quelques trucs lus sur la liste noire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Ven 18 Avr 2014 - 15:50

Le maccarthysme, en ce qui concerne le cinéma, est apparu avant que Joseph Raymond McCarthy n'entre en scène et en tout état de cause, parler de maccarthysme relève d'une erreur commune puisque le sénateur ne s'intéressa jamais aux studios de cinéma, enfin d'après ce que j'ai pu lire, contrairement à Hoover (je sais plus si Eastwood en parle, de liste noire etc, dans son biopic … je crois pas).

La liste des 10 d'Hollywood: Alvah Bessie, Herbert Biberman, Lester Cole, Edward Dmytryk, Ring Lardner Jr, John Howard Lawson, Albert Maltz, Sam Ornitz, Robert Adrian Scott et Dalton Trumbo fut édictée par la commission des activités anti américaines (HUAC) en 1947 pour le refus de ces écrivains, scénaristes, réalisateurs, de se soumettre à la pression des hommes du congrès au nom de l'article premier de la constitution américaine;
nombreux sont les commentateurs qui déplorèrent qu'ils ne se limitèrent pas au cadre de cet article, comme s'ils avaient récolté ce qu'ils avaient semé … la prison, l’exil.
Il furent par la suite mis à l'index par les potentats des studios.

Le gouvernement prit conscience du pouvoir du cinéma sur les masses sous la présidence de Roosevelt ; il s'impliqua personnellement dans le cinéma de propagande anti nazi.
Il souhaitait préparer les consciences à l'entrée en guerre des états-Unis (c'est pas comme si ça arriverait de nos jours lol).
Mais bien avant cela, dans les années trente, à la suite de grèves, au moment de l'élection au siège de gouverneur, la MGM et Louis B Mayer obligeaient les exploitants à passer des newsreel de propagande montrant des foules de chômeurs fictives attendant aux frontières de l'état de Californie la victoire du socialiste Sinclair qui menaçait de nationaliser l'industrie du film.

Avant la guerre, bien des personnalités des studios, y compris les dirigeants, ménageaient les susceptibilités d'Hitler ou convoyaient avec les sirènes du fascisme italien.
Gary Cooper ou Ward Bond entre autres fantasmaient sur les uniformes (et puis l'homme de l'Ouest en figura la mise à nue).
(Il paraît que des Banquiers et des businessmen avaient comploté un renversement fasciste de Roosevelt en 34.)

A la fin de sa vie, Lloyd Bridges racontait qu'à l'époque de la chasse au sorcières, il avait dû aller jurer devant Wayne et Bond qu'il ne connaissait pas de communistes à Hollywood afin de pouvoir bosser de nouveau dans le système. Mais la vérité, c'est qu'il dû dénoncer d'autres personnes pour se mettre lui même à couvert, a l'instar de Dmytryk.

Au sein de la commission HUAC, il n'y avait pas que des anges : John Rankin ou Arnold Forster étaient des antisémites notoires et six des dix d'Hollywood étaient juifs.
« … our evaluation of the general mood was that the people felt if you scratch a jew, you can find a communist. »  disait Forster.
Comme si, après la parenthèse de la seconde guerre mondiale, la réaction politique et xénophobe, pro-fasciste, revenait à la charge au prétexte d'une idéomanie américaine, l'effacement des classes sociales, des combats sociaux, au profit d'un effort collectif et transcendant de l'âme américaine.
Jack Warner établit à la demande de la commission une liste de personnes potentiellement communistes et quand cette dernière fit part de sa perplexité face à certains noms, il dû confier qu'il les avaient ajouté en raison de leur participation à la grève des studios de 1946.
De fait la mémoire de la grande dépression amplifia la critique d'un système économique immoral, les luttes syndicales pour l'égalité des salaires, l'égalité homme-femme, etc …
Eric Johnston, président de la motion picture association, qui désavoua les 10 d'Hollywood à la suite de leur passage devant la commission dira: « plus de raisins de la colère, plus de route au tabac, … plus d'allusions aux grèves, ou à des banquiers traités de gangsters... ».

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Borges le Ven 18 Avr 2014 - 16:20

"Alvah Bessie, Herbert Biberman, Lester Cole, Edward Dmytryk, Ring Lardner Jr, John Howard Lawson, Albert Maltz, Sam Ornitz, Robert Adrian Scott et Dalton Trumbo"


Si on excepte ED, tous ces types étaient des scénaristes, des gars qui mettaient du contenu politique dans les films, des idées, autres que formelles, de mise en scène, de direction d'acteurs... Je sais plus où j'avais lu que le discrédit du scénariste (l'approche formelle, par la seule mise en scène) était aussi une affaire politique, et qu'il était lié à cette chasse aux sorcières...


Ring Lardner Jr, le fils du héros de holden caulfield Wink



j'avais oublié le "Hi" Wink


Dernière édition par Borges le Ven 18 Avr 2014 - 18:03, édité 2 fois
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Eyquem le Ven 18 Avr 2014 - 17:37

Salut,

Aujourd'hui, pour un scénariste hollywoodien, c'est super d'être "blacklisté" pour trouver du travail:

Every December, The Black List survey over 600 production company and film financier executives about their most liked screenplays and aggregate the responses for the industry and the public. http://blcklst.com/lists/

http://articles.latimes.com/2011/dec/13/entertainment/la-et-black-list-20111213
avatar
Eyquem

Messages : 3126

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Dim 20 Avr 2014 - 12:19

La mémoire est une chose étonnante;

je lisais un ouvrage français sur googlebooks intitulé en finir avec le maccarthysme _ rien que le titre avertit de son contenu idéologique lol, tout en m'interrogeant sur les raisons pour lesquelles, dans le monde cinéphile français, cette question soulevait tant de débats houleux, tant d'antagonismes, y compris politiques _ il suffit d'évoquer le nom de Kazan.

Puis plus tard dans la journée, par désœuvrement, je piochais au hasard un numéro des cahiers vieux de 14 ans; Les destinées sentimentales d'Assayas en couv.

J'épluche le numéro et je m'arrête sur une page, une parmi tant d'autres;

le critique Joel Magny y parlait justement de l'essai "en finir avec le maccarthysme" en concluant, "ces réserves devraient rendre le livre de Törok indéfendable. C'est pourtant son énormité qui le sauve. Averti de son a priori américano-nationaliste, on aurait tort de na pas utiliser la mine d'informations proposée."

Bon, je suis resté coi un moment, mais cela semble naturel puisque je n'ai pas encore pris l'habitude de parler, seul, face à l'ombre sur le mur.

Peut être que ce numéro des cahiers me fournissait également un indice, une clé de compréhension, quant à la manière dont est décrit le contexte de la chasse aux sorcières, ici, dans le champ critique français (c'est d'habitude ce qui arrive au cinéma, tout est signe lol).

De ce numéro, je me souvenais confusément de propos échangés entre Assayas et la rédaction des cahiers sur l'auteur des destinées sentimentales, Chardonne, écrivain collaborateur pendant la seconde guerre mondiale.

Faudrait-il comprendre la lecture du maccarthysme, les profondes dissensions qui s'y entendent, comme une nouvelle scène qui ré-institue un débat plus ancien, sur fond de collaboration? C'est une relation certes osée lol, alors disons que c’est simplement une question.

Des films de la continental, créée par Goebbels en 40, l'un des plus fameux reste bien sûr le corbeau de Clouzot. Un des scénaristes blacklisté par Hollywood, Howard Koch, a adapté le scénario de Louis Chavance, en 51, pour Preminger, dans une petite ville du Québec.

Comme souvent chez Preminger, la caméra accompagne un personnage, ici le docteur, de dos, face à la ville et la communauté, épluchée comme un oignon, en ouverture du film, sur un ferry qui s'approche lentement de la rive. Comme dans Laura, l'histoire est écrite par un personnage, l'humanité est décrite sous l'oeil de la maladie, de la névrose, de la petitesse et de la lâcheté. L'enquête va a contre courant, signe un pacte avec l'amour et la confiance en l'autre.

Nombre de dialogues créent des ponts avec la paranoïa instillée par le Maccarthysme.


hi guys Wink

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Mer 7 Mai 2014 - 16:48

L'intérêt d'Hollywood pour la situation des juifs de Palestine - on parlait de Preminger - ne nous éloigne pas tant du sujet de ce topic;
les enquêtes du congrès, la pression des factions anti-communistes, l'antisémitisme à visage découvert firent que bon nombre d'artisans des idées progressistes délaissèrent la scène politique par crainte de représailles.
En parallèle, l'organisation paramilitaire juive, la haganah, envoyait des émissaires à partir de 1946 pour trouver des fonds à Hollywood et éveiller les consciences au sort des juifs de Palestine et des immigrants rescapés des camps nazis de la seconde guerre mondiale.
Fred Zinneman organisa des réunions de sensibilisation avec des producteurs ou des scénaristes tel Carl Foreman qui écrivit Hign Noon et fut plus tard blacklisté.
Sachant l'ambiance délétère qui régnait à l'époque dans l'usine à rêves, on peut comprendre qu'une majorité de juifs fusse attirée par la propagande pratiquée par la Haganah qui vantait une terre promise en Palestine, une communauté en laquelle se reconnaitre, et une manière aussi de répondre à la détresse des victimes du nazisme pour lesquels les portes d'or de l'Amérique étaient, pour la plupart d’entre elles, fermées.
Robert Blumofe a écrit:Most of us ... had a feeling that we were homeless, waiflike people who got pushed around, not really accepted. And suddenly Israel, even to the least Jewish of us, represented status of some sort. It meant that we had a homeland. It meant that we did have an identity. It meant that we were no longer the stereotype of the Jew: the moneylender, the Jew businessman. These were fighters and they were farmers and they revived the land there ... all of this was terribly, terribly uplifting
Avant Exodus de Preminger, il y eut deux films qui parlèrent du conflit en Palestine: the sword in the desert (La bataille des sables, en 1949) produit et écrit par Robert Buckner et The juggler en 1953 produit par Stanley Kramer.

The sword in the desert décrit la lente prise de conscience, morale et religieuse, d'un cynique capitaine de bateau américain qui fait entrer illégalement des immigrants juifs en Palestine; sa seule motivation étant l'argent qui lui promet l'organisation clandestine pour sa participation. Le capitaine représente l'ingénu spectateur américain, soucieux de ne pas s'impliquer dans cette histoire complexe et lointaine, mais que les évènements va amener à devoir choisir un côté plutôt qu'un autre.
Les soldats britanniques en charge de faire respecter les accords internationaux sont à peine mieux considérés que les nazis dans le cinéma de guerre. Ce sont les véritables ennemis et les cibles des actions de l'organisation secrète juive qui est représentée comme une force de résistance à l'oppression.
Les palestiniens, quant à eux, les arabes, sont croqués de façon sommaire, raciste: ils crachent à terre et maudissent les juifs, quand ils sont sur le bord de la route poussiéreuse, avec leurs chèvres; ils dénoncent leur amis; ils n'ont aucun courage. Il méritent à peine l'attention d'un film qui les remise rapidement dans le hors champ, ainsi la question de la terre n'est jamais soulevée.
A deux reprises, les membres de l'organisation se travestissent en palestinien pour éviter la suspicion des autorités britanniques. Ils les interprètent bien sûr à coup de clichés détestables.
La dernière séquence dans le camp britannique fonctionne assez bien sur le plan dramatique, sur le parallèle artificieux qu'elle forge. C'est la veille de Noël, les soldats sont rassemblés autour d'un arbre aux rares feuilles décoré comme le fameux sapin. Ils chantent un hymne pour l'occasion. Les officiers interrogent le capitaine du navire, indécis, lui démontrent que son intérêt est de leur révéler l'identité du chef des insurgés. Ce dernier acquiesce avant de se raviser quand l'un des officiers, le plus mesuré, lui indique que l'arbre autour duquel sont rassemblés les soldats s'appelle selon la tradition l'arbre de Judas.


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Borges le Sam 10 Mai 2014 - 10:20

Hi Erwan; c'est vraiment passionnant cette histoire; tu devrais en faire un bouquin : " Israël et Hollywood :  de "the sword in the desert" à World War Z "

De quand date, où situer le retrait de la figure cliché de l'arabe romantique et super lover  incarnée par RV (la première super star symbole du sexe de l'histoire du cinéma)
avatar
Borges

Messages : 6047

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Sam 10 Mai 2014 - 18:46

salut Borges; j'ai lu que dans le Sheik, Valentino n'était pas arabe mais de père français et de mère espagnole; la fille dans le film pense qu'il a des mains trop larges pour des mains d'arabe ...  Suspect Jamais vu le film lol.
Et j'ai pas tenu 10 minutes face à world war Z ... enfin, je suis quand même arrivé jusqu'à la scène dans l'appartement ... comment peuvent ils écrire des telles choses  pale

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Jeu 29 Mai 2014 - 13:42

the juggler de Dmytryck (1953)
dont les évènements se passent en 49 après la guerre de Palestine.
Un déporté allemand victime de troubles psychologiques essaye de fuir un passé oppressant. En Israël, il a la chance de découvrir une communauté "réelle", en construction.
On nous parle d'un village arabe détruit qu'une femme du kibboutz agricole va visiter afin de savoir si quelqu'un peut y vivre.
Il y a une patrouille à la frontière avec la Syrie; et un champ de mine à l'orée du kibboutz. Quelques signes mais aucune curiosité pour ce qu'il s'est passé auparavant.
Mais beaucoup de complaisance à jouer de la fibre émotionnelle.
Dmytryck effectue une bien étrange synthèse des précédentes années noires à Hollywood, et de l'histoire au moyen orient:





Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par dreampeace le Ven 13 Juin 2014 - 8:34

Hello Erwan, tous,

Merci pour tout ça. Je peux savoir savoir quelles sont tes sources ?
avatar
dreampeace

Messages : 140

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Ven 13 Juin 2014 - 16:21

hello dreampeace, c'est cool de te voir dans le coin. En quel territoire lointain l'ami K, so far lui même, a t il lancé son hameçon magique pour t'attirer ici Wink
Au commencement il y avait une discussion avec le doc sur un western intéressant, hellgate; il me semble; et puis quelques lectures sur googlebooks (et classiquement dans une bibliothèque lol) ont suivi (c'est passionnant ce que je raconte); j'essaierai de retrouver les refs (demain)  Smile .
Mais c'est donnant donnant: en échange, je te commande une critique d'au moins 1 ligne d'un film lié à cette histoire;  je sais c'est dur mais c'est la crise.  tongue


hollywood in the holy land
an empire of their own
Exiles in hollywood
Recasting America
pour en finir avec le Maccarthysme
The inquisition in Hollywood
the communism in Hollywood
Hollywood's blacklists
the Un-americans
the final victim of the blacklist
l'anticommunisme aux Etas-Unis de 1946 à 1954

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par dreampeace le Sam 14 Juin 2014 - 16:46

Hello Erwan,

Merci infiniment ! L'ami "K" à lancé son hameçon dans le territoire de l'ami "K.", dans lequel je me trouve depuis quelques temps. Entre K et K., plus rien, plus d'écrit, que des lectures. :-)

Bon tu as mis les références avant que je réponde, je me vois donc obligé de répondre à ta commande par la positive. Je n'arrive plus à écrire sur les films, mais je vais essayer, promis.
avatar
dreampeace

Messages : 140

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Sam 14 Juin 2014 - 17:31

Wink ne te sens pas obligé mon cher dream.
Cela réchauffe le vieillard que je suis d'agiter comme un fétiche un passé/présent et de faire surgir quelques virtualités propres à redessiner l'avenir lol

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Dim 27 Juil 2014 - 11:01

le scénariste du film zaytoun explique la manière dont son récit a été censuré ou retourné contre son propos initial.
http://www.zaytounthemovie.com/

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Lun 25 Mai 2015 - 17:22

Dissent! Noel Burch _ Red Hollywood from Courtisane Festival on Vimeo.


Je lis en ce moment un ouvrage de Thom Andersen et Noël Burch intitulé "les communistes de Hollywood: Autre chose que des martyrs." C'est l'un des ouvrages les mieux pensé et précis que j'ai pu parcourir sur le sujet. La première partie est une étude de l'historiographie sur la période des purges dans l'industrie du cinéma. Une étude critique qui contextualise et redonne son importance aux étapes et aux contradictions du communisme américain, des années 30, après le krach boursier de 29, jusqu'aux années 50. L'un des aspects qu'ils mettent en lumière est la mise à l'écart de la catégorie politique au profit de la dimension morale et psychologique de la dénonciation dans certains des ouvrages de "référence".
Un autre facteur qui tend à atténuer l'importance des attaques de la HUAC peut être synthétisé par la formule de Billy Wilder: "Deux seulement avaient du talent, les huit autres étaient simplement inamicaux." L'idée en fait que le cinéma américain n'a pas vraiment changé suite aux évictions de nombres de collaborateurs accusés d'être affiliés au parti communiste ou aux idées progressistes. C'est une façon de voir qui opère encore je crois, dans ce que j'ai pu entendre.
S'il est sans doute vrai que les exilés d'Hollywood ne comptaient pas dans leur rang un génie visible et incontestable (encore faudrait il regarder plus sérieusement que je ne le fais), ils ont ouvert le cinéma hollywoodien aux questions sociales, de lutte des classes, à la critique des structures et des systèmes dominants, disons capitalistes, exemplairement entre 30 et 34 à l'aube du parlant et avant l'arrivée du code Hayes, mais aussi juste après la mise au ban des dix d'Hollywood, entre 47 et 51 ou les scénaristes menacés semblent avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille.
Mais je ne fais que paraphraser bien modestement et sans doute bien mal cet ouvrage d'Andersen et Burch.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Lun 25 Mai 2015 - 17:52

http://spectresducinema.1fr1.net/t1863-william-wellman-la-first-national-et-la-depression?highlight=wellman
Le Doc a écrit sur Wellman et le cinéma post-dépression.
Le cinéma est le lieu de contradictions intenses entre les différents acteurs d'un film. Et le scénariste n'était sans doute pas le mieux doté pour faire valoir son point de vue face au metteur en scène ou au dirigeant du studio. Mais il était là.
Je me souviens d'avoir été assez gêné par une séquence d'un film très intéressant de Wellman, heroes for sale (ty K). Ce film construit un embranchement, une ligature, dans une perspective sacrificielle, entre deux périodes, le front de la première guerre mondiale et la période de la Dépression. Au sacrifice des soldats américains courant vers les tranchées allemandes répond le sacrifice des laissés pour compte de la crise de 29. C'est le mouvement de l'Histoire, il n'y a plus qu'à espérer des lendemains meilleurs. Toute possibilité d'un évènement est proscrit.
Si est dessiné, par la relation entre deux amis, un conflit de classe à l’œuvre dans la société américaine, il est très atténué par la fin du film et par une séquence qui m'a assez dérangée, celle d'une grève:
Wellman place sa caméra du côté des forces de l'ordre face à des manifestants qui réclament des droits dans l'entreprise qui menace de les licencier. Ce mouvement collectif et disruptif des salariés, s'il est présent à même la pellicule et dans la réalité du temps de la Dépression, n'est pas accompagné par la sympathie de la caméra. C'est un moment assez étrange. Le film lui même semble imprégné de contradictions. Un personnage d'immigré communiste devient in fine l'apôtre de la compétition sociale la plus déchainée.
Alors j'étais un peu circonspect et j'ai demandé au doc:
"mais tu connais, de ton côté, des films qui portent, qui soutiennent, une vision de la communauté, qui soit, qui puisse être, le lieu d'une naissance à ce "nous" de "l'émancipation" intellectuelle, politique, sensible mais aussi, sans que cela soit une fin, personnelle?".
Dans le contexte Hollywoodien, nous n'avons pas vraiment réussi à trouver de réponse  silent ; et ailleurs, existe t il encore des films pour les spectres?


Dernière édition par erwan le Jeu 28 Mai 2015 - 17:02, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par gertrud04 le Mar 26 Mai 2015 - 11:20

Salut erwan, j’ai découvert récemment sur cette période non un livre mais un film : Le prête-nom de Martin Ritt. Si tu ne l’as pas vu (ce dont je doute), précipite-toi. Drôle et super émouvant. Un film de 1976 dont Jerzy nous a dit que c'était la meilleure année de cinéma. Je vais finir par le croire Smile
avatar
gertrud04

Messages : 241

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Invité le Mar 26 Mai 2015 - 19:16

Salut Gertrud04; je partage ton enthousiasme à propos de ce film. C’est le meilleur film de Woody Allen non? qu'il fut réalisé par un autre ne me surprend guère ... Razz
C'est dans le milieu de la télévision si je me souviens bien. Le rôle offert à Zero Mostel est très beau et émouvant.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: quelques trucs lus sur la liste noire

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum