Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

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Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par IQI le Mer 2 Nov 2011 - 17:54


Certains ne manquent pas d'air, en quelque sorte.

Mais ils commencent sérieusement à nous le pomper avec leur provocations à deux balles, à répétition, au mauvais moment, sur le mauvais sujet.

Je désespère de comprendre la phrase en titre, sinon au sens littéral : il leur faut blasphémer pour vivre, c'est cela qui les maintient en vie, c'est leur seul espérance, leur carburant, ou quelque chose de cette sorte?

Une couche de plus : bien triste époque, qui voit la classe politique dans son ensemble s'indigner dans sa totalité pour un effet prévisible et gentiment désiré.

Qu'espéraient ils, que les "islamistes" allaient les remercier de mettre Mahomet en une débitant des conneries en tant que rédacteur en chef?

Je comprends vraiment pas : quel plaisir peut on avoir à mettre un tel "personnage-historique-controversé-et-sujet-à toutes-les-ambiguités" comme pseudo rédacteur en chef, sous couvert de badineries (on a juste l'impression d'avoir simplement fait notre travail, qu'ils ont dit). En quoi c'est drôle, en quoi c'est susceptible de faire "avancer les choses".

Ce qui est ennuyant, c'est qu'il le font en ayant bien conscience du blasphème, c'est ça qui les excite, c'est pas "la distance" qui les intéresse. Y a pas d'humour en fait derrière, pas de décalage - je repensais aux dessins de Willem dans libération, qui gardent encore cette dimension du dessin de presse qui dépasse la caricature.

IQI

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Mer 2 Nov 2011 - 19:46

Pierre Carles avait fait le portrait de Choron, dans son film Choron Dernière, et en même temps le portrait du team Charlie Hebdo d'aujourd'hui, des gens pas tellement rigolos en l'occurrence. Dans une dépêche AFP d'il y a quelques heures, on pouvait lire que Guéant appelait "tous les Français à se sentir solidaires" de Charlie Hebdo. Ils devraient comprendre, Charlie Hebdo, qu'ils sont des amateurs assez minables de la satire, allumant les feux de la politique sécuritaire. Et Choron n'aurait jamais permis qu'un ministre comme Guéant prenne sa défense au nom de la liberté d'expression.


IQI a écrit:
Certains ne manquent pas d'air, en quelque sorte.

voui, toi tu manques pas d'air. Tu vois ch'ui pas encore mort, caupin.
saluti.

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Ven 4 Nov 2011 - 19:01

brûler un journal : autant parler d'autodafé ... à fahrenheit 451 !

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par adeline le Sam 5 Nov 2011 - 13:02

"Ma come parla ? ! Le parole sono importanti !!!"

Le site Les mots sont importants publie un texte contre le soutien à Charlie Hebdo :

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias. Nous affirmons :
- qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégats matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman.

- que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.

- que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

- que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des "extrémistes musulmans", en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

- qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégats matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première "affaire des caricatures"

- bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

- que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

- qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un Etat national-laïque leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel

- cet espace de "libre expression" qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen.

- que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute "offense au drapeau ou à l’hymne national".

- que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris "dans ce moment difficile", à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écœurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

- que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’Etat.

P.-S. Saïd Bouamama est sociologue et militant antiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja sont membres du Parti des Indigènes de la République ; Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres du Collectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy et Sylvie Tissot sont sociologues et militantes féministes ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Sam 5 Nov 2011 - 17:10

merci Adeline.
je trouve proprement dégueulasse ce qui se raconte partout sur les medias (et dans les bars) sur l'incendie de Charlie. qui pourrait bien être le fait des type de Charlie eux-mêmes. mais bon, pas de preuve, n'est-ce pas ?


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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Sam 5 Nov 2011 - 18:07

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par NC le Lun 7 Nov 2011 - 13:53

Les locaux d'un journal sont brûlés et finalement le scandale véritable, c'est d'en parler, et c'est un scandale même probablement raciste.
Pétition signé des indigènes de la république, le hamas en France, à l'appui, grossier délire qui mêle mosquée incendiés, défense du voile et lutte contre la lepénisation des esprits.
Et déjà que de brillants cerveaux soupçonnent un auto attentat, un délire type 11 septembre en prévision ?
Ca va mal chez les gauchistes.

NC

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Lun 7 Nov 2011 - 14:15

y a rien à soupçonner. ni dans un sens ni dans l'autre. parce que c'est très facile. trop facile d'accuser "spontanément" des musulmans (une spontanéité bien orchestrée). et ce serait trop facile d'accuser les enfoirés de Charlie. on attend des preuves. à défaut, des indices. pas des présomptions a priori.


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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Mar 8 Nov 2011 - 22:12

De toute manière le problème est légèrement ailleurs.

D’un côté toute une thématique de suspicion des minorités est en train d’être transférée politiquement de « la lutte contre l’insécurité » vers « la défense de la laïcité », mais l’opposition artificielle entre « communauté » (au sens de groupes incarnant une culture concrète dans la nation) et « nation » est toujours identique (déjà à l’époque de la lutte contre l’insécurité, on s’en prenait aux rappeurs)/.


De l’autre, l’extrême-droite invente habilement une manière de s’affirmer centriste en défendant a-priori la censure (« faire pêter un journal cela me choque, mais l’idée jeter de la merde sur le christ a-priori aussi etc…), bien sûr cette tactique qui de facto provient d’un lobby, réussit dans la mesure exacte ou son public fantasme sur des lobbys qui n’existent pas.

Il ya un double danger : on est à la fois infantilisé (n’allez pas voir cette pièce, vous perdez quasiment la possibilité se salut) et déterminé de manière exclusivement idéologique (les ultra-catho arrachent ce fait : la voir sans parvenir un opinion et de facto être solidaire avec son contenu, le mélange de posture accusatoire et de prophylaxie pédagogique vis-à-vis de la consommation de la culture dissimule le fait qu’ils ne sont solidaires que d’eux-mêmes, et que cette solidarité n’est pas religieuse, mais idéologique : l’affirmation de la croyance est avant tout celle d’une autorité qui de manière circulaire justifie une stratégie politique et est justifiée par elle).

Doc quelque chose d’inédit : le concept de laïcité est garantit par une contrainte qui limite la liberté d’expression, celle-ci est considérée comme un privilège individuel exorbitant auquel il est bon de mettre un terme. En effet Charly Hebdo ne conteste pas cela en invoquant l’union sacrée contre l’obscurantisme, alor qu’il devrait avancer que c’est la maturité intellectuelle qui permet la liberté de parole et la compréhension que l’obscurantisme est une idéologie (au contraire ils disent que leur vrais agresseurs « n’ont rien compris à l’Islam) ».

Il est stupide de dire que la lâcheté de Charlies Hebdo laisse supposer qu’ils se sont auto-bombardés. Comme l’identité de l’auteur de cet acte rendait plus ou mois réels les conséquences de la lâcheté de ses victimes. Il est inutile d'attendre que deux conneries réciproques, ayant déjà des effets néfaste et nuisibles, soit confirmée par la reconnaissance pénale de leurs auteurs, pour en comprendre la sens.

Si on lit Reinach ou Michelet, il y a dans leur combat républicain une dénonciation rhétorique des jésuites qui est tout aussi inobjective que la double dénonciation du risque de menace communautariste et du manque de valeur transcendante pour serrer la vis (Barthes le remarque bien est la qualifie de mythe de droite présent au sein du progressisme. En effet Reinach était à la fois libéral économiquement et contre la liberté de presse, non pas pour affirmer l’hégémonie d’un camps politique, mais parce que la presse ne véhicule que des opinions et que lui n'aimait pas l'opinion mais était un politicien), mais ce qui est nouveau et qu’il n’y avait même pas c’est l’idée d’une gestion quantitative et contraignante de la liberté de parole une même la droite de 1895 ne demandait pas (qui est aussi une manière d’intimider les minorités mais sans invective explicite : si la provocation ne réside plus dans lz pol émque contre le consensus mais dans l’exercice formel de la liberté de parole l’autoritarisme d’état peut dissimuler plus facilement le fait qu’il provient lui-même d’une décision et d’une option idéologique). La fiction que veut défendre la bourgeoisie d’aujourd’hui, c’est l’idée qu’une loi tire son autorité du consensus qu’il y a autour d’elle, elle ne défendra même pas l’idée que leur loi puissent être relativement légitime ou judicieuse car cette justice ne qualifie après tout que les effets d’un gouvernement, et non son exercice.

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Jeu 10 Nov 2011 - 2:29

Stéphane Pichelin a écrit :

enfoirés de Charlie

c'est nouveau ?

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

Message par Invité le Ven 11 Nov 2011 - 20:52

Le glissement de la signification du mot laïcité est remarquable; au début du XXème siècle c'était une attitude de l'état envers les religions , par laquelle l'état garantissait tant bien que mal l’existence d'un espace social définit comme neutre. Maintenant une injonction que l'on adresse au citoyen (à l'individu) vis-à-vis de l'état, qui ne concerne pas tellement la neutralité religieuse du champs social, mais plutôt, dans un contexte d'affaiblissement de l'état, une demande envers le citoyen: qu'il reconnaissance que la société soit géré de façon immédiate par la seule loi de l'état. Dans ce contexte la droite peut très bien demander la reconnaissance des racines chrétienne de l'état et opposer la laïcité à l'idée de communauté minoritaire plutôt qu'à la religion.
La laïcité dot être garantie par la liberté d'expression, mais il est à nouveau significatif de se souvenir que quelqu'un comme Joseph Reinach avait un argumentaire très cohérent sur la laïcité mais demandait aussi la censure de presse, mais il est vrai qu'il avait "la Libre Parole" de Drumont en face de lui. Peut-être que la France soutient d'un seul et même mouvement la liberté de presse et la laïcité parce qu'il su récupérer une part de l'idéologie de Drumont dans ce qui le définit comme République avec un grand "R".
Ceci dit je défends la laïcité, mais dans le contexte actuel il suffit à l'extrême droite catholique qui a manifesté contre la pièce de de Castelucci, de défendre un catholicisme radical et dogmatique sans par ailleurs contester l’individualisation de la croyance religieuse pour retourner à leur avantage la rhétorique d'union sacrée républicaine autour de laïcité, c'est à dire pouvoir définir qui est conservateur selon ses propres critères

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Re: Nous interdire le blasphème, c'est nous interdire de respirer

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