The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

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The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par adeline le Sam 27 Avr 2013 - 10:10

C'est vraiment pas terrible…
Trois parties :
- celle de Ryan Gosling en mode sous-Drive. Il ne fait plus de la voiture, mais de la moto en virtuose. Il a des tatouages partout. Il est plus blond. Il est très bête et tête brûlée, mais a un aussi grand cœur que ses coups sont violents lorsqu'il frappe. On le suit le temps d'apprendre qu'il a un fils né d'une aventure d'un soir avec Eva Mendes, qui a construit ensuite une vie de famille avec Kofi et n'a pas du tout envie que RG débarque pour prendre soin d'elle. RG pète un plomb, frappe le mari, fait des casses de banques de manière imprudente, se fait courser par la police, meurt et fin de l'histoire. Il disparaît.
- celle de Bradley Cooper. Le tout jeune flic qui a tué RG. Comme il apprend que RG avait un fils du même âge que le sien, il s'en veut encore plus (d'autant qu'il a tiré en premier alors que RG n'était pas menaçant, mais ça, il ne le dit à personne et s'en sort comme un héros), et là, badaboum, on se dit que le thème du film, c'est la paternité, plus de doute possible même si on l'avait déjà pas mal pressenti. On suit l'histoire de ce bad cop qui est en même temps plein d'honneur car il dénonce ses collègues voleurs encore plus bad cop que lui, jusqu'à ce qu'il arrive à négocier son accession au poste de substitut du procureur.
- celle des deux fils respectifs, qui évidemment se retrouvent à 17 ans dans la même école, le fils riche emmerde le fils pauvre, qui en réaction veut en savoir plus sur son père, découvre qui il était, apprend que c'est le père de son copain qui l'a descendu, braque les deux, ne tue personne, et, fin du film, s'en va dans un paysage magnifique à moto vivre comme vivait son père. Fin de la boucle, bravo.

Le scénario (pas l'histoire, qui vaut ce qu'elle vaut) est vraiment d'une nullité intersidérale, avec ses gros sabots sur la paternité, ses trois parties scolaires et ce découpage sans finesse. La mise en scène de la première partie est nouille, assez laide, sans rythme, soulignée par une musique "transcendante" et déchirante (Allegri et Arvo Pärt. J'aime les deux, ici ils étaient insupportables) qui rend le tout dégoulinant de faux sentiments.
Ça se densifie avec l'entrée en scène du bad cop Bradley Cooper et encore plus avec celle de son fils qui est vraiment un "mauvais" assez réussi. Mais on n'a jamais vu une actrice aussi transparente qu'Eva Mendes.

adeline

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 20:51

Vu hier par désœuvrement.  

Je savais rien du film, mais le film savait tout pour moi, voilà comment je pourrais résumer le truc.

Prototype du "grand film de qualité" bidon, qui nous englue dans de faux mystères et de fausses profondeurs émotionnelles. On se dit constamment: allez, y va pas oser telle association causale, tel plan signifiant, tel enchainement psychomoteur, quand-même. Mais si, il ose. Il a pas peur. C'est au point que chaque échange de regard, tu le devines 15 secondes avant qu'il se produise.
Attention, il y a une certaine maitrise roublarde, qui fait qu'on espère, en vain, un certain flottement, une certaine indécidabilité du récit. On semble parfois ne pas savoir où le réal. veut en venir, mais on déchante vite. Il nous remet constamment sur les rails d'un archi-déterminisme familialo-hérédito-fatumesque à la James Gray. Mais en nous piégeant dans de fausses surprises. Par exemple, le perso du flic, objet du second segment "serpico-like" (le premier se veut "americana-nichols-like"), on croit partir dans une histoire de culpabilité et de rédemption impossible du "brave type" (empathique, parce que lui aussi, il a un môme). On se dit: "pourquoi pas". Il y a une scène, notamment, que j'ai trouvée très réussie, "lynch-mullholando-like": quand il suit la bagnole du ripou jusque dans les bois, de plus en plus sombres. C'est assez angoissant. Mais patatras, on nous inflige aussitôt une bifurcation psychologique convenue, en contradiction avec ce qu'on prenait jusque là pour la vulnérabilité du perso: il se révèle cinq minutes plus tard un salaud machiavéliquement ambitieux, encore plus ripou que ses collègues ripous.

Transition complètement bidon, comme toutes les autres, car en flagrante contradiction avec la scène qui était pas mal, elle aussi, dans sa tension: quand il est obligé de se joindre à ses collègues pour aller extorquer le pognon à la veuve de Gosling et faire leur odieux chantage. On croyait que le mec avait des sentiments, de "l'éthique". Puis tout simplement: ben non, tiens. On comprend alors le "système" narratif du réal: laisser planer un vague indéterminisme des sentiments et des places assignées aux persos, pour aussitôt le démentir par une stéréotypie plombante, dans le genre "je sonde comme pas deux l'inconscient américain". De la truffe, oui.

Le troisième segment, sur les deux fils, enfonce plus encore le clou du schéma de la "fausse surprise". Extrêmement pénible.

ça aurait pu être autre chose, y avait ça et là une certaine atmosphère. Mais l'ensemble ne cesse de se dégonfler telle une baudruche prétentieuse et maniérée. Puis l'usage, en effet, de la musique Fratrès, de Pärt, pour souligner l'impossible-possible fraternité entre les hommes, c'est honteux de facilité.
Un nouvel "auteur" à suivre est né, nous dit la presse. Plus humblement, je me suis dit: "ah tiens, c'est le nouveau mix de Paul Haggis (veine Crash) et Gonzalès Innaritu (veine Babel)".


Dernière édition par Bidibule le Jeu 31 Oct 2013 - 21:19, édité 7 fois

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 20:58

Bidibule a écrit:
Je savais rien du film, mais le film savait tout pour moi.
qu'est-ce que tu entends par là ?

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 20:59

Je l'explique juste après. Rhzz

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 21:02

ah bon et bien je n'ai pas compris ton explication alors. never mind. Very Happy 

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 21:03

T'as vu le film?
Parce qu'en effet, si on l'a pas vu, on ne peut pas comprendre mon commentaire. lol

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 21:37

je me demande comment ce film américain pouvait tout savoir de toi, Bidibule ? Ce mec est un magicien ou alors tu es LE spectateur ?T'hypertrophies pas trop un peu ton toi par hasard. A te lire on dirait que ce mec est un nain et toi un géant lol.

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 21:42

slimfast a écrit:je me demande comment ce film américain pouvait tout savoir de toi, Bidibule ? Ce mec est un magicien ou alors tu es LE spectateur ?T'hypertrophies pas trop un peu ton toi par hasard. A te lire on dirait que ce mec est un nain et toi un géant lol.
"je savais rien du film mais le film savait tout pour moi" (pas de moi).

Soit tu sais pas lire, soit tu t'amuses à me chercher des poux dans la tête. Soit fort possiblement les deux.

Tu comprends décidement que dalle et réinterprètes tout à ta sauce. Faut tout surligner au crayon gras, alors, comme dans le film?

Par là, je dis ce que j'explique ensuite:

je ne savais rien de l'intrigue, de la thématique du film. Mais le film savait tout pour moi (= c'est le réal le géant omniscient, ici): cad chaque fois que semble planer une incertitude, une indécidabilité dans le récit, dans le destin des personnages, etc (= surprise), il l'annule par un fatum hyper-déterministe (= fausse surprise).

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 22:03

pas de ma faute si t'écris avec des moufles en étant persuadé du contraire ; y'en a plein que je ne comprends pas toujours ici mais c'est tes explications alambiquées qui m"amusent et m'instruisent le plus. Je veux dire comme cas ;

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 22:11

C'est super. Enfin, ce serait super si tu n'avérais pas constamment que tu lis et interprètes de travers, quel que soit le scripteur. Sans compter que chez toi, c'est pas des moufles, c'est carrément des snow-boots pour les sports d'hiver. Du moins quand on parvient à comprendre tes propos. Oh le beau cas.

Play it again, Sam. It's the same blues, same old blues again. Laughing

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par adeline le Jeu 31 Oct 2013 - 23:15

De te relire et de relire ce topic Jerzy, je me dis que le film était vraiment comme tu le décris, de vagues surgissements où on se dit "quelque chose se met en place", contredits à la seconde par la suite. Mais j'en garde quand même un souvenir, ce qui est pas mal (parfois, je vois des films et je les oublie com-plè-te-ment, je dois faire des efforts gigantesque pour me souvenir que je les ai vus), une sorte d'atmosphère mi James Gray mi bleutée, et l'idée que le dernier personnage était vraiment un salopard. Ça fait ni un film, ni un réalisateur…

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 23:29

Tout à fait. Je ressentais ça en le voyant. Y avait des moments forts, dans l'opacité, hélas démentis juste après. Puis une certaine opacité se réinstalle, puis c'est à nouveau la douche froide...

Pour l'atmosphère, je sais pas pourquoi, j'ai parfois pensé à un Paul Thomas Anderson (qui est quand-même autrement plus inspiré, pour jouer sur l’ambiguïté et la corde raide, et malgré les réserves que m'inspire TWBB).

Belle prestation de l'acteur qui joue le flic inexpérimenté, qu'on croit intègre et fragile, mais qui vire juste après à politicien ambitieux pour que ça "colle" avec la structure "on est toujours le fils de son papa, quoi qu'on fasse". Et le fils-cador (ordure à baffer) est fort bien campé Very Happy 

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 23:43

à vous lire je n'arrive pas à déterminer si vous le déconseillez ou pas (d'autant que vous en parlez longuement ...).

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Invité le Jeu 31 Oct 2013 - 23:50

On ne conseille ni ne déconseille: on livre son "ressenti", comme on dit dans les psy-shows.

Telle est la modestie du spectateur-nain. Il ne se prend pas pour un grand critique allocinesque qui distribue des étoiles et qui dicte à son petit monde: "allez le voir" ou "n'allez pas le voir". Wink

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Re: The Place Beyond the Pines (Derek Cianfrance - 2012)

Message par Eluent le Sam 2 Nov 2013 - 12:25

adeline a écrit:De te relire et de relire ce topic Jerzy, je me dis que le film était vraiment comme tu le décris, de vagues surgissements où on se dit "quelque chose se met en place", contredits à la seconde par la suite. Mais j'en garde quand même un souvenir, ce qui est pas mal (parfois, je vois des films et je les oublie com-plè-te-ment, je dois faire des efforts gigantesque pour me souvenir que je les ai vus), une sorte d'atmosphère mi James Gray mi bleutée, et l'idée que le dernier personnage était vraiment un salopard. Ça fait ni un film, ni un réalisateur…
Vu il y a quelques mois de cela, ne m'a laissé aucun souvenir mis à part comme dit Bibid' "Prototype du "grand film de qualité" bidon, qui nous englue dans de faux mystères et de fausses profondeurs émotionnelles."

A éviter.
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