Un lac (Philippe Grandrieux)

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Un lac (Philippe Grandrieux)

Message par Epikt le Mar 24 Mar 2009 - 18:55

Cette semaine est sorti dans les salles Un lac, le dernier film de Philippe Grandrieux, et comme c’était le printemps du cinéma tout plein de gens ont pu s’y rendre pour pas cher et ressortir au bout de vingt minutes, dormir, voire même ronfler devant ce très joli film. Hourra !

Y a un petit blabla sur le blog, que j'approuve presque en tout point, extrait :
Il reste encore des choses qu’on n’a jamais vues au cinéma. On n’a jamais vu, la nuit, scintiller le givre aux branches des arbres dans le faisceau d’une lampe. On n’a jamais vu toute une montagne s’évaporer en grandes écharpes de ciel et de brouillard, ni les pins perdre leur contour comme des taches faites à l’encre. On n’a jamais vu la silhouette inquiétante qu’ont les arbres quand un pinceau de lumière les découpe dans l’ombre même pour les rendre semblables à des hallucinations de grands fonds, ou aux radiographies de quelque bête faramineuse. Toutes choses qu’on voit dans Un lac - et c’est peu dire que sur ce plan, le film est un émerveillement.

Moi je l’aime bien Grandrieux, il a le chic pour faire des films avec un regard qui m’en touche une sans bouger l’autre mais des films que j’aime bien malgré tout.
Je vais chipoter quand même, de temps à autre, oh ! à peine, quand ressurgit ponctuellement une idée décidément trop typée « film d’auteur français à la con » (le type qui hurle dans la montagne, mwuahaharf, quelques dialogues lourdaux, ohohoh) ; ou parce que j’aime pas les gros plans, même si Grandrieux me fait aimer les siens, et que sans doute il devrait prendre un peu de recul sur certains beaucoup trop lambda à mon goût (cadrés entre le front et le menton, outch ! on dirait du Kechiche), heureusement fort rares ; ou pour finir ses envolées mythiques pas forcément bienvenues, revers de la médaille de sa recherche d'abstraction.
Reste que Grandrieux fait des images magnifiques. Son film existe dans un pays sorti de nul part, sans doute forgé par l’idée qu’on se fait d’une montagne lettone reculée - impression renforcée par des acteurs russes et tchèques qui baragouinent un français parfois incompréhensible. Le trou du cul du monde, et froid en plus, où les journées ne sont qu’un long crépuscule (ou une longue aube, allez savoir).
A vue de nez, Grandrieux devrait être un des seuls cinéastes dont on devrait avoir le droit de dire qu’il « filme au plus près des corps » (bullshit journaleux qui dans 98,457% des cas ne veut rien dire), tant sa mise en scène est physique, rugueuse, abusant de très gros plans qui rendent les corps inidentifiables et forcent le spectateur à les ressentir ; tant le son est un élément central de son cinéma (où on ne voit pas grand chose de toute façon) ; tant la lumière l'est encore plus, à tel point qu'on se demande si c'est pas là tout l'objet du film, capter la lumière qui surgit de l'obscurité.
Mais comme je garde toujours le meilleur pour la fin, ce que je préfère chez Grandrieux, ce sont ses plans out of focus, où tout est dans la lumière (la lumière ! oh my god !), le mouvement, la granulosité de l’image,... ça donne envie de voir les films avec de la peau de saucisson devant les yeux.





Qu’on se le dise, c’est le film à voir pour ceux qui n’en peuvent plus d’attendre la sortie imminente du Chihuahua de Beverly Hills !
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Re: Un lac (Philippe Grandrieux)

Message par Invité le Mar 24 Mar 2009 - 22:13


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