Le surfzappeur sans salaire

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Ven 17 Sep 2010 - 16:31

Borges a écrit:



A man walks through the crowd at the Ground Zero protest and is mistaken as a Muslim. The crowd turns on him and confronts him.

Je ne comprends pas pourquoi les USA, s'ils veulent vraiment faire un geste pour les anciens "méchants", ne proposent pas, par exemple, au peuple irakien de gérer de façon autonome ses puits de pétrole, plutôt que (ou en plus) de construire une mosquée à ground zero. Obama accrédite ainsi, d'une certaine façon, le délire religieux (et idéologique) va-t'en guerre de Bush en tentant vainement de le réparer par ce coup d'éclat en même temps spectaculaire et dérisoire, plutôt que de l'ignorer simplement ? On reste dans l'idéologie : on a pas avancé d'un pas.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Sam 18 Sep 2010 - 11:51



Révolution de salon, en Chine

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Jeu 7 Oct 2010 - 10:59

Regardé hier soir un double dames du tournoi de Beijing sur CCTV.

Sympathique et symbolique duo constitué d'une joueuse chinoise et d'une joueuse japonaise (Lu-Xu) qui avaient l'air de s'entendre à merveille sur le court, même si elles ont finalement perdu. En face un duo King-Shvedova (USA-Kazakhstan).

Ceux qui n'ont pas suivi le match en direct et n'ont regardé que le résumé en image après, pourraient bien avoir pensé à tort que : la chinoise est à l'origine de tous les points gagnants du couple asiatique, les gagnantes ont vaincu sans aucun talent, la japonaise est à l'origine de la défaite ayant concédé tous les coups perdants. Scandaleux montage politique dont le commentaire m'a échappé (mais les images en disent assez long pour deviner leur contenu).

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Mar 12 Oct 2010 - 4:27

Regardé une émission de "Ce soir ou jamais" de début de saison. Il y avait Sollers qui a joué un petit numéro assez "amusant" avec sa voisine consistant à lui passer de la pommade toute l'émission durant.

Il était évident qu'il n'en avait rigoureusement rien à faire de ce qu'elle pouvait raconter (qui n'était pas différent de ce qu'il reprochait aux autres, et en particulier au second sociologue invité qui, lui, a eu le droit à sa petit leçon) mais, sans doute mû par une sorte de réflexe "féministe", il se faisait une obligation d'acquiescer à chacune de ses paroles.

Cela resterait sympathique si cette manière de faire ne trahissait pas une espèce de paternalisme bienveillant (mais pervers car il s'agissait aussi de clouer le bec à la personne qui était en face de lui, je ne connaissais pas le Sollers manipulateur, il existe) à l'égard des femmes ("j'écoute ce que tu dis et je soutiens parce que tu es une femme et donc tu as besoin d'un peu d'aide pour te défendre quand même, tout en ayant absolument rien à faire"). Du déjà vu ailleurs, mais je n'arrive pas encore à saisir tout à fait d'où vient cette parole (comme il disait!), ce faux féminisme complaisant qui maintient par son attitude ce partage avec le "sexe faible". De quelque chose restant de 68 mais qui aurait pourri, comme ces fruits qu'on oublie de cueillir lorsqu'il sont murs et qui restent sur l'arbre toute la saison suivante, secs et rabougris, peut-être ? Quoique le ton soit, lui, resté fort sucré et mielleux.

Sollers aura de toute façon, sous ses faux airs subversifs de papa soixantehuitard revenu du front (mais même pas vieux-beau), passé l'émission à faire des leçons de moral aux uns et aux autres, le ponpon étant la demande faite à chaque invité de dire ce qu'il lit pour savoir s'il est digne de son respect ou pas.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Eyquem le Mar 12 Oct 2010 - 7:48

Sur Sollers, il y a ce texte de Bourdieu, qui date des amours balladuriennes de l'écrivain qui se rêvait alors en ministre de la kulture :

SOLLERS TEL QUEL

PAR PIERRE BOURDIEU, sociologue.

- SOLLERS TEL QUEL, tel qu'en lui-même, enfin. Etrange plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle, de la nécessité, et s'accomplit, dans l'aveu d'un titre, Balladur tel quel (1), condensé à haute densité symbolique, presque trop beau pour être vrai, de toute une trajectoire: de Tel Quel à Balladur, de l'avant-garde littéraire (et politique) en simili à l'arrière-garde politique authentique.

Rien de si grave, diront les plus avertis; ceux qui savent, et depuis longtemps, que ce que Sollers a jeté aux pieds du candidat-président dans un geste sans précédent depuis le temps de Napoléon III, ce n'est pas la littérature, moins encore l'avant-garde. Mais ce faux-semblant est bien fait pour tromper les vrais destinataires de son discours, tous ceux qu'il entend flatter, en courtisan cynique, Balladur et énarques balladurophiles, frottés de culture Sciences po pour dissertation en deux points et dîners d'ambassade; et aussi tous les maîtres du faire-semblant, qui furent regroupés à un moment ou à un autre autour de Tel Quel: faire semblant d'être écrivain, ou philosophe, ou linguiste, ou tout cela à la fois, quand on n'est rien et qu'on ne sait rien de tout cela; quand, comme dans l'histoire drôle, on connaît l'air de la culture, mais pas les paroles, quand on sait seulement mimer les gestes du grand écrivain, et même faire régner un moment la terreur dans les lettres. Ainsi, dans la mesure où il parvient à imposer son imposture, le Tartuffe sans scrupules de la religion de l'art bafoue, humilie, piétine, en le jetant aux pieds du pouvoir de plus bas, culturellement et politiquement ­ je pourrais dire policièrement ­ tout l'héritage de deux siècles de lutte pour l'autonomie du microcosme littéraire; et il prostitue avec lui tous les auteurs, souvent héroïques, dont il se réclame dans sa charge de recenseur littéraire pour journaux et revues semi-officiels, Voltaire, Proust ou Joyce.

Le culte des transgressions sans péril qui réduit le libertinage à sa dimension érotique, conduit à faire du cynisme un des beaux arts. Instituer en règle de vie le «anything goes» post-moderne, et s'autoriser à jouer simultanément ou successivement sur tous les tableaux, c'est se donner le moyen de «tout avoir et rien payer», la critique de la société du spectacle et le vedettariat médiatique, le culte de Sade et la révérence pour Jean-Paul II, les professions de foi révolutionnaires et la défense de l'orthographe, le sacre de l'écrivain et le massacre de la littérature (je pense à Femmes).

Celui qui se présente et se vit comme une incarnation de la liberté a toujours flotté, comme simple limaille, au gré des forces du champ. Précédé, et autorisé par tous les glissements politiques de l'ère Mitterrand, qui pourrait avoir été à la politique, et plus précisément au socialisme, ce que Sollers a été à la littérature, et plus précisément à l'avant-garde, il a été porté par toutes les illusions et toutes les désillusions politiques et littéraires du temps. Et sa trajectoire qui se pense comme exception, est en fait statistiquement modale, c'est-à-dire banale, et à ce titre exemplaire de la carrière de l'écrivain d'une époque de restauration politique, et littéraire: il est l'incarnation idéale typique de l'histoire individuelle et collective de toute une génération d'écrivains d'ambition, de tous ceux qui, pour être passés, en moins de trente ans, des terrorismes maoïstes ou trotskystes aux positions de pouvoir dans la banque, les assurances, la politique ou le journalisme, lui accorderont volontiers leur indulgence.

Son originalité, ­ parce qu'il en a une: il s'est fait le théoricien des vertus du reniement et de la trahison, renvoyant ainsi au dogmatisme, à l'archaïsme, voire au terrorisme, par un prodigieux renversement autojustificateur, tous ceux qui refusent de se reconnaître dans le nouveau style libéré et revenu de tout. Ses interventions publiques, innombrables, sont autant d'exaltations de l'inconstance ou, plus exactement, de la double inconstance -, bien faite pour renforcer la vision bourgeoise des révoltes artistes ­, celle qui, par un double demi-tour, une double demi-révolution, reconduit au point de départ, aux impatiences empressées du jeune bourgeois provincial, pour qui Mauriac et Aragon écrivaient des préfaces. -

(1) Balladur tel quel, par Philippe Sollers, l'Express du 12 janvier 1995

http://www.liberation.fr/tribune/0101127430-sollers-tel-quel
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par careful le Mar 12 Oct 2010 - 13:10

JM a écrit: ce faux féminisme complaisant qui maintient par son attitude ce partage avec le "sexe faible".

Pour des raisons indirectes, cela me renvoie à la poubelle Daniel Leconte. D'ailleurs,il en est question dans le Monde Diplo.
Que le sexisme ne soit pas l’apanage d’une « culture », Daniel Leconte lui-même en fournit une assez bonne illustration. Il semble confondre le féminisme avec une posture de protecteur viril et légèrement condescendant.
Je n'ai pas vraiment saisi ce que dit Bourdieu au sujet de la "double inconstance" de Sollers.
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par balthazar claes le Mer 13 Oct 2010 - 21:50

Hello, je suppose que Bourdieu (dont le texte est splendide) veut dire que d'abord Sollers trahit une première fois, son appartenance à la bourgeoisie, en devenant avant-gardiste-révolutionnaire-mao ; puis une seconde fois, en reniant tout ça pour devenir l'ami du pape et de Balladur.

Y'a cette biographie de lui, là, c'est vraiment très drôle cette enfilade de volte-faces sans honte, et en même temps sciant de voir qu'il a été adoubé par Foucault, Derrida, Ponge, Althusser, etc,...

1957

« Sollers » est né : à l’occasion d’un des plus beaux lancements littéraires du siècle, un inconnu, Philippe Joyaux, attire autour de son berceau Gallimard, Grasset et Le Seuil – qui emportera le morceau. (...)

12 DECEMBRE. Le (très) jeune Philippe Sollers grimpe sur le dos de François Mauriac, qui l’encense dans son « Bloc-notes » de L’Express : le premier texte de l’écrivain, paru dans la revue Écrire de Jean Cayrol, obtiendra le prix Fénélon en mars 1958.

1958

20 NOVEMBRE. Le (très) jeune Philippe Sollers grimpe sur le dos de Louis Aragon, qui l’encense dans les Lettres françaises pour son premier livre. On dira désormais que Sollers est entré dans la carrière sous le double patronage du Vatican et du Kremlin[4]. Sollers déclare à son comparse Fernand de Jacquelot du Boisrouvray : « Donc la gloire. Ou quelque chose y ressemblant. Prenons le pouvoir. Il en restera toujours quelque chose. »

Tout ça pour finir par

2007

DECEMBRE. Sollers tire (à la ligne) le bilan des six mois premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy dans sa chronique mensuelle du Journal du dimanche : ce « génie de notre époque », dont « tout patriote français devrait être fier », est pour lui comme le « soleil nouveau de la République qui se lève sur le Nil ».

http://blog.agone.org/post/2009/10/18/L-ecrivain-maudit-Philippe-Sollers-accepte-l-aumone-des-mecenes-de-la-BnF

C'est en ça qu'il incarnerait idéalement une époque caractérisée par son effrayante plasticité. Bourdieu parle dans son texte d'une époque de "restauration", avec le cas basique de l'ex-mao qui devient pdg. Mais en un sens c'est pire que ça, pire que les reniements en série : tout semble sombrer dans l'indécidable, et se jouer à la limite du complet non-sens. Après tout, si Sollers commence par vouloir faire la révolution, pour finir par s'adresser au pape, n'est-ce pas ce qu'Artaud avait fait avant lui ? Mais si Artaud était le fou exemplaire, Sollers serait quelque chose comme l'Inauthentique exemplaire, un qu'on pourrait appeler "the Confidence-Man", ruban de Moebius humain sans envers ni endroit.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Jeu 14 Oct 2010 - 5:03

balthazar claes a écrit:
Y'a cette biographie de lui, là, c'est vraiment très drôle cette enfilade de volte-faces sans honte, et en même temps sciant de voir qu'il a été adoubé par Foucault, Derrida, Ponge, Althusser, etc,...

Hello,

Oui, il y a ce bouquin qui parle des intellectuels (passés de gauche à droite avec parfois l'adoubement de personnes restée à gauche) de cette époque (je ne me souviens pas du titre, je ne l'ai pas encore lu) dont Eyquem avait parlé sur le forum une fois.. Je ne sais pas si il y est question de Sollers aussi ?

Et comme écrivain, ça donne quoi ?

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Eyquem le Jeu 23 Déc 2010 - 1:24

Les Cahiers de ce mois recommandent cette vidéo. Vous connaissez peut-être déjà :



"Oops" n'est pas un très bon titre. Mais le principe, très simple, donne un résultat vraiment intéressant : il s'agit de travailler les collures, en mettant bout à bout une série de vidéos "ratées" où l'opérateur fait tomber la caméra.
C'est un peu comme dans un Resnais où la caméra vous transporte d'un bout à l'autre du globe en un seul travelling.

Entre 4'00 et 5'00, certains effets sont particulièrement saisissants.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Borges le Lun 29 Aoû 2011 - 10:44

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Borges le Mer 31 Aoû 2011 - 8:46



Gerard Malanga danse sur "Nowhere to Run" de Martha and the Vandella dans le film de Warhol et Ronald Tavel : Vinyl. ça n'a pas d'intérêt; tout le monde s'en tape; même les amateurs de coups de fouet, je parie. Le titre est supérieur à la moyenne; le film, je sais pas; pas vu; m'intéresse pas du tout d'ailleurs; aucun intérêt en soi, ni pour soi (les oeuvres de AW n'ont pas de pour-soi); je poste çà comme ça, sans même y croire;


en dessous, Gerard Malanga avec nico dans chelsea girls,



j'avais enregistré ce film sur rai3, lors de l'émission favorite de erwan... pas encore vu; verrai pas sans doute; me demande d'ailleurs si j'ai pas effacé de ma box; de AW, je n'ai vu qu'un film, un dracula, si je me trompe pas; c'était nul; vraiment nul; AW est surfait, en plus d'être nul, dans un sens ordinaire du mot, pas celui de baudrillard; mais je suis pas original en disant ça; que l'art ce soit très surfait, c'est ce que ne cesse de nous révéler le cinéma, sans le vouloir, quand il prétend à l'art...




Malanga, poète, cinéaste, et photographe, a fait découvrir le velvet à AW; si je me trompe pas; une photo de lui, du groupe;





la classe; c'est pas les strokes qui diront le contraire; et pourquoi le diraient-ils? on peut ne pas les aimer (les strokes), croire que c'est juste une création de mode, et pas plus, mais je dois dire qu'ils sont aimables malgré tout; leur apparition à reading était très bien;

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Borges le Lun 5 Sep 2011 - 8:52


Hitler in his bunker hopes that he will get the job as director of the Museum of Contemporary Art, Los Angeles (MOCA), but is told by his senior staff that the job has gone instead to the New York art dealer Jeffrey Deitch, known for his business dealings and embrace of spectacle. Upset, Hitler lashes out at MOCA's board of trustees, Deitch, some of Deitch's artists (or those he admires) and the man who saved MOCA, L. A. philanthropist Eli Broad.
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Borges le Lun 5 Sep 2011 - 8:56

Nancy Holt and Robert Smithson collaborated on this seminal film, which viscerally confronts issues of perception and process. The action of the film is direct: Holt walks through the tall grasses of a swamp while filming with her Bolex camera, guided only by what she can see through the camera lens and by Smithson's verbal instructions.
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Message par Borges le Lun 5 Sep 2011 - 8:59

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par wootsuibrick le Lun 5 Sep 2011 - 9:53

Eyquem a écrit:Les Cahiers de ce mois recommandent cette vidéo. Vous connaissez peut-être déjà :




ça m'évoque beaucoup un film d'animation, d'Osamu Tezuka,

Jumping :



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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Eyquem le Dim 2 Oct 2011 - 21:14

J'ai regardé la première partie de "Ils étaient les Brigades rouges" sur Arte. C'est vachement bien, parce que c'est les types eux-mêmes qui parlent et seulement eux : ils parlent de leur jeunesse et de leur prise de conscience, de leur engagement et de leur radicalisation.

http://videos.arte.tv/fr/videos/ils_etaient_les_brigades_rouges_1_2_-4113616.html
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Borges le Lun 3 Oct 2011 - 7:44

je ne vois vraiment pas comment un truc produit par arte sur cette époque peut avoir un quelconque intérêt....l'idée même de raconter cette histoire par ceux qui l'ont "faite" montre les limites idéologique du truc...réduction psycho-biographique de l'idée politique...
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Lun 3 Oct 2011 - 11:03

Eyquem a écrit:J'ai regardé la première partie de "Ils étaient les Brigades rouges" sur Arte. C'est vachement bien, parce que c'est les types eux-mêmes qui parlent et seulement eux : ils parlent de leur jeunesse et de leur prise de conscience, de leur engagement et de leur radicalisation.

http://videos.arte.tv/fr/videos/ils_etaient_les_brigades_rouges_1_2_-4113616.html

Borges a écrit:
je ne vois vraiment pas comment un truc produit par arte sur cette époque peut avoir un quelconque intérêt....l'idée même de raconter cette histoire par ceux qui l'ont "faite" montre les limites idéologique du truc...réduction psycho-biographique de l'idée politique...

je n'imagine pas une seconde Jean-Marc Rouillan donnant ce témoignage à la télévision sur le flingage de Georges Besse, ça serait un retour vers la connivence et les bienséances bourgeoises, comme l'écrit Rouillan dans le troisième volume de ses mémoires à paraître dans quelques jours.
http://atheles.org/agone/memoiressociales/dememoire3/

Leonardo Sciascia a écrit un bouquin "L'affaire Moro", il a dit sur Moro:
J'ai la conviction qu'il était plus intelligent que ses geôliers, et que, dans un certain sens, il les a eus. Lui a été humain, eux n'ont su être que des machines bureaucratiques. Les seuls messages d'amour, de jeunesse et de vie sont venus de lui ; des autres, il n'est venu que le vieux, le périmé, le déjà vu, le poussif. Les brigatisti sont à mon avis de vieux routiers de la clandestinité, quelques-uns parmi eux ont dû faire de la prison pendant la Résistance. Il y a une grande sénilité idéologique et humaine dans les messages qu'ils ont laissés. Qui osera soutenir que Moro ne valait pas mieux et plus que ces hommes-là?


edit: vu les dix premières minutes ils étaient les brigades rouges, c'est assez nul en effet, autant que le documentaire sur le sicario.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Eyquem le Lun 3 Oct 2011 - 16:00

Borges a écrit:je ne vois vraiment pas comment un truc produit par arte sur cette époque peut avoir un quelconque intérêt....l'idée même de raconter cette histoire par ceux qui l'ont "faite" montre les limites idéologique du truc...réduction psycho-biographique de l'idée politique...

Breaker a écrit:je n'imagine pas une seconde Jean-Marc Rouillan donnant ce témoignage à la télévision sur le flingage de Georges Besse, ça serait un retour vers la connivence et les bienséances bourgeoises,
...
vu les dix premières minutes ils étaient les brigades rouges, c'est assez nul en effet, autant que le documentaire sur le sicario.
Je ne connais pas cette histoire des Brigades Rouges ; ça m'apprend des trucs, j'attends rien de plus.
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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Lun 3 Oct 2011 - 18:08

Eyquem a écrit:
Je ne connais pas cette histoire des Brigades Rouges ; ça m'apprend des trucs, j'attends rien de plus.
salut,
ce qui m'a intéressé dans cette histoire, c'est quand Sciascia dit que les brigades rouges sont idéologiquement séniles, à l'époque où ils assassinent Moro(le film en parle?)... Mais c'est quand même un drôle de programme pour apprendre,
http://www.arteboutique.com/detailProduct.action?product.id=453783
et puis il y a ce bonus vidéo:
« Pourquoi l'extrême gauche française n'a-t-elle pas basculé dans la lutte armée ? » Entretiens avec Serge July, Alain Geismar, Alain Krivine et Daniel Cohn Bendit.
ça m'a l'air vachement intéressant!

ok pour un topic là-dessus, et le partage des trucs... si ça t'intéresse.

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Eyquem le Lun 3 Oct 2011 - 22:29

salut Breaker,
ce qui m'a intéressé dans cette histoire, c'est quand Sciascia dit que les brigades rouges sont idéologiquement séniles, à l'époque où ils assassinent Moro(le film en parle?)...
de la sénilité ou de l'assassinat de Moro ?
Toute la deuxième partie est consacrée à l'enlèvement d'Aldo Moro ; le film donne la parole aux anciens du commando, et une voix off fait entendre un commentaire dont la source n'est pas claire, ce qui est pénible, mais qu'on peut attribuer à la gauche du "Compromis historique" d'alors.

Ce qui ressort du documentaire, c'est que c'est l'Etat qui a laissé Moro se faire tuer, en rejetant toute négociation, afin de disqualifier les BR une fois pour toutes et de précipiter leur liquidation.


Ca peut être intéressant d'ouvrir un topic ; ça fera le lien avec celui sur Nanni Moretti, de loin ; dans l'entretien qu'il a donné aux Cahiers à la sortie de "Palombella Rossa", Moretti raconte qu'il avait d'abord eu l'idée d'en situer l'action au moment de la mort de Berlinguer, secrétaire général du PCI et initiateur du "compromis" avec les démocrates chrétiens de Moro. Moretti évoque aussi les BR, mais je ne sais plus s'il en parle dans Palombella, je n'ai pas revu le film depuis trop longtemps.

Pour le partage des trucs, je veux bien, mais tu seras déçu : je n'aurai rien à t'échanger si tu as déjà une bonne longueur d'avance.


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Message par Eyquem le Mer 11 Jan 2012 - 12:49

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Re: Le surfzappeur sans salaire

Message par Invité le Mer 11 Jan 2012 - 16:22

Eyquem a écrit:
Ce qui ressort du documentaire, c'est que c'est l'Etat qui a laissé Moro se faire tuer, afin de disqualifier les BR une fois pour toutes et de précipiter leur liquidation.



La tournure de la phrase est amusante, au moins sept significations gazeuses: "laisser (1) se (2) faire (3) tuer (4)" et "l(1) 'E(2)tat(3)". Inverser la phrase et rajouter un acteur rend verbalement plus économe et nous rapproche du réel (vous savez, ce plus court chemin entre deux énoncés): c'est la démocratie chrétienne qui a laissé les Brigades Rouges tuer Moro pour liquider l'état avec un petit "e". D'ailleurs elle s'est du même coup liquidée elle aussi bien plus que les BR.

Ca coûte un documentaire de citer à demi-mots une demi-phrase de Manchette, quelle époque.

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