Le Hobbit, la désolation de Smaug

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Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par glj le Sam 28 Déc 2013 - 23:14

J'avais trouvé la trilogie du seigneur des anneaux, très mauvaise : longueurs et étirements jusqu'à la nausée de toutes les scènes, mièvrerie à la disney ( on se croit même chez les schtroumpfs de temps à autre ), sérieux clostro des intrigues. Le hobbit numéro un n'avait fait que confirmer le tout et reconfirmer également que the money is the best friend of this project. Cependant un léger mieux, un léger goût d'aventure s'aventuré dans cet épisode, la où à aucun moment dans la trilogie n'advenait quelque chose dans ce livre de belles images.

Le hobbit 2 confirme cette tendance et peter jackson fait même montre de scène de cinéma qui depuis bien longtemps lui échappé. Si il y a toujours autant de longueur, si la mièvrerie pointe son nez assez souvent et si les images cartes postales sont de sorties, d'autres choses arrivent à nos yeux et nos oreilles : du suspens, du rire, de l'emerveillement, de la curiosité. Des scènes entières marchent : telle la scène de l'évasion dans les cuves à vin, d'une maestria jamais vu dans l'élégance de son ballet de bataille, autre scène qui marche celle effrayante de noirceur avec les araignées géantes et que le hobbit entend littéralement parlé ( procédé génial ), autre grande scène celle du dragon dans le chateau rempli de pièces d'or, scène quasi primitive pour tout enfant. Toutes ses scènes ne sont pas sans défauts ( notamment cette satanée longueur qui colle a toute sa série Talkien ) mais elles donnent un sentiment de vie qui était exclut de tout le reste de la série.
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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par wootsuibrick le Dim 29 Déc 2013 - 4:46

assez d'accord Le hobbit 2 a un ryhtme plus riche que le premier qui consistait en : blablablblabla-ah mince les orques nous courent derrière!-pif paf poum paf bam blablablablablabla pifpafpoumpafbadaboumpif-ah mince les orques nous courent derrière!-pif paf poum paf bam clack plouf badaboum-blablablablablabla-zzzzzzz-ah mince les orques nous courent derrière!-pif paf badaboum clack blabla poufbam badaboum
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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par Invité le Lun 30 Déc 2013 - 17:51

oui, Jackson semble parvenir à la forme désirée, d'une technicité impériale. Sur le plan strictement visuel, c’est beaucoup plus joli que le premier volet; et le rythme est mieux maitrisé.
Mais quelle étrange tapisserie nouée de mailles si disparates.
bilbo n’est plus le bilbo du roman: il prend plaisir à donner la mort; Gandalf perdu dans les limbes morales; et que de scènes qui n'appartiennent en rien au monde rêvé par Tolkien, à l'éthique des personnages dont Jackson semble ne plus se soucier aucunement:
Scène de Torture pratiquée par le roi des elfes Thranduil et son fils Legolas; et la mise à mort du prisonnier.
Auparavant, ou par la suite, je ne sais plus, des stigmates apparaissent sur le visage du roi, manière de mettre en lumière ce qu'il a perdu, ou les blessures qu'il a reçu dans la lutte contre le mal  (les dragons du nord ???) , et manière de légitimer la violence qu'il emploie; il y a également l'idée d'un lègue, d'une transmission puisqu'il agit en compagnie de son fils.
C'est quoi les elfes dans cette noire forêt des signes? et les nains qui jouent avec le feu du dragon?
Une phrase entendue distraitement: le monde laissé à l'état de cendres, le monde incendié _ en parlant de la menace du dragon endormi sous la montagne. Mais quelle tournure particulière, quelle image saisissante, qui n'appartient là encore aucunement à l'univers littéraire adapté.
Alors d'où cela provient-il?
Je crains que cela ne viennent de notre histoire contemporaine.
Un film qui désenchante et reprogramme.


Dernière édition par erwan le Mar 31 Déc 2013 - 18:19, édité 1 fois

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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par Borges le Lun 30 Déc 2013 - 19:21

Hi;
début catastrophique, puis léger mieux; dragon réussi, c'est même le seul personnage à posséder une certaine personnalité, une profondeur, de la conversation, et de l'esprit; il va perdre, pas de doute, mais en terme de cinéma et de présence, c'est lui le grand gagnant, le roi, le maître.

On dit que c'est mieux que le un (joli slogan pub); sans doute, y a du mieux, mais je crois que le premier avait pour lui son début sublime, où l'image était creusée par la légende, le texte, et cet oubli qui fait le romanesque; le lointain, l'autrefois, ce que nous demandons tous à une histoire, à un conte, comme les gosses de The Tree of Life à leur mère, une histoire d'avant notre naissance;

les personnages sont tous assez antipathiques, comme le dit Erwan, trop bouffés par l'idéologie des temps présents (la torture, le blablabla sur la guerre, le mal...). A la longue ça fatigue. D'ailleurs les acteurs n'y croient pas trop; les dialogues sont lamentables...

le film : une suite de morceaux de bravoure (assez lâche, sans vrai tension; ce n'est ni une esthétique du cadre, ni de la séquence, ni de la scène, c'est comme disait Daney de je sais plus quel film une esthétique de l'illustration...) sans répit, sans durée, sans vrai rythme, moral, musical, dramatique, de mise en scène; si on enlève tout ce que ce film doit à la technologie, au bruit, on obtient une mise en scène digne d'un très mauvais film d'aventure, ou d'un western, avec dans le rôles des Indiens, iroquois si on veut, nos amis les orcs/orques... qui pourraient reprendre à leur compte, mais renversé le fameux slogan de Walter White : "Nous ne sommes pas le danger, nous sommes en danger." C'est quoi finalement un orc/orque ? Un être laid et méchant, sans doute, mais c'est surtout un être que vous pouvez tuer sans problème, en vous amusant, en nombre...

le plus répugnant dans le film, c'est la chanson; cette manière de chanter la mort, la destruction et l'auto-destruction, l'holocauste au sens étymologique du mot, est vraiment répugnante; ça rappelle les textes commentés par Derrida de Heidegger chantant la puissance de l'esprit/feu...

c'est proprement fasciste

( "Toute personne qui dit Vive la mort ! est un fasciste"; Deleuze)

"If this is to end in fire
Then we shall all burn together"

(c'est digne de Hitler, comme morale)





la plus belle critique du film, c'est bien entendu :



 
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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par glj le Dim 5 Jan 2014 - 12:07

je suis assez d'accord avec toi borges sur le coté fascisant de l'ensemble : la clostro, le chaos, la noriceur et les massacres.
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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par Borges le Dim 5 Jan 2014 - 15:40

hi;
revu le premier; à la fois pire et meilleur que dans mon souvenir.
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Re: Le Hobbit, la désolation de Smaug

Message par balthazar claes le Lun 6 Jan 2014 - 22:09

Ces orques débités façon boucherie, c'est aussi le triomphe des nouveaux effets spéciaux. Dans ces films les acteurs sont régulièrement remplacés par des personnages numérisés, en fonction de leur importance : les humains et assimilés sont joués par de vrais acteurs, à qui on donne des prix ; les monstres remarquables, comme Gollum ou le roi des Gobelins, sont joués par des acteurs dont les mouvements, les expressions, la voix, sont numérisés, avec le système de motion capture qu'on voit dans Holy Motors. La piétaille, chair à canon scénaristique, est directement dessinée par ordinateur.

On a donc trois niveaux de dignité représentative. Il n'y a aucun mal à tuer des Orques, puisqu'aussi bien ils n'appartiennent pas au règne du vivant. Le délire germanique de Tolkien trouve son accomplissement dans cette technique. L'ennemi est un simulacre, une maladie, une copie dégénérée de la vie ; il n'existe pas. (Les orques et gobelins sont des elfes et des humains que le diable Morgoth a fait involuer au stade de larves corrompues et pourries, à force de souillures.)

Pour compenser cette présence dans l'image d'un trou noir, pour sauver l'image d'une contamination par l'inexistant, il faut le délire kitsch-épique, la sublime bonbonnière du rapport à la magie, à l'origine, aux dieux... surtout : l'énormité, celle des dimensions spatiales et temporelles, du nombre des armées dans les batailles, de la durée même du film et de la série. Immense bac à sable stérile.

On peut dire aussi que le mouvement général de l'oeuvre de Tolkien est celui du désenchantement du monde, de l'éloignement des dieux. La magie se retire du monde, lequel se fait de plus en plus petit, de moins en moins sublime. Deuil de la grandeur, quand le sort de l'univers repose sur les épaules de nains joviaux et inoffensifs. D'un côté on trucide les Orcs, de l'autre les dieux s'éclipsent : double mouvement par lequel le trou noir de l'inexistant est conjuré, suturé. Autrement dit, à cette confusion dans l'image de l'existant et de l'inexistant, répond cet éloignement des dieux, de la magie... et de la fiction même, laquelle n'est plus du tout récit "spéculaire", mais, à rebours des intentions prométhéennes de Tolkien (écrire la nouvelle mythologie de l'Angleterre), devient simple espace ludique. La fantasy, c'est Donjons & Dragons qui en donne la formule la plus accomplie, celle du jeu de plateau, du jeu de rôle, de l'exercice de simulation ludique.

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