Breaking Bad

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Breaking Bad

Message par Borges le Sam 9 Fév 2013 - 11:45

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 19:22

J'étais plus avancé que je croyais... J'ai donc terminé la saison 4. C'est énorme.

Spoil:
Spoiler:

J'adore le running gag du type dans son fauteuil roulant avec sa petite cloche. Gag qui finit pas prendre une ampleur qu'il serait criminel de dévoiler, mais je me bidonne encore.


Spoilers en tous genre, ici aussi. Quelques considérations secondaires et superficielles, pour le seul plaisir du feedback.

Bon, j'ai trouvé que ça peinait à se mettre en place, dans la saison 1. Je ne croyais pas trop aux interactions psychologiques des personnages, tout comme leurs motivations respectives me paraissaient trop fabriquées. Y a plein de petits détails qui font ainsi sentir que l'écriture des persos (à la base mal dégrossis et sans densité réelle - je touve), la trame scénaristique, se goupillent un peu au petit bonheur la chance. Mais heureusement, ça s'approfondit et ça s'agence mieux dans la suite. Les plus beaux persos sont le chimiste, bien sûr, prodigieux, talonné de près par Gus(tave) et l'oncle Hank. Vient après selon moi "laconique Mike". Les autres persos me semblent un poil sacrifiés, dévolus à des actions/réactions qui sont autant de deus-ex-machina, ou simples mécaniques de "faire valoir". Les petites intrigues secondaires (la cleptomanie de l'épouse de Hank, par ex) frôlent parfois l'inintérêt profond, mais on s'accroche, car le perso principal catalyse une formidable énergie.
Skyler, l'épouse, m'a longtemps tapé sur les nerfs: trop caricaturale, trop monobloc dans la volonté d'en faire au départ une sorte de milf coincée de patronage, avec ses "coussins communicationnels" et tout le bataclan. On sentait trop dans ce parti-pris la mise en évidence de la fracture relationnelle qui ne manquerait pas de se creuser entre elle et Walter. Pareil pour l'épouse de Hank, réduite elle aussi à une sorte de pimbêche horripilante. Et le fils, ma foi, y sert pas à grand chose, je trouve... Le perso de Tuco, le dangereux sociopathe, était foiré pour moi: j'y croyais pas une seconde. Un condensé de tous les tics attendus associés à ce genre.


J'arrive pas à vraiment accrocher au perso de Jessie Pinkman... Je le trouve là aussi trop stéréotypé, toujours plus ou moins coincé dans une même tonalité comportementale "teigneuse", et les dials qu'on place dans sa bouche sont souvent consternants de bêtise à fonction "rappel", du genre: "ah whouais, eh ben je vous ferais remarquer, pour votre info personnelle, que... [suivi d'une récapitulation fatigante de trucs évidents que tout le monde a bien compris et qu'il va répéter au moins 15 fois, sans doute donc à l'attention de quelque spectateur un peu lent qui n'aurait pas capté des éléments de l'intrigue pourtant pas bien compliquée...). Perso intéressant mais jamais assez creusé selon moi, et dont les phases dépressives intenses ne me convainquent pas (contrairement à celles de Walter).

Une phrase qui revient comme une scie tout au long des deux premières saisons, au point que j'en comptais les occurrences et que ça me faisait me gausser comme un con: "je suis vraiment désolé". Heureusement, dans la 3, on est un peu moins "vraiment, vraiment désolé"...


A certains égards, j'avais souvent, qu'on me pardonne cette immodestie, plusieurs longueurs d'avance sur l'intrigue: je devinais trop bien dans quel sens tel personnage, tel nœud conflictuel allaient se développer. D'où léger agacement.

Certains trucs m'ont gêné, donc, au seul plan de la cohérence logique. Le genre de trucs qui me gêne ici mais qui ne me gêne pas dans les autres séries discutées, parce que celle-ci relève d'un autre genre, d'une autre nature qui, pour simplifier, se veut d'une certaine façon "réaliste". Et là, comme dirait slimfast (mais aussi l'épouse de White), "le diable se cache dans les détails".

Exemple parmi bien d'autres: Hank le flic, qui n'est pas la moitié d'un imbécile sous ses airs de grande gueule burnée - on nous le fait bien comprendre, comme on nous suggère non sans insistance que ses soupçons vont rapidement se diriger vers son beau-frère (répliques à double-sens énigmatique, etc), ne semble jamais pouvoir mettre en relations des tas d'éléments du puzzle pourtant saillants et qui, dans le cadre de son métier et de son intelligence déductive, l'auraient bien rapidement amené à s'interroger plus profondément sur ledit beau-frère. J'ai même longtemps pensé qu'il avait deviné les activités de Walter, mais qu'il retardait à plaisir le moment de le confondre, par une sorte de complicité ou d'empathie secrètes pour le "turning point" de Walter...
Fausse piste un peu apprêtée pour le spectateur, car on ne cesse plus par la suite d'y repenser, de se demander pourquoi il ne bute pas sur telle donnée, tel comportement, telle absence, tel lien de causalité hypothétique... Et ça agace, c'est pas crédible que jamais il ne le soupçonne, au bout du compte (sauf peut-être dans la saison 5, qui nous réservera une surprise de taille, si c'est le cas alors j'ai rien dit).

Alors, précision utile: mon ressenti face à cette série, brillante sans nul doute et captivante, souvent émouvante, est certainement altéré par le fait que je l'ai suivie en VF: le doublage est tout simplement atroce - des espèces de voix de dessin animé, Bugs Bunny ou Daffy Duck je sais pas trop, mais faut entendre comment ils font causer ces acteurs. Jessie Pinkman et Skyler White étant parmi les persos principaux les plus desservis, c'est peut-être à cause de ça que je les trouve horripilants. (Ne parlons pas des potes dealers de Jesse: un honteux massacre sonore).


A part tout ça, c'est du grand art. Je vais de ce pas attaquer la saison 5.




Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Mer 20 Fév 2013 - 22:07, édité 6 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 19:36

Baudouin II de Barvaux a écrit:J'étais plus avancé que je croyais... J'ai donc terminé la saison 4. C'est énorme.

Spoil:
Spoiler:

J'adore le running gag du type dans son fauteuil roulant avec sa petite cloche. Gag qui finit pas prendre une ampleur qu'il serait criminel de dévoiler, mais je me bidonne encore.


Spoilers en tous genre, ici aussi. Quelques considérations secondaires et superficielles, pour le seul plaisir du feedback.

Bon, j'ai trouvé que ça peinait à se mettre en place, dans la saison 1. Je ne croyais pas trop aux interactions psychologiques des personnages, tout comme leurs motivations respectives me paraissaient trop fabriquées. Y a plein de petits détails qui font ainsi sentir que l'écriture des persos (à la base mal dégrossis et sans densité réelle - je touve), la trame scénaristique, se goupillent un peu au petit bonheur la chance. Mais heureusement, ça s'approfondit et ça s'agence mieux dans la suite. Les plus beaux persos sont le chimiste, bien sûr, prodigieux, talonné de près par Gus(tave) et l'oncle Hank. Vient après selon moi "laconique Mike". Les autres persos me semblent un poil sacrifiés, dévolus à des actions/réactions qui sont autant de deus-ex-machina. Les petites intrigues secondaires (la cleptomanie de l'épouse de Hank, par ex) frôlent parfois l'inintérêt profond, mais on s'accroche, car le perso principal catalyse une formidable énergie.
Skyler, l'épouse, m'a longtemps tapé sur les nerfs: trop caricaturale, trop monobloc dans la volonté d'en faire au départ une sorte de milf coincée de patronage, avec ses "coussins communicationnels" et tout le bataclan. On sentait trop dans ce parti-pris la mise en évidence de la fracture relationnelle qui ne manquerait pas de se creuser entre elle et Walter. Pareil pour l'épouse de Hank, réduite elle aussi à une sorte de pimbêche horripilante. Et le fils, ma foi, y sert pas à grand chose, je trouve... Le perso de Tuco, le dangereux sociopathe, était foiré pour moi: j'y croyais pas une seconde. Un condensé de tous les tics attendus associés à ce genre.


J'arrive pas à vraiment accrocher au perso de Jessie Pinkman... Je le trouve là aussi trop stéréotypé, toujours plus ou moins coincé dans une même tonalité comportementale "teigneuse", et les dials qu'on place dans sa bouche sont souvent consternants de bêtise à fonction "rappel", du genre: "ah whouais, eh ben je vous ferais remarquer, pour votre info personnelle que... [suivi d'une récapitulation fatigante de trucs évidents que tout le monde a bien compris et qu'il va répéter au moins 15 fois, sans doute donc à l'attention de quelque spectateur un peu lent qui n'aurait pas capté des éléments de l'intrigue pourtant pas bien compliquée...). Perso intéressant mais jamais assez creusé selon moi, et dont les phases dépressives intenses ne me convainquent pas (contrairement à celles de Walter).


A certains égards, j'avais souvent, qu'on me pardonne cette immodestie, plusieurs longueurs d'avance sur l'intrigue: je devinais trop bien dans quel sens tel personnage, tel nœud conflictuel allaient se développer. D'où léger agacement/

Certains trucs m'ont gêné, donc, au seul plan de la cohérence logique. Le genre de trucs qui me gêne ici mais qui ne me gêne pas dans les autres séries discutées, parce que celle-ci relève d'un autre genre, d'une autre nature qui, pour simplifier, se veut d'une certaine façon "réaliste". Et là, comme dirait slimfast (mais aussi l'épouse de White), "le diable se cache dans les détails".

Exemple parmi bien d'autres: Hank le flic, qui n'est pas la moitié d'un imbécile sous ses airs de grande gueule burnée - on nous le fait bien comprendre, comme on nous suggère non sans insistance que ses soupçons vont rapidement se diriger vers son beau-frère (répliques à double-sens énigmatique, etc), ne semble jamais pouvoir mettre en relations des tas d'éléments du puzzle pourtant saillants et qui, dans le cadre de son métier et de son intelligence déductive, l'auraient bien rapidement amené s'interroger plus profondément sur ledit beau-frère. J'ai même longtemps pensé qu'il avait deviné les activités de Walter, mais qu'il retardait à plaisir le moment de le confondre, par une sorte de complicité ou d'empathie secrètes pour le "turning point" de Walter...
Fausse piste un peu apprêtée pour le spectateur, car on ne cesse plus par la suite d'y repenser, de se demander pourquoi il ne bute pas sur telle donnée, tel comportement, telle absence, tel lien de causalité hypothétique... Et ça agace, c'est pas crédible que jamais il ne le soupçonne, au bout du compte (sauf peut-être dans la saison 5, qui nous réservera une surprise de taille, si c'est le cas alors j'ai rien dit).

Alors, précision utile: mon ressenti face à cette série, brillante sans nulle doute et captivante, est certainement altéré par le fait que je l'ai suivie en VF: le doublage est tout simplement atroce - des espèces de voix de dessin animé, Bugs Bunny ou Daffy Duck je sais pas trop, mais faut entendre comment ils font causer ces acteurs. Jessie Pinkman et Skyler White étant parmi les persos principaux les plus desservis, c'est peut-être à cause de ça que je les trouve horripilants.


A part ça, c'est du grand art. Je vais de ce pas attaquer la saison 5.



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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 19:43

"Certains trucs m'ont gêné, donc, au seul plan de la cohérence logique."

lol comme si quelque part il pouvait y avoir une cohérence logique qui viendrait se superposer exactement à la tienne. quand tu fais quelque chose sans doute mais quand tu lis où tu vois quelque chose, non.
tu ne peux pas être dans l'acte d'un tiers. ton bâton de maréchal, ta cohérence logique doit te faire bien des misères.

quant à moi je suis à la saison 2, épisode 1, je coince.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 19:49

Non non, c'est pas MA cohérence logique qui est en jeu, là. C'est la cohérence logique inhérente à ce type précis de récit, de construction dramaturgique.

Et ne pas confondre: quand je parle de cohérence logique, je ne parle pas d'une cohérence logique externe aux données du récit, je parle d'une cohérence logique interne au récit, celle qui est censée le faire tenir debout. Quand bien même cette cohérence logique serait peu crédible, sujette à discussion, considérée indépendamment de la logique du récit, elle doit au moins être congruente avec elle-même. C'est le principe organisationnel même de tout thriller qui se respecte. C'est ce que, dans un sens voisin, Barthes nommait "l'effet de réel", qui est très important pour l'adhésion du spectateur/lecteur, même dans une logique qui serait de l'ordre du fantastique. Même un délire orinique complet, une fantaisie débridée, etc, ont une logique profonde, qui n'est pas de l'ordre de la seule "rationalité" ou ce qu'on nomme telle. C'est une logique des fictions, des narrations, des contes, de tout ce que tu veux.

Donc, une fois de plus, t'as perdu une occasion de te taire, slim. Manque de cohérence logique de ta part... Wink

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 19:54

Baudouin II de Barvaux a écrit:Non non, c'est pas MA cohérence logique qui est en jeu, là. C'est la cohérence logique inhérente à ce type précis de récit, de construction dramaturgique.

Et ne pas confondre: quand je parle de cohérence logique, je ne parle pas d'une cohérence logique externe aux données du récit, je parle d'une cohérence logique interne au récit, celle qui est censée le faire tenir debout. Quand bien même cette cohérence logique serait peu crédible, sujette à discussion, considérée indépendamment de la logique du récit, elle doit au moins être congruente avec elle-même. C'est le principe même de tout thriller qui se respecte. C'est ce que, dans un sens voisin, Barthes nommait "l'effet de réel".

Donc, une fois de plus, t'as perdu une occasion de te taire, slim. Manque de cohérence logique de ta part... Wink

non j'ai bien fait de ne pas me taire car ton explication ne tient pas : c'est quoi cette cohérence interne et "une autre" : vous êtes deux? vous commencez à m'intéresser.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:09

C'est pas qu'on soit deux, c'est qu'il y a tout simplement deux formes de cohérence logique qui, même elle s'enchevêtrent, ne dépendent pas que de moi-spectateur et de MA logique (subjective): c'est la logique objective du récit, de l'intrigue, qui existent indépendamment de moi; que je peux suivre en mettant entre parenthèses, en "neutralisant", en "suspendant", comme on dit en phénoménologie, mon réalisme, ma logique, etc. Je suis capable, comme n'importe quel spectateur, de suspendre, disons au minimum de secondariser ma "logique propre" pour m'impliquer dans, me mettre au service de celle du récit qui m'est proposé. Et de différencier entre "mes" attentes logiques, "ma" cohérence, et celles qui sont inhérentes à la structure du récit - laquelle structure ne dépend pas de moi et réclame, pour engager ma croyance en la fiction proposée, la congruence objective d'un certain nombre d’éléments. D'ailleurs, de façon plus générale, la logique, c'est jamais la mienne propre, principiellement, au sens de ce qui dépendrait des caprices de ma perception, de mes représentations, etc. C'est ce que Kant nommerait l'aperception, qui est d'une certaine façon un processus de synthèse qui a déjà lieu dans la perception, liant les représentations comme formant une Unité, et cette liaison ne dépend pas que de ma seule "subjectivité":

"Le "je pense" doit pouvoir accompagner toutes mes représentations", sans quoi elles ne seraient pas des représentations, justement. J'ai conscience d'un "moi" (relativement) identique à lui-même par rapport à la diversité des représentations qui me sont données dans l'intuition parce que j'appelle "miennes" les représentations qui n'en forment qu'UNE. Sinon, j'aurais autant de "moi" que j'aurais de représentations, et le cinabre serait tantôt vert, tantôt rouge, etc etc.


Si tu ne veux pas ou peux pas comprendre cette évidence, je vais pas tenter de la réexpliquer en vain. Et arrête de pinailler pour le seul plaisir de me faire frire les roubignoles.


PS: moi aussi, j'ai bcp coincé, aux premiers épisodes de la saison 1. J'ai failli renoncer, mais je me suis accroché...


Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Mer 20 Fév 2013 - 20:31, édité 3 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:15

salut jerzy,
une question rouge, pour te faire frire les roubignoles (mazette !) : parles-tu d'une pure cohérence logique ou d'une crédibilité due à une construction logique à partir de croyances implicites communes ? Wink


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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:18

Salut Stéphane, je te renvoie, sur cette question déjà discutrée, à un ancien débat. Tu t'en souviens certainement, puisque tu le relances fourbement. Very Happy

Attends, je place le lien...

http://spectresducinema.1fr1.net/t963p45-melancholia-l-von-trier?highlight=melancholia

Spoiler:

[...]
Attardons-nous maintenant quelque peu, car l'accablement nous guette, sur cette refonte rigolote de la philosophie de la Vision par toi-même.
Examinons le sophisme hâtivement torsadé censé autoriser toutes tes vaticinations supra:

il faut aussi que tu comprennes qu'on ne "voit" pas tout bonnement un film. que ce qu'on voit, c'est déjà la traduction qu'on s'en donne en fonction de son savoir, de ses affects, de sa situation sociale. et qu'on peut voir des choses radicalement opposées dans la même séquence, dans le même film, dans le même plan. il n'y a pas de spectateur de film qui ne se livre immédiatement à une interprétation. et tu ne fais pas exception à la règle.

Merci de m'instruire sur ce point crucial, que plus souvent qu'à mon tour je mets en évidence (ça se trouve dans mon nombril: http://mainoptique.blogspot.be/2009/10/jattends-de-le-voir-pour-me-faire-ma.html )

Qu'on perçoive un film dans l'horizon de son savoir, ses affects, sa situation sociale etc, cela je le dis constamment, donc, tout le monde le dit constamment, ici, sans relâche.

Mais cela n'engage nullement qu'un film, ou un livre, ou un tableau, ou une pièce musicale, ou n'importe quel objet, saisis dans les formes et dans les catégories, dirait Kant, de notre perception ou entendement, toujours-déjà synthétiques, s'y réduisent intégralement au point qu'on s'autorise à fantasmer qu'il n'existent pas indépendamment de ces dernières.

Ce serait verser dans un idéalisme absolu, qui crée tout bonnement son objet en même temps qu'il le perçoit, soit encore le point de vue instantanément synoptique de dieu, que tu parais bel et bien pratiquer, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir.
Esse est percipi, sans doute, en un sens qu'il convient d'analyser, d'interroger... Dans ton cas, c'est vraiment poussé à son point maximal, car tu sembles avoir dynamité avec allégresse toutes les limites épistémologiques et méthodologiques d'un humble réalisme critique (en vertu duquel tout objet de perception sensible ou non-sensible est certes informé dans les limites du savoir qui le médiatise, mais n'est pas produit par ces dernières).

Si, percevant un cube, ou l'image d'un cube dans un tableau ou dans un film, je suis persuadé de percevoir une sphère, qui est la traduction que je m'en donne en fonction de mon savoir, des mes affects, etc, il n'en demeure pas moins que ce cube résiste, dans son invariance de cube, qui ne dépend pas exclusivement de moi. Si, percevant un chien, ou l'image d'un chien dans un tableau ou dans un film, je m'accorde de percevoir un chat, il n'en demeure pas moins que l'essence "chien" et "chat" renvoient à deux réalités distinctes et relativement identiques à elles-mêmes à travers l'espace et le temps, du moins suffisamment pour qu'un chien ne se transforme pas en chat et un chat en chien sans prévenir ou sans autre forme de procès.

On peut voir des choses radicalement opposées dans une même séquence, certes, mais quand même pas au point où l'un verra quelqu'un embrasser tendrement quelqu'un d'autre, là où un autre le verra lui administrer une gifle, ou encore verra un personnage construire solitairement une cabane là où un autre le verra la construire en compagnie d'un autre, ou encore verra un personnage manifestement apaisé là où un autre le verra manifestement accablé, ou encore voit que x impose l'idée de construire d'une cabane à y et z qui n'en veulent, là où un autre voit que cette idée de x est été improvisée avec y pour répondre à lune mission conférée par y et z.

Certes, la plurivocité des perceptions et des interprétations est toujours de mise, qui le contesterait, mais pas au point de transformer l'eau en vin et l'or en plomb. Sans compter que s'ajoute chez toi le problème, déjà signalé, que tu sembles ne pas voir pas les choses changer d'une séquence à l'autre, entre un moment t et un moment t' du récit, parce que tu as décidé d'interpréter qu'elle restaient radicalement identiques à elles-mêmes du début à la fin, sans jamais nous expliquer pourquoi il en est nécessairement ainsi (quand bien même ce serait signifié par le réalisateur, il se tromperait et nous tromperait, pire, il se/nous mentirait).

Tu sembles également oublier, au passage, que les personnages et les situations qui se meuvent sous tes yeux et sous tes oreilles dans un plan, une séquence, sont agencés par un réalisateur, en concertation éventuelle avec un scénariste, un chef op, un cadreur, un éclairagiste, etc (quand il ne cumule pas ces fonctions), selon une perspective, des enchainements, concertés, en vue d'un effet déterminé à obtenir. Par la réduction, par exemple, de la multitude des choses possibles à voir, laquelle aurait noyé en une perspective dispersée l'unité "focale" de sens qu'on souhaite transmettre.

Sauf à considérer que les perso et les situations mènent dans le film une vie propre, totalement indépendante, déliée, du cadrage, de la composition, de l'horizon, bref de la configuration de sens que la réalisation imprime, même lorsque cette configuration se propose comme la plus ouverte possible au maximum d'interprétations possibles.

Tu ne peux en outre tout BONNEMENT pas décider, au nom de ton libre interprétationnisme en roue libre, de te mettre à "psychanalyser" à ta convenance ce qui ressemble, à te lire, à l'inconscient d'une séquence, d'un dialogue, d'un personnage, bref d'un film tout entier, qui deviennent, sous ta baguette magique de super-interprète de toutes les vérités cachées, des objets autonomes, des personnes réelles sortant de l'écran pour venir s'assoir dans ton divan d'analyste, aux fins d'une anamnèse détaillée par tes soins de leurs plus secrets états d'âme dans telle ou telle scène.





Prenons 2001: il est connu que ce film propose une configuration de sens ouverte à, disons, de nombreuses lectures. Cependant, ces lectures possibles sont en nombre limité, finies, sous la condition de contraintes perceptives comme le fait qu'on pourra difficilement décréter arbitrairement que l'objet "monolithe", qu'on a sous les yeux, est en fait une banane géante peinte en noir, ou un ornithorynque épilé auquel on aurait ôté les yeux, les nageoires et l'appendice caudal.
Le même genre de contrainte perceptive fait qu'on pourra difficilement décréter que deux boxeurs luttant sur un ring sont en fait des flans au caramel jouant aux cartes.
Ces exemples sont un peu grossiers, je le concède, pourtant à t'en croire, une telle diversité d'interprétation serait possible sinon en fait, du moins en droit.

Prenons un exemple plus délicat: la séquence dans shining où Nicholson discute avec le maitre d'hôtel dans les toilettes. La possibilité de déterminer ce qu'on voit précisément dans cette scène est beaucoup plus ambiguë, polysémique, etc: on ne pourra contester que l'on perçoit physiquement deux individus distincts se faisant face en symétrie, cependant on pourra à loisir interpréter ce plan comme montrant Nicholson converser avec un maître d'hôtel réel, ou un fantôme de maître d'hôtel surgi du passé, perceptible non seulement par N. mais aussi par d'autres que lui s'ils étaient dans la même pièce, ou encore une projection hallucinatoire de Nicholson, qui se parle à lui-même.
Si l'on adopte ce droit plénipotentiaire, que tu réclames comme une évidence incontestable au nom de la médiateté originaire de toute forme de perception, d'interpréter/"voir" à sa guise cette scène en fonction de son savoir, de son affect, de sa situation sociale, sans qu'aucun horizon de signification contraignant ne permette de départager la pertinence ou la non-pertinence de ce que verra untel ou untel, il n'en demeure pas moins que l'unité plurivoque de signification de cette scène est le fruit d'une décision de mise en scène autorisant une variété de perceptions possibles, en nombre non pas infini mais fini, dans le cadre limité du récit et du contenu de ce récit.
Tu ne pourras pas décider, par exemple, arbitrairement, que ce que tu vois dans cette scène, c'est un agent de police déguisé en Jack Nicholson pour confondre un pickpocket déguisé en maitre d'hôtel, à l'occasion d'une conversation qui, semblant porter sur un "cuisinier nègre", désigne en fait, sous cette expression codée, un inspecteur caché dans le hall d'entrée.

Tu ne pourras pas décréter, malgré tout le libre arbitre qui t'est alloué, en prétextant que toute vision est médiate et "qu'il n'y a aucun spectateur de film qui ne se livre immédiatement à une interprétation" (ainsi que l'inverse: "aucune interprétation ne se livre immédiatement, ou médiatement, à un spectateur" - ce qui déjà limiterait ton droit à décider, du point de vue de sirius infalsifiable, l'interprétation qui te convient), que ma perception n'est ni plus ni moins pertinente que la tienne si je dis: "non, tu confuses, ce n'est pas un agent de police invoquant sous l'expression codée "cuisinier nègre" un inspecteur caché dans le hall d'entrée, c'est juste le perso joué par Jack Nicholson qui est barjo et qui se parle à lui-même à travers l'hallucination du gardien de l'hôtel qui occupait sa propre fonction dans le passé".
Tu pourras dire, à la limite, que ma lecture est pauvre, plutôt plate, parce que collant trop servilement au schéma narratif que, fourbement, le réalisateur veut m'imposer. Empreinte à moi infligée d'un fascisme ordinaire

Tu pourras certes à loisir stigmatiser mon inclinaison trop naïve à me laisser manipuler, à me laisser bercer d'illusions sur la nature réelle de mon émotion liée à cette scène, et rétorquer que toi, on ne te la fait pas. Quand t'étais petit, oui, peut-être, on te faisait gober que des types déguisés en J. Nicholson causant en 1979 à des maitres d’hôtel de 1921 étaient des schizos se causant à eux-mêmes. Mais depuis, tu as largement eu le temps de t'élever à cette idée "qu'on ne 'voit" pas tout bonnement un film", "mais déjà la traduction qu'on s'en donne en fonction de son savoir, de ses affects, de sa situation sociale", etc.

Et te livrer, en amont, pour justifier l'évidence de ta lecture, à une glose erratique sur une conf de presse, dans laquelle Kubrick a répondu, agacé, à une journaliste qui l'interrogeait sur le vol de portefeuilles dans sa chambre d'hôtel, que son film traitait précisément de l'augmentation d'la recrudescence des pickpockets dans les hôtels de Cannes, et constituait un plaidoyer pour une augmentation des effectifs policiers dans les zones pavillonnaires.


Bien sûr, c'est un peu hénaurme, tout ça. Et pourtant, c'est l'application à peine hyperbolique de tes subtils préceptes herméneutiques.
Ce sont toutes ces délimitations de l'horizon ou cadre de réception du sens d'un film que tu ne cesses d'exploser allègrement à ta convenance, en bricolant à présent, pour justifier tes contorsions interprétatives tout aussi hasardeuses que débridées, une théorie farfelue maximalisant sans reste l'esse est percipi du bon évêque Berkeley.


Tu n'arrêtes pas de faire tout ça, à micro ou macro-échelle, enfermé dans ta toute puissante bouteille de Klein qui tourne en rond sur elle-même sans jamais voir que tel l'ouroboros, tu te consommes et ne valides que toi-même, ne voyant jamais que ce que tu interprètes. Au lieu, de temps en temps, de revoir tes prétentions à la baisse, et d'essayer humblement, du moins en première analyse, minimalement, d'interpréter les données que tu vois sur l'écran. Par prudence, interpréter ce qu'on voit, plutôt que voir ce qu'on interprète. Quitte à complexifier plus tard la donne, qu'on se mette au moins d'accord sur le fait que nous voyons au moins tous les deux une Locomotive et non une licorne ailée, deux personnages bâtissant une cabane et non un, une expression d'apaisement et non une expression d'angoisse, etc.
Non, tu en es à ce point de toute puissance inquiétante qu'au besoin, tu inventes des scènes qui n'existent pas, repeins un affect x en un affect y qui est son contraire, etc, juste parce qu'ainsi "revues et corrigées", ces scènes confirment ton interprétation forgée bien en amont.


Enfin bon, je ne sais plus quoi dire, tellement y aurait encore des choses à dire...

[...]

Sans compter qu'indépendamment de savoir si nous voyons une même chose et non pas deux choses distinctes, le problème de la métamorphose d'une chose en une autre se pose tout autant dans la perception d'un moi livré à lui-même sans vis à vis:

J'ai conscience d'un moi relativement identique à lui-même, unifié, par rapport au divers des représentations qui me sont données dans l'intuition (réceptrice, cad "perception"), parce que j'appelle "miennes" les représentations qui n'en forment qu'une. Si je ne pouvais pas lier ces représentations comme étant relativement "une" (cad unifiées) , je ne pourrais pas même dire que sont les "miennes". J’aurais autant de « moi », aussi bigarrés et d'autant de couleurs, que j'ai de représentations, et le cinabre serait tantôt noir, tantôt rouge, etc.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:29

Baudouin II de Barvaux a écrit:C'est pas qu'on soit deux, c'est qu'il y a tout simplement deux formes de cohérence logique qui, même elle s'enchevêtrent, ne dépendent pas que de moi-spectateur et de MA logique (subjective): c'est la logique objective du récit, de l'intrigue, qui existent indépendamment de moi; que je peux suivre en mettant entre parenthèses, en "neutralisant", en "suspendant", comme on dit en phénoménologie, mon réalisme, ma logique, etc. Je suis capable, comme n'importe quel spectateur, de suspendre, disons au minimum de secondariser ma "logique propre" pour m'impliquer dans, me mettre au service de celle du récit qui m'est proposé. Et de différencier entre "mes" attentes logiques, "ma" cohérence, et celles qui sont inhérentes à la structure du récit - laquelle structure ne dépend pas de moi et réclame, pour engager ma croyance en la fiction proposée, la congruence objective d'un certain nombre d’éléments. D'ailleurs, de façon plus générale, la logique, c'est jamais la mienne propre, principiellement, au sens de ce qui dépendrait des caprices de ma perception, de mes représentations, etc. C'est ce que Kant nommerait l'aperception, qui est d'une certaine façon un processus de synthèse qui a déjà lieu dans la perception, liant les représentations comme formant une Unité, et cette liaison ne dépend pas que de ma seule "subjectivité:

"Le "je pense" doit pouvoir accompagner toutes mes représentations", sans quoi elles ne seraient pas des représentations, justement. J'ai conscience d'un "moi" (relativement" identique à lui-même par rapport à la diversité des représentations qui me sont données dans l'intuition parce que j'appelle "mienne" les représentations qui n'en forment qu'UNE. Sinon, j'aurais autant de "moi" que j'aurais de représentations, et le cinabre serait tantôt vert, tantôt rouge, etc etc.


Si tu ne veux pas ou peux pas comprendre cette évidence, je vais pas tenter de la réexpliquer en vain. Et arrête de pinailler pour le seul plaisir de me faire frire les roubignoles.


PS: moi aussi, j'ai bcp coïncé, aux premiers épisodes de la saison 1. J'ai failli renoncer, mais je me suis accroché...

non je suis content de te lire même s'il ressort qui tu détiens le savoir. lol. disons que tu détiens ton savoir.
car vois-tu en ce qui me concerne je n'ai jamais ta perception. je ne comprends tout simplement jamais rien à un film, et d'ailleurs je m'en bats l'oeil. le travail de perception de reconstruction de logique interne me laisse complètement froid.
en revanche mon plaisir mon bon plaisir est de laisser venir à moi le frisson, l'émotion
voila mon maître mot. je peux aimer un film parce qu'un seul moment m'a bouleversé.
et deux choses me bouleversent au cinéma, la technique, la machinerie et comme tout le monde les corps.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:30

Les vieux sont plus francs ou plus lucides sur les enjeux réels. Ils disent "je vais regarder le journal, le Mali, Montebourg tout ça, puis mon feuilleton et aller me coucher", plutôt que "ahum la cohérence narrative de cette série provient de scénaristes qui ont lu Barthes".
Zemeckis faisait remarquer plus efficacement que les Cahiers que les feuilletons sont l'endroit du cinéma du milieu.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:33

Surtout quand Barthes parle de la photo et d'elle seule.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:43

Jerzy, tu as vu L'ange exterminateur, c'est un film mexicain de Bunuel ? Si oui voudrais tu nous dire quelle en est la logique interne ? Et même 2001, Jerzy, dis-nous à l'aune de quelle logique interne, la tienne, il faudrait s'y frotter ?

Je crains qu'on ne trouve nombre d'exemples où ta cohérence universelle n'en soit guère qu'au b.a.-ba.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:45

La référence à Barthes est légitime, la série c'est l'équivalent du match de catch pour les petits bourgeois atomisés socialement et bloqués psychologiquement sur leurs 39 ans. Bref un passe-temps respectable, ou du moins compréhensible.


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 20 Fév 2013 - 20:47, édité 1 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:46

lol

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Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:52

slimfast a écrit:

non je suis content de te lire même s'il ressort qui tu détiens le savoir. lol. disons que tu détiens ton savoir.
car vois-tu en ce qui me concerne je n'ai jamais ta perception. je ne comprends tout simplement jamais rien à un film, et d'ailleurs je m'en bats l'oeil. le travail de perception de reconstruction de logique interne me laisse complètement froid.
en revanche mon plaisir mon bon plaisir est de laisser venir à moi le frisson, l'émotion
voila mon maître mot. je peux aimer un film parce qu'un seul moment m'a bouleversé.
et deux choses me bouleversent au cinéma, la technique, la machinerie et comme tout le monde les corps.


Ce que tu t'obstines à ne pas comprendre, c'est que mon propos plus haut, dont tu fais plus de cas qu'il mérite en vérité, n'est en rien exclusif du plaisir perceptif, de l'émotion esthétique, de la sensation dite "immédiate", etc etc.

Moi-z-aussi, slimfast, je m'émeus, je ris-z-et je pleure, sans me poser de questions. Moi aussi, slimy, j'ai un cœur, un corps, des passions, de l'émotion. Moi aussi, slimy yé souis oun'homme, pas un éléphant, et pas une machine sans âme, désincarnée, etc etc etc.

Ce que tu piges pas - délice sans fin de mes roubignoles - c'est que je fais une petite remarque non pas à propos du Chien andalou, de Eraserhead, ou autre chose, mais à propos d'un film ou d'une série qui s'inscrivent - même en s'en écartant par certains aspects, même si une émotion d'un ordre plus fondamental est en jeu et que n'annule nullement le suivi de la logique de l'intrigue - dans un genre particulier. Qui ici, qu'on l'admette ou pas, est peu ou prou le genre "policier". Ne pas en tenir compte, ça reviendrait à dire que tu t'en fous de savoir qui fait quoi, quelle action entraine telle autre, etc, parce que la seule chose qui te meut, c'est la "perception", au sens le plus évanescent et ineffable soit-il (dans ta rengaine sensualiste bien connue, dont les autres seraient singulièrement dépourvus suite à on ne sait trop quel handicap). ça n'a tout simplement pas de sens d'opposer ici "perception", "ressentis" - "immédiats" à une re-construction, de l'ordre d'une logique (froide et sans émotion, bien sûr, selon le stéréotype bien connu de ton "sensualisme" qui en fait est un dualisme fort convenu, faut le redire): ça n'a pas de sens parce que ces deux aspects ne sont pas déliés, ils n'en font qu'un. Y a aucune "reconstruction logique" de ma part, je parle simplement ici d’éléments moteurs de cette fiction que l'on suit, d'intrigue. Et le fait de suivre le développement d'une intrigue x dans un "policier" fait de la même manière et sans clivage partie aussi du plaisir, de l'émotion, du ressenti, du spectateur.
Si t'aimes pas les intrigues policières, libre à toi, personne ne te contestera le droit inaliénable de ne pas aimer ça. Si tu lis, je sais pas, un Agatha Christie, ou un John Le Carré, tu peux dire que ça te laisse complètement froid. Mais tu ne peux pas reprocher à d'autres de s'intéresser à la logique des récits qui y sont élaborés, d'en apprécier la logique, les détours de la logique, ou de critiquer un manque de cohérence dans tel développement de l'intrigue, etc...


Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Jeu 21 Fév 2013 - 21:32, édité 2 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:54

bon remettons les querelles à plus tard.
sur ce forum il n'y a que Borges à presque pas y prendre part. Il contourne le problème, il relance, il instruit à charge ou à décharge. mais j'ai remarqué, comme tout le monde, qu'il ne parle pas souvent de cinéma, et presque toujours sur le cinéma. comme il dit il fait pas de critiques, c'est idiot ...

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:56

Tony le Mort a écrit:Les vieux sont plus francs ou plus lucides sur les enjeux réels. Ils disent "je vais regarder le journal, le Mali, Montebourg tout ça, puis mon feuilleton et aller me coucher", plutôt que "ahum la cohérence narrative de cette série provient de scénaristes qui ont lu Barthes".

T'as lu dans ce que j'ai écrit ce que ton esprit torsadé et confus, une fois de plus, a bien voulu lire, et qui n'a pas de rapport avec le sens de mon propos. Rien à voir. Et, comme d'habitude, tes petits sophismes incompréhensibles n'ont qu'un but: accuser les autres de ce que toi, roi de la branlette conceptuelle stérile, pratiques. Merci Tony, ça valait le coup, une fois encore.

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Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 20:56

Plus de sexe, de solidarité et de relance économique et moins de feuilletons. Le peuple grec nous regarde comme on l'a écrit sur la Gare du Midi. Pour qu'on y pense avant 9h

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:03

Baudouin II de Barvaux a écrit:
slimfast a écrit:

non je suis content de te lire même s'il ressort qui tu détiens le savoir. lol. disons que tu détiens ton savoir.
car vois-tu en ce qui me concerne je n'ai jamais ta perception. je ne comprends tout simplement jamais rien à un film, et d'ailleurs je m'en bats l'oeil. le travail de perception de reconstruction de logique interne me laisse complètement froid.
en revanche mon plaisir mon bon plaisir est de laisser venir à moi le frisson, l'émotion
voila mon maître mot. je peux aimer un film parce qu'un seul moment m'a bouleversé.
et deux choses me bouleversent au cinéma, la technique, la machinerie et comme tout le monde les corps.


Ce que tu t'obstines à ne pas comprendre, c'est que mon propos plus haut, dont tu fais plus de cas qu'il mérite en vérité, n'est en rien exclusif du plaisir perceptif, de l'émotion esthétique, de la sensation dite "immédiate", etc etc.

Moi-z-aussi, slimfast, je m'émeus, je ris-z-et je pleure, sans me poser de questions. Moi aussi, slimy, j'ai un cœur, un corps, des passions, de l'émotion. Moi aussi, slimy yé souis oun'homme, pas un éléphant, et pas une machine sans âme, désincarnée, etc etc etc.

Ce que tu piges pas - délice sans fin de mes roubignoles - c'est que je fais une petite remarque non pas à propos du Chien andalou, de Eraserhead, ou autre chose, mais à propos d'un film ou d'une série qui s'inscrivent - même en s'en écartant par certains aspects, même si une émotion d'un ordre plus fondamental est en jeu et que n'annule nullement le suivi de la logique de l'intrigue - dans un genre particulier. Qui ici, qu'on l'admette ou pas, est peu ou prou le genre "policier". Ne pas en tenir compte, ça reviendrait à dire que tu t'en fous de savoir qui fait quoi, quelle action entraine telle autre, etc, parce que la seule chose qui te meut, c'est la "perception", au sens le plus évanescent et ineffable soit-il (dans ta rengaine sensualiste bien connue, dont les autres seraient singulièrement dépourvus suite à on ne sait trop quel handicap). ça n'a tout simplement pas de sens d'opposer ici "perception", "ressentis" - "immédiats" à une re-construction, de l'ordre d'une logique (froide et sans émotion, bien sûr, selon le stéréotype bien connu de ton "sensualisme" qui en fait est un dualisme fort convenu, faut le redire): ça n'a pas de sens parce que ces deux aspects ne sont pas déliés, ils n'en font qu'un. Y a aucune "reconstruction logique" de ma part, je parle simplement ici d’éléments moteurs de cette fiction que l'on suit, d'intrigue. Et le fait de suivre le développement d'une intrigue x dans un "policier" font de la même manière et sans clivage partie aussi du plaisir, de l'émotion, du ressenti, du spectateur.
Si t'aimes pas les intrigues policières, libre à toi, personne ne te contestera le droit inaliénable de ne pas aimer ça. Si tu lis, je sais pas, un Agatha Christie, ou un John Le Carré, si tu apprécies ces genres de récit, tu peux dire que ça te laisse complètement froid. Mais tu ne peux pas reprocher à d'autres de s'intéresser à la logique des récits qui y sont élaborés, d'en apprécier la logique, les détours de la logique, ou de critiquer un manque de cohérence dans tel développement de l'intrigue, etc...

je te tolère jerzy, quoiqu'il y ait Rohmer entre nous, mais passons, il y a aussi tes séries à l'inverse, bon on va pas faire l'inventaire, bon je te tolère évidemment, quoi d'autre ? Mais je m'écoute plus que je ne t'écoute. Tu fais l'inverse. Voila. Tes roubi. peuvent dormir en paix. Mais on a toujours l'impression que t'es sur le sentier de la guerre.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:09

parfois quand je vais au cinéma avec d'autres au sortir je dis alors ? ça vous a plu ? la réponse est généralement attends là on sort juste. Ca je ne comprends pas en voyant un film dans l'acte de voir je sais si ça me plait ou pas.

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:12

d'ailleurs on dit je regarde un film, ou je vois un film : pas je pense un film ou je raisonne un film

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:23

TLM:

Plus de sexe, de solidarité et de relance économique et moins de feuilletons. Le peuple grec nous regarde comme on l'a écrit sur la Gare du Midi. Pour qu'on y pense avant 9h

Tu devrais en causer avec Bubu-de-cabinet de chez Smith en face, je suis sûr que ça donnerait des conversations plaisantes.

Ah oui, c'est un de tes vieux trucs récurrents, ça: nous faire le coup du "Réel", de sa dureté, des dures réalités de la politique, de l'économie, etc (réduites par ta prose amphigourique à de purs signifiants abstraits). Nous rappeler que nous fuyons ici tout ça, en de vaines papotes déréalisées, superflues et superficielles.

Et jamais tu ne butes réflexivement sur ta propre inscription dans ce jeu de langage. Tu n'es que langage, ici, Tony, tu ne touches pas à un iota d'atome de ce Réel que tu convoques pour nous recadrer à notre juste dimension.


Ah oui: le Réel. Ce Réel que les autres fuient, sur un forum, mais pas toi, qui jamais n'oublies sa pesanteur. Ce Réel qu'invoquent tant et tant ceux qui, souvent, par un paradoxe qui n'est qu'apparent, sont très éloignés du Réel, en fait. C'est même leur éloignement du "Réel" qui les fait aspirer à "plus de Réel".

Ne blâmons pas ceux qui aiment se divertir du "Réel".

ça me rappelle un truc: quand j'étais plus jeune, j'avais une certaine tendance fate à me moquer des gens qui, en matière de cinéma, n'aimaient pas le réalisme, la dureté du réel, le rappel de sa pesanteur, de la souffrance, du négatif.
A chaque fois qu'on me disait: "vous savez, moi j'ai pas tellement envie de voir dans un film tout ce que je vis déjà péniblement au quotidien. J'ai envie de m'évader, de me divertir, qu'on me change les idées", je ricanais d'un air idiotement supérieur et rappelais les plus hautes vertus de l'art telles que je me les figurais: inquiéter, affronter, réfléchir notre humaine condition. Horreur des divertissements, horreur de toute cette fuite devant la Vie. Eloge de la profondeur, du sens, etc etc.
J'étais bien fat, bien con, bien irréel, encore plus qu'aujourd'hui donc. Je me délectais de cette posture fantasmatique d'affronter, par un certain goût du cinéma, un Réel que je ne me prenais pas sur le coin de la figure, être incorporel non encore trop abîmé par la vie, et j'en appelais à la dureté, à la gravité.

Depuis, j'ai compris, oh oui, certaines choses. Je sais, je sais, comme disait Gabin, que le Réel, c'est chiant. J'ai compris, enfin, dans ma chair, la vraie noblesse du divertissement...


Dernière édition par Baudouin II de Barvaux le Mer 20 Fév 2013 - 21:32, édité 1 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:26

Je ne comprends pas pourquoi Jerzy s'énerve, je ne le visais pas lui spécialement.
Je dis toujours la même chose mais il ya déjà 15 ans les Sopranos reprenaient mot à mot une situation tirée de "Femmes entre Elles" de Pavese pour la seule raison qu'il fallait quelque chose d'italien et de culturellement légitime parce que la série évoluait dans un climat italien et se voulant légitime. C'était dans le cahiers de charge.
Les enjeux des séries ont peu changé depuis. Dès le début la série prétend être une déconstruction, un code maîtrisé, où le non dupe c'est celui qui regarde.
Par ailleurs c'est une forme qui évolue historiquement moins vite que le cinéma, du fait de sa répétition.
En regardant un film de n'importe quel pays, on peut toujours deviner l'époque de sa production, impossible avec des séries, ou de manière générale avec l'image télévisuelle.
Dans les émissions genre "Faîtes entrez l'assassin" les archives vidéos sont artificiellement altérées pour évoquer un signal analogique affaibli (même quand ce sont des extraits des années 1990) pour que le spectateur comprenne bien qu'il s'agît du passé.


Dernière édition par Tony le Mort le Jeu 21 Fév 2013 - 17:49, édité 4 fois

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Re: Breaking Bad

Message par Invité le Mer 20 Fév 2013 - 21:30

Slimfast, je ne cherche pas à te convaincre de quoi que ce soit, ni à te convertir à quoi que ce soit: c'est le cadet de mes soucis.

Je fais ce que tu t'accordes: je livre mes ressentis.

Tu n'y vois qu'absence de ressenti. Libre à toi.
Je me suis expliqué, une fois encore, plus haut, sur cette relecture perpétuellement unilatérale que tu fais de mes considérations diverses à propos de films. Puisque nous sommes sur un forum, et que sur un forum, nous écrivons, ou nous nous taisons. Mais tu me ressers, en mode automate, ta litanie attendue sur "on dit voir un film, pas raisonner un film", sans tenir compte de ma précision plus haut sur le genre "policier" (on ne regarde pas un "policier" forcément de la même manière qu'on regarde un Bunuel, un Pialat, un Lynch, etc. Puis de toute façon, la perception, l'émotion, c'est quelque chose de plus complexe, intriqué, que cette antienne rebattue du "simplement, regarder").
J'en déduis donc - simple question là aussi de cohérence logique -, que soit tu ne me lis même pas, soit tu me lis en travers et de travers, t'en foutant pas mal de ce qu'on peut te répondre: tu es riche et plein comme un œuf de ton pur ressenti que ne saurait altérer aucune forme de "raisonnement", cette vilaine chose abstraite que l'on plaque sur la pure expérience inchoative du "ressenti", etc.

Spoiler:
(De toute façon, à quoi bon s'échiner à se faire minimalement comprendre, avec toi - ou Tony, dans un autre genre, ou ces abrutis de bubon & bal de dèr - allez une petite couche en repassant, pour les occuper un peu -. ça ne mène jamais nulle part. Autant causer à des fromages murissant (pour rester courtois) sous une cloche de verre... Mais toi t'es gentil, et Tony l'est émouvant, quelque part (au niveau du vécu), alors je reste poli, si on veut.
Si mon talent inné pour l'interlocution constructive permet à quelques fats de s'épargner quelque doute anxiogène sur l'ampleur de leur infalsifiable et infracturable... rotondité, tant mieux, tant mieux. Comme disait l'autre, la beauté sans force hait l'entendement parce qu'il exige d'elle ce qu'elle n'est pas en mesure d'accomplir. Pour notre part, ayant accompli ce que nous devions accomplir à notre modeste niveau, nous préférons nous divertir...)

Je peux tout aussi bien dire que j'ai pas envie de "mettre en mots" mes émotions. Je peux tout aussi bien dire que j'ai pas envie de parler de ce qui reste indicible. D'ailleurs, je le fais: je parle "autour", parce que la part d'indicible, je ne prétends pas l'épuiser, bien au contraire.
Mais je suis sur un forum. Tant qu'à faire, je dis quelque chose... Et honnêtement, ce que t'en feras ou n'en feras pas, permets que je fasse comme toi, charitablement: je m'en bats l’œil, pour ne pas dire autre chose. Parce que ça a déjà été dit, au delà du dicible.

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