The Flying Dutch Mann

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Re: The Flying Dutch Mann

Message par Borges le Mar 22 Oct 2013 - 18:21

erwan a écrit:Mann a réalisé un petit film très sympathique en 1944: two o'clock courage.

Le titre possède une saveur un peu mystérieuse je trouve. On n'a pas d'information sur sa signification.
Hi Erwan; cool de te relire, connaissais pas ce film...vous allez finir pas faire un bouquin sur AM, Dr. et toi :
Wink 

pour le titre, j'ai trouvé cette explication à l'expression : """As to moral courage, I have very rarely met with two o'clock in the morning courage: I mean instantaneous courage"" [Napoleon ]"


"Pour Napoléon : le général Jourdan était très brave un jour de combat, en face de l'ennemi et au milieu du feu ; mais il n'avait pas le courage de tête au milieu du calme de la nuit, à deux heures du matin"

le courage de deux heures du matin, le courage de l'improviste ...

parfois, l'expression, c'est "le courage de trois heures"...

(je sais pas si cela a un rapport avec le film, et cette pièce... la guerre?)


le mec dépossédé de son bien, c'est fréquent chez AM, non? je pense à la winchester, au troupeau de vaches, dans the far country...

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Re: The Flying Dutch Mann

Message par Invité le Mar 22 Oct 2013 - 18:46

salut Borges; merci pour la précision quant au titre. J'avais cherché de mon côté sans succès study  je pensais que c'était lié au travail de l'écriture, à ce que cela suppose de rigueur, un truc du genre ... mais non mrd ... Napoleon ... Surprised 

oui c'est vrai, ça arrive constamment chez Mann, même le Cid, les chariots et les mules de Stewart dans the man from laramie, une femme de son visage dans Strange Impersonation

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Re: The Flying Dutch Mann

Message par Invité le Jeu 3 Avr 2014 - 17:04

Le 6 novembre 1860, Lincoln est élu président des États-Unis.
Courant février de l'année suivante, le 18, Jefferson Davies est intronisé président des États confédérés d'Amérique.
Par le suite, Lincoln entreprend un voyage par train pour se rendre à son inauguration en tant que président, à Washington.
Allan Pinkerton assure alors sa protection et des rumeurs d'un complot visant la personne du président attirent son attention.
Ce complot, dont la réalité est sujette à caution, sera connu sous le nom de "baltimore plot".
Le 23 février, Lincoln emprunte un second train en secret et n’apparaît pas en public à Baltimore comme il était prévu.
Il est alors pris pour cible par les caricaturistes des journaux de l'époque:


Mann tire de cet a côté de l'Histoire un film en 51, "The tall target".

C'était initialement un projet de Joseph Losey, qui comptait le mettre en œuvre avec la chanteuse Lena Horne.

Le héros, john Kennedy, est comme souvent chez Mann, un type dépossédé de tout, dès le départ:
il démissionne de la police, il prend le train sans ticket, sa présence est indésirable, son identité lui est soustraite; "il est déshabillé"; ça rappelle two o clock courage.
La seule preuve qu'il peut soumettre au contrôleur du train, c'est une montre portant une dédicace du père sur laquelle figure son nom.
Et dans ce train, il est celui qui agit pour sauver le père de la nation.
« In a June 1858 speech Lincoln had stated, "A house divided against itself cannot stand" »;  
Job, le père, celui que cite Mann dans une interview, ce père qui veut garder autour de lui ses enfants, mettre fin aux querelles.
L'enceinte de la gare puis par la suite le train et ses wagons sont autant de lieux où se déploie les antagonismes au sein de la société américaine pré guerre civile; la manière qu'ont les mécanismes démocratiques, réglementaires de se soumettre à l'épreuve du désordre, de la manipulation, de l'abus de pouvoir ou de la force brutale, c’est ce que révèle, relève, la représentation.
Il y a deux temps, celui de l'Histoire, le but du voyage, le mouvement vers l'avant/avenir du train, tiré par la machine, la locomotive dont le faisceau soustrait le chemin à la nuit muette, qui le porte à accomplissement, et le temps de l'action subjective qui est le moyen du drame. La montre du père n'est ce pas ce fantôme de la raison historique qui dirige l'esprit de John Kennedy lol?
Deux des premières séquences sont à cet égard significatives, collées par un montage qui recherche la collision, l'étincelle:
Conversation symptomatique entre le chauffeur du train, dans la cabine, et le contrôleur, parangon de la procédure, sur le quai, devant la caméra. Hauteur surplombante du chauffeur, le gardien de la locomotive, la puissance créatrice de l'action/mouvement lol qui doit pourtant, pestant contre le retard pris sur l'horaire prévu, se soumettre à la contrainte réglementaire, une missive de la compagnie, qui lui est soumise par le contrôleur, fonctionnaire ennuyé lui même par la situation mais ferme, arbitre de la lettre du droit.
La séquence qui suit nous montre le héros mannien, Kennedy, devant les vitres opaques des bureaux d'un commissariat dont l'accès lui est refusé sous un faux prétexte; il force le passage devant les yeux écarquillés du secrétaire, ébahie par tant d'audace et demande des explications à son supérieur hiérarchique attablé avec des convives du même statut social imagine-t-on: son bureau n'est plus espace de travail mais espace de plaisir partagé. Kennedy est cadré du côté de la lampe posée sur le bureau, du côté de la vérité, tandis que son chef ne jure que par le goulot d'une bouteille vide qui lui pend au nez.
Situation inverse par rapport à la scène précédente: l'autorité refuse d'assumer la responsabilité qui lui incombe: enquêter sur une possible tentative d'assassinat du président.
Il est à noter; Kennedy n'est pas non plus très à cheval sur le règlement, il outrepasse ses prérogatives et passe par dessus son chef, avant de démissionner in fine; c'est un individualiste qui agit au nom d'une morale, d'une finalité d'égalité. On le voit dans la scène finale, menottes à la main, mais ravi.
La locomotive d'ailleurs, en expulsant la vapeur d'eau de son ventre, rend les hommes indistincts les uns des autres, ce qui sauve Kennedy d'une mort certaine. la stricte semblance des silhouettes dans le brouillard ainsi créé.

Film de train, dont la particularité est de se laisser soumettre par les contraintes physiques du lieu;
forme oblongue et étriquée des wagons à l'intérieur desquels les passagers prêtent leurs voix aux dissensions politiques entre sécessionnistes hantés par les revers économiques et partisans de Lincoln, d'une seule maison pour les enfants turbulents de l'Amérique, dont les propos sont souvent très naïfs (l'écrivaine anti esclavagiste qui couve ses notes comme une poule pondeuse).
La mise en scène épouse les contraintes de l'habitacle à la manière de l'homme qui est libre tant qu'il se soumet à ses devoirs de citoyen, qu'il respecte les institutions.
C'est également le domaine de l'enfance et des pulsions qu'il convient de soumettre; l'enfant turbulent dans un wagon joue aux cowboys et aux indiens ce qui provoque la colère d'un texan pour qui sans doute ces enfantillages relèvent d'une mythologie à laquelle il prête un trop grand sérieux.
En suivant le fil de cette idée, je m'interroge ... ces mouvements singuliers de caméra, quand Kennedy passe transversalement par rapport à la caméra, devant elle, elle panote sur lui, bloquée contre la paroi du wagon, et inévitablement le profil de l'acteur emplie le cadre, ou une partie de son corps; la contrainte, l’exiguïté, est mise à plat sur l'écran, intégrée à l'ensemble des forces qui forgent le plan. Kennedy provoque une situation extrême, un très gros plan sur lui, jusqu'à effacer tout autre présence, met en péril la représentation, la forme démocratique tout en essayant de la sauver, d'en sauver la figure centrale.
Souvent à ce moment là, il cherche une arme, un pistolet, pour se battre contre les comploteurs ou ceux qui cherchent à l'éliminer. L'arme représente le spectre du pouvoir, l'ustensile des pères, de l'autorité;
vrais père, faux père; vrais fils, faux fils.
Je ne crois pas qu'il parviendra à s'en servir.

Un des scénarios les mieux écrits de la filmographie de Mann je crois.
Ruby Dee est magnifique. Elle est la lumière qui émancipe la représentation historique des assises du passé.


Dernière édition par erwan le Lun 7 Avr 2014 - 12:01, édité 1 fois

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Re: The Flying Dutch Mann

Message par Borges le Ven 4 Avr 2014 - 15:19

Hi;

Pas vu le film. Dr. en avait parlé, je crois, en soulignant le paradoxe assez abyssal crée par le nom du héros, John Kennedy :  John Kennedy essayant d’empêcher l'assassinat de Lincoln, c'est une superbe idée d'uchronie; mais n'est-ce pas aussi ce que font tous les héritiers d'une mémoire, d'une idée, d'une histoire?

Les deux frères, le père assassiné, ou qu'on essaye d'assassiner, on pense aussi à W. 73, of course.
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Re: The Flying Dutch Mann

Message par Invité le Ven 4 Avr 2014 - 16:32



Salut Borges,
il me semblait bien que quelqu'un avait parlé de ce film_ je ne sais plus dans quel topic; je pensais qu'il s'agissait de Tony mais tu as peut être raison.
Oui le nom du protagoniste principal laisse pantois ;)en terme d'uchronie, on pense à l'Orphée aux pieds d'argile. Pourquoi ce nom là? en 1950~51, les Kennedy était déjà connu. Peut être n'est ce qu'une coïncidence.
Le groupe d'écriture autour de Mann a produit un travail de recherche remarquable, multipliant les anecdotes, les couvertures de journaux. Ce nom serait il apparu dans la masse du corpus.

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