Cinéphilie

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Re: Cinéphilie

Message par Invité le Lun 14 Mai 2012 - 19:25


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Message par Invité le Lun 14 Mai 2012 - 19:36

dans l'intro de ce livre j'ai trouvé une question dont la formulation m'intéresse :

"Les contradictions dans lesquelles RR semble s'être empêtré tout au long de sa vie, à chaque fois qu'il devait évoquer la première partie de sa carrière, et sa volonté tenace de vouloir faire croire qu'il a toujours été cohérent avec lui-même, qu'il n'a pas varié dans ses positions éthiques et esthétiques, alors même que les faits et les films apportent souvent d'évidents démentis, amènent qui se veut critique à douter de la sincérité du cinéaste, de sa bonne foi, de sa capacité à juger sa propre réalité existentielle, son propre travail. Et cet observateur en vient, au risque de choquer certains egégètes et admirateurs du cinéaste, a poser cette question de la possible propension rossellenienne à la simulation."

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 9:15

Dans sa jeunesse Rossellini avait eu au cinéma Chaplin comme favori : à cause de sa grande humanité disait-il ; en fait ce qui l'attirait, c'était la révolte du vagabond. Il était systématiquement horrible, destructeur et méchant, particulièrement dans ses premiers films.

Son ami Fereydoun Hoveyda a dit un jour à Rossellini : "C'est cette inhumanité qui, inconsciemment vous attire " ; il a répondu par la dénégation.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 9:24

Pourtant les films de Chaplin ressemblent à un autre amour de Rossellini, la commedia dell'arte napolitaine. Le vagabond était malveillant et violent, irrévérencieux et subversif, toujours ridiculisant des concepts comme l'héroïsme, l'amour, le sacré, toujours rejetant l'autorité établie - comme la plupart des films de RR fait remarquer Hoveyda.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 9:30

Le père de RR était quelqu'un qu'il admirait et dont il dépendait, devant qui il était craintif et intimidé, et dont il ne fut jamais proche. Il parla rarement de lui plus tard dans sa vie, même à ses intimes, sauf pour noter combien de fois il l'avait déçu et combien il était horrible de perdre son père de cette façon.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 9:34

"Tu vis avec un tel remords", a t'il dit à sa fille Ingrid.

Pourtant il traita son propre fils, comme son père l'avait traité.

Même après la mort de Roberto, il apparaissait dans les rêves de son fils, levant la main et ordonnant : "Stop !"

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 13:18

Roberto était toujours affairé, plein de projets, bluffeur et dépensier, hardi avec les femmes, cassant et retors avec les créanciers.

Les fées dispensatrices de talent lui avaient légué, sans peur de contradiction, une âme légère, un esprit raffiné avec le goût de l'exquis, et, en même temps, la vocation irrésistible à la turbulence.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 13:26

Si bien que, vite, il ne cessa de se plonger dans une infinité de soucis, de fâcheries, de dettes et de dol pour s'assurer des superflus que ses préjugés lui présentatent comme nécessaire.

Il travaillait parce qu'il n'avait pas le sou mais avait en horreur la monotonie.

Il est venu assez tard au cinéma parce qu'avant il avait un meilleur métier, celui de fils de famille et qui lui plaisait davantage.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 14:54

j'avance sur la pointe des pieds ... je rapporte Gallagher.

Le régime fasciste, mises à part les bandes d'actualité, ne faisait pas de films de propagande dans les années 30, si on exclut les deux films vraiment fascistes : Vecchia Guardia ( vieille guarde ) de Blasetti en 35 et Camicia Nera ( chemise noire ) de Forzano.
La plupart des des mesures prises dans les années 30 subsistent encore et ont été imitées par toutes les nations qui cherchent à préserver leur cinéma national face à la concurrence américaine.

La gloire d'après guerre du cinéma italien n'aurait pu exister sans la politique de soutien du régime fasciste.

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Message par Invité le Ven 18 Mai 2012 - 15:18

après il y a eu le problème de l'Ethiopie qui a mis l'Italie au ban des sociétés et contribué à prouver que le fascisme était le mal. Passons sur l'impérialisme d'un certain nombre d'autres nations.

Evidemment à cause de la participation de Vittorio Mussolini ( le fils du duce, producteur ) et parce que le film concerne l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, le film, Luciano Serra pilota, a toujours été considéré avec suspicion - laquelle a rejailli sur Rossellini en raison de la part qu'il finit par prendre au film.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 12:51

La trilogie de la guerre : 1941 La nave bianca. De Robertis avait préparé un story-board pour ce film, chose inouïe à l'époque. La vision de la guerre dans ce film est totalement antithétique du fascisme et n'aurait pas été possible sans l'intérêt du public italien pour un film de sous-marin venu d'Hollywood, Submarine D-1 de Lloyd Bacon et un désastre réel, le sous-marin britannique Thetis ayant coulé avec tout son équipage.

La marine décide de financer ce qui devait être un court-métrage au départ et qui sera finalement ce film sur un navire-hôpital, qui comme tous les films de la marine sera dépourvu de générique.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 13:03

La nave bianca est un film de De Robertis éxécuté par RR. Son style nettement différent, apparaît dans les fréquents plans longs et la constante mobilité de la caméra, ses panoramiques en tous sens et ses travellings avant et arrière ( on retrouve cela particulièrement dans Allemagne année zéro ).

La caméra de Rossellini fait déjà preuve d'une curiosité agressive comme elle le fera plus tard à la télévision.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 13:07

La question de la paternité du film qui devint embarassante d'après guerre doit être réexaminée si l'on approche La nave bianca correctement c'est à dire comme un film d'horreur. Dans ce contexte tout change.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 21:20

Par exemple la façon dont les hommes crient "Vive le roi ! salut au Duce !". En apparence cela paraît cocardier. Dans le contexte, le montage passe à cette scène si soudainement et la quitte si abruptement que sa qualité documentaire s'en trouve renforcée ;

elle semble un aperçu dérobé à l'histoire, une poignante absurdité, une folie héroïque.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 21:30

Le tragidie chez RR est toujours le résultat d'un système artificiel imposant un schématisme répressif ( comme le fascisme ) au développement naturel et libre d'individus instinctifs.

j'essayais de filmer la vérité dira Rossellini, mais c'était justement la vérité qui était insupportable.

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Message par Invité le Sam 19 Mai 2012 - 21:33

1942 : un pilota ritorna ( un pilote revient )

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Message par Eyquem le Mer 23 Mai 2012 - 15:37

slimfast a écrit:ce qu'il ne faut pas faire pour aimer ces cinéastes, se farcir l'histoire de leur petit drapeau.
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Message par Invité le Mer 23 Mai 2012 - 16:52

je t'avais devancé, en somme du reste beaucoup à ton instigation.

ta méthode va faire florès, à n'en pas douter.

Wink

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Message par Invité le Mer 23 Mai 2012 - 16:57

slimfast a écrit:après il y a eu le problème de l'Ethiopie qui a mis l'Italie au ban des sociétés et contribué à prouver que le fascisme était le mal. Passons sur l'impérialisme d'un certain nombre d'autres nations.

Evidemment à cause de la participation de Vittorio Mussolini ( le fils du duce, producteur ) et parce que le film concerne l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie, le film, Luciano Serra pilota, a toujours été considéré avec suspicion - laquelle a rejailli sur Rossellini en raison de la part qu'il finit par prendre au film.

En passant sur "l'impérialisme d'un certain nombre d'autres nation" tu oublies aussi le plus significatif: c'est déjà l'histoire d'un défaite... à fois une des premières victoires des colonisés, et la première défaite militaire du fascisme.


Dernière édition par Tony le Mort le Mer 23 Mai 2012 - 17:32, édité 2 fois

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Message par Invité le Mer 23 Mai 2012 - 17:25

l'histoire est faite de retournements, puis d'alternances .... puis ... d'obscurité ?

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Message par Invité le Mer 23 Mai 2012 - 17:27

Si tu le dis...

Parce que chez ces gens-là
Monsieur on ne s'en va pas
On ne s'en va pas Monsieur
On ne s'en va pas
Mais il est tard Monsieur
Il faut que je rentre chez moi.

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Message par Invité le Mer 23 Mai 2012 - 17:34

tout ce qui existe cesse d'exister.

il suffi d'être patient.

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Message par Invité le Jeu 24 Mai 2012 - 18:42

L'attitude défensive de Rossellini au sujet de Un pilota ritorna a été contre-productive, car elle semblait confirmer qu'il avait collaboré par opportunisme à une entreprise honteuse.

Cette attitude était totalement injustifiée car le film n'a nul besoin d'excuses.

Voila ce qu'en dit Jean Rouch :

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Message par Invité le Jeu 24 Mai 2012 - 18:53

" je n'ai jamais vu dans toute l'histoire du cinéma, un film plus délibérément contre la guerre que celui que Rossellini a réussi à faire dans l'Italie fasciste en guerre. Un film dans lequel le seul dieu de la guerre est un pilote allemand dans un Stuka qui mitraille les Anglais, les Italiens, les Grecs, les Yougoslaves, tous sans discrimination, sur le même niveau et jamais entre eux comme de véritables ennmis. C'est un portrait véritablement moral de la guerre."

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Message par Invité le Jeu 24 Mai 2012 - 19:07

La conscience pour Rossellini est individuelle plutôt que conscience de groupe ; ce sera la plainte constante de la gauche contre lui tout au long de sa carrière .. et même après !

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