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Message par scienezma le Lun 30 Sep 2013 - 12:34

Sur www.scienezma.com, en septembre :

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+ Tous les montages sont permis

Qu'attendre de Man of Tai Chi, premier film de Keanu Reeves en tant que réalisateur ? Difficile de répondre objectivement à cette question. On peut aller le voir pour l'acteur souvent bon (qui joue dans son propre film), pour découvrir ce qu'un acteur hollywoodien prestigieux est capable de faire lorsqu'il passe derrière la caméra, ou encore, comme cet ami à qui je signale la sortie du film, le rejeter d'emblée en devinant un exercice d'auto-satisfaction personnelle dans la lignée de la vogue Matrix et de l'usurpation du cinéma d'arts martiaux chinois par Hollywood.

+ AmeriCCa

Quatre étapes de la carrière d'Ice Cube montées en parallèle avec des séquences du film de John Carpenter Ghosts Of Mars (2001), dans lequel le rappeur-acteur tient un des rôles principaux. Un rappeur et un réalisateur talentueux, qui savent mieux que personne nous raconter le fameux "melting-pot" américain, en laissant apparaître ce que celui-ci évoque à chacun d'eux (craintes et espoirs).

Forum :

- Tueurs libres

Un topic autour du film d'Oppenheimer, The Act of Killing.

- Pendant les travaux...on devrait laisser causer les ouvriers

Petite anthologie des âneries de Thoret et ses invités dans l'émission de France Inter.


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Message par Invité le Lun 30 Sep 2013 - 17:58

c'est bien petit tout ça ...

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Message par scienezma le Jeu 31 Oct 2013 - 6:38

Sur www.scienezma.com, en octobre :

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+ Deux servantes coréennes, deux Corées

The Housemaid (Kim Ki Young, 1960) est osé, mais on sent encore qu'il est contraint par la censure de l'époque. Le cinéaste est obligé de biaiser, de se contredire, d'ajouter des choses, d'en escamoter d'autres. Par exemple, le père de famille qui fait mine de ne pas y toucher pendant le film face aux trois filles qui le draguent (il passerait presque pour une victime), et dont le discours graveleux final est en totale contradiction avec cette attitude (''Tous les hommes quand ils vieillissent sont attirés par les jeunes filles''). L'empreinte de la censure n'est pas à chercher dans une fin ajoutée, c'est plus compliqué que cela me semble-t-il. Il faut plutôt mettre ce final en résonance avec ce qui le précède. Cette censure qui plane sur le film accentuant l'incongruité et le surréalisme de la situation.

+ Cindy Lou

Carmen Jones est ce que l'on appelle communément "une rareté", un film peu vu du pourtant célèbre Otto Preminger, dont la disponibilité en DVD est une occasion à saisir pour envisager l'importance du cinéaste. Qu'est-ce qu'un cinéaste important ? Important par exemple qui, tel Preminger, intellectualise ses plans, cherche des idées proprement cinématographiques afin de transmettre à l'écran la chair ainsi que l'esprit des personnages qui traversent l'histoire qu'il met en images ; images duales réalisant l'intériorité immatérielle des individus à partir de ce qui est extérieur à eux-mêmes, à commencer par leurs propres corps, et ici aussi "leurs" voix.

Forum :

- Ang Lee - Anguille et couleuvre

Un topic en visite des films du réalisateur Ang Lee.

- Coppola Ring

Tourner en rond avec Sofia Coppola ?

- les nanars (car il est sain de perdre un peu son temps)

Le topic de tous les nanars, excepté ceux de Sofia Coppola.

- Moyen-Orient / contre l'oubli

Evocation du Moyen-Orient, à travers le cinéma, ou pas.


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Message par Borges le Jeu 31 Oct 2013 - 8:18

scienezma a écrit:
Carmen Jones est ce que l'on appelle communément "une rareté", un film peu vu du pourtant célèbre Otto Preminger
Un peu d'histoire; les raisons de la rareté du film

"On a présenté à New-York avec un grand succès Carmen Jones d’Otto Preminger, film tiré de la version nègre de la Carmen de
Bizet présentée à Broadway pendant la guerre. Tous les interprètes sont noirs. Carmen travaille dans une usine de parachute, Don José
est un G.I. en « fausse perm » et Escamillo boxeur poids lourd. Hélas nous ne sommes pas prêts de voir Carmen Jones à cause d 'une
querelle juridique concernant les droits sur la musique de Bizet. Pour une raison qui doit crever les yeux mais qui m’échappe totalement
la Suède est le seul pays d'Europe où le film puisse être actuellement projeté. "

(J D-Valcroze, Cahiers, 41)

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Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 20:38

ce housemaid est vraiment une daube de chez daube : foutre le médoc à S(é)oul au secours ça va pas, vite Chabrol !!

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Message par Invité le Ven 1 Nov 2013 - 20:55

par contre La servante est un film violent, extrême, sur la décomposition de la famille. Un huis-clos quasiment, dans ce décor hideux de la nouvelle maison voulue par l'épouse, sans concession ni sociale ni sexuelle. Rien à voir avec son remake.

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Message par Invité le Sam 2 Nov 2013 - 17:27

à signaler un édito intéressant dans les cahiers de novembre. on y apprend aussi la sortie le 27/11 d'un documentaire de Frank Simon, Week-end of a champion , 1971-2013, sur le pilote Jackie Stewart, produit par son ami Polanski.

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Message par scienezma le Sam 30 Nov 2013 - 7:37

Sur www.scienezma.com, en novembre :

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+ I'm still here somewhere [in] the social network

I'm Still Here (2010) trouve parfaitement sa place parmi les quelques portraits d'assholes millionnaires américains de ces dernières années. Même si son genre (le mockumentary) est différent des deux autres, le film de Casey Affleck est en effet un cousin proche de Somewhere de Sofia Coppola, ou encore de The Social Network de David Fincher sortis la même année. Nous suivons là trois types déplaisants à bien des égards, superficiels et qui surfent sur leurs millions en donnant libre cours à leurs caprices de gosses riches.


+ Mieux que ce que vaut souvent Cavalier

Un film qui s'intéresse à la peinture, à quoi ça sert ? Au mieux à tenter de comprendre, analyser, nous faire voir différemment une œuvre peinte par les moyens du cinéma (ce que font Edvard Munch de P. Watkins ou Cézanne de Straub et Huillet), au pire à livrer aux spectateurs de l'esthétisme d'emprunt toujours déjà en retard sur la peinture (La Jeune Fille A La Perle de P. Webber, etc.). La question, et la réponse qui va avec, sont anciennes, Bazin avait déjà posé le cas sur la table dans les années 50. Qu'est-ce qui fait le charme du Pierre Bonnard, le bonheur de peindre (2005), le court film d'Alain Cavalier ?


Forum :

- Schrader, cinéaste étriqué

Personne n'a vu le dernier film de Schrader, mais qui celui-ci intéresse-t-il encore ?

- Brecht revu et corrigé par Pabst

De l'adaptation (douteuse) de L'Opéra de quat'sous de Brecht par Pabst.


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Message par scienezma le Mar 31 Déc 2013 - 7:45

Sur www.scienezma.com, en décembre :

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+ Les Indiens parmi les antihéros d'Amérique

Patty Hearst de Paul Schrader (1998) raconte l'histoire vraie de l'enlèvement de la petite-fille de Randolph Hearst par un groupe révolutionnaire armé (l'Armée de libération symbionaise) dans les années 70, et son ralliement à la cause et aux actions du groupe après quelques mois de captivité. Dans la première partie du film, lors de l'enlèvement et la séquestration de Patty Hearst, Schrader semble effectuer un surprenant retournement formel. Il paraît y réutiliser certains effets cinématographiques utilisés dans le temps par Orson Welles pour son fameux Citizen Kane, effets qui donnaient à Charles Foster Kane cette dimension à la fois géante et inquiétante qui dominait impérieusement le film.

+ Qu'est-ce que l'aura ?

Trois feuillets de 18,5x11 cm détachés d'un bloc publicitaire. Chaque feuillet porte, en haut à gauche, le symbole de l'eau minérale San Pellegrino. Benjamin s'est peut-être procuré ce bloc lors de son séjour à San Remo pendant l'été 1937. Sur la marge supérieure du premier feuillet, Benjamin a noté : ''Regard dans le dos / rencontre des regards / lever les yeux, répondre à un regard''. La réflexion sur l'aura contenue dans ce texte sera reprise, y compris textuellement pour partie, dans le travail sur Baudelaire.


Forum :

- Grigris et autres films africains

De Grigris au cinéma africain.

- Le Ciel peut attendre

Autour du dernier film de Jia Zhangke, A Touch of Sin.


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Message par pm le Mar 31 Déc 2013 - 12:26

Spoiler:
Les Indiens parmi les antihéros d'Amérique




Patty Hearst de Paul Schrader (1998) raconte l'histoire vraie de l'enlèvement de la petite-fille de Randolph Hearst par un groupe révolutionnaire armé (l'Armée de libération symbionaise) dans les années 70, et son ralliement à la cause et aux actions du groupe après quelques mois de captivité.

Dans la première partie du film, lors de l'enlèvement et la séquestration de Patty Hearst, Schrader semble effectuer un surprenant retournement formel. Il paraît y réutiliser certains effets cinématographiques utilisés dans le temps par Orson Welles pour son fameux Citizen Kane, effets qui donnaient à Charles Foster Kane cette dimension à la fois géante et inquiétante qui dominait impérieusement le film. Mais, cette fois, ceux-ci servent à rendre sensible la supériorité inquiétante du groupe de révolutionnaires (en particulier leur leader, Cinque) sur la fille Hearst retenue en captivité dans un réduit du logement qu'il occupe. Il y a beaucoup de plongées/contre-plongées, de nombreux jeux d'ombres, de même qu'un travail important effectué sur les décors de l'appartement où Patty Hearst est enfermée (en particulier des plafonds bas qui augmentent la dimension menaçante des personnages pris en contre-plongée). Schrader renverse brutalement le jeu représentatif de la domination dans cette première partie oppressante. C'est avec une telle mise en scène qu'il choisit de montrer comment Patty Hearst se trouve manipulée, et finalement embrigadée avec le groupe. Il y a là un lien tangible avec la façon dont Randolph Hearst embrigadait la population et son entourage via ses médias et son comportement, dans le film de Welles. En terme de point de vue, même s'il suggère que cette mise en scène était intentionnelle et calculait ses effets psychologiques sur la captive, le cinéaste apparaît essentiellement chercher à placer les spectateurs du côté du ressentir de la prisonnière.

Le retournement formel évoqué précédemment, qui donne un instant l'illusion que le cinéaste et les spectateurs pourraient prendre fait et cause pour le groupuscule révolutionnaire et ses revendications, est en fait un stratagème d'identification impressionnant mais politiquement creux, qui vise avant tout à nous placer dans la peau du personnage victime qui donne son nom au film : Patty Hearst. Sa violence excessive, son côté coup de poing dans les gencives qui laisse KO, sont en effet pour le moins suspects observés à travers le prisme du politique, car la portée terrorisante et persuasive de cette construction est essentiellement à vocation interne. Interne au groupe, interne à Patty Hearst. Schrader veille à circonscrire avant tout la dialectique du maître et de l'esclave dans le périmètre même du groupe. Ceci correspond bien à ce qui intéresse au fond le cinéaste dans cette histoire (en regard de ses autres films) : les rapports de pouvoir et de manipulation psychologique (et sexuelle) des personnages les uns sur les autres (beaucoup plus que les revendications sociales du groupe, le contexte politique de l'époque, etc.).

Dans un article datant de l'époque du film trouvé sur Internet, Schrader parle d'un ''fascinant puzzle social'', sauf que son film est justement tout, excepté un film qui met le ''social'' au centre. Au contraire d'Oshima dans Nuit et brouillard au Japon, ou Godard dans La Chinoise, Schrader n'analyse pas objectivement la situation du groupe révolutionnaire (les clivages politiques, les luttes de pouvoir, les parti-pris individuels, ''qui parle et d'où ?'' comme on disait à l'époque, etc.) par rapport au contexte extérieur, mais piège petit à petit Hearst et le groupe dans un ensemble de paradoxes faiblards (car dénués de véritables enjeux politiques et apparaissant dans un cadre absolument autarcique). Il devient évident, quand on regarde la suite du film aussi molle et nulle (une fois que la fille a ''changé de camp'') que la première partie était frappante, que Schrader se moque totalement du groupe révolutionnaire et de ses motivations (les masques tombent et les membres sont alors dépeints comme des médiocres, voire des abrutis finis seulement à l'affût de quelques dollars). C'est pourquoi la première partie ne doit pas impressionner par ses grands effets : se polarisant sur la fille Hearst (ainsi qu'insiste la voix-off tout le long du film), le film n'en a en réalité que pour elle. La petite-bourgeoise capturée est d'ailleurs au-dessus de la mêlée et se montre digne en toutes circonstances. Même si elle reste avec ses camarades jusqu'à son arrestation et son emprisonnement, à l'écart et discrète, on sent bien que sa conscience est beaucoup plus aiguisée que les autres. Et pourtant, pourtant, jamais l'impression qu'elle ait pris conscience de quoi que ce soit de vraiment socialement révoltant, qui marque, ne prédomine. Et, à l'heure du repentir (''Papa, maman je me sens quand même un peu coupable de ce que j'ai fait, et surtout dit contre vous.'') et de la petite provocation finale (''Mais je les emmerde tous !''), Patty Hearst se faufile comme une anguille menue et insaisissable.

Figure, au cours du film, une scène très proche d'une autre de Taxi Driver (Schrader était, on s'en souvient, scénariste sur le film de Scorsese). L'un des membres blancs du groupuscule se grime en noir. Il se barbouille le visage de cirage, se met une perruque afro sur la tête, et joue le caïd devant la glace avec son révolver. Schrader reproduit la scène hyper-connue du film de Scorsese, dans laquelle De Niro s'entraîne à tirer et à ''répondre à l'ennemi'' devant la glace, chez lui. Même si, dans la séquence de Taxi Driver, je crois que De Niro n'a pas encore son iroquoise, on peut quand même constater que dans les deux cas, il s'agit pour un blanc de s'identifier à un moment donné à une minorité (indienne pour Travis Bickle, noire pour Toko, le type de Patty Hearst). Il s'identifie à l'image guerrière de celle-ci, à savoir celle qui a été défaite par les vainqueurs de l'Histoire. Nous sommes là dans une variation très années soixante-dix du partage des rôles et des discriminations de l'âge traditionnel hollywoodien. On montre, certes, qu'il se grime et joue un rôle que d'autres pourraient prétendre jouer à sa place, qu'il y a de la schizophrénie dans l'air, mais le petit blanc névrotique doit tout de même rester autant que possible au centre du jeu.

Cet "article" est plus pourri que la pourriture qu'il prétend dénoncer.
C'est mon avis, et je le partage.
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