A King in New York

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A King in New York

Message par Invité le Ven 15 Fév 2013 - 23:32

Il serait ridicule de faire passer Chaplin pour le perdreau de l'année, mais je connais en fait assez mal son cinéma. D'ailleurs j'ai l'impression (un peu comme Welles) qu'il est tellement l'archétype du cinéma qu'il est hors du cinéma, finalement tout le mode connaît son visage, son corps personne ne sait qui il est vraiment. Il flotte à la fois au coeur académique et à la marge du système.
Le film est très singulier. L'histoire d'un roi pata-slave chassé par une révolution (plan étonnant de la foule qui envahit un immense palais, réduite par le cadrae à al tête d'un serpent vu de haut, qui se retrouve un peu plus tard dans une scène de musichall), qui atterrit à New York où il se met à squatter le Ritz accompagné d'un majordome façon Nestor de Tintin. Fauché, il devient malgré lui une vedette publicitaire grotesque pur financer son train de vie (ce qui apparaît psychologiquement ridicule dans l'univers des médias pourrait représenter dans d'autres circonstances une trace de sensibilité et de distinction, dans la vraie vie qui n'existe plus pour ce personnage), puis se retrouve embarqué dans un procès mccarhyste tout en essayant d'un autre coté de vendre un projet d'énergie atomique révolutionnaire à cette même commission des activités anti-américaines
Une critique:
1) du capitalisme
2) du système médiatique qui l'accompagne (la télé comme vecteur publicitaire personnalisé de manière mensongère, en fait comme un ancêtre d'Internet)
3) du mccarthysme
4) du communisme.
Mais cette critique est menée non pas par des individus, mais par des personnages typés comme dans le théâtre italien (le roi du film est en fait une sorte de polichinelle). Une critique pata-marxiste, car pas du réel sur elle-même, mais du réel par une fiction plus vieille que lui. Je me demande comment ce film était vu à son époque (1958). Des gens comme Sadoul devaient aimer -mêmes i le film oppose l'anarchisme au capitalisme-, mais comment le public le percevait?
La mise en scène est étrange: à la fois décevante et très efficace, très professionnelle, il y a des scènes d'anthologies, comme celle où Chaplin se fait un face-lift pour coller à son image publicitaire et se rajeunir (ce n'est pas son idée, mais celle d'une demi-pute animatrice de talk-show dont il est tombé amoureux -ceci dit Dawn Addams est charmante, c'est son personnage qui est vulgaire), ne peut plus rire, puis assiste dans une soirée mondaine à un spectacle "slapstik" des plus classiques, des plus navrants, mais en fait assez drôle: pendant de longue minute il prnd une tête constipée pendant que le public autour de plus se marre, puis lâche un maigre rictus (comme un pêt) qui lui explose complètement le visage.

Cela rappelle les films de la même époques sur la critique des mass-medias comme "A Letter To 3 Wives" de Mankiewicz ou un "Homme dans la Foule" de Kazan (étonnamment: le film de Chaplin est en fait un film sur les balances du maccarthysme, les seuls personnages traités sans dérision, de fçaon documentaire), mais en plus maladroit, en plus cruel aussi. C'est assez drôle. Les dialogues sont trop barrés pour faire rire (le propre fils de Chaplin joue un enfant fou, fils d'instituteurs persécutés dans le maccarthysme, qui est en fait enfermé dans une espèce d'école spécialisée où il se comporte à la fois en fou qui joue aux commissaires du peuple dans un soviet et en théoricien anarchiste, mais dans une solitude totale, qu'il ne perçoit pas, c'est une situation à la fois grotesque, métaphorique, et très poignante).
Il adresse la même critique au communistes et au capitalisme (américain, ou plutôt: impérialiste et basé sur le confort consumériste): faire croire que l'on va où l'on est déjà. Le film est en filmé à Londres car Chaplin ne pouvait plus se rendre aux USA, mais pour attester l'illusion de se trouver à New York une scène est tournée dans un aéroport où un personnage prend un avion pour Londres et Paris, et ça marche presque.

C'est à la fois une farce humaniste sur un sujet édifiant, politiquement sérieux (si pas pesant), et un film désincarné n'ayant pas d'autre contenu que son propre dispositif. Un ratage intéressant.
Je vais essayer d'y revenir

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