The Wrong Man (Alfred Hitchock)

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The Wrong Man (Alfred Hitchock)

Message par adeline le Lun 27 Mai 2013 - 20:34

erwan a écrit:the wrong man d'Alfred Hitchcock, 1956.

ça parle d'un musicien qui joue dans un club, le stork club, la traduction de stork étant cigogne; y-a des ballons blancs au dessus de l'orchestre.
dès le début du film, le musicien pénètre dans un monde fait de coïncidences multiples, qui se révèleront être des signes, précurseurs, qui portent en eux la marche angoissante du destin.
Peut être qu'à la manière du Scottie, dans Vertigo, il entreprend de construire, modéliser un monde; falsifier, s'approprier le plan divin: il se passionne pour le tiercé parce que cela lui permet d'exercer son goût pour les mathématiques, pour les probabilités; il ne parie jamais.
Des lois fondamentales semblent présider à son existence, lois qui agiraient à l'insu des hommes et prédétermineraient leurs actes.
Quelles chances pour que deux bus se croisent dans le plan tandis qu'il descend à l'arrêt à proximité de son petit pavillon de banlieue? quelles chances pour que le métro passe sur les rails à ciel ouvert alors qu'il remonte la rue en direction de l'étroite allée menant à son perron? Ou bien qu'il sorte auparavant de son lieu de travail et croise le passage de deux policiers en tenue faisant leur ronde et qui un court instant sont de part et d'autre de lui, comme s'ils conduisaient un prévenu à son châtiment?
Le musicien est un homme méticuleux et anodin, modeste, qui règle sa vie comme du papier à musique, littéralement _il s'accorde au diktat des aiguilles du temps, scrupuleusement, avec l'impérieux et secret désir du créateur, sa volonté de contrôle.

Sa femme est trop belle.
La première fois qu'on la voit, elle se trouve dans sa chambre à coucher, allongée sur un lit à une place_ le musicien est croyant, porte sur lui un chapelet que l'on verra par la suite _ comme une poupée; elle l'attend, ne vit que pour lui, dans son ombre.
Deux natures mortes sont pendues au mur au dessus du lit, semblables, des fleurs exsangues dans un vase; la vision du couple pour Hitchcock?
Après qu'il soit rentré, leur conversation porte sur un acte médical coûteux que sa femme soit subir, l'extraction des dents de sagesse. Détail anodin qui implique que la femme ne peut plus se prévaloir de son âge, de son statut d'adulte, qu'elle n'est plus un partenaire à égalité dans le couple mais une charge financière pour le musicien qui à défaut de rouler sur l'or emprunte constamment les mêmes chemins, les mêmes panoramiques du réalisme hitchcockien. Un élément qui met en péril l'ordre subtil qu'il a créé.
Afin de régler le coût engagé par l'opération, il compte retirer de l'argent sur la police d'assurance vie de sa femme, comme pour dire que sa vie perd de sa validité; il se rend à l'"associated life" à cet effet, et là, une communauté de femmes le prennent pour un voleur et avertissent la police.
Symboliquement, vis à vis de sa femme, dont le portrait effacé par le mélancolie est très émouvant, et face à ce cortège de femmes, il est le "wrong man", l'homme en tort, l'homme qui tord le plan divin cher à Hitch.
Peut être que comme créateur de son univers privé,_ la référence à la cigogne au stork club, il dénie même à sa femme la conception de ses deux fils, auxquels il donne des cours de musique.

A l'instar de Vertigo, il y a également le thème du double. Le vrai criminel, son alter ego, semble apparaitre miraculeusement dans la rue au moment où il prie la figure du Christ.
La religion prend toute son importance dans la seconde partie du film, quand il entrevoie son pardon, sa réhabilitation, sa re"habitation" du monde, du réel.
Le double c'est aussi les deux fils et leur différence d'âge impliquant une différence de traitement, c'est également des soeurs jumelles dans un appartement miteux, au comble de l'hilarité quand elles apprennent au musicien que l'homme qui pouvait prouver son innocence est décédé. Un vision aussi désagréable que les jumelles de Shining. Mais au fond, chez Hitch, le double ouvre peut être sur le déséquilibre, sur le différent, sur la possibilité du couple lui-même et d'une unité originelle, désirée, mais impossible.
Il y a plein de choses très belles dans ce film un peu perdu dans sa filmographie, y compris au niveau formel, non pas la spirale mais le cercle qui enferme, l'ensemble fini.

adeline

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Re: The Wrong Man (Alfred Hitchock)

Message par Borges le Mar 28 Mai 2013 - 12:40

Hi Erwan;


A l'instar de Vertigo, il y a également le thème du double. Le vrai criminel, son alter ego, semble apparaitre miraculeusement dans la rue au moment où il prie la figure du Christ.

On peut se souvenir que la figure paradigmatique du wrong man, c'est Jésus lui-même, le juste qui a été condamné à la place d'un autre; ce que dieu a laissé faire, pour pouvoir ressusciter son fils; hitch l'a empêché avec l'aide de jésus; expérience de la déréliction, de la solitude, de l'isolement, mais pas de la mort...la faute de H fonda serait-ce de croire au calcul, à la raison, de ne pas accorder dans sa volonté de maîtrise de place au miracle, c'est-à-dire à la rupture de la rationalité mathématique...

on retrouve ce thème dans "ma nuit chez maud" : le calcul, le hasard-miracle...


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