La nuit du chasseur

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La nuit du chasseur

Message par Invité le Mar 6 Nov 2012 - 19:51

un long documentaire vient de sortir sur La nuit du chasseur, 2 heures 50 de rushes en tout.


Les plus importantes archives accessibles à ma connaissance sur un film en train de se faire... ça peut être dévastateur comme étaler la planche-contact d'un photographe.


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Re: La nuit du chasseur

Message par adeline le Mar 6 Nov 2012 - 20:06

J'en ai vu la première heure, c'est en tout cas épatant de pouvoir "voir" le travail de la direction d'acteur. Surtout que le fait que Laughton soit toujours en dehors du cadre rend sa présence encore plus mystérieuse, marquante. La minutie avec laquelle il fait aller l'acteur vers l'intonation juste est presque délirante, faisant répéter le gamin des dizaines de fois presque. Mais je crois aussi que l'intérêt du documentaire est sa durée, le fait qu'il montre le film en train de se faire du début à la fin. J'aimerais bien pouvoir le voir en entier. Quand il sera à la médiathèque Wink

adeline

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Re: La nuit du chasseur

Message par DB le Mar 6 Nov 2012 - 21:56

Pour moi Laughton ça restera toujours ce petit gros qui s'est fait avoir par marlene dietrich.

Quel drole d'homme n'empeche.

J'ai hate de voir ce truc, c'est sur le dvd ultimate blu ray bundle extreme definite collector triatlon edition ?
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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Mer 7 Nov 2012 - 9:02

adeline a écrit:La minutie avec laquelle il fait aller l'acteur vers l'intonation juste est presque délirante, faisant répéter le gamin des dizaines de fois presque.
oui, c'est pas la fête comme tournage, tous les acteurs sont harcelés par Laughton, on peut en voir dans la première vidéo postée les effets sur Shelley Winters.





DB a écrit:c'est sur le dvd ultimate blu ray bundle extreme definite collector triatlon edition ?
http://www.dvdclassik.com/test/blu-ray-la-nuit-du-chasseur-wild-side-edition-limitee

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Re: La nuit du chasseur

Message par DB le Mer 7 Nov 2012 - 17:50

merci B.
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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Jeu 8 Nov 2012 - 7:40

Notes de Brecht à propos de Laughton :



29.4.44

Laughton qui raffole du SCHWEYK (il l'a lu dans la traduction brute) parle amèrement du mépris avec lequel l'angleterre traite les comédiens. son grand-père était butler, son père hôtelier, lui-même vint au théâtre à l'âge de 28 ans et fut célèbre en une année. un tailleur de bondstreet ne faisait des costumes à cette vedette de cinéma internationale que si elle gardait le secret, car autrement ses clients tories se seraient fait attendre. ici, dit-il, ils n'ont pas d'estime à donner, mais au moins de l'argent. où un comédien pourrait-il vivre ainsi, demande-t-il, en montrant ses antiquités, le parc avec le gazon, les têtes de serpents mexicains en granit, tout cela compte. ici, je peux étudier shakespeare. il nous lit chez nous MEASURE FOR MEASURE et chez lui THE TEMPEST. il se tient accroupi devant une magnifique pendule en baroque bavarois, sur un sofa blanc, les jambes croisées, si bien qu'on ne voit que son ventre de bouddha, et il lit cette pièce dans un tout petit livre, moitié comme un étudiant, moitié comme un comédien, riant des jokes, s'excusant par-ci par-là quand il ne maîtrise pas une scène. en l'entendant je vois prospero comme ce curieux portrait de napoléon à sainte-hélène, où napoléon, le teint jaune, a l'air d'un planteur hollandais avec chapeau de paille. il lit le rôle de caliban avec compassion.

30.7.44

laughton nous lit les trois premiers actes de LEAR. il rend excellemment le lear du premier acte, déshumanisé par la royauté, exigeant ses 10 livres d'amour filial en échange de 1000 mètres carrés de terre. puis le maintien de l'attitude du puissant, après l'abandon de la puissance. magnifiquement il détache l'invocation creuse, rituelle, des forces supraterrestres sur le fond des propos simples et réalistes ou des sentiments vrais.

28.8.44

du jardin de laughton, sur lequel j'avais commencé un poème (GARDEN IN PROGRESS), un gros morceau s'est effrité cette nuit dans un glissement de terrain. il s'est informé vers midi s'il pouvait passer le soir et s'est excusé en arrivant d'ennuyer avec ses soucis des gens qui depuis dix ans n'avaient plus vraiment de toit sur la tête. il s'est mis aussitôt à lire des chapitres de la vie de david, qu'il se prépare à enregistrer (sur mon impulsion, dit-il), et il a lu très bien la partie david et jonathan. il avait aussi amené quelques volumes de shakespeare et a lu (ou a joué) osric dans HAMLET, jacques dans COMME IL VOUS PLAIRA et le "clown bringing a basket" de l'acte 5 d'ANTOINE ET CLEOPATRE, rôles qu'il a voulu jouer comme s'il s'agissait d'homosexuels. sa femme, sortant du cabaret, est venue le chercher, et tous deux sont restés assis un moment, à parler du malheur de leur jardin. "depuis que le grand pin a disparu", dit-elle, "la luminosité a changé dans toute la maison, c'est une autre maison, maintenant on voit la mer !" et elle a ajouté sur un ton fort désapprobateur : "elle a vue sur la mer !" laughton lui-même, semble-t-il, n'a pas encore osé contempler le désastre, pour se rendre chez nous il a quitté la maison par l'autre côté. "ce n'est que le commencement", dit-il, "il en disparaîtra davantage encore, on m'a dit qu'il y avait là un courant de fond. pour tout avouer, je n'ai envie de voir personne actuellement, je suis si confus. c'est dans les journaux." je lui montre les deux grandes pages de ma description afin de l'égayer, et dis : "votre jardin deviendra un mythe, nourri d'une glorieuse rumeur. on dit que la précarité est essentielle à la beauté, elle intensifie le plaisir." mais il sait que ce malheur lui nuit, dans sa profession aussi. en dehors du fait que la property est endommagée. et comme il a peu de succès ces derniers temps, et se fait souvent traiter de "ham" (ce qui ici ne signifie pas beaucoup plus que simple comédien, mais ce qui est meurtrier), il craint sans doute de ne pouvoir acheter rien de pareil. la jeunesse ici a tant de valeur parce qu'on peut gagner plus avec elle. effectivement, il a l'air vieix aujourd'hui, et c'est bien pourquoi la lanchester dit d'elle-même : "je me sens soudain comme une vieille femme, avec un poids sur la poitrine."

10.12.44

travaille à présent systématiquement avec laughton à la traduction et à la version scénique de VIE DU PHYSICIEN GALILEE. - curieux comme il est difficile de résoudre même les problèmes les plus minuscules (par ex. une nouvelle transition) quand ils se présentent à part.

décembre 44

travail systématique avec Laughton sur la version de galilée. il transpose phrase après phrase, couchant d'abord sur le papier, de sa main, ma pesante traduction, puis la sienne, ou plutôt les siennes. en même temps nous procédons à des modifications. ce qui présente le plus de difficultés, c'est le discours de galilée sur l'ère nouvelle dans la première scène, surtout la phrase "puisque les choses sont ainsi, elles ne resteront pas ainsi". la manière d'associer est si foncièrement différente en anglais, de même celle d'argumenter, et l'humour.

fin avril 45

laughton n'est guère d'humeur à reprendre le travail sur GALILEE.

3.5.45

j'aide laughton à étudier la genèse pour un disque. il a dans l'oreille le fameux ton de sacristie, internationalement répandu, et comme sa voix suit peu et pesamment son gestus, i. e. est généralement peu agile, tout est gâché. je lui conseille quelques exercices et nous allons dans un studio où nous enregistrons ce qui suit : a) la genèse, récitée par un français comme jean renoir, b) par un homme du yorkshire (le pays de laughton), c) par un cockney (at the beginning mr smith created the heaven and the art, d) par un planteur, qui veut faire accroire aux indigènes qu'il a créé le monde, e) par un butler (in the beginning his lordship created…), f) par un soldat "in the foxhole" (avec "so what" et "much good did it to us" entre les actes de la création). le tout se présente maintenant comme une danse primitive de la fécondité et du phallus.

30.7.45

revenant encore une fois à GALILEE, que winge tient également pour une œuvre secondaire peu significative (sous l'angle formel, je ne la défends pas avec la dernière vigueur), je lui fais part que cette pièce a été écrite sans aucune intention de prouver quelque chose, en suivant la tradition historique ; et que maintenant, lors de l'élaboration d'une version scénique avec le comédien laughton, politiquement analphabète, il est apparu, à côté du thème que dans cette forme de société la soif de savoir devient une qualité mortellement dangereuse, puisque la société la produit et la pénalise, un autre thème encore, à savoir la différence décisive entre le "pur progrès d'une science" et son progrès socialement révolutionnaire.

10.9.45

la bombe atomique, avec laquelle l'énergie nucléaire se présente au goût du jour, frappe les "gens simples" comme une pure terreur. la victoire sur le japon semble empoisonnée à ceux qui attendent impatiemment le retour de leurs maris et de leurs fils. ce super-pet couvre tous les tocsins de la victoire.

(un instant, LAUGHTON craint fort naïvement que la science puisse s'en trouver discréditée à tel point que sa naissance - dans GALILEE - ne suscite plus aucune sympathie. "the wrong kind of publicity, old man.")

10.10.45

poussé par son instinct théâtral, LAUGHTON dégage inlassablement même les éléments politiques de GALILEE. j'ai établi la nouvelle "ligne ludovico" sur sa pression, il en va de même pour les déplacements dans la dernière scène avec galilée (livraison du livre d'abord, puis enseignement que le livre ne doit rien changer à la condamnation sociale de l'auteur). laughton est parfaitement prêt à jeter son personnage en pâture aux loups. il a une sorte de lucifer en tête, chez lequel le mépris de soi se transforme en orgueil creux - l'orgueil de la grandeur de son crime etc. il tient à la représentation intégrale de la déchéance résultant du crime qui a amené le développement des traits négatifs chez g[alilée]. Il ne subsiste que l'excellent cerveau, qui fonctionne à vide, non gérable par son propriétaire qui voudrait se laisser couler.
il dégage en toute clarté cette conception un soir où, franchisant un piquet de grève devant le studio, il s'entendit traiter de "scrab", ce qui le blessa profondément - il n'y avait ici personne pour l'applaudir.

1.12.45

GALILEO (version américaine) terminée (sauf la ballade). LAUGHTON la lit devant helli, eisler, reichenbach, h[ans] viertel, salka viertel, steff, son ami, le jeune physicien wirtele, feuchtwanger, brush.

10.12.45

la collaboration avec LAUGHTON fut celle, classique dans la profession, écrivain de théâtre et comédien. à certains endroits il voyait la pièce s'affaisser, alors il se plantait là comme une montagne de chair impossible à dégager du chemin, jusqu'à ce qu'on trouve et fasse la modification. cette finesse têtue se révéla plus productive encore que ses propositions effectives (toujours avancées avec la plus extrême prince, par exemple le remplacement de doppone, l'élève de la première scène, par ludovico, ou l'ombre des sorcières dans la dernière scène. il imposa les déplacements dans la première scène, l'interruption dans la troisième, l'hésitation de g[alilée] dans la scène avec le petit moine, la controverse g[alilée]-ludovico dans la scène des taches solaires, l'apparition positive de matti dans la scène à la cour, le grand déplacement dans la dernière scène avec g[alilée]. fréquemment, la modification, due à des raisons esthétiques, conduisait à une plus grande virulence politique, et l[aughton] de blesser le public (principalement dans le domaine religieux) le disputait à son désir de corriger les idées fausses du public - d'ordinaire ce dernier désir triomphait. l[aughton] avait pris connaissance de la pièce dans des traductions fort insuffisantes que nous écartâmes. je traduisis moi-même phrase par phrase en anglais (l[aughton] ne connaît pas un traître mot d'allemand) et il écrivit sous la dictée. puis il fit des propositions et joua tout jusqu'à ce que ça convienne, i.e. jusqu'à ce que le gestus soit là.
l[aughton] lit la pièce à ORSON WELLES, qui accepte aussitôt la mise en scène. son comportement est agréable, ses remarques intelligentes. au moins il n'aura pas peur du public. il comprend quand je lui dis : la plupart des choses qu'on "ne peut pas faire à new york", on "ne peut pas les faire à berlin" non plus (et pourtant on le devrait).

17.12.45

LAUGHTON, dans la machinerie de son agence, est un spectacle éclairant. il a lu la pièce devant des soldats, des millionnaires, des agents de théâtre, des amateurs d'art, inlassablement. n'essuya pas un seul jugement négatif, ou même froid, semble-t-il. on en vient maintenant au problème de la production, et l'agent dit : pas avant l'automne, en soulignant le risque de l'interruption estivale. (il voudrait lui-même être associé au financement, ce qui demande du temps.) WELLES m'approuve : le printemps est politiquement meilleur (intérêt pour le combat des savants contre l'état, bombe atomique etc) ; mais comme alors il ne pourrait être producer (il ne peut pas se procurer l'argent aussi vite), il tourne la chose comme suit : il ne pourrait prendre aucun engagement envers les bailleurs de fonds si c'était le printemps. CZINNER a le théâtre, les sous, et il est prêt à prendre le risque du printemps. l[aughton] "hates the sight of that man", mais est disposé "if it is necessary" to swallow him. l'interruption estivale voudrait dire pour lui ne rien gagner durant tous ces mois, du moins dans le cinéma. il aimerait m'avoir avec lui, mais je ne serai peut-être plus ici, à l'automne, mais l'agent dit…

31.10.47

rencontre LAUGHTON dans la matinée, il promène déjà la barbe de galilée et se réjouit de ne pas avoir besoin d'un courage spécial pour tenir le rôle, comme il dit : pas de headlines au-dessus de moi. - l'après-midi je m'envole pour paris.

15.3.48

la presse new-youliste semble regretter chez GALILEO exactement ce que regrettait déjà l'ami catholique de laughton : l'absence d'une agonie partageable du savant qui est livré à la contrainte. sans doute la mauvaise conscience de galilée est-elle montrée dans la pièce à sa juste proportion, mais c'est loin de faire le compte de la bourgeoisie : celle-ci, parvenue à l'hégémonie, souhaite voir exhiber plus grand que nature les émotions spirituelles supérieures de ceux qu'elle contraint à agir contre leur conscience, pour embellir l'image d'ensemble de son univers.

traduction : Philippe Ivernel

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Jeu 8 Nov 2012 - 15:05


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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 9 Nov 2012 - 15:02

* la nuit des morts-vivants
* la nuit du chasseur
* la nuit de la mort
* la nuit des sangsues
* nuits de terreur ( darkness falls )
* nuits de terreur ( nightmare )
* la nuit de tous les mystères
* la nuit de tous les dangers
* dans la chaleur de la nuit
* série noire pour une nuit blanche
* nuits blanches à seattle
* les griffes de la nuit
* freddy sort de la nuit
* douce nuit, sanglante nuit
* douce nuit, sanglante nuit 2
* douce nuit, sanglante nuit 3 : coma dépassé
* douce nuit, sanglante nuit 4 : l'initiation
* douce nuit, sanglante nuit 5 : les jouets de la mort
* la nuit d'halloween
* la nuit d'halloween ( the fear )
* la nuit des masques ( halloween 1 )
* nuits sanglantes
* nuit noire / une nuit trop noire
* la nuit des mille chats / les chats tuent la nuit
* les jours et les nuits de china blue
* un frisson dans la nuit
* la nuit des loosers vivants
* la nuit des fous vivants
* une nuit en enfer
* une nuit en enfer 2
* une nuit en enfer 3
* nuits d'horreur
* terreur dans la nuit
* la nuit des vampires
* la nuit du loup-garou
* la nuit déchirée
* darkside, les contes de la nuit noire
* les nuits de dracula
* nuits de cauchemar
* les nuits avec mon ennemi
* la nuit des vers géants
* ....

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Re: La nuit du chasseur

Message par Borges le Ven 9 Nov 2012 - 15:53

toute l'histoire du cinéma est une histoire de la nuit et de l'obscurité; l'histoire du cinéma, c'est les 1001 nuits...

http://www.iranian.com/DariusKadivar/2002/November/1001/index.html


Dernière édition par Borges le Ven 9 Nov 2012 - 15:56, édité 1 fois
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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 9 Nov 2012 - 15:56

Intéressant de penser l'opposition chez Pasolini "1001 nuits" vs "120 Journées" (chez Sade les gens dorment, mais ce repos que soit ce qui prépare l’organisation de la liquidation, c'est sans doute ce que Pasolini a le mieux compris et interprété chez Sade)


Dernière édition par Tony le Mort le Ven 9 Nov 2012 - 16:20, édité 3 fois

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 9 Nov 2012 - 15:59

joli Borges n'oublie cependant pas que le cinéma, moins éthéré que le poète ne le dit, a aussi nourri beaucoup de bouches.

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 9 Nov 2012 - 16:02

Tiens j'ai le souvenir d'un film de Borzage, qui me rappelait bizarrement "la Nuit du chasseur" (même ambiguïté, même idée de père manquant dont la mort fait que la persécution des enfants n'est pas expliquée, ou plutôt, dont la mort est la seule explication de cette persécution), mais où les âges étaient nivelés par l'âge adulte (ni enfants, ni vieux, ce qui rationalisait le mystère du mal comme preuve indirecte d'empathie), qui se passait dans le même genre de nuit:
Moonrise, .

Et aussi "They Live by Night" de Ray, bien sûr, qui partage sur ce plan-là quelque chose avec la Nuit du Chasseur et Moonrise (je trouve le film de Ray beaucoup plus troublant que la Nuit du chasseur d'ailleurs)...

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Mer 12 Déc 2012 - 20:04

pour Powell Laughton pensait à Gary Cooper qui, vu sa classe aurait de toute façon refusé ce rôle aussi négatif, il s'est laissé convaincre pour Mitchum, l'éternel nonchalant à la démarche fatiguée. Il est tout simplement las : très bien, très bien !
c'est son meilleur rôle il s'est remué un peu, il croit à son rôle et même s'il était connu avant il ne donne par là l'impression de s'emmerder ferme comme dans ses films précédents.

Il était néanmoins sceptique et ne comprenait pas pourquoi le gosse n'avait pas peur de lui, lol.

Il n'était pas non plus convaincu par les digressions de Laughton comme la fuite onirique des enfants rejoint par en cela par l'opinion de l'époque qui ne comprenait pas ces échappées non narratives du film, quand c'est ce que maintenant on apprécie !

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Re: La nuit du chasseur

Message par Sibelius le Jeu 13 Déc 2012 - 10:16

Mitchum était un peu contradictoire sur le sujet: il n'arrêtait pas de dire que Laughton n'aurait dû faire que ça, réaliser des fims, tout en critiquant comme ridicules le choix les plus fondamental du film, la carte onirique avec les plans de faune et de flore.

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Dim 16 Déc 2012 - 12:25

beaucoup d'américains pourraient graver aujourd'hui god sur une de leur main et gun sur l'autre

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Mar 18 Déc 2012 - 21:19

j'ai revu le film et j'ai été déçu par la variation sur la dialectique hate/love, hate/hate, love/love qui sous tend le film et dont le visuel n'arrive pas vraiment à faire oublier les limites sauf quand, et là ça devient tout à fait autre chose, c'est l'aurore, c'est la ville, quand Lilian Gish apparaît pour ne plus quitter l'écran. Le merveilleux du film est là dans son apparition.

J'ai été déçu par l'interprétation de Shelley Winters, après ce qu'elle fait dans Lolita et Mitchum n'est pas toujours top. Et si l'on réfléchit c'est banal : c'est un meurtrier il est pris.

Et je ne comprend pas le déchaînement de foule à la fin qui me semble plaqué

Je n'ai pas l'impression d'être grognon. Je livre mes impressions. Enfin il y a beaucoup de belles choses.

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 21 Déc 2012 - 18:32

Je ne me souviens plus trop de la foule, il me semble que la fin c'est Liliane Gish sur son fauteuil en osier avec un fusil, puis dans les étoiles comme une divinité protectrice (et peut-être elle-même mourrante).

Justement le mystère du film c'est qu'il n'y pas de dialectique Love/Hate, en tout cas pas chez Mitchum, ni chez les adultes, peut-être un peu chez les enfants, mais alors cette dialectique renvoie à ce qui est perdu et devient incommunicable à l'âge adulte. Mais c'est sans doute au cinéma ce qu'il y a de plus proche d'un personnage qui hante la littérature américaine: le faux-précheur, qui même lorsqu'il ment, souligne la nostalgie d'un humanisme intégral chez les personnes qu'il séduit (comme dans "Valjoie" d'Hawthorne, je ne répéterai jamais assez à quel point ce roman est énorme).



Sinon c'est vrai que j'ai revu le film plusieurs fois, mais il me touche moins que disons "They Live by Night" (ou le "Violent" , dont la dialectique bien/mal met vraiment mal à l'aise: à un moment on est obligé de se reconnaître dans le personnage de Bogard, à al fois protecteur et impulsif jusqu'à la pulsion de meurtre, conscient de de ne pas se dominer, et cela transparaît dans la partie la plus quotidienne du film), il est fermé sur lui-même comme un conte et peut-être un dessin animé à la Youri Norstein, on a l'impression que les enfants décrivent une boucle, que le paysage descend avec eux vers une mère de substitution.



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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 21 Déc 2012 - 18:44

Peut-être aussi qu'à l'époque de Laughton, la figure du serial killer était encore inédite pour l'Amérique, la violence des armes et des pilleurs errants existait déjà mais par d'autre canaux.
Dans ce film on a un peu l'impression de la reconfiguration d'une figure de la violence américaine qui renvoie à la guerre de Sécession, à uen opposition nord-sud, à une époque où il y avait des attentats politiques, où le paysage a un poids politique et idéologique, qui détermine culturellement l'irrationalité de la violence, vers la figure du tueur individuel sans raison. ce serait intéressant de voir quand cela apparaît dans le cinéma.

Le faux prêcheur séducteur on le retrouve aussi dans Body & Soul d'Oscar Micheaux par exemple

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Re: La nuit du chasseur

Message par BK le Ven 21 Déc 2012 - 18:53

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Dernière édition par BK le Dim 20 Jan 2013 - 11:47, édité 1 fois
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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 21 Déc 2012 - 18:55

et meta-blablabla de ta part ducon.
Qu'est-ce que tu veux, transmettre ton bon sens et ton intégrité intellectuelle de manière olfactive?

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Re: La nuit du chasseur

Message par BK le Ven 21 Déc 2012 - 18:57

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 21 Déc 2012 - 18:58

Qu'est-ce qui est soi-disant, "petit" , "discret", "soupçonne" ou "ignorance"?

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Re: La nuit du chasseur

Message par Invité le Ven 21 Déc 2012 - 19:03

Et d'abord c'est pas du hacking, juste du HTML

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Re: La nuit du chasseur

Message par careful le Ven 21 Déc 2012 - 23:38



Comme un air échappé du film.




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