La vie d'Adèle

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Re: La vie d'Adèle

Message par Borges le Dim 2 Fév 2014 - 9:49

Serge Daney a écrit:"Par commodité, on dit :  je vais voir un film. Souvent on ne  voit que deux ou trois images flottant dans du rien, des pubs honteuses, des spots étirés, mais ça ne fait rien, on dit : j'ai vu "un" film. Force de l'habitude, emprise fatale du un. Parfois on voit vraiment un film, quelque chose qui ne ressemble à rien de connu, "Le pont du Nord", par exemple. Et là, si l'on était honnête ( et moins esclave du "un"), on dirait : j'ai vu des films, ou : j'ai vu du cinéma. Nuance (...) "Le pont du nord" est aussi bien un thriller politique avec chasse à la femme et décor urbain, un documentaire sur l'état de Paris en 1981, un vieux film moderne à base de récit lacunaire et indécidable, genre "Paris nous appartient" , une métaphore moderne de mythes anciens avec fil d'Ariane et Minotaure, etc. Ce ne sont pas des "niveaux de lecture", ce sont des films à voir et à entendre en même temps.  Un film, "le pont du nord"? Allons donc."

Badlanders a écrit:Je rebondirai plus franchement sur ce texte de Daney. C'est exactement ce que je me suis dit (en considérant moins les "niveaux de lecture" - Daney est un littéraire - que mes propres sentiments) devant La Vie d'Adèle. Film que j'étais sûr par avance de détester, que pour plein de raisons je n'aime pas, que je trouve souvent roublard et parfois même minable, mais que je ne peux pas réduire à ses facilités, qui quelque part me fascine (j'en ai vu une moitié pour l'instant).

Sur le même sujet, L'Inconnu du lac reste sagement intellectuel. La fascination du héros de Guiraudie pour l'homme-objet de son désir est rhétorique, mise en scène avec un formalisme précis qui neutralise tout débordement et donne un film calme et plat comme un lac. Alors que l'excitation d'Adèle existe, elle éclate à l'écran, et quand bien même les moyens servant à capturer cet éclat sont lourdingues (on ne peut pas ne pas la voir, la grosse caméra intrusive de Kechiche), le résultat est là.

Kechiche ne prend pas de détour, en ça c'est un Américain. Les Américains souvent, et Kechiche dans ce film, nous disent : "Aimez ceux que je vous montre, rêvez d'être (comme) eux, rêvez de désirer autant qu'eux, d'être aussi vivants qu'eux !" Même si L'Inconnu du lac est son film le plus "classique", Guiraudie a manqué de l'envie de faire désirer le désir de ses personnages.

Il y a donc bien, dans La Vie d'Adèle, plusieurs films (pour moi) : celui que je déteste pour sa facilité et celui qui me fascine pour ça. Je ne peux pas sacrifier l'un de ces deux aspects pour l'autre.
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Re: La vie d'Adèle

Message par Invité le Lun 7 Juil 2014 - 20:42

Passée l'espèce de chantage omniprésent aux affects, imposé à coups d'effets tellement grassement pseudo-"naturalistes" qu'il est difficile de ne pas y succomber (dans un premier temps), j'ai trouvé ça totalement bidon. Ne m'est resté après vision que le souvenir assez pénible d'un mélodrame démonstratif et pachydermique, digne en vérité d'un téléfilm de Josée Dayan pour seconde partie de soirée, ou de Plus belle la vie en mode Lelouch énervé.

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