The Passenger (M. Antonioni - 1975)

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The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par adeline le Ven 6 Sep 2013 - 18:30

Juste pour le plaisir et pour se rappeler que le fameux "dernier plan du film" n'est pas le dernier plan du film…


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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par glj le Lun 16 Déc 2013 - 22:10

L'éclipse a toujours été mon film préféré d'antonioni. Je trouve que c'est le plus sensuel en même temps que le plus cérébral de tous ces films et que le tout s'y mêle d'une manière instinctive ce qui est moins le cas dans l'aventura par exemple ou la notte.
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Borges le Mar 17 Déc 2013 - 9:02

glj a écrit:L'éclipse a toujours été mon film préféré d'antonioni.

hi
jamais aimé (delon et vitti sont à vomir); revu récemment, sur grand écran et tout pourtant, et j'ai trouvé ça encore plus affligeant que dans mes souvenirs. Pénible.

A liège, et bruxelles, y a eu une rétro; des trucs que j'ai revus : seuls subsistent avec la même intensité : the passenger, blow up, la notte, mais pas totalement...

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par dreampeace le Mar 17 Déc 2013 - 11:11

Pas "L'Eclipse", Borges ? Ni "Zabriskie" ?
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Borges le Mar 17 Déc 2013 - 12:05

dreamspace a écrit:Pas "L'Eclipse", Borges ? Ni "Zabriskie" ?

hi,
non, je n'aime vraiment pas "l'éclipse".. et pas seulement à cause de delon (il a presque réussi à me gâcher le guépard, récemment; y a que melville, je crois, à avoir réussi à le rendre supportable en le réduisant à une abstraction, mais c'est delon qui finit par l'emporter, dans "un flic", où il construit tous ses personnages à venir de flics et de voyous merdiques... )

zabriskie,  oui, mais c'est pas un grand antonioni...

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Mar 17 Déc 2013 - 12:45

Pour moi, Antonioni, c'est: The passenger & Blow up. Le désert rouge un petit peu (pour certaines séquences).

Les autres, j'ai honte mais: me suis endormi, y a bien longtemps, pendant l'avventura; et l'Eclipse - bien nommé - car il ne m'en reste quasiment aucun souvenir (hormis de beaux plans de rues désertes, de réverbères, un château d'eau je crois...). Identification d'une femme: c'est non.
Pas vu les autres: flemme...


Dernière édition par Bidibule le Mar 17 Déc 2013 - 13:14, édité 2 fois

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par dreampeace le Mar 17 Déc 2013 - 12:46

Hello,

Je reconnais être amoureux de "L'Eclipse". Delon ne m'a jamais vraiment gâché un film; si je ne tiens pas devant Le Guépard, je crois que ça ne tient pas qu'à lui. Dans "L'Eclipse", ce n'est pas lui qui m'importe le plus finalement... Il y a, je trouve, une unité de jeu chez Antonioni qui plonge tout le monde dans un monde, sans détruire les oppositions et les différences, mais ça se joue ailleurs que dans les caractérisations des personnages. Un équilibre du déséquilibre.
Par contre, je comprends ce sentiment face à un acteur qui, quelque distance que l'on prenne, nous agace. C'est presque physique.
"Un Flic" est tout de même un beau film. Tu trouves que Delon "domine" Melville sur ce film ? Pourtant, là aussi, dans l'unité de jeu, je trouve que Melville va loin. Il est surement, c'est vrai, celui qui a le mieux utilisé Delon.
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Mar 17 Déc 2013 - 12:48

Delon est très bien dans Monsieur Klein, aussi.

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par glj le Mar 17 Déc 2013 - 12:49

J'aime bien vitti borges ( son côté monolythique, opaque et bourgeoise paumée ), delon bof c'est juste un corps et une belle gueule. L'eclipse je l'ai vu plusieurs fois d'affilé il y a longtemps. Ce qui me fascinait le plus, son début et sa fin : moments énigmatiques ou il n'a pas d'acteurs d'ailleurs, moments de pure montage ou 2001 n'est plus très loin ( pas de parole juste des plans de ville, d'éclairages, d'eaux, de pierre, la vie avant les humains, godard lui a beaucoup emprunté )
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par gertrud04 le Mar 17 Déc 2013 - 12:51

Hello Borges,

Delon dans Monsieur Klein, ce n'est pas rien quand même, non ?
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Mar 17 Déc 2013 - 12:54

3 minutes d'avance sur toi, là, Gertrud.  Very Happy

Et il est bien aussi dans 2 hommes dans la ville (Giovanni) - quoique Bouquet l'éclipse à chaque plan -, et Notre histoire (Blier). Qui ne sont pas de grands films, mais de bons petits films. Le second étant même assez ambitieux dans sa conception "magrittienne", plus une musique étonnante: que des extraits de compositions de Bohulslav Martinu (Toccata & due canzoni, concertos divers: qui donnent une tonalité insolite et tragique).

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Fontaine le Mar 17 Déc 2013 - 13:25

Godard a su l'utiliser intelligemment dans Nouvelle vague.
Sinon, personnellement, je le trouve bien dans Monsieur Klein, l'Eclipse et les Melville, et c'est tout (mais c'est déjà mal).
Et (involontairement) drôle dans Traitement de choc, en particulier cette séquence ridicule où il se baigne à poil, en chahutant avec ses patients  Smile 

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Borges le Mar 17 Déc 2013 - 15:13

vous avez raison, pour Mr Klein, mais c'est le delon inventé par melville, que godard va recueillir à sa sortie des camps (où il n' a rien appris), dans "nouvelle vague"...,

Dans "l'éclipse", le problème c'est qu'il ne sait absolument pas comment se déplacer dans les cadres d'antonioni, il fout tout en l'air... ; quelqu'un qui sait le faire, c'est  David Hemmings; au début de blow up, le mec est toujours en mouvement, et c'est parfait; aucune ligne n'est troublée;

je vais pas réinventer la poudre à lessiver, mais delon,..il n'est bon (comme tous les acteurs qui n'ont rien dans la cervelle, et dont le cœur et l’âme sont vides) que quand il devient une pure abstraction. Delon, c'est la beauté rêve de pierre de Baudelaire,   muet,  sphinx incompris (parce qu'il n'y a rien à comprendre en lui), ne comprenant rien (parce que stupide, absolument stupide), ne pleurant jamais, ne riant jamais... il est atroce quand il rit.  




sinon, y a des tas de films sans autre intérêt que d’être regardables où il est bien (jusqu'à la caricature)

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Mar 17 Déc 2013 - 15:33

Dans Scorpio Rising et Kustom Kar Kommandos il est pas mal non plus.

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Borges le Mar 17 Déc 2013 - 15:47

Tony le Mort a écrit:Dans Scorpio Rising et Kustom Kar Kommandos il est pas mal non plus.

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par pm le Dim 29 Déc 2013 - 1:34

J'aime l'instabilité de la construction et des êtres de l'Avventura dont Antonioni a dit qu'il voudrait le refaire en couleurs (ce qu'il a fait partiellement : 9 premières minutes pour le télé).

J'aime aussi Identification d'une femme, au sujet indeterminé, documentaire sur les sentiments des femmes ou reconnaissance d'un homme par lui même, au raffinement presque excessif. Badiou a écrit un long texte à son propos La capture cinématographique des sexes dans Cinéma pages 239-255.

J'aime bien le film avec Wenders aussi, sibyllin, imparfait et pathétique dans la quête toujours différée du mystère de la femme et de la beauté absolue. Ces deux-là vont bien ensemble.
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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Dim 29 Déc 2013 - 5:07

PM aka le pédant a écrit:J'aime l'instabilité de la construction et des êtres de l'Avventura dont Antonioni a dit qu'il voudrait le refaire en couleurs (ce qu'il a fait partiellement : 9 premières minutes pour le télé).

J'aime aussi Identification d'une femme, au sujet indeterminé, documentaire sur les sentiments des femmes ou reconnaissance d'un homme par lui même, au raffinement presque excessif. Badiou a écrit un long texte à son propos La capture cinématographique des sexes dans Cinéma pages 239-255.

J'aime bien le film avec Wenders aussi, sibyllin, imparfait et pathétique dans la quête toujours différée du mystère de la femme et de la beauté absolue. Ces deux-là vont bien ensemble.


Ah mais que voilà donc une belle prose, nuancière et nuanceuse. Un raffinement presque excessif. A deux micro-poils de canard laqué près, il eût été juste équilibré. Ni trop ni trop peu. Faute à pas de chance, ou à presque pas de chance.

Un sujet indéterminé, voilà qui ravira les fans basés d'indétermination, dont je m'honore de faire partie. Mais las, trois fois las, c'est un documentaire que voici-là. Et un documentaire, qui plus est, sur les sentiments des femmes ou (la) reconnaissance d'un homme par lui-même. Ce qui en atténue presque l'indétermination. Les sentiments des femmes et la reconnaissance d'un homme par lui-même sont certes en quelque manière des déterminations, voire des identifications, mais en l'espèce ils restent vaporeux, emprunts d'une indécision propice aux rêves d'identifications floues.

En visionnant ce métrage tout en psychologisme s’agitant sous les crânes et sur les seins et autres fesses, d’un ennui aussi mortifiant que profond, je me suis fait excréter comme un campagnol refroidi.

Sibyllin est le film aimé avec Wenders. Sibyllin, cela évoque en somme quelque chose de l'ordre de l'énigmatique, de l'hermétique, de l'impénétrable, de l'indéchiffrable, de l'obscur, mystérieux, ténébreux, abscons, abstrus, brumeux, fuligineux, fumeux, nébuleux.

Si j'en crois mon dictionnaire Robert des synonymes et nuances. Un précieux outil. Celui qu'est rouge. Et à un prix défiant toute concurrence. Pas celui de Henry Bertaud du Chazaud, le vert, qui est faible et mal conçu. On y trouve, déniche, dégote, rarement le vocable, terme, appropriés, adéquats, idoines qu'on eût sur le bout de la langue, et bien qu'il fût couronné, récompensé, distingué par l'académie françoise. Pas davantage, du susdit, le tentaculaire volume chez Quarto, qui vous noie sous une profusion de termes rarement usités et usitables.

Par delà les nuages, que ça s'appelle. Le truc à chose. Et en effet, c'est par delà. Et les nuages, fort cotonneux, nébuleux, ennuagés & brumeux. Cela ne saurait point trop nous surprendre, de fait et en effet. Tant il est vrai et avéré que Wenders et Antonioni sont de concert de fervents admirateurs de Ozu. Qui les aima flottants et automnaux. Ah pardon, c’est pas lui, c’est Naruse. Ozu c'était les herbacées et autre végéticoles. Au temps pour nous.

En tout état de cause et en toute cause d'état, Antoniers et Wendernioni, sans désemparer, sans sucrer les fraises, allèrent par delà, derechef.  L’œil éteint de l’un guidant la langue paralysée de l’autre, ou le contraire. Loin, là-bas, tout là-bas, où les songes paraissent creux, comme dirait Satie. Et c’est vrai que c’est creux. Une sorte de catalogue de la biennale des 3 Suisses ou de Benetton, à moins que ce soit le calendrier des PTT ou des pompiers, on ne sait point trop. Pour les amateurs de belles images, on s’accordera au moins sur ce fait non doutable.

Mais ne suffisait guère point d’y entasser toutes les pontifiades possibles et imaginables. De la poétisation neuneue au sibyllinisme cuculapraloche. Non, point ne suffisait cela.
C’est qu’il s’agit de quête, attention. Une quête, ma foi, comment dirais-je, toujours imparfaite, différée, remise à plus tard, postposée, ferpectible, différante. Une quête de la beauté, on peut le dire, absolue. Pour cela même toujours insatiable et tenaillante. Et sans partage. Quête fébrile, qui nous cheville au corps et au train, et qu’on aimerait dire folle, siphonnée, extravagante, foldingo. Voire pathétique. Et a little funny in the head.

Quête, également, en sus, du mystère de la femme. Obviously. Car c’est au fond la même chose. La femme est mystérieuse, obscure, sibylline et impénétrable en son mystère profond. Dire le mystère, c’est dire la femme, ce noir continent à l’origine du monde. Et ces deux là, le mystère de la femme et le mystère de l’absolue beauté, ouida, combien ensemble vont-ils bien. Comme vont ensemble Antonioners et Wendi, Abbott et Costello, Bonnie et Clyde, Tom et Jerry, Félix et Gilles, Mark et Spencer, Blake et Dekker, Bouvert et Pécuchard, Orphée et Eurydice, et combien d’autres dyades pathétiquement obscures.

En scopitant cet ouvrage du cinématographe, je me suis fait escagasser comme une mangouste défraichie. Je pourrais, en somme, en dire bien d’avantage encor. Mais point n’en ai l’intention. Là-dessus, le suppo, and so on.

PS: Oh oui, je sais. Monsieur ne dilecte pas la marrade. Plus souvent qu’à son tour, il le confessa : lui arracher un rire, au cinéma veut-on dire, c’est un Annapurna, une Fitzcarralderie. Une quête de l'absolu pathétique et imparfaite. Dans le monde qu’on dit réel, par contre : c’est itou, autant dire également - du pareil au même.


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Message par pm le Dim 29 Déc 2013 - 5:45

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Message par Invité le Dim 29 Déc 2013 - 5:54

C'était Pierre Dac.

Epic fail.

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par pm le Dim 29 Déc 2013 - 5:56

Bidibule a écrit:Pour moi, Antonioni, c'est: The passenger & Blow up. Le désert rouge un petit peu (pour certaines séquences).

Les autres, j'ai honte mais: me suis endormi, y a bien longtemps, pendant l'avventura; et l'Eclipse - bien nommé - car il ne m'en reste quasiment aucun souvenir (hormis de beaux plans de rues désertes, de réverbères, un château d'eau je crois...). Identification d'une femme: c'est non.
Pas vu les autres: flemme...

et ça, c'est Monsieur Cinéma ?

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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par pm le Dim 29 Déc 2013 - 8:19

Bidibule a écrit:
PM aka le pédant a écrit:J'aime l'instabilité de la construction et des êtres de l'Avventura dont Antonioni a dit qu'il voudrait le refaire en couleurs (ce qu'il a fait partiellement : 9 premières minutes pour le télé).

J'aime aussi Identification d'une femme, au sujet indeterminé, documentaire sur les sentiments des femmes ou reconnaissance d'un homme par lui même, au raffinement presque excessif. Badiou a écrit un long texte à son propos La capture cinématographique des sexes dans Cinéma pages 239-255.

J'aime bien le film avec Wenders aussi, sibyllin, imparfait et pathétique dans la quête toujours différée du mystère de la femme et de la beauté absolue. Ces deux-là vont bien ensemble.


Ah mais que voilà donc une belle prose, nuancière et nuanceuse. Un raffinement presque excessif. A deux micro-poils de canard laqué près, il eût été juste équilibré. Ni trop ni trop peu. Faute à pas de chance, ou à presque pas de chance.

Un sujet indéterminé, voilà qui ravira les fans basés d'indétermination, dont je m'honore de faire partie. Mais las, trois fois las, c'est un documentaire que voici-là. Et un documentaire, qui plus est, sur les sentiments des femmes ou (la) reconnaissance d'un homme par lui-même. Ce qui en atténue presque l'indétermination. Les sentiments des femmes et la reconnaissance d'un homme par lui-même sont certes en quelque manière des déterminations, voire des identifications, mais en l'espèce ils restent vaporeux, emprunts d'une indécision propice aux rêves d'identifications floues.

En visionnant ce métrage tout en psychologisme s’agitant sous les crânes et sur les seins et autres fesses, d’un ennui aussi mortifiant que profond, je me suis fait excréter comme un campagnol refroidi.

Sibyllin est le film aimé avec Wenders. Sibyllin, cela évoque en somme quelque chose de l'ordre de l'énigmatique, de l'hermétique, de l'impénétrable, de l'indéchiffrable, de l'obscur, mystérieux, ténébreux, abscons, abstrus, brumeux, fuligineux, fumeux, nébuleux.

Si j'en crois mon dictionnaire Robert des synonymes et nuances. Un précieux outil. Celui qu'est rouge. Et à un prix défiant toute concurrence. Pas celui de Henry Bertaud du Chazaud, le vert, qui est faible et mal conçu. On y trouve, déniche, dégote, rarement le vocable, terme, appropriés, adéquats, idoines qu'on eût sur le bout de la langue, et bien qu'il fût couronné, récompensé, distingué par l'académie françoise. Pas davantage, du susdit, le tentaculaire volume chez Quarto, qui vous noie sous une profusion de termes rarement usités et usitables.

Par delà les nuages, que ça s'appelle. Le truc à chose. Et en effet, c'est par delà. Et les nuages, fort cotonneux, nébuleux, ennuagés & brumeux. Cela ne saurait point trop nous surprendre, de fait et en effet. Tant il est vrai et avéré que Wenders et Antonioni sont de concert de fervents admirateurs de Ozu. Qui les aima flottants et automnaux. Ah pardon, c’est pas lui, c’est Naruse. Ozu c'était les herbacées et autre végéticoles. Au temps pour nous.

En tout état de cause et en toute cause d'état, Antoniers et Wendernioni, sans désemparer, sans sucrer les fraises, allèrent par delà, derechef.  L’œil éteint de l’un guidant la langue paralysée de l’autre, ou le contraire. Loin, là-bas, tout là-bas, où les songes paraissent creux, comme dirait Satie. Et c’est vrai que c’est creux. Une sorte de catalogue de la biennale des 3 Suisses ou de Benetton, à moins que ce soit le calendrier des PTT ou des pompiers, on ne sait point trop. Pour les amateurs de belles images, on s’accordera au moins sur ce fait non doutable.

Mais ne suffisait guère point d’y entasser toutes les pontifiades possibles et imaginables. De la poétisation neuneue au sibyllinisme cuculapraloche. Non, point ne suffisait cela.
C’est qu’il s’agit de quête, attention. Une quête, ma foi, comment dirais-je, toujours imparfaite, différée, remise à plus tard, postposée, ferpectible, différante. Une quête de la beauté, on peut le dire, absolue. Pour cela même toujours insatiable et tenaillante. Et sans partage. Quête fébrile, qui nous cheville au corps et au train, et qu’on aimerait dire folle, siphonnée, extravagante, foldingo. Voire pathétique. Et a little funny in the head.

Quête, également, en sus, du mystère de la femme. Obviously. Car c’est au fond la même chose. La femme est mystérieuse, obscure, sibylline et impénétrable en son mystère profond. Dire le mystère, c’est dire la femme, ce noir continent à l’origine du monde. Et ces deux là, le mystère de la femme et le mystère de l’absolue beauté, ouida, combien ensemble vont-ils bien. Comme vont ensemble Antonioners et Wendi, Abbott et Costello, Bonnie et Clyde, Tom et Jerry, Félix et Gilles, Mark et Spencer, Blake et Dekker, Bouvert et Pécuchard, Orphée et Eurydice, et combien d’autres dyades pathétiquement obscures.

En scopitant cet ouvrage du cinématographe, je me suis fait escagasser comme une mangouste défraichie. Je pourrais, en somme, en dire bien d’avantage encor. Mais point n’en ai l’intention. Là-dessus, le suppo, and so on.

PS: Oh oui, je sais. Monsieur ne dilecte pas la marrade. Plus souvent qu’à son tour, il le confessa : lui arracher un rire, au cinéma veut-on dire, c’est un Annapurna, une Fitzcarralderie. Une quête de l'absolu pathétique et imparfaite. Dans le monde qu’on dit réel, par contre : c’est itou, autant dire également - du pareil au même.


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Re: The Passenger (M. Antonioni - 1975)

Message par Invité le Dim 29 Déc 2013 - 9:26

Non, du drolling.
Aucun trolling là-dedans. Utilise pas des mots dont auxquels tu comprends pas.

Je réponds, précisément, sur les deux films que tu cites, et que j'ai vus en leur temps. En hyperbolisant ton nouveau "ton" pédant et doucereux. Qui "donne du genre à pisser de rire", comme dirait Chicot dans Hotel des Amériques. Parce que ça me fait marrer, ou que ça m'ennuie moins pour évoquer ces 2 bousasses.

De l'avis assez général, Identification d'une f. fut une pure horreur très années 80. C'est daté comme un mauvais film crachineux de Daniel Duval, scénarisé par Beinex et supervisé par Just Jaeckin en mode dark. Le film de trop.

Quant à Par delà les n., il entra quasi instantanément dans le club très fermé des nanars prétentieux. Intérêt triple zéro. Que de la "poésie" en toc. Que de l'esthétique pub imbitable. Que du clicheton digne de romans-photo façon Arlequin, avec des sentences creuses sur l'amour récitées par Malkovitch dans sa période la plus "tête à claque". Libre à toi de nous causer d'indétermination sibylline, de quête toujours différée du mystère de la femme et de la beauté absolue, etc.

Quand on se paye de mots aussi creux, on reçoit en retour des mots qui se payent la tête de cette rhétorique à côté de laquelle les pages ciné de Figaro madame, c'est du Chateaubriand.


Une bérézina honteuse, ce mollusque proto-wendernioni. Annoncée (je m'en souviens encore) à grands renforts de "mieux disant culturel": la rencontre - tu parles - de deux grands cinéastes de la tradition "européenne"... En fait, le détournement d'un vieillard gâteux, aphasique et paralytique (mais ayant conservé dans sa tête son précieux génie intact) par la servilité gâtique d'un Wenders déjà pré-sénile lui-même à l'époque... Un hommage qui tourne à gros flan au caramel, exhalant en se dégonflant des miasmes de pub Martini-dry mélangés à un pensum de Gonzague Saint Bris...

[Antonioni, ne s'avouant pas vaincu, a encore "réalisé" un sketch, dans Eros. Les autres signataires étant Soderbergh (bonheur sans mélange) et Wong Kar Waï (le nouvel-ancien Lelouch des langueurs moites du désir). J'ai préféré m'abstenir. Quant à Wenders, le pauvre, ça s'arrangea pas. Il dédicaça le générique de fin d'une de ses daubes récentes, Palermo shooting: "à Ingmar & Michelangelo". En toute simplicité, parce que morts le même jour... L'objet, décrochant le pompon du ridicule - rien que son pitch est à hurler de rire -, cette dédicace fit s'esclaffer une partie du public cannois et plongea l'autre dans l'embarras. * ]


Voir ce film suscite une consternation mémorable, qui ne peut se comparer qu'à l'expérience de voir sur Arte Le jour et la nuit de BHL...

C'est plus clair et moins marrant, dit ainsi?


Allez, va troller hein. Me fatigue, lui. lol



*
spoiler:



Wim en mode brush Kidman période Calme blanc.
Le fameux calme blanc succédant à l'angoisse du gardien de but avant le penalty.
Toujours pas réédité.


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