In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Baldanders le Dim 1 Déc 2013 - 18:23

slimfast a écrit:Et c'est quoi cette ânerie de Baldanders de l'étalonner à Rohmer. Leurs cinémas n'ont rien à voir. Encore une preuve d'incompréhension voire de mauvaise foi caractérisée.
Parfait. Ne cherche surtout pas à comprendre ce que j'ai voulu dire et oublie-moi. Je préfère largement ça à entamer le moindre dialogue de sourds avec toi.
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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Dim 1 Déc 2013 - 18:35

"Muets, gardés par des sourds, attendent un signe".

(Henry Michot. Traité du zigoma à l'usage des constipés comiques à l'insu de leur plein gré).

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par adeline le Dim 1 Déc 2013 - 18:49

De quel alibi nazi parles-tu slimfast ? Je ne vois pas à quoi tu fais référence…

Je sens ce qu'on peut aller chercher chez Rohmer pour le comparer à HSs, il y a en tout cas assez de choses pour que des gens écrivent de longues lignes dessus (juste pour la blague : Contes moraux de Corée. Hong Sang-soo et Eric Rohmer), même si pour moi il y a un fossé entre les deux, mais je n'ai vu que trois films d'HSs.

En tout cas, il déchaîne des passions. Chez Balloonatic, c'est l'amour fou pour HSs.

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Dim 1 Déc 2013 - 21:00

adeline a écrit:De quel alibi nazi parles-tu slimfast ? Je ne vois pas à quoi tu fais référence…
C'était juste une blague sur la blague du sous-titrage de la vidéo de la Chute que tu avais postée (je suis sûr qu'il y en a pour s'en emparer pour argumenter lol).

En tout cas, il déchaîne des passions. Chez Balloonatic, c'est l'amour fou pour HSs.
.
Et alors ?

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Dim 1 Déc 2013 - 21:35

Bidibule a écrit:"Muets, gardés par des sourds, attendent un signe".
On commence à le savoir que t'es pas manchot.


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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Lun 2 Déc 2013 - 11:10

adeline a écrit:
En tout cas, il déchaîne des passions. Chez Balloonatic, c'est l'amour fou pour HSs.
Déchaîner les passions ? Je n'irai pas jusque-là.
En tout cas le texte de Ballonatic est assez élégiaque.
Je n'ai pas vu le film, je ne peux donc pas m'avancer trop :
mais si le motif de la répétition évoqué par Ballonatic appartient en propre à Hong,
celui-ci ne me semble en revanche peu enclin à verser dans la psychanalyse.

Spoiler:
Haewon est certainement le plus épuré des films de Hong Sang-soo, si épuré qu'on l'imaginerait réalisé dans 20 ou 25 ans par un HSS en fin de carrière, simplifiant à l'extrême ses petites histoires écrites au jour le jour, au gré de l'inspiration (et de la météo), avec les mêmes types de personnages (professeurs, étudiants, cinéastes, écrivains...), l'homme toujours un peu lâche et la femme égarée (comment on dit "il n'y a pas de rapport sexuel" en coréen?), les mêmes scènes de soûleries, où l'on exprime le fond - vaporeux - de sa pensée, au contraire des scènes de coucheries, plus rares avec le temps (si on boit toujours autant chez HSS - normal, le soju a une fonction sociale là-bas -, on y baise de moins en moins), les mêmes scènes de dialogues, filmées de profil, sans champ/contrechamp, avec ces drôles de zooms, comme si la caméra cherchait subitement à lire les pensées d'un personnage, ou simplement ses émotions, la même petite musique pianotée (signée Jeong Yong-jin)... Sauf que Hong ne tourne pas dans l'ordre et que ce qui aurait pu être son "dernier film", ou à défaut un beau film de vieux, eh bien, il nous le livre aujourd'hui.
Haewon et les hommes. Le titre français, renoirien (suggéré par Olivier Père), n'est pas très heureux. Il fait écho à la seconde partie du film, qui est la plus hongienne, occultant ce que le titre original, Nobody's daughter Haewon, "Haewon, fille de personne", titre matarazzien (mais l'analogie s'arrête là, nul mélodrame ici), évoquait de nouveau chez HSS, à savoir la relation fille-mère, thème de la première partie. C'est d'autant moins heureux que cette seconde partie n'existe qu'à travers la première (c'est le départ de la mère qui provoque les retrouvailles entre Haewon et son ancien amant), au point que c'est tout le film qui est à placer sous le signe de la relation parentale, non seulement à la mère mais également au père.
Résumons. Haewon est une jeune fille du genre dormeuse, qui s'endort régulièrement sur un coin de table, au café ou à la bibliothèque, et se met à rêver:
- d'abord de Jane Birkin (c'est l'ouverture du film), image même d'une "mère rêvée" - d'autant que Haewon ressemblerait à sa fille Charlotte (ah bon?) -, en attendant de retrouver sa vraie mère qu'elle n'a pas vue depuis longtemps et avec laquelle elle doit passer la journée, une dernière journée ensemble, la mère ayant décider de quitter (définitivement) la Corée pour le Canada. HSS filme admirablement la distance qui dorénavant sépare les deux femmes, la mère découvrant non sans étonnement à quel point sa fille a grandi, à quel point elle est devenue une belle personne (si belle qu'elle pourrait concourir pour Miss Corée!), lui rappelant surtout qu'elle doit vivre selon ses désirs, contrairement à elle dont la vie semble avoir été un ratage côté conjugal (Haewon serait métisse, aux dires d'une de ses copines étudiantes, ce qui laisse supposer que le père, tout aussi absent, est un Occidental, probablement anglo-saxon);
- puis à différentes figures paternelles (la seconde partie), figures réactivées par le départ de la mère et la relation renouée avec l'ex-amant (un cinéaste-enseignant évidemment) devenu père entre-temps. A l'image idéalisée de la mère, lors du première rêve, répond une double image du père dans le second (le père œdipien - le professeur qui vit aux Etats-Unis et qu'Haewon se verrait bien épouser - et le bon petit père, le pépère, symbolisé par le vieil homme à la doudoune verte), image à confronter à celle, immature, que renvoie l'amant (personnage dépressif donc pleurnichard - comme beaucoup de personnages masculins chez Hong, depuis Conte de cinéma, son film-charnière dans lequel il recourait pour la première fois à la voix off et au zoom avant - et en même temps pathétique dans ses tentatives pour dissimuler une liaison connue de tous), sans qu'on sache très bien ce qu'il y a de rêvé et de réel dans cette partie du film, étant donné qu'on ne voit jamais Haewon se réveiller (c'est que le rêve ici est, disons, plus proche de Jung et Jouvet que de Freud, moins "la voie royale qui mène à l'inconscient" qu'un mix fait d'archétypes et de résidus diurnes). A la fin, une voix off nous dit que lorsqu'elle s'est réveillée, Haewon s'est souvenue qu'elle avait rêvé du vieil homme, ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas rêvé le reste...
Dormir c'est mourir un peu. Même vivre c'est mourir, rappelle la mère, chaque jour qui passe rapprochant un peu plus de la mort. Lorsqu'elle s'endort pour la seconde fois (à la bibliothèque), Haewon a près d'elle, sur la table, le livre de Norbert Elias, The loneliness of dying. On peut y voir un écho au personnage du vieil homme qui traverse, en solitaire, la seconde partie du film (le vieillissement comme processus de désocialisation), mais aussi à la notion éliasienne d'individualisation (applicable aujourd'hui à toutes les sociétés modernes, même non-occidentales), à travers notamment le rapport particulier qui existe entre Haewon et les autres étudiants: assimilée à une étrangère, issue d'une famille riche, sortant en cachette avec son professeur, elle se trouve isolée du groupe, ce qui ne peut que renforcer son sentiment de solitude, l'impression qu'elle est seule pour affronter le monde (d'où son refuge dans les rêves), comme si la société, dont elle dépend malgré tout, l'empêchait de vivre véritablement sa vie.
Avec Haewon, et son chromatisme godardien - du rouge au bleu, du pull rouge d'Haewon à sa chemise bleue, en passant par le rouge/bleu d'un pull en V sur un T-shirt, où se mêlent le nu et le massif, à l'image du parc Sajik de la première partie, à la fois nu et massif avec ses statues trop grandes (comme Haewon), et du fort Namhan de la seconde partie, à la fois massif et nu avec ses drapeaux déchirés par le vent (comme l'amour), qui interroge la mort, via le départ d'une mère, la solitude d'une jeune fille (égale à celle des aînés, cf. la très belle scène où le vieil homme donne à boire à Haewon) et l'impossibilité de l'amour, à l'instar du 2e mouvement de la 7e symphonie de Beethoven (qui scandait déjà Night and day), et son allure de marche funèbre, entendu ici sur un vieux magnéto au son dégueulasse, Hong Sang-soo nous livre un de ses films les plus pessimistes, mais aussi un de ses plus beaux, et peut-être le plus émouvant, l'émotion étant d'autant plus forte que l'humour n'y est pas exclu. Ainsi lorsque l'amant dit à Haewon sur un ton plaintif: "Le bébé me téléphone sans arrêt.", qu'elle s'en étonne: "Le bébé peut téléphoner?" et qu'il lui répond, avec le plus grand sérieux: "Non, sa mère le fait pour lui." Merveilleux.

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par adeline le Lun 2 Déc 2013 - 18:35

[quote="slimfast"]
adeline a écrit:
En tout cas, il déchaîne des passions. Chez Balloonatic, c'est l'amour fou pour HSs.
Et alors ?
Bah voilà, je voulais juste te dire, comme tu aimes HSs, que d'autres personnes écrivaient sur lui des choses positives voire enthousiastes sur ce blog-là. Rien de plus Wink

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Lun 2 Déc 2013 - 19:22

Oui mais ça me semble tout naturel d'aimer le cinéma de Hong qui a beaucoup de qualités et ses admirateurs donc.
Je découvre petit à petit le cinéma coréen depuis les années 90 et ça me passionne.

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Lun 2 Déc 2013 - 21:42

Dans son deuxième film La province de Kangwoon, parmi les détails inexpliqués et "idiots" figurent deux poissons rouges que le héros laisse en pension à une secrétaire ou une assistante de son université, quand il part pour la province de Kangwon avec un ami.
Les poissons sont mis dans une cuvette qu'on a protégée du soleil par une feuille de papier.
Le film s'achève sur cette cuvette : on l'a déplacée dans un réduit encombré et il n'y a plus qu'un poisson.
Ce n'est évidemment pas une métaphore, juste une autre tristesse, poétisée silencieusement.
Les quatre premiers films de Hong auraient pu s'appeler comme le dernier des quatre : La découverte de la vie.
Mais bien sûr ce que l'on découvre, c'est qu'il n'y a rien à découvrir.

Hong se réclame ouvertement de Bresson ; il aurait même dit :"j'ai toujours un exemplaire des Notes sur le cinématographe dans ma poche".

Un bon point pour lui car des deux esthétiques essentialistes des années 50 - la mise en scène façon Mourlet et le cinématographe façon Bresson - il a choisi la plus productive. D'ailleurs qui aujourd'hui se réclame de Mourlet et du contenu volatil de Sur un art ignoré ?

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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Mar 3 Déc 2013 - 19:14


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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Invité le Mar 3 Déc 2013 - 22:04

pour être équitable :


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Re: In Another Country (Hong Sang-soo, 2012)

Message par Maya le Sam 7 Déc 2013 - 14:56

J'ai revu ce film la semaine dernière j'ai bien aimé cette histoire d'une femme qui se retrouve seule dans une station balnéaire, un peu perdue.j'ai aussi aimé "contes de cinéma"

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