Still the Water (Naomi Kawase)

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Still the Water (Naomi Kawase)

Message par Eyquem le Lun 20 Oct 2014 - 14:09




Ca ne m’a pas bouleversé, mais il y a une scène, au milieu du film, qui est splendide : la mort de la mère, au milieu des chants des villageois.

Difficile de ne pas penser à Malick (ne serait-ce que pour cette scène, qui fait écho à celle au début de La Ligne rouge, sans parler de l’arbre traversé de soleil, de l’eau où les deux jeunes amoureux se baignent à la fin…) Dans Still the water, il s’agit aussi de trouver le "calme" face à la mort dont parlait Witt.

Pourtant, quand on lui parle de Malick, Kawase est catégorique : "rien à voir" dit-elle
il y a une grosse différence entre l’univers de Terrence Malick et le mien, parce que Malick fait partie d’un monde monothéiste, il pense à Dieu, alors que les Japonais pensent à tous les dieux ; il y a une infinité de dieux. Nos deux univers n’ont rien à voir ; nous n’avons pas la crainte d’un Dieu unique terrifiant, dans le panthéisme il y a des dieux partout, nous essayons de vivre en harmonie avec eux.
Ce dont elle paraît vouloir se distinguer, c’est de cette dimension de crainte et de terreur qu’elle voit chez Malick. Pourtant, il y a au moins un personnage de son film (Kaito, le garçon) dont c’est le chemin, de passer de la peur à un sentiment d’"harmonie", signe que celle-ci n’est pas donnée d’emblée à tous.


Ce qui donne une clé de ce film, c’est le dialogue sur les vagues et sur le surf. Le père de la jeune fille dit que les vagues se forment au loin, dans la mer, pour venir s’échouer sur la rive; le surfeur, c’est celui qui se glisse dans la vague au moment elle vient finir sur la plage, celui qui se met sur la "même longueur d’ondes" que l'univers.
Dans le film, ce ne sont pas seulement les vagues, c’est la nature entière qui est filmée ainsi : comme l’écume d’un lointain. L’arbre traversé de soleil n’apaise pas la mère malade simplement parce qu’il est un arbre traversé de soleil, mais parce qu’il a 500 ans, et que sa forme actuelle, sa forme visible, est le rayonnement d’un lointain passé, d’un immémorial, qui traverse les âges pour venir jusqu’à elle. L’arbre est un arbre, mais il est aussi la "seconde fenêtre" dont parle le titre original :
Le titre original du film, Futatsume no mado, signifie “la deuxième fenêtre”. Quelle est cette deuxième fenêtre ?
La deuxième fenêtre, c’est la porte qui ouvre sur le monde invisible. Lorsqu’on a fini de faire toutes les rencontres que l’on doit faire, on peut parvenir à cette porte, derrière laquelle se trouvent toutes les choses invisibles.

A part ça, Kawase dit des choses assez belles sur les chants qu’elle utilise dans le film, ou sur la nécessité de croire en ce monde.

What main issues do Kaito and Kyoko have to face?
If I put it very simply, maybe it’s their challenge to have their mind to believe in the world they exist in.

Les chansons jouent un rôle très important dans le film. Proviennent-elles également de la culture de cette île?
Oui. Les paroles sont en dialecte. Mais ce n'est pas seulement de la musique et des paroles... Ces chants relèvent de la tradition orale. Ils se transmettent de génération en génération. Quand vous les chantez, vous chantez avec les âmes de ceux qui les ont chantés auparavant.  Cela vous relie à eux.
La mère du jeune acteur est une chanteuse, originaire comme moi de l'île d'Amami. Nous avons beaucoup échangé. Elle m'a expliqué que les chants d'Amami sont faits pour aller au delà de la mer. On chante en projetant la voix pour atteindre les îles voisines. La chanson que chante Kyoko, la jeune fille, à qui on a appris à chanter comme cela, en projetant sa voix, fait un lien entre les îles, et entre les générations.
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Re: Still the Water (Naomi Kawase)

Message par Maya le Jeu 20 Nov 2014 - 13:59

merci Equyem je n'ai pas le temps de parler du film mais j'ai beaucoup aimé ce film aussi. les liens unissent l'homme et la nature, la scène finale, une sorte de voyage inniataique qui aménera les2 protagonistes à devenir adultes à leur tour.un film qui s'inscrit dans la culture japonaise et aussi universel .

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