P.R.O.F.S, les sous-doués, le maître d'école

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

P.R.O.F.S, les sous-doués, le maître d'école

Message par Invité le Dim 30 Déc 2012 - 0:49

-je les ai revu en partie, parce que je cherchais l’extrait qui m'avait marqué dans mon enfance, ou un prof de géo s’extasie sur la carte d'URSS aux "courbes humanistes", et dénigre celles des USA, "angulaires", "brutales", "impérialistes" (j'ai retrouvé ce souvenir à l'identique, dans des commentaires de lecteurs de journaux sur l'école, pour dénigrer les profs de gauche, à croire qu'ils mélangent le film et leur enfance), et je ne savais plus quel film était concerné:
http://www.youtube.com/watch?v=k_lmzCde5NE

Cette scène est drôle, les scènes suivants, nauséeuses. Equation Hitler=loser=Marx, soit le niveau de la mer à partir duquel sera calculé ensuite le point Godwin.
Bref, j'avais envie de me souvenir de mon enfance sous Mitterrand, des films pour lesquels mes propres parents étaient déjà trop vieux.

-Je savais que Patrick Bruel avait la même tête à 26 ans qu'à 50, mais ne savait pas que Patrick Schulmann était mort il y a 10 ans,... "Et la Tendresse Borsel" a l'air intéressant

-P.R.O.F.S. est drôle, mais cruel: c'est une société qui n'existe que pour les trentenaires, ui essayent de concilier le ricanement caustique sur les conformisme sociaux et la promotion de la réussite. En conséquence: le discours (diction façon "stand up") de Bruel aux élèves sur "l'Esprit Critique", qui n'est utile que face aux mensonge et face à la falsification, comme si la critique n'était pas encore plus utile face à la vérité:



"Réussir avant 30 ans", plutôt "qu'être déjà vieux à 30 ans" ou mourir avant.

-le ressort de toutes ces comédies, c'est bien sûr de garantir la réussite de tous le monde, des profs, des élèves tout en étant angoissé par l'absence d'enjeu de cette réussite. Personne dans ces films n'a vraiment de vie privée ou familiale- et la vieillesse est montrée comme un signe d'échec,on rit des personnages de Martine Sarcey ou Jacques Debary que pourtant ces acteurs défendent très bien. Ce n'est pas la marge qui rit de la bêtise de la normalité, mais le centre qui rit de son contraire, tout en ignorant au juste ce qu'il est, et qui est de son côté.

-"le Maître d'Ecole" n'est pas mauvais non plus, Coluche est bon, il y a une vraie attention pour les enfants, le personnage du Directeur n'est pas ridicule. Pourtant il y a un point commun avec P.R.O.F.S (montré plus finement dans "le "Maître d'Ecole", dans la scène où les instituteurs discutent du statut de la garderie pendant une grève: les syndiqués CGT [EDIT: plutôt FSU] veulent la fermer, les minoritaires l'ouvrir): en 1981-1985 le communisme est ridicule, parce ce qu'il a déjà échoué, et c'est seulement à partir de ce moment là, que la bourgeoise s'aperçoit qu'il est l'objet d'une foi. C'est déjà l'humour des Inconnus où les enfant vont rigoler de l'URSAF. En fait "P.R.O.F.S" a sans doute été plus déterminant pour l'évolution des mentalité dans la bourgeoisie francophone que Budapest, le Printemps de Prague ou la chute du Mur. Ces films rassurent un peu le spectateur: mai 68 ne pourra pas venir ni de cancres, ni d'ambitieux (ils défendent une idéologie: il fait préparer la société de demain à la fois comme une société de chômage, et en même temps une société unifiée et sans lutte, et des profs de gauche sont pas inutiles pour cela).

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum