Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par py le Sam 4 Jan 2014 - 23:33

Bidibule a écrit:
(Faudra vraiment régler cette affaire de allowscript. Les fans de guillemets sont persécutés, ici. Pis j'aime pas trop les italiques. ça a pas la même fonction, pour moi)

T'as essayé le double apostrophe: '' (touche du 4 sur le clavier)?
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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 0:11


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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 3:06

tlm a écrit:Entre Glenda Jackson dans le film de Russell et Marina Hands dans celui de Ferran, mon choix est vite fait...


Je saisis pas trop.

Women in love n'a rien à voir avec Lady Chatterley, même si ce sont deux romans de Lawrence.

Et le film de Russell n'a rien à voir non plus, quant à lui, avec celui de Ferran. Je vois pas en quoi le second souffrirait de la comparaison avec le premier.

Russell a réalisé en 1993, par contre, une adaptation en téléfilm de Lady Chatterley. Mais tu parles bien ici de Love.

Je les ai vus tous les deux. Celui de Ferran dans la version métrage; celui de Russell plusieurs fois (pas mal de redifs en télé) et n'y ayant jamais trouvé aucun intérêt, même avec la meilleure volonté du monde et l'ennui des dimanches pluvieux.
Le film de Russell est d'un ennui et d'une vacuité typiquement '' british " ... Il fait dans le glamour-rétro mou. Glenda Jackson est froide comme une huitre, dans le genre simili frigide.

Pour la petite histoire, elle était jugée insuffisamment séduisante par la prod, qui lui imposa un relooking de choc: pas seulement coiffure etc, mais aussi redressement des dents, enlèvement des varices. Si si, c'est vrai. Lol.
Spoiler:
Glenda Jacskon: Avant/Après.

1967: Marat/Sade (Peter Brook)

Notez brièvement la dentition à 6'24''.

1973: A touch of class (Melvin Frank, oui, l'illustre, le légendaire, le fameux, célébrissime Melvin Frank)

Notez la dentition à 1'04''.
Vachement plus glam. Et sans varices, imaginez ses jambes de folie.
Perso, je la trouvais plus mignonne avant. Plus de ''chien''.


Le sel du truc étant que Russell a l'air de se faire tellement ch... à raconter cette histoire languissante qu'il la transforme en histoire d'amour se jouant principalement entre les deux mecs, le barbu et le moustachu virils sortis tout droit de Maciste. D'où le titre: Love (sans women), par provocation.
La seule séquence mémorable, et où ça s'agite un peu, c'est donc Alan Bates et Oliver Reed luttant nus et en sueur sur le tapis, au coin du feu. Dans une étreinte de catcheurs signifiante comme 5 gyrophares, puisque l'acmé en est une image de coït. Festival de chairs rougeoyantes, comme souvent chez Russell. J'ai toujours trouvé ça assez kitscho-grotesque. Encore que ce soit le film le moins kitsch de ce cinéaste. C'est dire.





Le film de Ferran me paraît plus intéressant. Sans sauter au plafond, non plus. Ferran adapte Lady Chatterley et l'homme des bois (cad la deuxième version du roman), en déplaçant le propos et le problème. Les corps sont traités sans érotisme particulier. La beauté n'est pas convoquée ici. ça fait penser un peu à du Guiraudie en mode proto-bressono-pialatesque.

Ferran fait subir à l'histoire un infléchissement féministe, si on veut. L'amant est ici un homme pas spécialement attirant, voire laid, vulnérable, de sensibilité presque féminine en fait malgré son apparence de brute un peu épaisse.
Joué par Jean-Louis Coulloc’h, qui est un comédien assez étrange. '' [...] ne se destinait pas naturellement au métier de comédien. Il est passé par une multitude de petits boulots (cuisinier, brancardier, coursier… avant de faire ses débuts au théâtre. '' (wiki).

C'est un film assez vériste et d'inspiration naturaliste, simple et sans apprêts, jouant sur la ténuité. Très éloigné, c'est le dessein de la réalisatrice, de l'univers de Lawrence.


PS: merci Pi. ça marche, avec la touche apostrophe.

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 12:35

Ha qu'est-ce qu'on peut sortir pour essayer de justifier ce lieu commun truffaldien  (pourtant ses deux meilleurs films sont tournés avec des acteurs, et parfois des réalisateurs anglais qu'il utilisait comme techniciens)
Le combat devant le feu est aussi dans le roman de Lawrence si je me souviens bien (pas terminé à vrai dire, c'est une brique, mais j'ai l'impression que le film ne le trahissait pas et trouvait l'équivalent à l'image du style de Lawrence).

Et Glenda Jackson, un parcours intéressant et complexe.

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 15:19

Tony le Mort a écrit:Ha qu'est-ce qu'on peut sortir pour essayer de justifier ce lieu commun truffaldien  (pourtant ses deux meilleurs films sont tournés avec des acteurs, et parfois des réalisateurs anglais qu'il utilisait comme techniciens)

Cad? Quel lieu commun truffaldien j'essaie de justifier? Comprends pas.

Et surtout, c'est toi qui racontes que le film de Ferran souffre de la comparaison avec le Russell, alors qu'il ne s'agit pas de la même histoire.

Ken Russell plus fidèle au style de Lawrence? Franchement, ça m'étonnerait.
Russell est surtout fidèle à son ''style". Si on aime le pompiérisme. Il est un peu au cinéma anglais ce que Gustav Holst *** est à la musique. Y a un (autre) bon film à retenir, chez Russell?

*** Je plaisante. Il s'est également senti obligé d'illustrer Les Planètes. Pour un résultat qui laisse songeur. Ce qui était encore chouette dans la musique de Holst, il parvient à le rendre moche et kitsch.
Il était mélomane, sans nul doute, mais je ne comprendrai jamais sa manie de vouloir illustrer, interpréter mimétiquement la musique. J'avais bien d'autres images mentales en tête, enfant, en écoutant les Planètes. Ici tout est écrasé sur des chromos lourds, qui enlèvent toute magie à cette partition un poil trop coruscante mais vraiment cool.



Dernière édition par Bidibule le Dim 5 Jan 2014 - 15:56, édité 1 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 15:55

C'est pas moi qui ait utilisé les termes "vacuité typique du cinéma british".
C'est sûr que (pour se limiter aux années 30-70, et en publient le free cinema avec Anderson et Reisz que je connais pas bien) Hitchcock Peter Weir, Brook, Powell, Roeg; Lean, Boorman voire Chaplin et Hitchcock et d'un certain côté Losey et Kubrick c'est de la vacuité...
Russell c'est certain qu'il y a des trucs qui relèvent du scopitone psychédélique-bourgeois plus que du cinéma (même si en fait j'aime bien, au moins c'est un style), Mahler ça se regardait même si cela a diffusé la vulgate sur Alma Mahler en pré-nazie. J'aimais bien la scène avec un cocon sur l'ouverture de la troisième, en tout cas cela pouvait déjà faire venir un ado vers la musique de Mahler, c'est déjà pas rien


Dernière édition par Tony le Mort le Dim 5 Jan 2014 - 16:02, édité 1 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:02

Tony le Mort a écrit:C'est pas moi qui ait utilisé les termes "vacuité typique du cinéma british".
C'est sûr que (pour se limiter aux années 50-70) Hitchcock Peter Weir, Brook, Powell, Roeg; Lean, Boorman voire Chaplin et Hitchcock et d'un certain côté Losey et Kubrick ça ne compte pas...

C'est toi qui, par contre, as la manie de remplacer les phrases qu'on écrit par d'autres qui signifient autre chose.

Je n'ai pas écrit vacuité typique du cinéma british, mais Le film de Russell est d'un ennui et d'une vacuité typiquement '' british ". Ce qui ne veut pas dire du tout la même chose.

Mahler ça se regardait même si cela a diffusé la vulgate sur Alma Mahler en pré-nazie. J'aimais bien la scène avec un cocon sur l'ouverture de la troisième, en tout cas cela pouvait déjà faire venir un ado vers la musioque de Mahler, c'est déjà pas rien

Je préfère, si on parle de cocon, son repaire du ver blanc. Au moins, c'est un nanar assumé.


Dernière édition par Bidibule le Dim 5 Jan 2014 - 16:46, édité 3 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:03

ah pardon, j'ai mal compris la subtilité, je pensais que tu parlais du cinéma britannique et faisais allusion au jugement de Truffaut (sans doute pas très réfléchi) dessus, étant donné que c'est quand-même un forum de cinéma un peu à l'origine, mais en fait tu parles des (de quoi en fait, des Anglais, des Britanniques?): C'est quoi la vacuité "typiquement ""british"" (pas facile de mettre des guillemets dans des guillemets) alors? Elle s'oppose j'imagine au génie français, la profondeur allemande, la brique dans le ventre réaliste-magique belge?


Dernière édition par Tony le Mort le Dim 5 Jan 2014 - 16:10, édité 1 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:10

La vacuité '' typiquement british '' du film de Russel? Ben, c'est un cliché, oui. De son cinéma, de l'idée qu'il se fait de ce qui est ''british"". Il se sent obligé d'allonger de languissantes scènes où on prend, interminablement, le thé en costume d'époque dans la campagne anglaise verdoyante.
( Losey fera ça aussi, dans The go-between. Mais pour rendre le jeu de la distinction sociale. )
T'as ça dans je ne sais combien de films, surtout non-anglais. Ivory - qui est américain - s'en fera une spécialité.


ça n'est donc pas affaire d'esprit d'un peuple, comme tu le suggères perfidement. Rien à fiche du '' génie français'' et de la ''profondeur allemande''. Je suis fan de base du cinéma anglais. Pas de Ken Russell, c'est tout.


Dernière édition par Bidibule le Dim 5 Jan 2014 - 18:52, édité 1 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:12

Dans "Love" c'est pas du thé, mais des figues en l'occurrence, et ça change tout.

Moi je suis fasciné par le paysage anglais,  la manière dont par exemple une ville industrielle comme Sheffield est littéralement posée brusquement au cœur d'une zone de campagne et de collines qui rappelle le massif central, comment l'essai pour humaniser cette "contradiction" a  donné naissance à l'école brutaliste


Dernière édition par Tony le Mort le Dim 5 Jan 2014 - 16:16, édité 1 fois

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Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:15

Ouaih, t'as raison.

Moi, je suis fasciné par tous les paysages.

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:17


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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:20

En attendant, tu ne réponds toujours pas à ma question. Balançant tes procès d'intention incompréhensibles, puis cherchant dans les mots de tes interlocuteurs des intentions qui ne s'y trouvent pas.

Rappel:

Bidibule a écrit:
Tony le Mort a écrit:Ha qu'est-ce qu'on peut sortir pour essayer de justifier ce lieu commun truffaldien  (pourtant ses deux meilleurs films sont tournés avec des acteurs, et parfois des réalisateurs anglais qu'il utilisait comme techniciens)

Cad? Quel lieu commun truffaldien j'essaie de justifier? Comprends pas.

Et j'aimerais comprendre. Le rapport avec ce que j'écrivais plus haut.

Comme quoi, chez toi, il y a ''lieu commun'' et ''lieu commun''. Celui que les autres essaient de justifier, et celui que tu essaies de justifier...


Dernière édition par Bidibule le Dim 5 Jan 2014 - 16:23, édité 1 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:23

Non désolé, en fait j'ai compris, quand tu dis "vacuité british" tu veux en fait dire "vacuité typique du cliché sur le paysage britannique". C'est moi qui ai mal compris et était dans le forçage interprétatif, tout était clair dès le  départ.

A part cela tu lèves souvent l'accusation que l'autre aime des films "racistes (comme "la Comédie du Travail" de Moullet) dès lors que tu ne peut pas rendre raison d'une différence de goût, où n'arrives pas à penser des difficultés sur la valeur des représentations (est-ce que représenter le chômage sans les chômeurs serait mieux?).

Un conseil quand-même: évite de me prendre pour un con. Voilà...


Dernière édition par Tony le Mort le Dim 5 Jan 2014 - 16:26, édité 3 fois

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:24

Fais pas ton slimfast. Même si ça t'est difficile. lol.

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 16:27

Sinon Truffaut:
« Dire que le cinéma anglais est mort serait excessif puisque aussi bien il n'a jamais existé. Le film anglais actuel est incolore, inodore et sans saveur particulière. »

http://leclubdescinephilesincorrigibles.blogspot.be/2013/09/une-eblouissante-rehabilitation.html#_ftn2

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Re: Top de la meilleure année de cinéma (sujet de liste piqué à FDC)

Message par Invité le Dim 5 Jan 2014 - 17:04

J'ignorais ce lieu commun truffaldien.

Je ne suis le porte-parole d'aucun propos de Truffaut. Mais maintenant, au moins, j'ai compris ce que tu essayais de dire, même si ça n'avait aucun rapport avec mon propos.

Cependant, tu fais là-aussi dans l'amalgame tendancieux et le procès d'intention. Ces propos de Truffaut sont émis dans les 50s, cad précisément avant qu'éclate la ''nouvelle vague'' anglaise, qu'on appela le ''free cinéma'' (Anderson, Reisz, Richardson, Schlesinger, etc), qui précéda la ''vague française'' de quelques années. Parallèle au mvt des ''young angry men" en littérature (Osborne, Pinter, etc). Dans l'époque et le contexte polémique de ses propos, il n'avait pas spécialement tort (même si c'était outré). C'est à saisir en relation avec ce qu'il écrivait ''d'une certaine tendance du cinéma français" à la même époque. Soit une charge contre ce qui était jugé, à tort ou à raison, ''l'académisme'' (excepté Hitchcock, puisque c'était sa référence).

Okay.

A part cela tu lèves souvent l'accusation que l'autre aime des films "racistes (comme "la Comédie du Travail" de Moullet) dès lors que tu ne peut pas rendre raison d'une différence de goût, où n'arrives pas à penser des difficultés sur la valeur des représentations (est-ce que représenter le chômage sans les chômeurs serait mieux?).

Un conseil quand-même: évite de me prendre pour un con. Voilà...

C'est bien, tu continues à perpétuer exactement la même mécompréhension de ce que je disais du Moullet. Selon cette manie de transformer les phrases en propos qui disent autre chose. Raciste concernait sa vision du travailleur immigré. Quant aux chômeurs: y a aucune '' représentation '' du chômage, sinon carnavalesque et pontifiante, pour le coup.
J'avais déjà réexpliqué tout ça, longuement, en réponse à ton interprétation biaisée de mes propos. En juillet. Mais apparemment ça n'a servi à rien. C'est comme si j'avais pas répondu, rien écrit. Qui c'est qui prend l'autre pour un con? Tu balances tes trucs, et tu ne lis jamais les réponses, semble-t-il. Dans le meilleur des cas. Dans le pire, tu transformes les phrases et substitues aux réponses le contenu qui est dans ta tête.

http://spectresducinema.1fr1.net/t1577-les-petites-fugues-de-yersin-rozier-et-ranciere#41324

Spoiler:

jerzy a écrit:
tony le mort a écrit:
Je sais pas moi, un jour tu as taxé la Comédie du travail de raciste contre les chômeurs (parce que même dans la comédie ils restaient une foule) en décrivant avec force répugnance une scène réelle du film, j'aimerais que l'on m'explique la différence politique entre ce film et "Maine Océan"

Je n'ai pas dit cela: j'ai dit que la représentation du travailleur immigré dans ce film de Moullet est raciste, et je le maintiens absolument. Pour le reste, c'est pas une muraille de Chine qui sépare ce film de Moullet des deux autres films dont je parle ici, c'est carrément un océan. Strictement aucun rapport entre l'univers de Moullet et les univers de Rozier ou Yersin.

Moullet a créé son "personnage" (dans ses autres films, documentaires "parodiques"), sur le mode de l'auto-dérision, mais qui campe toujours dans une forme de jugement (en surplomb) assez peu aimable pour les gens qu'il filme ou observe.
Ce même mépris en sourdine caractérise cette fiction qu'est La Comédie du travail. "Comédie" en effet: chacun y joue, semble nous dire Moullet, son petit "rôle". Le chômeur joue le rôle du "chômeur", le "placeur" joue le rôle de "placeur", le "salarié" joue le rôle de "salarié". Chacun jouant son "rôle" nous est montré comme hypocrite. (Sauf le travailleur immigré, le cantonnier qui, lui, ne semble pas jouer un "rôle": il est en effet montré de façon assez proche d'un singe, causant "petit-nègre" et avec la gestuelle désordonnée d'un grand enfant spontané et hilare. C'est la vision caricaturale, ethnocentrée, que Moullet semble avoir de l'Afrique et des Africains, et il ne me semble pas du tout qu'elle soit parodique dans la mesure où elle se distingue très précisément du traitement des autres figurants du film, qui sont présentés comme des caricatures jouant un "rôle". Ici, c'est bien une caricature d'être humain, mais elle nous est présentée comme "naturelle", "spontanée").
Mais il ne s'agit jamais chez Moullet de quitter ces rôles, de quitter la place qu'assignent socialement ces rôles: c'est un jeu. La société est un "jeu de rôles". Un jeu où chacun semble finalement bien tenir sa place, dans un petit monde au fond bien ordonné, celui de Moullet. Vision assez statique et droitière de la "société".

Je soupçonne Moullet, je l'avais déjà dit, d'être politiquement très réactionnaire. Une sorte de Rohmer qui serait doté de davantage d'humour noir, de méchanceté, d'auto-dérision (apparente) et surtout de dérision des autres (flagrante).
Le film de Moullet participe pour moi d'une forme d'humour franchouillard-égrillard, du registre de la fable, ou moquerie, ironiques ou sarcastiques. Aucun personnage n'y existe, ils sont tous saisis comme des stéréotypes peu ou prou méprisables.
C'est tout le contraire des deux autres, qui sont des films de lenteur, de contemplation, de déplacement, de dérèglement en douceur, de l'ordre de la dérive poétique, et mus par une profonde tendresse pour tous leurs personnages, qui existent comme personnes.


PS. Une mignardise délicieuse:
tlm a écrit:C'est sûr que (pour se limiter aux années 30-70, et en publient le free cinema avec Anderson et Reisz que je connais pas bien) Hitchcock Peter Weir, Brook, Powell, Roeg [...]
Peter Weir est australien.


* * * *


Pour détendre l'atmosphère, un classique des familles. Un autre traitement du paysage, anglais, urbain en l'occurrence, que je trouve absolument fascinant:






Bon, maintenant qu'on a levé un malentendu passionnant, on peut revenir au sujet de mon topic formidable?  Very Happy

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