood, tout une journée ?

Maintenant, pourquoi est§ce que je te dis cela aujourd’hui et non pas il y a trois, cinq ou dix ans ?

Pendant six ans, comme tout le monde, je t’ai vu souffrir à cause d'(ou pour) Anna et tout ce qui était odieux en toi, on le pardonnait à cause de ta souffrance.

Je savais que tu avais entrepris Liliane Dreyfus (ex-David) en lui disant : “François ne t’aime plus, il est amoureux de Marie Dubois, qui joue dans son film”, et je trouvais ça pitoyable mais émouvant, oui, pourquoi pas, émouvant, à la limite ! Je savais que tu allais voir Braunberger en lui disant : “Faîtes-moi faire le sketch que Rouch doit tourner, à sa place” et je trouvais ça… disons, pathétique. Je me promenais avec toi sur les Champs-Elysées et tu me disais : “il paraît que Bébert et l’Omnibus ne marche pas, c’est bien fait” et je disais “Allons, allons…”.

A Rome, je me suis fâché avec Moravia parce qu’il m’a proposé de tourner Le Mépris, j’étais venu là, avec Jeanne, présenter Jules et Jim, ton dernier film ne marchait pas, Moravia voulait changer de cheval.

Pour les mêmes raisons de solidarité avec toi, je me suis fâché avec Melville qui ne te pardonnait pas de l’avoir aidé à faire Léon Morin prêtre, et qui cherchait à te nuire. A la même époque, tu humiliais Jeanne volontairement – ou pour faire plaisir à Anna (histoire d’Eva), tu tentais un dérisoire chantage sur Marie-France Pisier (Hossein, la Yougoslavie… à répétition… “l’alliance”), etc. Tu as fait tourner Catherine Ribeiro que je t’avais envoyée, dans Les Carabiniers, et puis tu t’es jeté sur elle, comme Charlot sur sa secrétaire dans Le Dictateur (la comparaison n’est pas de moi), j’énumère tout cela pour te rappeler de ne rien oublier dans ton film de vérité sur le cinéma et le sexe. Au lieu de montrer le cul de X… et les jolies mains d’Anne Wiazemsky sur la vitre, tu pourrais faire le contraire maintenant que tu sais que, pas seulement les hommes, mais les femmes aussi sont égales, y compris les actrices. Chaque plan de X… dans Week-end était un clin d’oeil aux copains : cette pute veut tourner avec moi, regardez bien comment je la traite : il y a les putes et les filles poétiques.

Je te parle de tout ça aujourd’hui parce que, tout de même, malgré le dandysme assombri d’un peu d’aigreur qui transparaissait encore dans certaines déclarations, je pensais que tu avais pas mal changé, je pouvais penser cela avant de lire la lettre destinée à Jean-Pierre Léaud. Si tu l’avais cachetée, peut-être as-tu voulu me donner une chance de ne pas la lui remettre ?

Aujourd’hui tu es fort, tu es censé être fort, tu n’es plus l’amoureux qui souffre, comme tout le monde tu te préfères et tu sais que tu te préfères, tu détiens la vérité sur la vie, la politique, l’engagement, le cinéma, l’amour, tout cela est bien clair pour toi et quiconque pense différemment est un salaud, même si tu ne penses pas en juin la même chose qu’en avril. En 1973, ton prestige est intact, c’est-à-dire que lorsque tu rentres dans un bureau, on regarde ton visage pour voir si tu es de bonne humeur ou s’il vaut mieux rester dans son coin ; parfois tu acceptes de rire ou de sourire ; le tutoiement a remplacé le vouvoiement, mais l’intimidation demeure, l’injure facile aussi, le terrorisme (cette façon de faire de la lèche à rebours). Je veux dire que je ne me fais pas de soucis pour toi, il y a encore à Paris assez de jeunes gens fortunés, complexés d’avoir eu leur première voiture à dix-huit ans, qui seront heureux de se dédouaner en disant : “je produis le prochain Godard.”

Quand tu m’as écrit, fin 68, pour me réclamer 8 ou 900 mille francs qu’en réalité je ne te devais pas (même Dusssart était choqué !) et que tu as ajouté : “de toute façon, nous n’avons plus rien à nous dire”, j’ai pris tout ça au pied de la lettre ; je t’ai envoyé le fric et, hormis deux moments d’attendrissement (un sur moi malheureux en amour, un sur toi à l’hôpital), je n’ai plus rien éprouvé pour toi que du mépris, quand j’ai vu dans Vent d’est la séquence : comment fabriquer un cocktail Molotov et qu’un an plus tard, tu t’es dégonflé quand on nous a demandé de distribuer, pour la première fois, La Cause du peuple dans la rue…

L’idée que les hommes sont égaux est théorique chez toi, elle n’est pas ressentie, c’est pourquoi tu ne parviens pas à aimer qui que ce soit, ni à aider qui que ce soit, autrement qu’en jetant quelques billets sur la table. Un type, genre Cavanna, a écrit : “il faut mépriser l’argent, surtout la petite monnaie” et je n’ai jamais oublié comment tu te débarrassais des centimes en les glissant derrière les banquettes des bistrots. Contrairement à toi, je n’ai jamais prononcé une phrase négative à ton propos, à la fois parce que tu étais attaqué bêtement et plutôt ” à côté” des vraies choses, ensuite parce que j’ai toujours détesté les brouilles entre écrivains ou peintres, règlements de compte douteux par l’intermédiaire du papier journal, ensuite parce que je t’ai toujours senti à la fois jaloux et envieux, même dans tes bonnes périodes – tu es super compétitif, moi presque pas – et puis il y avait, de ma part, de l’admiration, j’ai l’admiration facile, tu le sais, et une volonté d’amitié depuis que tu t’étais attristé d’une phrase que j’avais dite à Claire Fischer à propos du changement de nos rapports après l’armée (pour moi) et la Jamaïque (pour toi). Je n’affirme pas beaucoup de choses parce que je ne suis jamais tout à fait sûr que l’idée inverse n’est pas aussi juste, mais, si j’affirme que tu es une merde, c’est qu’en voyant Janine Bazin à l’hôpital, ta lettre à Jean-Pierre, à il n’y a pas de place pour le doute sur ce point. Je ne délire pas, je ne dis pas que Janine était à l’hôpital à cause de toi, mais son chômage, après 10 ans de TV, est directement lié à toi qui n’en as rien à foutre. Amateur de gestes et de déclarations spectaculaires, hautain et péremptoire, tu es toujours en 1973 installé sur ton socle, indifférent aux autres, incapable de consacrer quelques heures désintéressées pour aider quelqu’un. Entre ton intérêt pour les masses et ton narcissisme, il n’y a place pour rien ni pour personne. Qui te traitait de génie, quoi que tu fasses, sinon cette fameuse gauche élégante qui va de Susan Sontag à Bertolucci via Richard Roud, Alain Jouffroy, Bourseiller, Cournot et même si tu paraissais imperméable à la vanité, à cause d’eux tu singeais les grands hommes : de Gaulle, Malraux, Clouzot, Langlois, tu entretenais le mythe, tu renforçais le côté ténébreux, inaccessible, tempéramental (comme dirait Scott), laissant s’installer tout autour de soi la servilité. Il te faut jouer un rôle et que ce rôle soit prestigieux ; j’ai toujours eu l’impression que les vrais militants sont comme des femmes de ménage, travail ingrat, quotidien, nécessaire. Toi, c’est le côté Ursula Andress, quatre minutes d’apparition, le temps de laisser se déclencher les flashes, deux, trois phrases bien surprenantes et disparition, retour au mystère avantageux. Au contraire de toi, il y a les petits hommes de Bazin à Edmond Maire en passant par Sartre, Bunuel, Queneau, Mendès France, Rohmer, Audiberti, qui demandent aux autres de leurs nouvelles, les aident à remplir une feuille de sécurité sociale, répondent aux lettres, ils ont en commun de s’oublier facilement et surtout de s’intéresser davantage à ce qu’ils font qu’à ce qu’ils sont et qu’à ce qu’ils paraissent.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Dim 21 Déc 2014 - 11:29

Hi;

C'est bien entendu cette lettre que j'avais en tête en écrivant ça .

Comme je disais,  tout homme peut "déconstruire" tout homme, le réduire à son être empirique, à ses faiblesses, à des petitesses... rien de plus facile. Je dis déconstruire, mais faut pas entendre ça au sens de Derrida, qui a souvent dit : "pas de déconstruction sans une certaine admiration."

On n'a accès qu'aux vérités que l'on mérite, dont on est digne. Le "On" disait Heidegger rabaisse tout, et nous sommes tous, le plus souvent dans nos vies ce "on", des laquais, des valets de grands hommes, nos propre valets, car on peut aussi s'abaisser à devenir le valet du grand homme, du héros que l'on est (possiblement, virtuellement; tristesse d'être séparé de sa puissance, déprime... ); c'est pas que le valet ait tort, c'est juste qu'on n'a pas accès depuis cette place à l'immortel que peut devenir tout homme, pas accès au sujet de la vérité, mais seulement à son corps ordinaire....

Le valet, c'est un point de vue sur la vie, le point de vue d'où peuvent se découvrir les petitesses de l'homme. Un petit point de vue.

"Il n'y a pas de héros pour son valet de chambre ; mais non pas parce que le héros n'est pas un héros, mais parce que le valet de chambre est un valet de chambre, avec lequel le héros n'a pas affaire en tant que héros, mais en tant que mangeant, buvant, s'habillant, en général en tant qu'homme privé dans la singularité du besoin et de la représentation."


( Hegel, Phénoménologie de l'esprit)


"Il n'y a pas de héros pour son valet de chambre, dit un proverbe connu. J'ai ajouté — et Gœthe l'a redit deux ans plus tard — que s'il en est ainsi ce n'est pas parce que celui là n'est pas un héros, mais parce que celui ci n'est qu'un valet. Ce dernier ôte les bottes du héros, l'aide à se coucher, sait qu'il préfère le champagne, etc. Pour le valet de chambre les héros n'existent pas ; en effet, ils n'existent que pour le monde, la réalité, l'histoire."


(Hegel, La Raison dans l'Histoire)

Une remarque :

Deux opérations inverses, mais solidaires : Rabaisser ce qui est grand, en montrant sa triste humanité, et "justifier" ce qui est bas, en rappelant notre commune humanité; l'une s'adresse en général à des gens d'extrême gauche, aux gars bien, l'autre à l'extrême droite, aux sales types (Hitler est un homme). Deux manière de manquer l'idée, politique.


On peut tous devenir le laquais de l'autre; un autre dialectique, une autre guerre, en soi, contre l'autre, l'autre en soi, et soi en l'autre.


Faut que je pense au topic sur Ford. Quand faut-il publier la légende, quand les faits?

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Dim 21 Déc 2014 - 11:33

breaker a écrit:
Borges a écrit:
" je ne faisais pas partie de leur monde... " dans l'original, c'est autre chose : " I was an outsider."


Le reste est plus intéressant, philosophiquement, j'y reviendrai; peut-être.
c'est sûr que Brando est vachement intéressant en termes de philosophie dans ses concepts de pauvreté dans le monde et de lutte pour les droits de l'homme, il est vraiment admirable dans ses grosses notions dualistes qui bousillent tout. Brando se demande pourquoi il se fait éjecter des luttes, pourquoi les gens qu'il veut aider le détestent, et avec grande humilité, il admet qu'il n'a pas souffert autant qu'eux. Chez les stars à Hollywood, absolument personne n'arrivera au niveau de conneries dévastatrices atteintes par Brando dans ses pensées d'un monde meilleur, ni Clooney, Madonna, Jolie, DiCaprio, Penn, ils n'y arriveront pas. Brando restera le grand champion d'un certain appel comme il sera chanté niaisement plus tard dans "we are the world". Enfin, s'il faut choisir, je préfère nettement dans la destruction du monde la touche punk de Brando.

Hi;

Je reviendrai sur ce message, puis je laisserai tomber ce topic, pour aller aux faits avec l'homme qui tua le légendaire LV



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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Dim 21 Déc 2014 - 11:50

"This one moment when you know you’re not a sad story. You are alive. And you stand up and see the lights on the buildings and everything that makes you wonder. And you’re listening to that song, and that drive with the people who you love most in this world. And in this moment, I swear, we are infinite.”

(The Perks of Being a Wallflower)

C'est pas un truc ado, c'est du spinoza-deleuze; tristesse que ce film ne soit pas à la hauteur de son idée, ou que sa mise en scène ne soit pas à la hauteur de son idée, mais il l'a fait assez sentir...

(Un des rares moments où je réussis à supporter David Bowie)

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Dim 21 Déc 2014 - 12:59

Borges a écrit:
Je reviendrai sur ce message, puis je laisserai tomber ce topic
qu'est-ce que j'en ai à foutre que tu répondes et qu'ensuite tu quittes le sujet. Le forum a toujours été très hostile dès qu'on exprime autre chose que ce que tu racontes. Et c'est la plupart du temps Jerzy qui commence cette bagarre là avec les insultes les plus débiles sur des dizaines de posts. J'écris "bande d'enculés" et bien sûr Jerzy et toi foncez là-dessus comme si ça arrivait de nulle part. Mais le plus rigolo après avoir enclenché votre mépris inlassable des autres, c'est que vous tordez complètement le sujet pour l'amener vers la philosophie qui parlerait de la beauté de l'humain, quelque chose qui ne serait pas un regard de laquais, une autre sorte de dialectique qui ne déconstruit pas, puissante vision qui mène à l'immortel en tout homme. D'abord, le petit dispositif d'agressions, ensuite sans remords la leçon de philosophie sur la beauté.
Piss off.


edit : (je ne suis pas utilisateur du tchat d'enculture et je n'écrirai jamais rien là-bas)

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Dim 21 Déc 2014 - 18:29


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Re: Marlon Brando activiste

Message par Borges le Dim 21 Déc 2014 - 21:46

breaker a écrit:
Borges a écrit:
Je reviendrai sur ce message, puis je laisserai tomber ce topic
qu'est-ce que j'en ai à foutre que tu répondes et qu'ensuite tu quittes le sujet. Le forum a toujours été très hostile dès qu'on exprime autre chose que ce que tu racontes. Et c'est la plupart du temps Jerzy qui commence cette bagarre là avec les insultes les plus débiles sur des dizaines de posts. J'écris "bande d'enculés" et bien sûr Jerzy et toi foncez là-dessus comme si ça arrivait de nulle part. Mais le plus rigolo après avoir enclenché votre mépris inlassable des autres, c'est que vous tordez complètement le sujet pour l'amener vers la philosophie qui parlerait de la beauté de l'humain, quelque chose qui ne serait pas un regard de laquais, une autre sorte de dialectique qui ne déconstruit pas, puissante vision qui mène à l'immortel en tout homme. D'abord, le petit dispositif d'agressions, ensuite sans remords la leçon de philosophie sur la beauté.
Piss off.


edit : (je ne suis pas utilisateur du tchat d'enculture et je n'écrirai jamais rien là-bas)


-Je n'insulte et je ne méprise aucune des personnes avec qui je discute sur ce forum; pour autant qu'il est en mon pouvoir je tente de rester collé au problème que je crois voir, lire, deviner,  afin de le construire, pour en discuter, et le discuter...

-Personne ne tord rien; la philosophie était là dès le premier message du topic, sous la forme de deux problèmes : l'expérience privée et la nature de la vérité de l'action politique (il ne s'agit  pas de s'identifier au corps de souffrance, bref de faire comme Dieu devenant homme pour expérimenter la souffrance des hommes, mais de se dés-identifier, de devenir autre, pour que l'autre, comme disait Deleuze, puisse devenir lui aussi autre. Hélas Brando est tombé dans le piège de l'identification à la souffrance de l'autre, on sait son goût pour les scènes maso dans ses films. Ne parlons pas de sa vie privée, de  la démolition de son image, de sa carrière, de son corps, de sa vie, de ses tragédies familiales...  )

-C'est pas une leçon sur la beauté, mais une manière de faire sentir l'un de ces rares moments de notre vie où nous devenons beaux, éternels, où nous transcendons nos petites vies et devenons immortels, en aimant, en regardant un film, lisant un bouquin, écoutant de la musique, en formant une bande, parfois toute petite, une petite communauté esthétique, en nous engageant "politiquement" selon une norme universelle, une maxime d'égalité...

Il y a des histoires tristes, de la tristesse dans l'histoire, mais nous ne sommes pas réductibles à cette tristesse, à cette décomposition de rapports, nous pouvons composer des rapports joyeux, avec les BP, sans être Noir, parce que les BP en idée, selon l'idée de leur action révolutionnaire, ne sont ni Noirs ni Blancs ni Jaunes...

-Je ne suis pas contre toi, tu n'es pas contre moi, nous sommes en désaccord sur deux problèmes essentiels, politique et philosophique.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Lun 22 Déc 2014 - 9:38

L'idée c'était pas de faire de la déconstruction, de démolir Brando, sa vie privée ne m'intéresse pas du tout. Je partais d'une discussion qu'on avait eue ici qui penchait pas mal à dire que Brando était engagé dans des luttes "en faisant de son mieux", et puis cette discussion revient sur facebook, un mec que je ne connais pas me dit que je suis complètement à côté de la plaque sur l'activisme de Brando, sur trois quatre messages il me dit que je ne comprends rien à rien et puis termine par me dire qu'il a un master en science du cinéma. J'avoue que cette façon de répondre n'a pas le panache de Jerzy, qui est capable lui de t'inventer une histoire complète sur toi, des femmes et des enfants et où tu balades le chien...
Je n'y arrive pas, sur ce sujet précis de l'activisme de Brando qui me paraît complètement débile et destructeur, à le diluer dans cette sorte de transcendance dont tu parles. La question que je me pose sur le sujet, c'est pas : est-ce que Brando est débile? ça serait plutôt:  les grandes stars comme Brando sont-elles le monde, sont-elles  les enfants? Qu'est-ce que c'est cette prétention à se connecter avec un grand tout, à être un irréductible? Un truc comme ça...
On en revient quand même un peu à notre discussion sur Malick, où tu me reprochais de rester au niveau de la merde... Dans le dernier Godard, Adieu au langage, que je trouve très beau, je me suis demandé à un moment comment tu voyais ces séquences sur les chiottes... Smile Je me suis dit aussi que le film de Godard pouvait être dirigé contre Malick, contre Dumont, des gens comme ça... et qu'il leur dit des choses comme : vous n'avez jamais vu la lumière qu'à partir d'une carte postale(à Malick), et vous n'avez jamais vu un sexe (à Dumont)...

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Mar 23 Déc 2014 - 7:46

t'as plus le blues, Jerzy? la musique ne te frôle plus dans cette sublime sensation de mélancolie... thrill is gone? parce qu'à lire tes dernières lignes sur le tchat d'enculture, tu sembles bien revenu à ton état grippal habituel.
Les termes qui te servent à définir les autres ou leurs pseudos intentions, que tu additionnes, soustrais, multiplies, divises, c'est pas compliqué à comprendre, quoi qu'il arrive dans les termes à résoudre, le résultat est déjà là, il sera toujours égal à "tête de con". Démontrer que l'autre est un imbécile qui croit savoir et qui donne des leçons aux autres en plus de ça. T'es le seul membre du forum qui a réussi à faire débloquer suffisamment quelqu'un pour le faire exclure, dans l'histoire de ce forum des Spectres. Et aujourd'hui tu le salues avec des chants d'innocence. C'est beau.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par wootsuibrick le Mar 23 Déc 2014 - 8:53

Ces histoires d'exclusion par Jerzy (ou borges), me font juste penser au fonctionnement d'une "école" (ou d'une secte, dans le sens traditionnel bouddhiste). C'est à dire du fonctionnement de groupe sous des aspérités esthétiques ou idéologiques, ou tout simplement un développement de sujets communs. 
Y a des exigences, ceux qui refusent de jouer le jeu de ces exigences, c'est à dire dans le cas de ce forum, au pire avoir l'humilité de regarder ses (les) limites en face et essayer de travailler en connaissance de ces limites... dans certains sujets ou certaines conceptions, méthodologies... ou alors à accepter le fait que le désaccord fait du surplace et qu'il est peut-être temps de passer à autre chose... bref... ne pas accepter les limites posées par le désaccord, fatigue, épuise, nourrit un mécontentement fondé sur bien peu de choses... au fond.

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Re: Marlon Brando activiste

Message par Invité le Mar 23 Déc 2014 - 10:15

wootsuibrick a écrit:Ces histoires d'exclusion par Jerzy (ou borges), me font juste penser au fonctionnement d'une "école" (ou d'une secte, dans le sens traditionnel bouddhiste). C'est à dire du fonctionnement de groupe sous des aspérités esthétiques ou idéologiques, ou tout simplement un développement de sujets communs. 
Y a des exigences, ceux qui refusent de jouer le jeu de ces exigences, c'est à dire dans le cas de ce forum, au pire avoir l'humilité de regarder ses (les) limites en face et essayer de travailler en connaissance de ces limites... dans certains sujets ou certaines conceptions, méthodologies... ou alors à accepter le fait que le désaccord fait du surplace et qu'il est peut-être temps de passer à autre chose... bref... ne pas accepter les limites posées par le désaccord, fatigue, épuise, nourrit un mécontentement fondé sur bien peu de choses... au fond.
Woots, qu'est-ce que tu racontes, c'est juste un déchaînement agressif, pathologique, où tu vas chercher des exigences? Tu vois Jerzy et Borges en maîtres du forum, et ça me va très bien, je viens pas te faire une méchante analyse là-dessus sur de longues pages de forum qui te dirait que tu es invariablement docile à leurs points de vue ou je ne sais quoi. Jerzy poste ses merdes habituelles pour me dire que les faits veulent dire bien autre chose et que je ne fais qu'interpréter des faits, là-dessus tu fonces et tu me postes ton montage de Mandela et Hitler! J'essaie de parler d'une image qui ne comporte aucune légende pour dire que Brando ne fait pas partie de cette lutte pour les droits civiques, et je me donne des repères précis. Les points de vue de Gertrud et Tony m'engagent à penser davantage, ils me disent que je me gourre et rien d'offensant dans leurs commentaires... Après, c'est le fight habituel avec Jerzy qui n'est fait que de merde, et tu viens me parler de jouer le jeu des exigences du forum, d'humilité, de méthodologie.

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Re: Marlon Brando activiste

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