Ecrans de fumée

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Ecrans de fumée

Message par Invité le Jeu 8 Jan 2009 - 8:34

Après "Smiley Face" de Araki, j'ai regardé le dernier David Gordon Green sorti à la fin de l'année ("Pineapple Express"), ça m'a paru vraiment faible. Je ne vois pas trop où va cette mode de "films de fumeurs de joints" (cible-t-elle un public particulier d'"initiés" ? L'utilisation en clin d'œils répétés de la musique le laisse penser par exemple) qui avait déjà l'un de ses meilleurs représentants avec le "Big Lebowski" des frères Coen (1998) auquel il faut dire que l'on pense beaucoup devant "Pineapple Express".

Mais la comparaison est en défaveur du film de DGG tant le cinéaste ne convainc pas, notamment lorsque le film s'emballe, devient "express" : la caméra se fait hystérique, paniquée, comme ses personnages. Contrairement au film des Coen, le reste de "Pineapple Express" ne repose pratiquement jamais sur la mise en scène, le supposé humour est tout entier dans les dialogues et les situations d'Apatow. Là où les Coen excellent dans la direction d'acteurs, DGG laisse ses acteurs totalement en roue libre, on se croirait (et ceci est voulu) dans un trop long sketch des Robins des Bois qui se traîne deux heures durant dans lequel les acteurs font mumuse entre eux avec ce qui leur tombe sous la main.

On retrouve dans "Pineapple Express", comme dans le film d'Araki (qui semblait au moins revendiquer son côté film fait at home), les transitions les plus saugrenues, sorties de n'importe quel logiciel de montage par ordinateur. Si la superficialité totale de "Smiley Face" désolidarisait volontairement le film de la réalité, il est aussi difficile de dire à quelle époque se déroule le film de DGG mais pour une autre raison. Tout semble converger vers les années 80 (même la mise en scène qui use du splitscreen d'époque), mais le film se veut par ailleurs aussi d'aujourd'hui (les téléphones portables par exemple). Ce typage rance, très années 80, auquel succombe (c'est tout le problème de DGG, de succomber totalement à son sujet, de ne pas arriver à trouver la nécessaire et juste distance de cinéaste entre trop surplomber ses personnages et se confondre à eux) le cinéaste, dans le sillage de ses loosers, manque totalement d'originalité.

PS : j'oubliais "A Scanner Darkly" (2006) de R. Linklater, aux délires autrement plus intéressant.

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Re: Ecrans de fumée

Message par DB le Jeu 8 Jan 2009 - 9:32

Je ne crois pas qu'on puisse mêler A Scanner Darkly (nous en avions discuté sur le forum à l'époque je crois, JM; avec le parallèle sur BUG) à ces films. Pourtant je ne les ai pas vu, mais la question de la mise en scène, est à mon avis, ici, essentielle.
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Re: Ecrans de fumée

Message par Invité le Jeu 8 Jan 2009 - 10:59

David_Boring a écrit:Je ne crois pas qu'on puisse mêler A Scanner Darkly (nous en avions discuté sur le forum à l'époque je crois, JM; avec le parallèle sur BUG) à ces films. Pourtant je ne les ai pas vu, mais la question de la mise en scène, est à mon avis, ici, essentielle.

Zut, je ne me souviens plus de cette discussion, je vais aller y jeter un coup d'oeil. A première vue, je ne vois pas trop pourquoi on ne pourrait effectuer un rapprochement..

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Re: Ecrans de fumée

Message par balthazar claes le Jeu 8 Jan 2009 - 11:48

Films de fumeurs de joints, à la Big Lebowsky. En effet c'est un sous-genre habituellement plus que faiblard, vagues comédies pas drôles, comme Arnaques Crimes et Botanique, ne parlons pas de la Beuze. Une sorte de tentative de souligner à quel point cette drogue est devenue partout anodine, aussi admise que l'alcool. Tout en lui construisant une espèce d'image positive à base d'apologie du loser. En cloque mode d'emploi fait aussi la même chose : avant de rencontrer sa dulcinée, le jeune slacker n'a rien de mieux à faire que de calmer sa libido et ses ambitions à coup de bang. Ça lui permet de se construire une petite communauté de co-usagers, une bande de potes réunie autour du créneau générationnel "I don't care". Mais à la vérité, ce n'est pas un sujet si marrant que ça.


The Beach, se donnait l'air d'élever le débat en faisant mine d'interroger l'utopie communautaire de la fumette ; mais justement l'usage moderne du joint est bien loin des espoirs qu'on pouvait y mettre dans les années hippie, et l'île enchantée qu'on voit dans le film relèverait plutôt de la simple utopie publicitaire d'un chouette monde beau, fresh et innocent.

Dazed and Confused, de Linklater, assume en revanche le sujet ; on y voit comment des lycéens proches de la quille utilisent la drogue comme le moyen d'un refus collectif, refus qui est de l'ordre du pur et simple renoncement, obstiné , à comprendre, à participer au jeu qui les entoure, à pactiser avec les perspectives qui leur sont offertes ; refus finalement désespéré mais impliquant un certain panache, selon le principe du rebel without a cause.

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