Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

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Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:24

Tony le Mort a écrit:Essayé aussi "l'Impossible M. Bébé" mais je dois être assez déprimé et aigri car je crois que je ne supporte pas Katherine Hepburn. La voix je crois.

Plus attiré par Virginia Walker qui joue la fiancée, que je trouve vraiment drôle (morte à 30 ans, elle a peu joué, on ne sait pas grand chose d'elle). Mais tout le film consiste dans le mécanisme qui l'éjecte du récit après la première scène.

c'est le génie de la Screwball Comedy, que l'on retrouve aussi dans Silvia Scarlett: ces films (d'après ce que j'en ai vu) sont moyennement drôles, mais réussissent à donner l'impression d'avoir évincé et relégué au second plan des personnages qui auraient pu la faire basculer dans une plus grande folie (mais je préfère l'attachement de Lubitsch à ses personnages, qui les défend contre le récit qui les contraint à la veulerie).


Dernière édition par Borges le Jeu 14 Mar 2013 - 14:35, édité 2 fois
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:27

Stéphane Pichelin a écrit:L'impossible M. Bébé est "moyennement drôle" ??!! Tony, faut passer au prozac, je sais pas... Wink

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:27

Baudouin II de Barvaux a écrit:
Stéphane Pichelin a écrit:L'impossible M. Bébé est "moyennement drôle" ??!! Tony, faut passer au prozac, je sais pas... Wink


En retard.
Inquiète toi, Stéphane, j'ai toujours trouvé L'impossible M. Bébé absolument pas drôle. Mais bon, tu sais bien, moi, les vieilleries... Déjà que je n'ai jamais pu trouver un Ford intéressant. Et Hawks, à ma grande honte, que ce soit grave ou drôle ou les deux, pareil. La vision de Rio Bravo fut pour moi une des pires séances de torture audioscopique de ma vie. Je me sentais comme Alex dans Orange mécanique, obligé de fixer l'écran à cause de la réputation du truc et je me demandais, interdit, face à ce chromo insipide (ai-je jamais vu d'aussi atroces couleurs), nonchalant et imbitable, où je pouvais pas m'intéresser un quart de seconde ni aux persos ni à l'histoire ni aux enjeux: "mais pourquoi qu'on dit que c'est un grand film... Putain, pourquoi c'est un grand film, j'comprends pas, pitié, etc".

(Et quitte à consterner définitivement je ne sais trop quel "peuple des cinéphiles", le Johnny guitar (de N. Ray) m'a fait exactement le même effet: atroce. "Plus jamais", m'étais-je dit, après avoir tenu vaillamment jusqu'à la fin, épuisé, migraineux, assommé.)

Par contre, pour faire bonne mesure, To be or not to be, de Lubitsch, me suis vraiment bidonné.
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:29

slimfast a écrit:on est ravi de l'apprendre. Pas de vieilleries dans tes auteurs de chevet.Tu les conchies tous avant BHL ?
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:29

Baudouin II de Barvaux a écrit:Y a "vieilleries" et "vieilleries", bien sûr, je n'ai cessé de le dire, si tu suivais un minimum nos discutes sur des années.

J'adore absolument Chaplin et Welles, par exemple. Et Stroheim. Le constructivisme/futurisme russe (Vertov, etc)...
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:31

Baudouin II de Barvaux a écrit:
Baudouin II de Barvaux a écrit:C'est exactement le contraire de "se moucher du coude" :

j'admets mes limites, mes lacunes, mon inculture; je cherche pas à en faire accroire, à me faire passer pour un cinéphile raffiné révérant les objets nobles et sacralisés par les critères (historiquement déterminés) de la cinéphilie distinguée.

C'est toi qui te mouches du coude. C'était d'ailleurs attendu, un running gag (j'adore aussi les Keystone Cops, Harold Lloyd, Laurel & Hardy, WC Fields, etc):
en tant que gardien du temple, et qui tolères mal qu'on égratigne tes icônes sacrées, que tu épingles dans ton petit musée fétichiste des antiquités immortelles, et époussettes régulièrement avec un plumeau amidonné.

Une fois de plus, ça n'a pas manqué. Je savais comment te faire pousser un petit cri étouffé de vierge effarouchée. Suffit d'appuyer sur les bons boutons. Slapstick.


PS: et pour BHL, tu te mords la queue, pour ne pas changer. BHL est précisément un amoureux de l'âge d'or hollywoodien, des grandes fresques épiques ou romantiques, des comédies de remariage, du glamour, du scope, des cavalcades, des splendor in the grass, des Stars, des Vamps, d'Ava Gardner, Lauren Bacall, etc. Bref ce qui m'indiffère au premier et au dernier degré. Mais que tu sembles priser. Donc vous pourriez superbement vous entendre comme larrons en foire.

Puis aussi de Rohmer (demande à sa femme), etc.

Note: Rohmer, je n'ai cessé de le dire, je porte très haut plusieurs de ses films (dont son premier Le Signe du lion), donc pas la peine de me faire un nième procès de dupe. Comme avec tes harangues réactionnaires et stupides sur mon goût des bonnes séries - qui heurtent tant ton bon goût raffiné, ta sensibilité infaillible et enviable d'amoureux énamouré du Cinéma.


j'admets mes limites, mes lacunes, mon inculture; je cherche pas à en faire accroire, à me faire passer pour un cinéphile raffiné révérant les objets nobles et sacralisés par les critères (historiquement déterminés) de la cinéphilie distinguée.

C'est toi qui te mouches du coude. C'était d'ailleurs attendu, un running gag (j'adore aussi les Keystone Cops, Harold Lloyd, Laurel & Hardy, WC Fields, etc):
en tant que gardien du temple, et qui tolères mal qu'on égratigne tes icônes sacrées, que tu épingles dans ton petit musée fétichiste des antiquités immortelles, et époussettes régulièrement avec un plumeau amidonné.

Une fois de plus, ça n'a pas manqué. Je savais comment te faire pousser un petit cri étouffé de vierge effarouchée. Suffit d'appuyer sur les bons boutons. Slapstick.


PS: et pour BHL, tu te mords la queue, pour ne pas changer. BHL est précisément un amoureux de l'âge d'or hollywoodien, des grandes fresques épiques ou romantiques, des comédies de remariage, du glamour, du scope, des cavalcades, des splendor in the grass, des Stars, des Vamps, d'Ava Gardner, Lauren Bacall, etc. Bref ce qui m'indiffère au premier et au dernier degré. Mais que tu sembles priser. Donc vous pourriez superbement vous entendre comme larrons en foire.

Puis aussi de Rohmer (demande à sa femme), etc.

Note: Rohmer, je n'ai cessé de le dire, je porte très haut plusieurs de ses films (dont son premier Le Signe du lion), donc pas la peine de me faire un nième procès de dupe. Comme avec tes harangues réactionnaires et stupides sur mon goût des bonnes séries - qui heurtent tant ton bon goût raffiné, ta sensibilité infaillible et enviable d'amoureux énamouré du Cinéma.

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Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:31

Stéphane Pichelin a écrit:
Baudouin II de Barvaux a écrit:
Stéphane Pichelin a écrit:L'impossible M. Bébé est "moyennement drôle" ??!! Tony, faut passer au prozac, je sais pas... Wink


En retard.
Inquiète toi, Stéphane, j'ai toujours trouvé L'impossible M. Bébé absolument pas drôle. Mais bon, tu sais bien, moi, les vieilleries... Déjà que je n'ai jamais pu trouver un Ford intéressant. Et Hawks, à ma grande honte, que ce soit grave ou drôle ou les deux, pareil. La vision de Rio Bravo fut pour moi une des pires séances de torture audioscopique de ma vie. Je me sentais comme Alex dans Orange mécanique, obligé de fixer l'écran à cause de la réputation du truc et je me demandais, interdit, face à ce chromo insipide (ai-je jamais vu d'aussi atroces couleurs), nonchalant et imbitable, où je pouvais pas m'intéresser un quart de seconde ni aux persos ni à l'histoire ni aux enjeux: "mais pourquoi qu'on dit que c'est un grand film... Putain, pourquoi c'est un grand film, j'comprends pas, pitié, etc".

(Et quitte à consterner définitivement je ne sais trop quel "peuple des cinéphiles", le Johnny guitar (de N. Ray) m'a fait exactement le même effet: atroce. "Plus jamais", m'étais-je dit, après avoir tenu vaillamment jusqu'à la fin, épuisé, migraineux, assommé.)

Par contre, pour faire bonne mesure, To be or not to be, de Lubitsch, me suis vraiment bidonné.
je suis vraiment désolé pour toi que tu n'aimes pas L'impossible... tu rates quelque chose. en même temps, si tu l'aimais, tu le regarderais et comme tu ne l'aimes pas, etc... Wink
mais assez de ton avis sur Rio Bravo, et en général sur toute la fin de carrière de Hawks - du moins tout ce que j'ai vu : Hatari, Rio Lobo et j'en passe - que je trouve bien chiante.
pour le Ray, c'est autre chose. film très décalé, comme tous les Ray. faut aimer. ou au moins être séduit, charmé, enchanté - de la magie bizarre, pas forcément saine. enfin, moi j'aime bien. peut-être pas sain après tout...

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:32

Baudouin II de Barvaux a écrit:Ne sois pas désolé pour moi, Stéphane, j'y survis, difficilement certes, c'est un combat quotidien... Wink
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:32

Stéphane Pichelin a écrit:je pense à toi ce soir. tiens bon !

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:33

Baudouin II de Barvaux a écrit:Mais je comprends ce que tu dis à propos de Ray. J'ai saisi cela, ce décalage, mais aussi ce renversement d'une certaine donne "machiste" des codes hollywoodiens. Que n'a t-on dit de Ray qu'il "féminisait" et "fragilisait" le western avec Johnny Guitar. Que n'a-t-on célébré avec JG un mélancolisme lunaire, etc. Et que ne sait-on que Ferdinand, dans Pierrot le fou, dit à son épouse qu'il va emmener sa petite fille voir JG: "faut bien qu'elle se cultive". Etc.
D'accord, d'accord. Mais j'accroche pas, modestement. Pour moi, Ray, c'est encore ce classicisme hiératique, même finissant, même "bizarre" (et dieu sait si j'aime le "bizarre" - ah les tous premiers Bunuels...).
Tout m'indispose dans JG: le chromo, encore, la redondance. Ah la redondance... C'est le pire: tout doit être porté à la lourdeur du symbole, de la signifiance, de l'allégorique - le feu -... On a l'air de nous "suggérer" des choses, latéralement, on a l'air de distiller une tonalité intimiste, secrète, mais en fait on nous explique toujours tout tout le temps, frontalement, en surlignant, 50 fois - par le cadre, puis par l'expression faciale, puis par les dialogues, puis par la musak... Je supporte pas l'allégorisme, la figuration par symboles, l'insistance signifiante (raisons pour lesquelles je ne supporte pas le cinéma prétendument "politique" d'un Elio Petri, par exemple et entre autres). Et Ray, pour moi, fait partie de tous ceux qui lourdement insistent, signifient, constamment, dix fois plutôt qu'une - comme un Kazan, comme un Minnelli (la purge, scuzi).
Y a jamais d'air, là-dedans, on étouffe. Tout semble colligué; tous les éléments semblent conspirer et converger dans une même unité de sens, close, imposée, martelée, sans dehors. C'est peut-être ça qu'on appelle "la grande forme", je sais pas trop. Mais dans ce cas, j'aime pas les Grandes Formes. J'aime tout ce qui est un peu indirect, oblique, latéral, diatonal, elliptique, dispersif, dé-signifié, lacunaire (même et surtout dans la grandeur, le "vaste" - qui peuvent sembler alors ouverts; même dans l'allégorie - qui peut alors sembler plurivoque, etc). Sinon je respire pas....

Comme tu sais, je commence à m'exciter grave avec l'émergence du cinéma US dit "de crise" (fin 50s). Je ne contesterais pas que Ray en fut un précurseur par bien des manières. Mais pour la mélancolie lunaire, ou quelque chose de cet ordre, je préfère Antonioni. C'est plus étrange, et surtout... plus "moderne". J'aime la "modernité".
J'appelle, à tort certainement, "vieilleries", "surannées" les œuvres qui pour moi ne passent pas le cap de cette "modernité", ne supportent pas le "passage du temps" (Chaplin et Welles, de ce point de vue, sont pour moi des "modernes"), "modernité" qu'il faudrait bien sûr tenter de définir longuement...
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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:33

Stéphane Pichelin a écrit:
"modernité" qu'il faudrait bien sûr tenter de définir longuement...
à moins qu'il s'agisse de la contemporanéité... ou du post-modernisme... longuement en tous cas.

que Ray puisse être mis en rapport avec la crise du cinéma, qu'il précède de peu, c'est sûr. mais je n'aime pas trop le terme de précurseur, ça a un côté téléologique, non ? mais avec lui, la forme classique rentre en crise, elle enfle, on peut trouver qu'elle se boursoufle, mais c'est aussi comme ça qu'elle craque. la sur-signification peut être destructrice, mais elle peut aussi ouvrir des interstices, se durcir en ses parties mortes et laisser des béances entre. je crois que des cinéastes comme Aldrich et Fuller s'infiltraient déjà dans ces béances. font-ils partie de ce cinéma "de crise" qui t'excite tant ?

le malsain, c'est peut-être de se laisser fasciné par ce durcissement morbide. mais n'est-ce pas aussi nécessaire pour en sortir ?

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 16:35

Sibelius a écrit:
Baudouin II de Barvaux a écrit:Mais je comprends ce que tu dis à propos de Ray. J'ai saisi cela, ce décalage, mais aussi ce renversement d'une certaine donne "machiste" des codes hollywoodiens. Que n'a t-on dit de Ray qu'il "féminisait" et "fragilisait" le western avec Johnny Guitar. Que n'a-t-on célébré avec JG un mélancolisme lunaire, etc. Et que ne sait-on que Ferdinand, dans Pierrot le fou, dit à son épouse qu'il va emmener sa petite fille voir JG: "faut bien qu'elle se cultive". Etc.
D'accord, d'accord. Mais j'accroche pas, modestement. Pour moi, Ray, c'est encore ce classicisme hiératique, même finissant, même "bizarre" (et dieu sait si j'aime le "bizarre" - ah les tous premiers Bunuels...).
Tout m'indispose dans JG: le chromo, encore, la redondance. Ah la redondance... C'est le pire: tout doit être porté à la lourdeur du symbole, de la signifiance, de l'allégorique - le feu -... On a l'air de nous "suggérer" des choses, latéralement, on a l'air de distiller une tonalité intimiste, secrète, mais en fait on nous explique toujours tout tout le temps, frontalement, en surlignant, 50 fois - par le cadre, puis par l'expression faciale, puis par les dialogues, puis par la musak... Je supporte pas l'allégorisme, la figuration par symboles, l'insistance signifiante (raisons pour lesquelles je ne supporte pas le cinéma prétendument "politique" d'un Elio Petri, par exemple et entre autres). Et Ray, pour moi, fait partie de tous ceux qui lourdement insistent, signifient, constamment, dix fois plutôt qu'une - comme un Kazan, comme un Minnelli (la purge, scuzi).
Y a jamais d'air, là-dedans, on étouffe. Tout semble colligué; tous les éléments semblent conspirer et converger dans une même unité de sens, close, imposée, martelée, sans dehors. C'est peut-être ça qu'on appelle "la grande forme", je sais pas trop. Mais dans ce cas, j'aime pas les Grandes Formes. J'aime tout ce qui est un peu indirect, oblique, latéral, diatonal, elliptique, dispersif, dé-signifié, lacunaire (même et surtout dans la grandeur, le "vaste" - qui peuvent sembler alors ouverts; même dans l'allégorie - qui peut alors sembler plurivoque, etc). Sinon je respire pas....

Comme tu sais, je commence à m'exciter grave avec l'émergence du cinéma US dit "de crise" (fin 50s). Je ne contesterais pas que Ray en fut un précurseur par bien des manières. Mais pour la mélancolie lunaire, ou quelque chose de cet ordre, je préfère Antonioni. C'est plus étrange, et surtout... plus "moderne". J'aime la "modernité".
J'appelle, à tort certainement, "vieilleries", "surannées" les œuvres qui pour moi ne passent pas le cap de cette "modernité", ne supportent pas le "passage du temps" (Chaplin et Welles, de ce point de vue, sont pour moi des "modernes"), "modernité" qu'il faudrait bien sûr tenter de définir longuement...

Et les films de King Vidor, Duel au soleil, ou La Furie du désir? C'est spectaculaire sans ce côté trop allégorique.

Après, tout est une question de définition des critères, un Minnelli est pour moi davantage dans la retenue et la pudeur que l'exagération.

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 17:47

comme beaucoup pour moi le moment le plus agréable a été de découvrir des films de tous horizons, m'enthousiasmer. après la cinéphilie ça a consisté à faire le tri et déblayer, s'il n'y avait pas untel pour vous soutenir que ci ou ça est bien ne resterait plus grand chose.
le plus triste est que le plaisir de découvrir quelque chose de grand s'en est allé.
alors chacun va taper dans ses marges, mais c'est plus ça.
la nouvelle vague nous a fait croire au romantisme collectif de l'écriture qui accompagne la vision des films : qu'est-ce-que c'est devenu ? du pitch tribal


Dernière édition par slimfast le Mer 13 Mar 2013 - 17:54, édité 1 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 17:51

Pour moi la cinéphilie n'était pas une fin en soi. Je me percevais comme contemporain du cinéma et il était normal que je m'y intéresse. A l'école primaire, tous les enfants étaient cinéphiles: on parlait de Twin Peaks, Platoon et du Petit Baigneur et du film néozélandais "le Surivants". Les séries comptaient peu. On avait conscience que les adultes avaient des gouts de chiotte, certains nous parlaient de Peter Greenway d'autres de la Soupe aux Choux mais c'était pareil, on préférait des trucs efficaces comme John Carpenter, Mad MAx ou le Jour Plus Long.
Je crois que quand j'ai été enfant, j'ai éprouvé une sorte de névrose de castration quand on m'a dit (ou que j'ai découvert, par l'abstraction et le raisonnement sur la vraisemblance des situations: dans la réalité les morts ne ressuscitent pas et une seule personne correspond à un seul visage) que les films étaient en fait montés et joués, et que ce qui était montré à l'image n'existait pas, et que cela qui n'existait pas devait être répété en plusieurs prises, produit. Avant je croyais que "Goldfinger", "la Soupe au Choux", "The Thing" et "la Cage aux Folles" étaient des reportages, et la cinéphile était peut-être une manière de prolonger cette naïveté, et je crois que c'est aussi pour cela que je n'aime pas les séries, car elles ne se confrontent même pas à cette illusion du temps réel, justement par réalisme...


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 13 Mar 2013 - 18:08, édité 7 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 17:56

Je crois que c'est la tristesse que j'ai éprouvé (et l'intense mais brève crise de larme y-afférente) dans le numéro de
Cocoricoboy où Karen Cheryl se fait écraser par un bloc de béton qui m'a donné la conscience que la mise en scène existait, que c'était une profession, qu'elle relevait d'une forme de deuil du réel que les adultes éprouvaient eux-mêmes et avaient déjà commencé à compenser, avant moi, sans en avoir fini.


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 13 Mar 2013 - 18:07, édité 1 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:05

Le pire c'est que mes parents confondaient eux-même des films comme "37°2 le matin" ou "le 3ème Homme" avec des reportages

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:32

C'est vrai que dans "le Jour Plus Long", la scène où les résistants se font tuer au bois de Boulogne, c'est une scène où on montre les résistants tel que leur jeunesse et leur mort sont rêvées par ceux qui leur sont redevables. Ils sont résistants dans la mesure où ils attendent les acteurs qui jouent les soldats allemands.
Même leur anonymat est reconstruit (Rosselini s'arrête avant ce moment), mais enfant on prend tout cela pour un fait. Le mensonge est plus dans les textures, les voix, les éclairages, les visages trop beaux, que dans le révisionnisme qui porte sur les intérêts , le comportements, la force, les soutiens et le nombre des acteurs. L'absurdité du révisionnisme créée spontanément de l'opacité. Il a fallu aux adultes aux-mêmes "Papy Fait de la résistance" et sa Mireille pour montrer que l'envers de ces films n'était pas non plus le réel.
Mais la cascade elle ne joue pas, elle est la même que celle des film chorégraphiques coctauïens du premier Kenneth Anger.


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 13 Mar 2013 - 18:54, édité 2 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:37

Stéphane Pichelin a écrit:

à moins qu'il s'agisse de la contemporanéité... ou du post-modernisme... longuement en tous cas.

Je parle pas de contemporanéité, encore moins de post-modernisme. Il n'y a aucune caractéristique de ce que nomme "postmoderne" dans les manières auxquelles je suis davantage sensible et que je ne fais qu'égrener ici; quant à la contemporanéité, je peux adorer un film en costumes situé dans un passé "décontemporanéisé" (que ce soit Barry Lyndon, Moi Pierre Rivière, Champ d'honneur, Les innocents, etc etc)

que Ray puisse être mis en rapport avec la crise du cinéma, qu'il précède de peu, c'est sûr. mais je n'aime pas trop le terme de précurseur, ça a un côté téléologique, non ?

Ben oui, c'est un problème? Y a certainement une téléologie, non douteuse, qui mène (pour la plupart de ceux de la génération du "nouvel hollywood" ou ceux qui le précèdent directement) de ce cinéma "classique" à ce cinéma "de crise" (sans compter les Huston, à cheval entre les deux âges, et qui ont signé des films dont la manière est typique de ce cinéma "de crise": Le malin, Fat city...), ça n'arrive pas comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Y a un héritage, qu'on déplace, qui se fissure, craquèle, etc, je ne le nie point. Un peu comme Wagner "pourrissant" les clés tonales classiques-romantiques en les élonguant - C'est un peu comme la fin d'une trainée de comète: ce n'est pas pour moi la "modernité", l'invention de quelque chose de "nouveau", c'est le classicisme finissant, crépusculaire...

mais avec lui, la forme classique rentre en crise, elle enfle, on peut trouver qu'elle se boursoufle, mais c'est aussi comme ça qu'elle craque. la sur-signification peut être destructrice, mais elle peut aussi ouvrir des interstices, se durcir en ses parties mortes et laisser des béances entre.
Certes, mais je ne suis pas sensible à ce type de boursouflures, de craquelures, d'interstices et de béances là. Une fois de plus, je n'en fait pas une "règle" censée valoir pour d'autres spectateurs.

je crois que des cinéastes comme Aldrich et Fuller s'infiltraient déjà dans ces béances. font-ils partie de ce cinéma "de crise" qui t'excite tant ?

Je vais pas te surprendre: c'est non.

Repêché deux posts écrits ailleurs, il y a bien longtemps, où je parle un peu de Fuller, Aldrich, Kazan:

Shock Corridor:

Spoiler:
Comme pas mal de films "noirs" de la fin des années 50 (c'est un peu le même phénomène avec "Kiss me deathly" d'Aldrich, ce "chef d'œuvre" du film noir qui semble se passer entièrement dans la même cage d'escalier en contreplongée et en clair-obscur, où les protagonistes ne cessent de passer et de repasser, avec leur feutre et leur imper, je voyais plus que ça à la fin, et je finissais par me marrer en attendant la prochaine "station", comme si c'était un running gag de Frank Tashlin, mais qui essayerait de faire dans la gravité).

La mise en scène sent le renfermé et la naphtaline, et pas au sens d'une sensation de claustrophobie, qu'elle échoue à communiquer. L'intringue-prétexte est d'un inintérêt confondant, cousue de fils blancs (un journaliste qui voudrait faire une enquête coup de poing à paraître dans les colonnes d'un grand journal, sa nana qui fait reporter le jour et strip-teaseuse la nuit - mais on dirait qu'elle a 55 balais, c'est sans doute pour faire "inquiétant", sic - franchement, ça tient pas la route); les personnages sont tous plus archétypés les uns que les autres et s'expriment avec une grandiloquence agaçante; les "idées" de mise en scène apparaissent d'un kitsch consommé;

les "fous" de l'asile sont tous au moins crédible, des espèces de "symboles" didactement pesants de l'aliénation sociale, selon la règle usée et rabâchée: c'est pas les "fous" qui sont malades, c'est la société qu'est malade et ils sont les révélateurs de son hypocrisie, d'accord, d'accord, mais pourquoi faut-il absolument que leur état soit signifié à grands renforts de pantomimes constamment expressionnistes: y en a pas un, pas une, qui ne fait la grande scène du quatre: hurlements hystériques, crises de nerf, gros yeux en boules de loto qui s'agitent dans les orbites, interminables tirades "folles-pas-si-folles-quand on écoute bien" (et toujours vachement signifiantes, symboliques).

Le personnage central, sa plongée progressive et inexorable dans la "folie" est d'un téléphoné, on n'échappe pas non plus au numéro obligé des hurlements spasmodiques et des mêlées de rugby répétitives entre infirmiers et patients, à telle enseigne que non seulement on les voit venir et redoute 15 km à l'avance, mais quand elles arrivent, c'est une vraie torture: c'est pas du tout angoissant ni oppressant, c'est juste crispant comme un concours de sifflets et de tambourins, à qui fera le plus gros tintamarre.

On dirait que, pour Fuller, y a qu'une manière d'appréhender "l'inquiétante étrangeté" de la "folie": un concours de gesticulations, de grimaces et de cris, de monologues stridents, etc, faut absolument "bourrer" le cadre, c'est assommant. Il doit penser qu'y a pas plus cinégénique, mais justement c'est le prototype de la fausse-bonne idée qui accouche d'un immense cliché. J'ai jamais tenu plus d'une heure, l'agacement cédant invariablement à un ennui profond...


Kazan:

Spoiler:
J'avoue ne pas priser ce cinéaste; les 3 films "typiques" que j'ai vu de lui n'ont pas suscité de compulsion pour l'intégralité. L'avant-dernier - les visiteurs (72), très bon et très sobre, semblerait presque avoir été fait par un autre.

- "Un tramway nommé désir": j'ai toujours trouvé ça lourd, mais lourd, d'une théâtralité surlignée, une soi-disant plongée dans la folie avec plein de gros effets aussi appuyés que la sueur dégoulinant sur le marcel de Brando, les mimiques faciales super-aliénées de Leigh et les gros yeux exorbités de Malden en boules de loto annonçant clairement qu'attention, y pourrait s'énerver. Tout ce petit monde s'agitant comme c'est pas permis, selon la méthode Strasberg-Stanislawski, investissant 5 mètres carrés de passions sturm-und-drang pour un huis-clos antique fiévreux à la sauce Broadway. Mais bon y a pire.

- "Un homme dans la foule": rarement vu un film "à message" aussi laborieusement démonstratif, tout tendu vers la "dénonciation critique" de "quelque chose" qu'on a déjà capté 15 kilomètres en amont, et qui enfonce une porte ouverte toutes les 5 minutes. Epuisant.

- "L"arrangement": alors là c'est le ponpon. Une introspection mastoc, tempête super-concernante sous le crâne d'un magnat de la publicité qui commence à se demander gravement si sa piscine, sa pelouse, sa femme charmante et ses conquêtes féminines n'auraient pas, par hasard, un arrière-goût de compromission avec ses idéaux d'antan (d'où le titre: "l'arrangement", très éloquent, qui explique très bien tout ça, au cas où le spectacteur parvenait à échapper à la tempête de gyrophares qui nous le signifient à chaque plan, à chaque dialogue, à chaque pli sur le front soucieux de Kirk Douglas). Alors, c'est ça le bonheur? Ah oui mais non, hein:
" And you may ask yourself - How do I work this? - And you may ask yourself- Where is that large automobile? - And you may tell yourself - This is not my beautiful house! - And you may tell yourself - This is not my beautiful wife! ".
Ok, merci Elia, message reçu 5/5, roger, à vous.

1967: Kazan, toujours aux prises avec de gros problèmes de conscience après avoir dénoncé ses ex-potes communistes de la mecque de Hollywood, accouche "fiévreusement" (c'est toujours fiévreux, chez lui) un roman-confession-fleuve détourné. Gros succès de librairie. 1969: Non content de ça, faut encore lui donner vie sur la pellicule, pour dénoncer la foire aux illusions, dénoncer le "carton-pâte" des apparences.
Résultat: 200 éléphants prenant d'assaut un magasin de bibelots en porcelaine déjà soldés. Comme les carabiniers d'Offenbach. Au secours!


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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:40

Tony a écrit:

Jerzy quand tu parles de Kazan tu donnes l'impression d'un mec qui en 1943 aurait déjà pu prévoir le maccarthysme et expliquer à Kazan qu'il allait vendre son âme. C'est presque lui qui a été con de n'avoir pas pensé à te téléphoner alors, cela lui aurait épargné bien des tracas. Est-ce que tu te survalorises pas un peu à travers ce révisionnisme?

En fait tu te prends pour l'ange de Wonderful Life de Capra, l'ange de l'histoire qui joue au pilier de bistrot et prétend connaître les itinéraires qui n'existent pas encore, qui n'a même pas de tort à redresser, car il suffit de l'écouter pour avoir raison. Le seul petit truc qui cloche c'est que tu retardes de 70 ans: tu vises les morts à travers les vivants.

Et Jerzy répond:

---> De quoi tu causes? Je parle - en évoquant le mccarthysme - uniquement de l'Arrangement, qui date de 1967. C'est toi qui fais des anachronismes en me lisant.


PS: désolé, j'ai édité Tony le mort au lieu de le citer: la fameuse erreur de bouton, c'est pas bien grave... (Jerzy)


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 13 Mar 2013 - 18:51, édité 8 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 18:42

La question que je me pose, c'est plutôt celle, deleuzienne, de notre capacité à être affectés; a-t-elle des limites? bien entendu, on ne peut pas aimer tout le monde, tout le temps, comme disait ironiquement souchon; mais quel sens, quelle valeur, donner à cette limite (c'est pas un mot deleuzien); selon lui, il faut toujours tendre à la limite extrême de ce que l'on peut sentir et ressentir; vivre au bord de ce qui ne nous touche pas, ou nous touche trop; sans quoi, y a pas d'expérience possible, ou plutôt d'expérimentation, mais cela ne sert à rien d'expérimenter du poison, ce qui ne fera que nous décomposer absolument; comment expérimenter, c'est-à-dire vivre entre le plaisir (affaire de recognition, et de confort) et la jouissance (qui toujours dissout l'unité)?

Pourquoi Jerzy est-il insensible à N. Ray, ou encore à Hawks... ? Deleuze dirait que cela ne lui convient pas, qu'il ne compose pas des rapports joyeux avec ces films, mais ce serait trop simple, et on tomberait alors dans le relativisme, "moi, j'aime ça, toi ça, et la vie continue"; sans doute, c'est ainsi...

J.G. n'est pas d'accès facile; je l'ai vu deux fois, la première fois, et même la deuxième, j'ai trouvé ça terriblement nul, sans le moindre intérêt, avant de le voir vraiment, sentir; c'est vraiment l'un des plus beaux films du monde, et ça n'a rien à voir avec la "féminisation" du western. Au contraire, la féminité c'est ce qui est renié, rejeté par les personnages, et d'abord par les femmes; le cinéma de ray se définit par le fameux : "i'm a stranger here myself"; c'est le cinéma de l'étrangeté au monde; le cinéma de la fêlure; c'est un platonisme, sans arrière-monde; un des personnages de "Rebelle sans cause" (au deux sens du mot), s'appelle "plato" (platon).

dans Johnny guitar, comment ne pas être touché par la mort de "old tom"?


pourquoi suis-je presque sûr que Jerzy ne peut qu'aimer "le violent" (in a lonely place), ou "Lusty Men"...






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Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:53

Je pense que le Funk est politiquement supérieur au cinéma, parce que le cinéma n'est pas capable d’articuler "Just because to win a fight don't make you right"

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 18:59

Oui, c'est vrai Borges, faut certainement que j'insiste un peu plus avec Ray. Je n'ai vu JG qu'une fois, et encore pas en entier, et dans de très mauvaises conditions...

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Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 19:01

ça y est le critique-alpha du forum a concédé que Nicholas Ray c'est pas si nul, du coup c'est la trame PAL de la télé qui était mal réglée et explique la dramaturgie simpliste de ses films.

("je devais continuellement donner des coups dans l'écran que j'ai loué
la VHS de Stalker pour avoir le bleu et le rouge, du coup le film m'a paru trop religieux")


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 13 Mar 2013 - 19:06, édité 3 fois

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Re: Soyons des bébés cinéphiles, demandons l'impossible

Message par Borges le Mer 13 Mar 2013 - 19:01

"contemporanéité" : c'est une affaire de subjectivité, et non pas d'histoire, au sens factuel, et extérieur du mot. Il s'agit d'être du même temps, mais de quel temps s'agit-il, et que veut dire "même"?

Il s'agit du temps du film, bien entendu, mais ce temps n'a rien à voir avec le temps où se situe l'action, ou avec le temps de la production du film, de sa réalisation; le temps du film, c'est sa durée, mais la durée n'est pas dans les images, dans leur mouvement objectif, mécanique, elle est dans la subjectivité (passivité et activité, auto-hétéro-affection de soi comme autre); il ne s'agit pas d'être contemporain du film (élément du même, identité), mais d'être touché depuis un certain dehors, par une certaine extériorité, par quelque chose. Quoi, qui? Je sais pas. On est contemporains des films qui nous touchent, mais de telle manière que nous devenons étrangers à nous-mêmes; il s'agit, comme dirait Levinas (expérience esthétique et éthique se rejoignent ici; "entre tendre la main et écrire un poème, disait celan, je ne vois pas de différence") d'une affaire de "diachronie, qui empêche que l'un se rejoigne et s'identifie comme une substance, contemporaine d'elle-même, comme un Moi transcendantal ."
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Message par Invité le Mer 13 Mar 2013 - 19:07

Tony le Mort a écrit:ça y est le critique-alpha du forum a concédé que Nicholas Ray c'est pas si nul, du coup c'est la trame PAL de la télé qui était mal réglée ("je devais continuellement donner des coups dans l'écran que j'ai loué la VHS de Stalker") et explique la dramaturgie simpliste de ses films

La trame PAL n'a rien à voir là-dedans (les conditions en question étaient de disposition perso du moment). Oh qu'il est énervant Very Happy


Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Mer 13 Mar 2013 - 19:11, édité 1 fois

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